Archives de catégorie : IFAS

Stagiaires

Tu as 17 ans et tu prépares un bac professionnel.
Tu as 22 ans et tu es en Institut de Formation des Aides-Soignants.
Tu as 43 ans et tu es en pleine reconversion professionnelle.

Tu es en stage avec nous pour découvrir, apprendre, te former. Moi, je fais partie d’une équipe. Une équipe avec plein de noms et plein de fonctions. Des aides-soignants (beaucoup), des aides médico-psychologiques, des infirmiers, des agents, des kinésithérapeutes, des animateurs, des assistants de soins en gérontologie, des ergothérapeutes, des cuisiniers, des secrétaires, des cadres de santé, des psychologues… Ça fait beaucoup de monde dans un si petit univers. Je ne te demande pas de retenir les noms et fonctions de tout le monde, moi-même je ne suis pas certaine de savoir qui est qui et qui fait quoi. Mais n’hésite pas à me demander mon prénom si tu l’as oublié, de même que je te redemanderai sans doute le tien. Soyons indulgents l’un envers l’autre, d’accord?

Tu es timide.
Tu poses plein de questions.
Tu es trop familier avec les résidents.

Je suis là pour t’encadrer. La formation des stagiaires, ça fait partie de mon travail.
Si tu es timide, je suis là pour te donner confiance en toi, pour que tu te sentes capable de faire et de dire des choses.
Si tu poses des questions, je suis là pour y répondre. Parfois, j’ai la réponse, je te la donne. Parfois, tu me poses une colle, je ne sais pas, mais on peut chercher ensemble. Ainsi, tu obtiens une réponse, et moi aussi.
Si tu n’adoptes pas la bonne distance avec les résidents ou les patients, je suis là pour te parler d’empathie et de juste distance. Parce que c’est important, pour toi, pour moi, pour les patients.
J’essaierai de ne pas faire de remarques devant tout le monde, je prendrai cinq minutes pour te parler autour d’un café, et je le ferai avec bienveillance. Parce que c’est normal de ne pas tout savoir, de ne pas tout réussir. Tu es stagiaire, il faut que je le garde à l’esprit.

Tu ne sais pas faire un soin.
Tu n’as pas compris quelle était la spécificité du public accueilli.
Tu n’as pas rempli tes objectifs de stage.

T’ai-je bien expliqué les choses? Ai-je été assez présente à tes côtés? T’ai-je suffisamment observé pendant tes soins? T’ai-je donné tous les documents nécessaires à ton apprentissage? Ai-je pris le temps de répondre à tes questions? T’ai-je consacré assez de temps?
Ce que tu n’as pas appris, ai-je su te l’enseigner? Ce que tu n’as pas compris, ai-je su te l’expliquer? Ce que tu n’as pas réussi, n’est-ce pas aussi un peu à cause de moi?

Tu as vu des choses qui t’ont choqué.

Et si on en parlait? Et si tu me donnais ton point de vue? Peut-être n’as-tu pas compris la finalité de certains actes? Peut-être as-tu trouvé que certains de mes propos étaient déplacés? Peut-être que je ne m’en rends pas compte, enfermée dans ma routine de soignante? Dans ce cas, ton avis me sera précieux, car il m’aidera à faire face à mes pratiques professionnelles, et à m’améliorer.

Soyons bienveillants l’un envers l’autre. Je t’aide, tu m’aides. Je t’apprends, tu m’apprends.Tu progresses, je progresse.

Demain, peut-être qu’on travaillera ensemble. On sera heureux de se retrouver, car on aura appris l’un de l’autre, et l’un avec l’autre. Demain, ce sera à ton tour de former des stagiaires. Qui en formeront d’autres. Si je suis bienveillante, si tu l’es aussi, s’ils le sont aussi… alors je crois que ce sera une bonne chose pour tous. Pour toi, pour moi… et pour nos patients!

PS : il y avait eu un chouette débat sur le #mededfr à propos du tutorat, c’est à lire ici.

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Confidences

Dernier stage. SSIAD. Horaires en coupe. J’ai profité de mon après-midi pour retourner à l’école. J’ai rendez-vous avec ma tutrice « pour faire le point ». Mes collègues de promo sont déjà presque tous diplômés, et presque tous en poste. Moi, je suis encore en stage, et ne serai pas diplômée avant le mois d’octobre.  EAS décalée mais pas décalquée.
Ce dernier rendez-vous à l’école, j’avoue que je l’attends avec impatience, pour parler de l’année écoulée, de mon ressenti de formation, de stage, de future professionnelle. De mes projets aussi.
14h. Bureau de la formatrice. Dans ce bureau, j’ai beaucoup parlé, parfois pleuré. Dans ce bureau, une femme m’a beaucoup écoutée, parfois réconfortée. Dans ce bureau, il y a maintenant une formatrice et une presque ancienne élève, une infirmière et une presque aide-soignante. Des presque collègues finalement. On parle. Des cours, des stages, de la découverte des patients et des équipes. De l’empathie, du « prendre soin« , des émotions. Je relate une histoire vécue en stage (faudra que je vous raconte, ça parle de barquettes en plastique, c’est drôle vous verrez), on enchaîne sur l’éthique, le regard, la volonté de ne pas s’habituer à ce qui nous choque (du coup faudra aussi que je vous parle de Cathy un jour, c’est pas drôle vous verrez). Quotidien et routine, éthique et déontologie… La discussion est enrichissante, j’aime cet échange, et c’est tout naturellement que je parle d’écriture quand nous abordons le délicat sujet des projets professionnels. Des projets, j’en ai plein, j’ai d’ailleurs repéré quelques formations sympathiques. Soins palliatifs, maladie d’Alzheimer, Humanitude, thérapie par médiation animale… Ce ne sont pas les sujets qui manquent! Mais, par-dessus tout, au milieu de tous ces domaines à explorer, l’écriture. Écrire, réfléchir, me poser des questions… accepter de ne pas toujours y trouver de réponses. Et partager. La tentation est grande de donner l’adresse de ce blog à ma tutrice. Parce que j’aime le regard qu’elle a sur les choses, parce que j’aime son humanité, parce que j’aime sa façon de parler du métier d’aide-soignante. Parce qu’écrire toute seule dans mon coin et fanfaronner sur les réseaux sociaux, c’est facile, mais me confronter au métier et au regard de mes pairs, c’est une autre paire de manches (courtes, les manches, bien sûr).
Je suis vraiment tentée de tout « avouer »… mais je me retiens. Peur, moi? Oui, un peu. Peur d’avoir fauté, peur d’être réprimandée. Alors j’évoque juste un projet de livre, comme ça, pour voir, un jour peut-être. Moitié sérieuse, moitié rieuse. Mais pas du tout menteuse, ça c’est sûr! Et je promets, une fois la formation vraiment finie, de lui en amener quelques pages… Mais en élève prudente que je suis, j’attendrai d’avoir le diplôme en poche. Pas folle Babeth! Continuer la lecture

