Archives de catégorie : chirurgie

Chirurgie du sein : le directeur de l’assurance maladie dénonce des inégalités de mortalité

Bonjour 5 juillet 2018. Nicolas Revel est l’invité matinal de RTL (Elisabeth Martichoux). Les auditeurs et les auditrices connaissent mal cet homme de 51 ans, fils de Jean-François Revel et de la journaliste Claude Sarraute, et frère du moine Matthieu Ricard. Ancien porte-parole, puis directeur de cabinet de Bertrand Delanoë  maire de Paris, pui promu conseiller maître à la Cour […] Continuer la lecture

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Quand la constipation relève de l’urgence médicale

L’histoire est celle d’un Australien de 57 ans qui se présente aux urgences pour des douleurs abdominales ayant débuté il y a trois jours et qui s’intensifient, un abdomen distendu, des nausées et une constipation. Depuis la veille, il ne … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Drogues : en France les morts par overdoses peuvent aider à réparer les vivants

  Bonjour Tragédie et paradoxes. La dramatique épidémie d’overdoses médicamenteuses par opiacés aux Etats-Unis a permis d’augmenter le nombre d’organes disponibles pour les greffes – et ce sans risque majeur pour les receveurs. Tel est l’enseignement apporté à la communauté médicale par les six auteurs d’une correspondance publiée dans The New England Journal of Medicine. Ces auteurs […] Continuer la lecture

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Corps étranger intra-rectal : voie sans issue pour une aubergine de 20 cm


La lecture des revues médicales internationales est décidément riche en surprises dès lors qu’il s’agit de cas cliniques relatant la présence d’un corps étranger dans une cavité naturelle de l’organisme. Celui rapporté par des gastroentérologues japonais dans le numéro d’avril … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Il se fracture la verge pour la troisième fois

Même si l’organe ne comporte aucun os, les urologues parlent de fracture de verge pour désigner la rupture des corps caverneux du pénis quand celui-ci est en érection. Il s’agit d’une lésion rare. C’est un cas exceptionnel que rapportent des … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Greffes : une victoire française dans la guerre des trachées.

Aller chercher des pièces détachées de rechange dans le corps lui-même, c’est ce que depuis 2009 une équipe chirurgicale française a réalisé. Ces spécialistes ont pu ainsi réparer des trachées artères et des segments de bronche à partir d’un morceau &#… Continuer la lecture

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Corps étrangers : tout ce que l’on peut trouver dans l’appendice

Lorsqu’une personne ingère un corps étranger, celui-ci transite dans l’appareil digestif pour être finalement évacué par les voies naturelles dans près de 80 % des cas. Une extraction endoscopique (sous contrôle visuel) est nécessaire dans environ 20 % des cas … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Première mondiale : une greffe de pénis et de scrotum a été pratiquée aux Etats-Unis

Bonjour C’est une première chirurgicale mondiale dont parlent, sans trop de précisions, quelques radios françaises matinales. On est plus clair dans les médias anglo-saxons. « US soldier gets world’s first penis and scrotum transplant » titre la BBC. Et, pour The New York Times : « ‘Whole Again’: A Vet Maimed by an I.E.D. Receives a Transplanted Penis » – […] Continuer la lecture

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Découverte anatomique : le corps humain est encore plus perfectionné que ce que l’on croyait

  Bonjour Vous croyez tout savoir sur le corps humain, ses 206 os et ses 639 muscles (dont, comme vous le savez, 570 sont « squelettiques ») ? Alors il vous faut lire, dans Scientific Reports : « Structure and Distribution of an Unrecognized Interstitium in Human Tissues ». Un groupe dirigé par Neil D. Theise (Department of Pathology, Mount Sinai Beth […] Continuer la lecture

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Humour médical : quand la recherche biomédicale et la médecine se mettent en scène

Cette semaine, je vous invite à découvrir un billet de blog très différent de ceux que je vous propose habituellement. Il comporte des vidéos amusantes, drôles, hilarantes, ayant pour thème la recherche biomédicale, les études de médecine, le monde hospitalier, … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans ADN, biologie, Biologie humaine, biologie médecine, chercheur, chercheurs, chirurgie, cinéma, clip, CRISPR, démarche diagnostique, diagnostic, Dr House, DSM 5, Études de médecine, études médicales, étudiant en médecine, Externe, faculté de médecine, Gènétique, génome, génomique, Hôpital, Humour, Humour médical, infirmier, interne, médecine, Médecine d'urgence, médecine interne, Médecine légale, musique, parodie, police scientifique, postdoc, psychiatrie, recheche, recherche biomédicale, Recherche translationnelle, Science, série télé, série TV, séries TV, thésard, thésards, transplantation, troubles mentaux, Urgences, vidéo | Commentaires fermés sur Humour médical : quand la recherche biomédicale et la médecine se mettent en scène

L’homme aux neuf cancers

C’est un cas véritablement exceptionnel que rapportent des oncologues japonais dans un article publié le 4 janvier 2018 par la revue BMC Cancer. Aussi incroyable que cela puisse paraître, un homme a développé, sur une période de six ans, neuf … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Ces cancers qui régressent spontanément

C’est un événement rarissime que rapportent des chirurgiens de Singapour dans un article publié en décembre 2017 dans l’International Journal of Surgery Case Reports : la régression spontanée d’un cancer du pancréas chez un homme de 77 ans. Un tel phénomène … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Le Monde du 5 décembre 1967: « La greffe d’un cœur constitue un grand succès technique »

Bonjour C’était il y a un demi-siècle. A Paris les rotatives du sous-sol allaient bientôt, peu après midi, faire trembler l’auguste immeuble du 5-7 de la rue des Italiens. Avec une encre à peine sèche on lirait alors un titre teinté d’une prudente espérance : « La greffe d’un cœur constitue un grand succès technique ». Et sous […] Continuer la lecture

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Réparer les vivants : pourquoi le cœur artificiel français s’exile-t-il au Kazakhstan ?

