Archives de catégorie : Rétro

Bref ch’uis allée au bloc.

Un jour, j’ai eu le droit d’aller au bloc.

On m’a emmenée devant le vestiaire.

On m’a dit de prendre une tenue à ma taille, des sabots, un masque, un bonnet.

J’ai pris la plus petite taille, c’était une taille 18.

Le haut tombait aux genoux, et j’ai roulé le pantalon.

J’ai mis des sabots, un masque, un bonnet. Je suis sortie des vestiaires.

Ils étaient tous habillés comme moi.

Je les ai regardés, ils m’ont regardée, je les ai regardés, ils ont regardé mes pieds, je les ai regardés, ils ont chuchoté, ils ont arrêté de me regarder.

 

Ils m’ont dit « ça passe aujourd’hui, elle est pas là, mais ne refait JAMAIS ça »

Elle, c’était pas une infirmière, c’était L’infirmière.

Ça, c’était ses sabots que j’avais aux pieds.

 

Je me suis lavé les mains.

J’ai attrapé la brosse, j’ai touché le mur. J’étais plus stérile.

Je me suis relavé les mains.

J’ai remis mon masque qui tombait. J’étais plus stérile

Je me suis relavé les mains. Jusqu’aux coudes.

Et je suis revenue aux mains. J’étais plus stérile.

Je me suis relavé les mains.

Je suis entrée dans le bloc, les mains en l’air.

Personne ne m’a regardée.

J’ai attendu.

L’interne a dit « habillez l’externe ».

Elles ont soupiré, elles ont posé un tas devant moi.

J’ai attendu. Je l’ai pris. C’était plus stérile.

Elles ont rouvert un paquet. Elles m’ont aidé à m’habiller. J’ai tourné, j’ai touché la table. J’étais plus stérile.

Elles ont rouvert un paquet. Elles m’ont habillée.

On m’a dit « tu te mets là, tu poses tes mains sur le champ, et tu bouges plus »

Je me suis mise là, j’ai posé mes mains sur le champ, et j’ai plus bougé.

Le champ était tout bleu, la peau toute orange, avec une grosse lumière très très brillante dessus.

Il faisait chaud.

Le chirurgien est arrivé, il a ouvert la peau, le sang a coulé.

Il faisait chaud.

Il a ouvert la paroi abdominale. C’était une ischémie mésentérique.

Les intestins étaient nécrosés, ça sentait la bécasse pourrie.

Il faisait chaud.

Je regardé le chirurgien, il avait les yeux très bleus.

Il m’a regardée.

Je l’ai regardé.

Il m’a regardée.

Je l’ai regardé.

Il a crié « attrapez l’externe »

Ils ont attrapé l’externe, mais j’ai fait attention de rien toucher parce que j’étais stérile.

Ils m’ont tiré en arrière. J’ai gardé les mains contre moi, et j’ai pas touché la table, parce que j’étais stérile.

 

J’ai ouvert les yeux. Au dessus de moi, 3 anesthésistes et 2 chirurgiens me regardaient.

J’ai entendu la première d’une longue série de « il faut manger le matin ».

 

Bref, j’suis allée au bloc.

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Sur le tas

Previously, on retro

 

3ème année, nous avons enfin le droit de faire nos premiers pas dans le grand CHU. Nous allons pouvoir apprendre à faire le café, avoir des reponsabilités (recopier les examens, trouver la radio perdue), intégrer une équipe et collaborer tous ensemble autour du patient pour oeuvrer à sa prise en charge.

 

MOUAHAHA.

 

On nous fera vite comprendre que les externes, et encore moins nous les stagiaires, ne faisons partie de la moindre équipe. Nous sommes là, on nous tolère parce qu’on n’a pas le choix, mais nous sommes avant tout d’horripilants petits glandeurs imbus de leur personne qui thrombosons les couloirs.

