Archives de catégorie : ARS

Je n’irai pas travailler le dimanche 15 mars. LOL. (Quelques raisons) d’aller à Denfert-Rochereau.

Pierre Laroque : 1907 – 1997. Fondateur de la Sécurité sociale.

Je vais aller dimanche 15 mars 2015 manifester contre la loi de santé.

Je manifesterai pour montrer que je ne suis pas content.

Je vous ai déjà expliqué en préambule contre qui et avec qui je vais défiler (LA).

Voici (LA) sur le site officiel du gouvernement le justificatif, je dirais, en termes marketing, l’accroche de cette loi.

Notre système de santé est performant mais inéquitable, c’est pourquoi il est indispensable de le refonder. La loi de santé s’articule autour de trois axes : prévenir avant d’avoir à guérir, faciliter la santé au quotidien et innover pour consolider l’excellence de notre système de santé.

Ce préambule est à la fois un tissu de mensonges et un programme atterrant de santé publique quand on connaît les tenants et les aboutissants de tout cela (corruption, fraude, concussion, sur diagnostics, sur traitements, dépistages sauvages, prévention inexistante, prises illégales d’intérêts, pots de vin, et j’en passe).

Pour ce qui est du projet lui-même, vous le trouverez ICI.

Je fermerai donc mon cabinet ce dimanche (j’ajoute qu’il est fermé tous les dimanches pour ceux qui n’auraient pas compris).

A l’origine il y avait trois raisons essentielles pour que je refuse cette loi de santé.

Je vous les expose : 

