Archives de catégorie : PATIENT BASHING

Confraternité et patient bashing : quelques commentaires sur les commentaires.

On avance. Pour faire suite au billet précédent (ICI) et surtout aux commentaires je propose quelques réflexions :

  1. Je remercie le commentateur (Tony Lambert) me rappelant combien faire confiance à la CPAM pour le règlement du tiers-payant intégral serait une erreur. Adopté.
  2. La revalorisation des honoraires est une revendication syndicale majeure dans toutes les professions. L’histoire du syndicalisme médical semble être compliquée et pleine de rancoeurs mais pas plus, me semble-t-il, que les conflits entre la CGT, la CFDT,  FO et… les autres. S’agit-il, plus généralement, d’un problème de représentativité du syndicalisme français qui explique, outre le faible niveau des honoraires, l’absence d’une société française et savante de médecine générale qui puisse peser sur les pouvoirs publics ?
  3. (Je signale un lien d’intérêt majeur : je vote MG France quand je vote (ne détournez pas les yeux, je suis quand même un être humain)).
  4. Je rappelle que vous lisez un site de médecine générale qui tente de défendre la médecine générale. Je suis obnubilé par le statut de la médecine générale, vous l’avez remarqué. Par son contenu et, accessoirement, par son contenant. C’est pourquoi aussi je vote MG France parce qu’à un moment ou à un autre il fallait cesser de lier nos intérêts intellectuels et financiers à ceux des spécialistes qui, pendant des années et toujours actuellement, n’ont jamais cessé de nous cracher dans la goule, de nous mépriser et, derrière leurs belles paroles, « quel métier difficile », de nous prendre pour des demeurés.
  5. Mais je ne crache pas non plus contre, ce que mes collègues MG militants, appellent les spécialistes d’organes. C’est pourquoi mon enthousiasme pour MG France est assez limité. Je répondais l’autre jour à un militant de MG France (MA qui se reconnaîtra) qui me reprochait de développer dans le blog un fond de commerce anti spécialiste qu’il ne s’agissait pas de cela mais d’un profond agacement contre les avis d’experts d’où qu’ils viennent. Et il existe des avis d’experts en médecine générale.
  6. Je réponds à notre consoeur gynécologue qui s’est longuement exprimée (DTB) : je n’ai rien contre les gynécologues en général mais beaucoup contre les gynécologues moutonniers qui ont suivi le mouvement qui les a conduits du DES au THS en passant par le dépistage organisé forcené du cancer du sein par mammographie et, désormais, à la défense des pilules de troisième et quatrième génération et à la recommandation de la vaccination des jeunes filles prépubères contre le papillomavirus.
  7. Chantal nous a rappelé qu’il fallait se placer du point de vue de la santé publique. Vaste programme. Mais qui s’en soucie véritablement ? Les associations de patients ? 
  8. Je remercie CMT pour ses commentaires toujours aussi éclairés, ici sur les revenus des médecins, et pour les références qu’elle nous fait redécouvrir. Les comparaisons avec les cadres français et les médecins des pays étrangers sont pertinentes bien que les statistiques incluant des chèvres et des choux puissent être contestées ici ou là. Je ne pense pas que les cadres supérieurs français travaillent 35 heures par semaine comme le prétend JCGhaleb mais il n’est pas contestable que leurs avantages en nature sont importants. Je ne crois pas non plus que les MG français travaillent en moyenne 60 heures par semaine (j’ai déjà dit ici que mes horaires se situaient entre 46 et 50 heures).
  9. Je crois en la sincérité de JCGhaleb mais je ne comprends pas qu’il se place en défenseur des chirurgiens qui seraient sur le point de disparaître alors qu’il est très facile d’obtenir un rendez-vous avec eux, contrairement à ce qui se passe, par exemple, en ophtalmologie et, dans une moindre mesure, en dermatologie.
