Archives de catégorie : ivg

Clause sans conscience

Les dernières déclarations sur l’IVG du Dr de Rochambeau, encore actuellement président du syndicat des gynécologues obstétriciens de France, ont remis, à nouveau, sur le devant de la scène l’épineuse question de la clause de conscience. Outre la dimen… Continuer la lecture

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Dix idées reçues sur la contraception

Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour lutter contre les idées reçues. Voici une liste de dix idées reçues sur la contraception qui méritent d’être dites et répétées – et diffusées largement. 1° Beaucoup de femmes se retrouvent enceintes sans le vouloir par refus de la contraception. Vrai ou Faux ?
Faux ! Plusieurs enquêtes menées par l’Ined, l’INSERM et le CNRS (Bajos et coll., 2004, en particulier) ont montré que de nombreuses femmes enceintes sans le vouloir utilisaient auparavant une méthode de (…)


Contraception et gynécologie

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La Manif pour TOUT

Que cela soit pour lutter contre le mariage gay, interdire l’IVG ou, peut-être bientôt, un film d’animation jugé « pornographique », certaines organisations manifestent à tire-larigot, arguant la défense d’une opinion collective. Face à ce genre de motifs, on ne peut que … Lire la suite Continuer la lecture

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Dix idées reçues sur la contraception

Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour lutter contre les idées reçues. Voici une liste de dix idées reçues sur la contraception qui méritent d’être dites et répétées – et diffusées largement.
1° Beaucoup de femmes se retrouvent enceintes sans le vouloir par refus de la contraception. Vrai ou Faux ?
Faux ! Plusieurs enquêtes menées par l’Ined, l’INSERM et le CNRS (Bajos et coll., 2004, en particulier) ont montré que de nombreuses femmes enceintes sans le vouloir utilisaient auparavant une méthode de (…)


Contraception et gynécologie

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La rameuse ensablée

  Vous pourriez me reprocher ma mono-maniaquerie mais y a des fois, c’est dur de faire autrement. Je viens de lire que pour une IVG, les arrêts de travail sont  inutiles voire néfastes Et oui, comme les sages-femmes – et d’autres – osent s’offusquer du dernier communiqué de presse du SYNGOF (cf dernier billet), certaine rame de plus belle en nous expliquant que […] Continuer la lecture

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Infatigables rameurs

  Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas causé de … #NosAmisDuSyngof. Mais comme d’hab, il suffit que leur représentant évoque ma profession pour que le clavier me démange. Dernière saillie en date, ce communiqué de presse en réaction à la parution du décret autorisant les sages-femmes à pratiquer l’IVG médicamenteuse (et la vaccination […] Continuer la lecture

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Un léger décalage sur l’IVG. Histoire de consultation 185.

Harvey Karman (1926 – 2008)

Les deux jeunes femmes assises en face de moi sont, j’ouvre trente-six fois les guillemets, filles de parents maghrébins arrivés en France dans les années quatre-vingt, la deuxième génération, déjà mères de familles, et elles sont des Françaises de chez Françaises.

Et que le premier qui commence avec les mots intégration, assimilation, naturalisation, identité nationale aille lire ailleurs pour faire de la sémantique ou de la sociologie.

Elles sont des Françaises nées en France et elles subissent la triple peine sociale : filles d’immigrés analphabètes, filles d’ouvriers travaillant à la chaîne et/ou de femmes de ménages, et filles musulmanes. La triple peine française comprend en plus : ghettoïsation des quartiers, écoles de merdre, absence d’ascenseur social. En réalité, il s’agit d’une quadruple peine qui était déjà évidente dans ma formulation : la peine anthropologique des filles (et ici de ces jeunes femmes) liée à la structure originelle de leurs familles maghrébines se confrontant aux structures familiales du pays d’arrivée et aux injonctions sociétales européennes concernant ces mêmes filles.

