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La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (88)

Lecteur de La Revue Prescrire producteur de pertes de chances pour ses patients.Je lis ici ou là sur twitter des propos anti La revue Prescrire (ICI).Ce n’est pas nouveau.Les lecteurs on eu droit à tout : ayatollahs, intransigeants, sectaires, gauchist… Continuer la lecture

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Rencontres Prescrire 2014

C’était la première fois que j’avais envisagé de me rendre aux Rencontres Prescrire. Parce que c’était à Paris. Je viens depuis deux ou trois ans à la remise de la Pilule d’or, inscrit par mon ami Jean Lamarche, je connais donc l’ambiance des meetings laïcs de la revue, l’assemblée des purs, le rassemblement des Justes,  l’ambiance des jamborees, les veillées au coin du feu, le mec barbu qui chante accompagné par sa guitare sèche « OH when the saints » avec les filles qui le dévorent des yeux… Bien qu’ayant regardé le thème des rencontres, « Préparer l’avenir pour mieux soigner », le genre de phrase dont le sinifiant est le signifié et vice versa, qui sentait le préchi précha prescririen, le truc dans le genre rencontres annuelles à Lourdes, avec l’eau bénite, les miracles, les malades qui se lèvent de leur fauteuil roulant, le système de santé qui devient rayonnant pendant le temps où tu tournes autour de la Kaaba, les voeux que tu glisses dans les interstices du Mur des Lamentations, l’immersion dans le Gange à Bénarès… J’ai quand même décidé de venir, j’ai donc payé 300 euro, ce qui, pour un nanti n’est pas grand chose (voir ICI). Mes copains, même prescririens,  m’ont prévenu que j’allais me raser. Je n’en doutais pas : j’ai fréquenté les congrès où l’on ne connaît personne, où l’on écoute des communications où les médicaments sont meilleurs que le placebo, où les examens complémentaires pètent de valeur prédictive positive et où on s’ennuie en se disant qu’on aurait mieux fait de rester dans son cabinet avec des malades qui ne guérissent pas, des médicaments qui ne marchent pas, des crèches qui exigent des certificats à la gomme et seulement 23 euro tous les quarts d’heure. J’ai demandé à mon remplaçant qu’il me remplace le vendredi et le samedi. Je me suis dit : tout prescririen doit être allé au moins une fois aux rencontres sinon il finira dans l’enfer de big pharma avec des visiteuses médicales en tenues légères lui présentant jusqu’à la fin des temps des documents d’aides visuelles racontant le monde merveilleux des courbes ascendantes et des petit p toujours inférieurs à 0,05.

Je suis parti de chez moi plus tard que lorsque je me rends au cabinet et à 9 heures vingt j’étais porte de Saint-Ouen dans le hall de l’Hôpital Bichat.
J’ai pris mon badge, je suis allé boire un café et manger un croissant, et j’ai commencé à rencontrer des gens que je connaissais.
J’ai donc rencontré des rédacteurs de Prescrire, des twittas et des twittos, je ne peux vous révéler leurs pseudos car elles (ils) auraient peur que Mediapart ne vienne croiser leurs pseudos avec les inscrits aux rencontres et leurs absences dans leurs cabinets respectifs ou chez leurs remplaçants, et ne publie des listes qui pourraient intéresser le Conseil de l’Ordre ou les malades qu’elles ou ils fréquentent, des membres du forum Prescrire que je ne nommerais pas non plus de peur que leurs femmes / maris qui les croyaient en train de faire une formation DPC à Montceau-les-Mines n’apprennent qu’ils sont partis rejoindre leurs copines / copains parisiens sous prétexte de servir la messe de la secte du Boulevard Voltaire.
A 10 heures 30 c’est le début de la plénière dans un amphi plein : Ouverture des Rencontres Prescrire 2014.
Philipe Zerr remplace le doyen qui avait piscine et je ne me rappelle pas ce qu’il a dit.
Françoise Brion fait un exposé sans intérêt et parle du prix d’une vie, du patient codécisionnaire et des vaccinations (cherchez l’intrus).
Pierre Chirac lit un texte collectif élaboré par l’équipe de la revue dont le titre aurait pu être L’Evangile selon saint Prescrire et j’entends sans stupéfaction « soignants de bonne volonté ».