Bonjour Attention, langage de communicant : « Paris, le 5 octobre 2017 – CARMAT concepteur et développeur du projet de cœur artificiel total le plus avancé au monde, visant à offrir une alternative thérapeutique aux malades souffrant d’insuffisance cardiaque biventriculaire terminale, annonce aujourd’hui avoir obtenu l’autorisation d’effectuer, dans le respect du protocole de l’étude PIVOT approuvé par […] Continuer la lecture

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Une femme de 53 ans vit avec un cœur qui bat depuis 91 ans

On aimerait lire plus souvent des cas cliniques comme celui rapporté par des cardiologues californiens dans la revue Transplantation Proceedings de septembre 2017. L’histoire débute en janvier 1994. Une femme de 30 ans, sans antécédent cardiaque, se plaint depuis plusieurs … Continuer la lecture Continuer la lecture

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« Le syndrome de la mule », lorsque le corps devient passeur de drogue

Hôpital de New Hyde Park, Etat de New York. Un homme de 55 ans se présente aux urgences se plaignant de tachycardie, d’hallucinations visuelles et d’une sensation de mort imminente. Accompagné d’un ami, il a convulsé lors du transport. A … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Quand le patient prend feu au bloc opératoire

Il peut se passer bien des choses imprévues au cours d’une intervention chirurgicale. J’avais relaté dans un précédent billet les cas de chutes accidentelles de la table d’opération. Ici, je vous raconte l’histoire de ce que les spécialistes appellent « … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Spumeuse

C’est le deuxième appel de la matinée. Je suis déjà en train de perfuser un veau au milieu des champs, en priant pour qu’il ne gueule pas vu que le troupeau entier nous entoure et que nous ne sommes protégés que par de minces fils de fer. Je décroche mon téléphone en posant mon genou sur l’encolure du veau pour le maintenir au sol tandis que l’éleveur, debout, tient la poche de perfusion en surveillant les vaches. Je discute un peu avec l’éleveur qui m’appelle. Il va falloir que j’y aille. Une fois que j’en aurais fini ici.

Une demi-heure plus tard, je gare ma voiture à l’ombre de l’avancée de toit du hangar, devant la rangée de cornadis. Mon chien, que je trimbale avec moi aujourd’hui, appréciera de ne ps rester au soleil… Les vaches sont dans les champs, sauf une. M. Louge, l »éleveur n’est nulle part, mais je n’ai pas besoin de lui pour identifier ma patiente. La blonde me regarde, immobile, tétanisée, son ventre enflé donne l’impression d’être prêt à exploser. Sa respiration est hachée, mais pas catastrophique. Elle oxygène bien. Je m’approche doucement de ses 500kg, et donne une tape appréciatrice sur la panse qui distend démesurément ce qui devrait être le creux de son flanc, à gauche. M. Louge arrive, flanqué de ses deux corniauds. Rouge de sueur.

– Je finissais de réparer les clôtures, désolé ! Ces abruties ont tout cassé et sont allées dans la luzerne, hier. Je les ai surveillées, elles vont toutes bien, sauf elle. Elle météorise ?

Elle météorise, oui. La panse est un réservoir gastrique d’une bonne centaine de litres, un mélange de ce que la vache avale – de l’herbe et beaucoup de salive – et du produit de sa rumination : ce qu’elle se renvoie dans la bouche pour le mâcher et le remâcher. Du liquide, des fibres, et des milliards de bactéries et de protozoaires, qui tournent en permanence dans cette énorme lessiveuse. Mais la machine est bloquée : parce qu’elle a abusé d’un aliment, la chimie de la panse s’est détraquée. D’abord, de la fermentation. Et à cause de la luzerne, très probablement, une mousse très dense. La luzerne contient des molécules qui favorisent l’apparition de cette mousse qui remplit tout et bouche le système en le distendant.

J’écoute le cœur. Impeccable. Température : normale. Je passe un long tuyau par sa bouche, direction la panse. Deux mètres de tuyau qui filent et s’enroulent là dedans, mais rien ne sort. Un argument de plus pour la mousse. Je saisis une grande aiguille, que je plante dans son flanc distendu en évitant son coup de pied vengeur. Le gaz s’échappe sous pression. Météorisation gazeuse, météorisation spumeuse… la première est de meilleur pronostic que la seconde, et là j’ai du gaz. Mais toutes les raisons du monde de penser qu’il y a de la mousse… De toute façon, il y a souvent les deux. Il faut relâcher la pression, rien n’ira bien, sinon. Je décide d’anesthésier un peu le flanc bombé. Un coup de scalpel, puis j’enfonce un trocart. Un genre de grosse vis creuse, qui va aller dans la panse et grâce à son énorme pas de vis, plaquer la paroi de la panse contre le péritoine, la membrane interne de la cavité abdominale, afin que les fluides souillés ne coulent pas (trop) dans le ventre. La manœuvre fonctionne, mais je suis déçu. Peu de gaz. Et toujours pas de mousse.

Je m’assieds sur le béton, contre le cornadis, pour observer un peu. La stabulation vide, avec le vieux fumier, très sec, qui attend d’être curé. Les deux corniauds, mélanges indéfinissables de chiens de chasse et de berger, qui halètent dans un coin, à l’ombre. Les mouches, par centaines. L’odeur un peu piquante du fumier sec et du bétail. M. Louge et son marcel, qui râle sur la météo, son tracteur, et les emmerdes qu’il a avec ses vaches. Je ne l’écoute pas vraiment, je me demande…

– Il y a une décision à prendre, là. Le tuyau et le trocart sont décevants. Ils ne suffisent pas. On vide du gaz, oui, mais pas assez. Sa panse ne peut pas se remettre à fonctionner avec une pression interne pareille. Elle risque de continuer à gonfler, puis de mourir. Assez vite. Bien sûr, je pourrais balancer tout un tas de produits dans le rumen avec le tuyau et une pompe. De quoi aider un peu la panse et calmer la formation d’acides. Mais… la mousse que j’imagine là-dedans, il est presque impossible de la détruire. Alors le reste ne servira pas à grand chose. On pourrait… Ouvrir. J’ouvre le ventre, comme pour une césarienne, je suture la panse au cuir, je l’incise sur dix centimètres et la saleté là-dedans s’évacue dehors sans se vider dans le ventre.

Il ouvre de grands yeux.

– Vous suturez avant, c’est pour que la merde ne coule pas dedans, c’est ça ?
– C’est ça. Enfin c’est la théorie.
– Et après ?
– Après on laisse ouvert.

Il me regarde, incrédule.

– Ça se referme comment ?
– Tout seul, en plusieurs semaines, voire mois. La dernière que j’ai faite a mis trois mois à se refermer. Mais elle va bien.
– Mais comment elle fonctionne, la panse, si ça reste ouvert ?
– Elle déborde. Mais pas tant que ça. Le contenu est semi-pâteux, et j’ouvre sur le haut. Ça marche. Et sur le court terme, surtout, ça évacue la pression et ça l’empêche de remonter. Je ne garantis pas qu’elle s’en sorte, il y a un risque non négligeable de péritonite. Mais si c’est bien comme je pense, là-dedans, c’est la seule chose à faire.
– Si vous en êtes sûr…

Sa voix traîne, et non, je n’en suis pas sûr. Mais c’est la seule chose logique à faire, en l’état. Donc… on va y aller.

