Archives quotidiennes : 17 novembre 2017

« Premier rendez-vous » par Martine Legrand

Extrait du livre de Martine Legrand, Le jour où Ca m’est arrivé, choisi et présenté par l’auteure.





Extrait de l’épisode 6, Visites In Curie


Juin 2016. On m’a détecté, à l’occasion d’une consultation dans le privé, un cancer au sein droit.
J’ai un premier rendez-vous à l’hôpital Curie.
Je suis convoquée à 8 h 45, on m’a prévenue que j’en aurais pour la matinée. J’ai décidé d’y aller seule, je me sens plutôt confiante, et comme il fait très beau, j’ai mis une petite robe d’un rouge orangé pétant, sous laquelle je porte, désinvolte, un haut de maillot de bain noir, plus discret qu’un soutien-gorge dans l’échancrure.

Une infirmière me guide dans ce parcours de santé matinal : après avoir repassé des examens complets, je dois rencontrer ma chirurgienne.


………

Mon infirmière vient me chercher.
– Nous allons maintenant au rendez-vous avec votre chirurgienne, suivez-moi, ici nous sommes au rez-de-chaussée haut, et nous nous rendons au rez-de-chaussée bas.

Dans l’ascenseur, j’ai à peine le temps de me demander pourquoi deux étages sont nommés rez-de-chaussée, la porte s’ouvre sur RDC bas, et me voici au sous-sol, au moins 1, dans une grande salle d’une surface équivalente à celle du hall d’accueil, plus sombre, surpeuplée de patients ou d’accompagnants silencieux, immobiles dans l’attente, écrasés de chaleur, une salle qui respire la souffrance et la peur, le temps suspendu, un décor pour fauteuils roulants et crânes chauves, regards sans cils, corps gonflés ou décharnés, le pavillon des cancéreux.

Etrangement, cette antichambre des diagnostics ne sent rien, ni l’alcool ni le sang, ni l’éther ni la merde, ni même la sueur. Pas de bonnes ni de mauvaises odeurs, rien ne flotte dans l’air aseptisé qui enveloppe les patients dans des mailles serrées.

Je prends place au milieu de la cohorte, on vous appellera, a dit l’infirmière, mais ça peut être long. Je m’arme de patience, c’est la première qualité d’un patient ! Feuillette distraitement les documents de présentation que l’on m’a remis, une plaquette marketing avec en couverture la photo d’un gendre idéal en blouse blanche qui vous accueille à l’hôpital en souriant, une image de « Plus belle la vie ». De toutes façons, ce dépliant ne me concerne pas, il s’adresse à d’autres, moi je suis en bonne santé ? Mon inconscience n’est pas encore totalement fissurée par le spectacle de ce qui m’entoure.

J’ai bu beaucoup d’eau, je cherche les toilettes. Les wc femmes sont impraticables.

Je remonte au RDC haut. Redescends. Chaque fois que je reviendrai dans ce lieu fréquenté majoritairement par un public féminin, ces toilettes du RDC bas seront fermées.

J’attrape sur une pile un magazine estampillé d’une étiquette « Lecture et amitié ». Lis mon horoscope. Cet été, ça coince dans les rouages, ça grince dans les engrenages. Allons bon !

A quelques pages de là, je tombe sur un article dont le titre m’attire l’œil : « Le cancer du sein inquiète de moins en moins les Français. » Selon un sondage réalisé par l’hôpital où je patiente en ce moment même, 64% des Français considèrent que la maladie « se vit de mieux en mieux », grâce aux progrès de la science. Bonne nouvelle.

La pratique des sondages n’a pas de limite, et j’imagine, en extrapolant un peu, le thème du prochain : « Etes-vous heureuse d’avoir un cancer du sein ? ».
Peut-être qu’intimidées par la question, certaines femmes en viendraient à répondre oui.

Je ferais, à coup sûr, partie des mécontentes, des éternelles râleuses.


Oh ! la patiente brune avec qui j’ai parlé tout à l’heure arrive… chic ! on se retrouve, on se tutoie, on papote comme deux vieilles amies. A l’échographie ils ont vu une autre tumeur suspecte dans son sein : « ils sont quand même forts ici », me dit-elle. Je m’apprête à lui raconter brièvement mes examens mais d’autres mots arrivent : je la lance sur ses enfants, leurs écoles, leurs vacances… je dis les études et métiers de mes chers Tanguys, la préviens qu’elle en a pris pour longtemps… nous sommes loin de Curie, dans une bulle légère où défilent des images de famille, de plage, d’été radieux, de linge qui claque au vent et de disputes, de cris d’enfants et de rires, la vie quoi.