  10. JCGhaleb nout dit aussi que les médecins français vont fuir à l’étranger. Je n’y crois pas une seule seconde à part quelques brillants éléments. Deux raisons : la faible connaissance des médecins français pour les langues étrangères et l’anglais en particulier (ils pourront certes choisir la Suisse romande, la Wallonnie, le Luxembourg) et la qualité de vie en France (oui, je sais, j’idéalise, mais ce n’est pas tout à fait faux).
  11. J’en profite pour dire à CMT que traiter JCGhaleb de Goebbels n’est pas très gentil et  certainement inapproprié. Quant à Christian Lehmann, il est assez grand pour se défendre. Encore un point : CMT, d’après ce que je sais autour de moi, n’est pas, mais pas du tout, représentative des médecins des centres de PMI et des para médicaux des centres de PMI, puisqu’elle réfléchit, qu’elle ne prend pas Infovac pour argent comptant, que le Comité des vaccinations n’est pas pour elle le nec plus ultra de la pensée scientifique, que le lait de croissance n’est pas sa tasse de thé, et cetera… 
  12. L’Union Française pour la Médecine Libre oublie un point majeur, c’est la liberté de ne pas être inféodé à l’industrie pharmaceutique. Or, je le conçois, c’est extrêmement difficile en raison du lobby santéo-industriel qui infiltre tout depuis les cours de la faculté jusqu’aux aliments que l’on mange en passant par les recommandations des sociétés dites savantes.
  13. Comme CMT je ne crois pas au tact et à la mesure des médecins dans la fixation de leurs honoraires comme je ne crois pas que la finance mondiale s’auto-régule pour des raisons morales. Les médecins qui s’installent en zone « riche » ont des loyers de « riches », des secrétariats de « riches », des chaussures de « riches », des bureaux de « riches » et il est clair que les 23 euro ne sont pas suffisants pour ce train de vie. Peut-être devrait-on organiser un « busing » pour emmener les riches consulter à Aubervilliers. Cela signifie-t-il que la consultation à prix unique devrait disparaître, qu’il faudrait moduler les prix en fonction de la taxe d’habitation ou de l’épaisseur de la moquette ? C’est déjà le cas.
  14. La liberté, UFML, ce n’est pas seulement fixer librement les prix des honoraires et des services en fonction, d’après ce que j’ai compris, non de la qualité du médecin (qualité souvent médiatique et médiatisée, les exemples récents des professeurs Debré et Even sont démonstratifs : qui aimerait se faire opérer par le professeur Debré ou faire suivre son asthme par le professeur Even ?) mais de son parc immobilier, c’est aussi, dans la démarche du questionnement EBM, répondre au cas par cas aux demandes / plaintes / symptômes / maladies des patients, prendre des décisions qui aillent dans le sens de la Santé Publique. Pas simple et je ne pense pas y arriver tous les jours.
  15. J’ai déjà écrit combien nombre d’idées de l’UFML me paraissaient raisonnables mais qu’elles n’étaient pas suffisantes. Sur le point des mutuelles il n’est pas inintéressant de noter qu’il s’agit ni plus ni moins d’un système à l’américaine où les médecins gagnent beaucoup d’argent, pas tous d’après certains articles du NYT, mais au prix d’une perte totale de leur indépendance : listes de médicaments à prescrire et d’interventions à faire.
  16. L’UFML oublie également un point : l’insolvabilité prochaine de l’Etat et des assujettis
  17. Pour terminer je voudrais souligner combien ce gouvernement est nul de chez nul et combien Madame Touraine est une grande bourgeoise égarée dans le peuple (Bertold Brecht a dramaturgé là dessus) qui n’a jamais vu un quartier et un médecin généraliste et qui, pour des raisons idéologiques qu’elle seule comprend, n’a pas supprimé les franchises, favorise les mutuelles et veut instaurer le tiers-payant généralisé tout en laissant faire Benoit Hamon sur les lunettes internétisées. 
  18. Quant au patient-bashing il devrait être observé à la loupe  car, dans une société consumériste, le vendeur qui méprise ses clients est condamné à ne pas vendre. Le médecin qui méprise ses patients mal élevés… 
On avance mais il faut continuer.
Je voulais que l’on refonde la médecine générale et le sujet s’est épuisé de lui-même.
Je voulais faire sécession et il me semble que peu de gens partageant mes points de vue, je sécesse tout seul.
A plus.

