Archives de l’auteur : Docteurdu16

Octobre noir : c’est reparti.

Tous les ans cela recommence et tous les ans les ministres de la santé, qu’ils soient bachelotien, tourainiste ou buzynien, nous sortent la même soupe mensongère avec des arguments fallacieux, erronés, paternalistes, médisants, méprisants.Et tous les a… Continuer la lecture

Publié dans CANCER DU SEIN, OCTOBRE NOIR, octobre rose | Commentaires fermés sur Octobre noir : c’est reparti.

Peter Gøtzsche est viré de la Cochrane.

Peter GøtzscheComme tout le monde je suis un lecteur (pas émérite) des articles de la Collaboration Cochrane. Comme tout le monde, ou presque, je retiens surtout les conclusions qui vont dans le sens de ce que je pense et j’oublie ou mets du temps à co… Continuer la lecture

Publié dans cochrane, GÖTZSCHE PETER, papillomavirus | Commentaires fermés sur Peter Gøtzsche est viré de la Cochrane.

Homéopathie et doyens des facultés de médecine. La médecine m’inquiète : microf(r)ictions 86

La conférence des doyens se prononce pour l’enseignement universitaire de l’homéopathie et des médecines alternatives et intégratives. Voir ICI.Nous voilà bien.Devrait-on s’inquiéter dans d’autres domaines de la médecine académique ?Pour un enseignemen… Continuer la lecture

Publié dans doyens, homéopathie, médecine | Commentaires fermés sur Homéopathie et doyens des facultés de médecine. La médecine m’inquiète : microf(r)ictions 86

Homéopathie et santé publique : the single-bullet theory.

Assassinat de JFK : the single-bullet theoryLa guerre picrocholine entre anti et pro homéopathie devient risible (Picrochole étant le syndicat des homéopathes et Grandgousier, je vous laisse choisir pour ne pas faire de jaloux, Wargon, Et un peu de neu… Continuer la lecture

Publié dans 124, Fakemeds, homéopathie, MAGIC BULLET | Commentaires fermés sur Homéopathie et santé publique : the single-bullet theory.

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (87)

Jérôme Cahuzac fait des TIG comme médecin généralisteTrois billets de blogs (écrits pas des médecins généralistes) sont parus récemment et leur pertinence illustre de façon saisissante l’état de la médecine en ce moment.Le lien d’intérêt est évident : … Continuer la lecture

Publié dans BRUIT DES SABOTS, HIPPOCRATE ET PINDARE, IATROPATHOGENICITE, ICEBERG, MEDECINE GENERALE, PERINO LUC | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (87)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (88)

Lecteur de La Revue Prescrire producteur de pertes de chances pour ses patients.Je lis ici ou là sur twitter des propos anti La revue Prescrire (ICI).Ce n’est pas nouveau.Les lecteurs on eu droit à tout : ayatollahs, intransigeants, sectaires, gauchist… Continuer la lecture

Publié dans LA REVUE PRESCRIRE, PERTE DE CHANCE, REVUE PRESCRIRE | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (88)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (89).

Sur twitter nous avons l’insigne honneur de pouvoir lire les propos d’un oncologue anonyme et nous sommes contents de pouvoir lui faire de la publicité car il s’agit d’un médecin hors pair, d’un pédagogue accompli, un empathique exceptionnel, en bref, … Continuer la lecture

Publié dans Anonymat, BIG ONCO, corruption, FAKE MEDECINE, Fakemeds | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (89).

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (90)

Voici donc ce que prétendent les 124 (ou l’un d’entre eux) à propos de leur mouvement. Je rappelle que le régime du concordat existe toujours en Alsace-Moselle.Faut-il être assez ignorant pour penser que la médecine serait une sorte d’entité hors … Continuer la lecture

Publié dans 124, EGLISE DE DEPISTOLOGIE, FAKE MEDECINE, homéopathie | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (90)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (91)

Monsieur Agnès Buzyn et Madame Yves Lévy.Nos « amis » anglais, nous ne pouvons que nous en méfier.L’éditorial du Lancet en anglais (ICI) et en français s’il vous plaît (LA), dénonce la propension de la haute administration française à gérer l’entre-soi d… Continuer la lecture

Publié dans BUZYN AGNES, Inserm, Lancet, LEVY YVES | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (91)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (92)

L’affaire du Nutriscore refusé par la représentation nationale est emblématique du peu de cas que l’on fait de la santé publique non médicale en France et du peu de cas que les médecins font de ce qui n’est pas strictement médical en santé publique ou,… Continuer la lecture

Publié dans BRAILLON ALAIN, HERCBERG SERGE, NUTRISCORE, obésité, Santé publique | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (92)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (93)

Le déremboursement retardé des médicaments prétendument anti Alzheimer illustre à merveille les problèmes soulevés par Cifu et Prasad in : Ending Medical Reverse. Voir ICI et LA.Sur quelles bases scientifiques les AMM sont-elles accordées.Pourquoi le s… Continuer la lecture

Publié dans Alzheimer, ANTI ALZHEIMER, MICRO FRICTIONS | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (93)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (94)

94Madame A, 89 ans, vient de décéder au décours d’un cancer de l’œsophage prothésé en novembre 2017. Rien à dire sur le suivi, sur les traitements, sur les soins palliatifs à domicile (une association), sur le suivi des aidants. Quelques courriers d’on… Continuer la lecture

Publié dans MICRO FRICTIONS, SUR TRAITEMENT | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (94)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (95)

95Les laboratoires Servier ont encore la cote chez les cardiologues. Ou plutôt : les cardiologues, dont le président de la Société Française de Cardiologie, acceptent sans barguigner leur argent.Un article bien documenté (j’ai vérifié) (ICI) rapporte u… Continuer la lecture

Publié dans MICRO FRICTIONS, Servier, SOCIETE FRANCAISE DE CARDIOLOGIE, SPONSORING | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (95)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (96)

100 % des pratiques homéopathiques sont non validéesMais qu’en est-il de l’évaluation des pratiques médicales standardisées et/ou consensuelles non homéopathiques ? Nous envisagerons ici les pratiques « admises » et non les pratiques « innovatrices » non e… Continuer la lecture

Publié dans ETUDES VALIDEES, MICRO FRICTIONS, PRATIQUES NON HOMEOPATHIQUES | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (96)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (97)

Le professeur David Khayat, oncologiste, est un éminent médecin.Les aliments anticancer du Pr David KhayatPar   Martine Betti-Cusso    Mis à jour le 07/10/2013 à 10:33   Publié le 12/09/2013 à 17:18Pour lire… Continuer la lecture

Publié dans FAKE MEDECINE, KHAYAT DAVID, MICRO FRICTIONS | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (97)

La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (98)

98Madame C, quarante-et-un ans, est venue accompagner sa fille pour un vaccin. En fin de consultation :  » Ah, docteur, vous pouvez me prescrire une mammographie, ma gynécologue a oublié et je dois la faire tous les deux ans. – Vous avez quelqu’un de vo… Continuer la lecture

Publié dans LE PATIENT A TOUJOURS RAISON, mammographie, MICRO FRICTIONS | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : microf(r)ictions (98)

La médecine m’inquiète : micro f(r)ictions (99)

Le Tintoret (1519 – 1594)  – Autoportrait (1547)99″Madame B, cinquante-deux ans, dont tu es le médecin traitant, est venue me consulter après son passage aux urgences non programmées de la clinique pour des précordialgies atypiques… L’examen que… Continuer la lecture

Publié dans Cardiologie, LE TINTORET, MEDECINE DEFENSIVE, MICRO FRICTIONS | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : micro f(r)ictions (99)

La médecine m’inquiète : micro frictions.

Mademoiselle A, vingt-huit ans, a perdu son bébé. Aux urgences où elle se rend on lui fait une péridurale pour « régulariser ». La péridurale, selon la patiente, ne « marche » pas. Elle commence par se faire engueuler … Continuer la lecture

Publié dans FAUTRIER JEAN, LA MEDECINE M'INQUIETE, MICRO FRICTIONS | Commentaires fermés sur La médecine m’inquiète : micro frictions.

Un livre épatant pour comprendre le complexe médico-industriel US : The Danger Within Us.

Le livre de Jeanne Lenzer, The danger within us, est un bijou. Ecrit pour le grand public et dans un style volontiers journalistique, il raconte l’histoire d’un patient épileptique qui a lutté et a fini par survivre (mais à quel prix !) à l’industrie a… Continuer la lecture

Publié dans CORRUPTION PHARMACEUTIQUE, DISPOSITIFS MEDICAUX, FDA, LENZER JEANNE, VNS | Commentaires fermés sur Un livre épatant pour comprendre le complexe médico-industriel US : The Danger Within Us.

La mortalité infantile à Mantes-La-Jolie.

Petit retour sur les fondamentaux de la santé publique à l’occasion de la parution du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires et les politiques de la ville. Quel rapport, me direz-vous ? Parce que ce rapport, s’il dresse 19 programmes d’améliorat… Continuer la lecture

Publié dans BORLOO JEAN-LOUIS, MANTES-LA-JOLIE, mortalité infantile, Santé publique | Commentaires fermés sur La mortalité infantile à Mantes-La-Jolie.

Dédicace à Agnes Buzyn et à ses soutiens académiques et libéraux.

Les seuls médecins compétents sont ceux qui participent aux boards de l’industrie pharmaceutique, a dit Agnes Buzyn à propos des liens d’intérêt lorsqu’elle est arrivée à la HAS.(Les médecins ne devraient-ils pas porter des blouses qui identifient leur… Continuer la lecture

Publié dans BUZYN AGNES, liens d'intérêts, POTS-DE-VIN | Commentaires fermés sur Dédicace à Agnes Buzyn et à ses soutiens académiques et libéraux.

La médecine générale a été placée en soins palliatifs à domicile mais personne n’a dit la vérité au malade.

Je rappelle cette phrase de Jean-Pierre Dupuy (In : Petite métaphysique des tsunamis, Paris, Seuil, 2005) : Le prophète de malheur n’est pas entendu parce que sa parole, même si elle apporte un savoir ou une information, n’entre pas dans le systèm… Continuer la lecture

Publié dans MEDECINE GENERALE, RACISME, RAMEURS, Santé publique, Soins palliatifs | Commentaires fermés sur La médecine générale a été placée en soins palliatifs à domicile mais personne n’a dit la vérité au malade.

Un collectif de médecin demande l’interdiction professionnelle de tous les médecins qui n’appliquent pas la science…

Interdire de pratiquer l’homéopathie (et la mésothérapie et l’acupuncture et l’auriculothérapie et l’ostéopathie et la chiropraxie et…) dans les cabinets médicaux, interdire d’exercice ceux qui les manient et dérembourser les séances comme les produi… Continuer la lecture

Publié dans DISSOLUTION DU CONSEIL DE L'ORDRE, INTERDICTION PROFESSIONNELLE, PREMIER AVRIL | Commentaires fermés sur Un collectif de médecin demande l’interdiction professionnelle de tous les médecins qui n’appliquent pas la science…

L’homéopathie, la médecine sans les preuves qui cache la forêt de la mauvaise médecine.

Henri II guérissant des écrouellesLa pétition de 124 médecins contre les Fake Médecines suscite énormément de commentaires. Vous lirez la pétition  ICI.Je n’ai pas signé cette pétition.Pour de mauvaises raisons, sans doute.La plus mauvaise raison … Continuer la lecture

Publié dans FAKE MEDECINE, homéopathie, pétition | Commentaires fermés sur L’homéopathie, la médecine sans les preuves qui cache la forêt de la mauvaise médecine.

Quelques brèves nouvelles désabusées sur l’Etat de la médecine.

L’Etat de la médecine.

1. Les recommandations en cancérologie sont biaisées (aux Etats-Unis d’Amérique)

Cancer treatment guidelines produced by the US NCCN are often based on low quality evidence or no evidence at all, concludes study.
Une étude conclut que les recommandations thérapeutiques produites par le NCCN (National Comprehensive Cancer Network américain) sont souvent fondées sur des preuves de faible qualité ou sans preuves du tout.