  1. Le Tiers-Payant Généralisé. Je suis contre pour des raisons purement administratives car je ne veux pas que ma secrétaire passe son temps à récupérer des impayés ou à ne pas récupérer des impayés (je ne parle donc pas des médecins qui n’ont pas de secrétariat ou un secrétariat à mi-temps… la double peine pour eux…), je refuse cette mesure « socialiste » qui est un chiffon idéologique sur lequel est inscrit le slogan « Accès aux soins pour tout le monde » pour faire passer le reste, à savoir et surtout le fait que la médecine générale est considérée comme de la merdre en barre par des décideurs qui, ne sachant pas ce que c’est que de prendre un rendez-vous chez leur médecin traitant, pensent que les pauvres en sont privés. Pour le reste, les arguments à la khon sur le patient doit payer de sa poche, il faut responsabiliser le patient, cela va augmenter le nombre d’actes, tout ce qui est gratuit ne vaut rien, c’est du flan intégral et des arguments d’hypocrites. Les médecins et les patients sont irresponsables et on le sait depuis longtemps, les médecins en prescrivant tout et n’importe quoi à des malades (ce serait un moinre mal, à des citoyens) qui sont heureux de profiter du système par tous les bouts avec la complicité des premiers. Les médecins et les patients, dans une grande danse effrénée, font du consumérisme à tout va et participent au gâchis généralisé des ressources sans que l’on ressente la moindre amélioration sur la satisfaction de tout le monde et sur l’amélioration des indices de santé publique. L’autre argument selon lequel les honoraires ne vont plus dépendre que d’un tiers qui ne serait pas le patient pourrait effectivement être recevable si cela n’était pas déjà le cas pour environ 70 % d’entre eux… Encore qu’au bout du compte, ce soient quand même les  cotaisations qui règlent tout cela (sans compter le déficit chronique des comptes publics). Non, le problème est administratif, la multiplicité des payeurs (et la multiplicité des régimes, vache sacrée de la République), l’absence de guichet unique, et les difficultés que vont entraîner le paiement d’actes déjà insuffisamment rémunérés. Je serai donc pour quand les problèmes de paiement seront résolus, ce qui n’arrivera jamais.
  2. Les réseaux de soin organisés par les mutuelles. Je suis contre. « La loi permet donc la mise en place de réseaux de soins et autorise les mutuelles à conclure des conventions avec certains professionnels de santé, les assurés pouvant bénéficier de tarifs moins élevés et de meilleurs remboursements. » Voir ICI. Nous nageons en plein délire. Les assurés des mutuelles qui, en théorie, n’avancent pas d’argent pour des examens complémentaires, vont payer moins cher. Et c’est la mutuelle qui va choisir pour le médecin traitant quels seront les médecins et les endroits où ils pourront adresser les patients. C’est la générication de la santé et de l’adressage aux spécialistes d’organes. Comment les choix seront-ils faits ? Sur quels arguments ? Sur l’épaisseur de la moquette ? Sur le nombre (non déclaré) d’infections nosocomiales ? Sur le classement du journal Le Point ? Mais il est possible également que le parcours de soin passe à la trappe : les assurés (vous avez remarqué que je n’ai parlé ni de citoyens ni de patients) liront que le docteur X est agréé Mutuelle Machin et il ira le voir in petto.  J’ai toujours été contre les réseaux de soins ou plutôt contre les soins en réseaux (voir ICI) parce que j’ai toujours pensé qu’il s’agissait de l’exportation hors les murs des pratiques et des diktats hospitaliers. Et dans ce cas il n’y avait pas d’intervenants extérieurs au monde médical. On va passer du disease-management CPAM (les khonneries à la Sophia dont l’inanité et l’inutilité sont évidentes et ont été montrées ICI par exemple) au disease-management mutualiste étendu au delà des pathologies chroniques (voir LA pour des informations en français sur le modèle). La loi de santé va formaliser dans le mauvais sens, celui du choix des non médecins (Guillaume Sarkozy, impudent capitaine de mutuelle, par exemple) pour les médecins et pour les patients. Au lieu d’un système de soins centré sur les patients (patient-centered care) cela deviendra un système de soins centré sur les mutuelles qui ne représentent que l’AMC dans le remboursement, c’est à dire très peu, et qui gèreront les choix des médecins. Le monde à l’envers. C’est ce que les Anglo-Saxons appelleraient le stakeholder-centered care. Une abomination.
  3. Le pouvoir des ARS. Désormais les ARS auront les pleins pouvoirs, aidés en cela par la représentation nationale, pour décider de l’implantation des médecins généralistes, pas des spécialistes d’organes qui sont de grandes personnes, mais aussi pour décider de l’implantation des services, des IRM (voir LA) et le reste. La rationnalisation de l’offre de soins est évidemment un objectif louable car ne rien faire signifierait laisser le marché s’auto-réguler, ce qui est une imposture libérale bien connue. Mais les ARS sont les instruments du pouvoir politique, pas les acteurs des politiques de santé, il y a bien des comités de pilotage mais ce sont des comités croupions, le décisions étant prises auparavant. Les ARS, en outre, sont un repaire d’incapables qu’il a fallu recaser à la suite des regroupements multiples, salaires élevés, postes irresponsables, incompétence notoire, voitures de fonction et appartements dans le même genre, après le démantèlement de différentes structures antérieures (comme l’ASE par exemple). On ne peut faire confiance à ces profiteurs ignares du système qui ne connaissent rien à la santé mais qui, forts des modèles économiques extérieurs, et de leurs lectures hâtives sur des expériences étrangères, se posent en experts de la réorganisation des territoires, des coeurs et des reins.
En réalité, il y a bien d’autres raisons, vous vous en doutez. Les énumérer serait fastidieux mais ferait aussi oublier qu’il nous faut d’abord proposer et ensuite négocier. Il ne faut pas que cette manifestation soit un catalogue de récriminations mais un catalogue de propositions.