Alors je vais chercher ma boîte à césarienne, j’injecte un antibiotique, puis j’anesthésie le cuir et les muscles. Je désinfecte et je rase le poil du flanc, là où j’avais planté mon trocart. Je désinfecte à nouveau, et j’incise. La peau s’ouvre, puis ce sont les muscles qui s’écartent comme par magie devant ma lame. Tout au fond, la fine membrane du péritoine, et derrière, la panse qui bouge au gré de ses infructueuses contractions. J’incise le péritoine, puis je saisis la panse avec une très grosse pince, pour me faire un repère. Elle a beau ne pas fonctionner correctement, elle oscille de bien 8 cm vers l’avant de ma plaie. Ça ne va pas être pratique. Je pose un premier fil qui prend la panse, le péritoine et le cuir, et je noue. J’attends. Elle repart vers l’avant lors de la contraction suivante, déchirant la paroi de la panse là où j’avais passé mon fil.

M. Louge me pose des questions, hésitant. Je lui explique comment les choses fonctionnent, là-dedans. Un peu amer, et circonspect, il m’explique ne pas avoir fait l’école. Moi j’ai fait l’école, mais je n’ai compris que quand j’ai vu.

En tout cas, je ne vais encore pas pouvoir faire comme dans les cours. Le rumen est beaucoup trop tendu, c’est comme d’essayer d’attraper la paroi d’un ballon de baudruche surgonflé. Il faut le dégonfler pour y arriver.
Je perce la panse, y enfonce ma pince pour la saisir très largement. Le gaz et la mousse – il y avait bien de la mousse, je le savais – bloblopent un peu et souillent ma plaie, mais l’incision est trop petite pour que ce soit dangereux. Cette fois,je traverse tout en faisant une boucle à l’intérieur de la panse, et je fixe au muscle, qui suivra mieux le mouvement que le cuir. Ça tient. Un point de plus, juste au dessus. Un autre. Tout le côté gauche de ma plaie est fixé. Et maintenant… j’incise la panse, pour vider le gaz, lâcher la pression, ce qui me permettra de mieux prendre la paroi de la panse du côté droit. Il y a du jus de rumen qui coule dans les muscles, je rince, je désinfecte, même si ça ne sert à rien. Je peux passer un doigt dans la panse, j’en profite pour guider une aiguille et plaquer la panse contre le péritoine sur le bas de mon ouverture, pour éviter les souillures maintenant que la pression ne plaque plus tout partout. J’ouvre plus grand. Dix centimètres. La voilà, la mousse ! Elle jaillit de la panse sous pression, elle proufe et elle blote, elle jaillit au fil des contractions, se déverse au sol où elle s’accumule en une montagne verdâtre à l’odeur indéfinissable, douceâtre, ni agréable ni désagréable. Une mousse qui serait parfaite pour le bain, si ce n’était l’odeur. Je plonge la main dans la cavité, j’en retire de longs brins d’herbe et de foin, permettant à nouveau à la mousse de s’évacuer. Au sol, maintenant, il y a un amas qui remplirait une brouette. M. Louge, qui me parlait de sa copine qui venait de le larguer, de son tracteur cassé – 10 000 € de réparations – de sa vache morte en début de semaine et de ses deux avortements de la semaine dernière, ne dit plus rien.
Moi, je me demande comment il fait pour tenir quand la poisse s’acharne comme ça.

Maintenant que la pression va me permettre de travailler, je reprends mes bords de plaie. Suturer la panse au cuir, de tous les côtés, pour laisser une belle ouverture qui ne permettra pas aux jus souillés de pourrir l’abdomen. C’est long, et fastidieux. Ce n’est toujours pas comme c’est censé être, ça ne l’est jamais. En chirurgie, surtout bovine, rien ne se passe comme dans les bouquins, de toute façon.

Et c’est très bien comme ça.

La vache, elle, s’est remise à ruminer.

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Spumeuse

C’est le deuxième appel de la matinée. Je suis déjà en train de perfuser un veau au milieu des champs, en priant pour qu’il ne gueule pas vu que le troupeau entier nous entoure et que nous ne sommes protégés que par de minces fils de fer. Je décroche mon téléphone en posant mon genou sur l’encolure du veau pour le maintenir au sol tandis que l’éleveur, debout, tient la poche de perfusion en surveillant les vaches. Je discute un peu avec l’éleveur qui m’appelle. Il va falloir que j’y aille. Une fois que j’en aurais fini ici.

Une demi-heure plus tard, je gare ma voiture à l’ombre de l’avancée de toit du hangar, devant la rangée de cornadis. Mon chien, que je trimbale avec moi aujourd’hui, appréciera de ne ps rester au soleil… Les vaches sont dans les champs, sauf une. M. Louge, l »éleveur n’est nulle part, mais je n’ai pas besoin de lui pour identifier ma patiente. La blonde me regarde, immobile, tétanisée, son ventre enflé donne l’impression d’être prêt à exploser. Sa respiration est hachée, mais pas catastrophique. Elle oxygène bien. Je m’approche doucement de ses 500kg, et donne une tape appréciatrice sur la panse qui distend démesurément ce qui devrait être le creux de son flanc, à gauche. M. Louge arrive, flanqué de ses deux corniauds. Rouge de sueur.

– Je finissais de réparer les clôtures, désolé ! Ces abruties ont tout cassé et sont allées dans la luzerne, hier. Je les ai surveillées, elles vont toutes bien, sauf elle. Elle météorise ?

Elle météorise, oui. La panse est un réservoir gastrique d’une bonne centaine de litres, un mélange de ce que la vache avale – de l’herbe et beaucoup de salive – et du produit de sa rumination : ce qu’elle se renvoie dans la bouche pour le mâcher et le remâcher. Du liquide, des fibres, et des milliards de bactéries et de protozoaires, qui tournent en permanence dans cette énorme lessiveuse. Mais la machine est bloquée : parce qu’elle a abusé d’un aliment, la chimie de la panse s’est détraquée. D’abord, de la fermentation. Et à cause de la luzerne, très probablement, une mousse très dense. La luzerne contient des molécules qui favorisent l’apparition de cette mousse qui remplit tout et bouche le système en le distendant.