11 heures : Préparer et penser ensemble l’avenir des soins.
Madame Catherine Naviaux-Bellec (dont les titres sont à eux seuls une invitation à l’ennui : directeur des soins, conseillère pédagogique régionale, Agence Régionale de Santé d’Île-de-France) nous entretient de la réforme des études des étudiants en soins infirmiers. C’est chiant au possible et strictement sans intérêt.
Le docteur Fanny Cussac, jeune installée dans un Pôle de Santé Pluriprofessionnel depuis trois ans, nous expose de façon convaincante le fonctionnement du centre Ramey où il y a quand même 12 MG, 3 cardios, 3 pédiatres et 4 psy). Je n’apprends pas grand chose mais j’entrevois les problèmes que pose ce genre de structure en termes humains et financiers. Un peu étonné, toutefois, qu’un des axes de dépistage soit l’apnée du sommeil… Cela doit être une urgence dans ce quartier populaire de Paris. Je note trois questions à poser à cette jeune collègue mais c’était sans compter le manque de micros et le trop plein de doyens.
Monsieur Gérard Dubey (sociologue) fait un exposé inaudible (les micros ne font sans doute pas partie des nouvelles technologies) sur les nouvelles technologies et nous fait part de l’inintérêt des simulateurs de vol en médecine. On s’en serait douté (il aurait pu lire Perruche en Automne avant de venir).
Puis ce sont les questions et les réponses. C’est Fanny Cussac qui a le droit aux plus nombreuses questions et elle s’en tire bien. Puis c’est l’heure des doyens : on donne la parole au doyen d’une Faculté tunisienne puis au doyen de la Faculté qui avait piscine et qui, les cheveux secs, nous sert un blabla convenu dont je retiens quand même que la médecine générale en est encore à l’enfance. Les deux doyens piquent tellement de temps que les questions de la salle sont terminées : les MG sont encore volés mais cela n’étonne personne. Mes trois questions seront sans réponse : elles étaient sans doute sans intérêt.

12 H 30 – 14 H
Sandwichs, boissons et posters.
Je le dis tout net : dans les congrès Glaxo ou Sanofi, mes amis de big pharma, la bouffe est meilleure. Ici, c’est pas terrible, on mange debout, le vin est médiocre, mais bon, j’échange avec des collègues, twittas et twittos, Jean, Philippe, Olivier et d’autres.
Je vais jeter un oeil sur l’exposition de posters.
Les posters, depuis toujours, ça m’emmerde, que ce soit dans les congrès ou ailleurs. A l’origine, j’avais prévu d’en faire un qui se serait appelé « Evidence Based Medicine en Médecine générale : l’avenir » mais cela m’a fait suer car power point me posait des difficultés pour les schémas que je voulais faire et je n’avais pas envie de me retrouver planté devant mon poster attendant que des confrères et amis viennent me poser des questions plus ou moins intéressantes sur un poster plus ou moins intéressant.
Il y avait quand même 67 posters, plutôt bien réalisés, dans une esthétique plus power point que Prescrire (heureusement) et je me suis balladé de façon agréable entre les concepteurs. Pour s’en faire une idée plus complète, voir ICI.

14 H – 15 H 30 Premier atelier : j’avais choisi le 14, Comment se dégager des influences actuelles pour proposer des soins de qualité ?, animé par les docteurs Isabelle de Beco et Philippe Nicot. Intéressant, rien à dire, des situations à décrypter, mais trop court, trop superficiel (on n’avait pas le temps), inhomogénéité des participants, mais Léa Destrooper et moi on nous propose, par hasard, un document sur la couverture vaccinale en Haute-Vienne, et on se déchaîne car c’est le pompom du trafic d’influences, de la corruption et de la bonne conscience et cela mériterait de longs développements qui pourraient faire dire aux lecteurs qu’on n’a pas que cela à faire de lire des textes trop longs, donc, je résume, la CPAM de Haute-Vienne (capitale Limoges) couche avec Glaxo dans un hôtel de passe sous les yeux des maquereaux de l’Etat. J’en profite pour dire que j’en ai assez des médecins qui se présentent et pour vitriner (néologisme docteurduseizième) leur indépendance disent bravement « Je ne reçois plus la visite médicale » comme s’il s’agissait d’un titre de gloire, d’une victoire de l’addictologie, d’une preuve de courage, comme ces gens qui disent avoir arrêté de fumer alors qu’ils ne fumaient que 3 cigarettes par jour en crapotant, à moins bien sûr que tous ces braves gens n’aient fréquenté les VA, les visités anonymes, « Bonjour, je m’appelle le docteur A et cela fait 147 jours que je n’ai pas reçu une visiteuse médicale »…

Avant de se rendre au prochain atelier, petit tour vers le maigre buffet et les posters où chacun y va de son mot gentil pour tromper l’ennui profond qui nous étreint dans le sous-sol de Bichat étonnamment propre et libre de graffiti, ce qui est loin de ce que j’ai connu jadis à Cochin dans les années soixante-dix où les étudiants, libres de tout QCM, refaisaient le monde en taggant des slogans révolutionnaires sur les murs…