Comment réécrire la Loi Santé ? J’entends bien les slogans « No Négos » mais est-ce bien raisonnable alors que le corps médical et les professions de santé en général tirent à hue et à dia dans des directions parfois opposées ? Quel est le point commun entre le médecin généraliste salarié qui travaille à mi-temps ou à temps partiel en PMI et le radiologue interventionnel qui travaille dans plusieurs cliniques à la fois ? Quel est le point commun entre le médecin généraliste rural qui fait lui-même les points de suture et le médecin généraliste urbain dont le SAMU est distant de quelques minutes ? Quel est le point commun entre l’ophtalmologiste libéral en secteur 2 et le psychiatre libéral en secteur 1 ? Mais je pourrais multiplier les exemples à l’infini. Dire que la FHF (Fédération Hospitalière de France) ne cesse de casser du sucre sur les libéraux qui seraient à l’origine de l’engorgement des urgences, dire que le toujours médiatique Patrick Pelloux, dire que les cliniques privées sont déjà sous la coupe des fonds de pension, dire que les mutuelles, dire que… Si je voulais faire de la démagogie je dirais que le seul point commun c’est le patient. Mais où est le patient ? Est-il visible ? Ou n’est-il qu’un enjeu économique et de pouvoir de plus ? Ou n’est-il qu’un instrument au service de tous ?

Le slogan « No Négos » est un slogan creux car les grandes avancées sociales (il en est même qui souhaitent des accords de Grenelle…) ont été obtenues, certes par la revendication, mais, plus encore, par la négociation.

Quant aux états-généraux de la médecine proposés par d’autres ou les mêmes, ceux qui ne sont pas capables de lire la lettre d’un correspondant jusqu’au bout ou d’écouter leur patient jusqu’au bout de ses plaintes, ils voudraient une grande messe, j’imagine le bordel, et on pourrait réunir ce petit monde jusqu’à la fin de la présence de médecins généralistes authentiques dans le paysage médical français, que certains se battraient encore pour être sur la photo.

Car la plus grosse urgence, c’est la disparition programmée de la médecine générale et de certaines spécialités.

Où sont les propositions pour que la médecine générale ne disparaissent pas ? Où sont les propositions pour que plus de 17 % de médecins généralistes formés s’installent en libéral ? A part le C à 50 euro ?

Nous le verrons la prochaine fois.

Illustration : Pierre Laroque (voir ICI pour quelques éléments le concernant).

Continuer la lecture

Publié dans ARS, LOI SANTE, MANIFESTATION, MEDECINE GENERALE, MEDECINE GENERALE INSTITUTIONNELLE, réseaux, TIERS PAYANT INTEGRAL GENERALISE | Commentaires fermés sur Je n’irai pas travailler le dimanche 15 mars. LOL. (Quelques raisons) d’aller à Denfert-Rochereau.

LES CHIENS ABOIENT, LA CARAVANE PASSE…

Ça a débuté quelques semaines après le cru 2013 d’Octobre Rose.
 
Je tombais par hasard nez à nez avec un mammobile, long semi-remorque rose transportant personnel et matériel destinés à effectuer le dépistage du cancer du sein.
 
Les femmes âgées de 50 à 74 ans étant encore à ce jour invitées tous les deux ans à passer une mammographie de dépistage selon les recommandations nationales, on peut penser qu’offrir le service d’une unité mobile de dépistage en plus de l’offre radiologique libérale ou hospitalière se justifie, notamment dans les contrées reculées. On en reparlera à la fin de ce billet.
 
Je précise qu’il est question ici du dépistage systématique dans la population générale et non des femmes présentant des risques nécessitant un suivi particulier.
 
C’est alerté par le surprenant message inscrit en gros sur la remorque du camion visible sur la photo ci-dessus « Utile dès 40 ans-On a toutes à y gagner » que je me suis mis à fouiner un peu au point d’avoir l’envie d’en faire un billet : La papamobile à son âge OK mais la mammobile à cet âge ? 
 