J’écoute le cœur. Impeccable. Température : normale. Je passe un long tuyau par sa bouche, direction la panse. Deux mètres de tuyau qui filent et s’enroulent là dedans, mais rien ne sort. Un argument de plus pour la mousse. Je saisis une grande aiguille, que je plante dans son flanc distendu en évitant son coup de pied vengeur. Le gaz s’échappe sous pression. Météorisation gazeuse, météorisation spumeuse… la première est de meilleur pronostic que la seconde, et là j’ai du gaz. Mais toutes les raisons du monde de penser qu’il y a de la mousse… De toute façon, il y a souvent les deux. Il faut relâcher la pression, rien n’ira bien, sinon. Je décide d’anesthésier un peu le flanc bombé. Un coup de scalpel, puis j’enfonce un trocart. Un genre de grosse vis creuse, qui va aller dans la panse et grâce à son énorme pas de vis, plaquer la paroi de la panse contre le péritoine, la membrane interne de la cavité abdominale, afin que les fluides souillés ne coulent pas (trop) dans le ventre. La manœuvre fonctionne, mais je suis déçu. Peu de gaz. Et toujours pas de mousse.

Je m’assieds sur le béton, contre le cornadis, pour observer un peu. La stabulation vide, avec le vieux fumier, très sec, qui attend d’être curé. Les deux corniauds, mélanges indéfinissables de chiens de chasse et de berger, qui halètent dans un coin, à l’ombre. Les mouches, par centaines. L’odeur un peu piquante du fumier sec et du bétail. M. Louge et son marcel, qui râle sur la météo, son tracteur, et les emmerdes qu’il a avec ses vaches. Je ne l’écoute pas vraiment, je me demande…

– Il y a une décision à prendre, là. Le tuyau et le trocart sont décevants. Ils ne suffisent pas. On vide du gaz, oui, mais pas assez. Sa panse ne peut pas se remettre à fonctionner avec une pression interne pareille. Elle risque de continuer à gonfler, puis de mourir. Assez vite. Bien sûr, je pourrais balancer tout un tas de produits dans le rumen avec le tuyau et une pompe. De quoi aider un peu la panse et calmer la formation d’acides. Mais… la mousse que j’imagine là-dedans, il est presque impossible de la détruire. Alors le reste ne servira pas à grand chose. On pourrait… Ouvrir. J’ouvre le ventre, comme pour une césarienne, je suture la panse au cuir, je l’incise sur dix centimètres et la saleté là-dedans s’évacue dehors sans se vider dans le ventre.

Il ouvre de grands yeux.

– Vous suturez avant, c’est pour que la merde ne coule pas dedans, c’est ça ?
– C’est ça. Enfin c’est la théorie.
– Et après ?
– Après on laisse ouvert.

Il me regarde, incrédule.

– Ça se referme comment ?
– Tout seul, en plusieurs semaines, voire mois. La dernière que j’ai faite a mis trois mois à se refermer. Mais elle va bien.
– Mais comment elle fonctionne, la panse, si ça reste ouvert ?
– Elle déborde. Mais pas tant que ça. Le contenu est semi-pâteux, et j’ouvre sur le haut. Ça marche. Et sur le court terme, surtout, ça évacue la pression et ça l’empêche de remonter. Je ne garantis pas qu’elle s’en sorte, il y a un risque non négligeable de péritonite. Mais si c’est bien comme je pense, là-dedans, c’est la seule chose à faire.
– Si vous en êtes sûr…

Sa voix traîne, et non, je n’en suis pas sûr. Mais c’est la seule chose logique à faire, en l’état. Donc… on va y aller.

Alors je vais chercher ma boîte à césarienne, j’injecte un antibiotique, puis j’anesthésie le cuir et les muscles. Je désinfecte et je rase le poil du flanc, là où j’avais planté mon trocart. Je désinfecte à nouveau, et j’incise. La peau s’ouvre, puis ce sont les muscles qui s’écartent comme par magie devant ma lame. Tout au fond, la fine membrane du péritoine, et derrière, la panse qui bouge au gré de ses infructueuses contractions. J’incise le péritoine, puis je saisis la panse avec une très grosse pince, pour me faire un repère. Elle a beau ne pas fonctionner correctement, elle oscille de bien 8 cm vers l’avant de ma plaie. Ça ne va pas être pratique. Je pose un premier fil qui prend la panse, le péritoine et le cuir, et je noue. J’attends. Elle repart vers l’avant lors de la contraction suivante, déchirant la paroi de la panse là où j’avais passé mon fil.

M. Louge me pose des questions, hésitant. Je lui explique comment les choses fonctionnent, là-dedans. Un peu amer, et circonspect, il m’explique ne pas avoir fait l’école. Moi j’ai fait l’école, mais je n’ai compris que quand j’ai vu.

En tout cas, je ne vais encore pas pouvoir faire comme dans les cours. Le rumen est beaucoup trop tendu, c’est comme d’essayer d’attraper la paroi d’un ballon de baudruche surgonflé. Il faut le dégonfler pour y arriver.
Je perce la panse, y enfonce ma pince pour la saisir très largement. Le gaz et la mousse – il y avait bien de la mousse, je le savais – bloblopent un peu et souillent ma plaie, mais l’incision est trop petite pour que ce soit dangereux. Cette fois,je traverse tout en faisant une boucle à l’intérieur de la panse, et je fixe au muscle, qui suivra mieux le mouvement que le cuir. Ça tient. Un point de plus, juste au dessus. Un autre. Tout le côté gauche de ma plaie est fixé. Et maintenant… j’incise la panse, pour vider le gaz, lâcher la pression, ce qui me permettra de mieux prendre la paroi de la panse du côté droit. Il y a du jus de rumen qui coule dans les muscles, je rince, je désinfecte, même si ça ne sert à rien. Je peux passer un doigt dans la panse, j’en profite pour guider une aiguille et plaquer la panse contre le péritoine sur le bas de mon ouverture, pour éviter les souillures maintenant que la pression ne plaque plus tout partout. J’ouvre plus grand. Dix centimètres. La voilà, la mousse ! Elle jaillit de la panse sous pression, elle proufe et elle blote, elle jaillit au fil des contractions, se déverse au sol où elle s’accumule en une montagne verdâtre à l’odeur indéfinissable, douceâtre, ni agréable ni désagréable. Une mousse qui serait parfaite pour le bain, si ce n’était l’odeur. Je plonge la main dans la cavité, j’en retire de longs brins d’herbe et de foin, permettant à nouveau à la mousse de s’évacuer. Au sol, maintenant, il y a un amas qui remplirait une brouette. M. Louge, qui me parlait de sa copine qui venait de le larguer, de son tracteur cassé – 10 000 € de réparations – de sa vache morte en début de semaine et de ses deux avortements de la semaine dernière, ne dit plus rien.
Moi, je me demande comment il fait pour tenir quand la poisse s’acharne comme ça.

Maintenant que la pression va me permettre de travailler, je reprends mes bords de plaie. Suturer la panse au cuir, de tous les côtés, pour laisser une belle ouverture qui ne permettra pas aux jus souillés de pourrir l’abdomen. C’est long, et fastidieux. Ce n’est toujours pas comme c’est censé être, ça ne l’est jamais. En chirurgie, surtout bovine, rien ne se passe comme dans les bouquins, de toute façon.