16 H – 17 H 30 Deuxième atelier : j’avais choisi le 7, Savoir expliquer aux patients les avantages et les inconvénients des options de soins : trouver les mots appropriés ; accompagner les patients dans leurs choix, animé par les docteurs Michel Labrecque et Madeleine Fabre. ML est canadien. Il fait une présentation solide, très anglosaxonne, mais son exposé me gêne : il expose la méthode du Shared Decision Making à propos du dosage du PSA. Et il nous dit d’abord qu’il ne faut pas se laisser aller à des discussions chaudes sur le sujet du dépistage. Il se fout du monde. Le soignant ne doit pas faire de différence entre l’option dépistage et non dépistage. C’est au patient de choisir. Il nous distribue ensuite un document réalisé par le Collège des médecins du Québec en nous disant qu’il s’agit d’une réponse à une question d’un malade alors qu’il s’agit, explicitement, d’une recommandation faite aux médecins d’en discuter avec leurs patients entre 55 et 70 ans et… blabla.
Il ne semble pas que mes objections attirent un écho favorable dans l’atelier ni d’ailleurs, je le constaterai ensuite, avec d’autres participants à cet atelier (chaque atelier est mené trois fois). Il y a ensuite un jeu de rôle où je joue le patient, une collègue MG m’interroge et deux observateurs jugent de sa démarche. Grosso modo, et à ma grande surprise, je me glisse dans le jeu de rôle malgré mes réticences, je vais bientôt être prêt à me former sérieusement à l’Entretien Motivationnel (comment ne plus recevoir les visiteuses médicales en dehors des heures de consultation) et les autres groupes dans l’atelier jouent aussi le jeu. Je conviens donc de revoir mon méecin dans un an et qu’il me refasse son numéro de « Vous êtes le malade et vous avez tous les droits, je suis le médecin et je ne suis là que pour vous faire accoucher de votre souris… »
La conclusion : pour exposer les techniques du Shared Decision making, la décision partagée, ML et son accent canadien convaincant aurait dû choisir un autre sujet, mais son propos est intéressant, le respect du malade, la neutralité du médecin, toute la soupe progressiste qui cache mal l’idéologie du self, le néo libéralisme et la façon élégante d’introduire le loup dans la bergerie, je veux dire le PSA dans la vie des hommes. Eh bien, justement c’est le hic de ce brillant exposé : cela montre que la décision partagée peut aussi, dans une situation hiérarchique recréée, permettre d’imposer à des patients des décisions qu’ils n’avaient pas envie de prendre. Dans chacun des groupes, 5 groupes de 5, le patient n’a pas voulu se faire doser le PSA.

Et rebelote, le hall d’entrée, la salle des posters, les twittas et les twittos, les lecteurs Prescrire.

Cornaqué par de jeunes médecins généralistes et des étudiants en médecine et en pharmacie, je marche vers Montmartre, ses touristes japonais (qui ressemblent de plus en plus à des touristes coréens et / ou chinois), ses Russes, ses étrangers qui ressemblent tant à ce que nous sommes quand nous visitons des pays étrangers, des toutous, des toutous.

Je passe sur la soirée, le restaurant, la chanteuse qui chante Piaf et le chanteur qui chante mal, les échanges fructueux entre participants, les tapes dans le dos et la rigolade. Mais je ne peux en dire plus car j’ai remarqué combien les twittos et les twittas tenaient à leur anonymat.

Samedi matin 9 H.
Même hall de Bichat, même café et jus d’orange, mêmes croissants, mêmes pains au chocolat, mêmes pains au raisin, mêmes posters.

9H 30 – 11 H. Je me suis inscrit à l’atelier numéro 9 (et bien que des djeunes m’aient dit que le truc était intéressant mais que l’on sentait, derrière la décontraction, les arguments d’autorité) animé par les docteurs Alain Siary et Michèle Richemond : Le dépistage, le diagnostic précoce, les examens complémentaires sont-ils bénéfiues aux personnes en bonne santé ? Où s’arrête le « juste soin », où commence le traitement par excès ? Alain Siary est un vieux routier de ce genre de sujet, il connaît son affaire et je l’ai trouvé plutôt bon bien que parfois un peu confus et approximatif. C’est le problème quand on aborde des sujets que l’on connaît bien, on s’ennuie ou on critique l’orateur (il y avait le cancer de la prostate et le cancer du sein dans ses exposés, nul doute que cela rappelle quelque chose aux lecteurs de ce blog, non ?). Je ne me suis pas ennuyé. Les animateurs nous ont proposé 4 cas cliniques à analyser. Le cas clinique présenté à mon groupe m’a désorienté alors que je savais d’emblée quelle était l’intention des animateurs : ne pas prescrire de statine. J’étais hésitant, hésitant pour justifier l’une ou l’autre des attitudes, je pense qu’en situation clinique j’aurais sans doute prescrit une statine (il faut savoir que j’ai été élevé dans le culte des statines à une époque où Lipanthyl dominait les débats franco-français). J’ai encore du chemin à parcourir pour être moins hésitant. N’est-ce pas l’intérêt de ces rencontres ? Mais en outre le cas numéro 3 a pointé l’étendue de mes méconnaissances. Cela dit les autres cas cliniques m’ont paru mal documentés et peu en rapport avec les ambitieuses questions posées par l’atelier mais je me suis amusé.

11 H 45 – 13 H. Améliorer sa pratique en comprenant les attentes des patients.
Le premier exposé est mené par Philippe Zerr (maître de conférences associé de médecine générale) et par Pierre Lombrail (1) (professeur de santé publique). Ils mènent le jeu en duo mais ils auraient dû un peu plus répéter. Je dois dire que je me suis rasé. Mais pas seulement. Nous avons eu droit à des propos généraux et lénifiants sur la prévention et l’éducation à la santé avec des diapositives qui auraient rendu intéressantes les photographies de Suzette, la cousine de Lucie, aux bains de mer, et, surtout, et surtout le maître de conférences, on nous a pris pour des khons, je veux dire les MG qui ont un peu de pratique, les MG qui viennent de s’installer et qui ne savent pas, les pôvres, que le milieu compte pour aborder la santé de ses patients. Notre maître de conférences a souligné combien il était important de déceler l’alcoolisme, de vacciner contre l’hépatite B, de ne pas oublier les rappels de coqueluche et de (bien) suivre les femmes enceintes en rappelant combien la France était mal placée, très mal placée, sur l’item Mortalité maternelle. Nous savions déjà que les structures de dépistage étaient multiples et variées, que les financements étaient divers et qu’il existait à la fois des chevauchements et des trous noirs. J’ai eu beau ouvrir mes oreilles en grand je n’ai rien entendu sur le tabac, le cannabis et autres particularités françaises… Je n’ai rien appris et j’eusse aimé que l’on nous encourageât et non que l’on nous culpabilisât. Sans raison d’ailleurs. Pierre Lombrail nous a invité à consulter des sites internet de santé Publique, oui, bon, d’accord, mais…