Précisons pour les gens qui ne vivent pas dans les « quartiers » ou qui y vivent mais se tamponnent de l’histoire de leurs voisins, voire pire, de leurs propres histoires, que les structures familiales au Maghreb sont en plein bouleversement (en raison notamment de l’urbanisation des populations et de la « modernisation » des structures étatico-sociales dans un contexte plus général de mondialisation économique et de tensions mondialisées dans la religion) et que ces bouleversements sont amplifiés par l’immigration (les cultures des pays d’origine et les cultures des pays d’arrivée s’entrechoquent comme on l’a déjà vu et comme en témoigne par exemple l’effondrement du taux de fécondité des femmes entre leur pays d’origine –surtout s’il s’agit de l’Afrique sub saharienne et presque pas quand il s’agit de la Tunisie– et la France) et par l’émigration (les pratiques modifiées des émigrés transforment par contamination les pays d’émigration). J’ai déjà abordé le problème du non communautarisme (c’est à dire que les populations immigrées, fussent-elles issues d’un même pays ne pensent pas d’une seule façon, ne se comportent pas d’une seule façon, et cetera) et du communautarisme redouté, la question des pratiques modifiées dans les populations immigrées (LA) et l’observation d’une autre double peine (ICI).

Vous suivez ?
Chacun de ces bouts de phrase devrait permettre de planifier des thèses de sociologie à des générations d’étudiants… Je laisse cela aux spécialistes. En sachant, et je l’avais découvert en situation (voir ICI), que les thèses anthropo-sociologiques faites par des fils et filles d’immigrés sont rares ou s’autocensurent pour des raisons éminemment communautaristes et compréhensibles (désir d’appartenance).

Quoi qu’il en soit, la deuxième jeune femme vient pour la déclaration de grossesse, bla bla, la partie proprement médicale a déjà été faite lors des consultations précédentes, il s’agit de collecter les données, de leur donner un sens, de renouveler les conseils et de rappeler le calendrier. Brutalement, elle me parle de l’angoisse qu’elle a ressentie lors de sa première grossesse dans l’attente des résultats pour la trisomie (ce que l’on appelle les marqueurs sériques et qui concernent également le tube neural).
Je pense en moi-même à cette femme musulmane foulardisée dont j’ai déjà parlé LA et cette autre, tout aussi foulardisée, qui me disait avoir une petite soeur trisomique et que « c’était la joie de toute la famille et que donc, docteur, ne me parlez pas d’avortement ».

Revenons à notre consultation.
Elle : « C’est long d’attendre les résultats, on se fait des films… »
Son amie : « Je confirme. »
Elle : « Mais, de toute façon je n’aurai pas avorté. »
Son amie : « Moi non plus, je ne l’aurais pas fait, de toute façon. »
Moi (idiot) : « Ah bon ? »
Ni l’une ni l’autre n’ont jamais parlé de religion avant cette consultation.
J’ajoute : « Alors ? Pourquoi accepter le dosage ? »
L’un ou l’autre (je ne me rappelle plus laquelle) : « Pour se préparer. »

Je vous précise : ces deux jeunes femmes sont habillées « à l’européenne », plutôt pimpantes, ont bac + 3 et je ne les ai jamais entendues, devant moi, cela fait des années que je les connais, faire une référence à l’islam.

Cette consultation ne signifie pas grand chose d’un point de vue statistique mais j’ai déjà « remarqué » combien il existait un léger décalage sur l’IVG entre le discours officiel des femmes que je rencontre ici ou là dans mes relations sociales (toutes favorables à l’IVG au nom du droit des femmes à pouvoir disposer de leur corps) et celles que je rencontre dans mon cabinet, celles des « quartiers ». Mais pas toutes celles des « quartiers », ce serait généraliser abusivement.
Et j’ai connu, je connais des jeunes femmes qui sont parties en train pour Amsterdam, seules, l’échographie dans le sac et l’argent, faisant l’aller et retour dans la journée, des musulmanes aussi, mais qui étaient acculées aux impossibilités, non pas religieuses mais sociales, de de faire autrement.
Le refus théorique de l’IVG (pour la pratique, chacun s’adapte aux circonstances, on vient de le lire) n’est pas seulement le fait de quelques exaltés catholiques ou de juifs ultra orthodoxes, elle est le fait de certains musulmans. Et, ici, dans ma patientèle, c’est palpable. Est-ce que quelqu’un aurait le culot de dire que ces deux jeunes femmes sont des anti modernes ?

Epilogue en forme de réflexion.

