Archives de catégorie : Marmots

Les sens de ma vie

Voir

ses premiers sourires, ceux auxquels on ne peut s’empêcher de répondre

ses mains toujours en mouvements dans un ballet qu’elle seule comprend

sa mèche folle dressée sur sa tête

ses grands yeux bleus-gris plongés dans les miens

 

Goûter

la goutte de lait au coin de ses lèvres quand elle s’endort repue

ses larmes contre ma joue

 

Entendre

ses pleurs reconnaissables entre tous, ceux qui occultent le reste, les discussions, ceux qui vrillent le ventre sans qu’on le veuille

ses grognements lors qu’elle s’enfouit contre moi

ses premiers éclats de rire devant les clowneries de sa soeur

 

Sentir

son souffle dans mon cou

le mouvement apaisant de ses lèvres sur mon sein

ses doigts qui aggripent le mien

sa peau contre la mienne

 

Sentir

mon nez dans ses cheveux et cette odeur, cette odeur, ma cam’, ma drogue.

 

 

Les sens de ma vie.

L’essence de ma vie.

 

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Le marmot baroudeur

Lorsque j’étais jeune (enfin encore plus que maintenant quoi), je me voyais devenir une grande aventurière.

Une baroudeuse voyageant enfants dans le sac à dos, sauvant le monde tout en faisant découvrir à mes rejetons tous les pays du monde afin qu’ils apprennent la VRAIE vie, loin du luxe et du superflu.

Quelques années plus tard, il a bien fallu revoir un peu la donne.

La baroudeuse a peur des araignées (et de manière générale de tout ce qui a plus de quatre pattes) ;  j’ai bien compris que je ne sauverai pas le monde étant donné que je ne sais MÊME PAS SOIGNER UN RHUME (et que de manière générale je suis un peu plus réaliste sur le faible interêt de mes compétences à l’étranger) ; j’ai admis que je ne pourrais pas visiter tous les pays du monde et que finalement ma campagne elle était bien jolie ; et j’ai réalisé que – bien que ça reste possible – vivre sans domicile fixe avec des enfants à l’étranger, c’était un peu plus compliqué que ça quand même. Et qu’un peu de superflu et un bon lit moelleux, c’est pas mal aussi des fois.

 

Ceci dit, on était bien décidé à rester des parents-trop-cool à l’arrivée de Tétarde. Hors de question de passer dans la catégorie des parents ringards-laisse-tomber-eux-on-les-voient-plus-depuis-qu’ils-ont-un-gosse. Faut dire, comme on a des faux nains, ça aide un peu. Notre vie a donc continué (presque) comme avant, et Tétarde a été trimballée de resto en soirées chez des potes, en passant par les matchs de hockey, le tout en roupillant comme une bienheureuse là où on daignait la poser.

Lors de son premier été, histoire de coller à l’image de la baroudeuse-trop-cool que j’espèrais encore avoir, j’ai embarqué tente, Ours et Tétarde pour des vraies vacances en camping, parce que c’est trop bucolique (et baroudeur).

Si le manger, le boire ou le lavage n’ont pas trop posé problème, nous rions encore jaune en repensant à la nuit (particulièrement pourrie) que nous avons passé. S’il était déjà un peu dur de partager l’espace avec l’Ours, c’était sans compter une Tétarde qui trouva l’expérience fort marrante et qui passa la soirée à nous grimper dessus, avant de s’endormir – épuisée par tant d’exercice – à la perpendiculaire des matelas. Le réveil par une couche (pleine) en plein dans la tronche reste l’apothéose de ces vacances aventurières.

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La Tétarde aime à se carapater cul nu pour se rouler dans les brindilles

 

Forts de cette formidable expérience, lorsqu’on nous a précisé pour la bringue de ce week end que « les chambres seraient réservées aux plus vieux, les autres c’est en tente » j’ai cru bon de préciser « par contre, on sera avec la Squatteuse…

– oui oui ok c’est cool, pas de soucis ! »

Heu bon ok, pas de soucis, si vous le dites. Dans les faits, dormir en tente avec la Squatteuse me paraissait faisable, mais le fait qu’on me l’impose me gênait un chouillat quand même. (Parce qu’en plus ça m’empêchait de sortir la carte « parent-trop-cool » et de proposer moi même l’alternative champêtre)

Si notre tente possède l’option aérations-spécial-odeurs-et-transpiration-d’Ours, on n’a pas le lit bébé intégré. Il a vite paru évident que si nous voulions éviter que la Squatteuse finisse (liste non exhaustive)

– coincée sous un matelas

– enroulée dans un sac de couchage

– catapultée à travers la tente lorsque l’Ours se retournera sur le matelas pneumatique

il fallait qu’elle dorme dans sa nacelle. Ca tombe bien, la Squatteuse est pile poil assez petite pour tenir encore dedans, et pile poil assez grande pour avoir accumulé suffisamment de réserves pour résister au froid, et tenir la nuit sans chialer. Bon. Pour une nuit, ça devrait le faire.

Grand geste, on nous permit alors d’échanger nos tentes, afin de pouvoir profiter d’une tente familale, avec un joli salon où entreposer le fardeau marmot.

Bref, on était au taquet. Presque enthousiastes. Presque.

 

Cependant, lorsque une tempête orageuse s’est abbatu sur nous la veille, j’ai commencé à la sentir beaucoup moins bien, cette nuit en tente. Et même si la pluie s’est arrêté, la température a commencé à descendre un peu trop pour que nous restions des parents hyper cool.