 
C’est ainsi qu’au passage de la caravane rose, les premiers aboiements du caniche engendrèrent ceux d’autres chiens(nes). Un groupe informel de soignants/patientes se forma pour relayer, réactiver et compléter le message comme ici chez :
 
 
 
Cela donna même l’occasion à Martine Bronner de nous révéler le rêve dingue d’égalité hommes-femmes qu’elle fit : Lis ça, on peut en rire mais pas que…
 
Et chose inespérée, l’Institut National du Cancer (INCa) répondit à l’interpellation d’Hélène La Crabahuteuse. Cette réponse est consultable dans les commentaires de son billet déjà cité plus haut. En voici des extraits :
 
« Il est, en effet, tout à fait juste de rappeler que le programme national de dépistage organisé du cancer du sein porte sur la tranche d’âge 50-74 ans…
 
…Pour la tranche d’âge 40-49 ans, les bénéfices attendus sont effectivement moindres alors que les risques sont plus élevés (cancers radio-induits, surdiagnostic)…
 
…Nous considérons qu’il n’y a pas lieu, en l’état des évaluations et recommandations nationales actuelles, de proposer ni de soutenir un dépistage par mammographie à des personnes de 40-49 ans sans facteur de risque particulier, que ce soit ou non en mammobile…
 
…Il revient à l’Agence régionale de santé (ARS) du Languedoc-Roussillon de se prononcer sur le sujet… »
 
Il n’est pas toujours aisé de comprendre tout ça, je vais donc tenter de t’en faire une traduction. Caricatures, exagérations, imprécisions diront certains, tant pis. Le poids des mots le choc des photos l’ont toujours emporté sur les formulations couilles molles. Alors je traduis :
 
 
Pratiquer une mammographie de dépistage à des minettes de 40 berges en parfaite santé ne présentant aucun risque ne permet pas forcément de détecter un cancer du sein mais expose de façon non négligeable à en trouver un là où il n’y en a pas avec pour conséquences de biopsier voire pire de traiter des personnes inutilement. Sachant que le traitement ne se résume pas à la prise d’un gramme de paracétamol et en voiture Simone mais plutôt à l’artillerie chirurgie radio-chimiothérapie et son cortège d’effets plus qu’indésirables, je te laisse imaginer le tableau. Si ça ne te parle toujours pas, peut-être qu’imaginer ta femme, ta maîtresse, ta fille, ton amie, ta jeune patiente, avec un sein en moins alors que tout allait bien t’aidera à y voir plus clair. Bon, OK, dans la majorité des cas, ça n’ira pas jusque-là, mais avoue que le simple fait d’attendre le résultat d’une biopsie (geste invasif) qui n’aurait même pas dû être réalisée, peut t’occasionner quelques journées d’angoisse au point de ne pas seulement te passer l’envie d’aller à ton cours de zumba.
 
Le mammobile est la principale cible de ce billet, mais le propos vaut tout autant pour le médecin généraliste, le gynécologue ou tout autre médecin qui prescrirait cet examen de dépistage en moins de deux sur un coin de bureau sans la moindre explication : « Tenez ma brave, vous venez d’avoir 40 ans, alors à partir de maintenant vous ferez cet examen tous les ans. Comme on dit hein, mieux vaut prévenir que guérir et plus on fait ça tôt, mieux c’est… » La patiente repart ainsi rassurée par un ramassis de conneries avec son ordonnance pliée en deux au fond de son sac à main. Oui, nous parlons essentiellement ici de ce qui se voit dans le cadre du dépistage organisé, mais n’oublions surtout pas tout ce qui se pratique sans véritable cadre et qui est peut-être encore plus grave, à savoir le dépistage individuel fait par-dessus la jambe.

Le mammobile dès 40 ans, infime partie émergée de l’iceberg flottant dans les eaux troubles du dépistage du cancer du sein ?  Ce dépistage, meilleure façon de faire croire qu’on se préoccupe du sort des femmes sans mettre le moindre biffeton dans une véritable démarche de prévention ? (Dépister = traquer une maladie déjà apparue / Prévenir = éviter que cette maladie survienne).
 