Le deuxième exposé est proposé par Jean-Luc Plavis, du CISS (dont nous aurons l’élégance de taire quelques liens d’intérêt), dont la carte de visite est aussi longue que les titres d’un général de l’armée mexicaine. Il me choque d’emblée en disant, « Bonjour, je m’appelle, Jean-Luc Plavis, et je suis porteur d’une maladie de… », comme s’il s’agissait d’une qualité et non d’une affection. Passons. Nous avons eu droit à tous les poncifs sur le patient qui a le droit de savoir, du patient malade qui est seul capable de raconter sa maladie, de la masse de données non exploitées que représentent les vécus des malades, qui doit participer à la décision thérapeutique, et, last but not least, qui peut devenir patient-expert capable d’informer et de former les autres patients porteurs de la même maladie. J’ai l’air de me moquer mais en fait je suis d’accord avec tout cela. Mais cet exhibitionnisme me gêne un peu et cette recréation d’une hiérarchie symbolique entre patients sachants et patients ignorants me paraît curieuse.

Les questions de la salle sont assez drôles. On reproche aux deux premiers de ne pas avoir cité les sages-femmes dans le suivi de la femme enceinte, un oubli sans doute significatif dans ce monde d’hommes médecins, d’avoir parlé de capital santé, et cetera. On pose une question sur les éventuels liens d’intérêt du patient-expert, ce qui fait sursauter le staff prescririen, on demande ce qu’il en est des liens d’intérêt des associations de patients avec l’industrie pharmaceutique et un collègue que je ne citerai pas pour ne pas dévoiler son anonymat, interroge notre patient-expert sur le rôle du patient expert dans l’éducation thérapeutique du patient tout venant dans une perspective rogerienne (voir LA).

Bruno Toussaint conclut les rencontres et annonce les prochaines qui se tiendront à Toulouse.

Buffet.

Embrassades, au revoir.

Je le répète : malgré tout, malgré mes nombreuses critiques, je le dis solennellement, heureusement que Prescrire existe, heureusement que les analyses de Prescrire existent, heureusement que l’audibilité de Prescrire progresse, et, en parlant avec les jeunes médecins que j’ai rencontrés, comme je les envie de pouvoir lire une telle revue, comme j’aurais aimé que, médecin en formation, j’aie pu bénéficier de cette ouverture d’esprit, et que, médecin commençant à exercer, j’aie pu ne pas perdre de temps à pratiquer comme on m’avait appris à la fac et, surtout, comme on ne m’avait pas appris… Mais, de grâce, que Prescrire s’ouvre aux spécialités, que Prescrire cesse de nous bassiner avec son idéologie de gauche bien pensante qui ne se trompe jamais, que Prescrire arrête avec sa psychorigidité non généricable sur les génériques, que Prescrire cesse de nous imposer un seul spécialiste de pharmacovigilance, un seul spécialiste en vaccinologie, une seule liste de médicaments à ne pas prescrire, que Prescrire ne se laisse pas abuser par l’idéologie néo libérale du patient roi, et qu’enfin, last but not least, Prescrire s’ouvre au numérique.  

Notes.
(1) Un vieux copain de lycée et de fac que je n’avais pas vu depuis au moins 20 ans. Déclaration de lien d’intérêt.

Illustration : Spielberg Steven. Rencontres du troisième type. 1977.

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Ennuis mortels lors de la (non) remise de la Pilule d’Or Prescrire

Je me suis rendu ce jour Espace Saint-Martin pour assister à l’une des réunions annuelles Prescrire.

Réunion en trois parties.

Première partie (mortels effets indésirables) : Victimes de médicaments : sortir du déni sociétal pour mieux soigner.

