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Dominique Douay – Car les temps changent

Dominique Douay - Car les temps changentLes temps changent, les temps changent !
Ce soir, c’est la Saint-Sylvestre, tous regagnent leur domicile car ce soir, tout se dénoue. Demain, le plombier sera rentier, l’homme sera une femme, l’enfant, un adulte. Ou l’inverse ! Ce soir, 1963 s’achève. Demain, une nouvelle année commence. Nul ne sait ce qu’il adviendra de lui, alors les insouciants brûlent leur temps, les altruistes remplissent le tiroir-caisse, pour celui ou celle qui les remplacera derrière le comptoir. Histoire de bien commencer l’année !

En 1963, à Paris, on ne s’attache pas trop, on n’attend pas grand chose de la vie, on essaye d’être un bon père de famille, on grandit, mais… sans trop savoir pourquoi. Car de toute façon, avec le Changement, tout sera oublié, tout sera annulé, tout sera effacé. Et le hasard décidera.

A Paris, la ville verticale dominée par l’Arc de Triomphe, le métro plonge et remonte, au fil des niveaux de la cité spirale, et Léo le Lion plante là celle qu’il a aimé, l’abandonne à sa solitude, car… A quoi bon ? Dans quelques heures, il aura tout oublié. Autant ne pas faire durer la séparation.

Mais lorsqu’il se réveille, au premier janvier, Léo n’a rien oublié. Et personne ne le voit comme il est.

Ce court roman (200 pages) paru en 2014 au Moutons électriques m’est tombé dessus grâce aux bons conseils de Cathy Martin, de Bédéciné, à Toulouse (une de mes trois librairies préférées, avec Scylla à Paris et l’Atalante à Nantes).

La quatrième de couverture appelle P. K. Dick. A raison, il est vrai, c’est sans doute la référence la plus juste pour évoquer ce roman. On pourrait aussi penser à 1984 d’Orwell, ou Fahrenheit 451 de Bradbury, mais Dominique Douay ne se place pas explicitement sur le terrain de la critique ou de la dénonciation, ce qui le rend d’autant plus savoureux et intéressant. Si Car les temps changent est politique, il ne cherche pas la démonstration, il ne se perd pas en contexte ou en explications. Les temps changent, c’est comme ça. Ça a toujours été comme ça. A Léo le Lion de comprendre pourquoi ils changent, ou ne changent pas, pourquoi lui n’a pas changé, et comment tout cela peut bien fonctionner… A nous de le suivre dans ses espoirs et ses doutes, ses tentatives de prendre le contrôle de son existence : le personnage est crédible est attachant, il n’est ni très malin, ni très chanceux : il n’est pas un héros. Juste un type, un type comme nous, mais un type qui n’a pas changé. Et qui va devoir vivre avec ça, et contre tout le reste, s’il en est capable.

Je suis rarement surpris par un bouquin. Emporté, passionné, séduit, ou ennuyé, oui. Mais surpris, cela se savoure (et sans la libraire, cela ne serait pas arrivé !) : Car les temps changent, c’est de la bonne science-fiction, intelligente, fine, légère, et bien écrite. Une science-fiction qui emporte le lecteur ailleurs, lui propose de réfléchir, sans rien imposer. Avec suffisamment de talent pour avoir réussi à me sortir de mon monde pour me plonger dans celui-là, au point de me faire regarder bizarrement ceux qui m’entourent dans les heures qui ont suivi ma lecture…

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Le livre

Boules de Fourrure devient un livre. Qui sortira le premier avril (non, ce n’est pas une blague).

Les choses prennent une tournure très réelle puisque je suis en train de relire les épreuves, la presque-dernière-version, la dernière en ce qui me concerne directement.

Les habitués du blog y retrouveront des histoires qu’ils connaissent, puisque le gros du livre en est extrait. Mais comme je n’avais jamais écrit pour être publié, mais plutôt sous le coup de l’envie, d’une émotion, d’un besoin, nombre d’entre eux ont été relus, retravaillés, réécrits. Et puis, parce que l’écriture appelle l’écriture, il y a quelques nouveautés…

Bien sûr, je vous tiendrai au courant.

Et non, je ne cesserai pas d’alimenter ce blog, même si le rythme des nouveautés a très fortement diminué. Difficile de se renouveler quand, au début de l’écriture d’un billet, on se rend compte qu’on a déjà parlé d’une histoire très similaire.

Et oui, vous êtes les premiers prévenus.

Merci à vous !

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Dotclear a dix ans

Vous n’y faites sans doute pas attention. Cette discrétion, c’est peut-être une des forces de Dotclear, qui propulse ce blog depuis… Outch, six ans déjà. A l’époque, fasciné par le blog de Maître Eolas, je m’étais dit qu’aucun véto ne faisait ce qu’il faisait : expliquer son métier, décortiquer, casser des idées reçues.

