Archives mensuelles : novembre 2017

Ending medical reversal / Pour en finir avec les volte-face thérapeutiques en médecine

Je suis en train de lire Ending Medical Reversal de Vinayak Prasad et Adam Cifu dont je vous ferai sans doute un compte rendu complet. Et élogieux (j’ai des réserves sur certains points, bien entendu).
Les volte-face thérapeutiques ne sont pas ce que nous croyons intuitivement, c’est à dire, pour résumer : il existe des pratiques médicales que nous abandonnons parce qu’il est démontré ensuite qu’elles sont inefficaces ou parce que la science a trouvé mieux d’un point de vue efficacité et/ou conceptuel. Un exemple ? Un nouvel anti hypertenseur prouve qu’il fait aussi bien sur les chiffres tensionnels que le précédent mais il montre également qu’il protège la santé du patient : moins d’AVC, moins d’infarctus, et cetera. On peut dire que les données de la science ont évolué parce que le nouveau critère n’est plus Baisse de la pression artérielle mais protection cardiovasculaire.
Pour les deux auteurs, en finir avec les volte-face thérapeutiques signifie qu’il faut agir en amont pour éviter que des pratiques médicales ne deviennent la règle alors qu’elles n’ont pas démontré leur efficacité.

Ils insistent également sur ceci : quand il est démontré qu’une pratique largement répandue, et depuis de nombreuses années et sur des milliers ou des centaines de milliers de malades, n’est pas plus efficace qu’un placebo, elle n’est pas toujours abandonnée immédiatement. Pourquoi ?

Ils insistent encore sur ceci : quand il est avéré qu’une pratique fait plus de mal que de bien (le dépistage du cancer du sein par mammographie chez les femmes entre 40 et 49 ans) il est difficile de l’abandonner comme ça. On ne se demande pas pourquoi on l’a instituée mais comment on va faire pour la désinstituer sans perdre la face.

Mais il ne faut pas croire que cela n’arrive qu’aux autres, que cela n’est le fait que des institutions ou que c’est à cause de l’industrie pharmaceutique ou de l’industrie des matériels ou des méchants experts.

Je vous donne des exemples tirées de ma pratique.
Lors de mon installation en septembre 1979, mon dernier poste était Faisant Fonction d’Interne dans un service de neuro-chirurgie : les PL étaient mon domaine, et cetera. J’aimais bien manier les aiguilles.
Eh bien, au cabinet, j’ai très rapidement pratiqué des épidurales dans l’indication sciatique, des injections intra-articulaires de corticoïdes dans les genoux (comme d’ailleurs des infiltrations extra-articulaires : tendinite de la patte d’oie), et des infiltrations extra-articulaires des coudes (épicondylites). J’ai aussi infiltré des canaux carpiens, des aponévrites plantaires, et cetera. Sans oublier, et nous en reparlerons sans doute, les infiltrations intra et extra articulaires de l’épaule.
Aujourd’hui je ne pratique plus d’épidurales, non pour d’initiales raisons scientifiques mais parce qu’il y a déjà très longtemps j’avais vu que mon assurance civile professionnelle ne me couvrait pas. Je ne pratique plus d’injections intra articulaires dans le genou pour des raisons légales et pour des raisons scientifiques : cela ne « marche » pas. Je ne pratique plus, ou presque, d’infiltrations des épicondyliens après que j’ai expliqué au patient.e quels étaient les résultats à un an (autant de malades douloureux et impotents que les patient.e.s aient ou non été infiltré.e.s).
Je raconte cela avant-hier à l’un de mes collègue spécialiste. Il me dit ceci : il y a dix ans j’ai vu un orthopédiste qui m’avait demandé de le rappeler dans la semaine pour me faire opérer d’un ménisque. Je ne l’ai jamais rappelé. Je n’ai plus mal depuis dix ans. Je lui réponds ceci : il y a 9 ans j’ai fait une sciatique L4L5 hyper algique. Mes amis généralistes, rhumatologues, neurologues, tout le monde m’a dit que je devais me faire opérer. J’ai résisté. Aucun traitement antalgique ne me soulageait. J’ai tout arrêté. Je me suis arrêté de travailler huit jours. Mes muscles fondaient. Un collègue radiologue m’a infiltré dans l’espace foraminal (des études récentes ont montré que cela n’avait pas montré son efficacité) et 36 heures après je reprenais le travail. Un collègue médecin du sport m’a félicité de ne pas m’avoir fait opérer et il m’a donné des conseils d’auto kinésithérapie. J’ai un peu forcé et j’ai récupéré mon jambier antérieur en trois jours (et accessoirement mon quadriceps homolatéral car l’atteinte radiculaire était mixte). Je continue à faire du sport.
Ainsi, dans mon cabinet, et au delà des problèmes légaux, j’exerçais des pratiques qui n’avaient pas fait la preuve de leur efficacité mais qui me paraissaient intuitivement justifiées : Ego Based Medicine. Cela me valorisait, j’obtenais des résultats (rappelons que l’effet placebo est en moyenne de 30 % quelle que soit la pathologie et que dans le domaine de l’antalgie il peut atteindre 70 à 80 %), les gens se donnaient le mot, et cetera.
Je suis revenu en arrière.
Mais, je le rappelle, j’ai fait volte-face non parce que des pratiques justifiées ont été invalidées par la science et sont devenues injustifiées mais parce que des pratiques injustifiées ont été confirmées dans leur injustifiabilité.

La critique principale est celle-ci : s’il avait fallu attendre des justifications scientifiques pour l’utilisation de l’aspirine dans les céphalées ou en prévention cardiovasculaire on aurait laissé souffrir et/ou mourir beaucoup de gens. OK. Mais c’est aussi l’exception.

Voilà un début d’introduction à ce livre que je vous conseille d’acheter.

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Addiction et sevrage tabagiques: personne n’avait encore songé aux chirurgiens-dentistes !

  Bonjour Dans une époque qui prend l’eau le « retour aux fondamentaux » est un concept porteur. Y compris chez les chirurgiens-dentistes, comme nous le révèle Le Quotidien du Médecin. Et, parmi ces fondamentaux, la prise en charge du tabagisme en cabinet dentaire. Pourquoi l’avait-on oublié ? Et coment dire haut et fort que le dentiste n’est […] Continuer la lecture

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Quatorze morts sous Levothyrox : «aucun lien» assure l’Agence de sécurité du médicament

Bonjour L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pourra-t-elle longtemps encore gérer seule l’affaire multiforme du Levothyrox ? Elle est aujourd’hui confrontée à une nouvelle révélation : le numéro zéro d’un futur hebdomadaire papier (Ebdo) 1 qui tient là sa première et paradoxale pré-exclusivité. Où l’on apprend que la base nationale recensant les effets indésirables des médicaments […] Continuer la lecture

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Premier et dernier auteurs font tout le boulot : bonnes données sur 12 000 articles du domaine ‘Sciences multidisciplinaires’

Nous avons analysé un article sur les contributions des auteurs d’une revue médicale ayant un système homogène pour les contributeurs, les Annals of Internal Medicine. Dans le même esprit, un article a été fait sur un corpus de 12 000 articles des revues scientifiques plus générales, Cet article, publié dans Science Advances en novembre 2017 a pour titre : « Authorship… Continuer la lecture

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Un nouveau baclofène «spécial alcoolisme» : l’usine à gaz ad hoc de l’Agence du Médicament

Bonjour C’est un nouveau chapitre dans une histoire dont on ne voit pas la fin – l’histoire du baclofène dans les soins apportés aux personnes souffrant d’une dépendance à l’alcool. Et c’est un chapitre édifiant quant à l’embarras que ce dossier peut susciter au sein de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits […] Continuer la lecture

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Sevrage : connaîtra-t-on jamais les véritables résultats des opérations «Moi(s) sans tabac» ?