Pour le coup, on thrombose oui. Nous sommes ici dans le GRRRAND service de CHIRRRUUURRGIE du GRRRRAND professeur. Une fois par semaine, Dieu fait homme vient faire la visite professorale dans le service. Il est important que la cour soit prête lors qu’il sort de son bureau dont la porte est ornée d’une superbe affiche « Les hommes ont prié Dieu pour avoir des miracles, et Dieu leur envoya les chirurgiens ».

S’en suit alors un passage en revue en règle de chaque cas. Ici point de nom, Monsieur est le PAC x 4 de jeudi, Madame la valve mitrale de mardi. Le ponte entre, suivi des sous-pontes, de la cadre qui lutte pour maintenir sa bonne place dans la cour, des assistants-chefs de clinique, des internes – ou du moins de l’interne responsable de la chambre, des infirmières, et – là y’a plus de place dans la chambre – les 10 externes/stagiaires. Le temps qu’on arrive à entrer le ponte était déjà ressorti et nous nous contentions d’un « Bonjour-heu-au-revoir-je-vous-remet-votre-drap » sans avoir rien entendu. Nous avons vite cessé de lutter, et étions pour beaucoup gênés du défilé indécent et restions en général dehors à attendre patiemment, ce qui sera rapidement taxé de manque de motivation à apprendre, d’arrogance, de fénéantise.

Et de thrombose de couloir – y’en a qui bossent merde.

 

Mr P. venait de loin. Il venait de faire 200km depuis son petit village pour venir se faire opérer au CHU, il avait quand même un peu peur, une opération du coeur vous pensez bien. Il était arrivé la veille, et avait bien suivi toute ses consignes, il était à jeun, avait pris sa douche à la bétadine – même que pour les cheveux c’est quand même pas top – et avait mis sa blouse-cul-nul toute propre. Il est tout stressé, et c’est pas les 20 personnes en blouse blanche qui viennent de débarquer dans sa chambre qui le rassurent. Il a plusieurs questions à poser au grand chef mais lui n’en a qu’une – et c’est lui qui pose les questions ici. « Vous êtes allé chez le dentiste ? »

Mr P. balbutie, bredouille, c’est à dire que non, lui c’est pour le coeur qu’il vient et… « Bon il rentre chez lui, on l’opère pas » et le ponte de sortir de la chambre sans daigner répondre aux questions de Mr P. et de son épouse qui croit à une mauvaise blague. Soupirs de certains devant ce bouseux même pas capable de faire son bilan bucco-dentaire avant une opération aussi risquée.

 

Je n’ai pas encore vu d’opération, mais déjà je raye mentalement « chirurgien » de la liste de mes avenirs potentiels, il était pourtant tout en haut.

 

Les chirurgiens, c’est mort, mais les infirmières, y’a encore moyen que ça se passe bien quand même. Si elles sont comme ça, c’est sûrement qu’elles ont eu affaire juste avant nous à un odieux connard, ça peut arriver, mais nous on est sympa et plein de bonne volonté, donc ça va être cool.

Justement, une de mes collègues n’a pas eu la même chance que moi lors de son stage infirmier : ils étaient si nombreux qu’elle n’a pas vraiment eu l’occasion d’apprendre à faire des prises de sang. En voilà une bonne entrée en matière pour prendre contact avec l’équipe. Je la prend par la main et l’entraîne en salle de soins.

« Bonjour, nous sommes stagiaires en médecine, c’est notre premier jour, et nous aurions aimé pouvoir faire des prises de sang… Enfin moi j’ai déjà eu l’occasion d’apprendre mais ma collègue non… »

Notre interruption semble profondément les agacer. « Oui ben les prises de sang c’est le matin à 6h hein, et bon, vous êtes pas là en général… » petit gloussement méprisant.

Je ne me départis pas de mon sourire « oui bien sûr je sais bien, mais ça arrive parfois qu’il y ait un bilan à piquer dans la journée, si vous pouviez passer nous prevenir dans notre bureau si c’est le cas ça serait très gentil »

Devant une telle dose de sourire bright et de candeur, l’infirmière ne peut qu’acquiescer.

Il ne fallut qu’une demi-heure avant de la voir repasser, armée de son plateau à prélèvements, alors que nous apprenions à recopier la natrémie dans la colonne de la natrémie.