PS : Si l’on porte sur un axe la satisfaction professionnelle liée à l’argent que l’on gagne, elle se situe  de – l’infini à zéro ;  celle liée à l’intérêt personnel que l’on y porte va de zéro à plus l’infini. D’où les demandes sans cesse renouvelées de plus d’argent.

Illustration. La liberté guidant le peuple. Eugène Delacroix 1830.

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Confraternité et patient bashing

Il semblerait que le respect de la confraternité revienne à la mode.
Il n’est pas convenable de critiquer ses confrères (et consoeurs).
Le statut de médecin protège des critiques et des commentaires.
Respect, qu’ils disent. 
Les mêmes qui glorifient les lanceurs d’alerte ne supportent pas que l’on puisse écrire que les « prescripteurs » de laits de croissance devraient « lire » ou que les nieurs des sur diagnostics de cancers du sein ont des intérêts académiques et financiers gros comme leurs nez.
La confraternité signifierait-elle l’aveuglement ?
En revanche, critiquer les patients est commun (notamment sur les blogs) : patient bashing (voir ICI).
C’est normal.
Les patients doivent se conformer à la morale commune des médecins qui décident de ce qui est convenable et de ce qui ne l’est pas.
Il s’agit sans doute de l’éducation thérapeutique (et civique) des masses laborieuses ignorantes.
Cela m’ennuie profondément.
Enfin, le médecin est une victime.
La victimologie médicale est devenue un fond de commerce.
Ces pauvres fils de la (petite) bourgeoisie qui ont fait des études si longues, qui travaillent tellement et qui gagnent si peu.
Ces médecins qui souffrent dans leur chair (on répète partout que le taux de suicide des médecins est le plus élevé de toutes les catégories socio professionnelles -(1)-; c’est sans doute vrai mais, à mon avis, il y a des facteurs confondants et des biais de recrutement) en raison de la méchanceté de l’administration, de l’Etat, des patients, de la société…
Il y a aussi les profiteurs, les suceurs de roues.
J’en reparlerai.
J’ai écrit ce billet après avoir appris le décès d’un médecin qui avait publié un billet de blog sur le site Egora (LA) que j’avais critiqué vaguement.
Ce billet était critiquable.
Je n’ai pas été le seul à le faire.
Maintenant que la consoeur est décédée on nous dit que l’on n’aurait pas dû la critiquer et, sur le site Egora, bien que nous n’ayons aucun élément sur les circonstances du décès, on écrit que ces critiques seraient à l’origine de l’issue fatale.
J’en reviens au début de ce billet : arrêtons de critiquer les billets qui paraissent, prenons tout pour argent comptant, et continuons de faire les pleureuses.
Quant à l’Union Française pour une Médecine Libre, j’en parlerai quand le temps viendra. 
Enfin, pour ceux qui dégueulent de sentiments et dont le coeur est foncièrement sec, je dirai ceci : toute mort est un drame pour les proches et nous pensons tous à ceux qui ont perdu un être aimé (je vous signale que je ne suis pas totalement étranger au phénomène du burn out : ICI)
(1) Le rapport de l’InVS est ICI. A noter que le taux de suicide le plus élevé concerne les sans emplois : 58,1 contre 34,3 dans les professions Santé et action sociale entre 1976 et 2002. Des données moins évidentes : LA mais ma recherche n’est pas faite pour remettre les chiffres en cause mais pour relativiser les causes.
Henri Matisse : Nu bleu (1952)

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Les citoyens ont aussi le droit de ne pas être « bien » traités.


Alors que certains organisent des colloques sur la sur et la sous-médicalisation (ICI) sans se poser la question plus pertinente de la non médicalisation de la vie, ce qui permet de faire porter aux médecins la responsabilité des sur diagnostics et des sur traitements et d’en exonérer les citoyens naïfs et vertueux par essence comme en témoigne l’entreprise de décervelage généralisé appelée médecine 2.0, ses promoteurs tentant de faire confondre contenant (le net) et contenu (la conversation de café du commerce),

alors que d’autres médecins préconisent, sans oublier de se positionner à gauche, la liberté absolue de tout et de rien, un monde sans tabou en quelque sorte, avec cannabis et cocaïne délivrés par la SEITA (1), 84 marques de pilules contraceptives dans les pharmacies, Diane 35 dans les supermarchés à côté des crèmes de beauté, la GPA pour tous et toutes (2), le hors AMM à la portée du stylo et comme preuve auto proclamée d’efficience du prescripteur, le baclofène introduit dans les bouteilles de vins et de spiritueux, le gardasil comme pari de société, la cigarette électronique comme solution élégante au problème du tabagisme et de l’oralité auto-destructrice, j’en passe et des meilleures, le ROSP comme moyen sans douleurs d’améliorer son quotidien (LA),