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MSP3

J’ai fait une pause. Un médecin compréhensif et des formateurs à l’écoute m’y ont aidée. Un arrêt de travail et de la chimie pour le cerveau ont également été salvateurs. À l’IFAS, ma tutrice s’est occupée de tout. Elle m’a trouvé un stage de remplacement en catastrophe et a fait reporter le stage optionnel au mois de juillet. Elle m’a aussi écoutée, rassurée et encouragée.
Il y a eu la dernière journée à l’école, qui marquait la fin de l’avant-dernier stage. Quasiment la fin de la formation. Revoir mes camarades de promo, les écouter parler de leur stage et de la fameuse MSP3, voir les résultats affichés dans le hall et, en face de mon nom, la mention « absente », j’avoue, c’était difficile. Les écouter parler de leurs projets professionnels, alors que j’étais encore en plein doute sur les miens, me donnait une étrange sensation de décalage. Et puis, j’avoue, j’avais peur. Et honte. Parce que si je ratais la MSP sur le stage à venir, je devrais la repasser sur mon stage optionnel. Mais j’avais choisi le SSIAD, et ce n’était pas possible de faire une MSP à domicile. Il me faudrait donc trouver un autre stage optionnel. En juillet. Dans un service où, sans doute, certains de mes collègues de promo feraient déjà leurs armes en tant que jeunes professionnels. Vous imaginez le malaise.
Il y a eu mon affectation de stage. En EHPAD, à une heure de chez moi. Dans un établissement qui dépendait du même pôle de gériatrie que l’EHPAD de mon premier stage. Joie. Autant vous dire que j’y suis allée la peur au ventre. Peur de croiser des membres de l’équipe du premier stage (ça tourne beaucoup par ici). Peur de devoir me justifier sur mon parachutage inopiné. Et surtout, peur d’être médiocre une fois de plus.
Il y a eu le premier jour de stage. La rencontre avec le cadre, rassurant. La découverte de l’équipe, bienveillante. Alors oui, c’est loin. Oui, c’est grand. Oui, il y a beaucoup de résidents pour trop peu de soignants. Mais ici, l’équipe est souriante, encadrante, le cadre de santé est présent. Ici, je peux poser des questions et trouver des réponses. Ici, j’ai l’impression que j’apprends, que je progresse. Ici, je me sens bien. Et ça se répercute sur mon stage. Et sur mon moral.
Il y a eu la revalidation de la MSP d’ergonomie, que j’avais superbement ratée, à cause d’un stress pas du tout maîtrisé. 19,75/20. Une jolie revanche.
Et il y a eu, enfin, la MSP3. J’ai travaillé dur. Le matin, je me levais à 4h30, partais à 5h30, arrivais à 6h30 et, après mes heures, restais sur le lieu de stage pour bosser mes démarches de soins. J’avais une semaine et demie pour préparer l’examen, j’ai vécu ces dix jours à fond. J’ai peu dormi, à peine vu mes enfants et me suis droguée au café. La veille de la MSP, j’étais du soir. Je suis rentrée chez moi à 22h, me suis couchée aussitôt, n’ai pas pu dormir avant minuit à cause d’un baby Georges d’humeur joueuse, me suis levée à 3h30, ai relu et corrigé mes démarches et suis partie à 5h pour arriver, épuisée et anxieuse, à l’EHPAD. Transmissions, stress, relecture, stress, café, stress, questions diverses, stress, préparation du chariot, stress, encouragements de l’équipe, stress, arrivée de ma tutrice, stress, choix du patient, stress… et c’est parti. Après, ça a roulé. Démarche de soins, toilette, diagramme, besoins perturbés, attente. Bizarrement, sans stress. Regards complices de mes jurys, interdiction de donner le résultat avant une bonne semaine mais leur sourire en sortant du bureau me met sur la voie. « Vous pouvez dormir tranquille » me dit ma tutrice. « Tu peux même très bien dormir tranquille » rajoute mon encadrante. Message reçu. MSP réussie.
Et maintenant? Il me reste deux semaines de stage. Puis trois semaines en SSIAD. Il me faut des bonnes notes, histoire de rattraper les évaluations pas terribles de mes deux premiers stages. Mais j’ai regagné en confiance, alors je repars du bon pied. Je finirai en retard, mais je finirai. Après ça, il me faudra attendre début octobre pour être diplômée. En attendant, il faut que je trouve un boulot au plus vite, ce qui s’avère compliqué étant donné que j’arrive en retard et sans diplôme sur le marché du travail. Mais j’ai le moral. Je vois arriver la fin de la formation, et je suis réellement heureuse d’avoir tenu bon malgré les difficultés. Et, enfin, je commence à me faire à l’idée que je suis capable d’être aide-soignante, malgré tout.

PS1 : merci pour votre soutien. J’étais vraiment mal quand j’ai écrit les derniers billets, vos commentaires pleins de confiance et de bienveillance m’ont beaucoup aidée.

PS2 : 28,5/30 à la MSP et note maximale en stage. Je crois que ça va 😉 (et toc pour la cadre dragon!) Continuer la lecture

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Pause

Ce matin, à 8h, j’aurais dû passer la MSP 3. Ce matin, à 8h, je buvais un café tout en écoutant Amélie me parler de sa prochaine évaluation de mathématiques.
Je ne serai pas aide-soignante en juillet. Je le vis un peu mal.
J’ai passé le week-end à tergiverser.
Idée numéro un : retourner en stage lundi matin, faire mon travail cor-rec-te-ment, préparer la MSP, la réussir, finir mon stage en montrant les fabuleux progrès réalisés grâce à cette mise au point, prouver à l’équipe et à la cadre que je peux être une bonne aide-soignante… Et accessoirement, me le prouver à moi-même. Sauf que pour ça, il faut y croire. Manque de pot, je n’y crois plus. Je suis incapable de préparer quoi que ce soit, incapable de réussir le moindre soin, alors un stage et une MSP… Peine perdue! Passons à…
Idée numéro deux : tout pareil, sauf que je m’arrête après la MSP. Il faut juste réussir à donner le change deux ou trois jours, histoire de valider l’examen, et après je peux m’écrouler, j’ai le droit. Sauf que même ça, j’en suis incapable. Me retrouver face à eux est réellement au-dessus de mes forces. J’ai peur et j’ai honte. Passons à…
Idée numéro trois : être malade et ne pas être en état, pour de vrai, d’y retourner. Sauf qu’une maladie, ça ne s’attrape pas si facilement que ça, et je ne suis pas suffisamment bonne comédienne pour simuler un pneumothorax. Personne n’a la varicelle dans mon entourage, dommage. Une gastro, c’est trop court et une scarlatine, trop long. Passons à…
Idée numéro quatre : me blesser. Voilà, ça c’est facile, et je peux le faire toute seule comme une grande : un marteau, une portière de voiture, un couteau… J’ai l’embarras du choix! Il suffit juste de doser les coups, pas besoin d’aller jusqu’à la fracture ouverte non plus! Seule ombre au tableau, il faut quand même que je sois d’attaque pour le prochain stage, ça ne me laisse que deux semaines pour me rétablir, c’est un peu court comme délai. Passons à…
Idée numéro cinq : mourir. Tout simplement. Bye bye la formation, la précarité et tout le reste. Mauvaise élève, mauvaise mère, mauvaise épouse… À quoi cela sert-il de continuer? Sauf que bon, un enterrement, c’est cher, on n’a pas les moyens. Et puis être orphelin(e), je connais, c’est pas la joie, je veux pas ça pour mes enfants. Et puis c’est con mais j’aime mon mari, je veux pas lui faire de peine. En plus mourir, c’est compliqué, faut pas se louper, parce que les séquelles d’un suicide raté ne sont pas très excitantes. Passons à…
Idée numéro six : arrêter la formation. Trouver un travail, n’importe lequel, coiffeuse de poneys ou éleveuse de sauterelles, et oublier mes rêves de soin et de bientraitance. Faire comme si cette année n’avait jamais existé, comme si je n’avais rien vu, rien appris. Oublier le fucking stage à Pétaouchnok et l’EHPAD bientraitant à côté de chez moi, oublier les visages des soignants et des soignés, oublier l’école et les élèves. Oui mais… Tout ça pour ça? Tous ces cours, toutes ces questions, tous ces échanges… Pour rien? Non, impossible. Passons à…
Idée numéro sept : écouter (enfin!) les conseils qu’on me donne. M’arrêter et souffler, parler et pleurer. Ne pas y retourner. Renoncer à la note de stage (médiocre), à la MSP (perdue d’avance), à ma progression (nulle). Aller dès lundi chez un médecin, parler (calmement) de la situation, me faire aider. Prendre un arrêt-maladie et de quoi aller mieux. Puis aller à l’IFAS, affronter ma honte et ma peur et expliquer tout ça. Sans pleurer. Sans craquer. Prier pour ne pas me faire virer.