Seule multi au milieu d’un groupe de nulli, j’ai donc passé la soirée à écouter ces joyeux trentenaires raconter comment c’était trop bien de ne pas avoir d’enfant, que cotoyer des parents ne faisait que renforcer leur décision, et qu’au moins ils pouvaient se pinter la tronche au Jet 27 tranquille. Dont acte.

Pendant ce temps, j’empilais petit à petit les épaisseurs sur la Squatteuse tout en sirotant un bon verre de Pommard, et en lançant régulièrement quelques « quand même j’appréhende un peu la nuit sous la tente avec la petite là… » ou encore « on va ptet mettre les matelas dans le garage il fera ptet plus chaud…? » ce à quoi on me répondait par quelques hochements de tête condescendants.

Si la plupart faignaient (ou ne faignaient pas d’ailleurs) l’indifférence totale, quelques heureux locataires de chambre poussaient même l’hypocrisie jusqu’à demander d’un air inquiet – voire réprobateur – si on ne craignaient quand même pas trop qu’elle ait froid.

« Ben si… »

Et voilà. Si inquiets qu’aucun ne nous a proposé de nous laisser de la place au chaud vous pensez bien.

Lorsque nous nous sommes retirés dans nos – frais – quartiers, la Squatteuse déjà couverte de body-chaussettes-pyjama-gilet-turbulette en polaire a eu le droit a un nouvel empilage de nos vêtements et même – au point où on en est – des serviettes de toilettes.

J’ai moi même enfilé des chaussettes avec mon pyjama, c’est dire s’il faisait frisquet pour que j’en arrive à cette extrémité.

Au final, nous avons visiblement eu plus froid que la Squatteuse, qui n’a semblé se rafraîchir qu’au niveau de ce qui dépassait de son mille-feuille de tissus, à savoir une main et un nez – à peu près.

 

Si au petit matin il y avait déjà comme un malaise, il s’est carrément coincé en travers de la gorge lorsque nous avons découvert que l’amie organisatrice qui devait partager la tente avec nous, avait finalement échoué dans un lit d’appoint dans le bureau (« heu si on a eu froid, et toi ça va ? – heu… oui… mais y’avait qu’un lit une place de toute façon… ») et que la priopriétaire des lieux à osé nous lancé innoncemment au petit déjeuner « on aurait dû vous installer dans la mezzanine avec la petite, vous auriez été mieux non ? »

 

NON TU CROIS ???!!

 

J’ai toujours pensé qu’avoir des enfants ne devaient pas nous empêcher de vivre. Mais entre ne pas s’empêcher de vivre, et vivre comme s’ils n’existaient pas, y’a quand même un fossé.

On peut barouder avec des marmots. Vraiment. Et c’est très sympa – malgré tout. C’est juste pas tout à fait pareil que de barouder sans marmots. Et ça demande QUAND MÊME quelques aménagements.

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Un temps pour tout

Il y a des moments trop vides, des moments passés devant une feuille blanche à essayer d’aligner quatre mots puis les effacer.

Des moments où le temps est là mais pas l’inspiration.

Des moments où la liste des choses à faire et des thèmes à développer s’allonge sans que j’arrive à mettre en forme les idées.

 

 

 

Et puis il y a ces moments où je déborde d’émotions et de mots à partager, sans avoir le temps de le faire.

Ces moments où les idées bouillonnent mais qu’il y a tellement plus important à faire.

Ces moments brouillons où finalement ça va trop vite et il est déjà trop tard.

 

 

J’aurais aimé parler de médecine, pour justifier mon entrée au Club des Médecins Blogueurs, mais au moment où j’entame une (encore plus) grosse parenthèse avec la médecine, les lecteurs arrivant par ce biais resteront sur leur faim.

 

J’aurais aimé parler de ces moments de déprime, de moi, mon gros ventre, la pluie et ma Tétarde à gérer à temps plein.

De cette impatience mélangée à ce sentiment de ne pas être prête.

De cette grossesse que je réalise et sur laquelle je me recentre au moment où elle se termine seulement.

De mes lubies bizarres questionnements sur la péridurale, son utilité, sur la douleur, son rôle, sa symbolique (oui je me pose plein de questions inutiles des fois)

Des bouffées d’amour pour ma Tétarde, à m’imaginer comment ce sera possible d’aimer autant un autre enfant, tellement celle-là prend toute la place. Même si oui, je sais en théorie, qu’on les aime autant les suivants.

 

Du soleil qui est arrivé, avec ses envies de fleurs et de vernis, soudainement, intensément, tellement attendu qu’on ne l’attendait pas encore en fait.

Du soleil qui a signé la fin de la trêve hivernale, l’expulsion du squat, soudainement, intensément, tellement attendu qu’on ne l’attendait pas encore en fait.

 

De cet accouchement imaginé, et si différent, et si intense.

 

Des bouffées d’amour, à m’imaginer comment ce sera possible de continuer à aimer autant mon premier enfant, tellement celle-là prend toute la place. Même si oui je sais en théorie, qu’on continue de les aimer autant les premiers.

 

De ce retour à la maison intense aussi, baby-blues bref et brutal, des pleurs, de cette volonté de repli sur moi, sur elle, de cette envie animale qu’il n’y ait plus qu’elle et moi, et qu’elle squatte mes bras à jamais.

