Archives de catégorie : Dépistage

Dépistage du cancer de la prostate : le pour et le contre

On pense parfois que dépister un cancer est forcément bon, parce que si la tumeur est détectée alors qu’elle est petite, elle sera plus facile à soigner. Malheureusement, les études montrent que ce n’est pas si simple. Il n’est pas démontré que le dépistage du cancer de la prostate prolonge la vie, et ce dépistage … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Antigène prostatique spécifique, Balance bénéfices / risques, Bénéfices, biopsie, cancer, Cancer-maladie, Dépistage, Ejaculation rétrograde, impuissance, Impuissance érectile, médecine, prostate, psa, risques, Symptômes urinaires, Troubles sexuels, Troubles urinaires | Commentaires fermés sur Dépistage du cancer de la prostate : le pour et le contre

Formation en ligne « Dépistage du cancer du sein : informer les femmes »

Lancée au début d’Octobre rose 2022, la formation en ligne (ou MOOC) « Dépistage du cancer du sein : informer les femmes » s’adresse surtout à des soignants.Elle est conçue en quatre parties : une introduction, une partie sur l’évaluation des bénéfices du dépistage, une partie sur ses effets indésirables et une partie sur la manière de … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Actualités, Aide à la décision, analphabétisme, ANDPC, Balance bénéfices / risques, Bénéfices, bénéfices/risques, Biais, CANCER DU SEIN, CANCER ROSE, Communication, Décision éclairée, décision partagée, Dépistage, Dépistage du cancer du sein, Essais comparatifs randomisés, formation, Formation en ligne, Histoire naturelle, information, MAMMOGRAPHIES, meta analyse, métaanalyse, MOOC, OAD, octobre rose, Outil d'aide à la décision, Polémique, risques, Surdiagnostic, surtraitement | Commentaires fermés sur Formation en ligne « Dépistage du cancer du sein : informer les femmes »

Sous le radar : méfaits cachés du dépistage du cancer du sein

Lorsqu’on dépiste le cancer du sein, les mammographies détectent parfois des tumeurs qui sont diagnostiquées comme des cancers au microscope, mais qui n’auraient jamais provoqué de trouble de santé. Les conséquences concrètes de ces surdiagnostics sont mal connues. Elles ne sont presque jamais mentionnées dans les articles destinés aux femmes ou aux professionnels de santé, … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans ablation du sein, accident, anatomo-pathologie, antidépresseurs, anxiété, bas revenu, biopsie, CANCER DU SEIN, cellules cancéreuses, chirurgie, choix éclairé, Communication, complications anesthésiques, complications chirurgicales, couple, Dépistage, dépression, désir sexuel, Douleurs, emploi, faux négatif, faux positif, gain de poids, génération suivante, haut risque de cancer du sein, image de soi, Image suspecte, MAMMOGRAPHIES, mastectomie, mastectomie totale, médecine, niveau social, pauvreté, perte d'emploi, perte de poids, perte des cheveux, prédiction auto-réalisante, Preventing overdiagnosis, psychotropes, qualité de vie, satisfaction sexuelle, séquelles, sexualité, suicide, Surdiagnostic, surtraitement, tranquillisants, travail, troubles cardiovasculaires, tumorectomie | Commentaires fermés sur Sous le radar : méfaits cachés du dépistage du cancer du sein

Hépatite C : dépistage ciblé uniquement !

Les recommandations officielles françaises et canadiennes sont opposées au dépistage généralisé de l’hépatite C. La revue Prescrire aussi. Mais en France comme au Canada, des associations d’hépatologues poussent à un dépistage tous azimuts. Avec le soutien actif des industriels du médicament. Le hasard, pensez-vous ? En France, la Haute autorité de santé estime que sur … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans AbbVie, AFEF, antiviral, Canadian association for the study of liver, cancer du foie, cirrhose, Dépistage, Epclusa, Gilead, glecaprirevir, Haute autorité de santé, hepatite C, Maviret, médecine, Pibentasvir, Prescrire, Prix du médicament, recommandation, sofosbuvir, Surdiagnostic, surtraitement, toxicomanie, Toxicomanie intraveineuse, transfusion sanguine, Velpatasvir | Commentaires fermés sur Hépatite C : dépistage ciblé uniquement !

Bilan médical de la semaine du lundi 11 au dimanche 17 avril 2022 : Macron, liens d’intérêts, restriction sodée, dépistage des cancers, covid long, Sacubitril/valsartan

Je n’ai pas trouvé le nom du dessinateur…Le Collège National des Généralistes Enseignants s’engage.Le communiqué : LA.Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle me feront voter Macron au second.Nul ne saurait ignorer combien ce blog a… Continuer la lecture

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Bilan (partiel) de la semaine entre le lundi 7 mars et le dimanche 13 mars 2022 : l’Eglise de dépistologie en majesté.