alors que des médecins certains de leur savoir, les mêmes qui condamnaient jadis, enfin, pas tous, le paternalisme médical, les mêmes qui défendent l’EBM en ne la connaissant pas ou qui la dénigrent en ne la connaissant pas plus, ces médecins persuadés d’appartenir à l’élite sur informée qui est abonnée à La Revue Prescrire en la lisant ou en ne la lisant pas, ces médecins forts de leur mission évangélique, ces médecins, lassés de la médecine générale qui consacrent leur énergie à faire de la gérontologie ou de la mésothérapie ou de l’homéopathie (3), sans compter les médecins qui pensent que La Revue Prescrire édite des fatwas et que rien de mieux n’existe que l’expérience personnelle, l’avis d’expert ou la conscience intime d’avoir raison, alors que certains médecins prétendent lutter contre les vieilles lunes du paternalisme médical, ils préconisent, pour le bien, jamais pour le mal, de nouvelles techniques de coercition, l’analyse freudienne, coco, c’est plus à la mode, les techniques cognitive-comportementales, coco, c’est trop ringard, des techniques pour que les patients fassent des régimes, arrêtent le tabac, prennent leurs médicaments, n’oublient pas leurs dosages trimestriels de critères intermédiaires (HbA1C par exemple), techniques que l’on appelle Entretien Motivationnel (ah, la motivation, un des mots clés du monde moderne, si vous n’êtes pas motivé, vous êtes un khon, motivé à consommer pour sauver l’économie, motivé à aimer votre prochain comme vous-même, motivé à croire en l’école républicaine, motivé à être un anti raciste, motivé à dépister les liens et conflits d’intérêts des autres), Education Thérapeutique, Empowerment, Disease Management (4), Share Decision Making, Paiement à la Performance (LA), ou Week-ends d’appropriation… (5)

Et ainsi le médecin lambda, fort d’une formation accélérée sur Internet, mais aussi grâce au DPC (Développement Professionnel Continu, LA), le nouveau machin inventé par les syndicats et leurs officines pour gagner de l’argent en préconisant les Recommandations souvent falsifiées de la HAS (ICI et LA), pourra préconiser, prescrire, administrer des techniques de conditionnement pour que ses malades, et a fortiori ses non malades, fassent ce que l’Etat de l’Art a décidé. Le médecin lambda prescrit une statine à un (e) patient (e) qui n’en a pas besoin, une statine qu’il ne prend pas régulièrement, seulement quelques jours avant l’évaluation d’une anomalie lipidique (EAL), et lui administre des exercices de motivation pour qu’il soit observant…

Mais le médecin blogueur ou gazouilleur lambda, pardon pour les généralisations et pardon pour ma non citation partielle, partiale ou exhaustive, des blogs et des tweets, ne voulant pas, contrairement à mes habitudes dénoncées par des blogueurs et des gazouilleurs indignés, faire d’attaques ad hominem, non seulement est persuadé du bien fondé de ses connaissances mais pratique également, et de façon anonyme (le contraire serait quand même surprenant car ils finiraient un jour ou l’autre par prendre un pain dans la tronche), le médecin ou gazouilleur lambda aime pratiquer le patient bashing. « Allo ?  Un patient qui ne sait pas prononcer infarctus ? » « Allo ? Un patient qui ne veut pas de médicaments génétiques ? »   » Allo ? Un patient qui continue de fumer après un pontage ? » Cela le déstresse de sa vie difficile, de son métier prenant, de ses inquiétudes existentielles, que de dire du mal de son patient crétin qui, diabétique, continue de boire du coca influencé en cela par les publicités inondant les écrans de télévision…

C’est pourquoi, sachant tout cela, ce que j’ai trop rapidement décrit, c’est à dire les méthodes marketing, l’arrogance des médecins, leur paternalisme éclairé, leur patient bashing, le citoyen, patient, malade, a, finalement le droit, comme tout un chacun d’être mal soigné, de choisir le spécialiste qu’il veut, de ne pas prendre ses médicaments anti hypertenseurs, de ne pas faire d’exercice physique, de ne pas pratiquer le sport, de trouver que Sophia, c’est génial, de refuser  les entretiens motivationnels, les psychothérapies sauvages, les conseils avisés, les séances de kinésithérapie, les adressages non justifiés chez des spécialistes ou les séances d’ostéopathie.