De ma culpabilité, de la tristesse dans son regard, de la fatigue et de ses provocations, de la difficulté à trouver sa place dans cette nouvelle famille à quatre.

 

Et puis des câlins à huit bras dans le lit.

Des balades au soleil l’une dans les bras, l’autre fierté incarnée sur son vélo tout neuf.

De la fierté dans sa voix quand elle présente au monde SA sœur.

 

Des soirées à lui apprendre le sommeil, lumière tamisée, juste Louis Armstrong, Robin Hobb, elle et moi.

Des nuits hachées, de ses grands yeux dans les miens à 3h du matin, de ces moments au final si précieux parce que ce sont les nôtres, rien qu’à nous.

 

 

J’aurais aimé parler de tout ça. Mais il y a un temps pour tout.

 

Et actuellement, ce n’est pas le temps d’écrire.

2013_06_05_15

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Mode d’emploi de la grasse matinée

Une fois des marmots dans un foyer, la grasse matinée devient un enjeu primordial de tout parent.

Mode d’emploi.

 

Préambule : une grasse matinée sera d’autant plus appréciée après une nuit bien pourrie. Pour ceci je suggère un état gravidique avancé. (mais je vous fais confiance pour trouver d’autres états compatibles)

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source : jeveux1bebe.com

Et surtout PROFITE hein.

 

0h : comme une grosse buse, vous avez de nouveau « oublié » de vous couchez tôt. Ou plutôt la peur du RGO vous a empêcher d’aller vous coucher juste après manger.

1h30 : Le premier réveil sera occasionné par une tentative de changement de position. En effet, endormie, vous avez oublié que seule la PLS (position latérale de sécurité) vous était autorisée, et que toute mobilisation devait se faire en respectant l’axe tête/cou/tronc/BASSIN. Vous symphyse pubienne vous le rappelle douloureusement.

2h00 : Malgré vos précautions (comme les enfants énurésiques, vous ne buvez plus rien après 18h) le contenu de votre estomac a décidé de se faire la malle. Après évaluation des bénéfices/risques, vous décidez de restez au lit et de tenter de vous rendormir.

2h30 : Votre évaluation était mauvaise. Votre contenu gastrique n’a pas dit son dernier mot. C’est une mauvaise combinaison avec votre restriction hydrique : votre bouche est parcheminée et vous avez hyper soif bordayl.

2h43 : il faut se rendre à l’évidence, le lever est inévitable. Boire ou dormir, il faut choisir. Oui mais vous avez trop soif, vous vous enfilez 3 verres d’eau. Comme les coordonniers sont les plus mal chaussés, mais qu’ils sont chaussés quand même, vous retrouvez un sachet périmé depuis 3 ans de petits pompiers sensés éteindre votre feu intérieur. Vous appliquez conscienceusement les conseils que vous donnez à vos patients : ne pas se coucher juste après avoir mangé ou bu, couchage en position proclive à 30°.

3h00 : vous lorgnez du côté du canapé et de sa pyramide de coussins pour vous organiser un couchage proclive à 30°. Malheureusement il vous faudrait pour ça aller chipper la couette du lit, ce qui risque de déplaire à l’Ours.

3h15 : avec un coussin supplémentaire, vous tentez d’arranger un couchage proclive dans le lit.

3h16 : vous avez oublié que vous ne pouviez pas plus dormir sur le dos, rapport à la masse utérine qui appuie sur votre veine cave. Vous tentez un proclive en décubitus latéral gauche.

3h30 : vous avez le dos complètement en vrac, vous tentez le décubitus latéral droit, avec une jambe échouée sur votre conjoint, pour soulager le bassin.

4h00 : vous vous sentez enfin glisser vers le sommeil. Votre conjoint en profite pour entammer une série de ronflements sonores. Vous répondez de manière réflexe par un coup de pied : vous vous faites mal au bassin.

4h30 : vous vous sentez enfin glisser vers le sommeil. Mais il est temps de payer les conséquences de votre inconsience : vous avez envie d’aller aux toilettes. Mais vraiment.

5h00 : vous passez une demi-heure à tester (bruyamment, puisque chaque mobilisation vous fait souffrir, rappelons le) plusieurs positions possibles (en excluant donc le plat ventre, le plat dos, ainsi que le plat tout court)

5h30 : vous vous sentez enfin glisser vers le sommeil. Votre conjoint visiblement en est sorti, et pousse un profond soupir. Votre visage n’était malheureusement qu’à quelques centimètres et vous prenez 100% de son haleine fraîche matinale dans la poire.

6h00 : le proclive est redevenu petit à petit déclive, mais vous vous sentez enfin glisser vers le sommeil.

7h00 : des geignements s’élèvent de la chambre mitoyenne. En tant que mère, vous avez été pourvue dès la naissance du marmot d’une oreille hypersonique vous réveillant dès le moindre bruit émis par le sus-nommé marmot. C’est relou mais c’est ainsi, et vous devez accepter que votre conjoint n’en est pas pourvu. Non il ne fait pas semblant de dormir, il n’ENTEND vraiment pas. C’est pourquoi c’est à vous de l’aider à pallier ce handicap EN NE VOUS LEVANT PAS.

Vous l’aiderez ainsi petit à petit à éduquer son ouïe et à répondre aux besoins de son enfant.

De toutes façons, comme à chaque fois, vous faisiez un rêve zarbi et tout pourri (cette fois-ci à base de souris volantes qui vous chiaient dessus) vous n’êtes donc pas si mécontente de vous réveiller.

