Archives de catégorie : Choix

Hypochondrie tranchée

Vertiges et frissons : ainsi, je suis malade. Étonnante affliction que dès lors, je balade, Où sans le moindre froid mon échine s’agite, Et ce grand désarroi ? Et mon cœur qui palpite ? Doctoresse Raison, que penser de ces signes ? Le syndrome … … Continuer la lecture

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La valse des EHPAD (2)

Trois appels pour trois entretiens, la chance me sourit ! C’est donc armée de mes CV et de toute ma bonne volonté que je me suis pointée dans trois EHPAD radicalement différents.
EHPAD numéro un, pour un remplacement d’un mois à temps plein : c’est à quarante minutes environ de chez moi, mais la route se fait facilement. L’environnement est paradisiaque, au calme, à deux pas de la mer… Les bâtiments sont beaux, bordés par un grand parc… Il y a un piège, mais où ? Je ne tarde pas à comprendre : le poste est merdique. Pour un remplacement d’un mois, je dois faire trois week-end en 7h-20h. Oui oui, vous avez bien lu, 7h-20h ! Mais attentions hein, il y a trois coupures, me dit la cadre en souriant. Ben voyons, trois coupures, c’est tellement plus pratique ! Comme ça on est sûr que l’aide-soignante dévouée n’est pas partie trop loin et reste disponible même pendant ses temps de pause. Et la prime de dimanche, on en parle ? Attention, sortez les mouchoirs et les calculettes, la merveilleuse prime de dimanche pour avoir l’exquis privilège d’effectuer ces horaires de rêve est de… tadam… seize euros !!! Youpiiiiiiii ! Oserais-je vous parler du salaire ? Sachez que pour avoir le bonheur d’exercer dans cet établissement, une aide-soignante diplômée d’état gagne onze euros de plus qu’un agent de soins non diplômé. Voilà. Dix mois de formation, dont 24 semaines de stage, ça fait onze euros de plus-value. C’est toujours bon à savoir. Cerise sur le gâteau, ou mouche sur la protection usagée, comme vous voulez, mon nom est déjà inscrit sur le planning quand j’arrive. Mouais, apparemment ils ont du mal à recruter par ici non ? Précision utile, ce merveilleux établissement bon chic bon genre, qui accueille même un ancien ministre me dit fièrement la cadre (merci pour le secret professionnel, je n’avais pas besoin de connaître cette information), fait partie d’un groupe privé qui fait 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. J’attends donc avec une impatience non dissimulée le jour où tous ces riches actionnaires n’auront d’autre choix que de venir se faire soigner par du personnel épuisé et sous-payé. En attendant ce jour, je décide de partir en courant et de refuser poliment cette offre pourtant si alléchante (refus poli, oui, parce qu’on ne sait jamais, le chômage guette aussi les aides-soignants).
EHPAD numéro deux, pour un remplacement d’été à temps partiel pouvant évoluer (fonction publique territoriale) : gros avantage, il est à dix minutes de chez moi. Bâtiments vieillots mais chambres spacieuses car c’est un ancien foyer-logement. Rencontre avec une cadre absolument merveilleuse. Récemment arrivée dans l’établissement, elle se pose tout un tas de questions sur la bientraitance, l’analyse des pratiques professionnelles, l’éthique… On parle de respect, d’humanitude, de projets de vie. On parle de plein de choses et je me sens bien. Il y a de la bonté dans son regard et de la sincérité dans sa voix. Je me surprends à rêver. Et si je travaillais ici, dans cet établissement territorial tout près de chez moi, avec cette cadre si engagée ? Arriver juste au moment où les choses bougent, travailler dans un esprit d’analyse et de remise en question des pratiques, n’est-ce pas le poste idéal pour la rêveuse que je suis ? Le rêve me semble trop beau, où est le piège ?
EHPAD numéro trois, pour un remplacement de durée indéterminée à temps plein : loin de chez moi (presque une heure sur des petites routes) mais je voulais vraiment aller voir car j’en avais entendu beaucoup de bien. L’entretien ne m’a pas déçue. Un vrai projet d’établissement avec des vrais projets de vie, des soins et des animations centrés sur les besoins des personnes et non sur ceux de l’équipe (oui, l’équipe a des besoins, je l’ai appris à mes dépens). Une cadre intéressée par le côté double-compétence de mon CV (il faut bien que mon vieux diplôme de monitrice-éducatrice me serve à quelque chose)… Mise à part la route, où est le piège ?
Trois EHPAD, trois postes radicalement différents. Et, coup de bol, trois embauches possibles alors que je n’ai pas encore le diplôme… Il y a forcément un piège !
La suite bientôt (pas dans deux mois, promis)

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Sur la route de Médecine

♦ J’ai 3 ans et quand je serai grand je serai éboueur ! Le matin des poubelles, je dévale les escaliers en slip et, en attendant que mon chocolat chauffe, je grimpe sur la chaise et me poste à la fenêtre … Lire la suite Continuer la lecture

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Un brin de Causette

Chère Causette, chère Pauline Marceillac, Je suis pédiatre, femme, mère, lectrice. Ce mois-ci, comme parfois, j’ai acheté Causette. Parce que j’en aime bien le ton, le contenu, parfois même les partis pris. Mais ce mois-ci, aussi, il y a un … Lire la suite Continuer la lecture