L’article est ICI.

En consultant le site de la NCCN, page d’accueil, on comprend combien cette organisation est big Onco dépendante. Cela donne le tournis. Et ce, d’autant plus que ces recommandations ouvrent le droit aux remboursements par les mutuelles.

Je reproduis une partie de l’abstract et l’article est en accès libre.

Results 47 drugs initially approved by the FDA between 2011 and 2015 for adult hematologic or solid cancers were examined. These 47 drugs were authorized for 69 FDA approved indications, whereas the NCCN recommended these drugs for 113 indications, of which 69 (62%) overlapped with the 69 FDA approved indications and 44 (39%) were additional recommendations. The average number of recommendations beyond the FDA approved indications was 0.92. 23% (n=10) of the additional recommendations were based on evidence from randomized controlled trials, and 16% (n=7) were based on evidence from phase III studies. During 21 months of follow-up, the FDA granted approval to 14% (n=6) of the additional recommendations.

Quand on connaît déjà la facilité avec laquelle la FDA accorde ses AMM…

Mon désir d’être bien informé est en ce moment en désaccord avec mon désir de rester  sain d’esprit.

2. Les patchs de lidocaïne hors AMM ne sont pas efficaces

L’utilisation de patchs de lidocaïne à 5 % dans les douleurs neuropathiques n’a pas fait la preuve de son efficacité dans des essais contrôlés. Voir Cochrane : LA.

Je suis cependant surpris par la conclusion de Cochrane (en 2014) :

This review found no evidence from good quality randomised controlled studies to support the use of topical lidocaine to treat neuropathic pain, although individual studies indicated that it was effective for relief of pain. Clinical experience also supports efficacy in some patients. Several large ongoing studies, of adequate duration, with clinically useful outcomes should provide more robust conclusions about both efficacy and harm.

Peut-on encore écrire (en 2014) que l’expérience clinique (i.e. le doigt mouillé) et des études particulières (i.e. non contrôlées, avec petit effectif, sans validité statistique) puisse « supporter » l’efficacité d’une molécule chez certains patients ?  Il s’agit a) de l’effet placebo (jusqu’à preuve du contraire), b) de publicité pharmaceutique. Quant à l’argument souvent entendu, souvent répété, puisque cela soulage certains de mes patients (effet placebo), il ne faut pas hésiter à tenter le traitement, c’est un niveau de preuve équivalent à celui des partisans de l’homéopathie. 
Je ne saurais trop vous rappeler que la revue Cochrane n’est pas un texte sacré. Qu’il est encore et toujours possible (et nécessaire) de la critiquer et de ne pas être d’accord avec elle. C’est pareil, bien entendu, pour La Revue Prescrire.

3. L’efficacité de la vaccination anti grippale est très (très) problématique chez les personnes âgées de plus de 65 ans.

Formulons ceci de façon prudente en nous fondant sur les données actuelles de la science : Selon une revue Cochrane il n’existe pas encore d’éléments convaincants (i.e. des essais contrôlés de bonne qualité) pour affirmer que la vaccination anti grippale sauve des vies chez les personnes de plus de 65 ans.

Article Cochrane : LA. Cet article est une mise à jour d’une analyse publiée en 2010 (!) que les autorités santéales et politico-santéales des différents pays industrialisés (sauf la Pologne) n’avaient pas cru bon de prendre en compte pour des raisons qui ne sont pas seulement celles de la corruption financière. Nous pouvons en identifier un certain nombre d’autres (sans espoir d’être exhaustifs) : bêtise crasse, dissonance cognitive, refus de reconnaître ses erreurs, intérêts académiques (il est tout à fait intéressant que les intérêts académiques ne concernent pas seulement la médecine mais aussi la santé publique, la démographie, la sociologie, voire la philosophie car les spécialistes de ces différentes disciplines parlent d’une seule voix, celle de big vaccine — une analyse des textes publiés par un logiciel anti plagiat montrerait sans nul doute des similitudes très franches entre le discours de ces différents propagateurs de fausses nouvelles concernant la vaccination anti grippale et les éléments de langage des industriels).
Older adults receiving the influenza vaccine may have a lower risk of influenza (from 6% to 2.4%), and probably have a lower risk of ILI (symptômes ressemblant à ceux de la grippe) compared with those who do not receive a vaccination over the course of a single influenza season (from 6% to 3.5%). 

Older adults receiving the influenza vaccine may have a lower risk of influenza (from 6% to 2.4%), and probably have a lower risk of ILI compared with those who do not receive a vaccination over the course of a single influenza season (from 6% to 3.5%).

Cette revue Cochrane ne peut fournir aucun élément sur la mortalité et/ou sur la survenue de pneumopathies et/ou sur les hospitalisations. 

Dernier point : à la lumière des études publiées, il faut vacciner 30 personnes âgées de plus de 65 ans pour éviter un épisode de grippe « vraie » et 42 pour éviter des symptômes ressemblant à ceux de la grippe.

Un commentaire sur un blog Evidence Watch du BMJ : ICI.

Si vos chiffres sont corrects mon plan stratégique est irrationnel. La dissonance cognitive prend le contrôle. Vous êtes fâché avec les chiffres. Qu’est-ce que c’était, ce bruit ?

4. Doser une fois le PSA chez un homme de plus de 50 ans ne sauve pas des vies d’hommes.

Article paru dans le JAMA il y a quelques jours : ICI.
L’éditorial de Michael Barry est, comme à l’accoutumé, excitant. (LA)

Voici ce que l’on peut retenir de l’article lui-même :
« Among practices randomized to a single PSA screening intervention vs standard practice without screening, there was no significant difference in prostate cancer mortality after a median follow-up of 10 years but the detection of low-risk prostate cancer cases increased. Although longer-term follow-up is under way, the findings do not support single PSA testing for population-based screening.« 

Nous répétons cela depuis des années mais.

5. Les opiacés ne marchent pas mieux que le paracétamol dans certaines indications.

Les indications : douleurs rachidiennes persistantes, douleurs inflammatoires du genou ou de la hanche. C’est un essai du JAMA qui le dit : ICI.

« Treatment with opioids was not superior to treatment with nonopioid medications for improving pain-related function over 12 months. Results do not support initiation of opioid therapy for moderate to severe chronic back pain or hip or knee osteoarthritis pain.« 
Et voici un commentaire intéressant qui se situe dans l’optique des problèmes que rencontre les Etats-Unis d’Amérique avec les opiacés : LA. Non seulement les opiacés ne sont pas supérieurs au paracétamol mais ils aggravent la situation.

Ainsi, on se rend compte qu’il est certes nécessaire de déprescrire mais, plus encore de ne pas prescrire.


Continuer la lecture

Publié dans DOSAGE DU PSA, opiacés, paracétamol, RECOMMANDATIONS CANCER, VACCINATION ANTI GRIPPALE INEFFICACE, VERSATIS | Commentaires fermés sur Quelques brèves nouvelles désabusées sur l’Etat de la médecine.

Médecine et société : le monde moderne (et ancien).

1

On me raconte l’histoire suivante : un patient (très âgé) est hospitalisé pendant deux jours dans une clinique privée pour pose d’un pace-maker après un diagnostic (brillant) fait sans ECG par sa fille médecin. Tout se passe merveilleusement. Le jour de la sortie le chef de service passe dans la chambre. « Tout va bien ? » La fille du patient : « Heu, il commence à avoir des escarres. – Il n’a qu’à se lever. – Il porte une sonde urinaire. -Mais il y a longtemps qu’elle aurait dû être enlevée… » 
Le chef de service et la fille (médecin) du patient qui écoute parlent de choses et d’autres, la chambre de clinique située à côté du local de repos du personnel, la chambre du patient où l’on entrepose dans un coin du matériel et où le personnel soignant non médecin vient se servir sans un regard et sans un mot pour le patient, et cetera. 
La fille du patient conclut : « Vous êtes un excellent cardiologue mais un exécrable médecin. »

2

(Jonathan Nossiter est un type curieux, il écrit des livres, il tourne des films et il boit du vin. Je vous conseille de lire, si vous aimez le vin, un livre de lui (Le goût et le pouvoir) et de regarder deux films, Mondovino où il démonte le système Parker et La résistance naturelle où il vante les vins naturels (je n’ai pas dit bio))

Quoi qu’il en soit, il nous raconte l’histoire suivante : il va manger dans un restaurant tenu par un chef célèbre et à la mode. Nossiter est connu, il a pris une réservation à son nom. Il observe, il mange, il boit. Le chef sort de sa cuisine pour dire bonjour à la salle et vient parler à Nossiter : « Alors, c’était comment ? » Nossiter a observé, a mangé, a bu. Il répond ceci : » Tu es une excellent cuisinier mais un médiocre restaurateur. » Il voulait dire : accueil sans chaleur, désinvolture dans le service, peu d’intérêt pour le client. La cuisine du chef suffira.

3
Le patient  a rendez-vous à 8 heures 30 à la consultation de chirurgie viscérale d’un grand hôpital parisien. Il arrive à 7 heures et demie, il est le premier et la dame de la caisse lui dit que la consultation commence effectivement à 8 heures 30. Le chirurgien arrive à 9 heures. La salle d’attente est pleine et le patient sait pourquoi : tout le monde avait rendez-vous à 8 heures 30 ! Le chirurgien regarde une jeune femme qui est assise et qui est arrivée bien après notre patient et lui dit de le suivre. Sans explications.
Ce n’est pas le monde moderne, c’est encore le monde ancien : quand j’ai commencé les consultations de chirurgie à l’hôpital Cochin en 1977, tout le monde avait déjà rendez-vous à la même heure.

4
Un patient se fait enlever en ambulatoire une formation cutanée pour lequel son médecin traitant lui a parlé d’une très infime possibilité de cancer. C’est le dermatologue à qui il a été adressé qui officie dans son chic cabinet parisien.
Ambiance cosy mais agitée (beaucoup de monde).
Le patient demande au dermatologue de lui expliquer ce qu’il pense de la tumeur après l’ablation. Le dermatologue : « Je n’ai pas le temps. » Le patient : « Vous n’avez pas le temps ? – Non, on verra cela après. – C’est cancéreux ? » Le dermatologue s’en va sans répondre.
L’infirmière le conduit au comptoir pour payer. Il dit : « Je n’ai pas le temps de payer. On verra cela après. Au revoir. »
Quelque temps après il reçoit une note d’honoraires à son domicile (son médecin traitant l’a prévenu qu’il avait reçu l’anapath et que ce n’était pas cancéreux). Il n’y fait pas attention. Il est toujours en colère.
Quelque temps après sa femme reçoit une note d’honoraires le concernant.
Cette fois il écrit un courrier au dermatologue lui disant 1) qu’il ne paierait pas tant qu’il n’aurait pas reçu d’explications ; 2) qu’il pensait que le dermatologue avait rompu le secret médical en envoyant une note d’honoraires à sa femme ; 3) qu’il allait porter plainte au Conseil de l’ordre.
Plus de nouvelles.

C’était : Histoires avec paroles.

N’oubliez pas : l’alcoolisme tue.

;

Continuer la lecture

Publié dans empathie, MONDE MODERNE, Patients, professionnalisme | Commentaires fermés sur Médecine et société : le monde moderne (et ancien).

La médecine proche non industrielle.

Jeff Koons : l’art industriel

Le mercredi après-midi, c’est consultation libre.
C’est le seul moment de la semaine où je reçois sans rendez-vous.
(Entre 1979 et 2016, j’ai consulté sans rendez-vous tous les les après-midis, je me demande comment j’ai bien pu faire)
Il y a le plus souvent un monde fou.

13H30

(J’apprendrai au cours de l’après-midi qu’il y avait 11 personnes devant la porte, soit environ 9 patients, ce qui correspond grosso modo à une attente de deux heures et quart. Et comme les premiers consultants sont arrivés vers midi, je fais un salut discret aux urgentistes : bienvenue au club.

Je n’ai donc pas la possibilité de savoir qui je vais recevoir.)