  Bonjour Trop tôt !  Agnès Buzyn aurait-elle péché par excès officiel d’optimisme en évoquant une édition « prometteuse » 2017 de l’opération « Moi(s) sans tabac » lors de sa dernière communication au conseil des ministres ? Le site des buralistes français le pense : à en croire le compteur du site Tabac Info Service la communauté atteint 157 879 inscrits […] Continuer la lecture

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Le flacon de Keytruda® ne vaut plus que 1314 €. Les troublants regrets de MSD-France  

Bonjour Il faudra bien un jour prochain, rapprocher le prix et la morale. Chiffrer l’espérance de vie. Dire ce qu’il peut ou non en être de la solidarité citoyenne. Et pouvoir connaître le comptes de Big Pharma. C’était, hier, un scoop des Echos : un accord avait été trouvé, le 23 novembre entre la filiale française […] Continuer la lecture

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Pas beaucoup de rétractations d’articles en médecine d’urgence ! Spécialité jeune et vertueuse ?

Bonne étude sur les rétractations de la spécialité « Emergency Medicine », parue dans la revue Euroepan Emergency Medicine Journal avec un titre ambitieux « A systematic review of retracted publications in emergency medicine ». Je dis titre ambitieux, car le mot systématique dans le titre est vendeur, sans bien correspondre au travail qui n’évoque pas PRISMA, et sans enregistrement de protocole, etc… Pas… Continuer la lecture

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L’intelligence n’est pas (Exmed)

  L’intelligence n’est pas


   En complément de la LEM 1042 : Devenir de l’intelligence artificielle, voici un point de vue particulièrement stimulant. Celui de Krishnamurti (1895-1986), inclassable et solitaire penseur indien. Citation intégrale ( L’esprit et la pensée, Stock 2001) :

« L’intelligence n’est pas l’aptitude au maniement habile d’arguments, de concepts, d’opinions contradictoires – comme si les opinions pouvaient donner accès à la découverte de la vérité, ce qui est impossible – mais elle consiste à se rendre compte que la mise en actes de la pensée, en dépit de toutes se capacités, de ses subtilités, et de l’activité prodigieuse qu’elle ne cesse de déployer, n’est pas l’intelligence»
Conférence à Brockwood Park du 4 septembre 1982.


   Autrement dit, n’en déplaise aux fanatiques de nos robots futuristes, pas d’intelligence possible sans conscience. Infiniment moins simpliste que le bavard test de Türing.



F-M Michaut , CO d’Exmed 29-30 novembre 2017 Continuer la lecture

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Alerte : à cause de Sandoz, la France n’a plus d’antibiotiques pour traiter la syphilis

  Bonjour Nouvelle illustration de la dépendance nationale à Big Pharma : l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient d’être informée par la multinationale Sandoz d’une « rupture de stock » (sic) de la spécialité Benzathine benzylpénicilline Sandoz 2,4 MUI, poudre et solvant pour suspension injectable (voie intramusculaire) à compter du début […] Continuer la lecture

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A Paris, du néo-cannabis dans les cigarettes électroniques ! Mais que fait la police ?

Bonjour Ce matin, il faut lire Le Parisien (Elsa Mari) : « une mode nouvelle fait fureur. Du e-liquide qui contient du CBD, une des molécules du cannabis, est disponible sur le Net et dans les boutiques de cigarettes électroniques. Au grand dam de médecins ». Où l’on retrouve le CBD, ou cannabidiol, cannabinoïde présent dans le cannabis ; une […] Continuer la lecture

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Médicaments : après la «liste noire», voici la «liste en or» et son lot d’absurdités

Bonjour Hier 60 millions de consommateurs et sa « liste noire » 1, aujourd’hui Le Monde et sa liste en or véritable: « Les dix médicaments qui coûtent le plus cher à la Sécurité sociale »  (Maxime Ferrer et Chloé Hecketsweiler). Rien de sorcier, il suffisait d’y penser : le dernier des quotidiens vespéraux a analysé la base de données Open Medic qui […] Continuer la lecture

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Quand une redoutable infection met 30 ans à se déclarer

Un Américain de 70 ans, ayant subi une transplantation cardiaque en 1986, est admis à l’hôpital (Tucson, Arizona) pour confusion. Cette altération de la conscience dure depuis quatre jours. En raison de sa greffe, cet homme suit un traitement immunosuppresseur. … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans cas clinique, granulomatose, greffe, histoplasmose, histoplasmose disséminée, immucompétent, immunodéprimé, Immunosuppresseurs, Infectiologie, MALADIES INFECTIEUSES, mycose, Neurologie, Pneumologie, transplantation | Commentaires fermés sur Quand une redoutable infection met 30 ans à se déclarer

Trois instituts de recherche anglais et la fondation B&M Gates rejoignent la plateforme de l’industrie pharma pour partager les résultats d’essais cliniques

C’est dans le NEJM que 4 financeurs de recherche, dont la recherche clinique, annoncent des avancées dans le partage des données des essais cliniques : Bravo. Le titre de cet article du 16 novembre 2017 : « Data Sharing from Clinical Trials — A Research Funder’s Perspective ». Les 4 signataires sont des représentants de : The Wellcome Trust, the Medical Research… Continuer la lecture

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Le grand bluff du cholestérol

Un documentaire de grande qualité sur le cholestérol et la construction artificielle de son image négative auprès du public a été diffusé sur ARTE en 2016. Il a reçu le prix du public du festival Pariscience 2017, confirmant son succès d’audience excep… Continuer la lecture

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2 POIDS – 3 MESURES – 1 ORDRE ? (suite)

Deux situations survenues la même journée sont abordées ici, l’une l’a débutée, l’autre l’a ponctuée. Comme souvent, il s’agit avant tout d’apporter des éléments de réflexion, des questionnements, et d’observer qu’en fonction de l’ordre dans lequel on prend les choses, deux poids peuvent mener à deux voire trois mesures mais qu’au final, un seul ordre s’impose, pourvu que ça soit le bon.

Situation 1 :

Important retard vaccinal chez une petite fille de 3 ans à lire ici.


Situation 2 :

Ma matinée de consultations avait donc débuté par l’histoire de cette petite fille de trois ans m’ayant une nouvelle fois fait réfléchir sur le sujet des vaccinations.

