Archives de l’auteur : L'école des soignant.e.s

Exutoire – par Marie Novelli

À l’intention des facultés de santé, du gouvernement et de mes chers-chères camarades étudiants-es.Sous prétexte de pouvoir sauver des vies, vous vous permettez d’en détruire.Sous prétexte de pouvoir guérir, vous nous rendez malades.Sous prétexte de vo… Continuer la lecture

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Pourquoi certains médecins prennent-ils les critiques du système médical comme des attaques personnelles ? – par Marc Zaffran/Martin Winckler

Un jour que je me posais pour la nième fois cette question, il m’est venu un début de réponse. Ce n’est qu’une hypothèse parmi d’autres, mais je la partage, vous en ferez ce que vous voulez.L’enseignement de la médecine française est fondé (depuis lon… Continuer la lecture

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Quand une médecienne française accouche en Australie…

J’ai reçu, il y a plusieurs mois déjà, ce message d’une lectrice qui m’a profondément touché. Dans ce message, une femme médecienne parle de son accouchement sous d’autres latitudes que la France. Je lui ai répondu très vite pour lui demander… Continuer la lecture

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La fausse couche, deuil périnatal – les témoignages de deux femmes

Deux témoignages dans ce long blog. Tous deux viennent de femmes qui ont vécu une « fausse couche », une grossesse arrêtée alors qu’elle était désirée. Toutes deux m’ont écrit à quelques jours d’intervalle. La première, Lilly, me l’a envoyé à l… Continuer la lecture

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A propos de l’allaitement au sein – un échange entre E. et Martin Winckler

« Je lis avec intérêt votre dernier livre, C’est mon corps. J’avais déjà lu votre livre Les Brutes en blanc et il m’est arrivé de consulter votre blog.Je tenais d’abord à vous remercier pour toutes les informations précieuses que vous nous donnez sur pl… Continuer la lecture

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Comment faire quand un patient refuse de voir un médecin pour des motifs (apparemment) racistes ?

 Une internaute m’a écrit ce message à la suite de l’article précédent : « Est-il donc si aberrant de vouloir choisir son médecin ? » J’ai lu votre article sur le choix de son médecin avec beaucoup d’intérêt.Cette demande de choix racial s… Continuer la lecture

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Est-il donc si aberrant de vouloir choisir son médecin ?

NB : Je rappelle que désormais, sur ce blog, tous les termes pouvant désigner des personnes de toutes les genres sont utilisés sous la forme féminine (et parfois féminine-plurielle). ———S’il est une liberté dont chacune de nous voudrait touj… Continuer la lecture

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Que faire pour éviter qu’une échographie endovaginale soit (perçue comme) un viol ?

NB : Je rappelle que désormais, sur ce blog, tous les termes génériques pouvant désigner des personnes de toutes les genres sont utilisés sous leur forme féminine (et parfois féminine-plurielle). ——————-Pour le code pénal français… Continuer la lecture

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Pourquoi j’ai tenu de manière bénévole un site d’informations sur la santé pendant 17 ans

En août 2020, cela fera 17 ans (août 2003) que le Winckler’s Webzine existe. Il est auto-entretenu, auto-financé. A défaut d’être totalement objectif (il ne peut pas l’être), dans les limites d’une régulière remise à jour de son contenu, il peut revendiquer d’être aussi précis que possible, indépendant et engagé. Il va bientôt changer de peau, et se refaire une jeunesse. 

A plusieurs reprises, des internautes se sont étonnées que j’entretienne ce site bénévolement, et que j’y ai donné autant d’informations gratuitement. 

Pourquoi faire un site d’information gratuit (et sans publicité) ?
Bonne question. Je ne peux pas dire que je ne me la suis jamais posée – je me la suis posée de nombreuses fois, d’autant que tout le temps que je passe à répondre, je ne le passe pas à écrire des articles ou des livres qui pourraient, eux, me rapporter de l’argent.

Mais je n’ai pas créé un site d’informations pour mon seul plaisir, ni par vocation sacrificielle, ni par masochisme. Je pense que ce site a (eu) une fonction importante, pour moi et ceux/celles qui le fréquentent. Je vais tenter de préciser lesquelles.
Plus d’infos » Continuer la lecture

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Ne fais pas médecine !