Tu vois, le sujet est tout de même sérieux car les conséquences liées au mammobile dès 40 ans peuvent être plus que fâcheuses. D’où l’idée de l’INCa d’alerter l’Agence Régionale de Santé concernée par le mammobile 34, l’ARS étant une sorte d’antenne du ministère de la santé à l’échelon régional. Pour en savoir plus sur les ARS et observer leur grande réactivité, tu peux lire ça :
 
 
 
 
Voilà grosso modo où nous en sommes. Sauf que là, le cru 2014 d’Octobre Rose débute et que… et que l’on peut affirmer que des chiens peuvent aboyer jusqu’aux oreilles de l’INCa, la caravane continue de passer paisiblement. Car la photo ci-dessus avec ce message mensonger a été prise pas plus tard qu’il y a quelques jours. Les pratiques semblent donc inchangées.
 
Que pouvons-nous en conclure ?
 
Que le seul moyen moderne de communication entre l’INCa et l’ARS fut un pigeon voyageur déplumé s’étant trompé de direction ?

Que l’ARS en question a bien reçu le message mais que voyez-vous, il est délicat de faire changer des pratiques historiquement expérimentales… dans cette province tellement éloignée de Paris et tant pis pour les quelques minettes qui en paieront possiblement les frais sans le savoird’autant que c’est pas la sécu qui finance mais les communes hôtes ?
 
Que dans une société dans laquelle seuls le profit et l’argent de quelques-uns priment, rien d’étonnant à ce que le domaine de la santé soit contaminé jusqu’à la moelle ? Business is business, même s’il y a un risque de biopsier voire de mutiler deux ou trois nanas pour rien au passage ? Qu’importe, elles ne le sauront jamais ! Au pire, c’est réparable, il y a des prothèses mammaires en stock… Fuck l’intérêt du patient, in the pocket le fric même s’il pue ?!
 
Ouais je sais, c’est un peu hard, et j’entends déjà certains me dire que je vais trop loin… euh, n’inversons pas les rôles quand même et relisons ensemble à voix haute sous la baguette du chef de chœur la réponse de l’INCa :
 
« Pour la tranche d’âge 40-49 ans, les bénéfices attendus sont effectivement moindres alors que les risques sont plus élevés (cancers radio-induits, surdiagnostic) »
 
C’est pas moi qui l’ai inventé ça.
 
Bilan des courses :
 
  1. L’INCa est au courant, on en a la preuve et il ne peut plus fermer les yeux puisqu’il s’est prononcé et a délégué à l’ARS.
  2. L’ARS si elle est véritablement au courant n’a soit rien fait, soit tenté de faire mais sans succès.
 
Alors maintenant, que fait-on ?
 
Les instances ne bougent pas ou plus un sourcil. Silence radio (induit). Cela se passerait-il de la sorte s’il s’agissait du corps des hommes ? Se remueraient-elles le fion s’il était notamment question de l’excroissance masculine évoquée dans le rêve d’égalité de Martine ? (Si tu ne l’as pas lu, vraiment, lis-le)

 
Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales et de la santé s’est vue refourguer les droits des femmes lors du dernier remaniement. Santé, social, droits des femmes, ça me semble beaucoup pour une seule personne mais au moins ce sujet devrait lui causer : un peu de cohérence pour la santé des femmes dont les droits sont quelque peu bafoués dans cette histoire serait la bienvenue non ?
 
Malheureusement je crains très honnêtement qu’elle soit trop occupée, voire noyée par tout son taf puisqu’il paraît, je dis bien il paraît car ma source n’est absolument pas fiable d’autant que j’y ajoute le mode plein gaz de sarcasme, qu’elle a déjà commencé à effacer les noms de marque sur quelques paquets de cigarettes qu’elle prévoirait d’aller installer en personne dans le rayon d’un buraliste de la capitale en compagnie de nombreuses caméras de BofFM TV voire Canal Plouc et que surtout toute ministre qu’elle est et malgré tout le respect qu’on lui doit, elle y pane tout bonnement que dalle à tout ça et que encore plus que surtout, demander de la cohérence à une personnalité politique c’est demander la Lune.
 