Cette semaine est tellement riche d’informations que je vais oublier plein de trucs…Plus d’IRM, plus de diagnostics, plus de sur diagnostics, plus de sur traitements !Le secrétaire d’Etat anglais à la santé, Sajid Javid, annonce un plan ambitieux sur… Continuer la lecture

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Dépistage en santé au travail des troubles psycho-organiques liés aux solvants

Les premiers troubles neurotoxiques liés aux solvants ont été observés par un médecin français, en 1865, chez des ouvriers qui travaillaient dans une usine de caoutchouc, à la fabrication de préservatifs et de ballons de baudruche. Histoire Neurotoxici… Continuer la lecture

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Dépistage en santé au travail des troubles psycho-organiques liés aux solvants

Les premiers troubles neurotoxiques liés aux solvants ont été observés par un médecin français, en 1865, chez des ouvriers qui travaillaient dans une usine de caoutchouc, à la fabrication de préservatifs et de ballons de baudruche. Histoire Neurotoxici… Continuer la lecture

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Outils d’aide au dépistage et à l’analyse des TMS

Le dépistage, première étape dans toute démarche de prévention, permet de repérer la présence ou l’absence de facteurs de risques de troubles musculosquelettiques, TMS, dans les situations de travail. Check-list de l’OSHA, Occupational safe… Continuer la lecture

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Stress et cancer

On dit qu’un évènement est traumatisant, stressant ou stresseur quand il déclenche un ensemble de réactions physiologiques rassemblées sous le terme général de stress. Ces réactions sont généralement assez brèves, mais peuvent avoir des répercussions dont la durée dépend de plusieurs facteurs dont deux sont très importants : la précocité et l’intensité. Nous savons tous que …

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Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

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Dépister les cancers du sein: à quel prix?

De bonne foi (ou non), les défenseurs du dépistage entendent sauver des vies. En connaissent-ils réellement les enjeux?
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Jour 20 des pratiques médicales répandues françaises et internationales non fondées sur les preuves : les dépistages organisés des cancers.

Est-ce quels dépistages organisés des cancers sauvent des vies ? La réponse est : non.Nous avons déjà donné l’exemple du cancer du sein (ICI).L’exemple du cancer de la prostate : le dépistage organisé par le dosage du PSA chez les hommes au delà entre … Continuer la lecture

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Jour 1 des pratiques médicales répandues françaises (et internationales) non fondées sur les preuves : Le dépistage du cancer du sein chez les femmes âgées de 50 à 74 ans sauve-t-il des vies ?

 Réponse : non.Voir le site Cancer rose pour plus d’informations (pertinentes).Autre question : combien de femmes en 2017 ont-elles participé à ce dépistage organisé gratuit (généralisé en France depuis 2004) ?  90 % 35 %49 %70 %Réponse … Continuer la lecture

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Cannabis et autres stupéfiants: tests de dépistage disponibles

Des tests de dépistage rapide salivaire et sanguin sont disponibles sur le marché. Des dosages peuvent également être effectués au niveau urinaire. Ces tests permettent de prouver qu’une personne a consommé telle substance psychoactive. Dans cert… Continuer la lecture

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L’INCa et le quotient magique

L’institut National du Cancer (INCa) est passé maître dans l’art de la communication, nous avions eu l’occasion d’en parler à diverses reprises. Les études épidémiologiques, les longs rapports documentés c’est bien, mais pour la comm ça ne marche pas. … Continuer la lecture

Publié dans chiffres, Dépistage, humeur | Commentaires fermés sur L’INCa et le quotient magique

Dépistage de la normalité

En 2014, résumant les dernières années de recherche, George Johnson osait affirmer « Le cancer n’est pas une maladie, c’est un phénomène ». Depuis une décennie, la biologie nous confirme que le cancer est l’évolution normale de toutes les lignées cellulaires. Chacune … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans ADN, biologie, cancer, Dépistage, Evolution, médecine | Commentaires fermés sur Dépistage de la normalité

LES PETITS PAS ?

Cinq ans déjà.Cela fait cinq ans qu’était régulièrement dénoncée en ces murs l’invitation faite aux femmes sans antécédent à réaliser une mammographie de dépistage dès l’âge de quarante ans en dehors de toute recommandation scientifique.Oui, dilatez- v… Continuer la lecture

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La santé un sujet toujours à part dans les médias, un exemple

J’écoute France Culture depuis mon post doc en Allemagne. J’aime beaucoup de nombreuses émissions. Les podcasts natifs sont une expérience intéressante et j’écoute régulièrement superfail. Je trouve le format court bien fait et guilla… Continuer la lecture

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Mammographie de dépistage, Cancer-Rose ne baisse pas les bras

Je relaie ici, la lettre que le collectif Cancer-Rose a envoyé à madame SCHIAPPA la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes. Pourquoi une telle lettre ? Pourquoi à cette ministre? Tout simplement car la dernière lettre à la m… Continuer la lecture

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Examens complémentaires prescrits lors des visites médicales

Les examens complémentaires prescrits dans le cadre des visites médicales de santé au travail par le médecin du travail, sont à la charge du service interentreprises de santé au travail, pour les entreprises qui adhèrent à un service de santé ou à la c… Continuer la lecture

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Lettre à L’INCA à propos du dépistage du cancer du sein

Je retransmets la lettre qu’un collectif vient d’adresser à la ministre de la santé et au directeur de l’INCA (Institut National du Cancer) Cette lettre est une lettre d’indignation car l’INCA, autorité d’état, en ch… Continuer la lecture

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LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT PLACÉ EN VIGILANCE ROSE ?