J’ai choisi la dernière solution.
Arrêt-maladie ok.
Anxiolytiques ok.
IFAS ok.
J’ai pleuré. J’ai craqué. Mais je n’ai pas été virée.

Message à ceux qui sont passés ici ou ailleurs : merci. Vous imaginez même pas à quel point vos mots m’ont fait du bien. Vraiment. Continuer la lecture

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EAS de merde

Voilà, le stage, c’est fini. J’arrête les frais. J’en ai pris conscience hier matin quand, planquée dans la réserve pour ne pas pleurer devant « eux », je me suis demandé s’il valait mieux avaler le bidon de javel ou me péter le poignet à coups de marteau pour échapper aux deux semaines qui me restaient à faire. Oui, parce qu’en plus d’être une sombre merde, je suis lâche. Je crois que quand j’en arrive à ce genre de pensées, il est temps que je fasse une pause.
Donc, pour résumer :
Je ne sais pas prendre soin des gens.
Je ne sais pas « faire les liens ».
Je ne sais pas m’organiser.
Je ne sais pas ce qu’est le métier d’aide-soignante.
Je mets les patients en danger.
Je ne respecte pas les règles élémentaires d’hygiène et de sécurité.
Je dois très sérieusement me demander pour quelle raison je veux faire ce métier.
Il est inenvisageable que je puisse être diplômée dans un mois.
And, last but not least, je ne sais pas me remettre en question.
Je ne me cherche aucune excuse. Tout cela est sans doute vrai. Et même, ça ne m’étonne pas. Je suis tellement dans le brouillard depuis une semaine qu’il est plus que probable que j’aie accumulé toutes ces erreurs. Et cela fait sans doute un moment que je les accumule. Seulement, en début de formation, j’avais l’excuse d’être une élève débutante. Maintenant, je n’ai plus cette excuse. Je n’ai aucune excuse. Je suis incompétente, point.
 J’ai passé la matinée à essayer de bien faire. Mais, même en essayant, j’étais nulle. À chaque fois que je sortais d’une chambre, j’entendais des bribes de conversations :
« J’aimerais bien savoir combien elle a eu à sa dernière MSP »
« Elle pas dû valider tous ses modules, c’est pas possible »
« Il faudrait que l’IFAS nous procure les notes de ses précédents stages, on devrait les demander pour les prochains stagiaires »
« Une fille comme ça dans les services dans moins d’un mois, c’est carrément pas possible »
« De toute façon elle pourra jamais travailler, les équipes n’en voudront pas »
« Elle est nulle »
Et j’en passe.
Forcément, entre ça, le manque de sommeil et le fait que je saute un repas sur deux, je n’ai pas été très performante. Pour être honnête, j’ai été médiocre. Comme d’habitude. Je me suis occupée de « mes » patients, j’ai rempli les diagrammes, j’ai noté les transmissions. Mais tout était nul.
La cadre m’a appelée à la fin du service. Elle avait dit à l’équipe qu’elle voulait me voir et m’attendait visiblement depuis un moment. Forcément, n’ayant été ni à la pause ni au repas ni aux transmissions, trop occupée que j’étais à parfaire ma médiocrité naturelle (c’est du boulot, croyez-moi), je n’étais pas au courant. Forcément, la stagiaire qui ne répond pas à la convocation de la cadre, ça ne fait pas sérieux. Forcément, quand en plus ladite stagiaire essaie de fourguer son recueil de données au dernier moment à sa tutrice qui a fini son service, le tout devant le bureau ouvert de la cadre, ça aggrave largement les choses. Bref, tout faux. Si je ne m’étais pas rendu compte de la gravité de la situation, il m’a fallu moins de trente secondes pour comprendre que j’étais franchement dans la merde. Je me suis décomposée sur place. Incapable de réfléchir, incapable de répondre. Si j’avais été une bonne aide-soignante, j’aurais bien profité de l’occasion pour prendre mon pouls et ma tension, juste comme ça, par curiosité. Mais je ne suis pas une bonne aide-soignante.
Alors, pendant que la cadre énumérait froidement tous mes défauts et m’enjoignait de lui prouver que j’étais capable de progresser, mon regard s’est échappé par la fenêtre de son bureau. De là, je voyais le long couloir vitré que j’avais si souvent arpenté il y a deux ans. Le couloir que j’avais emprunté enceinte, puis jeune maman, puis orpheline. Au bout de ce couloir, une équipe formidable, qui avait accompagné mon père jusqu’au bout. Une aide-soignante qui m’avait apporté un bol d’eau chaude pour que je puisse me faire une tisane d’allaitement. Une autre qui était allée chercher une blouse propre pour pouvoir prendre mon tout jeune bébé dans ses bras. Une infirmière qui avait accompagné Amélie à l’espace de jeux du service de pédiatrie pas encore ouvert. Une équipe à laquelle j’avais rêvé de ressembler. En vain.
Alors, après l’entretien, j’ai rassemblé mes affaires et, sans dire au-revoir à personne, j’ai quitté le service. Mais je n’ai pas quitté l’hôpital. Je suis d’abord allée au bout du couloir. La veuve de mon père, qui y est hospitalisée en ce moment-même (triste coïncidence), n’était pas dans sa chambre, mais l’équipe était là. Il y a des sourires qui ne changent pas. Il y a de la bonté dans certains regards, de la douceur dans certains gestes.
J’ai repris le couloir dans l’autre sens et ai, enfin, quitté l’hôpital. Puis j’ai pleuré. Toute l’après-midi. Toute la soirée. Une partie de la nuit. Une bonne partie de la journée. Sans doute demain aussi.
Aujourd’hui, je renonce. Y retourner, finir le stage, passer la MSP… je ne m’en sens pas capable. Je ne sais plus rien. Je sais juste que je ne peux pas y penser sans pleurer. Parce que je me sens nulle. Parce que j’ai honte. Parce que j’ai peur. Parce que je me sens incapable de retourner dans ce service. Parce que je ne tiens plus. Parce que je craque. Parce que j’ai envie de tout oublier, de revenir en arrière et de n’avoir jamais commencé cette formation. Parce que l’année a été dure, terriblement dure. Parce que j’ai imposé ce choix à ma famille et que ça a été dur pour eux-aussi. Parce que je ne suis pas digne des efforts qu’ils ont faits pour moi.  Parce que je ne suis pas digne d’être aide-soignante, tout simplement.