Première personne (j’aurais dû écrire « Premier consultant » ou « Premier patient » mais comme les inclusifs/épicéniques auraient hurlé à la mort pour discrimination et que j’aurais dû écrire « Premie.è.re consultant.e » j’ai donc écrit « Personne », ce qui, sans nul doute, n’appauvrit pas la langue. Passons.)
Je vais donc chercher la première personne dans la salle d’attente.
 » C’est à qui ? »
Monsieur A se lève.
 » Bonjour Monsieur A.
– Bonjour docteur. »
13H45
Je vais chercher la deuxième personne dans la salle d’attente.
« C’est à qui ? »
Madame B se lève.
« Bonjour Madame B.
– Bonjour docteur. »
Deux personnes se lèvent (non, je n’ai pas écrit : « Comme un seul homme », trop connoté genriste) : « Docteur, c’est sur rendez-vous cet après-midi ?
– Non. Pourquoi ?
– Ben, parce que vous appelez les gens par leur nom, on a cru qu’ils avaient rendez-vous… »
Cela se répète souvent, ce genre de réflexions.
Je n’en tire aucune conclusion.
Je vous renvoie à un billet que j’ai écrit sur les bracelets d’identité à l’hôpital qui fait toujours polémique : LA.
Le jour où, à l’entrée des Maisons Médicales on attribuera des bracelets d’identité…

Continuer la lecture

Publié dans BRACELETS, IDENTITOVIGILANCE, MEDECINE PROCHE | Commentaires fermés sur La médecine proche non industrielle.

Les blogs médicaux en 2017 (ils sont indispensables. Tout comme twitter)

Cette année, comme les autres années, je ne pouvais imaginer de ne pas lire les blogs médicaux (pour les autres, je n’ai pas le temps de commenter) : comment s’informer autrement sur le fondement, sur les fondamentaux, de notre métier ?

J’ajoute que la lecture des blogs médicaux de qualité est devenue indispensable tout autant que l’abonnement à twitter.

Les deux media se complètent. L’auteur d’un billet de blog fait savoir sur twitter qu’il a publié ou les lecteurs d’un billet de blog signalent la parution d’un billet. Les commentaires du billet apparaissent plus sur twitter que sur le blog pour des raisons de support.

Le plus excitant est ceci : un article paraît, par exemple, dans un journal avec comité de lecture. Et les commentaires de cet article, soit trop longs pour être publiés in extenso sur le site de la revue font l’objet d’un billet de blog, soit trop courts, soit trop polémiques, apparaissent en direct sur Twitter et avec un délai sur le site de la revue et parfois dans le numéro suivant de la revue quand elle n’est pas en ligne. Ainsi peut-on se faire une idée plus rapide des avis divergents sur un article. Voire approbateurs.

Avant cela je vous propose un site, ce n’est pas un blog, Cancer Rose, qui combat avec vigueur et détermination la désinformation sur le dépistage organisé du cancer du sein. C’était un peu brouillon, c’est devenu presque parfait. Vous pouvez les suivre sur TWT : @_CancerRose

Je tente de me limiter à deux billets par blog pour l’année 2017.

Pour la cardiologie, et la médecine, il y a Jean-Marie Vailloud  et son blog (ICI) (je ne reviendrai pas sur ses goûts pour les blindés, là, j’ai essayé de comprendre, j’ai mis en oeuvre toutes mes maigres ressources psycho-analytico-neuro-cognitives et j’ai renoncé) qui nous a donné depuis des années et sur de nombreux sujets des versions (presque) définitives de prêt-à-réfléchir (vous remarquerez que je n’ai pas écrit prêt-à-penser).
Il a écrit un très beau billet sur l’effet  nocebo (LA) et un billet très classique sur la bioéquivalence en pratique (ICI) qui fait écho à deux billets de Dominique Dupagne (cf. infra).
Sur ces deux points il y aurait des tonnes de trucs à raconter mais vous commenterez vous-mêmes : les seuls vrais commentaires sont ceux que l’on fait soi-même.

Dans la série je touche à tout, j’ai un angle d’attaque original, et je ne dis pas que des khonneries, il y a Dominique Dupagne (il dit quand même parfois des khonneries). J’ai bien aimé les deux billets sur le levothyrox et la bio-équivalence (LA).  ; j’ai surtout aimé les critiques méchantes sur le fait qu’il aurait écrit des approximations, qu’il aurait commis des erreurs (ce qui montre bien, ma brave dame, qu’un médecin généraliste devrait rester à sa place et ne pas s’aventurer sur des sujets cadenassés par les experts non cliniciens), parce que la façon qu’il a eu de les intégrer dans sa réflexion a montré que les experts non cliniciens n’ont pas compris que la bio-équivalence n’était pas un concept clinique mais un critère de substitution comme un autre pour faire croire que la générication du monde était une réussite. (La comparaison entre ce qu’a écrit Vailloud et ce qu’a écrit Dupagne sur le même sujet ne laisse pas d’ailleurs de m’étonner… A vous de voir).
Mais le billet qui m’a le plus « interpelé au niveau de mon vécu » c’est celui ci : Le dépistage du K du colon est-il utile ? (ICI)  Car j’ai été touché au fond. De quoi s’agit-il ? Dominique Dupagne nous dit ceci : ouais, le dépistage du cancer du colon par la recherche de sang dans les selles ne diminue pas la mortalité globale mais, comme il y a peu d’effets indésirables (et il est vrai, c’est un mauvais argument, qu’à l’échelle d’une patiente, ce n’est pas évident…) eh bien, le jeu en vaut la chandelle. Ainsi, c’est mon commentaire, le dépistage organisé du cancer du colon ne sauve pas de vies mais, malgré son coût, il est licite de le proposer de façon « objective » aux patients.

Mais mon chouchou de cette année, même si je ne comprends pas tout, c’est @qffwffq :

Et le billet de l’année, pour moi, c’est celui consacré à l’équilibre, aux vertiges et à la neuro-ORL (avec un humour fou) : LA.
Mais aussi celui consacré à la kinésithérapie dans le Parkinson (je ne savais rien de tout cela) : ICI.
(je triche et je rajoute cet article tout en me méfiant car je n’ai pas vu de commentaires sur un sujet que je connais aussi mal et qui m’a fait penser, parfois, à Donald Winnicott — l’auteur ne prendra sans doute pas cela pour un compliment).
Voici un blog d’humeur, un peu coincé par moment, mais surtout un blog d’amoureux de la médecine : perruche en Automne. Ce qu’il écrit sur la néphrologie est dévastateur : on se demande où étaient les professeurs pendant nos cours de néphrologie. 
Cet article basique (et à la fois remarquablement érudit) sur les thiazidiques est parfait : ICI. Quant à celui sur la kaliémie il laisse rêveur et performatif : LA.
Je me suis limité à 2 billets pour ne pas lasser mais perruche en automne @sburtey est très prolixe sur l’obésité, l’HTA et la néphrotoxicité.
Je l’ai souvent cité mais, au delà des polémiques, l’incontournable blog de Marc Girard.

Une réflexion déjà ancienne sur la médicalisation, et sur tout ce que dissimule cette aliénation : la vie, la sexualité, la mort…

J’ai eu du mal à choisir et je retiendrai 2 articles fameux pour cette année :
Pour en finir avec l’aluminium et la fameuse myofasccite à macrophages : http://www.rolandsimion.org/spip.php?article287
et le classement sans suite des plaintes contre les pilules de troisième et quatrième génération : http://www.rolandsimion.org/spip.php?article386

Je n’oublie pas, et il ne s’agit pas d’un classement hiérarchique, les blogs superbes de

Sylvain Fèvre : ASK. Et sur twitter @sylvainASK. Son blog allie la compétence du médecin praticien, l’érudition et la saine rébellion contre les injustices et les incongruités du système de soin.
Je choisi donc deux articles :
l’un concerne le dépistage désorganisé du cancer du sein : ICI.
et l’autre la vaccination : LA.

Jean-Baptiste Blanc : Chroniques d’un jeune médecin quinquagénaire. Et sur twitter : @Dr_JB_Blanc

Le meilleur article de l’année 2017 : sur les chiffres de la grippe. Lumineux. ICI. Un reproche : il se fait rare car il a une façon tellement évidente de raconter les choses et, surtout, ses illustrations sont toujours ad hoc et reproduites partout.

Le blog de Médicalement Geek (@Dr_Agibus sur TWT) est une mine de renseignements sur tout ce qui paraît ici et ailleurs. Un travail énorme de compilation. Un reproche : parfois un peu trop académique au sens respectueux. Indispensable pour se tenir au courant des recommandations et de l’opinion avisée des médecins généralistes enseignants.

Hippocrate et Pindare sont dans un bateau.

Ce blog ne cesse de répéter un discours humaniste sur la médecine et les patients et, ce faisant, dénonce les compromissions, les exactions, les autoritaires (et les autoritarismes), les malfaisants, les marchands de rêves et les marchands tout court.

Pour raisons de santé. Le blog de Luc Perino a fait, selon moi, des progrès incroyables. Il est devenu plus juste et moins péremptoire. Et un peu moins sensationnaliste. Je dirais même que c’est le seul endroit dans le journal Le Monde où l’on peut lire des informations médicales intéressantes et vérifiables. Il a écrit 37 billets en 2017.

Un peu à part, le site, ce n’est pas un blog, du Formindep, qui informe.

J’encourage DocGomi, docteur niilde, bruitdessabots, Michel Arnould et autres à plus publier. Cela nous ferait plaisir.

S’abonner à Le club des médecins blogueurs paraît être une priorité pour tout médecin installé, pour tout doctorant, pour toute personne qui souhaiterait « faire » médecine.

Je voudrais dire un mot de L’école des soignants de Martin Winckler. Tout a été dit sur Winckler. L’affaire de son livre dénonçant les brutes en blanc a fait déborder le vase en suscitant de violentes réactions de partout et même de la part de ses anciens amis (ICI). J’ai plusieurs fois essayé d’écrire un billet sur lui, ce que j’avais déjà fait à propos de la contraception (LA). Il est nécessaire de le lire car, au delà de sa haine profonde de tout ce qui n’est pas lui, il dit des choses qui doivent nous faire réfléchir. Malgré que j’en eusse, je lis Le Figaro et Le Monde diplomatique. 

Pour ceux qui lisent l’anglais médical :

Des Spence est un médecin généraliste écossais qui publiait dans le BMJ

Il publie désormais dans Pulse et il a écrit 5 articles en 2017, tous aussi remarquables. ICI.

Sa successeure dans le BMJ écrit de remarquables articles dans le BMJ où elle défend bec et ongles la médecine générale : ICI. Il s’agit de Margaret McCartney. Elle écrit des livres que j’ai commentés parfois sur ce blog : LA.

Pour ceux que l’oncologie intéresse, et pas seulement en tant que spécialité, mais comme paradigme de ce qui se passe en médecine : inflation des prix, études biaisées, AMM accélérées, critères de substitution, main-mise de big Pharma sur les institutions, industrialisation de la médecine… le blog de Bishal Gyawali est étonnant de fraîcheur et de connaissances.
Il est publié de façon peu pratique dans e cancer : LA. On peut le suivre sur TWT : @oncology_bg
Je garde pour la fin le blog de Richard Lehman, un must depuis de nombreuses années, qui balaye le champ de la médecine toutes les semaines avec une compétence et un so British humour qui donnent envie : LA.
Mais, last but not least, n’oubliez pas le blog médico-politique de Christian Lehmann : En attendant H5N1. Indispensable. On peut le suivre sur TWT : @RichardLehman1

En sachant qu’il vient de publier un article brillant dans AOC : Obligation vaccinale, un pari orwellien. On peut le suivre sur TWT : @LehmannDrC

Quant à ceux que j’ai oubliés, qu’ils ne me pardonnent pas.

LISEZ LES BLOGS MEDICAUX !

Continuer la lecture

Publié dans BLOGS MEDICAUX, twitter | Commentaires fermés sur Les blogs médicaux en 2017 (ils sont indispensables. Tout comme twitter)

L’histoire des gants et des blouses.

Il faut se méfier du bon sens en médecine.