Il m’arrive régulièrement de recevoir des messages de personnes de tous âges (surtout des femmes, allez savoir pourquoi) qui se demandent si « elles ont raison de se lancer dans des études de médecine ». Elles me confient que des médecins le leur on… Continuer la lecture

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Comment faire pour soigner ? – une conversation lancée par « Dr Vagin »

NB : Je rappelle que désormais, sur ce blog, tous les termes qui désignent des personnes de toutes les genres sont utilisés sous leur forme féminine (et parfois féminine-plurielle). ————–Pendant la pandémie, on continue à souffrir d’autre… Continuer la lecture

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Etudes de médecine : comment « passer à côté » de l’autre – par Robert Montarski

« Robert Montarski » (c’est un pseudo) est étudiant en médecine en France. Il m’a envoyé ce texte, que je publie volontiers. En ces temps de coronavirus, il n’est pas inutile de rappeler que la formation des soignant.es laisse encore beaucoup à… Continuer la lecture

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Quand on est étudiant.e, que faire face à la maltraitance ?

Une étudiante en médecine m’a écrit… « Je suis encore au début du cursus, mais le hasard et la chance ont fait que j’ai déjà eu une expérience hospitalière, en tant que patiente puis à travers une mission d’un an en service civique dans un servic… Continuer la lecture

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Lettre d’une femme en colère à une gynécologue maltraitante

J’ai reçu aujourd’hui (14 février 2020) un message d’une internaute qui me dit ceci :J’ai vécu hier, avec ma fille de 18 ans, une expérience violente avec une gynécologue qui nous a humiliées. J’ai dormi deux heures cette nuit, grâce à cette dame. Je v… Continuer la lecture

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Refus de stérilisation : les médecins qui n’annoncent pas la couleur à l’avance sont des crapules indignes d’exercer

La stérilisation volontaire est légale depuis la loi du 4 juillet 2001. Oui, vous avez bien lu. Cela fera bientôt 20 ans que la loi permet à toute personne majeure de se faire stériliser par ligature des trompes ou vasectomie, avec pour unique conditio… Continuer la lecture

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« Tu comprendras ta douleur » – un livre pour toutes les personnes qui veulent comprendre pourquoi on a mal

NB : Je rappelle que désormais, sur ce blog, tous les termes qui désignent des personnes de toutes les genres sont utilisés sous leur forme féminine (et parfois féminine-plurielle). Au milieu des année 1980, alors que j’étais rédacteur à la revue … Continuer la lecture

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La fabrique des Brutes en blanc commence la première année – par MZ/MW

Aujourd’hui, 29 août 2019, une internaute m’envoie un article de La Montagne datant du 28 : « Bizutage, harcèlement et injures : des étudiants en médecine à Clermont-Ferrand dérapent sur Facebook. » Au-delà de la situation lo… Continuer la lecture

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Adoption et procréation assistée pour tou.te.s ?

Une internaute m’écrit (je résume) : A la suite de la lecture du billet de Laurent Joffrin en réaction au livre de Sylviane Agacinski, je souhaiterais connaître votre position sur à la « PMA pour toutes ». Elle semble être présentée comme une m… Continuer la lecture

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Du soin et des opinions politiques des professionnelles de santé

(NB : dans ce blog, désormais et dorénavant, presque toutes les plurielles et beaucoup de singuliers sont accordées au féminin.)***Je lis ce jours-ci, grâce à un rappel d’@aron_julien (Merci, Julien !), qu’en mars 2017, la majorité des généralistes se … Continuer la lecture

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Méningiomes provoqués par l’Androcur : une patiente raconte et crée une association

Comme la plupart des femmes, vous ne savez pas ce qu’est un méningiome. Jusqu’en août 2017, je ne le savais pas non plus. Comme la plupart des femmes, vous prenez la pilule contraceptive, ou un médicament qui permet de réduire les soucis gyn… Continuer la lecture

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L’étudiante en médecine qui m’a soigné – par Marc Zaffran/Martin Winckler