Le temps passe vite quand on fait connaissance. Même si, peut-être, la rencontre ne se serait jamais produite en d’autres circonstances, même si notre conversation est futile, vaguement artificielle, nous savons pourquoi nous la tenons. Et Macopinedecancer est vraiment charmante !

Un monsieur âgé déambule entre les rangs, il est responsable bénévole d’une association qui propose des livres aux personnes hospitalisées. Nous le remercions, lui disons que nous n’en sommes pas là, loin s’en faut, que c’est notre « première fois » aujourd’hui. Il nous souhaite bonne chance, nous dit à bientôt… et poursuit son chemin.


A cet instant, une des nombreuses portes de consultation s’ouvre, une grande femme en blouse blanche appelle :

Madame Legrand !

Le temps que je rassemble mon dossier, prenne mon sac, me lève, elle a déjà crié mon nom une autre fois, pas question de perdre une seconde. J’arrive.

La silhouette de la chirurgienne qui va suivre mon cas remplit presque toute l’embrasure de la porte. Elle est imposante, et jeune – à l’image des recherches internet rapportées par Macopinedecancer.

Elle me fait entrer dans son bureau, asseoir, prend place juste en face de moi, sans meuble entre nous. A sa gauche, une secrétaire, assise à une table, derrière son ordinateur.

Madame Legrand, dit Machirurgienne sans plus d’ambages en lisant un compte-rendu, on vous a détecté en ville une tumeur d’environ quatre millimètres au sein droit. Ce matin des mammographies complémentaires ont été réalisées, extrêmement grossies, de vos seins compressés (ah, je comprends !), ainsi qu’une échographie minutieuse. Mon collègue radiologue a repéré de très nombreux foyers de calcifications dans le sein droit, dans le gauche aussi, nous allons devoir les biopser. Et si jamais ces calcifications posent problème, il faudra pratiquer une mastectomie complète.

Je ne dis rien.

Elle ajoute : une ablation du sein.

Je ne dis toujours rien.

Hébétée dans ma petite robe rouge orangé, dans mon maillot de bain où d’habitude, en été, sont collés quelques grains de sable – mais cette année la plage s’est infiltrée plus profond, sous la peau, dans mon sein…

Attendez ! attendez ! l’ablation n’était pas dans les schémas prévus ! Docteur Zéro m’a parlé de rien du tout, puis de pas grand chose, puis dans tout le fatras de micro-chirurgie ! Une ablation du sein, c’est de la micro-chirurgie ?

Je dis juste :
– Mais…
– Déshabillez-vous, m’enjoint Machirurgienne.

J’obéis fébrilement, avant de plonger dans l’inconnu du diagnostic.

On ne peut pas enlever juste les foyers ?
Si vous avez un problème ici (elle montre), et un autre là, et là, et là, je ne peux pas faire de la dentelle, vous comprenez. Ce ne serait pas possible. Cela dit, vous avez du volume, il faudra voir.

Oh oui, voyez, voyez, s’il vous plaît, bien sûr que j’en ai de la poitrine, oyez, oyez, et pas qu’un peu, j’en suis fière, elle a rendu tellement de services, à moi et à d’autres… comment je vais plaire, à moi et à d’autres… une paire, c’est beaucoup plus seyant… je suis la louve romaine, mes petits sont grands maintenant, et mon amant moins regardant, peut-être, mais, s’il vous plaît, ne m’enlevez pas mes seins !

Je l’implore silencieusement, mendie le salut de ma chair. Navrant.
– Donc, madame Legrand, s’il n’y a que la tumeur, j’extraie et on fait de la radiothérapie. Sinon je devrai sans doute enlever toute la glande mammaire. On peut reconstruire, dans certains cas, au cours de la même opération. C’est un chirurgien plasticien qui s’en charge, si vous le désirez
– Ah ?
– Oui, on vous prend de la peau dans le haut du dos, et…
– Là ? mais je n’ai que la peau sur les os, en haut.

Je souris, il faut bien, et continue :

– On ne pourrait pas plutôt enlever au niveau des fesses, où il y a de la matière ?

Masque en face de moi.

Elle m’énerve. Si j’ai envie de parler de mon fondement, pourquoi m’en empêcher, pourquoi m’empêcher de me détendre ?

C’est que c’est du sérieux, ici, du professionnel de la profession, du médical, du scientifique. Qu’on pleure, à la limite, vite fait. Mais qu’on rie, non. Y a pas le temps. 

