Archives de catégorie : Georges

Des gens

Il y a quelques semaines j’écrivais ça, et ça.
C’était dur. Je craquais complètement et j’étais à deux doigts de tout envoyer valser. L’école, les cours, les stages, les gosses, les factures, la famille… Un ras-le-bol de tout et de tout le monde. Un gros coup de mou et un moral au fond des sabots.
Et puis, en réponse, il y a eu ce blog. Stupeur et émerveillement.

Y a des gens, quand même, ils sont vraiment super chouettes.
Des gens que je connais un peu, ou à peine, voire pas du tout, et qui m’aident, comme ça, spontanément.
Des gens qui m’écrivent des choses d’une gentillesse inouïe, qui m’encouragent , qui me tendent la main.
Des gens qui me poussent à continuer.
Des gens qui me font réfléchir.
Des gens qui font preuve de bienveillance envers une stagiaire aide-soignante.
Des gens qui font confiance à une inconnue qui blogue.
Des gens que je rencontre parfois, quand ils passent en Bretagne.
Des gens que je découvre, au hasard d’un mail, d’un tweet, d’un blog.

Qui a dit qu’internet allait tuer la communication?

Le moral, ça va mieux. Le dernier stage, en EHPAD, a été un pur bonheur. Je sais qu’il existe des aides-soignants et des résidents heureux. L’Humanitude existe, elle habite à côté de chez moi. Moral regonflé à bloc. Et cerveau en ébullition. Car plus j’avance, plus je regarde en avant… et en arrière. Je me souviens de mes années, pas si lointaines, d’auxiliaire de vie à Morteville. Je pense à Madame Grandchef et à mes collègues. Je revois la maison de Madame LDV et le sourire de Madame M.
Le travail. La grossesse. La fin du travail. Mon père. Georges. La mort de mon père. Mon beau-père. La formation.
Que de chemin parcouru! Des histoires, des émotions, des rencontres. Des gens.

Je continue. J’avance droit vers mon diplôme, droit vers ce que je veux faire. Aide-soignante. Aide-soignante bientraitante et militante. Aide-soignante reconnaissante aussi. Parce que sans vous je n’y arriverais peut-être pas. Parce que j’aurais peut-être tout arrêté après le fucking stage. Ou avant. Parce que vos petits gestes et vos petits mots nourrissent les coeurs et les ventres (oui, je peux être poétique ET prosaïque dans la même phrase).

Parce que merci, tout simplement. Continuer la lecture

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Deuil

Le 30 juillet 2012, c’était la journée internationale de l’amitié, c’était aussi la Sainte Juliette, et Yannick Agnel remportait la médaille d’or de natation aux Jeux Olympiques.
Et, surtout, le 30 juillet 2012, tu es mort.

Le 30 juillet 2013, ce sera la journée internationale de l’amitié, ce sera aussi la Sainte Juliette, et Yannick Agnel sera en finale des championnats du monde de natation.
Et, surtout, ça fera un an que tu es mort.

Inutile de te dire que je suis plutôt d’humeur maussade ce soir.

Un an. Un an sans toi. Un an de premières fois sans toi.

La première journée, sans toi. Sans l’hôpital, sans la chambre 423, sans l’équipe soignante et souriante qui prend soin de toi, et de nous.
Ton premier anniversaire de (re)mariage, sans toi, le lendemain de ton enterrement. On avait prévu une virée en train touristique. Je m’accrochais à ce stupide espoir qu’il te serait possible de tenir jusque là.
Le retour aux sources, sans toi. Toulouse, Vindrac, Castres. Ton enfance, tes racines, ta famille. Le cimetière, la tombe de tes parents, et ton urne posée à côté de celle de maman. Une belle journée malgré tout, parce que de belles retrouvailles, et la joie de faire découvrir certains coins aux enfants. Et puis, tu vas rire, sans faire exprès nous avons fait cette cérémonie le 9 août, jour de la Saint Amour. C’est pas beau ça comme cadeau d’adieu?
Le premier anniversaire d’Amélie, sans toi. Un gâteau, des bougies, des cadeaux, mais ta place est vide. Je pleure quand Amélie souffle ses bougies, et je m’en veux d’être triste justement ce jour-là, alors j’essaie de me faire discrète. Plus de trois mois que tu es parti, autour de moi la vie continue, forcément, implacablement, et je reste figée dans mon chagrin. Comment fait-on pour tourner la page quand on n’a plus de parents?
Ma première fête, sans toi. D’habitude tu m’appelles la veille, pour être sûr de ne pas oublier! Cette année, rien. De toute façon je n’ai pas le coeur à fêter quoi que ce soit.
Le premier Noël, sans toi. Ton absence est criante. L’an dernier, tu n’avais rien mangé, parce que tu avais « une espèce de boule » qui te gênait dans la gorge. L’espèce de boule, c’était une tumeur. Tu étais déjà malade, tu t’en doutais peut-être, mais nous, préoccupés que nous étions par la santé du bébé à venir, nous n’y avons pas vraiment prêté attention. Je t’ai engueulé gentiment, pour la forme, parce que vraiment ce n’était pas sérieux de laisser traîner ça, tu ne pouvais quand même pas rester comme ça sans manger! Nous avons passé une chouette soirée, tous ensemble, et nous avons tous été assez stupides pour ne prendre aucune photo. Ton dernier Noël, tes derniers jours avant de savoir, et aucune image de ce bonheur tout simple.
Mon premier anniversaire, sans toi. Boule dans la gorge. L’an dernier tu ne m’as pas appelée, et pour cause, puisque tu étais hospitalisé le jour-même. Forcément, cette année, le stress montait à l’approche de cette date, car elle signifiait pour moi le début du compte à rebours, tes trois derniers mois de vie. Trois mois pour mourir, c’est aussi le titre d’un roman que j’ai trouvé chez toi, étonnante coïncidence. Cette date me faisait peur, je la sentais s’approcher avec appréhension, mais beau-papa a eu la merveilleuse idée de trouver une astuce imparable pour que je puisse penser à autre chose : il est mort la veille.
Ton anniversaire, sans toi. Tu aurais eu 65 ans. Tu serais le jeune papi de six petits-enfants. Toi qui aimais les grandes tablées, tu en aurais été ravi. Ton dernier petit-fils est né il y a quelques mois à peine. Conçu en terre bretonne et né en terre occitane, une belle histoire de naissance.
Le premier anniversaire de Georges, sans toi. C’est pas pour me vanter mais je t’assure que ce petit bonhomme est absolument merveilleux. Un sourire craquant, une bouille adorable et un caractère bien trempé! Je lui parle de ses grands-pères, je lui montre des photos, je suis tellement triste qu’il grandisse sans entendre tes histoires de lutins et de « fantôme des crêpes ». Alors je prends le relais, à mon tour de raconter des carabistouilles à mes enfants, à moi de les emmener au pays des histoires à dormir debout (celle du papa papou à poux, celle du chameau qui avait mangé une olive, et tant d’autres encore). Je conserve précieusement tes photos et tes dessins, plus tard je les montrerai aux enfants et je leur dirai à quel point tu étais fantasque.