Je bondis sur mes pieds. « Elle se fout de nous, allons-y ! » Ma collègue, moins rebelle que moi, protesta, et m’enjoignit à rester là à faire ce qu’on attendait de nous, et d’attaquer plutôt la colonne de la kaliémie.

Bien décidée à ne pas me laisser faire, je la pousse dans le sillage de l’infirmière. Elle refermait la porte de la chambre lorsque nous sommes arrivées. Je frappais et entrais. Sourire ultra-bright.

« Pardon, vous nous aviez dit que nous pourrions apprendre à faire les prises de sang, on vous a vu passer, vous avez dû oublier de nous prévenir ! »

L’infirmière nous fusilla du regard. « Ah ben moi je veux bien, mais faut ptet demander au patient ! » Regard goguenard.

Il est vrai que l’entrée en matière ne mettaient pas spécialement le patient en confiance. « Bien sûr !

Bonjour Monsieur, nous sommes étudiantes en médecine, est-ce que ça vous dérange si c’est ma collègue qui fait votre prise de sang ? »

Regard bienveillant du patient « Mais bien sûr ! Vous savez, moi aussi je suis médecin alors j’ai connu ça, faut bien apprendre ! »

 

Ma collègue réalisa avec succès sa première prise de sang. Les infirmières nous détestaient encore plus.

J’avais été prevenue qu’il nous faudrait apprendre sur le tas. Je comprenais aussi qu’il ne suffirait pas de vouloir apprendre, il faudrait aussi qu’on veuille bien nous apprendre.

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Graisse anatomie

Préviously, on rétro

 

Lorsqu’on arrive en médecine, lorsqu’on y arrive vraiment, après le concours, on a immanquablement un pote (ou deux, ou tous) qui s’enquiert d’un air de fascination horrifiée « alors c’est vrai ??? Vous découpez des cadavres ???!!! »

rembrandt_anatomie

Mettons tout de suite les choses au point sur ce mythe :

 

 

Oui, c’est vrai. On découpe des cadavres.

 

Héritage probable d’une tradition où c’était le seul moyen d’apprendre l’anatomie humaine, les travaux pratiques de dissection humaine existe toujours dans la plupart des facs. En tous cas dans la mienne.

Anatomical_theatre_Leiden

 

La première fois… j’avoue que j’y suis allée pleine d’une curiosité morbide, tel le sus-cité pote avide de détails croustillo-sanguinolants. C’était aussi, il faut le dire, les seules fois où nous faisions du concret dans cette année une fois de plus remplie de cours théoriques.

Pour trouver la salle, il suffisait de se laisser guider par l’odeur. Une odeur de mort et de formol, et pour cause. Le sous-sol de l’aile nord de la faculté en est imprégné. Dans les salles sont visées de volumineuses tables de dissection. Elles servent parfois pour d’autres cours et sont nettoyées après chaque exercice de dissection, mais il arrivait quand même régulièrement qu’on y retrouve un bout de tendon ou un amas graisseux oublié dans un coin.

Alors que nous étions déjà sensiblement impressionnés, entre en scène un personnage clé, que nous appelerons le boucher. C’est qu’on ne connaît pas son nom déjà, et ensuite son boulot, ça y ressemble un peu. A savoir stocker des corps, les conserver, et les découper.

Oui parce que techniquement, on découpe plutôt des bouts de cadavres. C’est la pénurie ma pauv’ Simone que voulez-vous, le macchabé se fait rare. Dans les faits, un groupe s’occupera du genou pendant que la table d’à côté s’affairera sur le pied. Et faut faire les choses proprement, parce que la semaine d’après, on échange, et celle d’après… ben on fait avec ce qui reste. Difficile de faire un TP correct avec un pied qui marine depuis 3 semaine dans le formol et qui a déjà été découpé dessus, dessous et derrière.