Lors de la pseudo pandémie de grippe AH1N1 on avait dit, tout le monde disait, que les mesures barrières, se laver les mains, porter un masque, ne se discutaient pas. Comme la vaccination et le tamiflu. Il paraît clair que se laver les mains après avoir examiné un malade, se laver les mains avant d’examiner un patient, sont de bonne clinique. Mais il ne faut pas confondre la théorie et la pratique, c’est à dire la réalité des « vraies » circonstances de la vie avec de « vraies » gens.
Récemment la ministre de la Santé a déclaré, au nom du bon sens, que la vaccination antigrippale obligatoire, elle était pour. Elle n’a pas d’essais concluants, elle n’a que sa croyance, elle n’a que ses bonnes intentions. Les bonnes intentions ne sont pas suffisantes.
Laissez moi vous raconter une histoire récente.
Celle des gants et des blouses.

Je l’ai pêchée dans l’excellentissime livre de Cifu et Prasad, Ending Medical Reversal (ICI).
Les deux auteurs rapportent au chapitre 5 que ce ne sont pas seulement des traitements, des procédures, des tests ou des matériels qui sont administrés à des patients, des centaines de patients, voire des millions de patients alors que l’on n’est pas certains qu’ils sont efficaces, voire même que  certains sont persuadés, l’Arrogance Based Medicine, qu’ils sont certainement efficaces avant même de les avoir testés et, bien plus, qu’il n’est donc pas nécessaire (voire dangereux, une perte de chance affirment-ils) de les tester.

On découvre chez un patient hospitalisé pour leucémie, Monsieur A, que sa peau est infectée par un entérocoque résistant à la vancomycine (et à d’autres antibiotiques). Monsieur A ne présente aucune pathologie liée à cet entérocoque qui vit sur sa peau comme un commensal, ainsi que d’autres bactéries.

Branle-bas de combat : afin de protéger les autres patients de cet hôpital et éviter la propagation de cette bactérie, mais pas pour protéger Monsieur A, les médecins et les infirmières qui le soignent doivent désormais, avant d’entrer dans sa chambre, revêtir une blouse jaune en papier et enfiler des gants.

Monsieur A est énervé par cette procédure. Pour de nombreuses raisons.

Bien qu’enfiler une blouse et des gants ne dure qu’une minute, cela a l’air d’embêter tout le monde.
Il remarque que ceux qui respectent l’esprit de la procédure se comportent différemment, soit en faisant très attention, soit en s’asseyant sur son lit au risque de contaminer leurs pantalons.

Il y en a qui oublient la procédure, qui entrent en vitesse pour régler la perfusion ou aller déposer/chercher un plateau repas ou qui s’asseyent et parlent.

Mais aussi : il suspecte que les médecins viennent moins souvent le voir et notamment cette jeune femme médecin qui avait pris l’habitude, avant de rentrer chez elle, d’aller le voir, de s’asseoir et de parler. Désormais elle lui fait un hello derrière la vitre.

Monsieur A demande un jour à un médecin combien coûtent les blouses et il lui répond « plusieurs dollars », ce qui lui paraît exagéré car ce ne sont, selon lui, que des serviettes en papier géantes.

Un soir il trouve une étude sur internet qui montre que les médecins vont moins souvent voir les patients en isolement. Cela confirme ce qu’il pensait mais il se dit qu’il peut tolérer cela puisque cela protège d’autres patients.

Monsieur A meurt de sa leucémie un an après que le diagnostic a été porté.

Par la suite deux articles sont publiés qui l’auraient mis en colère.

En 2011, des auteurs montrent que ce même type de procédure (blouse et gants) ne diminue pas la transmission d’entérocoques vancomycine résistants ou se staphylocoques dorés methicilline résistants dans des services de soins intensifs (étude contrôlés avec 3000 patients, 19 centres) : voir ICI.
Une deuxième étude d’une tout ausi grande importance montre la même chose : voir LA

Monsieur A avait donc raison d’être énervé : les mesures barrières qui ont été mises en place ne servaient à rien pour les autres malades et lui ont pourri la vie.

Cet exemple est typique des procédures systèmes qui sont implantées avant même que l’on sache si elles atteignent leurs objectifs et qui, selon une évaluation avant/après (sans études contrôlées) dans un centre, sont généralisées à un pays tout entier.

Mais le pire : malgré des preuves contraires de leur efficacité, les procédures systèmes de bon sens, ici les mesures barrières, ne sont pas abandonnées par leurs partisans parce qu’elles auraient pu marcher si elles avaient été faites différemment ou étudiées autrement. C’est un vieil argument.

Les procédures systèmes adoptées après un essai dans un seul hôpital jugé par des chiffres avant/après (sans groupe témoin) entraînent des dépenses inutiles, un gaspillage de temps et, surtout, empêchent de s’intéresser à d’autres procédures qui pourraient, elles, être efficaces (comme l’utilisation de lingettes de désinfection : voir LA)

Cele ne vous fait pas penser à plein de trucs inutiles, que l’on continue à faire, par habitude, par croyance ou pour ne pas importuner les chefs qui ne peuvent admettre leurs erreurs (sinon en les imputant à leurs subordonnés).

Continuer la lecture

Publié dans CIFU ADAM, ENDING MEDICAL REVERSAL, MESURES BARRIERES, PRASAD VINAY, PROCEDURE SYSTEME | Commentaires fermés sur L’histoire des gants et des blouses.

Bonne année 2018 et bilan 2017.

Voici ce que l’on aurait pu retenir de l’année 2017 :

  1. Il n’est plus possible de nier l’effarant sur diagnostic du cancer du sein et ses conséquences désastreuses, le sur traitement des femmes (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie), et le chiffre de 50 % rapporté par une récente étude néerlandaise (voir LA), pour abasourdissant qu’il soit, confirme ce qu’a toujours affirmé (à partir de données solides) Peter Goetzsche de la Nordic Cochrane (LA, par exemple). Il est urgent de reconsidérer le dépistage organisé du cancer du sein chez les femmes de 50 à 74 ans. Comme site spécialisé le site Cancer Rose est une référence en français, voir ICI.
  2. Agnès Buzyn est définitivement la représentante de ce que j’appelle le complexe santeo-industriel et la propagatrice de ce que Marc Girard nomme, à la suite encore de Peter Goetzsche (Gøetzche Peter. 2013, Deadly Medicines and Organised Crime: How Big Pharma has Corrupted Healthcare. Radcliffe.), la criminalité médico-pharmaceutique. Toutes les actions de la ministre sont en outre marquées par le sceau du mandarinat arrogant et sans réplique et de l’entre soi parigo-parisien de l’AP-HP et du septième arrondissement réunis. Elle défend l’hôpital contre les soins premiers, elle soutient l’industrie pharmaceutique avec une indécence inouïe (allant jusqu’à refuser le déremboursement de médicaments inefficaces et dangereux comme les pseudo anti Alzheimer), elle est au centre de la calamiteuse décision de la onze-vaccination obligatoire des nourrissons en utilisant des arguments fallacieux et en travestissant une conférence dite citoyenne, elle nie les effets indésirables du dépistage organisé du cancer du sein (voir le point 1.), elle nomme des copains et des coquins aux postes de responsabilité, elle valorise les liens et conflits d’intérêts. Ce qu’elle entreprend est pire que ce que nous avions anticipé (ICI). Mais mous aurons l’occasion d’y revenir.
  3. La dérive de l’oncologie, telle que ses pratiques sont organisées à partir des autorisations de mise sur le marché de produits anti cancéreux aux Etats-Unis d’Amérique, prend une tournure mafieuse : des produits qui n’améliorent pas l’espérance de vie (ou de 3 mois en moyenne) sont commercialisés à des prix étourdissants sur des critères de substitution dont le plus fameux est le Progression Free Survival à la base d’essais cliniques de non infériorité ou d’essais pratiqués dans des pays en développement avec un bras placebo indigne ; des produits autorisés sans essais contrôlés, des produits autorisés sur la base de bio marqueurs et non sur l’histologie… Ainsi des oncologues peuvent-ils prescrire des médicaments inefficaces en promettant de l’espoir (on peut se demander si les oncologues sont encore des soignants) et en entraînant des souffrances atroces et des effets indésirables indignes, sans demander l’avis des patients. (Progression Free Survival : c’est une nouvelle notion, mais surtout un nouveau critère d’essai clinique, qui signifie que le patient a survécu et que la tumeur n’a pas progressé — la progression étant définie par une augmentation de 20 % de la taille de la tumeur mesurée au scanner : il y a PFS si le patient est vivant avec une augmentation de 19 % ou une réduction de 16 % ! Le problème vient de ce que le PFS ne prédit pas une augmentation globale de survie.)
  4. L’affaire Levothyrox est une métaphore fantastique sur l’état de délabrement des esprits de ceux qui pratiquent le système de santé français : les experts pharmacologues qui n’ont jamais vu un malade, les experts cliniciens qui n’ont jamais écouté un malade, les agences gouvernementales qui savent a priori ce qu’est un malade et comment il ne va pas réagir (ou réagir), les cliniciens qui prennent ce qu’ils ne comprennent pas pour de la khonnerie émanant d’un malade a priori « chiant » ou dérangé, les TSHologues qui cultivent la politique des critères de substitution (si la TSH est bonne, la patiente n’a qu’à fermer sa goule, c’est qui le chef ?) comme les psychiatres qui jugeraient de l’état d’un.e patient.e sur un simple taux de sérotonine, les journalistes qui chassent le scoop, les associations de patient.e.s qui se tirent dans les pattes et qui n’ont donc pas, par la grâce empoisonnée d’être malade, la vérité révélée, les politiques qui n’écoutent que le bruissement des sondages, les pharmacie.nnes qui donnent des leçons de médecine derrière leurs comptoirs protégés pour ne pas lever le secret médical, les docteur.e.s qui n’arrivaient rien compris à la bio-équivalence ou qui, après avoir compris ou fait semblant de comprendre, ne comprennent toujours pas que c’est une notion bidon, les autres médecin.e.s qui parlent de marge thérapeutique étroite alors qu’il s’agit sans doute d’une maladie à fluctuation évolutive large ou, mieux, d’une maladie pour laquelle la zone de corrélation clinico-hormonale normale est très imprécise (et qui ne s’en étaient pas formalisés avant), les commentateur.e.s qui ne se sont pas rendu compte qu’il y avait à la fois un sur diagnostic, un sur traitement, et une réponse différente au traitement selon que les patient.e.s n’en avaient pas besoin, souffraient d’un cancer de la thyroïde opéré, irradié ou non, d’un Basedow après traitement éradicateur ou d’une thyroïdectomie (ou d’une hémithyroïdectomie) pratique pour des raisons bizarres ou imprévues ou inconnues, mais surtout :  il y avait des praticien.nes qui ignoraient ce qu’était l’effet nocebo ou un nocebo (ce n’est pas pareil) et qui en profitent désormais pour acculer les patient.e.s dans les cordes à cause de ce phénomène universel tout comme les patient.e.s expert.e.s refusent qu’on en parle pour ne pas se faire traiter de crétin.e.s parce que certain.e.s malades pourraient être accusé.e.s d’y avoir succombé et que cela ruinerait leurs théories sur les excipients cliniquement actifs ou sur le dogme de la corrélation TSHémie/humeur… Enfin, l’affaire Levothyrox, mais il faudrait développer, espérons que nous aurons l’année 2018 pour développer, enfonce le clou de la catastrophique aventure des génériques pour les patients, les pharmaciens et les médecins (l’écriture inclusive vient d’en prendre un coup).
  5. La santé publique est entrée définitivement dans le monde de la grande distribution. On ne pourra plus revenir en arrière. Les lobbys industriels et politiques verrouillent la question. Ils placent leurs pions aux postes clés de l’Etat et surtout dans les agences gouvernementales (avec la bonne vieille pratique du pantouflage : ICI). Ils arrosent. Ils organisent les hôpitaux (et les cliniques) comme des entreprises, imposant un manageriat industriel, une culture du rendement, une politique des indices, à base de flux tendu, de reporting, de sous-effectifs, de salaires de misère pour les « apprentis » (i.e. les internes), d’utilisation de travailleurs étrangers pour boucher les trous (et y compris les médecins)… Ils organisent l’industrialisation des cliniques appelées désormais hôpitaux privés et contrôlées par de grands groupes financiers. Ils favorisent la multiplication des examens complémentaires qui conduisent au sur diagnostic, au sur traitement, à l’incidentalome, en implantant des scanners, des IRM, des pet-scans… Ils organisent les conférences de consensus à l’origine de recommandations (guide-lines) toujours autant prescriptrices et dévoreuses de ressources. Ils financent les associations de patients pour pouvoir disposer d’un levier sentimental sur les pouvoirs publics. Ils détruisent consciencieusement la médecine libérale et la médecine générale en particulier, ce qui aura d’incalculables conséquences sur la santé publique… Le regroupement des médecins dans des maisons de santé situées en périphérie rappelle tant ce qu’est devenu le commerce mondialisé…  Les lobbys favorisent les mutuelles qui, initialement solidaires deviennent assurancielles, et cela va entraîner la faillite complète du système et/ou l’impossibilité pour certains types de populations de se faire pratiquer des examens inutiles et coûteux. Je m’arrête là pour ne pas lasser l’auditoire.
  6. L’arrogance de la médecine, celle qui pouvait prétendre contre toute raison (et notamment contre les travaux des épidémiologistes non à la botte des autorités académiques), que nous vivions dans les pays « développés » un âge d’or de la santé publique grâce aux progrès de la médecine, en prend un coup : l’espérance de vie à la naissance est en train de stagner, voire de reculer (aux Etats-Unis d’Amérique depuis deux ans consécutifs : «  “And the key driver of that is the increase in drug overdose mortality.”« ) dans certains sous-groupes populationnels ; quant à l’espérance de vie en bonne santé, son déclin est amorcé dans tous les pays développés. Cette arrogance de la médecine est un phénomène bien connu des marketeurs, cela s’appelle la sur promesse. Et cette sur promesse va conduire au point suivant : puisque les médecins ne peuvent ou ne veulent assumer les désirs de la société (immortalité, indolence, scanners à répétition) les non médecins, les gestionnaires, les apprentis sorciers, les citoyens vont dire aux médecins ce qu’il doivent faire, « j’ai envie de », et, à la fois se tourner vers des techniques ou des traitements non éprouvés ou insuffisamment évalués, tester la médecine non officielle, et cetera. Pour assouvir ses désirs.
  7. Une médecine sans médecins. Le rêve grandiose du complexe santeo-industriel est de pouvoir à terme se passer des médecins en tant que décisionnaires. Les financiers auront toujours besoin de médecins conseillers des princes et des industriels pour donner des idées, pour borner les discours, pour fournir des éléments de langage, pour endormir les consommateurs, pour publier des articles allant dans le sens des politiques pré définies par les accumulateurs de profits. Nous ne nions pas que les médecins aient creusé leur tombe tout seuls et qu’ils continuent de se tirer des balles dans le pied en embrassant l’intelligence artificielle, les robots opérateurs, la onze-vaccination obligatoire, la gestion des maisons médicales de soins par les mairies, les préfets ou l’ARS  ou la télé médecine, nous n’ignorons pas que la gestion des hôpitaux et des cliniques par les médecins n’était pas irréprochable (mais c’était la médecine alapapa) mais nous sommes certains que la gestion de ces mêmes hôpitaux et cliniques par les gestionnaires (qui, auparavant, travaillaient dans les yaourts ou dans l’industrie automobile) est calamiteuse.
  8. L’inintérêt de certaines pratiques médicales et de standards de soin (non démonstration de leur efficacité voire démonstration de leur nuisance) a été dévoilée dans 46 % des cas à partir  d’essais cliniques contrôlés publiés par Cifu et Prasad (Ending medical reversal, 2005, pp 83-87). Et quand le faisceau de preuves est suffisant pour les invalider, rien ne change : voir point 1.) mais aussi : LA. Il est grand temps a) de ne pas généraliser des pratiques sans qu’elles aient été démontrées IRL ; b) de remettre en cause  celles qui ont fait la preuve de leur inefficacité et/ou de leurs nuisances.
  9. Les associations de patients sont une autre face du consumérisme de la santé publique. Donner la parole publique aux patients est indispensable quand on sait avec quel mépris condescendant on les a laissés pendant des décennies. On ne les informait pas par ignorance et on a continué à ne pas les informer par arrogance. Mais il s’avère, au delà des polémiques sur les associations de patients et leur financement, au delà des controverses sur la parole médiatisée des patients (cf. point 4) et leur utilisation compassionnelle ou non, qu’il n’est pas possible de ne pas écouter et comprendre. Les soignants devraient réfléchir à cette situation : quand ils deviennent malades, quand ils souffrent d’une maladie qu’ils connaissent pour l’avoir traitée chez des patients, leur regard change, ils se rendent compte de faits, de détails, de sensations qu’ils ne pouvaient qu’ignorer, et ils regardent les patients avec un autre regard. Et ils changent leur pratique sauf si leur pratique est uniquement fondée sur des intérêts pécuniaires.
  10. Le pouvoir inégalé de l’Eglise de Dépistologie. Cette Eglise a un pouvoir considérable de nuisance dans la société. Son credo bienveillant, s’attaquer à la maladie avant qu’elle n’apparaisse (et il arrive que l’Eglise de Dépistologie ne soit pas d’accord avec l’Eglise de Préventologie) s’accompagne de pratiques non bienfaisantes, voire franchement malfaisantes. Rappelons notre athéisme dépistologique militant : un test de dépistage en cancérologie doit atteindre 3 objectifs : 1) il doit détecter des cancers précocément ; 2) il doit diminuer la mortalité liée au cancer qu’il recherche ; 3) il doit améliorer la survie globale c’est à dire diminuer la mortalité quelle qu’en soit la cause. Sinon… il faut l’abandonner. Je rappelle qu’à ce jour aucun test de dépistage de cancer n’a atteint les 3 objectifs.