La journée s’est terminée sur un tout autre thème.

Raccourcis maladroits pour certains, liens étroits malhonnêtes pour d’autres, voire total hors-sujet pour quelques-uns, on connaît les mécanismes de défense et l’avantage des œillères. Pourtant, la médecine générale élevée au rang de spécialité ne tire-t’elle pas sa spécificité en raccommodant des tranches de vies pour en puiser des pistes de réflexions tenant compte de la globalité des problématiques ? 

Ne nous posons pas trop de questions comme le suggèrent certains et passons à cette fameuse seconde situation. 

Rentré à la maison, je relève mon courrier. J’y découvre cette invitation destinée à mon épouse : 

Pour mémoire, le sujet avait déjà été évoqué en mai dans ce billet  avec des références de la Haute Autorité de Santé et de l’Institut National du Cancer.

Des femmes sans critères de risque sont invitées dès l’âge de 40 ans à un dépistage du cancer du sein 100 % utile. Concernant mon épouse, il s’agit de la seconde invitation en six mois depuis ses 40 ans tout frais.

Reprenons cet écrit : « 100 % utile dès 40 ans » qui ressemble étrangement au célèbre slogan de la Française des Jeux « 100 % des gagnants ont tenté leur chance » à la différence près qu’il ne s’agit pas d’un jeu…
D’abord : « 100 % utile ».

Existe-t-il en médecine un examen qui serait 100 % utile ? En d’autres termes, cela revient à affirmer que l’examen est à 100 % bénéfique et ne comporte aucun risque. Troublant n’est-ce pas ?

Ensuite : « dès 40 ans ».

D’après des sources comme la HAS et l’INca (deux instances anciennement pilotées par notre actuelle ministre de la santé), si dépistage du cancer du sein il peut y avoir, c’est à partir de 50 ans* et pas avant. 

De nouveau troublant n’est-ce pas ? Et même contraire aux données actuelles de la science pourrait-on dire non ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il semble y avoir non pas un mais deux mensonges dans la même phrase.

Pour le fun, voici l’introduction d’un article dans lequel le Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins s’exprimait sur l’extension de l’obligation vaccinale :

Au moment où certains praticiens s’opposent à l’extension de l’obligation à 11 vaccins pour les enfants de moins de deux ans, le président de l’Ordre des médecins, le Dr Patrick Bouet remet les pendules à l’heure. ll met en garde : les professionnels qui relaieront des arguments contraires aux données de la science pourront être poursuivis. « Quelles que soient les convictions personnelles d’un professionnel, il se doit de protéger ceux qui l’entourent. Il n’y a pas de débat », clame-t-il dans une interview exclusive au Généraliste.
Que conclure si nous extrapolons ces propos à notre mammobile annoncé comme 100 % utile dès 40 ans ?

Depuis le temps que l’on pose la question sur ce drôle de dépistage « 100 % utile dès 40 ans » vendu aux communes donc financé par nos impôts, je n’ai observé qu’une réponse gênée de l’INca se défaussant sur l’Agence Régionale de Santé et un silence médiatique total.

Quant à l’ordre des médecins qui semble se saisir soudainement de questions scientifiques, aurait-il un avis éclairé et éclairant sur le sujet ? Que dire des médecins qui prônent ce dépistage et vivent du mammobile ?

L’ordre s’étant affranchi de son habituelle neutralité scientifique en s’engouffrant dans le non-débat sur l’extension de l’obligation vaccinale, ma curiosité de connaître son avis sur d’autres questions est attisée comme jamais. Ce fut une agréable surprise lorsque j’ai découvert qu’un médecin spécialiste en médecine générale avait réussi à se hisser à la tête de l’ordre des médecins. Mon confrère généraliste établirait-il ces liens maladroits comme j’ai eu le toupet de le faire ? Raccommoderait-il lui aussi ces tranches de vie-là ? Parions plutôt sur la sagesse du silence pour certains ou le politiquement correct pour d’autres. Ainsi 100 % des gagnants auront tenté leur chance.

2 poids-3 mesures-1 ordre ?


*Pour être tout à fait exhaustif, la copie pourrait un jour est revue même à partir de 50 ans. 

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Bibi journaliste.

Alors voilà… Lunettes rondes, casquette en cuir vissée sur le crâne et barbe blanche en dessous, Christian est bénévole au secours populaires, vieille asso de 70 ans. Il coordonne l’équipe « Petit déjeuner ». « Tous les dimanches matins, la caravane s’installe là-bas, à la rencontre des sans logis, des précaires, des réfugiés, tous ceux […] Continuer la lecture

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Glyphosate :  OK pour cinq ans sur le Vieux Continent – une claque pour le gouvernement

  Bonjour « Les plus accommodants, ce sont les plus habiles : on hasarde de perdre à vouloir trop gagner ». C’est fait. En dépit d’une campagne médiatique sans vrai précédent la Commission européenne vient d’autoriser l’utilisation du glyphosate jusqu’en 2022 – soit jusqu’à la fin du quinquennat Macron. Après deux ans de négociations, les Etats membres de […] Continuer la lecture

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Alcool, tabac, cannabis ou benzodiazépines sur votre lieu de travail ? Voici votre nouveau portail !

  Bonjour Les addictions seront-elles un jour solubles dans la numérisation ? Peut-on soigner des addicts via la publicité ? Pour l’heure voici www.addictaide.fr/travail : « nouveau portail pour prévenir et gérer les conduites addictives dans le monde du travail ». Les portails ont-ils une âme ? Celui est porté sur les fonts baptismaux de la dépendance par un parrain et […] Continuer la lecture

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Sport et santé : quels bénéfices ? quels risques ?

Bonjour ! je vous propose aujourd’hui le canevas d’un topo que j’ai fait pour mon club de triathlon avec l’aide d’un collègue infirmier anesthésiste. Ecoutez votre corps, surtout les signes inhabituels (douleur dans la poitrine, essouflement inhabituel). Arrêtez vous et appeler le 15/112 ! Take care ! https://docs.google.com/presentation/d/1RDTjnpH1RI3XbT9kkYFx61xlNUwENaRUbZ730an-FQ4/edit?usp=sharing Continuer la lecture

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Tu peux (suite)

Alors voilà, il y a ce message, reçu de la lectrice m’ayant raconté l’histoire publiée jeudi dernier ICI : « Je voulais vous dire qu’hier soir j’ai contacté l’une de vos lectrices de l’association SOUVENANGE qui avait publié un commentaire sous mon histoire expliquant le but de l’association. Elle va retoucher les photos que j’ai […] Continuer la lecture

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Prix indécents des médicaments : rebondissement mystère dans l’affaire du Keytruda®

Bonjour C’est un scoop économique nocturne des Echos : un accord a été trouvé, le 23 novembre entre la filiale française du géant pharmaceutique américain MSD et le gouvernement français – accord sur le prix  du plus qu’onéreux médicament anticancéreux Keytruda®. Semi- scoop car le montant du prix n’a pas été révélé. Contacté par l’Agence France-Presse, le […] Continuer la lecture

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Des chercheurs publient volontairement dans des revues prédatrices, et celles-ci progressent….