Depuis quatre ans, le dépistage systématique du cancer du sein des femmes sans facteur de risque proposé dès l’âge de quarante ans par une structure mobile dans l’Hérault est régulièrement questionné sur ce blog. Quelques éléments de réponse éclairants pour ne pas dire tourneboulants ont été récemment apportés.

Précisons que les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) comme les préconisations de l’Institut National du Cancer (INCa) invitent au dépistage par mammographie tous les deux ans les femmes sans facteur de risque âgées de cinquante à soixante-quatorze ansen les informant le plus clairement possible sur les tenants et aboutissants de cet examen.


Ce dépistage dès quarante ans ?

Il est logique de penser que plus on dépiste tôt, mieux c’est. Malheureusement, tel n’est pas le cas pour le cancer du sein avec cet examen dès cet âge du fait notamment des risques de surdiagnosticsou encore d’irradiationsrépétées.

Pour faire simple, la balance bénéfices / risques de cet examen en systématique chez les femmes entre quarante et cinquante ans est défavorable.
Outre l’âge en dehors des recommandations, le poids de la communication ?

La structure mobile questionnée dans l’Hérault est un camion qui sillonne les communes du département afin de faire bénéficier du dépistage pris en charge par l’assurance maladie les femmes de la tranche d’âge recommandée.

Pour les femmes plus jeunes, ce sont les communes hôtes qui financent l’examen. Et la communication autour de ce programme a de quoi interpeller à l’heure où les citoyennes sont en droit de recevoir une information la plus transparente possible.

Tout d’abord, on parle d’un mammobileet de mammotestce qui peut tromper l’œil non averti. Ni le courrier d’invitation, ni le site internet de l’association, ni le mammobile ne mentionnent clairement le terme « mammographie ».

Ensuite, on présente un examen « 100 % utile dès 40 ans », avec l’affirmation suivante « On a toutes à y gagner ». Ces formulations sont trompeuses.

Interpellé il y a quatre ans, l’INca alors dirigé par notre actuelle ministre de la santé avait sourcillé, reconnaissant je cite « quele programme national de dépistage organisé du cancer du sein porte sur la tranche d’âge 50-74 ans…

Pour la tranche d’âge 40-49 ans, les bénéfices attendus sont effectivement moindres alors que les risques sont plus élevés (cancers radio-induits, surdiagnostic)…

Nous considérons qu’il n’y a pas lieu, en l’état des évaluations et recommandations nationales actuelles, de proposer ni de soutenir un dépistage par mammographie à des personnes de 40-49 ans sans facteur de risque particulier, que ce soit ou non en mammobile…
Il revient à l’Agence régionale de santé (ARS) du Languedoc-Roussillon de se prononcer sur le sujet… »
Cette seule réponse de l’INCa vieille de quatre ans confirme que « 100 % utile dès 40 ans » pour des femmes qui « ont toutes à y gagner » sont des arguments qui en langage diplomatique vont à l’encontre des données scientifiques. En mode sans langue de bois, on parlerait plutôt d’affirmations mensongères.
Récemment, le sujet s’est retrouvé dans le viseur du site Dis-leur sous le titre : 

Cancer du sein : « Dépister en masse avant 50 ans, une hérésie ! »

L’article (malheureusement non en accès libre) donne la parole au Dr Cécile Bour, radiologue membre du collectif Cancer Rose qui pose bien la problématique exprimée dans le titre. De leur côté, les journalistes ont investigué et ce qu’ils ont relevé vaut son pesant de cacahuètes.

Tout d’abord, ce qui faisait sourciller l’INCa il y a quatre ans semble le faire sursauter aujourd’hui. Extrait : «Nous avons sursauté en constatant ces messages sur le Mammobile héraultais et sur l’invitation. On se bat justement pour qu’une information claire soit délivrée. » Dont acte. Avec une ancienne présidente désormais aux manettes du ministère de la santé qui n’a pas hésité à trancher au sujet de l’obligation vaccinale, les conditions sont réunies pour que le sursaut se propage jusqu’aux tabourets de l’Agence Régionale de Santé.

Ensuite parole est donnée aux défenseurs du dépistage par mammotest dès l’âge de quarante ans.

On y parle gratuité, complémentarité avec la radiologie privée, difficultés d’accès au dépistage dans certains quartiers, certaines communesSi ces arguments de justification peuvent s’entendre, d’autres semblent plus discutables comme le fait que ce dépistage soit historiquedans le département. J’ai un grand respect pour l’histoire, mais historiquement, on pratiquait la saignée, la purgation, etc… Puis ces pratiques furent abandonnées avant de devenir historiques justement. C’est intéressant d’observer comme d’une façon générale en médecine il est difficile de tirer un trait sur des pratiques pourtant néfastes pour les patients.

Enfin, à mon sens, la défense s’effondre littéralement lorsqu’elle invoque la RENTABILITÉ. Car voyez-vous, la rentabilité du mammobile n’est atteinte qu’à partir de trente personnes dépistées par jour. La seule façon d’obtenir ce quota est d’ouvrir la porte du camion rose aux femmes dès l’âge de quarante ans.