Très vite, les visages curieux et fascinés deviennent donc blasés, et grimaçants aussi. Parce que ça pue. On s’en doutait, c’est confirmé : le bout de cadavre mariné, ça pue. Après quelques années de recul, difficile de trouver un gros intéret de formation à ces dissections, les chairs durcies et décolorées ne ressemblant en rien aux tissus souples, roses, rouges – bref vivants – sur lesquels nous allions officier. Faire une suture sur un bout de carne ou sur le visage d’un enfant, ça n’a tout de même rien à voir.

 

Notre respectable professeur, lui, semblait peu s’en soucier. Il virvoletait au milieu de ses morts, insensible à l’odeur, fourrageant son stylo au fin fond d’un creux poplité, faisant voltiger la graisse, riant de notre dégoût ou de nos hésitations.

 

Je peux sans trop fanfaronner dire que j’aime beaucoup les gestes techniques. Faire travailler mes mains plus que mon cerveau, recoudre des plaies, ponctionner du sang, évacuer du pus, je kiffe.

Mais lorsqu’il a fallu travailler sur la tête, j’avoue que même moi je n’étais pas à l’aise. Difficile de faire abstraction de la brave personne ayant donné son corps à la SIANSSE tout puissante quand sa tête décharnée, décolorée et posée sur la table vous regarde de ses yeux vides. J’étais d’autant plus embarrassée que nous devions étudier l’os sphénoïde (bordayl encore lui) qui – pour information si vous avez la flemme de chercher – se trouve à l’INTERIEUR de la tête, genre environ derrière les yeux.
 Je cherchais désespéremment une porte d’entrée, on sait jamais qu’on nous ait toujours menti et qu’en fait il suffise d’appuyer sur un bouton pour ouvrir la boîte cranienne, quand notre éminent maître arriva vers nous et s’enquit de notre absence manifeste de progression.

« Ben alors…? Faites un volet ! (ma foi à défaut de porte, un volet… heu…)

– un volet ?

– ben oui ! » Il attrapa sans ménagement la tête à deux mains, et nous la lançant dessus, il s’exclama en riant

 

« BEN ALLEZ QUOI ! ON FAIT UN VOLLEY ! »

 

 

Ma voisine est tombée dans les pommes, moi dans l’abîme profond du désespoir.

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La roue du carrosse

Préviously, on rétro

 

Le concours/sésame obtenu, la jeune Docmam que j’étais a enfin eu le droit de voir ses premiers patients. Avant d’attaquer une année de soirées débauche cours théoriques, nous devions faire un staaaaage. Un stage d’initiation aux soins infirmiers. Dans un hôpital et ouaaais.

Si habituellement ces stages se font en CHU, les promos de néo P2 commençaient déjà à devenir trop importantes pour les capacités de formation. Pour la première année, nous fûmes donc quelques uns à être envoyés faire notre stage en hôpital périphérique, près de notre domicile familial. Ça tombait bien, l’hôpital local de TrouVille est juste à côté de chez mes parents, et je venais d’y travailler pour l’été.

Oui mais voilà, l’hôpital de TrouVille n’était probablement pas assez performant pour me faire découvrir les soins infirmiers, je fus donc envoyée à l’hôpital de GrosseVille. A 25km de chez moi. Avec des horaires infirmiers. Et des parents qui bossent tous les deux.  Alors que je n’avais pas encore 18 ans quand j’ai passé mon concours.

Tu la sens venir l’embûche ?

 

COMMENT JE VAIS EN STAGE MOI ?

 

Heureusement pour tout le monde, mon 18ème anniversaire est survenu entre le passage du concours et le début de mon stage. Le passage de mon permis est donc programmé juste après ma majorité, la chance et la législation encore assez souple de l’époque me donne le droit de piquer la voiture de Mère pour aller découvrir la vraie médecine la vraie vie.

 

Cette première étape franchie, je contacte la cadre infirmière pour connaître les modalités et les horaires de stage. Et pour les blouses je fais comment ?

« – Et ben les blouses, l’école vous les fournit voyons.