Pendant l’été 1976, entre ma 2e et ma 3e année de médecine (je n’avais jamais eu de contact avec des patientes encore), j’ai traversé les Etats-Unis en bus Greyhound. New York, NY – Indianapolis, IN – Minneapolis, MN – Billings, MT – Portland, OR – San… Continuer la lecture

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La vaccination universelle contre les HPV n’est ni justifiée scientifiquement, ni urgente. Et les « personnalités » qui appellent à la faire sont bardées de conflits d’intérêts…

Il ne se passe pas de semaine sans que des internautes me demandent s’il « faut » vacciner leurs filles contre le HPV.J’ai déjà répondu il y a longtemps à ce sujet sur mon site professionnel.Récemment, une cinquantaine de « personnalités » ont appelé … Continuer la lecture

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Le corps d’une femme, enceinte ou non, n’appartient qu’à elle

Les adversaires de l’IVG (quels que soient leurs motifs) déploient habituellement deux types d’arguments pour contester les droits d’une femme à interrompre sa grossesse. »Et les droits du père biologique, alors ? » Le premier concerne le père biolo… Continuer la lecture

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« L’Ecole des soignantes » – un roman pour proposer d’autres modèles du soin et de son apprentissage

Le 7 mars 2019, trente ans presque jour pour jour après avoir publié mon premier roman, La Vacation, POL publie L’Ecole des soignantes, nouveau roman « médical ». Si j’en parle ici, c’est bien sûr parce qu’il porte (presque) le même titre que ce blog, et… Continuer la lecture

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Scènes de la maltraitance médicale ordinaire (parmi bien d’autres) – un témoignage de patiente.

Un témoignage reçu par Baptiste Beaulieu et que son autrice m’autorise à publier. C’est l’histoire d’un interne. Appelons le C. Il s’occupe de moi depuis mon entrée et son attitude est de pire en pire. Je suis exigeante allez vous me dire ? … Continuer la lecture

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Les gants – par Florence Braud

J’ai froid.J’ai peur.Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive.Je suis assise au bord du lit, dans cette chambre plongée dans la pénombre, et j’attends. Mais ce lit n’est pas le mien. Je ne connais pas cette chambre. Et je ne sais pas ce que j’attends.Deux… Continuer la lecture

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Les vrais spécialistes de la santé des femmes, ce sont les généralistes – par Marc Zaffran/Martin Winckler

Le débat autour de la clause de conscience à l’égard de l’IVG fait rage, et je me suis déjà exprimé deux fois sur le sujet, sur ce blog (dans le billet précédent) et sur le média en ligne AOC.Si je reviens là-dessus aujourd’hui… Continuer la lecture

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S’il est difficile d’accéder à l’IVG en France, ce n’est pas à cause de la « clause de conscience » invoquée par quelques gynécologues

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas faire de « gynéco-bashing ».Mais la récente colère devant l’impossibilité pour les femmes d’obtenir une IVG à l’hôpital de La Flèche (Sarthe) mérite d’être examinée.Cette colère se porte en premier sur le refus … Continuer la lecture

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Comment appelle-t-on une « Ecole » qui « forme » les médecins à la prescription des médicaments … de l’industriel qui la finance ?

Imaginez, si vous voulez bien, une entreprise du médicament. Appelons-la WoPharma.(Le « Wo » veut dire « World ».) WoPharma est spécialisée dans la commercialisation de médicaments destinés à soigner les maladies cardio-vascula… Continuer la lecture

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Le syndicat des homéopathes en plein déni de la réalité scientifique

En 1983, année où je suis devenu l’un de ses rédacteurs, La Revue Prescrire commença une série de publications consacrées à l’homéopathie. Aujourd’hui, on peut lire ce document destiné au public, et pour s’assurer que ce n’est pas u… Continuer la lecture

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Est-ce que les examens gynécologiques sont « forcément » douloureux ? – par Marc Zaffran/Martin Winckler

Un soir de l’été 2001, sur France 2, j’ai entendu M. Cymès déclarer « Hors de la pilule, il n’est point de bonne contraception ». J’étais en train de mettre la dernière main à Contraceptions mode d’emploi, près de 500 pages qui disaient … Continuer la lecture

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« Voici comment j’aimerais être soigné.e » – 3

