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Une maladie d’Osggood-Schlatter rétrospective. Histoire de consultation 191.

La jeune A, 14 ans, consulte pour une allergie (saisonnière).

Blablabla.
Son dossier indique qu’elle a consulté trois fois pour des douleurs que j’ai attribuées trois fois à un Osggood-Schlatter (voir Wikipedia : ICI).
On parle de son allergie saisonnière qui réagit très bien à la cetirizine.
La maman parle de désensibilisation.
Blablabla.
On blablatte donc comme on le fait dans les bons cabinets de médecine générale (la désensibilisation, je n’en pense que du mal en ce cas et je songe déjà aux commentaires dans le genre « pour mon fils cela a bien marché » et aux allergologues qui vont me tomber sur le rable, mais j’ai l’heur de connaître leurs arguments).

La maman me dit ceci, après que j’ai demandé des nouvelles des genoux de sa fille, ben oui, le smédecins généralistes ont plusieurs motifs d’intérêt pour leurs patients, la fille qui, en passant, ne se rappelle plus qu’elle a eu mal bien qu’elle ait consulté trois fois…) : « Nous sommes allés voir l’orthopédiste, tiens, j’ai oublié de vous le dire, il a fait faire des radios et une IRM… – Oups… – Vous avez l’air surpris. – Oui, plutôt. Il a donné un traitement ? – Non. Enfin si, de l’ibuprofène. »

J’ai raconté à cette jeune fille et à sa maman l’histoire suivante :
« Quand j’étais adolescent j’avais mal aux genoux quand je faisais du sport, ce n’était pas insupportable mais je devais m’arrêter de courir, de faire du basket, j’en ai parlé à mes parents (qui n’étaient pas médecins) qui m’ont rassuré en me disant que c’étaient des douleurs de croissance et que ça passerait. Je n’ai pas vu de médecin. J’ai souffert (le mot est fort) et c’est passé. Plus tard, des années plus tard, en assistant à un cours à la Faculté de médecine j’ai compris que j’avais fait un Osgood-Schlatter… »

C’est tout.

Je pourrais en faire des tonnes.

  1. Médicaliser la vie est l’objectif des médecins, des patients, des politiciens, des marchands et des  gourous
  2. Traiter toute douleur dès qu’elle apparaît n’est as toujours une bonne idée
  3. Ne pas accepter l’incertitude est un dfaut des non médecins généralistes
  4. Ne pas savoir « bien » expliquer à une famille que quand c’est rien, c’est rien, et que ce n’est pas nécessaire de faire de l’imagerie pour de l’imagerie, est désastreux
  5. Promouvoir l’autonomie illichienne est une pratique rentable : mes parents n’ont pas jugé bon (nous n’étions pas à la même époque) de m’envoyer chez le médecin
  6. Faire des examens complémentaires inutiles est un passe-temps médical coûteux
  7. Consulter un médecin spécialiste sans passer par le médecin de famille est souvent une perte de temps
  8. Ne pas oublier que les maladies bénignes guérissent toutes seules et que les traiter ne rend pas le médecin meilleur mais améliore les statistiques de guérison médicalisées
  9. Ne pas méconnaître l’rreur fatale du docteurdu16 qui se « livre » en parlant de lui-même alors qu’il aurait pu raconter une histoire d’Allan dans le style : « Il est arrivé ceci à l’un de mes amis médecin… »
  10. L’allergologie est une spécialité qui me fait me poser presqu’autant de questions que l’homéopathie
  11. Même les consultations les plus « simples » nécessitent un background (un arrière-plan) conséquent
PS – Il n’est pas aisé de trouver des informations claires et précises sur les deux orthopédistes.
Vous trouverez la biographie de l’Américain Robert Osgood ICI et  quelques informations sur le Suisse Carl Schlatter LA mais pas de photographie.

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Publié dans Allergologie, CONSULTATIONS, HISTOIRE D'ALLAN, OSGOOD-SCHLATTER | Commentaires fermés sur Une maladie d’Osggood-Schlatter rétrospective. Histoire de consultation 191.