Il y a environ dix-huit mois je discute avec une petite cousine de vingt ans. Je lui dis avec précaution que je suis, éthiquement, contre l’IVG mais que je ne m’y oppose jamais quand mes patientes (il est tellement rare qu’un homme soit dans le cabinet à cet instant) en font la demande. Et parce que je suis contre éthiquement il m’arrive d’en faire « trop » pour l’accompagnement de ces femmes (« trop » signifie que je m’implique plus qu’il ne serait nécessaire, enfin, je quitte ma position empathique pour une position sympathique, en tentant de ne pas parler, seulement anticiper, ne pas l’induire, la violence symbolique de l’IVG). Ma cousine me regarde et me dit ceci (avec encore plus de prudence) : « Tu sais, tous les jeunes de maintenant considèrent que l’avortement, c’est naturel. » Elle me parle prudemment car, dans une partie lointaine de la famille, il y a des catholiques qui ne sont pas très favorables à l’avortement. Je ne suis pas catholique et je ne suis pas croyant. Je suis même athée.

Nous parlons un peu. Je lui explique ma position. 
Ma position (résumée) : je suis défenseur de la vie ; je suis contre la peine de mort ; je suis contre l’infanticide (et là, les lecteurs commencent à dire : le mek confond tout) ; je suis contre l’IVG. Je ne sais pas à quel moment commence la vie, à combien de jours, à combien de semaines, à combien de mois… J’essaie, mais ce n’est pas facile, de ne pas pratiquer la division de la conscience. Mais je ne suis pas pour l’interdiction de l’IVG. Pour des centaines de raisons. L’actualité récente des pro vie… Un projet de loi dans le Wisconsin…

Quoi qu’il en soit, la conversation avec la petite cousine m’a rendu, d’un seul coup, vieux, réactionnaire, en dehors des courants dominants. Et je dois le dire, prudent. Dire, écrire, que l’on n’est pas pour l’IVG, renvoie à des figures tutélaires de la réaction, du conservatisme, du catholicisme activiste, et cetera. Aurais-je tellement peur de ne pas être dans le coup, c’est à dire d’être considéré comme un acolyte des tueurs d’obstétriciens pratiquant l’IVG comme aux Etats-Unis.

La question que l’on m’a posée cent fois : « Puisque tu considères que l’IVG est, de ton point de vue, éthiquement inacceptable, pourquoi ne le refuses-tu pas complètement et n’envoies-tu pas promener   les patientes qui désirent le pratiquer ? »

La question que je ne me suis pas posée cent fois. Les positions ou les points de vue sont évolutifs. En 1973, dans le hall du CHU à Cochin, des étudiants et des médecins pratiquaient des IVG selon la méthode Karman (entre parenthèses : Karman n’était pas médecin) et je trouvais cela génial. J’étais tout jeune étudiant en médecine (troisième année) et je vivais en plein dans l’âge lyrique post soixante-huitard : contraception, IVG, et cetera. Voulez-vous que je vous parle de l’âge lyrique politique auquel je ne participais pas ? Maoïsme, castrisme, et cetera ?

Aujourd’hui je cherche « Karman » sur Google. Je ne trouve pas grand chose (parce que je ne connais pas son prénom). Je cherche « Karman aspiration » et j’obtiens peu de choses mais le prénom « Harvey ». Pas d’article wiki en français. Un petit article wiki en anglais. Puis un article tout à fait intéressant que je vous conseille de lire : LA. L’histoire de l’IVG par aspiration est tout à fait surprenante. Surprenante d’un point de vue technique, réglementaire, idéologique et politique. On y apprend que Karman a pratiqué un avortement mortel en 1955 pour lequel il a connu la prison, et, ensuite, un peu plus tard, que les gouvernements américains de l’époque ont suscité le développement de la technique par aspiration dans les pays à faible niveau de vie…

It’s hard to believe now, after years in which the United States has exported its antiabortion movement all over the globe, that the American government was once responsible for bringing safe abortion to great swaths of the developing world. Hard to believe, too, that support for distributing contraceptives to remote corners of the planet was once a solidly bipartisan undertaking. 

Donc, en théorie je suis contre l’IVG et en pratique je suis contre son interdiction et je favorise sa réalisation chez les jeunes femmes qui me le demandent. Avec énormément d’empathie (enfin, je crois).

Je ne fais donc pas partie du main stream de la bonne conscience progressiste qui ne se pose pas de questions car se poser des questions, selon nos bons apôtres de la modernité, c’est faire le jeu des réactionnaires, des conservateurs, des libéraux, des néo-libéraux, des capitalistes, des traders (sauf Kerviel, notre Dreyfus), des marchands d’armes, des je ne sais quoi. Se poser des questions sur la légitimité de l’IVG, c’est, bien entendu, être anti féministe, ne pas respecter le droit des femmes à disposer de leur corps, et cetera. J’accepte, je gère et j’assume. Pourquoi devrais-je mentir ?