Si l’on suit cette logique, et avec un peu d’humour grinçant, on pourrait donc imaginer atteindre une bien meilleure rentabilité en ouvrant la porte du camion rose aux femmes dès trente ans, dès vingt ans… voire aux hommes… Rentabilité quand tu nous tiens. Où l’on voit que plus on pense rentabilité, moins on réfléchit scientifiquement, au point de se prendre les pieds dans le tapis.

La vigilance rose sur l’Hérault semble justifiée, d’autres pots aux roses restent peut-être à découvrir. 


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Des dépistages inutiles aux dépistages dangereux

La controverse sur les dépistages organisés des cancers ne cesse d’enfler. Après la prostate, voici le sein dont le dépistage de masse vient d’être définitivement mis à mal. Les administrateurs eux-mêmes estiment que son dépistage organisé sera abandonné dans 10 … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Et si l’obligation vaccinale n’était que le début?

Je viens de découvrir grâce à ma liste tweeter  un article de blog du BMJ ( British Medical Journal). Cet article, écrit par une ingénieure informatique,  a pour sujet l’obligation qu’ont les femmes uruguayennes à se soumettre à une mammographie de dépistage tous les 2 ans à partir de 40 ans. C’est le seul pays […] Continuer la lecture

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La santé nous submerge

Les plus fréquents thèmes de conversations impromptues de rue et de comptoir sont la météo et la santé, cette dernière a résolument pris le dessus, donnant aux thèmes médicaux une dimension sociale envahissante. Un jour, le journal de 20h révèle … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Quand détecter un cancer supplémentaire coute plus de 6 millions de dollars

La découverte d’une hématurie microscopique est un événement banal. Elle nécessite de réaliser un bilan pour identifier une cause. Avant de se jeter sur des examens paracliniques, il est raisonnable de s’assurer de la réalité de sa présence. Il faut … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Vinay Prasad sur les débats qui animent twitter

Vinay Prasad fait un travail magnifique d’éclaircissement sur un certain nombre de faits qui agitent les sphères de l‘oncologie, du dépistage, des traitements, du coût des traitements. Je ne le connais pas personnellement mais je lis ce qu’il écrit (il écrit beaucoup). Il nous enthousiasme sur le niveau de réflexion que des médecins, dans leur propre spécialité, ici l’hématologie et l’oncologie, peuvent atteindre  dans un système de santé aussi étranger au nôtre que celui des Etats-unis et nous déprime quant à l’absence de médecins critiques dans notre propre pays. @VinayPrasad82 pour le suivre sur twitter.

Voici la traduction d’un tweet qui m’avait bien plu. 

Le dépistage des cancers n’a jamais démontré sauver des vies, ce qui signifie améliorer la mortalité globale, et a des conséquences néfastes majeures incluant des faux positifs et des sur diagnostics et nous devons le juger par des preuves provenant d’essais randomisés. Voir ICI pour l’article original (sur abonnement) et LA pour un commentaire. [1]


Le coût des médicaments est hors de contrôle, il n’est pas régi par les forces traditionnelles du marché, il est mauvais pour les patients et la société, et des réformes sont nécessaires (LA).

La FDA états-unienne a assoupli les standards d’autorisation de mise sur le marché fondée sur des critères de substitution (ce qui, en soi, n’est pas la fin du monde) mais en les couplant avec l’abandon des études marketing post commercialisation, ce qui est mauvais pour les patients (ICI). [2]

Le financement de la recherche est majoritairement non fondé sur les preuves et arrose de façon disproportionnée les mêmes fausses  idées et les mêmes personnes (LA). [3]

L’oncologie de précision et les autres « traitements personnalisés » paraissent magnifiques mais manquent de données robustes issues d’essais randomisés.  Le seul essai dont nous disposons est négatif ( LA). [4]

Les nouvelles molécules sont souvent annoncées comme des miracles mais la réalité est typiquement qu’il y a un certain nombre de réserves majeures, de distorsions dans le protocole, des biais et des manipulations derrière tout cela (ICILA, et encore LA). [5]

Les conflits d’intérêts sont vraiment un problème. 

Notes.

[1] Rappelons qu’en France les résistances sont fortes et que l’INCa a exercé des pressions intolérables pour que l’on n’abandonne pas en rase campagne le dépistage organisé du cancer du sein.
[2] les études post marketing (après commercialisation) ne paraissent pas devoir être très conclusives puisqu’elles sont menées dans l’immense majorité des cas par l’industrie pharmaceutique voir ICI ; mais, pire encore, quand les études post commercialisation montrent des résultas négatifs, les produits ne sont pas retirés du marché.
[3] Les recherches sont menées en fonction des marchés porteurs (nombre de patients putatifs élevé) et/ou dans des marchés de niche où le faible nombre de patients traités sera dans un premier compensé par des prix très élevés et dans un second par une extension des indications (alias saucissonnage). Voir à ce sujet l’excellente communication de Marc-André Gagnon lors des Pilules Prescrire 2015 : ICI.
[4] L’oncologie de précision est pourtant considéré comme l’avenir de l’oncologie par tous les experts mais les experts sont surtout payés par l’industrie pour des opérations promotionnelles justifiant a priori une efficacité non démontrée et l’obtention de prix faramineux.
[5] Big Onco organise une messe annuelle sous le patronage de l’ASCO durant laquelle elle fait du pré marketing à base d’abstracts aux résultats rarement confirmés, de communications tronquées et truquées à laquelle est convié le gratin des oncologues et le gratin des journalistes internationaux.