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Élèves

Le 1er février, j’écrivais ça :
« Parce que je suis élève aide-soignante, j’apprends le programme officiel, comme tous les élèves aides-soignants de France. Quand je serai diplômée, j’aurai les mêmes savoirs que tous les autres aides-soignants. Alors, qu’est-ce qui permettra de nous différencier? Pourquoi embaucher celui-ci plutôt que celle-là? »
Je me trompais.
La formation aide-soignante, c’est 840 heures de stage (soit 6 stages de 4 semaines chacun) et 595 heures de théorie (soit 17 semaines pour 8 modules). Dire qu’en fin de formation j’aurai les mêmes savoirs que les autres élèves est une erreur.
Nous ne faisons pas les mêmes stages. Nous ne découvrons pas les mêmes services. Nous ne rencontrons pas les mêmes soignants. Ni les mêmes patients. Parfois, pour un même stage dans un même service avec les mêmes soignants, nos ressentis sont radicalement différents. Parce que nous ne sommes pas les mêmes stagiaires.
Oui mais… nous allons aux mêmes cours, nous devons donc avoir 595 heures de formation commune. Encore raté.
Cours sur la fin de vie. Le psychologue nous parle d’accompagnement et de deuil. Dans la marge, je note « Marie de Hennezel » et Elisabeth Kübler-Ross » en me disant qu’il faudra que je les relise. Je n’ai aucun mérite à connaître ces auteurs, je les ai tout simplement découverts à la mort de mes parents. Tout le monde n’a pas la chance d’être orpheline! Un rapide coup d’oeil sur l’amphi. Clarisse a le visage fermé, ce cours a l’air difficile à encaisser pour elle. Sonia fait des mots croisés. Solange gribouille. Tatiana dort, cachée derrière ses longs cheveux. Nicolas note consciencieusement, il souligne les mots-clés et met plein de couleurs. Caroline lève la main, une question la démange. Rozenn et Juliette chuchotent. Un même cours, et autant d’apprentissages que d’élèves.
Atelier pratique sur la toilette. Trois groupes, trois formateurs. L’enseignement théorique est le même, les façons de le transmettre sont différentes. Dans chaque groupe, des élèves aux parcours différents. Des jeunes, des moins jeunes, des néophytes et des expérimentés. On apprend avec les formateurs et le groupe, chacun y allant de sa petite astuce pour aider ses collègues. Autant d’interactions que d’élèves.
Cours sur les maladies de l’appareil digestif. Forcément, le cancer de l’oesophage, ça me parle. La pancréatite aussi. J’écoute attentivement, j’apprends plein de choses que j’aurais aimé savoir avant. Avant quoi? Avant que mes parents ne soient touchés pardi! Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents alcooliques. Coup d’oeil dans l’amphi. Cette fois encore, chacun est là à sa façon. Plus ou moins présent, plus ou moins apprenant. Autant de cours que de vécus.
Cours sur l’anatomie du rein. Je suis fatiguée, je décroche. Mes yeux se ferment, je les rouvre, ils se referment. Mes notes ne ressemblent à rien, quelques mots épars sur une feuille. Derrière moi, Caroline semble fascinée par le sujet, elle a déjà noirci trois feuilles de son écriture régulière. Je lui demanderai son cours en sortant. En espérant qu’on ne tombera pas dessus à l’évaluation. Autant de centres d’intérêt que de cours.
Entretiens individuels. Les trois formateurs se partagent la promo en tutorat. J’aime bien ces moments-là, dans le calme d’un bureau. On peut parler, faire le point, poser des questions. On peut aussi pleurer. Ou rire. Ou raconter des choses un peu intimes. Ça reste dans le bureau, entre nous. Autant d’entretiens que de confidences.

Finalement, après 1 435 heures d’enseignement théorique et clinique, il n’y aura pas deux élèves ayant reçu la même formation.
Parce que chacun de nous est arrivé avec un certain âge (voire un âge certain) et une certaine expérience.
Parce que chacun de nous aura vécu cette année à sa façon.
Parce que chacun de nous aura vu des choses en stage et appris des choses en cours.
Parce que chacun de nous aura discuté avec les uns plutôt qu’avec les autres.
Parce que chacun de nous aura pris des notes de telle ou telle façon.
Parce que chacun de nous aura pris (ou non) du recul sur ce qu’il vivait en stage.
Parce que chacun de nous est différent de son voisin, tout simplement.

Une formation. Mille élèves. Mille apprentissages. Mille aides-soignants différents. Continuer la lecture

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Future aide-soignante

Encore trois mois. Plus que trois mois. À peine trois mois. Peut-être plus, si je rate la dernière MSP, ou un module. On sait jamais.
Trois mois, c’est court. Il va falloir commencer à chercher du boulot pour cet été. Et pour la rentrée. Et pour l’année prochaine.
Et après? Après, je ne sais pas. Aide-soignante en EHPAD? En MAS? En SSIAD? En horaires de journée? Horaires de coupe? Horaires de nuit? En CDD? En CDI?
Et surtout, quelle aide-soignante? Je sais ce que je veux être, de quelle façon je veux travailler, mais y arriverai-je? Dire et faire ne sont pas frères.

Module 8 : organisation du travail. On parle de législation, de tâches AS et… d’encadrement des stagiaires. Ce dernier sujet fait réagir la promo. Forcément, des stages pourris, on est quelques uns à en avoir eus. Stages pourris, notes pourries, tuteurs pourris. Mais au fait, c’est quoi un bon tuteur de stage?
Un tuteur qui prend du temps pour toi? Un tuteur qui t’explique les choses? Un tuteur qui te regarde? Un tuteur qui te fait confiance? Un tuteur qui te met une bonne note? Un tuteur qui te montre les bons gestes? Un tuteur qui relit tes démarches de soins? Un tuteur qui te parle? Un tuteur qui te rassure? Un tuteur qui te donne envie d’être curieux? Un tuteur qui te pose des questions?
J’ai fait quatre stages. J’ai eu huit tuteurs. Et plein d’encadrants. J’ai observé, questionné, noté. J’ai douté, me suis trompée, ai recommencé. Et ce n’est pas fini. J’ai détesté certains tuteurs et adoré certains encadrants. Et vice versa. Et ça ne tenait souvent pas à grand-chose.
Dans trois mois (ou plus) je serai aide-soignante. Dans trois mois (ou plus) je serai potentiellement encadrante. Moi. Encadrante. J’ai peine à y croire. Que faudra-t-il que je fasse pour être une bonne encadrante? Que faudra-t-il que je sois? Comment ferai-je pour dire les choses sans flatter ni blesser? Comment transmettrai-je mon mon savoir-faire et mes valeurs? Comment saurai-je expliquer avec les bons mots? Comment saurai-je montrer les bons gestes? Comment pourrai-je être un bon modèle?

Je ne serai pas la super aide-soignante super pédagogue super sympa. Je ne sais pas être tout ça. Mais s’il y a une chose que je veux être, et une seule, c’est être bienveillante. Parce que finalement, ceux que j’ai aimés pendant la formation et les stages, ceux qui m’ont fait progresser, ce sont ceux qui ont fait preuve de cette qualité. La technique, la théorie, les apprentissages, les notes, tout ça n’est rien sans bienveillance. Sans ce regard qui te donne confiance, sans ce sourire qui t’encourage, sans cette main tendue vers ta main tremblante.

Cher(ère) futur(e) stagiaire AS, je ne serai pas une encadrante parfaite, parce que je suis un peu gauche, un peu timide, et que je fais des blagues pas drôles, mais, quoi qu’il arrive, tu peux compter sur ma bienveillance, et crois-moi, c’est ce que je peux t’offrir de mieux.