Donc même si la caravane passe et repasse, tant qu’ils ne seront pas muselés, quelques chiens continueront à aboyer pour alerter celles et ceux qui voudront bien les entendre.
 
Je répète car c’est important que ce billet concerne les femmes âgées entre 40 et 49 ans sans risque particulier.
 
Si tu es une femme âgée entre 50 et 74 ans sans facteur de risque, il reste à ce jour recommandé en France de te rendre dans ce genre de mammobile ou ailleurs (radiologie libérale, hospitalière) tous les deux ans pour bénéficier du dépistage du cancer du sein.
 
 
Sache cependant qu’une personne avec laquelle j’ai eu la chance de converser a écrit un livre très riche et très pertinent sur le sujet du dépistage du cancer du sein. Il s’agit du livre No mammo ?  de Rachel Campergue. Mon petit doigt m’a informé qu’un second ouvrage décoiffant sur ce thème sera disponible d’ici peu. Mais si tu n’as pas envie ou pas le temps de te plonger dans cette prose fournie, je t’invite au moins à lire ce billet sur le site « Voix médicales » qui détricote parfaitement bien le sujet. Juste histoire d’avoir une information claire, indépendante afin de choisir librement et en toute conscience de te faire dépister. Bonne lecture.


Continuer la lecture

Publié dans ARS, CANCER DU SEIN, Dépistage, histoire de camion rose, histoire de coup de gueule, histoire de dépistage, INCa, mammobile, mammographie, No Mammo, octobre rose, Surdiagnostic | Commentaires fermés sur LES CHIENS ABOIENT, LA CARAVANE PASSE…

De la réactivité des ARS

Si l’image te semble floue, c’est fait exprès, on va tenter ici d’éclairer légèrement l’affaire.

 


L’ARS, c’est l’Agence Régionale de Santé. Elle est née en 2009 de la loi HPST (Hôpital-Patients-Santé-Territoires). Donc sa maman, c’est Roselyne Bachelot. Ouais je sais ça commence mal ce billet. Non mais déconne pas, elle a fait des trucs hyper méga top cool cette ancienne ministre de la santé comme euh… attends… réfléchissons. A plusieurs on devrait y arriver… Ah oui ! Les vaccinodromes, tu te souviens de cette effroyable épidémie de grippe qui avait un nom à la « touché-coulé » : H1 touché, N1, plouf, coulé. Ah elle en aura fait couler la s…acrée ministre. De l’encre, du fric, de tout, elle aura bien ouvert les vannes hein. C’est pour ça que je m’autorise à la vanner un peu. Rien de bien méchant hein. Donc en dehors de ce fait d’armes, Rosy nous a mis au monde 26 ARS bien dodues.

Quelle nostalgie, j’en ai la larme à l’œil…

Les ARS ont été créées :
 
«afin d’assurer un pilotage unifié de la santé en région, de mieux répondre aux besoins de la population et d’accroître l’efficacité du système»

Deux grandes missions leur sont confiées (ça va, deux, c’est pas beaucoup hein) :

1) Le pilotage de la politique de santé publique en région
 
2) La régulation de l’offre de santé


La mission number one, à savoir le pilotage de la politique de santé publique en région comprend trois champs d’intervention :


-la veille et la sécurité sanitaires, ainsi que l’observation de la santé.


-la définition, le financement et l’évaluation des actions de prévention et de promotion de la santé.


-l’anticipation, la préparation et la gestion des crises sanitaires, en liaison avec le préfet.


La deuxième mission visant la régulation de l’offre de santé porte sur les secteurs ambulatoire (médecine de ville), médico-social (aide et accompagnement des personnes âgées et handicapées) et hospitalier.