C’est le New York Times qui a expliqué (30 octobre 2017) au public le phénomène des revues prédatrices, et surtout le fait que des universitaires publient dans ces revues sans valeurs : Many Academics Are Eager to Publish in Worthless Journals. Trop de chercheurs se font prendre, et je connais même des chercheurs français qui ont publié dans des revues… Continuer la lecture

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Concentration en radon d’un logement ou d’un lieu de travail

Depuis 1988, le radon, gaz incolore et inodore, est classé cancérogène certain par le CIRC. Or des millions de personnes résident dans des communes qui ont un potentiel radon moyen ou élevé. Il est important de mesurer les concentrations de radon […] Continuer la lecture

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Médecins mercenaires hospitaliers piégés : jamais plus de 1 500 euros par 24 heures

  Bonjour A la différence notable des journalistes, les médecins français ne lisent jamais assez. Même le dimanche. A commencer par le Journal Officiel de la République française. Celui dominical du 26 novembre publie un arrêté d’importance : « Décret n° 2017-1605 du 24 novembre 2017 relatif au travail temporaire des praticiens intérimaires dans les établissements publics […] Continuer la lecture

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ESPRIT DE SEL salaison (LEM 1043)

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Natrémique (Exmed)

                            Natrémique LEM  1043


Pas de contrainte diététique, pas de sans sel en vue ce jour sur Exmed. Avec juste la pointe d’épices qu’il faut, Jacques Grieu nous entraine sur la route du sel. Et sans gabelle, s’il vous plait. Voici la LEM 1043 : ESPRIT DE SEL  SALAISON. Régalez-vous.

F-M Michaut , CO d’Exmed 27-28 novembre 2017 Continuer la lecture

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Un train-hôpital parcourt l’Inde pour procurer des soins aux plus démunis

Depuis 20 ans,  un train-hôpital avec des chirurgiens volontaires à bord parcourt l’Inde : ces médecins prodiguent ainsi gratuitement des soins aux populations les plus démunies du pays, ils opèrent notamment […] Continuer la lecture

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Dragi Webdo n°161: cancer du col, infertilité, ménopause, hypoglycémies, antalgiques

Bonjour à tous! Le Congrès du CNGE était plutôt bien, cette année encore (mais j’avoue axer mes cessions sur du bio-médico-psycho-social plutôt que sur de la pédagogie). Vous pouvez retrouver le suivi des sessions avec #CNGE2017!

 
1/ Pharmacovigilance
La HAS a réévalué le thiocolchicoside pour confirmer son absence bénéfice (SMR insuffisant) avec un risque teratogène notamment chez l’homme.
Une étude sur les benzodiazépines prescrites aux patients avec maladie d’Alzheimer, retrouve une augmentation de la mortalité chez les patients traités. Une fois de plus, dans la maladie d’Alzheimer ou dans l’insomnie, les mesures non médicamentes sont vraiment les prises en charges à privilégier.
Pour faire la transition avec le chapitre suivant de pneumologie (#JeSavaisPasDansQuelleParagrapheMettreCetArticle) , un article du JAMA internal medicine revient sur le risque de fracture osseuses chez les patients asthmatique. En effet, les auteurs retrouvent une augmentation du risque de fracture chez les patients ayant pris des corticoïdes per os, mais pas avec les corticoïdes inhalés sur une population de près de 20 000 enfant (ce qui permet quand même de limiter le manque de puissance).
2/ Pneumologie
Des recommandations sur les dilatations des bronches ont été publiées par la société européenne respiratoire. Les détails ne sont pas importants mais, il faut retenir qu’en dehors d’une association à de l’asthme ou à de la BPCO, les corticoïdes inhalés ne sont pas recommandés, que les B2 mimétiques de longue durée d’action peuvent être envisagés en cas de dyspnée persistante en association à de la kinésithérapie respiratoire, et qu’en cas d’exacerbation, le traitement antibiotique est à mettre en place pour 14 jours (donc plus long que dans la BPCO).
D’après un article de PlosOne, le vaccin antigrippal chez l’enfant serait efficace, mais avec une efficacité pas terrible quand même, variant entre 33% et 70% selon l’âge de l’enfant et l’année de vaccination. Le problème, est ce que c’est une étude hospitalière et donc, l’efficacité du vaccin n’est pas évaluée sur nos jeunes patients en ville
3/ Gynécologie 
Une étude s’est penchée sur les dépistages du cancer du col utérin en France. D’abord, le dépistage  du cancer du col  organisé était plus cout/efficace que le dépistage individuel. Ça tombe bien, il devient organisé dans quelques mois. Enfin, la recherche d’HPV effectuée tous les 5 à 10 ans était plus « cout-efficace »!
Peut être fallait il le démontrer, mais un essai contrôlé randomisé a comparé la stimulation ovarienne avec insémination versus l’attente dans la prise en charge de l’infertilité.Heureusement, ça marche! Et par rapport aux études cardiovasculaires, là, on a un NNT de 4,6 pour un suivi de 3 cycles! La courte durée de l’étude n’a pas permis de montrer plus d’effets indésirables (notamment, pas de syndrome d’hyperstimulation ovarienne).
Le BMJ propose un article sur les traitements non hormonaux des symptômes de la ménopause. Les traitements non pharmacologiques possibles sont les thérapies cognitivo-comportementales, l’hypnose et l’acuponcture. En cas d’échec de ces mesures, les traitements pharmacologiques sont proposés (même si je doute de la balance bénéfice/risque, notamment dans l’ordre proposé par les auteurs): (es)citalopram, puis venlafaxine, puis paroxetine (je l’aurais mise en 1er quitte à mettre un de ces traitement…) , puis gabapentine et enfin clonidine si rien d’autre ne marche. A ce niveau là, il est probable que les traitements hormonaux aient une balance bénéfice/risque plus favorable (en l’absence de contre-indication…). Pour les symptômes vaginaux, les lubrifiants à l’eau ou à la silicone sont proposés.
4/ Antalgiques
C’est une étude aux urgences pour des douleurs des extrémités (plutôt traumatiques), cependant, ses résultats sont intéressants. Dans cet essai contrôlé randomisé du JAMA, les auteurs ont retrouvé que 2 heures ‘après 1 prise d’antalgiques de paracetamol 1g avec 400mg d’ibuprofène, la baisse d’intensité de la douleur était identique à la baisse suite à la prise d’antalgiques morphiniques (pallier 2 ou pallier 3). Le schéma de l’étude est néanmoins complexe, avec 4 bras, et des doses de paracetamol associée aux antalgiques de pallier 2 et 3 d’uniquement 350mg. Il aurait été intéressant de vraiment comparer avec les 1g de paracetamol…  Bref, en l’absence de contre indication, il est probablement évitable de recourir aux morphiniques en privilégiant une combinaison AINS+parcetamol. C’est certainement utile pour des douleurs traumatiques pouvant risquer de devenir chroniques pour lesquelles les opiacés au long cours présentent plus de risque. Pour des douleurs non traumatiques (infectieuses, douleurs abdominales non encore identifiée), il est probable que les morphiniques soient plus adaptés compte tenu des effets indésirables connus des AINS.