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Fucking stage (2)

Avant de poursuivre, il faut que j’explique deux-trois choses à propos de la formation d’aide-soignante. C’est une formation diplômante (encore heureux) MAIS ce n’est pas une formation de « haut-niveau » (désolée hein, appelons un chat un chat et un AS un AS). Concrètement, ça change quoi? Beaucoup de choses. Les étudiants AS ne sont pas des étudiants lambda. Ils étudient (comme les ESI), ils se forment (comme les ESI), ils font des stages (comme les ESI), ils mangent (comme les ESI), ils se déplacent (comme les ESI), ils payent un loyer (comme les ESI, du moins comme ceux qui n’habitent plus chez leurs parents) MAIS… ce ne sont QUE des EAS (vous suivez?). Les ESI, formation Bac+3 oblige, ont droit à un certain nombre d’aides (voir ici). Les EAS, eux, on s’en fout.  Z’avaient qu’à bosser à l’école ces feignasses! Et puis c’est qu’un an, c’est quoi un an dans une vie? Ils peuvent bien faire un effort quand même! Et puis c’est ça ou le chômage alors…
Bref, vous l’aurez compris, si l’ESI jouit d’un certain prestige, l’EAS, lui, n’est au final qu’un agent de catégorie C dont on consent à payer la formation parce qu’on en manque mais pour le reste… Ben démerde-toi mon grand (ça tombe bien, la démerde, c’est pile le sujet de la formation… pardon, elle était facile)! Donc, niveau aides, on en est : formation financée par le Conseil Régional (heureusement, parce que perso j’avais pas 5000 euros dans mon chapeau magique), allocations maintenues pendant la formation (650 euros, je suis une nantie et j’assume) et… Ben rien. Nada. Niente. L’amour et l’eau fraîche, y a que ça de vrai mon frère! Vous le voyez venir le piège?
Vous me direz que 650 euros, c’est déjà ce que je touchais l’an dernier, et vous aurez raison. Sauf que l’an dernier, j’étais chez moi. Je vivais chez moi, je mangeais chez moi, je me déplaçais peu. Cette année, je suis absente onze heures par jour cinq jours sur sept (pendant les périodes de cours), et pendant ces onze heures j’utilise ma voiture, je mange, j’écris… Quand je ne suis pas en cours je suis en stage, et pour ça aussi j’utilise ma voiture, je mange… Bref, je suis en formation, comme les EAS, et comme les ESI.
Pendant ce temps, ma famille fait sa vie de son côté : mon mari travaille, ma fille va à l’école, et mon fils… Ben oui, justement, mon fils? Mon fils est gardé par belle-maman, un peu chez elle, beaucoup chez nous. Et c’est là que ça se complique. Parce que Georges, il a beau être mignon et tout et tout, il n’empêche que c’est un bébé crampon. Qui ne dort pas. Qui hurle à en vomir s’il se sent enfermé (dans un parc ou dans un lit). Qui ne supporte pas la séparation avec ses parents. Bref, c’est pas facile.
Forcément, au vu de la situation (finances pourries, organisation compliquée ET bébé crampon), je me doutais bien que le fucking stage loin de chez moi n’allait pas être une partie de plaisir. J’avais vaguement émis l’idée de trouver une nounou dès le début de la formation, idée rejetée en bloc par le papa et belle-maman (trop cher, trop compliqué, trop je sais pas quoi d’autre). Du coup, trouver une nounou en janvier, c’était un peu tard hein! Bon bon bon…
J’ai donc commencé mon stage. Et ce fut le stage de l’horreur.
Georges a hurlé jour et nuit tous les jours.
Amélie, excédée par son petit frère, a tenté une crise de pré-adolescence. C’était pas franchement le moment. Pour sa défense, je dois dire qu’elle aussi est malheureuse de cette situation.
Mon mari, excédé par les gosses, m’a envoyé des messages laconiques : « il hurle » « marre des gosses » « envie de tout plaquer » « trouve une crèche » « je démissionne »…
Belle-maman, épuisée par l’ambiance pourrie et les hurlements, a pleuré tous les jours et n’a cessé de maudire l’IFAS.
Et moi? J’ai fait pareil que tout le monde : j’ai pleuré.
J’ai pleuré de rage, de colère et d’impuissance. J’ai pleuré de ne plus voir mes enfants. J’ai pleuré de passer des week-end pourris à faire le ménage et à gueuler sur les gosses parce que j’étais trop à fleur de peau pour rester calme. J’ai pleuré de ne pas pouvoir faire la valise d’Amélie pour sa première classe de neige. J’ai pleuré d’être une maman complètement à la ramasse. J’ai pleuré qu’on me reproche de trop couver Georges. J’ai pleuré de sentir que sans cette fucking formation et ce fucking stage, la vie serait drôlement plus simple. Et puis, après deux semaines de stage, j’ai pleuré parce qu’on était à sec. À ce stade de l’histoire, j’ai envoyé un mail à des amis pour leur dire que bon, désolée, mais pour leur mariage, on n’allait pas pouvoir être là, vu que bon, l’essence c’est cher, toussa toussa… Et j’ai pleuré de devoir renoncer, une fois de plus, à quelque chose qui n’avait rien d’extraordinaire mais qui me tenait à coeur (si les mariés se reconnaissent, sachez que je suis sincèrement désolée). Après ça, j’ai été malade. Le corps humain a ceci de formidable qu’il trouve toujours le moyen de t’envoyer des signaux de détresse quand ta tête fait la sourde oreille! Forcément, là encore, j’ai pleuré, parce que j’étais malade et fatiguée. Pendant ce temps, on a essuyé trois tempêtes et, crispée sur le volant, j’ai pleuré de peur en faisant les trajets tous les jours. Sur la fin du stage, je pleurais tellement que je ne savais même plus pourquoi je pleurais. Je pleurais parce que j’étais fatiguée, je pleurais parce que j’étais malade, je pleurais parce que faire la route sous la tempête me faisait peur, je pleurais parce qu’à la maison tout le monde pleurait, je pleurais parce que j’en avais marre du régime « jambon/carottes râpées/compote ». Et, cerise sur le gâteau, je pleurais parce qu’à force de pleurer, je savais que j’avais raté mon stage. « Trop absente », « stage médiocre », « manque de curiosité intellectuelle » (décidément, ça me poursuit!), voilà ce que l’équipe aura retenu de mon passage.
Du coup, aujourd’hui, je pleure parce que malgré mes efforts, malgré les efforts de ma famille, malgré les renoncements de plus en plus fréquents (renoncer à un mariage, je peux comprendre, renoncer à un plein d’essence ou à de la bouffe, c’est plus dur), malgré tout ça, je reste une stagiaire médiocre, une amie sur laquelle on ne peut pas compter et une maman qui a tout faux. Je pleure parce que nous sommes vidés, lessivés, exsangues. Je pleure parce que je ne sais pas comment tenir cinq mois de plus (je ne sais même pas comment tenir une semaine de plus en fait). Je pleure parce que je suis nulle et indigne des sacrifices que nous faisons.
Finalement, quitte à devoir renoncer à plein de choses, je me demande si je ne devrais pas aussi faire une croix sur cette formation. Parce qu’honnêtement, à part un profond sentiment de nullité et une pauvreté qui s’accentue de mois en mois, je ne vois vraiment pas ce qu’elle m’apporte.