Ce droit inaliénable à pouvoir faire ce que l’on veut, quand on veut, au moment où on le veut, le principe du néolibéralisme rawlsien, que les citoyens consommateurs de santé s’en emparent, qu’ils en fassent ce qu’ils veulent, qu’ils se mettent sous la coupe des marchands de l’e-santé, qu’ils créent des associations sponsorisées par Big Pharma ou par des Agences Conseils en Publicité, qu’ils parlent sur des forums hébergés par des sites commerciaux, qu’ils se livrent pieds et poings liés aux gourous, aux faux médecins, aux vrais médecins, aux dépasseurs d’honoraires, aux partisans des traitements expérimentaux (et non expérimentés), aux professeurs médiatisés, aux presque professeurs sur médiatisés qui « expertisent » dans tous les médias, qu’ils en profitent, qu’ils imposent même des traitements à des médecins considérés comme des opérateurs, à des médecins dont le seul boulot est de faire de la technique, le ménisque droit, le wirsung, le pipi au lit…

A suivre…

Notes.
(1) Ce sont donc ces mêmes médecins, que l’on ne critique pas mon globalisme, c’est un tel foutoir idéologique que personne ne reconnaît plus rien quand les gauchistes préconisent la libéralisation des drogues en se mettant dans le même ligne politique que la trop fameuse OMS dont les experts en addictologie diraient pour une fois la vérité selon le principe bien connu qu’une montre en panne dit la bonne heure deux fois par jour (ICI), dans le fil éditorial de The Economist, le fameux journal marxiste britannique (ICI) ou dans celle des libertariens américains d’extrême-droite qui votent cocaïne et NRA au nom de la régulation du marché, mais je ne suis pas un spécialiste de ces questions, merci beaucoup de me le faire remarquer, bien que j’aie lu les éléments de langage (sic) fournis par la Fédération Française d’Addictologie (LA) qui permettent au pékin lambda (moi) de différencier légalisation, dépénalisation, décriminalisation et libéralisation des drogues…
(2) Le premier qui me traite d’homophobe a droit à un Certificat de Bien Pensance (de la gauche de la gauche) délivré par la Jean-Luc Romero Académie, officine traquant les déviants de la pensée « moderne » ultra libérale de gauche…
(3) Mes amis gérontologues (et je sais qu’il en est qui ne sur diagnostiquent pas l’Alzheimer, qui ne sur prescrivent pas des médicaments inefficaces et dangereux appelés anti Alzheimer,…), mésothérapeutes (et je connais des mésothérapeutes « sérieux » qui ne sortent pas leur pistolet à la moindre non occasion comme un authentique partisan de la NRA — National Rifle Association, ICI), et / ou homéopathes (je ne m’engagerai pas dans une distinction sémantique  voire épistémologique dans le but de distinguer quelle chapelle homéopathique « dit » la « vraie » médecine…) ne se reconnaîtront pas et conviendront avec moi qu’ils connaissent mieux que moi les excès et les agissements de leurs confrères…
(4) La Gestion des Maladies (en français) est une invention des organismes payeurs américains (cf. la note suivante) pour rationnaliser la prise en charge des maladies, c’est à dire pour diminuer les coûts, en « animant » des réseaux pluridisciplinaires (la somme de spécialistes fonctionnant en parallèle étant supposée humaniser la relation avec les patients) dont l’occupation principale est de faire des croix en face d’actions jugées indispensables (les fameux indicateurs d’efficience) et de s’octroyer d’autres croix de satisfecit en comptant les croix a posteriori…
(5) On remarquera que les mêmes qui louaient le discours de Villepin à l’ONU dénonçant les prétendues Mass Destruction Weapons inventées par le story telling américain se jettent sur ces nouvelles techniques qui ne sont que la version « moderne » du paternalisme et de l’arrogance médicaux à la sauce « réseaux sociaux » pour remplacer les techniques alapapa…

John Rawls : 1921 – 2002
Crédit photographique : Radio Netherlands Worldwide

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Le mur des khons à la sauce médicale.