La suite des témoignages reçus après l’appel du 1er juillet.MW***Je suis une femme de 57 ans, souffrant de douleurs chroniques depuis l’âge de 8 ans, et d’une très grande fatigue avec troubles neurologiques depuis 1999. Je souffre d’encéphalo… Continuer la lecture

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Voici comment j’aimerais être soigné.e – 2

La suite des témoignages reçus après l’appel du 1er juillet.MW***Je suis Pauline, j’ai vingt-trois ans bientôt. Je suis une femme qui croque la vie à pleines dents, souriante, joyeuse et rigolote. Je suis ambulancière de profession, j’aime mon métier.&… Continuer la lecture

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Voici comment j’aimerais être soigné.e – 1

Je transcris ici les premiers témoignages reçus depuis l’appel du 1er juillet. Je les publie sans signature, afin de protéger l’anonymat des personnes qui m’ont écrit.MZ/MW****Je suis une femme de 50 ans et suis atteinte d’une neuropathie des peti… Continuer la lecture

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« Voici comment j’aimerais être soigné.e. » (Un appel à témoignages).

Les soins ne peuvent pas être délivrés à la satisfaction des personnes soignées sans que celles-ci disent ce qu’elles attendent ou redoutent, ce qu’elles veulent ou ne veulent pas. Un gouvernement, un ministère ne peuvent pas définir à eux seuls c… Continuer la lecture

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Quelques suggestions aux étudiant.e.s en médecine qui désirent soigner les femmes sans être sexistes – par Marc Zaffran/Martin Winckler

Le rapport sur le sexisme et les violences en gynécologie et obstétrique, rédigé par le Haut Conseil à l’Egalité des femmes et des hommes, vient d’être publié. Il est lisible dans son intégralité ici, je vous laisse le découvrir. Le HCEfh y fait d… Continuer la lecture

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Un.e soignant.e devrait *toujours* croire une personne qui dit « J’ai mal » – par Marc Zaffran/Martin WInckler

« Une personne qui dit « J’ai mal » ne devrait jamais être soupçonnée de mentir ou d’exagérer. Les soignant.e.s devraient toujours la croire. Il y a de nombreux arguments pour l’affirmer solennellement : – des raisons médicales :… Continuer la lecture

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Le « flux instinctif libre » est-il dangereux ? – une conversation en ligne

Je viens d’avoir un échange en ligne avec une journaliste, et je la retranscris ici (avec des modifications, des ajouts, des précisions). MW Bonjour, Je suis journaliste et prépare un papier sur le flux instinctif libre. J’aimerais vous poser… Continuer la lecture

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A propos de « Avez-vous un bon médecin ? » de Philippe Humbert

Cher Philippe Humbert 

Merci de m’avoir fait envoyer votre livre Avez-vous un bon médecin ? (Fayard, 2017, 384 p.) en format PDF. 

Cette attention me touche, et pour lire régulièrement vos interventions sur Twitter, je subodore depuis un certain temps que nos démarches respectives ont des points communs, en particulier la dénonciation des médecins qui ne font pas leur travail en conscience et celle des institutions qui maltraitent les soignant.e.s. et les patient.e.s.  

Cependant, quand j’ai vu passer la couverture de votre livre, son titre, son sous-titre et le bandeau qui l’accompagne (« Le Docteur House français ! »), je dois dire que je me suis gratté la tête de perplexité. 


« 40 histoires extraordinaires  pour ne plus passer à côté du bon diagnostic ». (Saviez-vous que Pierre Bellemare est mort ces jours-ci ?)  

Au vu du titre, du sous-titre et du bandeau, on est en droit de se demander à qui s’adresse le livre : Aux médecins ? Aux usager.e.s – qui aimeraient bien faire le bon diagnostic tou.te.s seul.e.s ? Aux spectateurs de téléséries et par ailleurs fans de Greg H. (J’en fais partie...) ? 


Quand j’ai reçu le PDF, hier, j’ai commencé par scruter le sommaire. Je le fais toujours. Le sommaire me semble être un élément très important pour appréhender un ouvrage de sciences humaines qui se veut à la fois polémique, informatif et pédagogique. 