Machirurgienne reprend sur un ton doctoral :

– Quelquefois on pioche dans le ventre, mais chez vous ce ne sera pas possible. Donc : quand on reconstruit sur le champ, on pratique une greffe. Quelques mois plus tard, et à intervalles réguliers, vous devez revenir pour qu’on gonfle le sein opéré jusqu’à ce qu’il rattrape le volume de l’autre. Ensuite il faut vous refaire l’aréole, et enfin le mamelon. Au bout du compte, sachez-le, vous ne retrouverez jamais votre sein d’avant. Voilà madame Legrand, je crois qu’on s’est tout dit, on va vous donner rendez-vous pour une biopsie de votre sein droit, et puis un autre rendez-vous avec moi pour les résultats. A bientôt madame Legrand !

La secrétaire a tout noté, tout tapé, elle me regarde en coin. J’ai nettement moins envie de rire. Je veux dire encore : « mais… », mais je le garde dans ma tête. Je les salue toutes les deux et sors.

Macopinedecancer me guette à sa place.

– Alors ? Dix minutes, la consultation, j’ai chronométré. C’est pas long. Tu as posé des questions ?

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Les textos de la mort

J’ai eu une journée qu’on pourrait qualifier de merdique. Je suis assez stoïque, ça arrive. J’aime plutôt ma capacité à accepter ça. Néanmoins, je trouve intéressant de partager une petite histoire de patient et une anecdote annexe. Alors voilà, ce matin, je consulte, ça commence pas très bien avec des urgences d’emblée qui me mettent … Continuer la lecture de « Les textos de la mort » Continuer la lecture

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Affaire Montagnier: faute de pouvoir l’exclure cent académiciens « ne le reconnaissent plus »

  Bonjour Trop c’est trop – et la réprobration enfle. Aujourd’hui c’est l’Académie des sciences qui rejoint les Académies nationales de médecine et de pharmacie dans leur condamnation des allégations théâtrales des Prs Joyeux et Montagnier relatives à des risques liés aux vaccins – allégations qui « sans fondements scientifiques ». « Sachant qu’une exclusion est statutairement impossible, […] Continuer la lecture

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Harcèlement des enseignants : le voile se lève-t-il sur le sexisme des études de médecine ?  

Bonjour C’est une étude qui n’a pas de valeur statistique mais qui marquera les esprits. Réalisée par l’Inter-syndicat national des internes (ISNI) et rendue publique ce 17 novembre, elle est mis en scène par Le Monde : « Hey doc les études de médecine sont-elles sexistes ? ». Pour la première fois de son histoire, le syndicat a souhaité […] Continuer la lecture

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Les jeunes, Bernard Pivot, et le roi des trolls.

Hier, j’ai parlé devant 150 étudiants et étudiantes en médecine de la faculté de L… Je n’ai pas bien les mots pour dire à quel point ils et elles sont belles. L’humanité de leurs questionnements, de leurs fragilités, de leurs inquiétudes, de leurs rires… Là, il me revient ce cinquième année qui, dans la soirée, […] Continuer la lecture

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Cigarette électronique contre tabac : ceux qui croyaient en elle – et ceux qui n’y croyaient pas

  Bonjour C’est l’heure où les rétifs se découvrent : « Le vapotage, de l’enthousiasme à la prudence ».  Nous disposons anfin de la position sur le vapotage de l’Association nationale de prévention en alcoologie et alcoologie (ANPAA) : « un outil d’aide à l’arrêt complet du tabac » : « Après une phase d’enthousiasme initiale, la cigarette électronique semble marquer le […] Continuer la lecture

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LE DésORDRE DES CLOWNS ?

Une quinzaine de billets publiés sur ce blog évoque le thème des vaccins majoritairement pédiatriques. Je défie quiconque de trouver un seul élément au sein de ces écrits comme au sein de la centaine d’articles de ce blog, reflet partiel de ma pratique loin d’être parfaite, allant à l’encontre des données de la science. Mes derniers billets ont exclusivement traité de l’extension de l’obligation vaccinale. Je me suis clairement exprimé contre cette extension seul ici ou en m’associant à quelques confrères dansune lettre commune. Tant que la loi n’est pas entrée en vigueur, j’estime que l’on est en droit de s’exprimer et qu’il est toujours temps de participer à sa façon au débat.

J’assume et je réitère cette prise de position qui se fonde essentiellement sur deux piliers.

