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Je n’irai pas travailler le dimanche 15 mars. LOL. (Quelques raisons) d’aller à Denfert-Rochereau.

Pierre Laroque : 1907 – 1997. Fondateur de la Sécurité sociale.

Je vais aller dimanche 15 mars 2015 manifester contre la loi de santé.

Je manifesterai pour montrer que je ne suis pas content.

Je vous ai déjà expliqué en préambule contre qui et avec qui je vais défiler (LA).

Voici (LA) sur le site officiel du gouvernement le justificatif, je dirais, en termes marketing, l’accroche de cette loi.

Notre système de santé est performant mais inéquitable, c’est pourquoi il est indispensable de le refonder. La loi de santé s’articule autour de trois axes : prévenir avant d’avoir à guérir, faciliter la santé au quotidien et innover pour consolider l’excellence de notre système de santé.

Ce préambule est à la fois un tissu de mensonges et un programme atterrant de santé publique quand on connaît les tenants et les aboutissants de tout cela (corruption, fraude, concussion, sur diagnostics, sur traitements, dépistages sauvages, prévention inexistante, prises illégales d’intérêts, pots de vin, et j’en passe).

Pour ce qui est du projet lui-même, vous le trouverez ICI.

Je fermerai donc mon cabinet ce dimanche (j’ajoute qu’il est fermé tous les dimanches pour ceux qui n’auraient pas compris).

A l’origine il y avait trois raisons essentielles pour que je refuse cette loi de santé.

Je vous les expose : 

  1. Le Tiers-Payant Généralisé. Je suis contre pour des raisons purement administratives car je ne veux pas que ma secrétaire passe son temps à récupérer des impayés ou à ne pas récupérer des impayés (je ne parle donc pas des médecins qui n’ont pas de secrétariat ou un secrétariat à mi-temps… la double peine pour eux…), je refuse cette mesure « socialiste » qui est un chiffon idéologique sur lequel est inscrit le slogan « Accès aux soins pour tout le monde » pour faire passer le reste, à savoir et surtout le fait que la médecine générale est considérée comme de la merdre en barre par des décideurs qui, ne sachant pas ce que c’est que de prendre un rendez-vous chez leur médecin traitant, pensent que les pauvres en sont privés. Pour le reste, les arguments à la khon sur le patient doit payer de sa poche, il faut responsabiliser le patient, cela va augmenter le nombre d’actes, tout ce qui est gratuit ne vaut rien, c’est du flan intégral et des arguments d’hypocrites. Les médecins et les patients sont irresponsables et on le sait depuis longtemps, les médecins en prescrivant tout et n’importe quoi à des malades (ce serait un moinre mal, à des citoyens) qui sont heureux de profiter du système par tous les bouts avec la complicité des premiers. Les médecins et les patients, dans une grande danse effrénée, font du consumérisme à tout va et participent au gâchis généralisé des ressources sans que l’on ressente la moindre amélioration sur la satisfaction de tout le monde et sur l’amélioration des indices de santé publique. L’autre argument selon lequel les honoraires ne vont plus dépendre que d’un tiers qui ne serait pas le patient pourrait effectivement être recevable si cela n’était pas déjà le cas pour environ 70 % d’entre eux… Encore qu’au bout du compte, ce soient quand même les  cotaisations qui règlent tout cela (sans compter le déficit chronique des comptes publics). Non, le problème est administratif, la multiplicité des payeurs (et la multiplicité des régimes, vache sacrée de la République), l’absence de guichet unique, et les difficultés que vont entraîner le paiement d’actes déjà insuffisamment rémunérés. Je serai donc pour quand les problèmes de paiement seront résolus, ce qui n’arrivera jamais.
  2. Les réseaux de soin organisés par les mutuelles. Je suis contre. « La loi permet donc la mise en place de réseaux de soins et autorise les mutuelles à conclure des conventions avec certains professionnels de santé, les assurés pouvant bénéficier de tarifs moins élevés et de meilleurs remboursements. » Voir ICI. Nous nageons en plein délire. Les assurés des mutuelles qui, en théorie, n’avancent pas d’argent pour des examens complémentaires, vont payer moins cher. Et c’est la mutuelle qui va choisir pour le médecin traitant quels seront les médecins et les endroits où ils pourront adresser les patients. C’est la générication de la santé et de l’adressage aux spécialistes d’organes. Comment les choix seront-ils faits ? Sur quels arguments ? Sur l’épaisseur de la moquette ? Sur le nombre (non déclaré) d’infections nosocomiales ? Sur le classement du journal Le Point ? Mais il est possible également que le parcours de soin passe à la trappe : les assurés (vous avez remarqué que je n’ai parlé ni de citoyens ni de patients) liront que le docteur X est agréé Mutuelle Machin et il ira le voir in petto.  J’ai toujours été contre les réseaux de soins ou plutôt contre les soins en réseaux (voir ICI) parce que j’ai toujours pensé qu’il s’agissait de l’exportation hors les murs des pratiques et des diktats hospitaliers. Et dans ce cas il n’y avait pas d’intervenants extérieurs au monde médical. On va passer du disease-management CPAM (les khonneries à la Sophia dont l’inanité et l’inutilité sont évidentes et ont été montrées ICI par exemple) au disease-management mutualiste étendu au delà des pathologies chroniques (voir LA pour des informations en français sur le modèle). La loi de santé va formaliser dans le mauvais sens, celui du choix des non médecins (Guillaume Sarkozy, impudent capitaine de mutuelle, par exemple) pour les médecins et pour les patients. Au lieu d’un système de soins centré sur les patients (patient-centered care) cela deviendra un système de soins centré sur les mutuelles qui ne représentent que l’AMC dans le remboursement, c’est à dire très peu, et qui gèreront les choix des médecins. Le monde à l’envers. C’est ce que les Anglo-Saxons appelleraient le stakeholder-centered care. Une abomination.
  3. Le pouvoir des ARS. Désormais les ARS auront les pleins pouvoirs, aidés en cela par la représentation nationale, pour décider de l’implantation des médecins généralistes, pas des spécialistes d’organes qui sont de grandes personnes, mais aussi pour décider de l’implantation des services, des IRM (voir LA) et le reste. La rationnalisation de l’offre de soins est évidemment un objectif louable car ne rien faire signifierait laisser le marché s’auto-réguler, ce qui est une imposture libérale bien connue. Mais les ARS sont les instruments du pouvoir politique, pas les acteurs des politiques de santé, il y a bien des comités de pilotage mais ce sont des comités croupions, le décisions étant prises auparavant. Les ARS, en outre, sont un repaire d’incapables qu’il a fallu recaser à la suite des regroupements multiples, salaires élevés, postes irresponsables, incompétence notoire, voitures de fonction et appartements dans le même genre, après le démantèlement de différentes structures antérieures (comme l’ASE par exemple). On ne peut faire confiance à ces profiteurs ignares du système qui ne connaissent rien à la santé mais qui, forts des modèles économiques extérieurs, et de leurs lectures hâtives sur des expériences étrangères, se posent en experts de la réorganisation des territoires, des coeurs et des reins.
En réalité, il y a bien d’autres raisons, vous vous en doutez. Les énumérer serait fastidieux mais ferait aussi oublier qu’il nous faut d’abord proposer et ensuite négocier. Il ne faut pas que cette manifestation soit un catalogue de récriminations mais un catalogue de propositions.