L’affaire du local (privé) du Syndicat de la Magistrature où l’on a trouvé le fameux « Mur des cons » mériterait de nombreux commentaires (qui ont déjà été faits). Je m’abstiendrai d’en rajouter une couche.
Enfin, si.
Un commentaire : le Syndicat de la magistrature se dit de gauche. Il a été attaqué très souvent pour sa partialité (par la droite). Et violemment. Le Syndicat de la magistrature est un donneur de leçons. Il prétend s’attaquer aux puissants et défendre les faibles, lutter pour l’indépendance, et cetera. La pauvreté des arguments de défense du Syndicat (voir ICI) est ahurissante. Que le niveau de réflexion d’un syndicat de magistrats soit aussi basique, et ils ont eu le temps de réfléchir, me sidère. Il y a aussi un Communiqué de presse sur le site qui est du même tonneau (LA). L’entretien (exclusif) (sic) accordé au journal Le Parisien par la présidente du Syndicat de la magistrature (SM, nous ne ferons aucun commentaire sur l’acronyme), Françoise Martres, et son secrétaire général, Eric Bociarelli, est assez croquignolet : 
  1. Le « mur des cons » s’attaquait aux idées pas aux personnes (c’est le titre de l’entretien). Le distinguo subtil ne nous convient pas mais c’est plaidable. Il est évident que lorsque l’on dit que Jacques Servier est un khon, par exemple, on ne vise pas sa personne, seulement ses idées…
  2. C’est pas nous qui avons commencé dit EB : « Nous étions sous pression, et ce mur était un exutoire satirique confiné dans un espace privé.« Cet argument de cour d’école pourrait donner des idées aux avocats pour leurs plaidoiries. 
  3. Les images ont été volées, voilà un argument fort à mon avis et il est fourni deux fois, par EB « Cette droite que nous combattons a vu dans ces images volées le prétexte qu’elle attendait pour nous faire taire. » et ici : « Christiane Taubira feint d’ignorer qu’il s’agit là d’images volées exprimant des opinions privées. Notre parole publique n’a jamais été prise en défaut.« Il est vrai que cette circonstance est préoccupante mais elle semble bien acceptée quand il s’agit d’écouter les conversations privées de Jérôme Cahuzac. La jurisprudence Plenel, à savoir, comme j’ai été méchamment écouté par les sbires de Mitterrand, je fais pareil avec la FFF ou Cahuzac, est devenue une évidence publique que personne ne remarque sinon les ennemis (forcément de droite et d’extrême-droite de Mediapart) de la transparence comme vertu républicaine. A lire un billet de blog de Véronique Hurtado (ICI) sur le site Mediapart qui ne manque pas d’humour mais qui mélange beaucoup de choses dont les suicides de salariés (c’est bon, cocotte, cela fait vendre…) en n’y connaissant rien, et qui nous donne une super idée sur le nom de Mélenchon (qui apparaît tout jeune sur les affiches…).
  4. A la réflexion  du journaliste du Parisien « Deux pères de victimes étaient également épinglées » FM répond que les idées de ces deux personnes étaient condamnables et quand on voit ce que FM leur reproche « suppression du juge d’instruction » pour l’un et « plus de répression » pour l’autre, on se demande si Madame la présidente sait ce qu’est un délit d’opinion ou la simple liberté d’expression.
  5. A la question « Etes-vous de gauche ? » FM répond sans sourciller : « Pour autant, nous ne sommes affiliés à aucun parti politique. Nous avons d’ailleurs critiqué plusieurs fois Christiane Taubira sur ses atermoiements.« Cette réponse est obligatoirement fausse, nous ne cherchons pas, mais il est certain qu’au moins un membre du SM a, est ou a été membre d’un parti politique. Quant à l’argument de la critique de la ministre de la justice comme justification de l’indépendance, il est pitoyable et indigne d’une magistrate. 
  6. « Ce mur ne pose-t-il pas la question de votre impartialité ?  » demande encore le journaliste. Eh bien, la réponse de FM ne déplairait pas à Daniel Floret et à Bruno Lina : « On peut être un juge engagé et exercer son métier de façon impartiale.« Je crois que FM devrait relire les grands classiques de la sujétion, dont la fameuse, trop fameuse expérience de Milgram (ICI). Un séminaire de SM à programmer… Mais la fin de la réponse est savoureuse : Puisque l’UMP le fait, on le fait.
  7. Nous terminerons par ce propos fort d’EB : »Notre parole publique n’a jamais été prise en défaut. » Si : dans cet entretien.
Pourquoi je vous parle de cela ? Ce n’est pas mon domaine, ce ne sont pas mes oignons. Si. Quand même. Les magistrats que je verrai, si, je ne l’espère pas, je passe devant la justice, je me demanderais si, à la suite de mon post, je ne suis pas sur un mur des cons.