A ce sujet, il y a peu on a commencé à s’affoler à l’ARS d’Île-de-France car il se pourrait que la région soit désertée en toubibs dans un avenir proche. Quand tu sais que le directeur de cette ARS est Monsieur Claude Evin, ministre de la santé dans les années 90, c’est assez drôle non ? Ah non, ça ne te fait pas rire toi. Ben pourtant, Monsieur le ministre a de la réactivité… maintenant qu’il est dirlo d’ARS.


D’ailleurs, j’avais fait un petit tweet là-dessus du genre : 

« Voir l’ARS Paris craindre le manque futur de médecins alors que son actuel dirlo fut ministre de la santé dans les années 90… A votre santé »

J’espère que tu as remarqué la subtilité de la fin de ce tweet puisque Mr Evin a donné son nom à la célèbre loi de lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme. Sois un peu réactif toi aussi nom d’une pipe ! Et regarde également le titre du livre qu’il a écrit. Tu vois, je fais le bouffon, mais avec quelques références SVP !



Claude ne semble donc pas avoir confiance en sa grAANde copine Marisol, elle qui pourtant parade pour vanter la success story de son plan de lutte contre la désertification médicale. Alors qui croire ? Claude l’angoissé ou Marisol l’enjouée ?



Allez Cloclo déstresse, j’ai mon plan contre les déserts, ma stratégie nationale de santé, il ne te reste plus qu’à payer un bon apéro à ton ARS, tout va bien se passer tu vas voir.


Allez, revenons à nos chères ARS qui possèdent 5 grands champs d’action :

 

Prévention et santé publique
– Veille et sécurité sanitaire
– Parcours et offre de soins
– Accompagnement médico-social
– Maîtrise des dépenses de santé

Je voudrais juste m’arrêter un instant pour préciser le premier champ d’action :


Prévention et santé publique


Le champ de la prévention recouvre aussi bien les actions collectives visant à protéger la santé des personnes par le développement d’un environnement physique et social favorable à la santé (dépistages de certaines maladies, préservation de la qualité de l’air et de l’eau…) que par la promotion des comportements individuels favorables à la santé (prévention de l’alcoolisme et du tabagisme, promotion de l’activité physique…). Le champ de la prévention s’adresse donc à l’ensemble de la population et s’exerce dans tous les lieux de vie des individus, au domicile, au travail, à l’école…

Ainsi, le rôle des ARS est-il de coordonner leur politique de prévention avec les acteurs institutionnels, les collectivités locales, le milieu associatif… afin de faire émerger un ensemble de mesures favorables à la santé des individus. Particulièrement centrale est la question des inégalités sociales et territoriales de santé qui sont fortement marquées en France et au sein de chaque région.

Bon, je sens que là j’ai laissé un paquet de monde au bord du chemin donc il va falloir que ce billet devienne un peu plus croquignolet. Pour les deux ou trois que ça passionne à donf ces histoires d’ARS, tout est ici : ARS
Pour les autres qui s’en tamponnent et prendront le risque de me croire sur parole, on peut grossièrement définir les ARS comme des sortes de préfectures de la santé. C’est un genre de déconcentration du ministère de la santé à l’échelon régional. (oui oui, j’ai bien dit « déconcentration », parce que la décentralisation c’est autre chose).
Alors, pourquoi parler de tout cela ? Pourquoi ce titre : « De la réactivité des ARS » ? Et pourquoi insister sur le champ « Prévention et santé publique » ?
En décembre dernier, peu avant Noël, il y a 2 mois jour pour jour, j’avais écrit un billet dans lequel je m’étonnais de certaines pratiques et certains messages divulgués au sujet du dépistage du cancer du sein. Voilà de quoi il s’agissait : Le mammobile 100 % utile dès 40 ans. Comme souvent, j’avais tenté de le faire avec une pointe de dérision et d’humour bien que le fond ne soit pas spécialement marrant. Tu peux lire ça .