Je n’en veux pour preuve que les ouvrages publiés dans les pays anglophones. Le sommaire y est toujours placé en début d’ouvrage, et il annonce immédiatement le contenu du livre, sa construction, le ton général, et bien d’autres choses. J’ai construit mes propres livres sur ce principe. 

Dans le vôtre, le sommaire est à la fin. Je le reproduis ci-dessous. 

La première partie s’intitule « Avez vous un bon médecin ? » 



Il y a tout plein de choses avec lesquelles je suis d’accord, à première vue. Sans doute pas avec le ton des titres de chapitres, qui me semble un peu condescendant et très simplificateur, mais en tout cas avec le fond de beaucoup. Je suis particulièrement sensible aux titres des chapitres 7, 8, 11, 13 et 15. 

Il y a aussi un certain nombre de choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord du tout. 

Par exemple, je ne pense pas, comme le suggère votre sommaire, qu’un « bon » médecin doit commencer par questionner (Quand on pose des questions, on n’obtient que des réponses…) mais par écouter ; je ne pense pas qu’un examen clinique complet est toujours  obligatoire ou nécessaire ; je ne crois pas non plus que le fait de garder son calme en toutes circonstances soit donné à tout le monde, et je me garderais bien de disqualifier quelqu’un parce qu’il a perdu son calme. Ou parce qu’il a prescrit (en toute bonne foi, sous l’influence de forces qui le dépassent) un médicament inutile. 

Par ailleurs, je ne lis nulle part dans le sommaire de cette partie les mots « Mon médecin respecte mes convictions » ou encore « Mon médecin me respecte en tant que personne« . D’ailleurs la recherche du mot « respect » dans toute cette partie se solde par une seule mention de ce mot en rapport avec les patient.e.s – p 127, dans la phrase « De tels comportements, que je déplore et qui ne respectent pas le malade dans ce qu’il est ». 
Dans tout le reste du livre, le mot « respect » est réservé à tout autre chose – et principalement à celui qu’on doit aux médecins. 

C’est une mauvaise habitude, sans doute, celle de quelqu’un qui lit et écrit beaucoup : je vois facilement les mots qui sont dans un texte, mais je vois aussi ceux qui n’y sont pas (ou qui se cachent). 

Ainsi, quand j’écris, j’ai souvent recours à la fonction « chercher » pour savoir comment j’ai utilisé certains mots. (Le logiciel de correction « Antidote », que j’utilise souvent, est également très pratique et éclairant pour ça. Il m’aide à ne pas (trop) me répéter.)

De même, quand j’ai affaire à un livre en PDF, il m’arrive souvent de rechercher certains mots. Leur utilisation en dit souvent long sur le contenu d’un texte, les idées qu’on y trouve (ou non)… 


Alors, j’ai fait cet exercice avec le vôtre. 
Voici le résultat de mes recherches au travers des 384 pages de votre ouvrage. 

Pas de surprise : les mots « diagnostic » et « traitement » sont omniprésents. Comme d’ailleurs les mots « patient » et « malade ». 

L’expression « relation de soin », en revanche, n’apparaît jamais. L’expression « parcours de soin » une seule fois. Le mot « soin » quatre autres fois – presque toujours pour désigner le soin que le médecin prend « pour faire quelque chose » – mais jamais à soigner. 

Le mot « consentement » n’apparaît jamais. 
Le mot « pudeur » apparaît une seule fois. 

L’expression « secret médical » apparaît trois fois. Mais pas le mot « confidentialité » qui n’est cité qu’ en fin d’ouvrage à la mention : «  Pour des raisons de confidentialité et en vertu du secret médical, les noms et prénoms des personnes cit.es dans cet ouvrage ont été modifiés. » 

Le mot « confiance » apparaît plusieurs fois, toujours pour désigner celle que le malade doit au médecin (jamais l’inverse). (« Mais le malade, lui, ne doit pas douter. Il doit faire confiance. » – p. 277). 

Le mot « collaboration » n’apparaît que deux fois dans le livre. Le mot « coopération » pas une seule. 