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Fucking stage (1)

Ça fait plusieurs jours que je tourne autour de ce billet. Parce que je ne sais pas comment aborder le sujet, parce que vous allez encore dire que je suis jamais contente, parce que plein de choses en fait. Mais bon, voilà, je viens de finir, on est samedi, mon mari est en voyage, je suis seule à la maison avec ma gamine et mon bébé crampon… et je craque un peu. Allez, c’est parti.

J’étais donc en stage en psychiatrie. Secteur (très) fermé. Pas chez les Bisounours donc. Mais avant tout, j’étais en stage loin de chez moi. Trop loin pour rentrer tous les jours.
Quand j’avais passé le concours dans cette école, je m’étais renseignée sur les territoires de santé. A priori l’établissement le plus éloigné était à une heure de chez moi. Raté. la zone de stages de l’IFAS est plus étendue que ce que j’imaginais, et l’établissement le plus éloigné est vraiment très loin. Banco, c’est justement celui où je vais! Bref, j’ai appris en septembre que j’avais un stage (très) loin de chez moi.
Plusieurs choix s’offraient à moi.
1) Expliquer à l’IFAS que franchement, avec les gamins à gérer et les finances pourries, le stage loin, ça va pas le faire. En y mettant les formes, en expliquant la situation (vraiment pourrie), peut-être serait-il possible d’échanger avec quelqu’un? Je savais que ça s’était déjà fait les années précédentes, donc j’avais bon espoir de pouvoir négocier quelque chose. Encore raté. Je n’ai même pas eu à demander, la direction a mis les choses au point dès la rentrée : aucun échange possible. Bon, ça au moins le mérite d’être clair, passons au plan B.
2) Dormir chez une collègue dont la mère avait une maison de vacances à cinq minutes. Certes il allait falloir laisser les enfants toute la semaine, mais j’évitais de gros frais de route et d’hébergement. Et puis je serais avec ma collègue, et ça tombait plutôt bien vu qu’on s’aime bien. Oui mais non. Problème de timing pour ma collègue, changement de stage inopiné, le bon plan est tombé à l’eau. Ma collègue était désolée, moi aussi. Passons au plan C.
3) Louer un gîte. À plusieurs, ça valait (presque) le coup. Mais là j’étais toute seule. Donc ça valait vachement moins le coup. Et, même en hiver, la Bretagne c’est cher. Même en négociant les prix. Passons au plan D.
4) Rentrer tous les jours. J’ai calculé vite fait. La R19 consomme pas mal (c’est une vieille voiture) et c’est une essence. En gros, il m’aurait fallu un plein et demi par semaine, pendant quatre semaines. 450 euros d’essence pour un stage, c’est inimaginable. Passons au plan E.
5) Dormir dans ma voiture. J’avoue que j’y ai vaguement pensé. Mais bon, l’hiver, il fait froid. Passons au plan F.
6) Arrêter l’école. Cette idée revient de plus en plus souvent me hanter. Arrêter l’école, c’est arrêter le stress et arrêter d’être pauvre. Trouver un boulot, n’importe lequel, et me contenter de mon médiocre statut de rien du tout. Babeth la rien du tout. Après tout, je n’en suis pas si loin. Oui mais merde, tous ces efforts pour rien? Passons au plan G.
7) Le septième et dernier plan s’est présenté de façon complètement inopinée. Je co-voiturais avec une collègue dont l’ami habitait pas très loin de chez moi, on a abordé le sujet du prochain stage et je lui ai fait part de mes inquiétudes. Spontanément, elle a proposé de m’héberger. Elle habitait à 35 minutes, c’était pas tout près mais c’était quand même vachement moins loin que depuis chez moi. Banco!

Le problème de l’hébergement étant résolu, je croyais naïvement que le plus dur était fait. Encore raté! Décidément, en plus d’être Babeth la rien du tout, je suis aussi Babeth celle qui ne se doute de rien!

La suite demain. Continuer la lecture

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Nulle!

Je crois que je me suis trompée.
Non, pardon, je suis sûre que je me suis trompée. Je suis pas faite pour l’école.
C’est pas que je ne veux plus être aide-soignante, c’est juste que… j’y arrive pas. J’écoute les cours, j’apprends, j’ai des notes correctes, je m’intègre dans la promo, mais en stage… ça marche pas. « Trop ceci, pas assez cela »… ou le contraire, je sais pas.
« Vous vous posez trop de questions », m’a gentiment dit ma tutrice. Ben en même temps, si je m’en pose pas maintenant, quand le ferai-je?
Si le médecin de ma mère n’avait pas mis son essoufflement et sa fatigue sur le compte de la dépression, aurait-on pu trouver son cancer des poumons plus tôt?
Si l’aide-soignante qui desservait les plateaux-repas avait écouté mon père il y a trois ans quand, hospitalisé pour une banale opération, il s’était plaint d’une gêne à la déglutition, serait-on passé à côté de son cancer de l’oesophage?
Si l’équipe soignante qui a pris mon beau-père en charge s’était posé quelques questions sur l’hygiène hospitalière, serait-il sorti avec une infection nosocomiale?
Si l’équipe éducative qui s’occupait d’Amélie n’avait pas concentré ses recherches uniquement sur ce qui allait mal, aurait-on pu éviter de la prendre pour une autiste?

Trois morts et une surdouée plus tard, n’aurait-il pas mieux valu se poser des questions?

Alors oui, il est sans doute possible d’avancer sans se poser de questions. De trouver normal ce qui nous entoure. Ben oui, c’est comme ça, et tout le monde a l’air d’accord, donc ça doit être bien. Non?
Je sais, c’est très prêchi-prêcha dit comme ça, j’ai l’air de me donner le bon rôle, forcément. Babeth la super auxi, Babeth la super maman, Babeth et ses super réflexions… Ben non, justement, non, mille fois non. Babeth n’est pas super. Ou alors si, super nulle. Nulle en stage et nulle à la maison. Nulle en équipe et nulle en famille.

Je sais pas être une bonne stagiaire.
Je sais pas être une bonne élève.
Je sais pas être une bonne maman.

J’ai envie de tout arrêter. Appuyer sur retour rapide. Retrouver mon père, mon beau-père, et mon boulot. Retrouver l’époque où poser des questions me faisait avancer. Retrouver le temps où je ne me sentais pas aussi complètement nulle.

La vie doit être tellement belle quand on la prend comme elle est!

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Témoignage d’EAS (1)

Témoignage de Corinne, élève aide-soignante

Premier stage.
Ça y est la ligne de stage est tombée. Chouette, le premier à 20 min de chez moi, à 5 min de ma ville d’origine, autant dire chez moi. C’est une USLD (Unité de Soins Longue Durée) qui dépend de l’hôpital psychiatrique le plus proche. À l’école on me dit que c’est de la géronto-psy. Comme une bonne élève, je me renseigne sur les pathologies psy les plus courantes avant d’y aller, et je remplis mes objectifs de stage; le premier : « découverte de la géronto-psy ». Première erreur!

Première semaine. Quand je suis accueillie par la cadre et que je lui montre mes objectifs, elle me rétorque « ici ce n’est pas de la géronto-psy, ce sont des personnes qui sont toutes passées par l’hôpital psy et qui ne peuvent y rester parce qu’elles sont trop âgées, mais ce n’est pas de la géronto-psy. »
Ok je me dis je verrai, on me présente à mes tuteurs, et je commence le deuxième secteur avec mon tuteur, enfin commence, en fait j’ai regardé. On me dit de poser des questions je le fais. Ah, mais j’ai oublié de préciser le service est très lourd, alors ne pas poser les questions ni pendant les pauses, ni pendant qu’on s’occupe des patients. Là je commence à être vraiment perdue, puisque quand le personnel ne fait pas les toilettes il est en pause, quand il ne donne pas à manger il est en pause, en fait ils sont très souvent en pause.