Une dame anglaise parlant français, Millie Kieve, mère de victime, nous a fait écouter « Les voix des victimes » (ICI). Elle représente l’association APRIL (adverse psychiatric reactions information link) (LA) Discours compassionnel et ascientifique digne d’une réunion paroissiale. Nous avons cependant appris que sa fille avait eu une dépression lors de la prescription de Diane 35 prescrite pour une maladie fibrokystique de l’ovaire (imaginaire, nous a-t-elle précisé). Les crétins qui disent qu’il n’y a qu’en France que Diane 35 posait problème… en sont pour leurs frais.
Une juriste présidente de l’association « Amalyste » (ICI et sponsorisée par Groupama), Sophie Le Pallec, a fait un exposé (Gueules cassées du médicament : d’épreuves en épreuves, LA), au début pleurnichard, avec photographies ad hoc de malades exposant les problèmes jurifdiques des patients ayant subi un syndrome de Lyell et de Stevens Johnson pour se faire indemniser de leurs lésions. Elle a parlé du recueil des données, de l’imputabilité, des signaux et du déni des médecins ainsi que de la méchante industrie pharmaceutique et de la nécessaire déclaration des effets indésirables par les patients. Elle a oublié de dire, quelqu’un l’a signalé dans la salle, que la majorité des syndromes de Lyell et de Stevens Johnson sont dus à 4 molécules : tetrazepam, allopurinol, lamotrigine et bactrim.
Enfin, Bruno Toussaint, directeur éditorial de Prescrire, nous a servi la soupe gnangnan Prescrire (catho de gauche à mon avis mais, vu le décor de la salle, parpaillot de gauche serait plus approprié) sur « D’abord ne pas nuire ; puis comprendre et agir » (ICI). Il nous a parlé du DES sans nous dire que la France (je veux dire les gynobs français) ont été à la pointe de la khonnerie puisque, sachant tout, ils ont continué d’en prescrire alors que c’était inefficace et dangereux. Il nous a aussi parlé du vioxx sans nous dire qu’il y a eu zéro mort en France (l’esprit français ou la victoire de la pharmacologie à la française?). Couplet sur le Mediator avec couplet secondaire sur le suffixe -orex qui aurait dû alerter tout le monde. Les professeurs de pharmacologie et de diabétologie (pour les professeurs d’obésologie nous seront muets) étaient-ils an orexiques ? Et il a terminé sur les pilules de troisième génération que l’on aurait dû ne pas prescrire. Il en conclut qu’il faut écouter les victimes des médicaments. Ouaip. Ecouter signifie aussi déclarer les effets indésirables. 
Lors des questions de la salle l’incontournable députée européenne Michèle Rivasi a mis en avant la possibilité qu’ont désormais les patients européens de signaler eux-mêmes les effets indsésirables en oubliant de préciser que l’Europe avait lâché la pharmacovigilance à l’industrie dans le cadre vide d’EudraVigilance (LA) (le fameux Paquet pharmaceutique de 2008). Un intervenant pharmacovigilant a souligné combien la déclaration par les patients des effets indésirables était de la poudre aux yeux qui allait augmenter le bruit de fond et empêcher de recueillir les vrais signaux.  Bruno Toussaint n’a pas été d’accord. Le père de Marion Larat, victime  de Méliane, est intervenu pour dire combien les choses avançaient et il a semblé très optimiste pour la simple raison que les informations étaient désormais données aux médecins. Il ne connaît sans doute pas l’inertie du milieu médical. Le professeur Giroux, pharmacologue à la retraite, a souligné combien la pharmacologie clinique n’était pas enseignée à la faculté et, en privé, m’a dit que cela allait en se détériorant. Irène Frachon a parlé, à la suite de Sophie Le Pallec, de la difficulté qu’avaient les victimes du mediator à se faire reconnaître et indemniser, et que le doute bénéficiait plutôt à l’industriel. Juste un point : la responsabilité des industriels, des agences, des prescripteurs est engagée, sans nul doute, mais, dans le cas du mediator, et c’est une expérience personnelle, des patientes se sont détournées de nous parce que nous leur refusions le mediator ou allaient se le faire prescrire ailleurs sans nous le dire. La responsabilité de patientes informées est aussi engagée. Jean Lamarche, pharmacien d’officine, rebondissant sur les propos d’un responsable d’association, a souligné combien les pharmaciens étaient démunis contre les ordonnances erronées, les ordonnances bourrées d’interactions médicamenteuses potentielles, les ordonnances de produits hors doses, hors AMM ou franchement dangereux.
Voici ce que j’aurais pu ajouter si j’avais eu le temps (je n’ai évoqué que quelques points durant mon intervention).
  1. Très souvent les effets indésirables graves que l’on retrouve (avec difficulté) après commercialisation avaient été signalés et / ou évoqués (et enterrés) dans les dossiers d’AMM malgré le nombre étique de patients observés. L’exemple du pandemrix que Marc Girard m’avait signalé en son temps, à savoir 9 morts dans les essais pré AMM,  a illustré à la fois la naïveté des autorités compétentes et des relecteurs indépendants et la notion de sérenpidité car le pandemrix a peut-être entraîné des morts (jamais comptabilisés par la pharmacovigilance internationale) mais a entraîné des narcolepsies de novo (?)
  2. Madame Kieve a dit que seulement 10 % des effets indésirables étaient signalés mais elle est loin du compte ! J’ai estimé personnellement qu’un effet indésirable grave pour 511 était effectivement déclaré et des données anciennes parlaient de 1 déclaré pour 4610 ! Le billet sur mon travail est ICI.
  3. La déclaration des effets indésirables des médicaments n’est pas tout : il faut aussi que l’imputation se fasse. Et là, le classement vertical est extrêmement fréquent. Cela dépend également de la qualité des informations recueillies. Disons que les pharmacovigilants font de la rétention dans le public et de la destruction dans le privé. 
  4. Qui sont les plus responsables juridiquement ? Les firmes, les agences ou les prescripteurs ? Il semble que, finalement, ce soient les prescripteurs, isolés, sans l’assistance de cabinets d’avocats, qui soient les plus facilement attaquables.
  5. A aucun moment n’a été abordé le problème paradoxal des attaques portées de toute bonne foi contres des produits « anciens », dont les effets indésirables sont connus, répertoriés et étudiés, attaques dont les firmes profitent pour promouvoir de « nouveaux » produits, moins bien étudiés, aux effets indésirables potentiellement plus graves, et dix fois plus chers…

Deuxième et troisième partie : les (mortels) prix Prescrire.