5/Diabétologie
Une étude de cohorte de plus de 1200 patient diabétiques de type 2 confirme le lien entre hypoglycémie sévère et risque de mortalité globale (HR= 1,7) lié à une augmentation de mortalité cardio-vascuaire (HR=1,64) et de mortalité par cancer (HR=2,49). Ne me demandez pas des NNH, on « inflige pas » des hypoglycémies sévères aux patients donc voilà…  Je n’ai pas l’explication pour les cancers… mais en tous cas, éviter les hypoglycémies sévères est important!
C’est fini pour cette semaine, bon retour de Montpellier à tous, et dédicace spéciale aux Twitto.a.s présents, vivement la prochaine IRL!
@Dr_Agibus

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Médicaments : petit voyage dans les sombres couloirs de nos étranges « listes noires » 

Bonjour Longtemps les «listes noires» des médicaments n’eurent pas droit de cité en France. Big Pharma et le gros dictionnaire Vidal régnaient. On l’a oublié: il était interdit aux journaux de citer les noms de marque des spécialités. Puis les temps changèrent. La découverte, fort tardive, des premiers grands scandales (celui de la thalidomide, suivi de celui du distilbène) […] Continuer la lecture

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Intim-e-r

    En cette journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, laissez-moi vous conter une brève histoire.     Son accouchement a été long, difficile, douloureux, laborieux… et s’est terminé par un forceps et une épisiotomie*. Deux mois plus tard, elle retrouve le gynécologue qui l’a « accouchée » lors de la consultation […]

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Alerte médicale en Val de Loire : la désertification menace, déjà, le beau Jardin de la France 

Bonjour Le titre est d’une banalité à désespérer : Instal toi Doc. C’est celui du site Web que la région Centre-Val de Loire vient de créer pour attirer les médecins. « Le région sort le grand jeu » observe, au chaud depuis Paris, Le Quotidien du Médecin. Le titre est à désespérer mais il faut accepter la vérité : […] Continuer la lecture

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Bruissements de voix dans la forêt du web – par Martin Winckler/Marc Zaffran

Baptiste Beaulieu vient de publier une violente critique au sujet d’un médecin (par ailleurs « respecté ») qui, sur les réseaux sociaux, profère des « blagues » homophobes sans jamais s’interroger sur leur portée.

Si vous ne l’avez pas lu encore, le texte est ici. Je vous le recommande vivement. 

La question qu’il soulève est importante : un médecin est-il en droit de dénigrer publiquement une minorité déjà lourdement défavorisée, marginalisée, opprimée ?

La plupart des arguments opposés tiennent en quelques mots : 

« Mais bon dieu, un médecin est un être humain, la liberté d’expression lui permet de faire les blagues qu’il veut ! Il a le droit à ses opinions ! Et puis, c’est de l’humour ! D’ailleurs, sur les réseaux, il n’est pas en exercice. »

C’est sur ce dernier argument que je voudrais revenir.

« Sur les réseaux, un médecin n’est pas en exercice ».

Cet argument sous-entend que les obligations incluses dans le code de déontologie n’existent, pour un médecin, que pendant les heures où il exerce.

C’est évidemment fallacieux, pour de nombreuses raisons.

D’abord, parce qu’un médecin ne cesse pas de l’être en ôtant sa blouse (1). Pas plus qu’un.e enseignant.e qui sort de sa classe, un.e gendarme en dehors de ses heures de service, un.e élu.e qui regagne son domicile.

Si je prends ces autres exemples, c’est parce qu’ils ont des points communs importants avec les médecins : ce sont des membres du service public. (Oui, même un médecin libéral. Car il exerce dans le cadre des règles imposées par le Code de la santé publique, il est lié par une convention avec la sécurité sociale et même hors convention sa liberté d’exercice est strictement réglementée.)

Servir le public, ce n’est pas une fonction comme les autres. Ça ne se résume pas à des actes ou à des comportements dans le cadre professionnel. L’image que nous avons de l’institutrice, du gendarme, du médecin ou de l’élu.e n’est pas seulement liée à sa fonction, mais à leur place et leur rôle symbolique dans la société.

Ce rôle consiste non seulement à servir le public conformément à la loi, mais aussi à incarner les valeurs visant à assurer la cohésion de la population – et en particulier à la protéger et lui permettre de s’épanouir.

Ce rôle symbolique, nous attendons que les personnes d’autorité l’incarnent à tout moment de leur vie. Cette permanence de leur rôle symbolique est en effet ce qui nous permet de les investir en permanence de notre confiance.

La confiance, ça ne fonctionne pas seulement pendant les heures de bureau.

Quand l’un.e des professionnel.le.s censé.e.s servir le public se comporte autrement que nous l’attendons, nous nous sentons trahi.e.s.

Quand nous voyons un.e enseignant.e de l’école voisine humilier ou frapper son petit garçon dans la rue, comment pourrions-nous avoir encore envie de lui confier nos enfants ?

Quand nous lisons dans le journal qu’un gendarme fait l’objet d’une plainte pour coups et blessures, nous souhaitons vivement qu’il soit chassé de la gendarmerie. Comment pourrions-nous nous sentir en sécurité s’il nous arrêtait sur la route ?

Et quand nous apprenons qu’un élu a harcelé sexuellement des membres de son équipe, nous ne voulons qu’une chose : sa démission. Pourquoi aurait-il encore le droit de nous représenter ?

Chaque jour, nous sommes ainsi confrontés au fossé entre les qualités supposées que nous prêtons à ces « figures d’autorité » et ce qu’il faut bien appeler des comportements 

inqualifiables. 

*

C’est encore plus vrai avec la figure du médecin. Car du médecin, nous n’attendons pas seulement un comportement bienveillant, compréhensif et humain lors du « colloque singulier », mais aussi qu’il se comporte de manière civile, civique, respectueuse de la loi et des individus hors de son cadre d’exercice. 

Tout autant qu’enseigner, faire respecter la loi ou administrer la cité au nom des citoyens, les métiers de soin sont porteurs de valeurs et supposent, de la part de qui les exerce, non seulement de respecter ces valeurs, mais aussi de les défendre !  

D’autant qu’un médecin n’est pas un « serviteur du public » comme les autres. 

Il jouit de prérogatives extraordinaires – parmi lesquelles celle de toucher les gens, de leur faire subir des gestes invasifs, de leur administrer des substances dangereuses, de donner son avis ou d’intervenir sur leur manière de boire et de manger, de dormir, d’avoir des relations sexuelles, d’avoir et élever des enfants, de faire de l’exercice, de travailler, de vivre et de mourir.

Aucune figure sociale n’a une influence aussi grande, aussi directe, aussi intime, aussi durable sur la vie des personnes. Au sein de leur cabinet et en dehors. 