Le mot « expertise » apparaît une demi-douzaine de fois, toujours pour désigner un médecin. (Pas de « patient-expert » dans la deuxième partie… Un patient n’est-il donc jamais expert de sa vie et/ou de ses affections ? ) 

Le mot « compétence » n’apparaît que quatre fois, dont une note en bas de page consacrée à des « centres de compétence ». (p. 203)
Le mot « échange » apparaît dans le chapitre « Mon médecin échange suffisamment avec ses confrères » et, ailleurs dans le texte, une fois concernant un laboratoire pharmaceutique (!), deux fois au sujet d’un.e patient.e.  

Le mot « partage » n’apparaît jamais. Le verbe « partager » trois ou quatre fois – mais il ne s’agit pas de la relation de soin. 

Le mot « soignant » une seule fois, dans l’expression « personnels soignants »… 

Le mot « soigner », deux fois. Le mot « guérir », huit. 

Le mot « soutien » deux fois – dont une pour parler de thérapeutes, de sophrologues, de psychologues mais pas pour parler d’un médecin. 

Le mot « compréhension » apparait cinq ou six fois, mais il ne s’agit jamais de celle du médecin face à la personne, le plus souvent celle (réelle ou non) de la personne face à ce que lui dit le médecin. 

Le mot « bienveillance » est aux abonnés absent. Tout comme les mots « racisme », « sexisme », « discrimination », « exclusion », « pauvreté », « intelligence », « préjugé », « justice », « autonomie », « non-malfaisance »… Le mot « maltraitance » non plus. Alors même que votre livre s’ingénie à dire ce qu’est le comportement d’un « bon médecin », vous semblez éviter soigneusement de dire ce qui ne l’est pas.  

Dans votre livre, le mot « éthique » n’apparaît pas une seule fois. (Pas une !!!) 
Le mot « dignité » non plus. 

Tout ça, je le rappelle, en 384 pages. A titre de comparaison (je me la permets parce que vous l’avez mentionné avant de m’envoyer votre ouvrage), Les Brutes en blanc en a 364. Tous ces mots y figurent, je vous laisse apprécier à quelle fréquence. 

Cela m’a plongé dans la perplexité. Comment pouvez-vous penser que nos démarches sont similaires quand des mots qui me semblent fondamentaux et que je martèle à toutes pages de mes livres n’apparaissent pratiquement pas dans le vôtre ? 
(Non, les mots ne sont pas « que » des mots.) 

Les titres de la deuxième partie et de ses chapitres m’ont, je vous le dis franchement,  mis très mal à l’aise. 




D’abord son titre : « Etes vous un bon patient ?  » 
WTF ???? comme on écrit au Canada… 

Qu’est-ce qu’un « bon » patient, Philippe Humbert ? Où en avez-vous lu la définition, les critères, les obligations déontologiques ? 

Quant aux titres de chapitres, alors que ceux de la première partie pouvaient encore passer pour une manière d’énoncer des critères de qualité, ceux de la seconde sont, ni plus ni moins, une suite de commandements ! 

Déjà, le « Je » en tête de chaque phrase est stupéfiant. Ce « Je » au début de ce-qu’il-faut-que-le-patient-fasse, c’est celui de l’instituteur d’autrefois. 

Et il  annonce tout ce qui suit. 

« J’apporte toutes mes analyses à mon médecin. » – Au nom de quoi ? Rien n’impose à une personne de confier toutes ses informations médicales à qui que ce soit – y compris à « son » médecin. Le secret médical existe entre médecins et les informations d’une personne donnée n’ont pas à être partagées avec chaque médecin qu’elle rencontre, si elle ne le désire pas. 

« Je n’omets aucun renseignement, même le plus anodin » – Depuis quand une personne qui consulte un médecin devrait-elle lui confier tout ce qu’elle sait, sent ou ressent d’elle-même ? Pourquoi une personne devrait-elle tout dire à un inconnu ? Quelle place peut-il y avoir pour le désir élémentaire  de se protéger que toute personne est en droit d’avoir ? Un médecin est-il donc un confesseur à vos yeux ? 

« Je ne change pas mon traitement de mon propre chef« . Ah, bon ?!! J’ai des effets secondaires et je n’arrête pas de prendre le médicament qui les provoque ? Je suis diabétique ou je souffre de douleurs cancéreuses et je ne modifie pas la quantité d’insuline ou de morphine que ma pompe délivre ? 