Premièrement, au-delà du seul thème de la vaccination et en dehors des situations d’urgence, je conçois ma place de médecin comme celle d’un copilote. Le patient ou le parent d’un enfant est le pilote, je ne fais que l’accompagner sur le chemin de la santé. Je tente de le guider au mieux, selon ses choix, avec des conseils, des avis, des préconisations, des prescriptions.

Second pilier, tous ces éléments que je mets à disposition du pilote doivent être argumentés le plus scientifiquement et le plus indépendamment possible tout en respectant bien évidemment la déontologie et la législation quand loi il y a.

Ce n’est pas plus compliqué que ça. Pour moi, la relation de soin verticale est d’un autre âge. Laissez-vous tomber paisiblement de votre piédestal de toubib les amis, je vous assure que c’est indolore !

Dans un récent billet, je relatais mes difficultés et mes questions face à un père ayant refusé les vaccinations pour son enfant. Ayant échoué à assurer mon rôle de copilote durant cette consultation, tout proche de la sortie de piste, la première conclusion venant à l’esprit est que l’obligation réglera ce genre d’échec. Je n’ai pourtant pas tiré cette conclusion-là, j’ai tiré de cette mauvaise expérience d’autres réflexions qui malheureusement se vérifient jour après jour.

J’ai toujours considéré que le plus important n’était pas forcément une décision prise un jour, mais toutes celles qui en découleraient le lendemain puis le surlendemain.

Illustrations :

Dans ce billet (LA CONFRULTATION) publié le 7 octobre 2017, j’évoquais la possibilité de rendre obligatoire la vaccination contre le Human PapillomaVirus (HPV) visant essentiellement à lutter contre les infections pouvant mener au cancer du col de l’utérus.

Une dizaine de jours après, lors de l’examen en commission des lois à l’assemblée nationale de l’article concernant l’extension de l’obligation vaccinale, le rapporteur de la loi ne disait rien d’autre :

«  Il ne faut pas qu’on ait peur de débattre, au-delà de la question de la vaccination obligatoire, sur les étapes suivantes, sur ce qu’il y aura après pour protéger les enfants. Peut-être qu’un jour nous arriverons à débattre sereinement de la question du papillomavirus dans le cancer de l’utérus, etc… »

Nous pouvons facilement supposer avec ces quelques lignes, que dans la tête de ce député et médecin, la loi étendant l’obligation à onze vaccins n’est possiblement qu’une étape avant d’autres.

Toujours dans ce fameux billet, j’exprimais l’idée suivante : l’Ordre des Médecins s’étant félicité dans un communiqué de l’extension de l’obligation vaccinale, ne pourrait-on pas désormais lui demander de faire régner l’ordre ?

Dans une récente interview, le Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins en personne tenait des propos semblant aller dans ce sens.

Mais de quel ordre parle-t-on ?

Un peu de dérision pour détendre l’atmosphère.

Le désordre n’est-il pas mis et alimenté par des clowns ?

Rapide flash-back sur l’obligation vaccinale :

-2013/2014 : le Haut Conseil de la Santé Publique s’accapare du sujet de l’obligation vaccinale et rend son avis : « Politique vaccinale et obligation vaccinale en population générale » consultable sur ce site.

Naïvement, de ma place de médecin copilote, j’interprète cet avis comme un premier pas vers la levée future de l’obligation.

-2016 : une Concertation Citoyenne à l’initiative de Marisol Touraine n’amène ni les citoyens ni les professionnels à se prononcer en faveur d’une extension de l’obligation. C’est pourtant l’unique option choisie par les experts et retenue par la ministre Touraine.

-printemps 2017 : Mme Touraine passe le flambeau au Professeur Buzyn, passage durant lequel l’ex-ministre appuie sur la nécessité absolue de faire passer cette extension.

-automne 2017 : l’extension est actée pour les enfants à naître à partir de janvier 2018.

Dès l’avis du HCSP de 2014, j’étais donc à côté de la plaque, un vrai clown !

Rappelons cependant qu’entre temps, la Société Française de Santé Publique s’est plutôt exprimée contre cette extension d’obligation vaccinale comme le Collège National des Généralistes Enseignants tout en sachant que la pratique vaccinale fait grandement partie de la pratique de médecine générale. Bien qu’il ne soit pas un institut d’EXPERTS vaccinologues, on peut penser sans pousser le bouchon trop loin que le Collège de Généralistes possède une expertise certaine sur la question.

MAIS.