Et aucune autre figure sociale ne dispose du privilège de n’avoir de compte à rendre à personne (ou presque). Chaque praticien est réputé « libre » d’exercer ou de nuire comme il l’entend sans jamais être remis en question. Parfois, certains nuisent impunément pendant de nombreuses années. 

Ce privilège exorbitant a longtemps nourri chez les premiers intéressés le fantasme d’être « différents » des autres citoyens – et de ce fait, d’être doté d’ immunité morale.  

Ce fantasme, autrefois, se matérialisait dans le fait (avéré) que le médecin était « un notable ». Beaucoup de médecins regrettent ce temps. Ils trouvent qu’on les respecte moins aujourd’hui. 

Ils se trompent. 

Le respect qu’on porte aux médecins est toujours aussi grand, mais il n’est plus le simple produit d’une différence de classe ou de statut, ou d’une illusoire « supériorité » morale ou scientifique. C’est le respect qu’on accorde à une personne qualifiée, dont on valorise la compétence et le savoir-faire – mais aussi sa capacité à réparer, à concilier, à réunir. 

*

   

Les figures d’autorité sont certes respectées parce qu’elles assurent une fonction, mais aussi parce qu’elles véhiculent, dans leurs actes et leurs paroles, les valeurs inhérentes à cette fonction. Le jour où leur comportement ou leurs paroles contredisent ces valeurs, elles se disqualifient. 

Et ce qui est vrai pour les enseignant.e.s, les élu.e.s ou les membres des forces de l’ordre, l’est également pour les médecins, à chaque instant de leurs interactions avec le public

Certes, tout être humain a des préjugés. Mais quand cet être humain s’engage à être médecin (et c’est vrai pour toutes les professions soignantes) il lui incombe de travailler de toutes ses forces pour que ces préjugés ne polluent pas sa pratique et ne nuisent pas aux personnes qui se confient à lui. Ce travail-sur-soi, les médecins en ont les moyens intellectuels et matériels, ils en ont aussi – tout comme la mise à jour des connaissances – l’obligation morale et professionnelle : ça fait partie du contrat ! 

Lutter contre ses propres préjugés et sa propre ignorance et s’efforcer de ne pas les imposer est en effet une obligation incontournable pour tout soignant – dont la mission est « avant tout, ne pas nuire. » 

Il n’est pas question de dire qu’un médecin n’a pas le droit d’avoir une vie privée, des sautes d’humeur, des conflits personnels ou familiaux ou, tout simplement, de faire des erreurs et de dire des bêtises, comme tout le monde. Ce qu’un médecin fait, pense ou dit à son domicile n’a pas à être scruté ou contrôlé par le public. 

Mais parce qu’ils exercent dans un cadre clos (un cabinet médical, un service hospitalier) un métier centré sur la confidentialité, certains médecins ont peut-être le sentiment que lorsqu’ils sortent de ce cadre, le simple respect de la confidentialité suffit à les libérer de leurs obligations. Il n’en est rien : ils restent assujettis à de nombreuses règles de comportement inscrites dans le Code de déontologie. 

Même dans un avion en plein vol ou dans un bateau hors des eaux territoriales, on fera appel à lui quand un passager fait un malaise. Parce que son « autorité » est liée non seulement à un savoir et un savoir-faire spécifique qui touchent au bien-être et à la vie corporelle et émotionnelle des individus, un médecin est toujours médecin. C’est ainsi, et il ne doit jamais l’oublier. 

Cette constatation simple a des conséquences inévitables : il va de soi qu’un médecin qui insulte, humilie, abuse, menace, brutalise, tient des propos racistes, sexistes ou homophobes ou dénigre d’une quelconque manière le ou la patient.e qu’il vient de recevoir dans son bureau se disqualifie en tant que professionnel qualifié et en tant que figure d’autorité. C’est tout aussi vrai quand il se comporte ainsi en public sans s’adresser à personne en particulier. Quand on prétend être digne de la confiance d’une collectivité, il faut montrer qu’on continue à en respecter les membres quand on met le pied dehors. 

Certains médecins ont peut-être l’illusion que sur un blog, un réseau social ou dans un entretien pour à une publication en ligne, ils s’expriment dans un cadre privé, parce qu’ils tapotent leur clavier dans la solitude de leur bureau, donnent une opinion par téléphone ou échangent (exclusivement, croient-ils) avec leurs « amis » Twitter ou Facebook. 

Ils s’imaginent peut-être que « ça sera noyé dans la masse ». 

Ils se trompent. Dans la forêt du web, il y a toujours quelqu’un pour entendre le moindre bruissement de voix, et chaque voix peut porter très loin. Même quand elle se cache derrière un pseudonyme. Le pseudonymat, pas plus que la sortie du bureau, ne dispense pas un médecin de ses obligations. (Oui, je sais de quoi je parle.) 




Quand cette voix exprime mépris et préjugés envers une minorité souffrante et opprimée par une grande partie du corps social, on est en droit de penser et de dire que cette voix est discutable. Et de la critiquer. 

Quand il s’exprime sur les réseaux sociaux, un médecin ne peut prétendre rester anonyme. Il s’expose. Il doit en assumer les conséquences. 

Marc Zaffran/Martin Winckler

************************************

(1) Je pense qu’il ne cesse pas non plus d’être médecin quand il prend sa retraite ou émigre et n’exerce plus. Mais bon, c’est juste une opinion personnelle… 

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Bruissements de voix dans la forêt du web – par Martin Winckler/Marc Zaffran

Baptiste Beaulieu vient de publier une violente critique au sujet d’un médecin (par ailleurs « respecté ») qui, sur les réseaux sociaux, profère des « blagues » homophobes sans jamais s’interroger sur leur portée.

Si vous ne l’avez pas lu encore, le texte est ici. Je vous le recommande vivement. 

La question qu’il soulève est importante : un médecin est-il en droit de dénigrer publiquement une minorité déjà lourdement défavorisée, marginalisée, opprimée ?

La plupart des arguments opposés tiennent en quelques mots : 

« Mais bon dieu, un médecin est un être humain, la liberté d’expression lui permet de faire les blagues qu’il veut ! Il a le droit à ses opinions ! Et puis, c’est de l’humour ! D’ailleurs, sur les réseaux, il n’est pas en exercice. »

C’est sur ce dernier argument que je voudrais revenir.

« Sur les réseaux, un médecin n’est pas en exercice ».

Cet argument sous-entend que les obligations incluses dans le code de déontologie n’existent, pour un médecin, que pendant les heures où il exerce.

C’est évidemment fallacieux, pour de nombreuses raisons.

D’abord, parce qu’un médecin ne cesse pas de l’être en ôtant sa blouse (1). Pas plus qu’un.e enseignant.e qui sort de sa classe, un.e gendarme en dehors de ses heures de service, un.e élu.e qui regagne son domicile.

Si je prends ces autres exemples, c’est parce qu’ils ont des points communs importants avec les médecins : ce sont des membres du service public. (Oui, même un médecin libéral. Car il exerce dans le cadre des règles imposées par le Code de la santé publique, il est lié par une convention avec la sécurité sociale et même hors convention sa liberté d’exercice est strictement réglementée.)