– heu… la fac nous a jamais rien fourni non…

– ben d’habitude l’école fournit les blouses ! (sachant qu’ils n’avaient jamais accueilli d’étudiants en médecine, la force de l’habitude avait ses limites)

Et ben écoutez je ne sais pas moi, voyez avec la lingerie ! »

Le dilemne de la fille qui était étudiante en médecine mais pas interne et qui faisait des soins infirmiers sans être infirmière ne rentrait dans aucun protocole de l’hôpital, mais hors protocole, j’ai réussi à obtenir 2 ensembles blouse + pantalon.

Le premier jour j’arrivais donc en avance, pour récupérer mes tenues et repérer les lieux.

« Bonjour, je suis étudiante en médecine et je commence mon stage aujourd’hui

– ah vous êtes la nouvelle interne ?

– heu… non pas du tout, je suis étudiante en deuxième année… je voulais savoir où je pouvais me changer… »

Silence. Regards étonnés.

 « Et ben vous avez pas un casier pour les étudiants au vestiaire ?

– et bien peut-être, mais je ne sais pas où est le vestiaire, je veux bien que vous me montriez ou que vous m’expliquiez où c’est.

– heu… »

 Perplexité. Concialiabule.

« Nan ben écoute, tu vas te changer dans la réserve, au fond du couloir ça sera plus simple. Bon des fois y’a Georges aussi, comme c’est le seul homme, il se change ici aussi, mais vous ne devriez pas vous croiser. »

Après m’être changée entre deux matelas anti escarres, derrière une porte qui ne ferme pas, nous avons tenté d’apprendre à nous connaître. Je ne suis pas sûre qu’en 3 semaines on y soit arrivé. Alors qu’elles s’étonnaient de mon absence totale de connaissance en quoi que ce soit, je regardais avec étonnement leurs protocoles rigoureux (D = a envie de faire caca, A = je lui ai donné le bassin, R = a fait caca) ainsi que les objectifs de stage manuscrits et affichés en salle de soin de ma collègue étudiante infirmière (EIDE comme on dit)

Il a finalement été décidé de me traiter comme ma collègue EIDE, même si à leur grand désespoir je n’avais aucun bagage théorique sur la réalisation d’une sous-cutanée, ni rédigé d’objectifs de stage (qui se seraient résumés à « objectifs : apprendre tout ce qu’on veut bien m’apprendre »)

La nouveauté que j’étais, ainsi que le faible nombre d’étudiants en médecine dans le service (genre UN) m’ont au final permis d’apprendre et découvrir beaucoup plus que bon nombre de mes collègues se marchant dessus dans l’indifférence générale du CHU.

Après quelques jours à réviser toilettes et lits au carrés avec les aides-soignantes, je leur ai fait comprendre que je n’avais que 3 semaines sur toute ma carrière pour apprendre le plus possible de gestes et de soins infirmiers. Prise de tension, sous-cutanées, prises de sang, pose de perfusions intra-veineuses, je m’essayais à tout. Mon statut de « étudiante-qu’on-sait-pas-trop-quoi-en-faire » me laissait une certaine liberté pour vadrouiller lorsque mes tâches étaient terminées, me voilà donc greffée au médecin lors de sa visite, ou à observer une coronarographie et lancer ma grande carrière de tombeuse-dans-les-pommes.

J’ai aussi découvert ce que j’allais devenir plus tard : un interne. Je le croisais assez peu, mais il a débarqué un jour dans la salle de repos, au moment de la sacro-sainte pause-petit-déjeuner.

« Qui veut aller faire des gaz du sang avec moi ? »

Ma collègue EIDE refusa poliment, n’ayant pas encore étudié ce chapitre en théorie lors de ses cours.

Je bredouillais que je n’avais moi non plus jamais étudié ça. Il éclata de rire « nan mais toi, tu n’apprendras jamais rien en cours. Tout ce que tu vas apprendre, tu vas l’apprendre sur le tas, alors viens »

 

Au final, ce stage d’initiation aux soins infirmiers m’a initiée à bien plus que ça. J’ai eu un avant goût de mon futur rôle d’externe : le truc en trop, qui gêne et dont on ne sait pas quoi faire, et qui apprendra sur le tas… s’il est motivé.

 

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