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BONNE JOURNÉE MESDAMES !

8mars : Journée internationale de la femme.
 
Hormis partager une petite bouffonnerie comme l’illustration qui suit, que peut raconter un médecin sur un blog médical à ce sujet ?

 
Derrière l’humour, il y a souvent un questionnement. Se questionner fait avancer. C’est donc important de rire ! Ici, l’illustration m’amène à la question de l’égalité homme-femme. Et même si c’est mal de dire ça aujourd’hui, arrêtons de se la raconter, il y a des femmes aussi sinon plus connes que certains hommes. Voilà, boum, paf, ça commence, mal, très mal, mais un partout, égalité !
 
 
Plus sérieusement, on parle de la Journée internationale pour le droit des femmes. Dans notre pays, les femmes n’auraient-elles donc pas les mêmes droits que les hommes ? En auraient-elles moins ? En gagner permettrait-il de diminuer ces inégalités ?
 
L’égalité ? Légalité ?
 
Illégalité ? Inégalités ?
 
C’est par le prisme étroit de ma subjectivité d’homme médecin, en distillant quelques dates mêlant droit, médecine, et femmes, que je vais tenter quelques réflexions en cette occasion.

D’abord femme et médecine ?

C’est en 1875 que pour la première fois en France une femme, Madeleine Brès, devient médecin. A l’époque, comme toute femme mariée, jugée irresponsable par le droit français, elle dut obtenir le consentement de son mari pour s’inscrire à un diplôme. Inconcevable aujourd’hui, en terme de droit… Quant aux facultés de médecine elles sont désormais remplies de jeunes femmes et n’en déplaise à certains, c’est tant mieux !

Sautons un siècle plus tard. 1975, cela fait environ trente ans que le droit de vote est accordé aux femmes. Et c’est une femme non médecin qui entre dans l’histoire. Alors ministre de la santé, Simone Veil se bat pour la loi qui portera son nom, texte dépénalisant l’avortement.

Avant 1975 et la loi Veil, que se passait-il ?

Au Moyen Âge, l’avortement était considéré comme un crime puni de la peine de mort. Au XVIII ème siècle, on assouplit la peine pour l’avorteur (pas pour l’avortée…) qui risque alors vingt ans de réclusion. En 1820, le code pénal punit de réclusion les personnes qui pratiquent, aident ou subissent un avortement. Les médecins et pharmaciens sont condamnés aux travaux forcés. En 1920, la Première Guerre Mondiale a frappé, beaucoup de soldats sont morts, on observe une augmentation de la mortalité infantile, il faut relancer la natalité. Une loi est alors votée pour interdire la contraception, la propagande anticonceptionnelle et l’avortement considéré comme un crime passible de la Cour d’Assise. En 1939, des brigades policières chargées de traquer les faiseuses d’anges (avorteuses) sont créées. En 1942, l’avortement est un crime d’État puni de mort. En 1943, une avorteuse est exécutée.

Encore aujourd’hui certains souhaiteraient interdire l’Interruption Volontaire de Grossesse. Au nom des Droits de l’Homme… sur la femme ?

Droit d’étudier, droit de vote, droit à la contraception, droit d’avorter, que de droits gagnés mesdames ! Auriez-vous encore des combats à mener , d’autres défis à relever ? Pour vous libérer de quelles chaînes ? Puisqu’on parle de la Journée internationale du droit des femmes, y aurait-il des droits non respectés, non acquis ?

Il s’agit peut-être d’évoquer par exemple le droit à même rémunération que les hommes à diplôme et expérience équivalents ?
 