Deuxième semaine. J’ai pris mes patientes en charge, une première démence de type Alzheimer, qui fait ses besoins près de son lit et les cache sous celui-ci, personne ne me l’a dit. Je l’aide à faire sa toilette, l’encourage à faire seule, à s’habiller puis la laisse aller au salon avec les autres résidents. Puis je vais m’occuper de mon autre patiente. Quand j’ai fini, une ASH (Agent de Service Hospitalier) me tope et me dit d’aller chercher ma première patiente parce que, je cite, « elle a encore chié par terre et caché sa merde sous le lit, les autres lui font ramasser donc faut qu’elle ramasse ». Ok, je suis surprise, essaie de voir un aide-soignant pour lui en parler, mais ils sont tous avec les patients et faut pas les déranger. Donc je vais chercher des gants pour moi et la patiente et ramasse avec elle. Puis j’en parle avec l’équipe à la pause (pas le choix) et là, désaccord total, il y a ceux qui disent « moi je lui fais ramasser pour qu’elle apprenne » et ceux qui disent  » mais le besoin apprendre est perturbé elle a Alzheimer. » Ok et moi je me place où dans tout ça même quand l’équipe n’est pas d’accord?

Troisième semaine. Repas du midi, une table de 3 patientes, il y en a une qui crie et une qui se marre en regardant la patiente en face d’elle. Je regarde cette patiente, elle a du mal à respirer : fausse route. Je m’approche, lui tapote le dos, ça ne passe pas, je panique un peu, j’appelle à l’aide, une AS arrive et dit d’aller chercher la gériatre, et là la cadre et la gériatre prennent la patiente par les bras (ben oui on va pas l’emmener dans son fauteuil au poste de soins c’est mieux de la traîner) et ils étaient 2 IDE, la cadre, la gériatre, et 3 AS dans le poste de soins à regarder la patiente s’étouffer et à essayer de la sauver. Au bout d’un quart d’heure ils y arrivent, mais je ne suis pas allée voir, je considérais ça comme du voyeurisme au vu de la pathologie de la patiente (hyper angoissée).

Quatrième semaine. Cadre en vacances, je dois donner un bain à une patiente suicidaire à qui il manque une jambe et les bras sont peu utilisables. Ok tout se passe bien, on me laisse seule (bizarre) et l’AS dit à la patiente « ne faite pas exprès de vous laisser glisser de la chaise! » (bizarrerie n°2). Je commence donc tranquillement, tout se passe bien on discute et à la fin quand je laisse la patiente se détendre avant qu’elle ne sorte, elle glisse, j’essaie de la remonter mais impossible, donc je la porte et la tiens par derrière, mes bras sous les siens pour lui maintenir la tête hors de l’eau et réfléchir calmement à une solution. Première solution : sonner pour appeler à l’aide. Souci, la sonnette est sur le mur d’en face, pas à côté de la baignoire, à deux ou trois mètres de distance, autant dire que si je lâche la patiente pour sonner et que je reviens, elle aura la tête sous l’eau et je ne suis pas sûre de pouvoir la remonter. Deuxième solution : vider la baignoire me diriez-vous, ah oui mais dans la panique j’y ai pas pensé (que c’est bête ces stagiaires!). Donc au final j’ai tenu la patiente jusqu’à ce que l’AS arrive et m’aide, elle m’a demandé pourquoi je ne l’ai pas lâchée pour vider la baignoire, ou appeler à l’aide et moi de lui répondre « ben j’ai pensé sécurité du patient, si je la lâchais elle n’était plus en sécurité donc j’ai attendu. » Pas de commentaires.

Fin du stage, retour à l’école, j’appelle la cadre pour le bilan de stage, je vais à mon RDV et là je tombe de très haut. J’ai été maltraitante avec la patiente quand je lui ai fait ramasser ses excréments, j’ai pas été voir comment ils ont sauvé la patiente qui s’étouffait, j’ai pas su gérer une situation d’urgence la dernière semaine. Je devrais songer à changer de projet professionnel, je ne ferai jamais une bonne AS, je ne sais pas donner une toilette, je ne respecte pas les patients et j’en passe…

Heureusement, mon deuxième stage s’est très bien passé, et sans avoir changé ma technique de soins on m’a dit que c’était bien, MSP (Mise en Situation Professionnelle) au troisième stage y a plus qu’à valider et décrocher ce diplôme. Pour une mauvaise élève je m’en sors plutôt bien pour le moment

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Une simple toilette?

Deuxième stage. Cette fois encore, nous devons prendre en charge, non pardon, en soin, deux patients. Ce sont « nos » patients. Nous nous occupons d’eux en priorité et, s’il reste du temps, on peut aider auprès des autres.

Je revis. Ici, pas d’aide-soignante planquée derrière la porte pour chronométrer la toilette. Ici, j’ai le droit de prendre le temps. Et je le prends. Je fais connaissance avec les patients. « Mes » patients. Je les découvre, je les observe, je leur parle. Je découvre une équipe, je l’observe, je lui parle. Et je découvre avec bonheur que la prise en soin de l’aide-soignante ne se résume pas qu’à la sacro-sainte toilette. Parce que pendant le soin, on peut faire plein d’autres choses. Parler et faire parler, bouger et faire bouger, poser des questions, écouter des réponses… Aider et prendre soin, aider en prenant soin. Observer et rendre compte, et adapter la prise en soin : à la personne, à sa pathologie, à un objectif.
Finalement, la fameuse toilette n’est plus qu’un simple acte d’hygiène, c’est aussi un temps privilégié pour la parole, le mouvement, l’échange. Il y a de la beauté dans la simplicité.

Je revis. Vraiment. Continuer la lecture

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Retour aux sources

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que…
Tu ne m’attends plus.

Il y a un an, trois mois et dix-huit jours, mon père mourait dans la chambre 423 d’un hôpital de campagne. Les jours qui ont suivi, je suis retournée le voir dans la chambre mortuaire. Et puis l’enterrement, le voyage, le boulot, mon beau-père, la boulangerie, l’IFAS… La vie continue, sans mon père et loin de cet hôpital.
Demain j’y retourne, en stage cette fois-ci. Je vais retrouver le grand parking toujours blindé, le hall d’entrée et ses fauteuils colorés, les couloirs qui n’en finissent pas. Les bruits, les odeurs, les impressions. Ce ne sera pas le même étage, pas le même service, pas les mêmes soignants, mais ce sera toujours moi et cet hôpital.
J’avoue avoir un peu peur de mes émotions. Et hâte de m’y confronter.
Dans cet hôpital est né mon désir d’être aide-soignante. Depuis, il y a eu une sacrée confrontation avec la réalité du métier. Désir et plaisir sont deux mots bien distincts.
Demain sera un retour aux sources. Pensez à moi!

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Normale

Retour de stage un peu compliqué. J’ai pleuré (un peu), j’ai voulu renoncer (beaucoup), et j’ai parlé.
J’ai parlé avec mes camarades de promo, avec les formateurs, et avec le psy, en analyse de pratique.
À force de parler j’ai arrêté de pleurer, et arrêté de vouloir renoncer.
J’ai reçu des messages. Certains m’ont fait plaisir, d’autres m’ont fait bondir. Tous m’ont fait réfléchir.