Voilà. Fin de la première année sans toi. Demain ce sera le début de la deuxième année. Les deuxièmes fois sans toi. Les premières fois sans beau-papa. Le deuil du beau-père prend le relais du deuil du père. J’espère qu’on fera une pause l’an prochain pour les enterrements, parce  que ça commence à faire beaucoup.

La vie continue. Sans toi. Mais avec tes souvenirs. Avec ta photo sur la commode de l’entrée. Avec ton regard. Avec ton sourire. Avec mon amour.

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En passant (2)

Un petit billet rapide, juste comme ça, pour donner des nouvelles.

Je fais toujours mes tournées de pain. Je sillonne la campagne avec pains et baguettes, je rends la monnaie et les sourires, je me fais offrir des fraises… Bref, j’adore! Toutes les bonnes choses ayant une fin, Pierrette revient bientôt… C’est con, ça va me manquer comme boulot.

J’ai fait ma pré-rentrée à l’IFAS. Découverte de la promo et du planning, essayage des tenues de stage, questions diverses et variées sur les dossiers d’inscription, les vaccins, les stages… Je me dis que dans moins de trois mois je serai en train d’apprendre… Hâte hâte hâte!

J’ai profité de l’occasion pour créer un nouveau blog, blog dédié à mon changement professionnel. C’est là : http://www.aidersoigner.com/
C’est tout nouveau, et pas encore tout beau. Je suis à la recherche de blogs sur les soignants, si vous avez des idées, je suis preneuse!
J’écris encore ici, bien sûr, parce que j’ai encore plein plein de choses à raconter… Il suffit de regarder autour de soi, finalement, tout est matière à observer/s’émouvoir/raconter.

Le Journal du Domicile publie certains des billets de mon blog dans une rubrique intitulée « Dans la tête de Babeth ». Même Monsieur Bitàlair est à l’honneur! Petite émotion quand j’ai reçu les revues… C’est joli un texte sur du papier.

Et du coup, voilà, en parlant de papier… Voilà que ça me reprend! Jaddo publie son livre, Borée aussi, Dominique aussi… et puis d’autres avant eux (que vous ne connaissez peut-être pas, mais dont je vais vous mettre les liens, parce que ça vous fera de la lecture… Ne me remerciez pas, j’aime rendre service).
Bon bon bon… J’ai bien envie d’essayer… Sauf que voilà, après le blog de la caissière, le blog de la flic, le blog de la bonne et les blogs de docteurs/avocats/vétérinaires, pas sûr que le blog de l’auxi au chômage intéresse grand monde… Du coup, je choisis la simplicité, j’opte pour Kindle, ce qui me permet de ne pas faire d’avance de frais (parce que bon, faut pas déconner, je suis pauvre!).
Allez, qui ne tente rien n’a rien, et puis qui sait, peut-être qu’un éditeur passera par là…

Et au milieu de tout ça, Georges qui grandit, Amélie qui fait son premier voyage scolaire, des rencontres intéressantes, des projets… Bref, on avance on avance…

Allez, pour finir, ma petite liste de bouquins à lire si vous avez le temps/l’envie :

Guide philosophique pour penser le travail éducatif et médico-social, tome 1 Alain Boyer (voir aussi tomes 2 et 3, du même auteur)
Mon bonheur est dans le ciel : Journal d’une hôtesse de l’air Susana Laliga
Lignes aériennes : Histoires du plus beau bureau du monde Jacques Darolles
La couleur préférée de ma mère Dorine Bourneton
Juste après dresseuse d’ours Jaddo
La revanche du rameur Dominique Dupagne
Loin des villes, proche des gens : Chroniques d’un jeune médecin de campagne Borée

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En passant (1)

Une petite photo, comme ça, en passant. 
Une visite surprise, Georges qui se fait câliner et papouiller, un café/gâteaux partagé sans crainte que Madame Grandchef ne débarque (elle peut toujours venir maintenant, je bosse plus, je vois qui je veux, na!). 
Parfois il suffit de pas grand chose pour que la journée soit belle 🙂

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