Je suis toujours étonné que Prescrire continue d’appuyer sans nuances et avec son zèle idéologique obstiné la prescription en DCI (dénomination commune internationale) (prescrire en DCI c’est la sécurité des patients, prescrire en DCI c’est combattre le méchant capitalisme, prescrire en DCI c’est assurer des traitements pour les plus pauvres de la planète) et attribue des prix du conditionnement aux laboratoires méritants alors qu’il n’est pas possible, en prescrivant en DCI, de choisir son conditionnement. Comprenne qui pourra. Mon attitude : ne prescrire que le boîtage que l’on connaît. Bon, j’entends déjà les commentaires… Comme je ne peux faire confiance à chacun des pharmaciens chez lesquels vont mes patients je suis obligé de contrôler la délivrance de cette façon. Mais je n’ay arrive pas souvent.
Donc, cette année encore : pas de pilule d’or.
Mais « cité au palmarès« , et en DCI imprononçable ou inécrivable : vaccin méningococcique conjugué  A, C, W135, Y. Je ne dirai rien sur le vaccin lui-même mais je dirai cependant ceci : s’il est un domaine où le conditionnement joue un rôle majeur, c’est bien celui des vaccins. Qui vaccine contre la grippe sait en double-aveugle de quelle aiguille il s’agit…
Dernier point pour conclure ce mortel palmarès : dire qu’il y a panne de l’innovation dans l’industrie pharmaceutique est peut-être vrai, les méchants chercheurs qui ne trouvent rien, et nul doute que big pharma investit surtout sur les marchés porteurs, c’est à dire avec grosses plus-values possibles, mais la raison principale évidente, me semble-t-il, est la suivante : l’amélioration constante de l’espérance de vie dans les pays « développés » est devenue asymptotique et la mortalité évitable est liée à des facteurs personnels (fumer, boire, manger) et / ou environnementaux au sens large. L’hygiène est supérieure à la médecine (ne le dites pas trop, les néo libéraux de tout poil, de droite, de gauche, d’extrême droite et d’extrême gauche vont vous tomber sur le rable au nom de la liberté de choix des consommateurs, oui, oui, j’ai bien écrit, des consommateurs) et le sera longtemps sur les prochaines années. L’arrêt du tabac a des conséquences plus favorables que la lobectomie sur l’espérance de vie des populations. Dans les pays dits moins développés, et pour certains, pré pasteuriens, les médicaments ont encore leur chance en raison des risques infectieux majeurs (qui ont disparu dans les zones développées). Mais une autre raison, pas secondaire du tout, est la suivante : big pharma investit sur des domaines porteurs où les investissements sont raisonnables (essais cliniques a minima), les marges majeures (en raison des prix exigés), les leaders d’opinion facilement démarchables, les associations de patients demandeuses, les agences peu regardantes, les médecins hospitaliers seuls intéressés… Vous avez deviné de quoi je veux parler ? Des anti cancéreux ! Une journée et demie de survie en plus et 1000 euro par jour le traitement. Vous rajoutez le domaine des vaccins, mêmes caractéristiques que précédemment, en rajoutant ceci : les vaccins ne sont pas généricables. La marge nette est de 98%
Bon, belle journée à l’Espace Saint-Martin (le buffet de petits fours était sympa. Mais comme je suis abonné à Prescrire je me suis dit que je mangeais mon argent) car, ne l’oublions pas, la Revue Prescrire a apporté la lumière à nombre de médecins, dont moi, voir le billet précédent (LA), qui n’avaient pas conscience de la nécessité d’un lieu critique capable d’exprimer la résistance à l’absence d’un enseignement indépendant de la médecine, la résistance aux instances gouvernementales incompétentes et la résistance aux efforts de big pharma pour cacher la vérité de ses produits en corrompant le milieu.
(Je ne vous ai pas parlé du représentant de Glaxo, un poème, il a failli me convaincre de sa bonne foi, LOL, la mission de big pharma dans le domaine de la pharmacovigilance, c’est comme si la revue Que Choisir, qui était associée à la journée Prescrire, était publiée par le MEDEF)
(J’ai discuté avec des gens charmants dont Alain Braillon qui m’a dit tout le bien qu’il pensait de l’e-cig : re LOL)
(Toutes les communications sont en accès libre sur le site Prescrire : LA)
Illustration : le cimetière juif de Prague.

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Déclaration de conflits d’intérêts

J’aimerais pouvoir déclarer que je n’ai pas de conflits d’intérêts. Que je travaille dans l’intérêt-de-mes-patients-et-puis-c’est-tout. Comme à peu près tout le monde, j’ai subi la visite médicale pendant mes études. J’en garde une réglette à ECG et un disque à … Lire la suite Continuer la lecture

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La Revue Prescrire, la bronchiolite et les deux lanceurs d’alerte (a posteriori).