7h15 : durant cette phase de lutte psychologique, votre enfant ne cesse de râler. Vous ne vous inquiètez pas, l’enfant en question est parfaitement capable de se lever si besoin, et vous attendez avec impatience le jour où elle arrivera à mettre le DVD de Kirikou toute seule. Mais pour l’instant votre côté WonderMaman l’empêche de toucher aux télécommandes et tente de lui expliquer que les écrans, c’est pas la vie (… sans commentaire). Et l’enfant chiale parce que c’est une grosse feignasse, qui veut qu’on vienne la chercher jusque dans son lit s’il vous plaît.

7h30 : votre conjoint finira par se lever (bruyamment). Plus tard dans la journée, il vous reprochera d’avoir feint de dormir pour ne pas vous lever. NE NIEZ PAS, il le sait. Dites simplement « oui j’étais réveillée, mais j’étais vraiment naze, j’ai pas réussi à me lever ». La vérité nue est plus efficace que les mensonges enrubannés. Prenez néanmoins la précaution de poser la main sur votre ventre en adoptant une démarche douloureuse (ça ne devrait pas être trop difficile)

7h45 : n’oubliez pas que votre conjoint n’a pas la même notion de « s’occuper des enfants » le matin. Sitôt le marmot levé, il filera sous la douche, le laissant abandonné à lui-même. Fort logiquement le marmot vous rejoindra dans votre lit. Si vous avez de la chance, vous aurez droit à un câlin de 3 sec 48, sinon passez directement à l’étape je-saute-sur-le-lit « allez-maman-on-va-dézeuner-on-se-lève-dit? »

8h00 : votre conjoint arrive enfin, et lance d’un ton peu convaincant « rhooo mais laisse maman tranquille… ». Il en profite néanmoins pour ouvrir les rideaux, puis, devant votre grognement prend un air étonné et contrit « oh tu voulais encore dormir ? »

8h15 : votre conjoint, comme tous les week end, prend un malin plaisir à enfreindre les règles que votre côté WonderMaman tente de mettre en place, à savoir entre autre « on ne regarde pas la télé le matin, sauf le week end et après avoir déjeuner ». Votre rejeton et votre conjoint sont donc vautrés sans avoir déjeuner devant un dessin-animé de super-héros.

8h30 : votre côté WonderMaman l’emporte, et de toutes façons il semble assuré que vous ne dormirez plus. Vous vous levez définitivement.

 

Ne dites rien, et surtout n’oubliez pas de remerciez chaleureusement votre conjoint de vous avoir laissé dormir, il ne manquera pas de vous faire remarquer la très mauvaise nuit qu’il a passé avec toute cette agitation.

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Haptonomie mes fesses.

La première fois que j’ai eu des contacts – indirects – avec l’haptonomie, cela ne m’a pas forcément… convaincue.

Bon ils étaient très indirects les contacts faut dire. En stage à la maternité de GrosseVille, je voyais passer, de loin, les femmes venant accoucher et ayant pour certaines suivi une préparation à la naissance en haptonomie.

Donc je les voyais de très loin, ces femmes, en tant qu’interne de médecine générale. Je n’avais ma place ni dans les accouchements physiologiques sans complication, chasse gardée des sage-femmes et de leurs étudiants ; ni dans la prise en charge des complications, qui relevaient du gynécologue et de l’interne spécialisé en gynécologie, logique.

(Si vous vous dîtes que vu comme ça, je ne servais pas à grand chose, et que je n’apprenais pas grand chose, vous n’êtes pas loin de la réalité. Enfin si, je l’ai déjà évoqué, j’étais faussecouchologue.)


Ces femmes suivies en haptonomie étaient quand même plus souvent casse-couilles que les autres avaient plus souvent un projet de naissance défini. Elles refusaient la péridurale ou la présence d’étudiants, faisaient les originales en souhaitant une autre position que la classique sur-le-dos-les-pattes-en-l’air, voire même avaient des lubies de hippies en voulant écouter telle ou telle musique durant le travail.

Autant vous dire que ces femmes-là, j’avais encore moins le droit de les voir que les autres ; moi qui ne demandais qu’à apprendre, ça ne me mettait déjà pas dans de bonnes dispositions. Ceci d’un point de vue tout à fait égoïste que je reconnaissais totalement, puisque dans le fond, bien que n’étant jamais passée par là, je comprenais quand même un peu leurs demandes.

Mais les retours des sage-femmes ou de ma collègue gynécologue n’étaient pas forcément aussi bons, notamment lorsque l’accouchement ne se déroulaient pas comme prévu. Un accouchement compliqué, ou celui où une intervention avait été nécessaire, semblait d’autant plus mal vécu que la femme avait eu une préparation haptonomique.

Je me souviens notamment d’une femme qui n’arrivait pas à digérer son accouchement, où une ventouse avait été nécessaire, pratiquée par ma co-interne. Intervention de la psychologue, conflits avec les sage-femmes, demande de dossier… Ma collègue, qui même dans l’urgence, est quand même du genre à rester calme, polie, à se présenter et expliquer chaque geste qu’elle est amenée à faire ; en avait été secouée.

 

Pour moi qui n’y connaissais rien, il n’y avait qu’un pas à franchir pour penser que l’haptonomie rendait les femmes particulièrement chieuses.