 
Il s’agit aussi sans aucun doute de pointer du doigt le droit de ne plus mourir sous les coups de son conjoint. Une femme meurt tous les trois jours en France suite à des violences conjugales. Je répète : une femme perd la vie tous les trois jours, aujourd’hui dimanche, la prochaine mercredi, puis samedi, mardi, vendredi, et ainsi de suite. Le calendrier de l’enfer. Silence. Tic-tac angoissant du pendule doré d’une vieille horloge aux sombres boiseries vermoulues. Compte à rebours assassin. Droite-gauche. Dernier round. Silence. Les souvenirs. Quelques gouttes de sang séché. Absence de larme dans un océan de chagrin. Crève-cœur-120 battements par minute-180-la chute infernale-40-10-dernier coup frappé-anesthésie des émotions-Silence.
Aux sombres héros de l’amer qui ont su traverser les océans du vide…
 
 
Un décès toutes les 72 heures. Un chiffre terrifiant, laissant imaginer l’ampleur du nombre de femmes qui ne meurent pas mais souffrent en silence durant des années, des décennies. Silence… La loi du silence. Le silence de la loi. L’égalité, légalité ? Illégalité, inégalités ?
Rêvons un instant qu’à travers le monde plus aucune femme ne subisse tortures, barbaries, et viols. Imaginons une minute que l’on efface les différences de droits, de traitements, de rémunérations entre hommes et femmes et que d’un coup de baguette magique tout ceci soit véritablement appliqué. Pourrait-on supprimer cette journée du 8 mars ? Y aurait-il encore des raisons de la préserver, d’autres défis à relever ?
La femme, prisonnière de l’image ?

Il est aujourd’hui impossible de vivre sans être quotidiennement intoxiqué par l’image de la femme dite « parfaite ». Fantasme de l’homme, cauchemar de la femme.

Télévision, internet, magazines, publicités, sensualité, décolleté, nudité, sexualité, gourous de la mode, impossible d’y échapper.

Quel impact sur la femme ET l’homme en devenir ? L’estime de soi ? Le respect de l’autre ? Se comparer, s’identifier, se construire, se moquer, se renfermer, se détruire…

Exemple de rencontre possible en feuilletant un magazine :

Peut-être la femme « parfaite » d’aujourd’hui? La grâce.
 
Voilà comment pouvait-être représentée la femme dans les années 1745. La grasse.

Œuvre : L’odalisque brune de François Boucher.
Dans trois siècles, ni grâce ni grasse? Plus que peau et os ?

 
Peut-être qu’il ne faudra pas attendre si longtemps car désormais, la femme « parfaite » est prise quasiment au berceau.

 
Donc oui sans aucun doute le combat a des raisons de continuer. Femmes, déchaînez-vous ! Non, c’est nul. Est-ce un combat que seules les femmes ont à mener ? L’égalité.
 
Femmes, hommes, déchaînons-nous !
Incisons d’un coup de scalpel les tentacules de cette pieuvre spirituelle !
Clouons le bec aux inquisiteurs de la plastique !
Il y eut autrefois des faiseuses d’anges, il y a aujourd’hui des faiseurs d’anorexiques.
Et que penser de ceux qui gonflent leurs bourses sans scrupule en vendant des strings à des gamines de dix ans ? Est-ce vraiment ce genre de société que l’on souhaite pour nos enfants, futurs adultes ?
Soyons tous conscients que certains jouent aux fléchettes sur la cible de notre inconscient, en plein dans le mille.
 
Détendons légèrement l’atmosphère en chapardant quelques paroles pour chanter :
 
« Être une femme libérée, tu sais c’est pas si facile« 
 
« Femmes, je vous AIIIme ! »
 
La musique adoucirait les mœurs. Si elle ne réussit pas, la brigade veille.
Les mots. Le silence.
La violence des mots. Les mots-la libération-la liberté.
La douceur du silence. L’angoisse-un silence de mort.
Le jour-la nuit. Le blanc-le noir. Le méchant-le gentil. C’est tellement plus simple de lire la vie ainsi.
 
Ainsi, par le prisme étroit de sa subjectivité, tantôt ami de femmes, tantôt ennemi, soignant, blessant, toujours amoureux d’une femme, sa femme, parfois agacé par les propos et comportements de femmes, souvent atterré par l’extrémisme de certaines féministes en même temps qu’il admire le combat d’autres, voilà ce que peut raconter, questionner, chanter, improviser, blablater un homme médecin sur un blog médical en ce 8 mars 2015.
 
Bonne journée et même excellente journée Mesdames !

 
 

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Je m’voyais déjà…

« Je viens pour une IVG. » Neuf mois déjà que je travaille ici. En arrivant à Paris, je pensais butiner ça et là. Profiter de ce nouveau départ pour essayer différents cabinets. Et puis en fait, au bout d’une semaine, j’ai … Lire la suite Continuer la lecture

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"The cider house rules" – John Irving

« The Cider House Rules », de John Irving. Traduction française « L’oeuvre de Dieu, la part du diable »
 
Je renonce à vous faire un résumé du livre, parce qu’il y a tellement dedans que j’ai l’impression de le trahir en essayant de raconter l’histoire en quelques lignes. Alors je vous donne quelques impressions, en vrac, en espérant que ça vous donne envie de le lire malgré tout.