La Revue Prescrire publie un commentaire sur le traitement de la bronchiolite que la presse reprend abondamment. Voir ICI.

Le syndicat des masseurs kinésithérapeutes s’étrangle et produit un communiqué : ICI.
L’avis de la Revue Prescrire se fonde sur une recommandation de la revue Cochrane (LA) qui a colligé les différentes études concernant la bronchiolite.
Puis la Revue Prescrire publie un communiqué rectificatif (voir LA) qui ne change rien au fond : la kinésithérapie dans le traitement de la bronchiolite ne sert pas à grand chose.

Mais le problème vient de ce que ces études concernent des cas graves à l’hôpital. Pas les nourrissons français qui sont suivis en ambulatoire et traités selon la méthode « française ». Car, comme il y a le cassoulet à la française, l’absence de morts sous vioxx à la française, il y a la kinésithérapie des nourrissons à la française. 

Pendant ce temps les kinésithérapeutes, et notamment respiratoires, envoient des documents à la revue Cochrane pour leur demander de modifier ce qu’ils ont écrit.
Je me suis procuré les documents et la réponse de Cochrane.
Une tempête dans un verre d’eau : il s’agissait d’intégrer une étude ouverte avec comparaison intragroupe et de nombreux perdus de vue.

On comprend le désarroi des kinésithérapeutes de ville qui, de bonne foi, ont l’impression que le traitement qu’ils prodiguent est efficace, du moins temporairement, et qui se fondent, outre sur leur expérience interne, sur les sourires des parents, sur les encouragements des parents, sur les témoignages des parents. De la médecine sentimentale comme les expériences de patientes atteintes de cancers du sein et qui, à longueur de web 2.0, font savoir à tous et à toutes, et surtout à Estée Lauder, bienfaitrice de l’humanité comme chacun sait, combien le dépistage organisé est une bonne chose et combien une chimiothérapie de trop vaut mieux qu’un cancer ignoré…

Les kinésithérapeutes sont considérés par la médecine académique comme une sous-spécialité et ils en souffrent. Tout comme les médecins généralistes souffrent de cette non reconnaissance.
Ils veulent des esssais cliniques randomisés. Ils ne les auront pas. Ils s’imaginent qu’il est possible d’en faire en ambulatoire, sans soutien logistique, avec des fonds non Big Pharmiens. Et, surtout, ils croient de toute bonne foi qu’ils vont trouver des critères solides pour montrer l’efficacité de la kinésithérapie sur des groupes homogènes de patients. Si au moins la technique française était appliquée en Australie, dans un Etat canadien ou en Angleterre – Ecosse ils auraient un petite chance de voir l’étude se mettre en route.

J’ai retracé ICI l’épopée de la prise en charge de la bronchiolite en ville et combien nous sommes revenus de loin.

Je crois que la cause est entendue : il n’y aura pas d’essai contrôlé dans la bronchiolite mené en ville.

Je ne sais pas combien de groupes il faudra envisager dans ce futur essai clinique. Mais ce n’est pas possible.

Toujours est-il, chers amis, que l’enjeu est de taille. C’est pourquoi la Revue Prescrire a eu le courage, encore une fois, car ce n’est pas la première fois qu’elle dit cela, de mettre les pieds dans le plat. Mais l’enjeu est de taille car 1) La kinésithérapie respiratoire est remboursée par l’Assurance Maladie (malgré l’absence de preuves mais nous sommes habitués à cela en de nombreuses autres pathologies) ; 2) La kinésithérapie respiratoire peut représenter jusqu’à 70 % du chiffre d’affaires d’un kinésithérapeute… ; 3) Le kitsch médical (voir LA) domine la culture scientifique en France ; 4) Les futures maisons pluridisciplinaires comprendront des kinésithérapeutes qui permettront de rentabiliser les locaux…

Comme il faut se justifier et que pour ne pas être taxé d’antisémitisme il faut avoir des amis juifs ou … être juif soi-même, tout le monde sait que je ne ménage jamais Prescrire quand il le faut.

Et c’est lors que les lanceurs d’alerte a posteriori se sont manifestés.
Cette nouvelle profession a été créée par de glorieux anciens comme le professeur Even (voir ICI) et voilà que deux journalistes Jean-Daniel Flaysakier de France Deux, en place depuis 100 ans, remplacé à Télé Matin par Brigitte Fanny-Cohen, et Jean-Yves Nau, ancien du Monde, qui est titulaire de la chaire de, ouvrez les guillemets, « Journalisme et santé publique », placard doré attribué pour bons et loyaux services par le spécialiste mondial de la prédictologie grippale, je veux dire Antoine Soleil Flahault (voir LA), qui héberge le blog à l’EHSP de Rennes, officine moribonde qui ne sert à rien (voir le blog du gourou LA)

Je n’aurai pas l’outrecuidance de montrer combien ces deux journalistes médecins ont été de formidables lanceurs d’alerte efficaces dans les grands problèmes de santé publique qui ont traversé la belle France comme le sang contaminé, l’affaire de l’hormone de croissance, le Médiator, la grande grippe pandémique, et, plus récemment, le dépistage du cancer du sein (nous y reviendrons un autre jour).