Servir le public, ce n’est pas une fonction comme les autres. Ça ne se résume pas à des actes ou à des comportements dans le cadre professionnel. L’image que nous avons de l’institutrice, du gendarme, du médecin ou de l’élu.e n’est pas seulement liée à sa fonction, mais à leur place et leur rôle symbolique dans la société.

Ce rôle consiste non seulement à servir le public conformément à la loi, mais aussi à incarner les valeurs visant à assurer la cohésion de la population – et en particulier à la protéger et lui permettre de s’épanouir.

Ce rôle symbolique, nous attendons que les personnes d’autorité l’incarnent à tout moment de leur vie. Cette permanence de leur rôle symbolique est en effet ce qui nous permet de les investir en permanence de notre confiance.

La confiance, ça ne fonctionne pas seulement pendant les heures de bureau.

Quand l’un.e des professionnel.le.s censé.e.s servir le public se comporte autrement que nous l’attendons, nous nous sentons trahi.e.s.

Quand nous voyons un.e enseignant.e de l’école voisine humilier ou frapper son petit garçon dans la rue, comment pourrions-nous avoir encore envie de lui confier nos enfants ?

Quand nous lisons dans le journal qu’un gendarme fait l’objet d’une plainte pour coups et blessures, nous souhaitons vivement qu’il soit chassé de la gendarmerie. Comment pourrions-nous nous sentir en sécurité s’il nous arrêtait sur la route ?

Et quand nous apprenons qu’un élu a harcelé sexuellement des membres de son équipe, nous ne voulons qu’une chose : sa démission. Pourquoi aurait-il encore le droit de nous représenter ?

Chaque jour, nous sommes ainsi confrontés au fossé entre les qualités supposées que nous prêtons à ces « figures d’autorité » et ce qu’il faut bien appeler des comportements 

inqualifiables. 

*

C’est encore plus vrai avec la figure du médecin. Car du médecin, nous n’attendons pas seulement un comportement bienveillant, compréhensif et humain lors du « colloque singulier », mais aussi qu’il se comporte de manière civile, civique, respectueuse de la loi et des individus hors de son cadre d’exercice. 

Tout autant qu’enseigner, faire respecter la loi ou administrer la cité au nom des citoyens, les métiers de soin sont porteurs de valeurs et supposent, de la part de qui les exerce, non seulement de respecter ces valeurs, mais aussi de les défendre !  

D’autant qu’un médecin n’est pas un « serviteur du public » comme les autres. 

Il jouit de prérogatives extraordinaires – parmi lesquelles celle de toucher les gens, de leur faire subir des gestes invasifs, de leur administrer des substances dangereuses, de donner son avis ou d’intervenir sur leur manière de boire et de manger, de dormir, d’avoir des relations sexuelles, d’avoir et élever des enfants, de faire de l’exercice, de travailler, de vivre et de mourir.

Aucune figure sociale n’a une influence aussi grande, aussi directe, aussi intime, aussi durable sur la vie des personnes. Au sein de leur cabinet et en dehors. 

Et aucune autre figure sociale ne dispose du privilège de n’avoir de compte à rendre à personne (ou presque). Chaque praticien est réputé « libre » d’exercer ou de nuire comme il l’entend sans jamais être remis en question. Parfois, certains nuisent impunément pendant de nombreuses années. 

Ce privilège exorbitant a longtemps nourri chez les premiers intéressés le fantasme d’être « différents » des autres citoyens – et de ce fait, d’être doté d’ immunité morale.  

Ce fantasme, autrefois, se matérialisait dans le fait (avéré) que le médecin était « un notable ». Beaucoup de médecins regrettent ce temps. Ils trouvent qu’on les respecte moins aujourd’hui. 

Ils se trompent. 

Le respect qu’on porte aux médecins est toujours aussi grand, mais il n’est plus le simple produit d’une différence de classe ou de statut, ou d’une illusoire « supériorité » morale ou scientifique. C’est le respect qu’on accorde à une personne qualifiée, dont on valorise la compétence et le savoir-faire – mais aussi sa capacité à réparer, à concilier, à réunir. 

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Les figures d’autorité sont certes respectées parce qu’elles assurent une fonction, mais aussi parce qu’elles véhiculent, dans leurs actes et leurs paroles, les valeurs inhérentes à cette fonction. Le jour où leur comportement ou leurs paroles contredisent ces valeurs, elles se disqualifient. 

Et ce qui est vrai pour les enseignant.e.s, les élu.e.s ou les membres des forces de l’ordre, l’est également pour les médecins, à chaque instant de leurs interactions avec le public

Certes, tout être humain a des préjugés. Mais quand cet être humain s’engage à être médecin (et c’est vrai pour toutes les professions soignantes) il lui incombe de travailler de toutes ses forces pour que ces préjugés ne polluent pas sa pratique et ne nuisent pas aux personnes qui se confient à lui. Ce travail-sur-soi, les médecins en ont les moyens intellectuels et matériels, ils en ont aussi – tout comme la mise à jour des connaissances – l’obligation morale et professionnelle : ça fait partie du contrat ! 

Lutter contre ses propres préjugés et sa propre ignorance et s’efforcer de ne pas les imposer est en effet une obligation incontournable pour tout soignant – dont la mission est « avant tout, ne pas nuire. » 

Il n’est pas question de dire qu’un médecin n’a pas le droit d’avoir une vie privée, des sautes d’humeur, des conflits personnels ou familiaux ou, tout simplement, de faire des erreurs et de dire des bêtises, comme tout le monde. Ce qu’un médecin fait, pense ou dit à son domicile n’a pas à être scruté ou contrôlé par le public. 

Mais parce qu’ils exercent dans un cadre clos (un cabinet médical, un service hospitalier) un métier centré sur la confidentialité, certains médecins ont peut-être le sentiment que lorsqu’ils sortent de ce cadre, le simple respect de la confidentialité suffit à les libérer de leurs obligations. Il n’en est rien : ils restent assujettis à de nombreuses règles de comportement inscrites dans le Code de déontologie. 

Même dans un avion en plein vol ou dans un bateau hors des eaux territoriales, on fera appel à lui quand un passager fait un malaise. Parce que son « autorité » est liée non seulement à un savoir et un savoir-faire spécifique qui touchent au bien-être et à la vie corporelle et émotionnelle des individus, un médecin est toujours médecin. C’est ainsi, et il ne doit jamais l’oublier. 

Cette constatation simple a des conséquences inévitables : il va de soi qu’un médecin qui insulte, humilie, abuse, menace, brutalise, tient des propos racistes, sexistes ou homophobes ou dénigre d’une quelconque manière le ou la patient.e qu’il vient de recevoir dans son bureau se disqualifie en tant que professionnel qualifié et en tant que figure d’autorité. C’est tout aussi vrai quand il se comporte ainsi en public sans s’adresser à personne en particulier. Quand on prétend être digne de la confiance d’une collectivité, il faut montrer qu’on continue à en respecter les membres quand on met le pied dehors. 