Enfin, le mur des cons m’a fait penser à mon blog.
Plusieurs personnes m’ont dit et écrit que mes propos critiques contre certains médecins pouvaient passer pour des attaques personnelles, qu’elles étaient mal venues et qu’elles pouvaient blesser ou qu’elles pouvaient faire penser que je m’attaquais ad hominem et non es qualités. J’y réfléchis. Je pourrais dire, comme le SM, que ce sont eux qui ont commencé… Mais surtout que leur pouvoir de nuisance médiatique est beaucoup plus fort que le mien. Mais il est possible que mon blog soit une sorte de mur des khons.
Et le mur des cons m’a fait penser à l’e-santé. 
Il y a un truc qui me chiffonne sur les blogs médicaux tenus par des médecins et à la lecture des tweets émanant de confrères (mais il peut y avoir des pseudos qui donnent le change), c’est le patient bashing.
N’est-ce pas, d’une certaine façon, un mur des khons à l’extérieur d’un local syndical ? Mes malades sont khons et cela me soulage de le dire. Mes malades sont khons et je l’affiche. Mes malades ne comprennent rien et je raconte les anecdotes. Cela me permet d’évacuer mon stress que de dire que mes patients sont khons… Les écoles de marketing, celles qui sont sérieuses, affirment qu’il n’est pas possible de vendre un produit si on méprise son client… Comment « vendre » une relation avec un malade s’il sait, le malade, qu’il est possible que « son » médecin dise du mal du patient quand il a le dos tourné ? 
Imagine-t-on un médecin bashing ? Des blogs de patients consacrés uniquement à dire du mal de ce khonnard de médecin que l’on vient de voir en consultation ? Que diraient les médecins ? ne protesteraient-ils pas ? Même sous le couvert de l’anonymat. Dans le genre « Mon médecin ne comprend rien à ce que je lui dis. Je lui dis que cela me gratouille et il pense que cela me chatouille… Ah le bouffon… »
Bon, on se calme.
Cela dit, dans le même genre, le dernier billet de Des Spence, ICI, est consacré aux patients qui ne se rendent pas aux rendez-vous hospitaliers (10 % des patients) (en anglais DNA : Do Not Attend). Il raconte que tout le monde s’indigne, que cela fait perdre beaucoup d’argent au NHS, qu’on leur envoie des courriers courroucés, qu’on voudrait leur coller des amendes, qu’on prévient les journaux… Pourquoi ne pas les afficher sur un mur des khons ? Et que dit Spence ? Il défend les lapinous (ceux qui posent des lapins) : les lignes téléphoniques des hôpitaux sont injoignables et, l’argument est assez surprenant et rarement mis en avant en France, il existe des variations d’adressage des patients à l’hôpital allant de 1 à 10 entre les médecins… ce qui ne peut manquer de dérouter les patients. 
Je voudrais rajouter ceci : si Des Spence souligne qu’il y a beaucoup de rendez-vus annulés par les hôpitaux la consultation hospitalière en France est véritablement scandaleuse si on la compare, par exemple, à la consultation libérale. Faudrait-il, au lieu de vilipender les patients qui ne se rendent pas à leurs rendez-vous (ce qui n’est pas bien, nous ne les excusons pas, nous en sommes les victimes tous les jours ou presque) sans prévenir, rapporter les conditions de la consultation dans de nombreux hôpitaux publics ? Des exemples à afficher sur le mur des khons médecins ou sur le mur des khons institutionnels ? Je donne quelques exemples : annulation des médecins au dernier moment ; consultations où les retards se comptent en heures ; convocation de tous les malades à la même heure pour que la caisse de l’hôpital puisse récupérer l’argent ; arrivée des patients à six heures du matin pour être les premiers sur la liste d’attente…
Je suis sorti de mon sujet mais j’y suis revenu avec une grande facilité. Non, les patients ne sont pas des khons attardés que l’on attaquerait sur leurs idées et pas sur leurs personnes. Non, il n’est pas bien (je veux dire rentable moralement) de taper sur les patients à longueur de blogs et de tweets, une façon différente de celle (ancienne) de nos mandarins pour exprimer l’arrogance médicale et le mépris de ces pauvres citoyens qui ne sont même pas capables de comprendre les enjeux de la Santé Publique…
Après avoir défendu les patients, enfin, je crois, je vais parler ensuite du e-patient (à suivre).

PS du 12 mai 2013 : une Tribune de magistrats dans Le Monde me rend perplexe : la réflexion de ces juges sur les conflits d’intérêts est très en amont des conceptions que nous avons.  Voir ICI 

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