« Je ne crois pas aux idées reçues. »  Quel jugement de valeur… Parlez vous seulement des idées reçues véhiculées dans le public ou aussi de celles que bon nombre de médecins font courir ou entretiennent 

« Je ne confonds pas effets secondaires et contre-indications ». Autant dire qu’un.e patient.e doit en savoir plus que « son » médecin – et même, parfois, que ce qui est inscrit sur la notice. Il est vrai que vous affirmez (p. 271) : « Tout patient éduqué est apte à comprendre la classe

du traitement qu’il prend. » 
C’est ce qu’on appelle un discours élitiste. 

‘ »Je laisse à mon médecin le temps de la réflexion« . C’est bizarre, j’ai pas vu l’équivalent pour le patient, dans la première partie… 

Le titre qui, à mes yeux, remporte le pompon est « Je respecte les silences de mon médecin« . 
Dans le chapitre en question, vous racontez sans aucune gêne comment vous avez intimé une patiente au silence : « S’il vous plaît, gardez le silence tant que je n’ai pas levé la plume de l’ordonnance et que je ne vous ai pas redonné la parole. » (p. 299) 

Plus loin, vous écrivez : « Sans les silences forcés que j’avais enfin obtenus, je n’aurais certainement pas réussi à mener ma consultation  jusqu’à son terme de la façon la plus exhaustive possible, abordant tous les points de la maladie. »

C’est clair, il ne s’agit pas des silences du médecin, mais de ceux qui s’imposent aux patient.e.s. (Le chapitre est d’ailleurs longuement « consacré » à une femme « logorrhéique ». Le mot n’apparaît que pour cette patiente. Jamais pour un homme…) 

Dans les messages personnels que vous m’avez adressés pour me proposer de m’envoyer votre livre, vous disiez, très amicalement : 

 » J’ai lu nombreux de vos livres et je vous félicite. Je soutiens ce que vous avez écrit dans les brutes en blanc et encore il y a tellement de choses à dire.  »

Et aussi : 
« Nous avons une vision assez similaire des choses en médecine. »

C’est tout aussi amicalement qu’après avoir exploré votre livre et aussi lu environ cent cinquantes pages, prises un peu partout,  je me permets de vous répondre : 

Je ne doute nullement de vos convictions ou de votre volonté de dire ce qu’est un bon médecin.

Cependant, votre livre est essentiellement une suite d’anecdotes puisées dans votre expérience et (ça ne passe pas inaperçu) vos réussites. Ce qu’on appelait autrefois les « beaux diagnostics » ou (dans le secret des clubs réservés aux médecins) des « histoires de chasse ». 

Ce n’est pas du tout une réflexion morale  sur la relation de soin (ni même sur la relation médecin-patient, expression qui n’apparaît qu’une seule fois, page 17). 

Ce n’est pas un livre qui remet en question le statut social du médecin – et en 2018, c’est très problématique. 

Le plus problématique pour moi est la nature de votre approche, manifestement paternaliste, comme en témoigne, toujours page 17, la phrase qui résume toute la deuxième partie : « … le patient doit absolument apprendre à être un bon patient. » 

Je ne doute pas non plus que beaucoup de personnes bénéficient de vos soins et de vos attitudes, de votre engagement et de vos efforts. Et loin de moi l’idée de suggérer qu’elles ont tort de le faire. 

Je n’irai pas jusqu’à vous demander de mettre à l’oeuvre le titre de votre chapitre 14. Je ne doute pas que vous vous êtes remis beaucoup en question, au cours de votre carrière. Je doute, cependant, que cette remise en question porte sur les problèmes que je m’efforce de soulever. 

Car, comme vous l’avez compris, nous n’avons pas une « vision similaire » des choses. 

Votre démarche est respectable,  je suis convaincu que votre livre a de nombreux/ses lectrices et lecteurs et je vous remercie vivement de me l’avoir adressé et fait lire. 

Toutefois – et j’en suis désolé – je ne pourrai pas en chanter les louanges.

Bien à vous 

Marc Zaffran/Martin Winckler 




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Il serait temps de cesser d’avoir peur des patient.e.s (et de son ombre) – par Marc Zaffran/Martin WInckler

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