Ou qu’en tous cas les sage-femmes responsables de l’haptonomie à la maternité embrigadaient les parturientes dans une secte de bisounours où l’accouchement était idéalisé, la péridurale diabolisée, et la moindre complication non envisagée.

 

Avec un peu de recul, j’ai envisagé que le biais viennent plutôt du recrutement. Les femmes ayant déjà vécu des accouchements difficiles, des grossesses à risque, très médicalisées ; ou les femmes souhaitant tout simplement une grossesse et un accouchement le plus physiologique et le moins médicalisé possible; auraient peut être plus tendance à se tourner vers ce type d’accompagnement, qui a pour but de favoriser le développement de liens affectifs et de communication entre les parents et l’enfant. (pour plus de précision sur l’haptonomie… ne me demandez pas.) Bref des femmes qui étaient déjà chieuses qui avaient des attentes assez précises qui s’écartaient du protocole classique de la maternité, et ce AVANT de débuter l’haptonomie.

 

Toujours est-il que lorsque j’ai envisagé une préparation à la naissance lors de ma première grossesse je me suis tout naturellement… détournée de l’haptonomie, non pas que j’en rejette les principes, au contraire, mais je sentais que je m’y trouverais en décalage, surtout avec des sage-femmes avec qui je n’avais pas eu spécialement d’affinités. J’ai pris contact avec une sage-femme libérale qui m’a fait barboter dans une piscine, et c’était très bien.

 

Aussi lorsque je me suis posée la question d’une préparation à la naissance pour cette seconde grossesse – c’est à dire à l’arrache quand il était déjà un peu trop tard comme d’habitude – l’Ours a été le premier surpris que je lui parle d’haptonomie. Non pas que j’en éprouve absolument le besoin, je gardais de relativement bons souvenirs de ma 1ère grossesse et de mon accouchement, mais la curiosité et l’envie d’essayer autre chose et de mourir moins bête étaient là.

Considérant qu’il s’agissait là d’une énième lubie néo-bobo-écolo de ma part, l’Ours décida qu’il n’avait pas besoin de ça pour communiquer avec la Squatteuse, et que de toutes façons il ne serait pas là.

Ce dernier point l’a emporté, car il est vrai que vu son emploi du temps anarchique, malgré toute la bonne volonté du monde, ça aurait été difficile.
En y allant seule, on perdait tout de même en grande partie l’interêt de la chose. J’en suis donc restée à ma préparation en piscine qui m’avait apporté toute satisfaction une première fois.

 

Ce qui ne nous empêche pas tous les deux, et même tous les trois, de passer de bons moments à tisser des liens et à communiquer avec la squatteuse. A notre façon.

Dernièrement, l’Ours s’approche d’une partie charnue de mon anatomie qu’il affectionne particulièrement, collant sa bouche au plus près.

« Squatteuse, je suis ton père. »

Devant mon air désespéré, il prend un air innoncent.

« Ben quoi, je fais de l’haptonomie ! Je ccommunique avec ma fille ! »

L’Ours, l’inventeur de l’haptonomie par les fesses.

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Source

baboum baboum baboum

 

J’ai chaud. Je suis bien.

 

baboum baboum baboum

 

Je n’entend que les bruits de ce cœur qui fait circuler le sang dans nos deux corps. Au loin, je perçois quelques bruits assourdis par ma couverture aqueuse. Ils n’ont pas d’importance. Je suis bien.

 

baboum baboum baboum

 

Le liquide chaud glisse le long de mon corps et s’enroule autour de moi. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Je suis bien.

 

baboum baboum baboum

 

A travers mes paupières closes, je perçois la lumière changeante dans la pièce. Inspiration et expiration rythment le balancement imprimé par ses mouvements. Je suis bien.

 

baboum baboum baboum

 

Je tend doucement une jambe, je bouge un peu ma main. Elle bouge aussi. Le bruit de l’eau qui roule contre nos oreilles. Nous sommes bien.

 

baboum baboum baboum

 

Un contact. Une pression.

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source [nf] : origine – naissance

ressource [nf] : refuge – ensemble des forces

re-source : re-naissance

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Le monde de Tétarde

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Batman – FlashMcQueen – Maman – Papa – Ma poupée – Mon doudou

 

 

 

 Librement photographié par Tétarde.

 

 

 

 

 

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Etiquetage et maternage

Et vous parents, vous êtes dans la case des parents à l’écoute et bienveillants ou vous êtes les autres ?

 

Alors que je découvre la dernière méthode éducative à la mode, je sens l’énervement poindre un peu. Ça fleurit un peu partout à la télé et dans les magasines.

La discipline positive. (Je vous laisse googliser un peu)

Oh je n’ai rien contre le concept à part que… c’est un concept.

 

Pour résumer, on recherche le juste milieu entre bienveillance et fermeté. Parce que « En tant que parent, on pense souvent qu’il y a deux voies en matière d’éducation, l’autorité ou la permissivité. Y en aurait-il une troisième ? »

(Ah bon. Vous pensez ça vous en tant que parents ?

On a donc 3 cases : les laxistes qui laissent tout passer à leurs enfants, les autoritaires qui frappent et punissent, et donc ceux qui pratiquent la discipline positive.

Sinon les autres, ils font sûrement de la discipline négative. Ou de l’indiscipline.)

 

Donc on est à l’écoute de son marmot, on communique avec lui, on ne punit pas en criant sans expliquer, et on l’implique au maximum pour lui donner envie de faire les choses de lui-même et ne pas imposer.