J’ai joué avec l’outil Dotclear à l’occasion d’un voyage. J’imaginais un genre de multiblog (oui, Dotclear permet ça, pub, pub), avec une partie voyages, une partie jeux de rôles et littératures de l’imaginaire, et bien sûr une partie vétérinaire. Et un genre d’auteur schizophrène. J’ai fini par laisser tomber tout ça pour me concentrer sur ce qui, finalement, m’intéressait : parler de ce métier que presque tous les enfants veulent faire.

J’ai plusieurs fois hésité à supprimer les premiers billets, ceux qui parlaient de la Nouvelle-Calédonie. Je les ai finalement laissés.

Je voulais un truc indépendant, que j’hébergerais. Pas un blog hébergé par un opérateur quelconque qui se servirait, à sa façon, de mes données, de mon blog. Je paye un petit hébergement mutualisé chez PHPNet.

J’ai bricolé le thème, je l’ai changé une fois. Kozlika, la fée-thémeuse de Dotclear, m’a aidé sur sa dernière mise à jour.

J’ai choisi Dotclear par imitation, je l’ai conservé… par conviction. Un outil libre, gratuit, avec un code propre, léger, que même moi je comprenais, et qui passait les tests W3C.

Aujourd’hui, il y a plus de 300 billets, 5000 commentaires, environ 800 visiteurs par jour.

Merci à tous.

Le moins qu’on puisse dire est que je n’ai pas beaucoup contribué. J’ai à peine achevé une transposition de thème WordPress, que je n’ai jamais eu le courage de finaliser pour le mettre sur les dépôts.

Je n’aurais jamais le temps de me rattraper.

Aujourd’hui, Dotclear a dix ans.

Un grand merci à toute l’équipe Dotclear, passée, présente et à venir.

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Privés de Déserts

Ces médecins généralistes, tous des salauds. Je veux dire, quoi, merde, on avait trouvé un créneau, nous, les vétos, pour augmenter notre activité, avec la super proposition d’une élue dijonnaise : on allait remplacer les généralistes, ces fainéants.

Hop, un vêlage, hop, dites donc madame, vous avez mal là ? Vous rigolez ou quoi, la vache là elle a bien plus mal que vous, et elle ne se plaint pas. Quoi, vous voulez un arrêt de travail parce que vous avez 39° ? Mais à 39° mon bon monsieur, les chiens ils arrêtent pas de surveiller les moutons hein.
J’aurais p’t’être même pu faire de l’éthologie humaine.
Des évaluations de gamins mordeurs.
Un bilan ? Pour quoi faire un bilan, puisque vous allez bien ?
Quoi la carte Vitale ?
Je vous préviens, mes comprimés d’antibiotiques sont aromatisés viande. Ou poisson, c’est selon.

Bon, j’arrête mes conneries, je vais me faire engueuler par les médecins ET les vétérinaires, les deux vont me reprocher de caricaturer leur boulot.

Mais après tout, c’est bien ce que font régulièrement nos cadres et responsables politiques ? Des propositions déconnectées de la réalité, des mesures à la con, parce qu’on ne sait pas bien comment ça se passe, quand on est un grand professeur et qu’on n’a jamais bossé en cabinet de ville, encore moins de campagne. Et que de toute façon, on les prend pour des cons, ces médecins. Je veux dire, les généralistes, c’est pas les nuls qui ont pas eu l’internat de chir’ ? Tiens, ce billet de Gélule présente très bien ce drôle de choc, par les yeux d’une jeune généraliste, et en dessins.

Et d’ailleurs, ils sont nombreux, les généralistes, à parler de leur boulot, de leur vision de la médecine. Vous aimez mon blog, ma quotidien de véto, mes réflexions et mes emmerdes. Vous aimerez les autres. Jaddo, of course, mais aussi Borée, ou Gélule que je viens de citer. Dr Couine, Dr V, Fluorette… et tant d’autres. Je ne vais pas tous les citer, au risque de les vexer, ils se lient tous les uns aux autres dans ces propositions visant à faire disparaître les déserts médicaux et à redonner à la médecine générale ses lettres de noblesse (si vous adhérez, signez en bas). Si vous voulez le lire sur un mode plus ludique, rendez-vous chez Dr Couine.

Parce que bon, ces gens qui discutent sur twitter, qui parlent souvent de leur nombril, comme dirait l’autre. Ben ils ont aussi plein d’idées, de vraies propositions. Vous les avez trouvés sensibles, pertinents, passionnants ? Dites-vous qu’ils vous proposent la médecine comme ils l’aimeraient, et que ce n’est pas juste une proposition utopique, mais un vrai projet, bien carré.

Moi, je suis juste épaté. J’aimerais que ma profession dispose d’une telle force de proposition, loin des circuits plan-plan habituels.

Encore bravo.

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