Le Dr Wilbur Larch, accro à l’éther, et les infirmières Nurse Angela et Nurse Edna, qui accueillent les femmes pour avorter (illégalement), ou accoucher d’un enfant non désiré qui sera accueilli à l’orphelinat Saint Cloud’s, dans le Maine des années 20.
L’un des orphelins, Homer Wells, qui finit par élire domicile à Saint Cloud’s faute de pouvoir être adopté. Sauf peut-être par le Dr Larch, qui en fait son apprenti, et a tant de mal à montrer son affection pour celui qu’il considère comme son fils.
Melony, la non-adoptable du dortoir des filles. Ecorchée vive, violente. Et fidèle envers et contre tout.
La lecture de David Copperfield aux gamins de l’orphelinat, « Princes of Maine, Kings of New England ».
La description d’un apprentissage médical, hors cadre facultaire, un maître, un élève.
Le destin tout tracé que le Dr Larch imagine pour Homer. « to be of use ».
Puis le départ d’Homer pour travailler dans une pommeraie, la part initiatique du roman, où comment le parcours d’une vie finit par servir de révélateur à ce que laissait entrevoir le début.

Beaucoup d’affection dans ce roman, de l’auteur pour ses personnages, des personnages entre eux. De celle qui se voit au grand jour, de celle qui se cache, de celle qui est tue.
Beaucoup de choses sur la filiation, biologique ou adoptive, connue ou inconnue, reconnue ou cachée, source d’affection ou de violence.

L’un des principaux thèmes, qui occupe toute la première partie du livre et revient ensuite de façon régulière, est celui de la pratique obstétricale et gynécologique, le respect du choix des femmes. Le droit à l’avortement dans de bonnes conditions d’hygiène, sans douleur, et sans jugement. C’est le point de discorde entre le Dr Larch et Homer, qui refuse de pratiquer les avortements (d’où la scène illustrée dans le dessin ci-dessus).
Au travers des échanges entre le Dr Larch et Homer, la réflexion est développée posément, calmement. Avec beaucoup d’évidences, et de respect.
A noter que toute la partie médicale du roman est particulièrement riche et juste, basée sur les livres et les récits du grand-père de John Irving, qui était professeur d’obstétrique à Harvard.
Tout cela fait de « The Cider House Rules » une lecture qui devrait être obligatoire en fac de médecine (mes futurs étudiants n’ont qu’à bien se tenir, ils auront droit à une liste de lecture. Et de films et de séries, je suis pas sectaire).

Et en ces temps où certains clament leur opposition fanatique à l’IVG, c’est une lecture on ne peut plus salutaire.

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Présumées inconséquentes

 
Tout dans cet article m’irrite. Le ton, les raccourcis approximatifs, les reproches sous-jacents…
On commence avec ces stupides et malpropres bonnes femmes qui arrivent de la plage « pas encore lavées » et viennent consulter alors qu’elles […] Continuer la lecture

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Payer…

 
 
Elle appelle à la première heure, se présente, perçoit mon hésitation, me donne quelques éléments permettant de la situer. Cela fait des années que nous ne nous sommes pas vues. Par politesse, elle demande de mes nouvelles. […] Continuer la lecture

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IVG en médecine générale

-Un chiffre STABLE d’environ 225 000 IVG par an en France.  Et dans le monde: 45 millions/an dont 19 millions dans de mauvaises conditions  (OMS, 2005) avec 70 000 décès/an. […] Continuer la lecture

Publié dans avortement, certificat, CONTRACEPTION, GYNECOLOGIE, INFO PATIENTS, interruption volontaire de grossesse, ivg, mifepristone, misoprostol, planning, Recommandations, sexualité | Commentaires fermés sur IVG en médecine générale

Contraception orale : la psychose médiatique cache un meilleur remboursement par la Sécurité sociale

Presse écrite, radio, télévision : tout le monde fait sa Une sur les soi-disant dangers de la contraception orale suite à la mise à jour, le 26 mars 2013, par l’Agence nationale de sécurité du… Continuer la lecture

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