Une fois de plus je le redis, je ne reproche absolument rien aux principes énoncés. Je ne leur reproche tellement rien que je cherche encore ce qui est révolutionnaire là dedans.

Est-ce que ça s’appellerait pas du bon sens tout bêtement ?

 

Bon je suis mauvaise langue, regardons de plus près les exemples proposés.

– le marmot lâche la main en pleine rue et se met à courir. Ce qu’il faut faire en discipline positive : expliquer au marmot pourquoi c’est dangereux, et se mettre d’accord avec lui que dans la rue il faut donner la main, mais qu’au parc ou dans les bois, il aura le droit de marcher tout seul.

Naaaaaan, déconne pas. La révolution est en marche là.

– l’ado fout son bordel partout et range rien. Ce qu’il faut faire en discipline positive : ne pas lui imposer de ranger, mais lui dire que le samedi – jour de ménage – ça doit être nickel.

– il ne veut pas faire ses devoirs. Ce qu’il faut faire : voir avec lui le moment où il préfère les faire.

 

Bon ok, je suis toujours mauvaise langue, je caricature ptet un peu. Mais en tous cas c’est l’impression que j’en ai.

Mais bon, ce n’est pas tout. Histoire de formaliser encore un peu le truc, il faut toutes les semaines un temps d’échange familial. Avec un cahier ou un agenda où on note tout ça. Il faut se dire des trucs gentils, verbaliser les choses qui nous ont gêné et se mettre d’accord sur les tâches de la semaine à venir. Bon dans l’idée oui c’est bien, mais est-ce que c’est obligé d’être si formel ?

 

Et pour nous aider au quotidien, on a des « outils ». Si le marmot nous gonfle et qu’on est sur le point de péter un boulon, on utilise le joker, l’outil « temps de pause ». Si grâce à notre manuel on identifie que le marmot fait un caprice car il a besoin d’attention, on utilise alors l’outil « temps dédié » où on va passer 15 à 20min à jouer avec son gosse. Révélation : il faut communiquer et passer des moments avec son enfant.

 

Il nous faut donc des méthodes pour apprendre à être parent, et comme à l’hôpital, faire des protocoles dédiés à chaque situation et … – au secours j’ai fuit l’hôpital pour ça.

 

Avant la discipline positive, je m’étais fait presque les mêmes réflexions sur le maternage.

Déjà qu’est-ce que c’est ?

« L’inverse de ce qu’on fait nos parents ou nos grands-parents » lis-je à quelques endroits.

Consensuellement, on dira que c’est un ensemble de soins et de pratiques destinés à répondre au mieux aux besoins de l’enfant tout en créant un lien très fort entre le bébé et ses parents.

 

Donc ma mère n’était pas à l’écoute de mes besoins ? Ben ça ça me ferait bien chier tiens.

Vous qui n’êtes pas maternante, ou parentant, c’est donc que vous n’écoutez pas les besoins de votre bébé et que vous ne cherchez pas à créer un lien fort avec lui. Voilà, veuillez rentrer dans votre case s’il vous plaît.

Là non plus n’allez pas croire que je suis « contre ». D’aucun dirait même de moi que je suis maternante, vu que tel Mr Jourdain, j’ai adopté pas mal de code du maternage sans le savoir, ou plutôt sans le vouloir.

 

Attention il y a des sous-cases. Il y a le maternage proximal… et donc sûrement le maternage distal, pour ceux qui veulent écouter les besoins de leur enfant mais pas de trop près je suppose.

Ou qui, en faux maternants qu’ils sont, utilisent honteusement des objets pour mettre de la distance entre eux et leur enfant : biberon, poussette, voire même un autre lit.

 

Damned mais quelle étiquette je prends moi ?

J’ai allaité mais au moins autant parce que j’ai trouvé ça foutrement plus simple, pratique et économique que pour la santé de ma fille. Est-ce que du coup j’ai vraiment été à l’écoute de ses besoins ?

Pis celle qui fait de l’allaitement mixte, elle est un peu maternante mais pas trop ?

Et ma fille elle supportait pas être en écharpe. Et si je la portais souvent en porte-bébé, c’était pas pour l’avoir contre moi, c’est parce que c’était plus facile à trimbaler que la poussette.

Elle a porté des couches lavables, c’était pas pour répondre à ses besoins, puisque du coup elle était plus souvent mouillée, avait plus souvent les fesses rouges et que je pense qu’elle s’en foutait royalement.

 

J’ai aussi donné des biberons, mis des couches jetables, mis ma fille dans un parc ou un transat. J’ai aussi repéré les moments où elle avait envie pour lui proposer le pot (genre après manger, quand elle faisait une grimace d’un air concentré). Je lui ai fait pas mal de purées avec des légumes bio, mais qui ont poussé juste à côté d’un aérodrome. J’ai acheté du surgelé. Et elle a bouffé des bouts piqués dans notre assiette avec les doigts. Elle a dormi dans sa poussette, et a passé autant presque autant de temps dans les bras des autres que dans les miens.

 

Alors vous rangez ça dans quelles cases ?

Je ne me revendique pas maternante, et j’en refuse l’étiquette.

 

Est-ce que comme 90% des parents, je ne fais pas juste du maternage ou de la discipline positive sans le savoir, juste en suivant mon bon sens ?

On lirait moins de bouquins, de manuels, de guides et de méthodes, on retrouverait un peu d’instinct et de bon sens je crois moi.