Certains médecins ont peut-être l’illusion que sur un blog, un réseau social ou dans un entretien pour à une publication en ligne, ils s’expriment dans un cadre privé, parce qu’ils tapotent leur clavier dans la solitude de leur bureau, donnent une opinion par téléphone ou échangent (exclusivement, croient-ils) avec leurs « amis » Twitter ou Facebook. 

Ils s’imaginent peut-être que « ça sera noyé dans la masse ». 

Ils se trompent. Dans la forêt du web, il y a toujours quelqu’un pour entendre le moindre bruissement de voix, et chaque voix peut porter très loin. Même quand elle se cache derrière un pseudonyme. Le pseudonymat, pas plus que la sortie du bureau, ne dispense pas un médecin de ses obligations. (Oui, je sais de quoi je parle.) 




Quand cette voix exprime mépris et préjugés envers une minorité souffrante et opprimée par une grande partie du corps social, on est en droit de penser et de dire que cette voix est discutable. Et de la critiquer. 

Quand il s’exprime sur les réseaux sociaux, un médecin ne peut prétendre rester anonyme. Il s’expose. Il doit en assumer les conséquences. 

Marc Zaffran/Martin Winckler

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(1) Je pense qu’il ne cesse pas non plus d’être médecin quand il prend sa retraite ou émigre et n’exerce plus. Mais bon, c’est juste une opinion personnelle… 

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Dragi Webdo n°161:

Bonjour à tous! Le Congrès du CNGE était plutôt bien, cette année encore (mais j’avoue axer mes cessions sur du bio-médico-psycho-social plutôt que sur de la pédagogie). Vous pouvez retrouver le suivi des sessions avec #CNGE2017!

1/ Pharmacovigilance

La HAS a réévalué le thiocolchicoside pour confirmer son absence bénéfice (SMR insuffisant) avec un risque teratogène notamment chez l’homme.

Une étude sur les benzodiazépine prescrites aux patients avec maladie d’Alzheimer, retrouve une augmentation de la mortalité chez les patients traités. Une fois de plus, dans la maladie d’Alzheimer ou dans l’insomnie, les mesures non médicamentes sont vraiment les prises en charges à privilégier.

Pour faire la transition avec le chapitre suivant de pneumologie (#JeSavaisPasDansQuelleParagrapheMettreCetArticle) , un article du JAMA internal medicine revient sur le risque de fracture osseuses chez les patients asthmatique. En effet, les auteurs retrouvent une augmentation du risque de fracture chez les patients ayant pris des corticoïdes per os, mais pas avec les corticoïdes inhalés sur une population de près de 20 000 enfant (ce qui permet quand même de limiter le manque de puissance).

2/ Pneumologie

Des recommandations sur les dilatation des bronches ont été publiées par la société européenne respiratoire. Les détails ne sont pas importants mais, il faut retenir qu’en dehors d’une association à de l’asthme ou à de la BPCO, les corticoïdes inhalés ne sont pas recommandés, que les B2 mimétiques de longue durée d’action peuvent être envisagés en cas de dyspnée persistante en association à de la kinésithérapie respiratoire, et qu’en cas d’exacerbation, le traitement antibiotique est à mettre en place pour 14 jours (donc plus long que dans la BPCO).

D’après un article de PlosOne, le vaccin antigrippal chez l’enfant serait efficace, mais avec une efficacité pas terrible quand même, variant entre 33% et 70% selon l’âge de l’enfant et l’année de vaccination. Le problème, est ce que c’est une étude hospitalière et donc, l’efficacité du vaccin n’est pas évaluée sur nos jeunes patients en ville. Continuer la lecture

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Le coût mensuel de votre smartphone

Ok. On va parler de choses simples. Basiques. Du coût mensuel de votre téléphone. J’ai choisi un iPhone 7. Forfait avec plus de 2 go d’internet parce qu’aujourd’hui, ça va quand même très vite (et pour faciliter la comparaison).  Pour la revente du téléphone, j’ai calculé que je perdais environ 200 euros par an avec … Continuer la lecture de « Le coût mensuel de votre smartphone » Continuer la lecture

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Les médecins fument moins. Contrairement aux aides-soignants et à leurs patients

  Bonjour Le temps n’est plus où certains praticiens consultaient la cigarette aux lèvres. Où des mandarins s’affichaient ouvertement tabagiques. « Contrairement à ce qui est observé en population générale, la prévalence du tabagisme est en forte baisse parmi les médecins généralistes, passant de 29 % en 2003 à 16 % en 2015 » rapporte Santé publique France qui publie sur […] Continuer la lecture

Publié dans ADDICTION, infirmier, médecine, Polémique, politique, soigner, tabagisme | Commentaires fermés sur Les médecins fument moins. Contrairement aux aides-soignants et à leurs patients

‘Gates Open Research’, plateforme ouverte de la fondation B & M Gates, est lancée sur le modèle « preprint » de F1000Research

Elle avait été annoncée, et elle arrive vite : le revue « Gates Open Research » utilise le modèle de F1000Research, comme la revue du Welcome Trust qui s’appelle Wellcome Open Research. Les institutions de recherche lancent des plateformes et voudraient prendre le leadership sur les revues des sociétés savantes. Ces revues de sociétés savantes ont adopté un modèle hybride avant d’adopter… Continuer la lecture

Publié dans e-journals, Open access, Preprint, Vie et mort des journaux | Commentaires fermés sur ‘Gates Open Research’, plateforme ouverte de la fondation B & M Gates, est lancée sur le modèle « preprint » de F1000Research

Harcèlement en entreprise : instaurer une prévention primaire, pas seulement des actions de réparation

Les juges de la Cour de cassation ont considéré en 2016 que l’obligation de sécurité faite à l’employeur pour prévenir tout harcèlement dans son entreprise doit comporter des actions de formation et d’information et pas seulement des actions de réparation […] Continuer la lecture

Publié dans agissements, agressif, CHSCT, conflits, encadrement, harcèlement, management, moral, obligation, plaintes, prévention, rapports, sécurité, sociaux, souffrance, travail, violence | Commentaires fermés sur Harcèlement en entreprise : instaurer une prévention primaire, pas seulement des actions de réparation

Sous motivation
 (Exmed)

Sous motivation


Régulièrement la presse se fait l’écho des arrêts de travail pour maladie. Toujours pour regretter qu’ils fussent si nombreux et si couteux pour nos assureurs. S’ensuit une chasse aux sorcières pour incriminer les patients abuseurs ou les prescripteurs trop complaisants.

    Comment se fait-il que des gens comme les cultivateurs, les artisans, les commerçants, les cadres supérieurs ou les professions libérales n’accumulent pas chaque année des semaines de congé maladie ?

Ils sont tout simplement motivés par leur travail parce qu’ils en sont les seuls responsables. C’est l’organisation du travail, son automatisation, sa fragmentation, son anonymat, sa deshumanisation qu’il faudrait faire passer sur le billard.

F-M Michaut ,
CO d’Exmed 24-26 novembre 2017 Continuer la lecture

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 (Exmed)