 Gardons courage.

Bonne année 2018.

Continuer la lecture

Publié dans ARROGANCE, associations de patients, BILAN 2017, BUZYN AGNES, EGLISE DE DEPISTOLOGIE, ENDING MEDICAL REVERSAL, LEVOTHYROX, MEDECINE SANS MEDECINS, Oncologie, Santé publique, SUR DIAGNOSTIC DU CANCER DU SEIN | Commentaires fermés sur Bonne année 2018 et bilan 2017.

Cancer du sein : quelques chiffres sur le sur diagnostic.

Selon l’INVS il existe 54 000 nouveaux cas de cancers du sein par an en France (voir ICI).
On va dire qu’il s’agit de femmes.
Selon une étude néerlandaise il existe 50 % de sur diagnostics de cancers du sein (aux Pays-Bas).
Définition du sur diagnostic : diagnostiquer une maladie qui n’aurait jamais eu de conséquences sur la vie du patient, ni en termes de qualité de vie, ni en termes de morbidité, ni en termes de mortalité.
Imaginons que les Néerlandais se trompent.
Imaginons donc que l’INVS et les autorités françaises, qui ne reconnaissent (sous la torture) que 10 % de sur diagnostics de cancers du sein en France (et qui n’informent pas les femmes sur ce sujet, ou très mal, ou en catimini), ne se trompent pas.
Cela signifie (et de façon non cumulative) : 
Hypothèse 10 % : tous les ans 5 400 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Hypothèse 20 % : tous les ans 10 800 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Hypothèse 30 % : tous les ans 16 200 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Hypothèse 40 % : tous les ans 21 600 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Hypothèse 50 % : tous les ans 27 000 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Sans oublier que le bénéfice sur la mortalité globale du dépistage organisé du cancer du sein est incertain. sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Pour savoir et pour imaginer  comment sortir de cette situation inacceptable : LA.

Continuer la lecture

Publié dans CANCER DU SEIN, SUR DIAGNOSTIC, SUR DIAGNOSTIC DU CANCER DU SEIN | Commentaires fermés sur Cancer du sein : quelques chiffres sur le sur diagnostic.

Edition spéciale : une étude néerlandaise montre un sur diagnostic de 50 % lors du dépistage organisé du cancer du sein sans bénéfice net sur la mortalité.


Quand réagira-t-on ?
Voici l’abstract de cet étude.
Je ne le traduis pas.
Ce n’est pas la peine de le traduire puisque ceux qui lisent et comprennent l’anglais n’en tiennent pas compte et que ceux qui ne lisent pas et ne comprennent pas l’anglais n’en tiennent pas compte.
Vous avez aussi le texte in extenso : ICI.

Abstract

Objective To analyse stage specific incidence of breast cancer in the Netherlands where women have been invited to biennial mammography screening since 1989 (ages 50-69) and 1997 (ages 70-75), and to assess changes in breast cancer mortality and quantified overdiagnosis.
Design Population based study.
Setting Mammography screening programme, the Netherlands.
Participants Dutch women of all ages, 1989 to 2012.
Main outcome measures Stage specific age adjusted incidence of breast cancer from 1989 to 2012. The extra numbers of in situ and stage 1 breast tumours associated with screening were estimated by comparing rates in women aged 50-74 with those in age groups not invited to screening. Overdiagnosis was estimated after subtraction of the lead time cancers. Breast cancer mortality reductions during 2010-12 and overdiagnosis during 2009-11 were computed without (scenario 1) and with (scenario 2) a cohort effect on mortality secular trends.
Results The incidence of stage 2-4 breast cancers in women aged 50 or more was 168 per 100 000 in 1989 and 166 per 100 000 in 2012. Screening would be associated with a 5% mortality reduction in scenario 1 and with no influence on mortality in scenario 2. In both scenarios, improved treatments would be associated with 28% reductions in mortality. Overdiagnosis has steadily increased over time with the extension of screening to women aged 70-75 and with the introduction of digital mammography. After deduction of clinical lead time cancers, 32% of cancers found in women invited to screening in 2010-12 and 52% of screen detected cancers would be overdiagnosed.
Conclusions The Dutch mammography screening programme seems to have little impact on the burden of advanced breast cancers, which suggests a marginal effect on breast cancer mortality. About half of screen detected breast cancers would represent overdiagnosis.
Les femmes auront-elles un jour droit à une information honnête ?

Continuer la lecture

Publié dans CANCER DU SEIN, dépistage organisé, DEPISTAGE ORGANISE DU CANCER DU SEIN, mortalité, SUR DIAGNOSTIC | Commentaires fermés sur Edition spéciale : une étude néerlandaise montre un sur diagnostic de 50 % lors du dépistage organisé du cancer du sein sans bénéfice net sur la mortalité.

Ending medical reversal / Pour en finir avec les volte-face thérapeutiques en médecine

Je suis en train de lire Ending Medical Reversal de Vinayak Prasad et Adam Cifu dont je vous ferai sans doute un compte rendu complet. Et élogieux (j’ai des réserves sur certains points, bien entendu).
Les volte-face thérapeutiques ne sont pas ce que nous croyons intuitivement, c’est à dire, pour résumer : il existe des pratiques médicales que nous abandonnons parce qu’il est démontré ensuite qu’elles sont inefficaces ou parce que la science a trouvé mieux d’un point de vue efficacité et/ou conceptuel. Un exemple ? Un nouvel anti hypertenseur prouve qu’il fait aussi bien sur les chiffres tensionnels que le précédent mais il montre également qu’il protège la santé du patient : moins d’AVC, moins d’infarctus, et cetera. On peut dire que les données de la science ont évolué parce que le nouveau critère n’est plus Baisse de la pression artérielle mais protection cardiovasculaire.
Pour les deux auteurs, en finir avec les volte-face thérapeutiques signifie qu’il faut agir en amont pour éviter que des pratiques médicales ne deviennent la règle alors qu’elles n’ont pas démontré leur efficacité.

Ils insistent également sur ceci : quand il est démontré qu’une pratique largement répandue, et depuis de nombreuses années et sur des milliers ou des centaines de milliers de malades, n’est pas plus efficace qu’un placebo, elle n’est pas toujours abandonnée immédiatement. Pourquoi ?