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UN GRAIN DE SABLE DANS LA CHAUSSURE DE ?

Trois jours avant l’heure fatidique de souffler ses quarante bougies, une femme que je connais plutôt bien m’a transmis l’invitation qu’elle venait de recevoir.

La voici : 

Celles et ceux qui fréquentent ce blog connaissent ma position au sujet de ce dépistage systématique avant cinquante ans. L’important n’est pas mon avis mais celui des institutions officielles.

Par exemple, allons voir ce qu’on peut lire sur le site de l’Institut National du Cancer :

Tout est là : http://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Se-faire-depister/Depistage-du-cancer-du-sein/Vous-avez-moins-de-50-ans


Autre institut officiel et garant des recommandations et bonnes pratiques médicales en France, la Haute Autorité de Santé :



On trouve sur le site de la HAS une note de cadrage sur ce thème datant de mars 2013 : 



Voilà sa conclusion sur la mammographie de dépistage systématique chez la femme de 40 à 49 ans :


 

A la lecture des écrits de ces deux hautes institutions nationales, inutile de dire qu’il semble aisé de décliner l’invitation à se rendre près du boulodrome, avenue de l’Égalité… Il est si clair que pendant que des mecs jouent aux boules, on jouerait aux apprentis sorciers avec les seins des femmes.

Pourtant, tout n’est pas si simple car nous n’avons pas tous accès au même niveau d’information et d’éclaircissement.

Et on pourrait avant tout se poser la question suivante : non mais attendez, la position officielle est claire alors comment se fait-il que l’on propose ce dépistage qui serait inefficace mais surtout potentiellement dangereux ?

Allons un peu plus loin.

Nouveau Président, nouveau gouvernement, nouvelles méthodes ? En marche toute !

La santé.

Un médecin à la santé.

Une nouvelle ministre de la santé a été nommée, professeure de médecine, hématologue.

La presse semble emballée par ce gouvernement et cette ministre au parcours sans faille.

Agnès Buzyn, notre nouvelle ministre de la santé fut avant-hier Présidente de l’Institut National du Cancer (2011-2016).

Hier elle était Présidente de la HAS (2016-2017).

La voilà depuis le 17 mai 2017 ministre des Solidarités et de la Santé.

Qu’a fait le Docteur Buzyn pour freiner les femmes de 40 à 49 ans en marche vers les mammobiles pour se soumettre à un dépistage inutile voire dangereux comme le signalent les deux institutions qu’elle a présidées ?

Rien lorsqu’elle était à la tête de l’INca.

Pas plus lorsqu’elle était à la tête de la HAS.

Osera-t-elle enfin enclencher la marche arrière sur ce sujet désormais qu’elle est en charge du ministère des Solidarités et de la Santé ?

Rien n’est moins sûr car je crains qu’elle ne sente ce microscopique grain de sable dans sa chaussure de ministre en marche toute. 




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Cancer vaincu par la banalité

Depuis quelques années, la frénésie du dépistage a multiplié les diagnostics de cancer, jusqu’à créer un insoluble problème de terminologie. Nul ne sait plus comment différencier un cancer dépisté qui ne se serait jamais manifesté, d’un cancer qui s’est manifesté … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Dépistage du cancer du colon : c’est au citoyen de décider.

Le dernier billet de Dominique Dupagne, le champion de la médecine participative (i.e. collaborative, i.e. de l’intelligence collective), dit, me semble-t-il, la médecine ICI d’une façon mandarinale ou plutôt dit le dépistage organisé du cancer colorectal par la pratique de la détection de sang fécal d’une façon curieuse (Je suis convaincu que les inconvénients de ce test pèsent peu face au bénéfice apporté aux patients.) alors qu’à mon sens il eût été beaucoup plus profitable pour tous qu’il prît l’exemple de CE dépistage pour donner la parole au citoyen (n’oublions pas le point fondamental : le dépistage concerne des gens non malades).

Alors que le narratif tient essentiellement à ceci : 
  1. J’ai été le grand gourou de la démolition du dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA, on ne peut donc pas m’accuser d’être partial et d’être un célébrant de l’Eglise de Dépistologie.
  2. La diminution de la mortalité globale n’est pas un critère intangible, il faut savoir déconstruire les vaches sacrées.
  3. A partir du moment où les effets indésirables du dépistage sont minimes ou quasiment nuls, tout est permis.
  4. Dépistons donc allègrement.
Comme il s’agissait d’un article « participatif » certains ont participé. D’autres, voyant que la participation n’entraînait aucun changement dans le texte, n’ont pas participé.
Voyons un peu ce qui aurait pu être précisé.