Comment réécrire la Loi Santé ? J’entends bien les slogans « No Négos » mais est-ce bien raisonnable alors que le corps médical et les professions de santé en général tirent à hue et à dia dans des directions parfois opposées ? Quel est le point commun entre le médecin généraliste salarié qui travaille à mi-temps ou à temps partiel en PMI et le radiologue interventionnel qui travaille dans plusieurs cliniques à la fois ? Quel est le point commun entre le médecin généraliste rural qui fait lui-même les points de suture et le médecin généraliste urbain dont le SAMU est distant de quelques minutes ? Quel est le point commun entre l’ophtalmologiste libéral en secteur 2 et le psychiatre libéral en secteur 1 ? Mais je pourrais multiplier les exemples à l’infini. Dire que la FHF (Fédération Hospitalière de France) ne cesse de casser du sucre sur les libéraux qui seraient à l’origine de l’engorgement des urgences, dire que le toujours médiatique Patrick Pelloux, dire que les cliniques privées sont déjà sous la coupe des fonds de pension, dire que les mutuelles, dire que… Si je voulais faire de la démagogie je dirais que le seul point commun c’est le patient. Mais où est le patient ? Est-il visible ? Ou n’est-il qu’un enjeu économique et de pouvoir de plus ? Ou n’est-il qu’un instrument au service de tous ?

Le slogan « No Négos » est un slogan creux car les grandes avancées sociales (il en est même qui souhaitent des accords de Grenelle…) ont été obtenues, certes par la revendication, mais, plus encore, par la négociation.

Quant aux états-généraux de la médecine proposés par d’autres ou les mêmes, ceux qui ne sont pas capables de lire la lettre d’un correspondant jusqu’au bout ou d’écouter leur patient jusqu’au bout de ses plaintes, ils voudraient une grande messe, j’imagine le bordel, et on pourrait réunir ce petit monde jusqu’à la fin de la présence de médecins généralistes authentiques dans le paysage médical français, que certains se battraient encore pour être sur la photo.

Car la plus grosse urgence, c’est la disparition programmée de la médecine générale et de certaines spécialités.

Où sont les propositions pour que la médecine générale ne disparaissent pas ? Où sont les propositions pour que plus de 17 % de médecins généralistes formés s’installent en libéral ? A part le C à 50 euro ?

Nous le verrons la prochaine fois.

Illustration : Pierre Laroque (voir ICI pour quelques éléments le concernant).

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