Ils insistent encore sur ceci : quand il est avéré qu’une pratique fait plus de mal que de bien (le dépistage du cancer du sein par mammographie chez les femmes entre 40 et 49 ans) il est difficile de l’abandonner comme ça. On ne se demande pas pourquoi on l’a instituée mais comment on va faire pour la désinstituer sans perdre la face.

Mais il ne faut pas croire que cela n’arrive qu’aux autres, que cela n’est le fait que des institutions ou que c’est à cause de l’industrie pharmaceutique ou de l’industrie des matériels ou des méchants experts.

Je vous donne des exemples tirées de ma pratique.
Lors de mon installation en septembre 1979, mon dernier poste était Faisant Fonction d’Interne dans un service de neuro-chirurgie : les PL étaient mon domaine, et cetera. J’aimais bien manier les aiguilles.
Eh bien, au cabinet, j’ai très rapidement pratiqué des épidurales dans l’indication sciatique, des injections intra-articulaires de corticoïdes dans les genoux (comme d’ailleurs des infiltrations extra-articulaires : tendinite de la patte d’oie), et des infiltrations extra-articulaires des coudes (épicondylites). J’ai aussi infiltré des canaux carpiens, des aponévrites plantaires, et cetera. Sans oublier, et nous en reparlerons sans doute, les infiltrations intra et extra articulaires de l’épaule.
Aujourd’hui je ne pratique plus d’épidurales, non pour d’initiales raisons scientifiques mais parce qu’il y a déjà très longtemps j’avais vu que mon assurance civile professionnelle ne me couvrait pas. Je ne pratique plus d’injections intra articulaires dans le genou pour des raisons légales et pour des raisons scientifiques : cela ne « marche » pas. Je ne pratique plus, ou presque, d’infiltrations des épicondyliens après que j’ai expliqué au patient.e quels étaient les résultats à un an (autant de malades douloureux et impotents que les patient.e.s aient ou non été infiltré.e.s).
Je raconte cela avant-hier à l’un de mes collègue spécialiste. Il me dit ceci : il y a dix ans j’ai vu un orthopédiste qui m’avait demandé de le rappeler dans la semaine pour me faire opérer d’un ménisque. Je ne l’ai jamais rappelé. Je n’ai plus mal depuis dix ans. Je lui réponds ceci : il y a 9 ans j’ai fait une sciatique L4L5 hyper algique. Mes amis généralistes, rhumatologues, neurologues, tout le monde m’a dit que je devais me faire opérer. J’ai résisté. Aucun traitement antalgique ne me soulageait. J’ai tout arrêté. Je me suis arrêté de travailler huit jours. Mes muscles fondaient. Un collègue radiologue m’a infiltré dans l’espace foraminal (des études récentes ont montré que cela n’avait pas montré son efficacité) et 36 heures après je reprenais le travail. Un collègue médecin du sport m’a félicité de ne pas m’avoir fait opérer et il m’a donné des conseils d’auto kinésithérapie. J’ai un peu forcé et j’ai récupéré mon jambier antérieur en trois jours (et accessoirement mon quadriceps homolatéral car l’atteinte radiculaire était mixte). Je continue à faire du sport.
Ainsi, dans mon cabinet, et au delà des problèmes légaux, j’exerçais des pratiques qui n’avaient pas fait la preuve de leur efficacité mais qui me paraissaient intuitivement justifiées : Ego Based Medicine. Cela me valorisait, j’obtenais des résultats (rappelons que l’effet placebo est en moyenne de 30 % quelle que soit la pathologie et que dans le domaine de l’antalgie il peut atteindre 70 à 80 %), les gens se donnaient le mot, et cetera.
Je suis revenu en arrière.
Mais, je le rappelle, j’ai fait volte-face non parce que des pratiques justifiées ont été invalidées par la science et sont devenues injustifiées mais parce que des pratiques injustifiées ont été confirmées dans leur injustifiabilité.

La critique principale est celle-ci : s’il avait fallu attendre des justifications scientifiques pour l’utilisation de l’aspirine dans les céphalées ou en prévention cardiovasculaire on aurait laissé souffrir et/ou mourir beaucoup de gens. OK. Mais c’est aussi l’exception.

Voilà un début d’introduction à ce livre que je vous conseille d’acheter.

Continuer la lecture

Publié dans CIFU ADAM, effet placebo, MEDICAL REVERSAL, PRASAD VINAY, VOLTE-FACE | Commentaires fermés sur Ending medical reversal / Pour en finir avec les volte-face thérapeutiques en médecine

Quand le Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins menace.

Le docteur Patrick Bouet, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins (PCNOM), nouveau membre de l’Académie de médecine (on le félicite pour l’ensemble de ses titres et travaux), répond à un journaliste dans la revue médicale Le Généraliste, journal dont l’équilibre financier est assuré par la publicité pharmaceutique et je signale en passant aux commerciaux que j’en ai assez de la recevoir gratuitement dans ma boîte à lettres. 

Avant que de lire mes commentaires, lisez l’entretien, il est ICI.

Rappelons aussi qu’il est probable que cet entretien fait suite à la lettre ouverte que nous avons écrite et à la pétition qui a suivi :  voir LA

Le PNCOM nous dit d’abord qu’il faut que les médecins sachent que s’ils n’adoptent pas une attitude conforme aux données de la science ou s’ils mettent en danger les patients ils devront en assumer les responsabilités

Diable.
Nous sommes d’accord !

Mais.

J’ignorais que le PCNOM menât un combat sans relâche contre les médecins qui n’adoptaient pas une attitude conforme aux données de la science. Enfin, ça se saurait, on me l’aurait dit.
Ou alors.
J’avais certainement piscine quand le PCNOM a entamé des actions disciplinaires contre les gentils médecins qui ont prescrit Mediator pendant des années hors AMM et sans respecter les données de la science ; j’avais aussi piscine quand le PCNOM a poursuivi les gentils médecins qui prescrivaient le procubitus pour les nourrissons (600 morts par an), les gentils médecins qui pratiquent annuellement un frottis du col utérin chez des femmes sans facteurs de risque, les gentils médecins qui nient le sur diagnostic engendré par le dépistage organisé du cancer du sein (et les mutilations féminines qui s’en suivent), les gentils médecins qui accordent des AMM à des molécules anti cancéreuses qui n’ont aucune efficacité clinique significative selon le critère Amélioration de l’espérance de vie et qui mettent en jeu l’intégrité des patients, les gentils médecins qui ont conseillé (et qui continuent de conseiller) le dosage du PSA chez les hommes afin de dépister un cancer de la prostate sans aucun bénéfice sur la mortalité globale et au prix de mutilations masculines, les gentils médecins français qui, contre toute attente, prescrivent beaucoup (trop) d’antibiotiques…

sans oublier que notre PCNOM a dû, mais j’avais piscine, en se fondant sur les données de la science et sans céder à des considérations politiques et/ou commerciales, se prononcer pour le déremboursement des médicaments dits anti Alzheimer qui sont inutiles, nuisibles et dangereux (on me dit dans l’oreillette que ce n’est pas encore fait) et intenter une action contre la ministre de la Santé Madame Buzyn qui, contrairement aux données de la science et à l’intérêt des patients, a maintenu le remboursement….

Mais, Monsieur le PCNOM, j’assume mes responsabilités. J’attends sans peur que le PCNOM intente des actions de justice contre les signataires de la lettre ouverte adressée aux députés de la République. Je suis prêt à me défendre et à montrer que les arguments scientifiques sur lesquels repose cette  obligation vaccinale à 11 vaccins sont ténus et sans aucun rapport avec une menace sanitaire de grande ampleur, telle que vous semblez l’évoquer. Quant à restaurer la confiance, notre collègue Lehmann a montré combien le discours buzynien était avant tout un discours touchant à la novlang orwellienne : voir LA.
Vous avez également dit lors de cet entretien, je vous cite, « Créer l’obligation pour ces vaccins dont nous savons qu’ils protègent et sauvent des vies, c’est une action de santé publique. »

Connaissez-vous ces données ?
Les décès des enfants  de moins de 1 an : Les chiffres de 2008 montrent que 53 (1,6 %) des 3095 décès chez des enfants de moins de 1 an sont liés à des causes infectieuses et parasitaires (dont une partie seulement sont vaccinopréventables). Voir LA.

1 : Certaines affections d’origine périnatales (1557) dont complications de la grossesse (408), affections respiratoires (287),  affections hémato et hémorragiques (181), infections (145),
2 : Malformations congénitales (640)
3 : Mort subite du nourrisson (261)
4 : Causes inconnues non précisées (151)
5 : Maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques (69).

Heureusement que vous avez sous la main le bon professeur Joyeux qui vous permet d’amalgamer sa personne, farfelue, peu crédible, et peu informée et l’assimiler aux médecins qui s’interrogent. Le professeur Joyeux est l’idiot utile des vaccinolâtres et permet de cacher la forêt des légitimes interrogations.

Mais vous allez plus loin, cher PCNOM, pour faire peur en agitant devant l’opinion médusée le spectre d’une épidémie d’encéphalopathie rougeoleuse ! Comme l’a écrit un excellent confrère en son blog (ICI) il n’y a jamais eu en France d’épidémie d’encéphalopathie rougeoleuse !

Sont-ce les données de la science que de faire peur ?

Les données de la science vont sans doute venir, il suffit que la ministre de la Santé et/ou la DGS commande au Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, le phare des publications scientifiques mondiales, le journal paroissial des Eglises françaises de vaccinologie et de dépistologie réunies, un article ad hoc, une étude prospective dans le style stochastique –très à la mode–, annonçant des milliers de morts dues à une encéphalopathie rougeoleuse dramatique si le taux de couverture vaccinale descend au dessous de 74,197 %.

Mais j’imagine quand même qu’un praticien finlandais qui aurait accepté de vacciner des enfants avec Pandemrix, le vaccin anti grippal, et dont certains auraient développé une grave maladie auto-immune, la narcolepsie, n’aurait-il pas dû refuser de façon jusqu’au boutiste ? Je laisse cela à votre appréciation, Monsieur le PCNOM. Je suis certain par ailleurs que les poursuites sont engagées à l’égard des experts qui soutenaient en 2009 que Pandemrix était sûr : vous voulez des noms ?

Au delà de Pandemrix nous nous rappelons, lors de la grande pseudo pandémie grippale de 2009, les prévisions alarmistes des experts (une encéphalopathie rougeoleuse à la puissance mille) qui ont conduit au fiasco organisationnel, idéologique, commercial et scientifique que nous avons tous vécu, fiasci qui a entrainé une défiance du public à l’égard de la vaccination en général. Eh bien, ces experts, apprenez, mon cher confrère membre de l’Académie de médecine, ils sont toujours là, en poste ou en d’autres endroits de la République vaccinale. Pour vous paraphraser : « Avez-vous eu le courage de ne pas assumer leurs déclarations ? »

Le problème du refus de vaccination par des praticiens ne me concerne pas, Monsieur la PCNOM, car, dans une démarche d’information claire et loyale, si des parents veulent ou exigent que leurs enfants soient vaccinés, je les vaccine. Apprenez, cher PCNOM, qu’il existe en France des praticiens qui 1) savent que a décision partagée est un objectif respectable, qui 2) tentent, malgré tous les obstacles, de l’appliquer et qui 3) ne pensent pas qu’il s’agit la fin de la médecine.

Le cas des parents qui refusaient jusqu’à présent les 3 vaccinations obligatoires, soit diphtérie, tétanos et polio, était simple pour moi, je ne concevais pas qu’il faille faire des faux, faux certificats de vaccination et/ou faux certificats de contre-indication à la vaccination. Mais, l’après-midi où j’étais à la piscine, j’ai dû manquer les actions du PCNOM pour exiger du Ministère de la Santé qu’il exige que les industriels fournissent un vaccin combiné Diphtérie/Tétanos/Polio, comme la loi l’imposait, et non des vaccins combinés imposant des vaccinations non obligatoires. C’était l’intérêt des enfants car, ne pas vacciner les enfants, c’est leur interdire l’école qui est un droit fondamental pour tous.