Il manque sans doute un élément fondamental dans ce déroulé rapide ayant conduit au vote de l’obligation des onze vaccins pédiatriques. J’ai omis d’introduire l’intervention d’un autre clown. Je pense que paradoxalement et n’en déplaise à ses nombreux aficionados, le clown Joyeux a tristement servi la cause des promoteurs de l’obligation. Il a habilement capté le projecteur sur lui. L’Ordre des Médecins a tenté de le rattraper, de le radier, en vain jusqu’à ce jour, participant à intensifier la lumière sur ce clown qui a réussi quasiment à lui seul à précipiter la décision experto-gouvernementale d’imposer ces vaccinations sans débat serein. Décision applaudie et soutenue par une quarantaine de sociétés savantes (et syndicats médicaux pour gonfler les rangs ?) dont on peut se demander sans être insultant pour quelques-unes d’entre elles de quel niveau d’expertise et d’indépendance sur la question elles peuvent se glorifier par rapport à une instance comme le CNGE.

Ainsi, modeste clown parmi les clowns, de simple copilote, cette décision va me faire remonter demain sur la selle de pilote, laissant vacante celle de copilote, le patient-parent étant quant à lui relégué passager arrière seconde classe en route sur un drôle de chemin tortueux.

C’est justement parce que nous sommes à la proche veille de l’application plus que probable de cette décision que les clowneries de toutes parts s’intensifient. On ne s’entend, ou plutôt, on ne s’écoute pas. On raccourcit, on travestit, on fait des amalgames maladroits voire malhonnêtes.

D’anciennes gloires de la médecine nobélisées jadis mettent en scène leurs pitreries comme si elles souhaitaient conclure leur parcours non pas par un tour mais par un bras d’honneur adressé aux institutions qu’elles ont pourtant servi des décennies. Les patrons flingueurs dézinguent sans retenue à la manière d’adolescents rebelles confirmant que la vieillesse est un retour à l’enfance.

Le Président de l’Ordre en père fouettard tente de les remettre dans le cadre ou de les y en faire sortir, on ne sait plus trop. Propos ciblés sur ces clowns-là ou plus larges sur des médecins qui ne rigolent pas sur ce sujet-là ? On s’y perd.

Trois de mes confrères ont réagi aux mots du Président Bouet sous des angles différents, complémentaires et très intéressants : 
La colère et le trouble nous font tous parfois sortir de nos gonds, surtout lorsque l’on se sent injustement visés. C’est humain et utile.

Il est dommage de constater que certains journalistesqui plus est, médecins, dont le rôle me semble être de se distancier du feu de l’actualité pour mieux la présenter tombent à leur tour dans la caricature et l’amalgame participant mieux que personne au désordre des clowns. 


Ainsi va la vie.

Demain, les médecins pilotes qui hier et aujourd’hui imposent des vaccins recommandés sans en informer clairement et loyalement leurs patients seront enfin en conformité avec la loi. Leur siège de pilote sera renforcé. En d’autres termes pour ceux qui n’auraient pas compris ce que j’évoque là ou qui fermeraient volontairement les yeux, régulièrement chaque jour des vaccinations (mais bien d’autres choses allant parfois à l’encontre des données de la science comme cet exemple) sont pratiquées sans explications préalables, sans information sur les obligations, les recommandations, les bénéfices, les risques, et tout ce monde de clowns s’en accommode.

Si demain l’Ordre sanctionne un médecin ne respectant pas la législation vaccinale, il sera dans son bon rôle aussi bien qu’il le serait à mon sens aujourd’hui s’il venait à s’exprimer voire à rappeler à l’ordre un médecin ayant imposé en catimini une recommandation vaccinale. D’ailleurs, ces pratiques-là n’auraient-elles pas participé elles aussi à la défiance vis-à-vis des vaccins ? Tenez bon les gars, dans quelques semaines vous aurez réussi à passer mieux que d’autres entre les largesses des mailles du filet.

Vivement que la fin de cette triste partie soit sifflée, que les pitreries cessent, qu’après le désordre, chaque clown retire son nez, descende de scène, de son piédestal, pour justement prendre de la hauteur et que tous les acteurs retrouvent non pas un peu d’ordre mais au moins quelques pincées de sagesse et d’humilité.

Clownement vôtre.  

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Des valeurs de P embellies dans les revues prestigieuses : phénomène connu qui ne gêne personne

Bon article en juillet 2017 dans Journal of Clinical Epidemiology intitulé : »The distribution of P-values in medical research articles suggested selective reporting associated with statistical significance ». Il existe des données importantes sur le bricolage évident des statistiques dans les articles scientifiques, et ceci est une caractéristique transdisciplinaire, des sciences sociales, aux sciences de la vie et aux sciences dures !… Continuer la lecture

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