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Une histoire de choix (1)

Avril 1999. 
À l’époque je suis « aide-éducatrice » en crèche parentale, ce qui pompeusement veut dire « contrat aidé mi-temps précaire » en crèche parentale. J’aime ce que je fais et je me suis inscrite à un concours qui me permettrait de continuer dans cette voie : éducatrice de jeunes enfants. Les écrits sont passés, les oraux aussi, j’attends maintenant les résultats. J’ai profité d’une semaine de congés pour partir en Vendée avec ma mère. Nous ne le savons pas encore mais ce sont nos dernières vacances ensemble, le cancer aura sa peau dans quelques mois. Nous sommes aux Sables d’Olonne, il fait presque beau et ma mère va presque bien, nous passons de bonnes vacances. Jusqu’à ce que mon colocataire m’appelle sur le portable de ma mère. L’institut de formation a laissé un message sur le répondeur, je suis convoquée le jeudi pour un entretien supplémentaire afin de départager les candidats. Nous sommes mardi. Panique à bord.
Je rappelle aussitôt, j’explique que je suis en congé, loin de chez moi, et que là, pour jeudi, ça risque de pas être possible. La secrétaire est intraitable. C’est jeudi, point.
Je ré-explique. Je suis en congé, loin de chez moi, avec ma mère malade, et pour jeudi ça va pas être possible. La secrétaire ne lâche rien. C’est jeudi, point.
Je ré-ré-explique. Je suis en congé, loin de chez moi, avec ma mère malade qui n’a pas de voiture et qui ne pourra pas rester toute seule parce que okay, elle va presque bien, mais c’est quand même pas la grande forme non plus, donc il faudrait d’abord que je la ramène à Paris (en train) puis que je rentre à Toulouse (en train) et bon, ça va un peu lui gâcher ses vacances quand même, surtout qu’après elle repart pour une chimio, alors honnêtement, est-ce que ça serait pas possible, en demandant gentiment, de décaler un peu l’entretien surprise, entretien qui, je précise, n’avait été évoqué nulle part, afin de permettre à ma mère malade de profiter un petit peu de cette parenthèse au bord de la mer avec sa fille? Cela n’attendrit pas la secrétaire. Soit je viens jeudi passer mon entretien, soit je perds ma place et je n’ai plus qu’à retenter le concours l’an prochain.
Je suis face à un mur. Ma mère, restée à côté, semble se résigner. Elle sait que c’est important, ce concours, qu’il me permettrait de passer un diplôme, d’avoir un travail qui me plaît vraiment, alors elle me dit que tant pis, on n’a qu’à changer les billets de train et rentrer plus tôt, tant pis pour les vacances, tant pis pour le temps passé ensemble, ce temps qui nous manque tellement le reste de l’année, parce qu’elle est à Paris et moi à Toulouse. Et moi, je la regarde, ma mère, avec ses quarante kilos, sa perruque, et les marques tatouées pour la radiothérapie, je regarde cette femme malade depuis des mois, qui lutte seule, qui ne se plaint jamais, et qui, malgré tout ça, continue à m’encourager, à penser à moi, à me faire passer avant elle. Et en la regardant, je me dis que non, c’est trop con, on ne sera peut-être plus jamais là, toutes les deux, en vacances au bord de la mer.
Alors je baisse la voix et, calmement, je raconte tout ça à la secrétaire intransigeante. Réponse cinglante de cette dernière :
« Dans la vie, Mademoiselle, il faut faire des choix! »
Je dois donc choisir entre ma mère et mon concours. Choisir entre ce que j’ai et ce que je veux. Choisir entre le présent qui file entre mes doigts et l’avenir que je désire.

Le choix que j’ai fait? Je vous le raconterai demain. Mais vous, qu’auriez-vous fait à ma place? Continuer la lecture

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Marc et sophismes

Perruche en Automne, dans cet excellent billet, présente les arguments fallacieux que les partisans des médecines alternatives utilisent pour défendre leur pratique. Un argument fallacieux, c’est un raisonnement faux. Un sophisme. Un argumentaire qui a l’air vrai, mais qui, si … Lire la suite Continuer la lecture

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La mort en face

Quand j’étais en P2, flottant gaiement dans ma blouse taille 5, j’ai vu mon premier mort. Il était dans la 3ème chambre à gauche. La porte était ouverte quand j’étais passée  le matin. Il s’appelait Monsieur F. Je ne sais … Lire la suite Continuer la lecture

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Les crocodiles de Central Park sont tristes le mercredi

C’était une consultation banale pour moi, mais pas pour lui. Il ne voulait plus consulter pour ça et puis il s’est laissé convaincre, par un inconnu dans le métro ligne 9. Un inconnu qui lui a dit : « J’ai vu la dame … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Apparence, Après la thèse, Balance bénéfice/risque, Choix, Corticoïdes topiques, Crocodile, Décision médicale partagée, dépression, Dermatologie, Dr Grégory House, Estime de soi, gravité, handicap, Histoire de patient, Immunosuppresseurs, impuissance, Intimité, Ligne 9, Maladie de Verneuil, Médecines alternatives, Nathalie Kosciusko-Morizet, Photothérapie, Psoriasis, qualité de vie, Relation médecin-malade / soignant-soigné, Sophie Davant | Commentaires fermés sur Les crocodiles de Central Park sont tristes le mercredi