Quand vous dites « Il n’y a pas de débat » alors que vous n’apportez pas les preuves de votre assertion, que devons-nous en penser ? Pas de débat scientifique ? La science se fonde sur le débat, je parle aussi du débat socratique et pas des décisions autoritaires prises dans des antichambres ministérielles largement polluées par l’argent de l’industrie pharmaceutique.

L’histoire de la science et, accessoirement, de la médecine est celle de l’incertitude, du doute raisonnable, de la confrontation des arguments comme le montrent nombre de retours en arrières liés non pas à des avancées de la science mais à la prise de décisions précipitées et pas assez étayées. Lire CECI qui parle du pays de Pasteur.

Je me permets de citer intégralement la dernière réponse que vous faites dans cet entretien.

« Nous estimons qu’il faut donner un caractère obligatoire à la vaccination antigripale chez tous les personnels de santé. Nous continuons de penser que les professions de santé doivent être exemplaires. Se vacciner, c’est montrer que l’on est convaincu du bien-fondé de l’action que l’on mène. La vaccination antigrippale nous apparaît être une exigence déontologique. C’est la raison pour laquelle nous conseillons au ministère de la Santé et au gouvernement de mettre en place l’obligation vaccinale des personnels de santé exerçant dans des collectivités et l’exigibilité vaccinale pour les personnes hébergées en EHPAD.« 
Nous sommes en plein délire. Premièrement, Monsieur le docteur Brouet, la vaccination anti grippale n’est pas efficace (mais il est certain que vous avez des preuves scientifiques disant le contraire) et, plus précisément chez les patients de plus de 65 ans (vous devriez poursuivre les officiels américains : LA). Deuxièmement, il n’existe aucune donnée consistante sur le fait que la vaccination des personnels soignants soit efficace dans les établissements de soins. Troisièment, je crois que vous avez oublié les textes de loi fondamentaux sur les droits des malades.

Bon.
Vous avez donné un coup de menton pour faire cesser la récréation.
Cela vous a fait plaisir.
Cela a contenté dont vous êtes l’obligé. Vous affirmez pourtant ne pas, j’utilise vos mots, vous être mis à genoux devant le gouvernement et ne pas être à la solde des laboratoires.

Belle novlang orwellienne.

Je ne cèderai pas à ce genre de menaces, Monsieur le PCNOM,  et je garderai ma faculté de critiquer, approuver, comprendre.

Continuer la lecture

Publié dans BOUET PATRICK, Conseil de l'Ordre, menace, obligation vaccinale, ONZE VACCINS | Commentaires fermés sur Quand le Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins menace.

Lettre ouverte aux députés contre le projet d’extension de l’obligation de vaccination des nourrissons

                                                                        … Continuer la lecture

Publié dans LETTRE AUX DEPUTES, obligation vaccinale, VACCINATION OBLIGATOIRE | Commentaires fermés sur Lettre ouverte aux députés contre le projet d’extension de l’obligation de vaccination des nourrissons

De la vérité dans les sciences.

L’affaire Levothyrox me fait penser à ceci que j’ai puisé dans le petit livre très imparfait et parfois très critiquable d’Aurélien Barrau intitulé La Vérité dans les sciences paru chez Dunod en 2016.
Décrire le mouvement d’un corps céleste avec les équations d’Einstein à la place de celles de Newton est (dans la plupart des cas) une infime amélioration du point de vue de la précision qui était déjà excellente dans l’approximation newtonienne. Mais du point de vue de la description fondamentale du monde, c’est une révision totale et absolue, pas du tout une petite modification. Chez Newton, la Terre tourne autour du Soleil parce qu’une force l’attire et lui impose cette orbite quasi-circulaire. Chez Einstein, la Terre n’est soumise à aucune force. Elle avance en ligne droite dans l’espace courbé par la présence du soleil.

On demande aux autorités médicales, aux agences, au ministre de la santé, de nous donner des explications scientifiques appropriées et actualisées, pas des vieilles lunes de la pensée.
Aurélien Barrau écrit une page auparavant : Qui pense vraiment que quand on lâche un crayon qui tombe vers le sol quelqu’un ou quelque chose résout des équations complexes décrivant la dynamique géodésique d’une particule-test dans le tenseur métrique de Schwarzschild généré par la terre (ce que nous apprend la théorie d’Einstein) ?

Aurélien Barrau est astrophysicien.
Lui le sait.
Probablement que les agences d’astrophysique le savent également.
Mais les agences médicales sont muettes sur les effets non einsteiniens du changement de formulation de Levothyrox. 

Continuer la lecture

Publié dans EINSTEIN, LEVOTHYROX, NEWTON, sciences, VERITE | Commentaires fermés sur De la vérité dans les sciences.

Crise Levothyrox : ce que nous aurions pu apprendre.

Nous aurions pu apprendre ceci de la crise Levothyrox qui n’est pas finie (et pardon si je me répète : voir ICI mon premier billet datant du mois d’août) et vous ne trouverez pas ici de solutions définitives, pas de vade mecum pour les patientes, pas de guide-lines pour les prescripteurs/trices, pas  de fokon yaka pour les décideurs, seulement des faits, des idées, des pistes de réflexion, des ouvertures de portes vers le Sentier de traverse, et cetera  :
  1. Le profond mépris des soignants pour les soignées (vous ne m’enlèverez pas l’idée que le fait que l’immense majorité des patients soit des femmes explique en grande partie la façon dont le corps médical a réagi — et l’idéologie médicale est si genrée que les femmes docteures sont aussi méprisantes que leurs collègues masculins  pour les patientes qui se plaignent).
  2. Ce mépris genré (que l’on retrouve dans des pathologies dites « féminines », les femmes migraineuses, les femmes dépressives, la contraception féminine, et cetera) s’est nourri d’une grande indifférence (ceci expliquant cela) : comment prescrire les hormones thyroïdiennes, à quel moment, les interférences avec le bol alimentaire, les erreurs de dosage de la TSH, les variations inter-individuelles comme intra-individuelles, le rythme circadien, et cetera. Et, ce que les cliniciens avisés et attentifs savent depuis longtemps à condition d’interroger et d’écouter les patientes : la symptomatologie clinique peut être dissociée et/ou différée dans le temps pour chacun des signes cardinaux de l’hyper, de l’eu et de hypothyroïdie chez une même patiente. 
  3. La forte conception scientiste/mécaniciste qui règne toujours dans la médecine et qui fait fi, épidermiquement, de la Médecine par les Preuves (EBM en anglais), de la médecine centrée sur le patient et de la décision partagée.  Et ainsi la patiente traitée n’est-elle pas considérée comme un être humain, accessoirement féminin, mais comme un taux de TSH ambulant (et, épisodiquement comme des taux de T3/T4 circulants). Pourtant la TSHémie n’est qu’un (mauvais) critère de substitution comme un autre et, qui plus est : 
  4. Le dosage de la TSH fait partie des dosages les moins fiables en médecine. Non seulement parce que les critères de normalité sont très larges mais parce que les facteurs pouvant influencer ses variations sont très nombreux. Il suffit aux patientes et à leurs médecins prescripteurs de se replonger dans les dossiers pour constater les variations de la TSH que l’on constatait (en les négligeant) avant le changement de formulation. Ils seront édifiés. Voir le tableau joint en fin de billet sur l’imprécision des dosages.
  5. Le concept pharmacologique de bio-équivalence vole en éclat. La bio-équivalence n’est tout simpement pas une donnée clinique, contrairement à ce que voulaient nous faire accroire les pharmacologues et les dci-olâtres. Il est certain que deux médicaments bio-équivalents ne sont pas clinico-équivalents chez le même patient. On le savait, mais ceux qui le disaient n’étaient pas pris au sérieux sauf dans les cas de marge thérapeutique étroite.
  6. L’idéologie des génériques devient fragile : la bio équivalence sur laquelle leur efficacité clinique est fondée est battue en brèche et la notion d’excipients sans effets notoires tombe toute seule (non pour de simples raisons pharmacologiques, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais pour des raisons qui tiennent aux relations soignants/soignés, au consumérisme et au marketing). Mais surtout, il est désormais possible de comprendre pourquoi des citoyens malades refusent de consommer des génériques et pourquoi ils rapportent que leur consommation entraîne des effets indésirables. 
  7. Les médicaments génériques sont une catastrophe pharmaceutique, une catastrophe médicale, une catastrophe économique (contrairement à ce que l’on croit les génériques ne font pas baisser les prix), une catastrophe socio-épistémologique, une catastrophe épistémo-anthropologique, une catastrophe politique et bien entendu une catastrophe pour les patients
  8. Les praticiens prescripteurs ont découvert l’effet nocebo et l’ont attribué seulement à l’influence des media. Il ne faut pas ignorer qu’en pratique médicale courante l’effet nocebo, et pas seulement dans la pathologie thyroïdienne, est induit par le prescripteur (lire Balint, le relire, ne pas considérer qu’il n’a dit qu’une seule chose, »le meilleur médicament c’est le médecin », car il a aussi dit que c’était une croyance auto-suffisante de médecin dont il fallait se méfier car le pire médicament c’était aussi le médecin : d’où l’intérêt des groupes Balint pour analyser comment cela s’est passé). L’effet nocebo (ICI), au même titre que l’effet placebo (vous en voulez une nouvelle couche ? c’est LA), existe et ne doit pas être négligé et/ou considéré comme une « preuve » de la bêtise, de l’ignorance, de l’incompétence, de la crédulité des soigné.e.s.
  9. Les associations de patients sont comme le reste de l’humanité organisée ou non : le pire et le meilleur. Cette affaire devrait, à mon avis, leur permettre d’élargir le champ de leurs compétences… Mais aussi de réfléchir aux points suivants (je sens que je vais me prendre une volée de bois vert) : indépendance vis à vis de l’industrie ; indépendance vis à vis de l’Etat et de ses représentants ; indépendance vis à vis des experts ; posséder un solide carnet d’adresses d’experts indépendants ; ne pas croire aux sirènes de la renommée ; « faire » la littérature dans son domaine de compétence ; et cetera. Pour le reste : soutien et empathie pour les patients qui s’en remettent à eux (j’imagine que c’est déjà fait).
  10. La pharmacovigilance quantitative (le recueil sauvage des effets indésirables sans imputation) n’apportera rien sinon alimenter un bruit de fond qui gênera la pharmacologie qualitative (celle qui est passée en France à travers tous les « scandales » médicamenteux).
  11. Les autorités gouvernementales, agencielles, académiques, et cetera, ont été au dessous de tout, n’anticipant rien (voir l’affaire néozélandaise), ne comprenant rien, ignorant que la prescription de Levothyrox s’adressait à des patient.e.s qui n’étaient pas un taux de TSH ambulant (voir supra le point 3), qui avaient un.e médecin traitant et/ou un.e endocrinologue prescripteurs, qui se rendaient chez le pharmacien (et merdre pour l’écriture inclusive), qui lisaient la presse, regardaient la télévision, écoutaient la radio, qui n’étaient pas des sujets obéissants aux diktats des experts. 
  12. L’information, l’instruction, la transparence, l’humilité, le respect des autres, ne font pas partie des actions habituelles du grand mandarinat représenté par Madame Buzyn, digne marionnette automanipulée par le lobby santéo-industriel.
  13. La réintroduction de l’ancien Levothyrox sous un autre nom (Euthyrox) coexistant à la fois avec le nouveau Levothyrox et avec la nouvelle L-Thyroxin du laboratoire Henning (distribué avec notice en allemand) qui contient des excipients différents de l’ancien et du nouveau, vous me suivez ?, est une khonnerie prodigieuse qui entrera dans les annales de la bêtise crasse et absolue pimentée de consumérisme, de clientèlisme, de calculs politiciens, c’est une décision aveugle et bureaucratique.
  14. Mais, et si au bout du compte, l’affaire Levothyrox, comme me l’a glissé un collègue, FB sur la liste de discussion des lecteurs Prescrire, n’était finalement qu’une simple affaire sociologique nourrie par la rumeur, l’emballement mimétique et le complotisme ? FB ajoutait ceci : « Et ce n’est pas mépriser les patients que de le dire. Au contraire, c’est de les prendre au pied de la lettre qui me semble irrespectueux. » Je ne suis pas d’accord avec cela car, et c’est un autre membre de la liste de discussion Prescrire qui le souligne, JPL, « Une pathologie (et un fait en général) peut être tout à fait réel et en même temps se voir affecté d’un phénomène d’amplification cognitive collective/culturelle/médiatique etc.  » Faudrait-il résumer l’affaire comme le fait AM sur cette même liste : « Si un patient souffre après changement de formule, il n’y a que quatre explications possibles : effet direct de l’excipient, problème lié à la biodisponibilité, effet nocebo, pathologie intercurente » Tout est dans tout et réciproquement, ma brave dame. 
  15. N’oublions pas, pour finir, le disease mongering ou la fabrication des maladies  : En Nouvelle-Zélande, il y a proportionnellement 3,5 fois moins de patient.e.s traité.e.s quen France.
Les imprécisions des dosages en biologie : à droite toute pour la TSH.