 

 

(en bonus, je vous fais partager deux liens de mamans pleines de bon sens dont je rejoins l’analyse au final)

http://etpuislaneigeelleesttropmolle.blogspot.fr/2012/04/la-discipline-positive.html

http://famillevegan.fr/2012/11/05/le-maternage-proximal-et-ce-quil-nous-en-reste/

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Parlons un peu de sexe

« Alors vous connaissez le sexe ? », « Vous savez ce que c’est ? », « Vous allez demander ? »

 

(ça y est j’ai perdu la moitié des lecteurs qui n’étaient venu que pour le mot sexe)

 

Une des premières questions auxquelles on ait le droit en tant que (futur) parent. Mélangée ou précédant les « c’est pour quand ? », « vous préféreriez quoi ? », « t’as pris combien ? » ou le fameux « tu vas l’allaiter ? » source de toutes les guerres du monde.

 

Si ça ne tenait qu’à moi, le problème aurait été vite réglé : je ne veux pas savoir, autant pour avoir la surprise à la naissance, que pour qu’on ne me fasse pas chier avec ça.

Malheureusement l’Ours n’était pas du même avis, et voulait savoir à quoi s’en tenir, pour voir s’il me répudiait de suite. Ou plutôt pour limiter de 50% les inconditionnelles disputes de choix du prénom.

Donc nous avons su dès le 5ème mois que Tétard était une Tétarde. Chose que nous avons gardée pour nous pour éviter les questions relous. Et les tonnes de cadeaux roses aussi. (et aussi pour regarder les gens se planter en pari idiot sur la forme de mon ventre)

Oui parce que j’aime pas le rose. Pas parce que ça fait fille spécialement, et pas une allergie farouche mais j’accroche pas avec cette couleur en général. Et soyons honnête, quand on cherche à acheter des vêtements de bébés… on a en gros le choix entre un truc bleu et gris avec un camion marqué « Little boy » ou un truc fushia et rose à froufrous marqué « Little princess »

Je me suis retrouvée bien emmerdée pour acheter des habits neutres. Genre des habits normaux quoi.

 

Ceux qui voulait m’offrir des cadeaux aussi d’ailleurs. Mais ce sexe inconnu nous a permis de récupérer un gros carton de fringues de bébé garçon, ce qui ne me gênait aucunement, et qu’on ne nous aurait peut être pas donné autrement. Et toutes les fringues furent utilisées pourtant. Et aujourd’hui à 3 ans je continue de me servir allègrement dans les rayons garçon. En me disant dans un coin que ça serait lus facilement réutilisable.

A la naissance, Tétarde n’était donc pas trop une choupififille bien girly. Enfin choupi elle l’était, mais plutôt avec des Tshirts de hockey et des body tête de mort.

 

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c’est-y pas choupi ?

Je n’ai pas boycotté les robes roses que l’on m’offrait. M’enfin… j’y rajoutais ma petite touche.

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J’ai peut-être eu du mal à considérer ma fille comme quelqu’un de très sexué au début. Enfin entendons-nous bien, je savais qu’elle était une fille et je ne cherchais pas spécialement à en faire un garçon manqué ou un être androgyne. Juste je l’habillais avec ce que j’aimais, et ce que je trouvais pratique ; et je me sentais pas obligé de la déguiser sous prétexte de. Ça ne m’empêchait pas de la trouver joli avec du rose ou une jolie robe, quand même.

 

Je ne lui ai spontanément mis des robes que quand elle a su se tenir debout (parce qu’avant, je trouvais pas ça des masses pratique) et que les bouclettes sont apparues. Peut-être quand j’ai commencé à la regarder comme une petite fille, et plus comme un bébé.

 

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(oui elle est belle en fille aussi)

 

De toutes façons, je savais que la société, l’école et avant tout SuperNounou (mais-c’est-quoi-cette-casquette-Flash-Mc-Queen-prend-plutôt-ce-sac-de-princesse) allaient se charger de la fifilliser un max.

Aujourd’hui Tétarde aime autant sa poupée que son camion de pompier, son T shirt rose, son pyjama FlashMcQueen, sa jupe qui tourne et sa couleur préféré, ben c’est le bleu et elle nous le fait savoir. Et c’est très bien comme ça.

 

J’ai mis un peu de temps, mais j’ai fini par m’attendrir devant des choupi-petites-tenues pour petites filles. Jusqu’à me dire que « tiens je regrette ptet un peu de pas en avoir acheté pour Tétarde »

 

Enfin bon, si mon côté girly persiste, je pourrais toujours le soigner.

 

Parce que le squatteur, c’est une squatteuse.

 

 

Edit : puisqu’on me demande mes sources

la couche, c’est www.weenotions.co.uk

le body, c’est My Baby Rocks

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Soigner oui, mais avec des médicaments bien sûr.

« Maman pourquoi tu m’as pas soigné quand z’étais malade ? »

 

QUEUWA ?

 

Voilà comment la chair de ma chair m’a remercié voilà quelques semaines. Après avoir elle-même ramené de chez nounou une gastro fulgurante qui nous a tous bien taclé cette p***, après quelques nuits à ne pas dormir, occupée que j’étais à me faire vomir dessus, à changer des draps, changer des pyjamas, nettoyer des cheveux plein de débris alimentaires, re-changer des draps, remettre un… vieux Tshirt du 36 avec un caleçon trop petit (oui-ben-j’y-peux-rien-t’as-plus-de-pyjamas-propres-et-pis-regarde-ça-fait-comme-une-robe-t’as-vu-t’es-une-princesse-et-il-est-3h-du-mat’-alors-c’est-comme-ça-pis-c’est-tout)

… après avoir fait tout ça, voilà ce que je recevais.

