Archives quotidiennes : 15 septembre 2016

Un «Moi(s) sans tabac» et sans cigarette électronique. Ubu est roi, c’est automatique

Bonjour Avec le paquet neutre c’est la grande innovation du gouvernement contre le fléau du tabac. Ce sera en novembre et cela s’appellera « Moi(s) sans tabac ». Cette opération est présentée comme un défi aux fumeurs – un défi lancé par le ministère de la Santé et « Santé publique France », pour les inciter à arrêter de […] Continuer la lecture

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Le bol d’eau chaude – par Florence Braud

C’est une chambre d’hôpital. Dans cette chambre, un homme va mourir. Dans quelques jours ou dans quelques semaines, personne ne sait au juste, mais il va mourir, ça, tout le monde le sait. C’est une chambre qui attend la mort, cependant elle est pleine de vie. Les murs sont décorés de photos, c’est interdit pourtant, mais le personnel soignant a gentiment fermé les yeux. Au bout du lit trône un vieux doudou, c’est Martin, le doudou de l’homme qui va mourir.  Bien sûr, ça fait bien longtemps que Martin ne sert plus de doudou à personne, mais la fille a retrouvé cette vieille peluche dans un carton et elle l’a amenée à son père, comme un petit clin d’œil. La fille, justement, est assise sur le fauteuil. Dans ses bras, un bébé endormi. Un tout jeune bébé, qui n’a que quelques semaines à peine. Trois générations dans cette chambre pleine de vie qui sent déjà la mort, trois générations silencieuses et fatiguées.

Deux petits coups discrets frappés à la porte. L’homme malade dort, le bébé aussi, seule la fille relève la tête. Une aide-soignante entre doucement et dépose un bol d’eau chaude à côté du fauteuil. La fille sourit et remercie, elle a envie de pleurer mais elle se retient, ses sanglots risqueraient de réveiller l’homme et l’enfant endormis. L’eau chaude, c’est pour sa tisane, parce qu’au distributeur de l’hôpital il n’y a que du thé et du café. Ce n’est qu’un bol d’eau chaude, mais c’est tellement plus que ça. Ce bol d’eau chaude, c’est aussi la merveilleuse attention d’une aide-soignante pour cette maman fatiguée qui va bientôt perdre son père. C’est la bienveillance de toute une équipe qui accompagne sa famille depuis plusieurs mois. C’est le sourire de l’aide-soignante, l’écoute de l’infirmière, l’humour du brancardier. C’est la douceur de la kiné et la gentillesse de l’ASH. C’est le soin dans ce qu’il a de plus beau, le soin qui ne soigne pas mais qui prend soin.

C’est cette équipe soignante qui m’a donné l’envie d’être aide-soignante. Grâce à un bol d’eau chaude.

Florence Braud
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Ce billet de Florence a été originellement publié sur son blog, « Soignante en devenir« . Vous êtes vivement invité à lire également ce second billet, « côté obscur » de celui qui précède. 

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Dépakine® : pour Le Figaro la facture s’élèvera à six milliards d’euros. Qu’en dit Sanofi ?

  Bonjour Non, les scandales sanitaires ne se réduisent pas toujours à la quête du bouc émissaire. Il faut aussi songer aux dimensions financières. Dans l’affaire de la Dépakine® ,  Le Figaro a fait ses comptes : environ six milliards d’euros. Plus précisément la quotidien a fait travailler Catherine Hill, épidémiologiste bien connue de l’Inserm et ancien […] Continuer la lecture

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C’est pas de l’eau de roche CO d’Exmed

 C’est pas de l’eau de roche


Certes sous nos climats, celle du robinet que nous buvons chaque jour est régulièrement analysée pour être déclarée potable. Les services officiels recherchent, selon une méthodologie restrictive imposée par la loi, les composés chimiques indésirables et les contaminations microbiennes. Les chiffres officiels sont bons ? Alors, buvez en paix, braves gens, même si ça pue le chlore, c’est bon pour votre santé.
Il faut quand même savoir qu’il n’est possible de trouver que ce que l’on cherche. Ainsi, aucune recherche n’est effectuée sur les résidus médicamenteux ( nos déjections urinaires et fécales les véhiculent) ni sur les micropolluants en général. La faiblesse des doses est une bien piètre justification quand les durées d’exposition ( donc d’accumulation potentielle) se comptent en dizaines d’années pour chaque personne. 
Encore un vaste chantier pour les responsables de la cité, avec de très, très puissants facteurs économique de résistance à la clef.

F-M Michaut CO d’Exmed  16-18 septembre 2016 Continuer la lecture

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Volontariat obligatoire

Hier soir, c’était le planning de garde. Alors à 20h45, une fois la journée de consultations terminée, les papiers faits, les coups de fils passés, j’ai rangé mes petites affaires, et je suis partie, dans la joie et la bonne … Lire la suite Continuer la lecture

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Nouveau en France : une carte du harcèlement et de la maltraitance dans les hôpitaux

Bonjour Ne plus subir. Ou, du moins, ne plus subir dans l’ombre. « La peur doit changer de camp ». Au lendemain des nouvelles et accablantes révélations sur les circonstances de la mort d’Adama Traoré 1 c’est un communiqué de presse qui n’a pas fini de faire parler. Il fait suite à la première assemblée générale de […] Continuer la lecture

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Délires et rôle du médecin généraliste comme coordinateur des soins. Histoire de consultation 193.