Tu sais moi si j’étais rugbyman, je serais plutôt du genre à saisir le ballon, courir comme un dératé sans trop réfléchir, et le refiler juste avant de me faire plaquer pour qu’un petit copain aille tranquillement marquer l’essai pendant qu’un autre petit copain se prépare à le transformer. C’est un peu ce qui s’est passé au moment de Noël. La balle a été saisie par La Crabahuteuse, Rachel Campergue, Martine Bronner, Fuck my cancer. Mais prudence, fais gaffe à ce qu’elles racontent, d’abord elles ne sont pas médecins, et surtout ce sont des femmes… (Merci de ne pas sortir cette phrase de son contexte et de la prendre à tous les degrés que tu veux sauf au premier).

A défaut de marquer directement l’essai, il y a eu mêlée. On a poussé, poussé, poussé. Et pis rien.

Deux mois après, toujours rien.

Pourtant, au début, j’ai cru que c’était bon lorsque La Crabahuteuse a interpellé l’Institut National du Cancer (INCa) et qu’il a répondu ici. La réponse de l’Institut plaidait semble-t-il en notre faveur, mais il décidait de refourguer le bébé à l’ARS concernée démontrant ainsi une certaine INCapacité… Bon, normal maintenant que je t’ai brièvement expliqué ce qu’est une ARS, ça semble logique que l’INCa interpelle l’ARS. Sauf que depuis, silence radio, plus rien, nada, nothing !
L’ARS semble peu concernée par le fait :
– que l’on propose un dépistage du cancer du sein sur son territoire à des femmes de moins de 50 ans en dehors de toute recommandation. (Et ne parlons pas tout de suite de ce genre d’étude parue dans le BMJ, n’allons pas trop vite…)
– que des messages de santé publique faux ou mensongers soient divulgués par le mammobile sur les routes d’un département français pour se rendre dans les communes dont les maires pensant bien faire, se font en fait tromper sur une partie de la marchandise.

 

– que ces mêmes messages apparaissent sur le net.

 

 

Alors pourquoi cette absence de réponse ? Pourquoi ce manque de réactivité ?
Quels peuvent être les arguments de l’ARS ?

S’ils sont scientifiquement et éthiquement recevables (on parle tout de même ici d’expérimentation pour les 40-49 ans…), alors OK, la partie est finie. Mais s’il s’agit d’une pseudo confraternité pour laisser faire un petit business au détriment de l’intérêt des patientes, alors non, je m’indigne !
Car que faire d’autre ? Frapper à la porte du big boss des ARS ? C’est pas gagné mon pote. Tu sais qui c’est ? Ben en gros, le vrai big boss, c’est un peu l’hôte de l’Élysée.

Si tu veux pécho de la gonz, voilà la recette !


Alors déjà qu’une simple ARS ne répond pas, on peut toujours se brosser.

Et pis quand je le vois lancer un nouveau plan cancer sans avoir vraiment évaluer les pratiques actuelles dans le domaine, notamment de tout ce qui peut poser question en terme de dépistage comme de thérapie, ni faire le ménage dans ce qui ne pose même plus question, je me dis que c’est pas gagné et que surtout c’est bien dommage…

Et pis quand dans ce plan, je le vois parier sur le vaccin contre le cancer du col de l’utérus, je me dis que c’est étrange… Les vieux fantômes rôderaient-ils encore autour du palais de l’Élysée ou du ministère de la santé ? Tout du moins leurs pratiques ?

 
 
Les yeux dans les yeux, je pose juste la question…
 
Car moi, membre du petit peuple, je ne peux rien faire d’autre que poser des questions et m’indigner lorsque j’ai le sentiment que ça en vaut la peine pour les miens.

Quoique, très honnêtement, à voir ça, et tout le reste, on doit beaucoup mieux vivre ainsi :

 

 
 


Continuer la lecture

Publié dans Agence Régionale de Santé, ARS, dépistage cancer du sein, prévention, Santé publique | Commentaires fermés sur De la réactivité des ARS