  1. Le problème du sur diagnostic n’est pas abordé mais il est rarement mentionné dans les essais cliniques, fussent-ils menés en théorie selon des protocoles validés : une des difficultés tient aussi au diagnostic d’adénome à haut risque pour lesquels l’histoire naturelle est incertaine. Peut-on parler de sur diagnostic pour un adénome dit à haut risque alors que l’on ne sait pas le nombre de ceux qui sont bénins (voir la note 9) ? Mais on peut lire ceci : « According to The Medical Letter, the new DNA stool test “detected 92% of cases of colorectal cancer in asymptomatic average-risk persons, but it detected less than half of advanced precancerous lesions and produced a substantial number of false-positive results.”« 
  2. La notion d’échec du test n’est pas mentionnée, ce qui est une donnée forte pour l’information des citoyens : « High-sensitivity gFOBT (Hemoccult SENSA; Beckman Coulter) has a sensitivity of 62% to 79% and a specificity of 87% to 96% for detecting colorectal cancer« . Mais les schémas de JB Blanc (cf. infra et son blog : ICI) pourront nous éclairer et les informations fournies par Jaddo et Hipparkhos également (LA).
  3. La notion de dépistage organisé et d’objectifs populationnels est absente, ce qui renvoit au dépistage individuel (les recommandations européennes indiquent qu’il faut obtenir 45 % de participation et les recommandations états-uniennes indiquent 60 %). Ainsi pourrait-on faire un parallèle avec ce que disent les urologues à propos du PSA : le dépistage organisé n’est pas à faire mais le dépistage individuel est indispensable.
  4. Les résultats sont présentés en chiffres relatifs (mortalité liée à la maladie) et non en chiffres absolus (mortalité globale), ce qui nous rappelle les grandes heures de la désinformation sur l' »efficacité » de la mammographie dans le dépistage du cancer du sein, par exemple. Rappelons que dans les grands essais de dépistage en cancérologie quand il existe une diminution concomitante de la mortalité globale et spécifique, c’est la mortalité globale qui diminue le plus, ce qui pose de sérieuses questions (LA) !
  5. La notion de groupes d’âge est absente alors qu’elle est fondamentale dans l’appréciation des résultats. Les chiffres (français) indiquent que la moyenne d’âge de survenue du CCR est de 72 ans chez l’homme et de 75 ans chez la femme et l’USPSTF américain précise : « Empirical data from randomized trials on outcomes of screening after age 74 years are scarce.« Il est évident que c’est un point capital dans le sens du dépistage puisque les cancers du colon sont « lents ». L’infographie de JB Blanc est éclairante.
  6. Le chapitre complication de la coloscopie est minimisé : « perforation (1/1 000 environ), hémorragie (1/1 000 environ), mortalité (1/10 000) » ce qui, pour une prévision optimale de 1 M de coloscopies par an représente donc respectivement 1000 perforations, 1000 hémorragies et 100 décès pour la France entière en un an (voir LA). Et nous ne parlons pas des effets cumulés sur le temps.
  7. La mortalité globale n’est pas réduite, voire augmentée : contrairement à ce qui est affirmé, ce n’est pas un essai qui l’affirme mais une revue de trois essais (ICI)
  8. Le chapitre prévention est absent or il appert que la prévention aurait plus d’efficacité que le dépistage. Mais cette notion d’efficacité est niée par l’auteur qui écrit « je considère que l’efficacité d’un dépistage est un élément peu important pour son évaluation !  » Quelques facteurs de risque : «  sédentarité, obésité, alcool, viande rouge, consommationde fibres alimentaires, tabac, et » Voir LA et ICI.
  9. Jaddo et Hipparkhos ont écrit un texte éclairant à propos surtout de l’ancien hemoccult qui répond en partie au point 2 : « Et effectivement, le test de recherche de sang est caractérisé par une faible sensibilité (inférieure à 50%) et une très faible valeur prédictive (inférieure à 10%), voir par exemple Bleiberg 2002 qui dénonçait à l’époque pour ces raisons l’usage de ce test. Cela signifie que seule une coloscopie de vérification sur dix confirme la présence d’un cancer, et la moitié des cancers ne sont pas détectés au dépistage.« La moitié des cancers ne sont pas diagnostiqués au dépistage. Comme le rappelait Siary dans les commentaires du billet de Dominique Dupagne le nouveau test (qui a été étalonné ad hoc) et ce que disent J et H : « et il est de manière standard pratiqué de façon à avoir deux fois plus de positifs que l’hemoccult, donc environ 5% de tests positifs au lieu de 2,5 % (ce taux est donc un choix de la part des promoteurs du test). Cela présente l’inconvénient de faire pratiquer deux fois plus de coloscopies, et donc d’engorger un peu les services concernés, et d’augmenter en proportion les effets indésirables. In fine, on a un peu moins de deux fois plus de diagnostics confirmés de cancer, avec des stades similaires : le test est donc plus sensible (par choix) mais moins spécifique (du fait ce choix de sensibilité). Un petit calcul montre qu’on peut s’attendre à un effet sur la mortalité globale sans doute moins bon qu’avec l’hemoccult, puisqu’on a plus augmenté les effets indésirables (y compris la mortalité pour autres causes) qu’on a diminué la mortalité spécifique…« 
  10. On peut désormais aborder le problème central : la décision partagée. L’accumulation de ces informations ne peut être expliquée de façon simple et courte lors d’une consultation (et ce d’autant plus que le patient nous tend souvent sa convocation au dépistage en fin de consultation et qu’il faut non seulement informer mais aussi expliquer comment ça fonctionne). Personnellement je fais revenir les gens.
  11. Petit point mais oh combien déterminant : dans le cancer du colon, et comme toujours en cancérologie, mais pas que, le résultat des courses est éminemmen opérateur dépendant (i.e. le chirurgien et, dans une moindre mesure le gastro-entérologue).
  12. Si vous relisez le texte de Dominique Dupagne vous remarquerez en outre que tous les éléments que je commente « y sont » mais qu’ils ne sont pas tous mis en valeur.