Et c’est très bien comme ça.

La vache, elle, s’est remise à ruminer.

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L’incroyable histoire de John F. Kennedy et de son mal de dos

John Fitzgerald Kennedy, 35ème président des États-Unis, est le plus jeune à occuper le bureau ovale lorsqu’il est élu le 8 novembre 1960. A sa jeunesse (il n’a alors que 43 ans), s’ajoute son enthousiasme, son sourire, son charisme, son … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Quand une grossesse se déroule dans le foie

L’histoire est proprement incroyable. Elle a lieu en Chine et concerne une femme de 31 ans qui a déjà accouché par césarienne sept ans plus tôt et a eu un curetage utérin l’année suivante. Elle consulte à l’hôpital pour un … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Quand le patient tombe de la table d’opération

Si vous devez bientôt subir une intervention chirurgicale et êtes d’un caractère particulièrement anxieux, peut-être ressentez-vous quelque appréhension à l’idée que le chirurgien puisse oublier dans votre corps une compresse (surtout si vous avez lu un précédent billet) ou carrément … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Quand le chirurgien oublie compresses et autres textiles

Le phénomène est marginal mais bien réel. Il ne se passe pas un mois sans qu’une revue de chirurgie ne publie un cas clinique relatant l’oubli par un chirurgien d’une compresse ou d’un champ tissé en coton dans le corps … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Trois minutes

Lucie est penchée, concentrée, sourcils froncés, elle cherche l’angle pour son aiguille, elle cherche vite, elle cherche bien, ou en tout cas, elle cherche le bon compromis entre les deux. Les mains sur le ballon de la machine d’anesthésie gazeuse, je commence à plaisanter, à encadrer M. Lhers, le propriétaire de Ténor. Non, il ne rentrera pas à la maison ce soir. Oui, ça va bien se passer. Non, nous n’avons vraiment pas terminé. Oui, c’est quand même bien la merde, mais c’est un pneumothorax comme un autre. M. Lhers est chasseur, de sangliers. Jeune, et inquiet. Il y a sa femme avec lui, et sa fille. Ténor, c’est aussi le chien du canapé. Alors je lui explique.
Non, ce n’était vraiment pas « juste un petit trou » et oui, vous avez bien fait de nous l’amener pour contrôler. Enfin ça, vous l’aviez deviné quand vous avez vu le sang couler lorsque le chien s’est assis sur la table, quand il a soupiré. De toute façon, avec les sangliers, c’est toujours la même histoire : les grandes plaies sont superficielles, les petites perforations sont profondes et parfois vicieuses. Et quand elle se situent au niveau du thorax… et bien on arrive quand même à être surpris de voir un trou de 7 cm de long entre deux côtes avec un point d’entrée grand comme une pièce d’un euro, mais disons qu’on s’y attend. J’explique en souriant.

Quand tout a commencé à merder, j’ai récapitulé : Ténor s’était assis, et avait poussé ce profond soupir. Il saignait, ma consœur Lucie avait fait la compression. J’avais posé le cathéter, Hélène, notre ASV, m’avait tendu la tubulure déjà purgée. Chlorure de Sodium. 0,9 %. Perfusion branchée, nous n’avions pas réfléchi. Débit moyen plus. Pré-médication très légère, juste de quoi sédater et potentialiser ce qui allait venir ensuite, avec un truc qu’on pourrait antagoniser. Un α-2. Dépresseur cardio-respiratoire, un peu, mais nous avions besoin de tranquillité. Nous n’avions pas encore pris la mesure des dégâts, nous n’en étions qu’au petit trou au niveau du bas du thorax après un coup pris à la chasse. Ténor tentait vaguement de se relever, conciliant l’envie de s’asseoir, la fatigue, la douleur et l’irrépressible compulsion de nous faire la fête. Remuer la queue, remuer la queue, envoyer un grand coup de langue, agiter ses moustaches de griffon croisé bleu croisé portes et fenêtres. J’avais envoyé l’agent d’induction, alfaxolone, pour le faire tomber. Vite, juste assez loin pour pouvoir l’intuber. Pas assez ?
– Vous allez lui mettre la sonde dans la trachée ? m’avait-il demandé d’un ton discrètement contrarié.
– On va faire comme si c’était un pneumothorax. Et si c’était juste un p’tit trou, et ben il sera réveillé dans dix minutes.
J’avais tenté une première fois. Pas moyen d’étirer sa langue, il ne dormait pas assez. J’avais injecté un peu plus. Encore un peu. Juste assez. Il avait toussé un petit coup, un réflexe, Hélène avait étendu sa tête sur son cou, j’étais passé. J’avais gonflé le ballonnet, vérifié l’étanchéité tandis qu’elle branchait le circuit semi-ouvert, avec l’oxygène – 2 L/min – et le sevoflurane – 5 % pour commencer, rapidement abaissé à 3. Un peu de morphine, par voie sous-cutanée. Lucie avait déjà tondu, et nettoyé. Elle coupait avec ses ciseaux pour explorer le trajet de la défense, aller jusqu’au bout de la blessure. L’ouverture cutanée faisait désormais 20 bons centimètres. Elle découvrait la coupure de 7 centimètres entre les deux côtes. Dès que la peau s’était ouverte sur la blessure, l’air s’était engouffré entre les poumons et les côtes, dans cette cavité virtuelle, entre les plèvres, et les poumons s’étaient effondrés. Collapsus. Ténor s’était mis à respirer plus vite, plus fort, et sans plus aucune efficacité. C’est le vide qui « colle » les poumons aux côtes. Nous venions de le rompre. Alors j’avais commencé à ballonner. Mon univers : un ballon, une valve, un débitmètre, des muqueuses – rosées ? – un stéthoscope, juste à portée. Hélène tendait à Lucie des compresses, des fils – pas mon problème. Mais elle allait galérer pour recoudre, car la dent avait tranché les muscles au ras de la côte, sans rien lui laisser pour suturer. Il allait falloir qu’elle aille chercher les tissus par-dessus pour les ramener sur la plaie.
Et jusque là, tout s’était très bien passé.