Il vous reste toujours la réflexologie plantaire :

Continuer la lecture

Publié dans associations de patients, BIOEQUIVALENCE, crise, génériques, LEVOTHYROX, MEPRIS, SCIENTISME, sociologie | Commentaires fermés sur Crise Levothyrox : ce que nous aurions pu apprendre.

Octobre noir.

Quelques faits (et personne ne pourra dire après : je ne savais pas ; mais comme toujours certains, qui garderont leurs postes, affirmeront : la vérité scientifique change ; les plus nombreux rétorqueront : nous nous fiions aux autorité) :

  1. Le dépistage organisé du cancer du sein ne sauve pas de vies chez les femmes de 50 à 74 ans.
  2. Plus on pratique de mammographies et plus le nombre de diagnostics de cancers du sein augmente mais la mortalité par cancer du sein est stable. 
  3. Le nombre de sur diagnostics et de sur traitements (et je rappelle que le sur traitement signifie parfois le combo complet chirurgie/radiothérapie/chimiothérapie) atteint selon les études 20 à 50 % des patientes.
  4. Avant 50 ans et en absence d’antécédents familiaux de cancer du sein, le sur diagnostic est encore plus important.
  5. En France plus de 2 millions de mammographies sont effectuées chaque année.
  6. En France il y a environ 50 000 nouveaux cas de cancers du sein diagnostiqués (allez faire un tour au point 3 pour imaginer ce que cela signifie).
  7. Madame Buzyn trouve que tout cela est très normal.
  8. Les femmes sont manipulées (voir ICI sur le blog de JB Blanc) mais puisque je suis un homme il vaut mieux que je me taise ; on leur ment, on leur fait peur, on leur fait des sur promesses.
  9. Les courses « roses » sont des opérations commerciales banales encouragées par les autorités.
  10. Les choses ne sont pas près de s’arrêter.
  11. Pour plus d’informations allez lire le site Cancer Rose.
  12. Et lisez Rachel Campergue qui a tout dit : LA.
Je me répète : le scandale du dépistage organisé du cancer du sein par mammographie gratuite est cent mille fois plus important que tout ce qui a pu être décrit auparavant en médecine.
C’est un charnier.

Continuer la lecture

Publié dans CAMPERGUE RACHEL, CANCER ROSE, dépistage organisé, DEPISTAGE ORGANISE DU CANCER DU SEIN, SUR DIAGNOSTIC, SUR TRAITEMENT | Commentaires fermés sur Octobre noir.

Bracelets d’identité à l’hôpital.

Dédicace spéciale pour Ph Ameline.

BRACELET

J’avais ironisé il y a quelque semaines sur le port des bracelets d’identité pour les nourrissons dans les maternités (un élément du pompeux dispositif d’identitovigilance et de traçabilité intégré dans le processus qualité de tout établissement de soins désirant faire moderne). J’avais écrit en substance : « La pose de bracelets d’identité chez les nourrissons est le témoin évident de l’anonymisation définitive des patients à l’hôpital. »

Que n’avais-je écrit ?
Les urgentistes (et les hospitaliers) avaient mis le paquet dans le style : Comment un crétin de généraliste peut-il nous apprendre notre métier ? C’est toujours les gens qui n’y connaissent rien qui parlent. Les bracelets d’identité sont un progrès déterminant pour la sécurité des patients.
Disais-je le contraire ?

Nos amis urgentistes avaient oublié ceci : la pose de bracelets d’identité (il faut d’ailleurs pour qu’il soit posé que le personnel soignant ou non dispose de la carte d’identité du patient, de son passeport ou d’un titre de séjour, ce qui pourrait aboutir finalement à ce que l’on s’assure qu’il ne s’agit pas de faux papiers…) est sans doute un progrès concernant la sécurité des patients (voulez-vous que je vous serve la rhétorique officielle ?, « Cette mesure s’intègre dans un dispositif bien plus large de sécurité par l’identification du patient qui concourt au bon déroulement de la prise en charge de celui-ci. Il constitue une sécurité supplémentaire mais ne se suffit pas à lui seul. Il ne remplace en aucun cas le professionnel dans sa pratique et la relation de confiance établie entre le soignant et le soigné.« ) mais ce n’est qu’un maigre progrès, un pis aller vis à vis de la dégradation des conditions de soins et de travail dans les hôpitaux. On pose un bracelet d’identité aux patients parce qu’il n’est plus possible aux soignants (débordés, mal payés, démotivés) de connaître les patients, de les identifier vraiment, de leur prodiguer des paroles et des soins personnalisés. L’hôpital taylorisé, industrialisé, T2Aisé est acté (comme disent les technocrates) et revenir en arrière serait un recul. On nous le dit. C’est le progrès.

Vous avez compris ?

Je retrouve le courrier d’un syndicat d’infirmiers du 22 janvier 2008 remis à Roselyne Bachelot alors que l’administration souhaitait généraliser le bracelet à tous les patients de l’hôpital Saint-Louis. J’ai trouvé le truc un peu outré, un peu j’en fais des tonnes, mais, finalement, pas mal du tout. Vous pouvez le lire ICI.

Bon, pour résumer, le bracelet c’est super chouette, ça évite de se tromper, « La petite dame du box 7, elle va mieux ? », « Le pappy dans le couloir, il est réchauffé ? ». Cela ne peut plus se passer comme cela. Merci les urgentistes.

Mais réfléchir sur l’aspect éthique (on est là pour sauver des gens, hein) ou sur le bordel organisé dans les hôpitaux… Y a plus personne.

MADAME A

Madame A est puéricultrice dans une maternité. Depuis 20 ans. Elle craque depuis plusieurs mois (elle a aussi des problèmes personnels, comme on dit). La réorganisation de la maternité, la façon de rendre physiologiques les naissances, les tâches accumulées, l’injustice, la façon impersonnelle de traiter les problèmes de personnel, elle craque. Il faudrait qu’elle s’arrête mais « je ne peux pas faire cela à mes collègues ».

Je passe sur les détails. Elle me raconte ceci : « Le matin, lorsque je fais la transmission, je pleure parce que je ne me rappelle même pas la tête des nourrissons dont je m’occupe. C’est terrible ce que l’on nous fait faire. »

Les urgentistes (et les hospitaliers) ont raison : heureusement qu’il y a le bracelet.

Illustrations : Chatiliez Emile. La vie est un long fleuve tranquille. 1988.

Continuer la lecture

Publié dans ANONYMISATION, BRACELETS, IDENTITOVIGILANCE, maternité | Commentaires fermés sur Bracelets d’identité à l’hôpital.

Comment instrumentaliser la communication. A propos de la rougeole.

Crédit Paris-Match

Ce blog a suffisamment évoqué la question vaccinale, et notamment grâce aux articles de CMT, pour que le lecteur éclairé, le lecteur moyen ou le lecteur pressé, ne pensent pas que je puisse être considéré comme un anti vax. Ma pratique est d’ailleurs là pour le démontrer : je vaccine. Mais, pardon pour cette incise, je réfléchis aussi.

Dernière minute : on apprend dans un entretien (voir LA) qu’Agnès Buzyn (voir ICI) impose la vaccination obligatoire pour 11 vaccins au premier janvier 2018. 

Les vaccinolâtres s’inscrivent bien malgré eux dans un double contexte : celui du scientisme (il arrivera bien un jour, prétendent-ils, où le corps humain sera si connu que l’on pourra le soigner comme on soigne une machine défectueuse) et celui de l’idéologie de la médecine en tant que seul facteur de progrès de l’humanité.

Les vaccinolâtres ignorent, ou feignent d’ignorer (car tous les vaccinolâtres ne sont pas des ignorants, il y en a même qui sont de mauvaise foi), que la santé publique (et son amélioration), ne dépendent pas seulement de la médecine stricto sensu. La médecine, notamment depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (et avant tout dans les pays développés), a permis de formidables avancées en termes de mortalité infantile et d’espérance de vie à la naissance, (malheureusement l’espérance de vie en bonne santé est en stagnation et l’espérance de vie globale est en régression dans certains sous-groupes populationnels) mais ces avancées n’ont été possibles qu’en raison du développement de l’hygiène publique, des services sociaux et des efforts individuels des citoyens.

Les vaccinolâtres professionnels ont diffusé largement (et les vaccinolâtres amateurs se sont engoufrés dans la brèche pour en rajouter) une figure qui semble, pour ce qui est de la rougeole, mettre fin à toute forme de procès. Il s’agit du nombre de cas rapportés. Pas de décès.
Il existe par ailleurs des chiffres sur les autres maladies : ICI.
Pour disposer de données solides sur la rougeole, vous pouvez lire CMT ICI ou LA, par exemple.
Réfléchissons à plusieurs choses : 
  1. Ce sont des chiffres américains. Rappelons ici que les Etats-unis d’Amérique on des chiffres de mortalité infantile et d’espérance de vie catastrophiques par rapport à ceux des autres pays développés pour un coût colossal et des inégalités criantes.
  2. La courbe commence en 1945. 
  3. L’introduction de la vaccination se situe en 1963 et les chiffres baissent vraiment très peu de temps après.
  4. Cette figure ne tient compte ni des progrés de l’hygiène, ni des progrès de la médecine, ni des programmes sociaux, ni des effets indésirables.
Voici une courbe (les sources sont les mêmes) qui parle de mortalité de la rougeole, toujours aux Etats-Unis d’Amérique).

Cette perspective historique me semble éclairante. D’une part, elle relativise le rôle de la vaccination sur la mortalité de la rougeole, d’autre part, elle souligne l’importance des mesures non médicales sur la mortalité due à la rougeole.

Ainsi, si l’on voulait conclure sur la rougeole dans les pays développés, on pourrait dire que la vaccination contre la rougeole a fini le boulot des progrès de la santé publique en général. Sans plus.

Rappelons qu’en France, selon les chiffres officiels (et compte non tenu des complications non mortelles) la rougeole a été responsable de dix décès en dix ans. Et pas seulement d’enfants. Il est à remarquer, mais on me dira que c’est hors sujet, que 112 enfants de moins de 15 ans sont morts en France dans un accident de la voie publique (LA)…

Dans les pays non développés (on ne sait plus quel est le terme politiquement correct) le tout à l’égout semble au moins aussi important que la vaccination.
Je terminerai par des données que j’ai déjà fournies dans un billet ancien comparant les incidences aux Etats-Unis d’Amérique de 2 maladies, l’une liée à une maladie où un vaccin existe (l’hépatite B) et l’autre liée à une maladie où il n’y a pas de vaccin (hépatite C).

Conclusion : la santé publique est une matière complexe.
Je vous conseille d’écouter Madame Big Pharma Buzyn dans l’entretien que je vous ai cité plus haut. Elle reprend des arguments éculés et faux. C’est d’une tristesse infinie.

Continuer la lecture

Publié dans Communication, hépatite B, hepatite C, rougeole, Santé publique | Commentaires fermés sur Comment instrumentaliser la communication. A propos de la rougeole.