Le billet de JDF (LA) est un modèle et son titre, un poème : « La Revue Prescrire et le risque de surmédiatisation » :

  1. Il commence par exposer de façon factuelle le fait que Prescrire s’est trompé, que lui, le grand journaliste diplômé de Harvard (master of science en épidémiologie), s’est fait confirmer les faits par Cochrane…
  2. Ensuite, il dit qu’il a été un compagnon de route de la Revue Prescrire
  3. Il continue par un auto-satisfecit : Au moment où personne n’aimait Prescrire, il faisait sa pub à la télévision : Quand je présentais la rubrique santé de ‘Télématin’ entre 1985 et 1991, je faisais régulièrement la publicité de cette revue, lui permettant de gagner ainsi de nouveaux lecteurs.
  4. Il glorifie ensuite les anciens, les membres fondateurs, Marx, Engels et Lénine, qu’il a bien connus et avec qui il parlait à la machine à café, tout en dénonçant les trahisons
  5. Et ensuite, le couplet final : Moi seul suis capable de faire le bien de Prescrire malgré ses rédacteurs, certes valeureux, mais qui sont grisés par la starisation médiatique. Comme sur les murs de Prague : « Lénine, réveille-toi, ils sont devenus fous. » C’est un peu comme un maquereau qui manifesterait contre la prostitution.
  6. Last but not least : Il y a beaucoup de gens qui savent tenir des propos lapidaires et pas toujours très rigoureux, voire quasiment caricaturaux, dans les médias.

Jean-Yves Nau a publié un billet tarabiscoté (ICI) en son blog : « Pardon si on vous dérange, Prescrire ».

  1. Une petite attaque humoristique contre Prescrire pour commencer avec une métaphore médicale dans le style, les acouphènes, ça peut être le premier signe de la surdité… comme quoi JYN est le symbole de la méritocratie à la française, d’instituteur il est devenu journaliste scientifique au Monde puis titulaire d’une chaire à l’EHSP (cf. supra)
  2. Un peu de mélancolie sur les premiers pas de cette revue où, je cite, « …sa porte, alors, était ouverte, aux esprits libres, aux contradicteurs. On s’amusait autour de la table, incroyable.« Ce qui laisse la porte ouverte au fait qu’il « en était »…
  3. Et voilà, pour des raisons qui n’échappent à personne, qu’il embraye sur le Distilbène, « Le Dr Claudine Escoffier-Lambiotte allait créer une certaine émotion en révélant les premières conséquences (toujours d’actualité) des prescriptions massives de Distilbène.« . Les raisons : rendre hommage à la chroniqueuse médicale mondaine du journal de la rue des Italiens (la chronique Télévision était tenue par Claude Sarraute, fille de et femme de) ; et bien entendu dire que Prescrire existait avant Prescrire ; oublier toutes les compromissions ultérieures du journal sur les affaires de santé publique qui ont agité la France depuis 40 ans. Il serait utile, d’ailleurs, de relire le papier de la dame patronnesse du Monde sur le Distilbène, cela en surprendrait certains.
  4. Lui aussi a été un compagnon de route (le mythe sartrien des Mains Propres a la vie dure) : « Pour notre part nous avons accompagné bien épisodiquement sa croissance, la feuilletant toujours, la citant parfois.« 
  5. Mais la suite arrive : « On s’amusait presque de cette anomalie, mi-soviétique, mi-secte. » avec atteinte du point Stalwin (marque déposée par le docteur du 16)
  6. Puis il parle du Mediator et de la Revue Prescrire avec une telle jalousie qu’elle n’arrive qu’à souligner sa propre incompétence sur le sujet.
  7. Et ensuite, JYN, notre hussard de la République, s’attaque au sommaire de Prescrire pour le dénigrer (il devrait relire ses propres articles).

C’est la France rancie du journalisme médical, celle qui est à la fois in (dans le lobby santéal politico-administrativo-industriel) et out (la presse libre et / ou les Agences gouvernementales aux ordres).

Notre Revue Prescrire doit maintenir le cap contre les attaques médiatiques de ces journalistes à vie.

La kinésithérapie respiratoire dans le cadre des bronchiolites modérées suivies en ville n’a pas montré l’ombre d’une quelconque efficacité. Le fait qu’il n’y ait pas du tout d’études contrôlées ne signifie pas inefficacité mais manque de preuves (nous sommes gentils). Nous les attendons.

Et nous continuerons de critiquer notre Revue Prescrire comme, par exemple sur le Gardasil, mais la liste n’est pas exhaustive (voir ICI), où brillent par leur  absence nos amis JFD et JYN.

DPI : Abonné à la Revue Prescrire.

PS du 25/12/12 : Un avis de la HAS sur la « Prise en charge en premier recours par un kinésithérapeute des nourrissons présentant un encombrement respiratoire en lieu et place d’un médecin » : ICI.

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Publié dans BRONCHIOLITE, FLAYSAKIER JD, NAU JY, REVUE PRESCRIRE | Commentaires fermés sur La Revue Prescrire, la bronchiolite et les deux lanceurs d’alerte (a posteriori).