Pour finir, mais il faudrait un billet entier, la comparaison avec l’efficacité du frottis du col utérin comme geste de dépistage du cancer du col est assez peu crédible. Ce sujet est sensible. Je rapporte seulement cette phrase de Margaret McCartney : « Les femmes ont plus de chance d’avoir un test faux positif que d’avoir une espérance de vie prolongée. » dans « The patient paradox » (voir LA). N’oublions pas non plus deux choses à ce propos : le sur diagnostic et le sur traitement sont impressionnants (avec des conséquences majeures pour la femme : jadis l’hystérectomie était aussi banale que l’amydalegtomie, désormais le col est menacé).
CONCLUSION : 
Le billet de Dominique Dupagne est le contraire de la démarche participative, collaborative, intelligemment collective, et, en l’espèce, et d’ailleurs comme dans d’autres dépistages fussent-ils très discutés et discutables (prostate, sein), la décision doit revenir au CITOYEN informé. Et la pratique quotidienne de cet exercice est très difficile.

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Dépistage du cancer du colon : c’est au citoyen de décider.

Le dernier billet de Dominique Dupagne, le champion de la médecine participative (i.e. collaborative, i.e. de l’intelligence collective), dit, me semble-t-il, la médecine ICI d’une façon mandarinale ou plutôt dit le dépistage organisé du cancer colorectal par la pratique de la détection de sang fécal d’une façon curieuse (Je suis convaincu que les inconvénients de ce test pèsent peu face au bénéfice apporté aux patients.) alors qu’à mon sens il eût été beaucoup plus profitable pour tous qu’il prît l’exemple de CE dépistage pour donner la parole au citoyen (n’oublions pas le point fondamental : le dépistage concerne des gens non malades).

Alors que le narratif tient essentiellement à ceci : 
  1. J’ai été le grand gourou de la démolition du dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA, on ne peut donc pas m’accuser d’être partial et d’être un célébrant de l’Eglise de Dépistologie.
  2. La diminution de la mortalité globale n’est pas un critère intangible, il faut savoir déconstruire les vaches sacrées.
  3. A partir du moment où les effets indésirables du dépistage sont minimes ou quasiment nuls, tout est permis.
  4. Dépistons donc allègrement.
Comme il s’agissait d’un article « participatif » certains ont participé. D’autres, voyant que la participation n’entraînait aucun changement dans le texte, n’ont pas participé.
Voyons un peu ce qui aurait pu être précisé.