Je n’ai pas la prétention d’être une élève au-dessus du lot. Je ne me pense pas comme étant une super auxiliaire de vie qui sera une super aide-soignante. Je ne suis pas une parfaite petite stagiaire qui voit et comprend tout en moins d’une semaine. Je ne suis rien de tout ça.

Je suis une élève normale, je pose des questions quand je ne comprends pas, je rame sur les cours d’anatomie, et je carbure au café toute la journée.
Je suis (j’étais?) une auxiliaire de vie normale, j’essayais de bien faire mon travail, d’être professionnelle, mais il m’arrivait de me tromper, de mal travailler, peut-être même d’être maltraitante sans m’en rendre compte.
Je suis une stagiaire normale. J’observe, j’essaie de comprendre, de faire, mais je ne suis pas sûre de moi, et ça me rend parfois maladroite.

Bref, je suis normale.

Ni meilleure ni pire que les autres. Ni une stagiaire imbue d’elle-même ni une espèce de petite conne prétentieuse qui se permet de juger sans connaître. Juste une stagiaire normale qui a cru voir des choses anormales et qui a voulu en parler pour voir comment était la normalité des autres.

Visiblement, nous n’avons pas tous la même.

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Roméo et Juliette

Réunion de crise dans l’office pour parler de la stagiaire. Il y a là l’équipe du matin, celle de l’après-midi et… la cadre. Attention, ça rigole pas. La stagiaire? Pas conviée. Elle attend dehors, dans le couloir. Elle aurait dû renvoyer sa feuille d’évaluation à l’IFAS il y a deux jours mais… l’équipe n’avait pas encore parlé, pas encore coché les petites cases, pas encore mis son appréciation. C’est que ça prend du temps tout ça, il faut se mettre d’accord et savoir choisir ses mots.

La stagiaire attend. Dix minutes. Vingt minutes. Une demi-heure. Pour passer le temps, elle va dire au revoir à Madame Amour. Son mari est là, comme toujours, et comme toujours, il se tient à côté d’elle et leurs mains sont entrelacées. En apprenant son départ, il se met à pleurer. C’est malin, elle aussi a envie de pleurer maintenant!

Pendant ce temps, l’équipe écrit : « Manque de motivation. Manque de curiosité intellectuelle. » Voilà qui devrait lui faire passer l’envie de devenir aide-soignante!

Monsieur Amour pleure. La stagiaire pleurniche. C’est pas très sérieux tout ça.

Dans l’office, ça parle encore. Une heure que ça parle. De la stagiaire? Du stage? D’autre chose?

Dans la chambre de Madame Amour, la stagiaire remarque soudain quelque chose de nouveau : de la musique! Ce matin, elle avait suggéré à Monsieur Amour de ramener quelques disques à écouter avec sa femme, histoire de changer un peu de la télé qui vomit ses émissions débilisantes à longueur de journée. Sur la commode, elle vient de voir quelque chose : le « Roméo et Juliette » de Gounod! Elle chantonne : « Je veux vivre dans ce rêve… » Monsieur Amour sourit, Madame Amour applaudit, la stagiaire rit.

Qu’est-ce qu’on disait déjà? Ah oui : « Manque de motivation. Manque de curiosité intellectuelle. »

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Une douche et dodo!

Rester assise des heures d’affilée, c’est un peu dur au début, mais on s’y fait assez vite.
Écrire, écrire, écrire encore, c’est juste une habitude à (re)prendre, et retrouver le plaisir d’écrire au plume ferait presque oublier les crampes.
Apprendre, découvrir, comprendre, c’est passionnant.
Discuter, rire, profiter du covoiturage pour relire les cours de la journée, ça rappelle le bon vieux temps (quand j’étais jeune, il y a un certain temps, voire un temps certain).

Mais partir le matin sans embrasser mes enfants, angoisser en permanence pour l’organisation familiale, avoir l’impression de passer à côté de tout… Là j’avoue, j’ai du mal.

Tout change, tout est bouleversé, je ne fais que passer. Un bisou par ci, une tétée par là, une douche et dodo.

Oui, la formation est super, oui, je suis drôlement contente d’y être mais quand même, j’ai hâte d’avoir fini!

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Apprendre

Apprendre
 ce que je ne sais pas, ce qui me manque, ce que je suis venue chercher en formation.
Désapprendre
 ce que j’ai appris, ce que je crois savoir faire, ce que je fais peut-être mal.
Apprendre comme si je n’avais pas appris,
faire comme si, comme si je ne savais rien, comme si tout était nouveau.
Une semaine s’est écoulée. J’imaginais trouver des difficultés à certains endroits, et je les ai trouvées à d’autres. On se fait une idée de quelque chose, et on découvre autre chose. Il faut réajuster. Gymnastique de l’esprit.
Je dois me débarrasser de mes certitudes, et ce n’est pas aussi simple que ce que je croyais. Parfois, il faut juste savoir se taire. C’est difficile mais pas impossible.
J’écoute. J’observe. J’enregistre. Je note. Je réfléchis. Parfois je bloque.
Allez, un an, ça va passer vite! Et puis zut, c’est pas comme si je faisais médecine hein, faut que j’arrête de me faire des noeuds au cerveau pour des choses toutes simples!
Allez zou, dodo, profitons du week-end et des enfants, et à lundi pour de nouvelles aventures!

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Rentrée

J’ai fait ma rentrée.
J’ai préparé ma trousse, mon agenda et mon sac. J’ai révisé l’anatomie, la physiologie, et j’ai pas tout compris. J’ai dit bonjour à des élèves et dit au-revoir à mes enfants.
J’ai donc fait ma rentrée et j’ai raté celle d’Amélie.

J’avais tout prévu : sac fait, pique-nique préparé, trajet repéré. Tout prévu… Sauf un baby Georges réveillé. Qui se met à hurler cinq minutes avant mon départ. Chagrin, câlins, tétée. Re-chagrin… le mien cette fois. Pas fière la Babeth.
Le chômage à 35 ans? Pas peur!
Une nouvelle formation? Pas peur!
Laisser mon bébé? Je pleure!
Ben voilà, c’est malin ça!

Découverte de la promo. Des jeunes et des moins jeunes, des avec ou sans expérience. C’est chouette, il y a de tout, les échanges n’en seront que plus riches. Beaucoup de filles. Normal. Ça papote et ça blablate. Reprendre l’habitude des équipes de filles, ça fait tout drôle. Je trouve ça marrant de manger dehors au soleil, je trouve ça moins drôle quand ça commence à parler crèmes de beauté. Bon, des filles quoi. Mais c’est drôle, j’aime bien.

Découverte des cours. C’est vif, c’est intéressant. Ça me rappelle l’école d’éduc’. Souvenirs souvenirs. La prise de notes, c’est dur de s’y remettre, et rester assise toute la journée… dur dur aussi! Mais qu’est-ce que c’est agréable d’être à nouveau celle qui apprend, celle qui reçoit! Qu’elle est confortable cette position d’élève! Oreilles et yeux ouverts, écouter, regarder… s’enrichir de nouvelles connaissances, faire le lien avec ce que l’on sait déjà, se raccrocher à une situation, rebondir sur une définition. Cerveau en ébullition, j’adore!

Bref, l’année commence plutôt bien, c’est dur de partir le matin, mais ô combien agréable de rentrer le soir.

Et vous savez quoi? J’ai hâte de commencer les stages! Continuer la lecture

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