Elle avait suturé jusqu’à presque terminer son surjet triplement arrêté. Il ne restait plus qu’une petite ouverture dans la paroi thoracique. Ténor dormait parfaitement. Juste le bon moment pour bloquer la valve et gonfler le ballon. J’allais mettre la pression pour gonfler les poumons, Hélène allait appuyer sur le thorax pour chasser l’air, tandis que Lucie allait serrer son nœud et rétablir l’étanchéité. Et puis j’avais réalisé : il n’essayait plus de respirer ? Et puis j’avais regardé les muqueuses. Grises. Bleues. Violacées. J’avais arrêté de discuter, j’avais tout stoppé. J’avais écarté ma consœur et sauté sur le stéthoscope. Depuis combien de temps ? Depuis combien de temps n’avais-je pas vérifié ? Pas de battement. Il était arrêté. Dix secondes. Pas de battement. Pas un putain de battement.

– ARRÊT !

Je serais le capitaine de réa.

– Hélène, tu bouges ! Lucie, coupe le gaz, fais sauter la valve, monte l’oxygène !

Nous serions l’équipe.

J’avais commencé à masser. Masser : sur cette table trop haute : donner des coups de poing, vite, très vite sur le thorax. Très fort, sur le cœur. Marteler. Déjà, envisager de faire pêter les sutures pour masser le cœur, directement. Essayer de me rappeler les TP de réa.

Mais d’abord, frapper. A m’épuiser. Et diriger : « Antisedan, 0,15, IV, perf à fond ! »

– Sylvain, Dopram ?
– Envoie, envoie, ou plutôt non, remplace-moi ! Je fatigue déjà. J’envoie !

Une minute, déjà ?

– Arrêtez !

J’écoute. Toujours rien.

– Tape !

J’envoie l’analeptique cardio-respiratoire, je réfléchis, est-ce qu’il faudrait de l’adré, est-ce qu’il faudrait… quoi ? De toute façon, masser. Lucie tape bien, très bien. Dents serrée, colère rentrée. Je prends l’extrémité de la sonde trachéale à pleine bouche, j’insuffle, il n’y a pas de vide pleural là-dedans, est-ce que le massage suffit à apporter assez d’oxygène ? Je souffle, je souffle, respire !

– Sylvain, je fatigue.

Je prends sa place, et je tape, je tape, je tape, je vois du coin de l’œil le propriétaire de Ténor qui se tient à la porte du bloc, qui revient de sa pause clope, celle qu’il a prise juste après mes explications, quand tout se passait au mieux, mais qu’on allait le garder.

Je tape, putain de chien. On arrête. J’écoute. Toujours rien. Deux minutes ? Les muqueuses restent sales, un gris foireux de bleu.

Rien.

– On tape !

Je tape, Lucie souffle, je souffle, Lucie tape. Je tape et je serre les dents, je hurle en dedans parce que je ne peux pas hurler en dehors, il ne peut pas, je ne veux pas, il ne peut pas, je ne veux pas. Je tape, je déroule toute la violence que je ne peux pas laisser exploser.

Trois minutes ? J’écoute.

J’écoute. Il y a le chien sur la table, il y a moi penché sur lui, il y a Lucie et Hélène et M. Lhers et sa femme et sa fille dans ses bras.

J’écoute. Il bat. Il bat bien, et régulier, je n’y crois pas.

– Il bat. Il bat ! IL BAT !

J’en chialerais. J’en chiale, d’ailleurs, j’ai laissé tomber mon stéthoscope par terre et j’ai regardé ses muqueuses, roses, son inspiration, profonde, puis sa respiration, rapide, et inefficace.

– Il bat, putain, il bat ! Rebranche le gaz, 2 %. On reprend, Hélène, tu ballonnes, je monitores, Lucie, tu sutures, putain, c’est super, bordel, on assure ! On l’a ramené. Quoi, trois minutes ? Trois minutes ?

Il y a des confettis et des feux d’artifices dans nos voix, il y a la fébrilité et la fierté et la concentration aussi, je bloque la valve, Hélène appuie sur le thorax, je bloque le ballon, nous chassons l’air de la cavité pleurale et Lucie finit son dernier nœud, nous venons de refaire l’étanchéité et Ténor respire bien, l’ASV prend le ballon, je saisis la boîte de drainage thoracique. J’insère mon drain dans la plaie, 15 cm de plastique qui filent dans le thorax, entre les côtes et les poumons, je branche le robinet à trois voie et la seringue de 60 mL, j’aspire l’air résiduel, je rétablis le vide pleural tandis que Lucie tourne autour de mes mains et de mon drain pour achever ses sutures. Toutes les minutes, je contrôle le vide. Il se maintient.

Il se maintient.

Ténor n’a pas fait de nouvel arrêt, il est rentré chez lui le lendemain. Et il va bien.

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Trois minutes

Lucie est penchée, concentrée, sourcils froncés, elle cherche l’angle pour son aiguille, elle cherche vite, elle cherche bien, ou en tout cas, elle cherche le bon compromis entre les deux. Les mains sur le ballon de la machine d’anesthésie gazeuse, je commence à plaisanter, à encadrer M. Lhers, le propriétaire de Ténor. Non, il ne rentrera pas à la maison ce soir. Oui, ça va bien se passer. Non, nous n’avons vraiment pas terminé. Oui, c’est quand même bien la merde, mais c’est un pneumothorax comme un autre. M. Lhers est chasseur, de sangliers. Jeune, et inquiet. Il y a sa femme avec lui, et sa fille. Ténor, c’est aussi le chien du canapé. Alors je lui explique.
Non, ce n’était vraiment pas « juste un petit trou » et oui, vous avez bien fait de nous l’amener pour contrôler. Enfin ça, vous l’aviez deviné quand vous avez vu le sang couler lorsque le chien s’est assis sur la table, quand il a soupiré. De toute façon, avec les sangliers, c’est toujours la même histoire : les grandes plaies sont superficielles, les petites perforations sont profondes et parfois vicieuses. Et quand elle se situent au niveau du thorax… et bien on arrive quand même à être surpris de voir un trou de 7 cm de long entre deux côtes avec un point d’entrée grand comme une pièce d’un euro, mais disons qu’on s’y attend. J’explique en souriant.