Buddy Guy
Monsieur A, 93 ans, est accompagné par sa fille. C’est un patient de mon associée que je reçois en son absence.
Son dossier me renseigne : maladie des corps de Lewy, diabète non id, HTA. Il est actuellement hébergé che sa fille.
Madame B, sa fille, avant un rendez-vous pris chez l’urologue, est venue « pour le renouvellement » (et je remarque en passant la sobriété du traitement de ce patient très âgé et « dément »), et pour me montrer les résultats du scanner.
L’histoire est la suivante : pendant les vacances Monsieur A a présenté une hématurie macroscopique. Sa fille l’a emmené aux urgences. 
Il a vu ensuite un urologue qui a prescrit divers examens dont un scanner. 
Le compte rendu du scanner indique que « tout est normal » (je résume). 
(Je fais une incidente. Quand j’étais « petit » et après que j’avais fait des stages dans des services où existaient des pédagogues médecins, j’avais appris à lire des radiographies. Des radiographies simples  comme des radiographies pulmonaires ou des clichés de rachis lombaire et, lors des visites, lors de staffs, il était possible d’acquérir des connaissances en discutant avec nos « chefs » et nos pairs qui critiquaient, commentaient, interprétaient des clichés, non seulement de façon technique mais aussi en fonction du contexte clinique. Ces temps sont révolus. Désormais on lit les comptes rendus, du moins nous, les médecins généralistes, sauf quand le radiologue nous sélectionne une image et va même jusqu’à dessiner une flèche pour indiquer l’endroit pathologique, et, paradoxe des paradoxes, dans le cas des scanners et des IRM, le radiologue fournit un cd qui, le plus souvent, demande un logiciel ad hoc pour « animer » les résultats et qui est donc proprement illisible. Passons. Les non médecins généralistes se reconnaîtront aussi dans ceux qui ne lisent que les comptes rendus.)
(Deuxième incidente. L’hyper spécialisation de la médecine est une plaie. Elle est la conséquence de la technicisation et elle est une menace pour le patient. J’ai déjà écrit sur ce sujet mais je tente de synthétiser : ne plus savoir lire une imagerie et, encore plus, ne pas savoir l’interpréter, nous met à la merci des techniciens qui sont des gens formidables, mais qui sont des techniciens auxquels nous devons faire confiance aveuglément ; et ainsi, la parcellisation du corps malade, son atomisation, sa découpe en rondelles, rendent le patient (l’être humain) de plus en plus invisible, sa « transparence » supposée le détruisant en tant qu’individu.)
Monsieur A suit la conversation comme s’il comprenait tout mais, je ne mets pas longtemps à me  rendre compte qu’il est à côté de la plaque, qu’il pose des questions et commente sans qu’il y ait de rapports avec les propos que nous tenons. Sa fille, d’une patience d’ange et d’une empathie communicative, me dit que l’urologue a convoqué son père pour regarder le scanner et pour, vraisemblablement, biopsier sa vessie.
Elle remarque ma grimace.
J’interroge Madame B : l’hématurie macroscopique a disparu.
Madame B me regarde drôlement mais ne dit rien.
Je prescris une numération pour vérifier qu’il n’y a pas de déglobulisation, un bilan de surveillance diabète/HTA (en fonction des molécules prescrites) et la recherche de sang dans les urines.
Une semaine plus tard.
Le bilan est normal.
Madame B : Faut-il aller chez l’urologue ?
Moi : Je n’en sais rien. Mon avis, mais ce n’est qu’indicatif, vous le prendrez comme vous le voudrez, est qu’il faut laisser votre père tranquille.
Madame B s’est figée.
Moi : Vous pouvez aller voir l’urologue mais, si j’étais vous, je lui poserais trois questions.
Elle me regarde avec attention et je sens que le « si j’étais vous » la choque.
Moi : Est-ce que le fait de pratiquer une biopsie chez votre papa dans l’état où il est actuellement et en fonction de son âge va, un, entraîner la mise en oeuvre d’un traitement qui lui permettra, deux, d’avoir une meilleure qualité de vie, trois, d’augmenter son espérance de vie et, quatre, d’améliorer sa prise en charge ?
Silence (elle a dû remarquer qu’il y avait 4 questions).
Monsieur A n’a pas compris ce que j’ai dit.
Madame B me regarde avec des yeux qui me transpercent (c’est l’impression que j’ai).
Madame B : C’est la première fois que j’entends quelque chose de pareil venant d’un médecin. Mais vous avez le mérite d’être clair.

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Hillary Clinton ? «Excellente condition mentale». Ci-joint le certificat de son médecin.

Bonjour Spécialiste de médecine interne et exerçant à New York, le Dr Lisa R. Bardack n’est pas le Dr Claude Gubler qui officia au Palais de L’Elysée. Elle vient de signer un certificat médical de deux pages qui a été transmis à la presse. 1 Elle y précise que sa patiente Hillary Clinton, candidate démocrate […] Continuer la lecture

Publié dans agence france presse, médecine, Polémique, politique, The New York Times | Commentaires fermés sur Hillary Clinton ? «Excellente condition mentale». Ci-joint le certificat de son médecin.

Nature veut répliquer des recherches, y compris celles publiées par Nature, et les publier ; d’autres revues publient des réplications

Est-ce que Nature ira au bout de sa logique en publiant des réplications de recherches ? C’est un éditorial anonyme publié le 24 août 2016 qui est intitulé « Go forth and replicate! », avec pour sous-titre « To make replication studies more useful, researchers must make more of them, funders must encourage them and journals must publish them. » La reproductibilité devient un… Continuer la lecture

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