  1. Le problème du sur diagnostic n’est pas abordé mais il est rarement mentionné dans les essais cliniques, fussent-ils menés en théorie selon des protocoles validés : une des difficultés tient aussi au diagnostic d’adénome à haut risque pour lesquels l’histoire naturelle est incertaine. Peut-on parler de sur diagnostic pour un adénome dit à haut risque alors que l’on ne sait pas le nombre de ceux qui sont bénins (voir la note 9) ? Mais on peut lire ceci : « According to The Medical Letter, the new DNA stool test “detected 92% of cases of colorectal cancer in asymptomatic average-risk persons, but it detected less than half of advanced precancerous lesions and produced a substantial number of false-positive results.”« 
  2. La notion d’échec du test n’est pas mentionnée, ce qui est une donnée forte pour l’information des citoyens : « High-sensitivity gFOBT (Hemoccult SENSA; Beckman Coulter) has a sensitivity of 62% to 79% and a specificity of 87% to 96% for detecting colorectal cancer« . Mais les schémas de JB Blanc (cf. infra et son blog : ICI) pourront nous éclairer et les informations fournies par Jaddo et Hipparkhos également (LA).
  3. La notion de dépistage organisé et d’objectifs populationnels est absente, ce qui renvoit au dépistage individuel (les recommandations européennes indiquent qu’il faut obtenir 45 % de participation et les recommandations états-uniennes indiquent 60 %). Ainsi pourrait-on faire un parallèle avec ce que disent les urologues à propos du PSA : le dépistage organisé n’est pas à faire mais le dépistage individuel est indispensable.
  4. Les résultats sont présentés en chiffres relatifs (mortalité liée à la maladie) et non en chiffres absolus (mortalité globale), ce qui nous rappelle les grandes heures de la désinformation sur l' »efficacité » de la mammographie dans le dépistage du cancer du sein, par exemple. Rappelons que dans les grands essais de dépistage en cancérologie quand il existe une diminution concomitante de la mortalité globale et spécifique, c’est la mortalité globale qui diminue le plus, ce qui pose de sérieuses questions (LA) !
  5. La notion de groupes d’âge est absente alors qu’elle est fondamentale dans l’appréciation des résultats. Les chiffres (français) indiquent que la moyenne d’âge de survenue du CCR est de 72 ans chez l’homme et de 75 ans chez la femme et l’USPSTF américain précise : « Empirical data from randomized trials on outcomes of screening after age 74 years are scarce.« Il est évident que c’est un point capital dans le sens du dépistage puisque les cancers du colon sont « lents ». L’infographie de JB Blanc est éclairante.
  6. Le chapitre complication de la coloscopie est minimisé : « perforation (1/1 000 environ), hémorragie (1/1 000 environ), mortalité (1/10 000) » ce qui, pour une prévision optimale de 1 M de coloscopies par an représente donc respectivement 1000 perforations, 1000 hémorragies et 100 décès pour la France entière en un an (voir LA). Et nous ne parlons pas des effets cumulés sur le temps.
  7. La mortalité globale n’est pas réduite, voire augmentée : contrairement à ce qui est affirmé, ce n’est pas un essai qui l’affirme mais une revue de trois essais (ICI)
  8. Le chapitre prévention est absent or il appert que la prévention aurait plus d’efficacité que le dépistage. Mais cette notion d’efficacité est niée par l’auteur qui écrit « je considère que l’efficacité d’un dépistage est un élément peu important pour son évaluation !  » Quelques facteurs de risque : «  sédentarité, obésité, alcool, viande rouge, consommationde fibres alimentaires, tabac, et » Voir LA et ICI.
  9. Jaddo et Hipparkhos ont écrit un texte éclairant à propos surtout de l’ancien hemoccult qui répond en partie au point 2 : « Et effectivement, le test de recherche de sang est caractérisé par une faible sensibilité (inférieure à 50%) et une très faible valeur prédictive (inférieure à 10%), voir par exemple Bleiberg 2002 qui dénonçait à l’époque pour ces raisons l’usage de ce test. Cela signifie que seule une coloscopie de vérification sur dix confirme la présence d’un cancer, et la moitié des cancers ne sont pas détectés au dépistage.« La moitié des cancers ne sont pas diagnostiqués au dépistage. Comme le rappelait Siary dans les commentaires du billet de Dominique Dupagne le nouveau test (qui a été étalonné ad hoc) et ce que disent J et H : « et il est de manière standard pratiqué de façon à avoir deux fois plus de positifs que l’hemoccult, donc environ 5% de tests positifs au lieu de 2,5 % (ce taux est donc un choix de la part des promoteurs du test). Cela présente l’inconvénient de faire pratiquer deux fois plus de coloscopies, et donc d’engorger un peu les services concernés, et d’augmenter en proportion les effets indésirables. In fine, on a un peu moins de deux fois plus de diagnostics confirmés de cancer, avec des stades similaires : le test est donc plus sensible (par choix) mais moins spécifique (du fait ce choix de sensibilité). Un petit calcul montre qu’on peut s’attendre à un effet sur la mortalité globale sans doute moins bon qu’avec l’hemoccult, puisqu’on a plus augmenté les effets indésirables (y compris la mortalité pour autres causes) qu’on a diminué la mortalité spécifique…« 
  10. On peut désormais aborder le problème central : la décision partagée. L’accumulation de ces informations ne peut être expliquée de façon simple et courte lors d’une consultation (et ce d’autant plus que le patient nous tend souvent sa convocation au dépistage en fin de consultation et qu’il faut non seulement informer mais aussi expliquer comment ça fonctionne). Personnellement je fais revenir les gens.
  11. Petit point mais oh combien déterminant : dans le cancer du colon, et comme toujours en cancérologie, mais pas que, le résultat des courses est éminemmen opérateur dépendant (i.e. le chirurgien et, dans une moindre mesure le gastro-entérologue).
  12. Si vous relisez le texte de Dominique Dupagne vous remarquerez en outre que tous les éléments que je commente « y sont » mais qu’ils ne sont pas tous mis en valeur.

Pour finir, mais il faudrait un billet entier, la comparaison avec l’efficacité du frottis du col utérin comme geste de dépistage du cancer du col est assez peu crédible. Ce sujet est sensible. Je rapporte seulement cette phrase de Margaret McCartney : « Les femmes ont plus de chance d’avoir un test faux positif que d’avoir une espérance de vie prolongée. » dans « The patient paradox » (voir LA). N’oublions pas non plus deux choses à ce propos : le sur diagnostic et le sur traitement sont impressionnants (avec des conséquences majeures pour la femme : jadis l’hystérectomie était aussi banale que l’amydalegtomie, désormais le col est menacé).
CONCLUSION : 
Le billet de Dominique Dupagne est le contraire de la démarche participative, collaborative, intelligemment collective, et, en l’espèce, et d’ailleurs comme dans d’autres dépistages fussent-ils très discutés et discutables (prostate, sein), la décision doit revenir au CITOYEN informé. Et la pratique quotidienne de cet exercice est très difficile.

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