Quand tout a commencé à merder, j’ai récapitulé : Ténor s’était assis, et avait soupiré. Il saignait, ma consœur Lucie avait fait la compression. J’avais posé le cathéter, Hélène, notre ASV, m’avait tendu la tubulure déjà purgée. Chlorure de Sodium. 0,9 %. Perfusion branchée, nous n’avions pas réfléchi. Débit moyen plus. Pré-médication très légère, juste de quoi sédater et potentialiser ce qui allait venir ensuite, avec un truc qu’on pourrait antagoniser. Un α-2. Dépresseur cardio-respiratoire, un peu, mais nous avions besoin de tranquillité. Nous n’avions pas encore pris la mesure des dégâts, nous n’en étions qu’au petit trou au niveau du bas du thorax après un coup pris à la chasse. Ténor tentait vaguement de se relever, conciliant l’envie de s’asseoir, la fatigue, la douleur et l’irrépressible compulsion de nous faire la fête. Remuer la queue, remuer la queue, envoyer un grand coup de langue, agiter ses moustaches de griffon croisé bleu croisé portes et fenêtres. J’avais envoyé l’agent d’induction, alfaxolone, pour le faire tomber. Vite, juste assez loin pour pouvoir l’intuber. Pas assez ?
– Vous allez lui mettre la sonde dans la trachée ? m’avait-il demander d’un ton discrètement contrarié.
– On va faire comme si c’était un pneumothorax. Et si c’était juste un p’tit trou, et ben il sera réveillé dans dix minutes.
J’avais tenté une première fois. Pas moyen d’étirer sa langue, il ne dormait pas assez. J’avais injecté un peu plus. Encore un peu. Juste assez. Il avait toussé un petit coup, un réflexe, Hélène avait étendu sa tête sur son cou, j’étais passé. J’avais gonflé le ballonnet, vérifié l’étanchéité tandis qu’elle branchait le circuit semi-ouvert, avec l’oxygène – 2L/min – et le sevoflurane – 5 % pour commencer, rapidement abaissé à 3. Un peu de morphine, par voie sous-cutanée. Lucie avait déjà tondu, et nettoyé. Elle coupait avec ses ciseaux pour explorer le trajet de la défense, aller jusqu’au bout de la blessure. L’ouverture cutanée faisait désormais 20 bons centimètres. Elle découvrait la coupure de 7 centimètres entre les deux côtes. Dès que la peau s’était ouverte sur la blessure, l’air s’était engouffré entre les poumons et les côtes, dans cette cavité virtuelle, entre les plèvres, et les poumons s’étaient effondrés. Collapsus. Ténor s’était mis à respirer plus vite, plus fort, et sans plus aucune efficacité. C’est le vide qui « colle » les poumons aux côtes. Nous venions de le rompre. Alors j’avais commencé à ballonner. Mon univers : un ballon, une valve, un débitmètre, des muqueuses – rosées ? – un stéthoscope, juste à portée. Hélène tendait à Lucie des compresses, des fils – pas mon problème. Mais elle allait galérer pour recoudre, car la dent avait tranché les muscles au ras de la côte, sans rien lui laisser pour suturer. Il allait falloir qu’elle aille chercher les tissus par-dessus pour les ramener sur la plaie.
Et jusque là, tout s’était très bien passé.

Elle avait suturé jusqu’à presque terminer son surjet triplement arrêté. Il ne restait plus qu’une petite ouverture dans la paroi thoracique. Ténor dormait parfaitement. Juste le bon moment pour bloquer la valve et gonfler le ballon. J’allais mettre la pression pour gonfler les poumons, Hélène allait appuyer sur le thorax pour chasser l’air, tandis que Lucie allait serrer son nœud et rétablir l’étanchéité. Et puis j’avais réalisé : il n’essayait plus de respirer ? Et puis j’avais regardé les muqueuses. Grises. Bleues. Violacées. J’avais arrêté de discuter, j’avais tout stoppé. J’avais écarté ma consœur et sauté sur le stéthoscope. Depuis combien de temps ? Depuis combien de temps n’avais-je pas vérifié ? Pas de battement. Il était arrêté. Dix secondes. Pas de battement. Pas un putain de battement.

– ARRÊT !

Je serais le capitaine de réa.

– Hélène, tu bouges ! Lucie, coupe le gaz, fais sauter la valve, monte l’oxygène !

Nous serions l’équipe.

J’avais commencé à masser. Masser : sur cette table trop haute : donner des coups de poing, vite, très vite sur le thorax. Très fort, sur le cœur. Marteler. Déjà, envisager de faire pêter les sutures pour masser le cœur, directement. Essayer de me rappeler les TP de réa.

Mais d’abord, frapper. A m’épuiser. Et diriger : « Antisedan, 0,15, IV, perf à fond ! »

– Sylvain, Dopram ?
– Envoie, envoie, ou plutôt non, remplace-moi ! Je fatigue déjà. J’envoie !

Une minute, déjà ?

– Arrêtez !

J’écoute. Toujours rien.

– Tape !

J’envoie l’analeptique cardio-respiratoire, je réfléchis, est-ce qu’il faudrait de l’adré, est-ce qu’il faudrait… quoi ? De toute façon, masser. Lucie tape bien, très bien. Dents serrée, colère rentrée. Je prends l’extrémité de la sonde trachéale à pleine bouche, j’insuffle, il n’y a pas de vide pleural là-dedans, est-ce que le massage suffit à apporter assez d’oxygène ? Je souffle, je souffle, respire !

– Sylvain, je fatigue.

Je prends sa place, et je tape, je tape, je tape, je vois du coin de l’œil le propriétaire de Ténor qui se tient à la porte du bloc, qui revient de sa pause clope, celle qu’il a prise juste après mes explications, quand tout se passait au mieux, mais qu’on allait le garder.

Je tape, putain de chien. On arrête. J’écoute. Toujours rien. Deux minutes ? Les muqueuses restent sales, un gris foireux de bleu.

Rien.

– On tape !

Je tape, Lucie souffle, je souffle, Lucie tape. Je tape et je serre les dents, je hurle en dedans parce que je ne peux pas hurler en dehors, il ne peut pas, je ne veux pas, il ne peut pas, je ne veux pas. Je tape, je déroule toute la violence que je ne peux pas laisser exploser.

Trois minutes ? J’écoute.

J’écoute. Il y a le chien sur la table, il y a moi penché sur lui, il y a Lucie et Hélène et M. Lhers et sa femme et sa fille dans ses bras.

J’écoute. Il bat. Il bat bien, et régulier, je n’y crois pas.

– Il bat. Il bat ! IL BAT !

J’en chialerais. J’en chiale, d’ailleurs, j’ai laissé tomber mon stéthoscope par terre et j’ai regardé ses muqueuses, roses, son inspiration, profonde, puis sa respiration, rapide, et inefficace.

– Il bat, putain, il bat ! Rebranche le gaz, 2 %. On reprend, Hélène, tu ballonnes, je monitores, Lucie, tu sutures, putain, c’est super, bordel, on assure ! On l’a ramené. Quoi, trois minutes ? Trois minutes ?

Il y a des confettis et des feux d’artifices dans nos voix, il y a la fébrilité et la fierté et la concentration aussi, je bloque la valve, Hélène appuie sur le thorax, je bloque le ballon, nous chassons l’air de la cavité pleurale et Lucie finit son dernier nœud, nous venons de refaire l’étanchéité et Ténor respire bien, l’ASV prend le ballon, je saisis la boîte de drainage thoracique. J’insère mon drain dans la plaie, 15 cm de plastique qui filent dans le thorax, entre les côtes et les poumons, je branche le robinet à trois voie et la seringue de 60 mL, j’aspire l’air résiduel, je rétablis le vide pleural tandis que Lucie tourne autour de mes mains et de mon drain pour achever ses sutures. Toutes les minutes, je contrôle le vide. Il se maintient.