 

Je ne l’ai pas SOIGNEE. Rappel, soigner = prendre soin de. On appréciera.

 

Pourtant si y’a bien un marmot qui n’a pas été élevé au médicament, c’est bien Tétarde.

Déjà parce qu’elle n’a jamais été bien malade. (enfin au moins autant que certains gamins qui sont tous les 2 mois dans nos salles d’attente cela dit).

Mais à part de régulières gastro sur lesquelles il n’y a pas grand chose à faire, et quelques rhumes qui sont tombés sur les bronches (et qui mériteraient un billet rien qu’à eux) Tétarde n’a jamais été suffisamment malade pour mériter le moindre médicament. La bouteille de sirop rose que j’ai en stock est la même depuis sa naissance.

 

Et ensuite parce que je lui ai toujours expliqué que ça ne servait à rien. Ou pas grand chose. Que les bobos et les petites maladies guérissaient tout seul, qu’éventuellement un câlin et un bisou ça pouvait aider. Et ça pas parce que je suis médecin « et que donc c’est plus facile pour moi, pas besoin de l’emmener consulter ». En 3 ans j’ai du sortir mon stétho une seule fois pour lui coller dessus. Juste parce que moi-même j’ai été élevée comme ça. Un peu de bon sens.

 

Alors qu’est-ce que c’est que cette idée de vouloir des médicaments ? Où est-ce qu’elle a pêché ça ?

 

Déjà… certainement chez nounou. Si sa petite copine fille de médecin également est aussi peu médiquée qu’elle, ses autres compagnons de jeux sont régulièrement sous antibiotiques ou aérosols « parce qu’ils sont malades ». Comme j’ai autre chose à faire que d’examiner les gamins de nounou quand je sors du boulot, je n’ai aucune raison de dire que ces prescriptions n’étaient pas justifiées. Surtout que comme je l’ai dit là, j’ai tendance – à état égal – à plus médicaliser les enfants des autres que les miens. J’espère que ça s’arrangera. Bref, tout ça pour dire qu’à 3 ans, il peut être difficile de comprendre pourquoi quand ils sont malades on fait des trucs pour les autres et rien pour elle.

 

Sans compter la fâcheuse tendance de nounou à leur fourrer des granules d’homéotruc dans la bouche dès qu’ils se font un gnon. Ou comment leur faire croire dès qu’ils savent marcher que le médicament, allopathique ou non, est le remède à tout.

(Mais à côté de ça nounou prend tout le monde tout le temps même avec 39° et du vomi partout donc on ne lui en tient pas trop rigueur. De toutes façons ma consœur et moi-même, on ne lui laisse pas vraiment le choix je crois)

 

De plus, comme beaucoup, Tétarde est abonnée à un magasine pour marmots avec des histoires de marmots dedans. L’un d’entre eux, c’est Piloui. Jusqu’à présent, il me dérangeait pas plus que ça ce Piloui. Mais voici donc ce qui lui est arrivé à ce bon vieux Piloui récemment.

 

piloui 1

piloui 2

Analyse image par image.

Piloui se lève, il a le nez qui coule et il se sent fatigué. Bon ben voilà, l’histoire pourrait s’arrêter là : Piloui, comme tous les marmots de 4 ans, enchaîne sa 5ème rhino de l’hiver. (pharyngite, rhino-pharyngite, rhinite, bronchite, peut-être même otite ou laryngite… ça reste un RHUME, Borée le dit très bien)

Mais non. Viiiiiiiiiite maman l’emmène chez le docteur.

 

Si on enchaîne sur la 2ème image, on voit que Maman Piloui n’a pas pris la peine de prendre un rendez-vous, visiblement ils se sont pointé sur une plage sans rendez-vous, avec une salle d’attente blindée à moitié de Piloui avec la goutte au nez qui pleurent et contaminent les autres.

Donc rhino J1 : Piloui fait le pied-de-grue chez le médecin. Ça sent la consultation productive. En plus à tous les coups Maman Piloui n’a pas donné de sirop pour le fièvre « pour que vous puissiez constater docteur. » Constater quoi en fait ? Pense-t-elle que si elle nous dit « ce matin il avait 38,3 » on ne la croira pas ?

 

3ème image, fin du suspens, la diagnostic tombe « c’est un gros rhume ! » Naaan seriously ???

Vache ils ont bien fait de venir.

 

4ème image, nous avons une explication. Maman Piloui avait besoin de ses 2 jours enfant malade, avec certificat à la clé. C’est la seule explication logique à cette histoire. Rendons grâce au médecin qui à priori ne prescrit pas 36 trucs inutiles.

 

Sinon franchement, soyons honnête, Piloui n’avait rien à faire chez le médecin avec sa rhino J1.

Au prochain numéro, nous aurons « Piloui retourne chez le médecin parce que c’est tombé sur les bronches » à tous les coups.

 

 

Comment voulez-vous qu’on s’en sorte si nos gamins sont formatés dès le début à cette surconsommation de soins ?

En attendant, Piloui va rejoindre ce gros niais de Tchoupi sur la liste des lectures à bannir.

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