Il se maintient.

Ténor n’a pas fait de nouvel arrêt, il est rentré chez lui le lendemain. Et il va bien.

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Maudites arêtes de poisson !

Bon, le 1er avril est passé et avec lui son traditionnel canular du poisson accroché dans le dos des bambins. Car je le reconnais, j’attends chaque année ce jour avec impatience pour faire des blagues à mes enfants. Mais revenons … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Quand le foie ne tient pas en place

Tout commence par une banale situation clinique. En Turquie, une femme de 45 ans qui se plaint de douleurs au ventre depuis des années passe une échographie abdominale. On lui découvre une masse solide. Un scanner révèle que la lésion … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans anatomie, Anatomopathologie, Cardiologie, cas clinique, chirurgie, coeur, Embryologie, estomac, foie, foie ectopique, Gastroentérologie, Hépatologie, Imagerie médicale, pancréas, Pédiatrie, Pneumologie, poumon, rate, rein, Science, vésicule biliaire | Commentaires fermés sur Quand le foie ne tient pas en place

L’amour dans la peau

« Marivaux a parlé des surprises de l’amour… parmi ces dernières, l’engainement partiel ou total d’une bague trop longtemps portée est heureusement une affection rare ». Ainsi débute, de façon plutôt originale, un article paru le numéro de février des Annales de … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Greffe de mains : une technique chirurgicale maîtrisée mais un risque de rejet important

La nouvelle greffe de mains pratiquée à Lyon est la huitième de cette équipe, leader en France de la technique, la neuvième ayant été faite à paris. Ces greffes entrent dans le cadre d’un projet de recherche médico-économique ou PRME, … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans chirurgie, greffe mains, Lyon, prothèse, rejet, VARIA | Commentaires fermés sur Greffe de mains : une technique chirurgicale maîtrisée mais un risque de rejet important

Des patients dévoreurs d’informatique et d’électronique

Ce cas clinique est une première dans la littérature médicale. Il concerne l’ingestion volontaire d’un circuit imprimé d’ordinateur. Publié en ligne dans le numéro de janvier des Proceedings / Baylor University Medical Center, il concerne un Américain de 48 ans, traité … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans chirurgie, corps étranger, électronique, Gastroentérologie, informatique, ingestion d’objets métalliques, Médecine d'urgence, ordinateur, ORL, portable, Prison, psychiatrie, smartphone, souris, téléphone portable, Urgences | Commentaires fermés sur Des patients dévoreurs d’informatique et d’électronique

Hommes politiques et douleurs lombalgiques : voici le temps des nouveaux arracheurs de maux

  Bonjour Pays plus que jacobin la France a mal à ses colonnes vertébrales. Eponge médiatique , Le Parisien le sent qui fait sa Une dur les nouvelles thérapeutiques lombalgiques : « Mal de dos : les solutions qui marchent » (sic). Ce fléau coûte un milliard d’euros par an à la Sécurité sociale. Raison de plus pour ne pas […] Continuer la lecture

Publié dans argent, chirurgie, Journal du Dimanche, Le Parisien Aujourd'hui en France, médecine, Neurochirurgie, politique, religions, Rhumatologie | Commentaires fermés sur Hommes politiques et douleurs lombalgiques : voici le temps des nouveaux arracheurs de maux

Deux graves erreurs hospitalières : deux condamnations financières, à Brest et Flers

Bonjour Le tribunal administratif de Caen vient de condamner le centre hospitalier Jacques Monod de Flers (Orne). Ce dernier devra verser plus de 90 000 euros de remboursements à la Sécurité sociale ainsi qu’en « préjudice affectif » aux proches d’un patient décédé. Le tribunal administratif a considéré « qu’en l’absence même de toute urgence à intervenir », ce décès est la conséquence d’ […] Continuer la lecture

Publié dans chirurgie, Hôpital, L'Orne combattante, Le Télegramme, libertebonhomme.fr, médecine, médico-légal | Commentaires fermés sur Deux graves erreurs hospitalières : deux condamnations financières, à Brest et Flers

Transhumanisme en marche : des biologistes annoncent avoir créé des chimères porc-homme

  Bonjour Une première, spectaculaire. Applaudir ou se taire ? Les mythes commencent à sortir des cornues. Lentement, certes, mais ils sortent. Des embryons de porcs contenant des traces d’humanité biologique ont été créés par une équipe de biologistes américains et espagols. Dirigée par Jun Wu and Juan Carlos Izpisua Belmonte (Salk Institute, La Jolla, Californie) […] Continuer la lecture

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Nouveaux dons d’organes : le risque des futurs scandales à fort retentissement médiatique

  Bonjour Editorial de la dernière livraison de La Revue du Praticien : « De nouvelles modalités pour les prélèvements d’organes » (sur abonnement). Le  Dr Alain Tenaillon y fait le point sur ce qui change. C’est un condensé de pédagogie qui s’achève par une proposition dérangeante. Résumons ce qui, depuis quarante ans, oscille entre le consentement présumé […] Continuer la lecture

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Fin de césarienne

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Fin de césarienne

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Fin de césarienne

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Cancer : moins de centres pour opérer les tumeurs et c’est bien mieux.

Traiter des patients souffrant de cancer impose de ne pas faire perdre de chances à ces personnes par le recours à des traitements inadaptés ou en raison de gestes chirurgicaux insuffisamment bien accomplis. Les divers Plans Cancer mis en place … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Voici le temps des prothèses péniennes en titane avec la mémoire de la forme (Le Figaro)

  Bonjour Le Figaro n’est plus ce que l’on croyait qu’il était. Ainsi ce papier de Damien Mascret, publié au lendemain des fêtes de Noël : « Un pénis en titane à mémoire de forme ». On y apprend que des chercheurs ont mis au point une nouvelle prothèse de pénis à mémoire de forme. Que c’est là […] Continuer la lecture

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« Cher John Hunter : nous vous confirmons le diagnostic que vous portâtes en 1786 »

  Bonjour Un présent pour la nouvelle année, un acte de foi en la médecine, un hommage à un maître- le tout doublé de cet humour impayable que nous qualifions de britannique. C’est une publication du British Medical Journal : « Dear John Hunter » 1. Deux cent trente ans plus tard on sait que le diagnostic était […] Continuer la lecture

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