Archives quotidiennes : 9 juillet 2016

« Le Train » de Georges Simenon

Ce court roman est une démonstration de la puissance de la littérature. Cent cinquante pages ciselées, comme si chaque mot avait été pesé, réfléchi, murement choisi, chaque virgule, point ne peut être que là. La lumière, les odeurs, la sensualité, … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Lutte des classe ou lutte d’éclat

Réponse à l’interview de Martin Winckler dans l’Humanité Dans une interview à l’Humanité (ici) Martin Winckler s’exprime sur les médecins, leur formation, leurs relations à la société. J’aime bien Martin Winckler il exprime des idées certes parfois tranchées… Continuer la lecture

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Jour dix-huit. Motif : pas en forme.

Jour dix-huit.

Motif : pas en forme.

Il faut *clac* que je *clac* fasse *clac* attention *clac clac clac* à mes doigts. Ce terrier là est foutrement mal éduqué. J’aurais du me méfier quand j’ai vu sa propriétaire le tenir aussi mal. Elle m’avait dit de me méfier, mais il n’avait pas bronché lorsque je l’avais soulevé, puis posé sur la table, avant de le palper et l’ausculter. Elle retirait très vite ses mains dès qu’il tournait la tête pour me regarder, sans jamais soulever une babine. Je me disais qu’elle exagérait.

L’expérience.

J’ai réussi à esquiver le premier coup de dent. Je l’ai engueulé. Il s’est assis, m’a regardé d’un air bovin, a baillé. Lorsque j’ai recommencé à le manipuler, pas de problème. Jusqu’au coup de dent suivant. Ce coup-ci, j’en ai eu assez. Je ne peux pas l’examiner si je dois à chaque instant me demander s’il va me pincer, surtout en sachant que sa propriétaire ne le tiendra pas. Je suis certain qu’une contention convaincue suffirait. Je vais devoir m’en passer, et du coup, lui mettre un lien – une muselière nouée – autour du museau, pour enfin pouvoir travailler.

Bref. Il ne mange pas depuis hier. Il n’est pas en forme ce matin. Température – mesurée de haute lutte – 39.1°C. Contenu rectal normal. Rien à l’examen clinique général. Pas déshydraté. Traité contre les tiques avec un truc si efficace qu’il en rend la probabilité de piroplasmose presque nulle. En plus, ce n’est pas la saison. Je fais quand même un frottis, pour vérifier. Rien. Je contrôle les urines. Rien. Je reprends mon examen clinique : toujours rien.

Nous sommes de nouveau à ce point de bascule : faut-il aller plus loin, partir à la pêche au résultat sans savoir comment s’orienter, ou cesser là les investigations et taper bêtement à coups d’antibiotiques ? J’expose le problème à Mme Auroue. Elle me regarde, l’air un peu perdue.

– Mais c’est vous le docteur, c’est vous qui décidez.
– Je décide de vous demander. Il est jeune. En très bonne santé jusque là. Il est malade aujourd’hui, depuis cette nuit, mais il n’y a rien de grave et d’urgent. Je ne sais cependant pas du tout où chercher. Alors je peux faire des examens, mais quand on ne sait pas ce que l’on cherche, on risque surtout de ne rien trouver. Et ça peut coûter cher. On pourrait faire comme ça : je fais une prise de sang, juste pour avoir un échantillon, je mets ça de côté, je lui fais une injection antibiotique, en gardant en tête une maladie intestinale, et vous me direz d’ici demain comment il va évoluer. S’il guérit, parfait. On ne saura pas ce qu’il a eu, mais ce sera terminé. Si quelque chose de nouveau apparaît, nous saurons quoi explorer. Mais si nous voulons nous rassurer, nous pouvons au moins faire une Numération-Formule en plus, compter les globules. Cela peut donner de bonnes indications.
– Je préfère être rassurée.

Alors je demande un peu d’aide, et je fais la prise de sang. Centrifugation du tube hépariné… l’hématocrite est trop élevé. Je lance la NF. 60%. Il est déshydraté. Mais cela n’a pas encore de conséquence visible sur le tissu sous-cutané. Pas de quoi l’hospitaliser s’il est capable de boire et de tout garder. Les globules blancs touchent au 12000. C’est en faveur d’une infection bactérienne, sans réellement permettre de trancher. Je décide de traiter comme prévu. On verra demain. Le diagnostic n’est pas posé, mais le pronostic n’est pas mauvais.

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Jour dix-huit. Motif : pas en forme.

Jour dix-huit.

Motif : pas en forme.

Il faut *clac* que je *clac* fasse *clac* attention *clac clac clac* à mes doigts. Ce terrier là est foutrement mal éduqué. J’aurais du me méfier quand j’ai vu sa propriétaire le tenir aussi mal. Elle m’avait dit de me méfier, mais il n’avait pas bronché lorsque je l’avais soulevé, puis posé sur la table, avant de le palper et l’ausculter. Elle retirait très vite ses mains dès qu’il tournait la tête pour me regarder, sans jamais soulever une babine. Je me disais qu’elle exagérait.

L’expérience.

J’ai réussi à esquiver le premier coup de dent. Je l’ai engueulé. Il s’est assis, m’a regardé d’un air bovin, a baillé. Lorsque j’ai recommencé à le manipuler, pas de problème. Jusqu’au coup de dent suivant. Ce coup-ci, j’en ai eu assez. Je ne peux pas l’examiner si je dois à chaque instant me demander s’il va me pincer, surtout en sachant que sa propriétaire ne le tiendra pas. Je suis certain qu’une contention convaincue suffirait. Je vais devoir m’en passer, et du coup, lui mettre un lien – une muselière nouée – autour du museau, pour enfin pouvoir travailler.

Bref. Il ne mange pas depuis hier. Il n’est pas en forme ce matin. Température – mesurée de haute lutte – 39.1°C. Contenu rectal normal. Rien à l’examen clinique général. Pas déshydraté. Traité contre les tiques avec un truc si efficace qu’il en rend la probabilité de piroplasmose presque nulle. En plus, ce n’est pas la saison. Je fais quand même un frottis, pour vérifier. Rien. Je contrôle les urines. Rien. Je reprends mon examen clinique : toujours rien.

Nous sommes de nouveau à ce point de bascule : faut-il aller plus loin, partir à la pêche au résultat sans savoir comment s’orienter, ou cesser là les investigations et taper bêtement à coups d’antibiotiques ? J’expose le problème à Mme Auroue. Elle me regarde, l’air un peu perdue.

– Mais c’est vous le docteur, c’est vous qui décidez.
– Je décide de vous demander. Il est jeune. En très bonne santé jusque là. Il est malade aujourd’hui, depuis cette nuit, mais il n’y a rien de grave et d’urgent. Je ne sais cependant pas du tout où chercher. Alors je peux faire des examens, mais quand on ne sait pas ce que l’on cherche, on risque surtout de ne rien trouver. Et ça peut coûter cher. On pourrait faire comme ça : je fais une prise de sang, juste pour avoir un échantillon, je mets ça de côté, je lui fais une injection antibiotique, en gardant en tête une maladie intestinale, et vous me direz d’ici demain comment il va évoluer. S’il guérit, parfait. On ne saura pas ce qu’il a eu, mais ce sera terminé. Si quelque chose de nouveau apparaît, nous saurons quoi explorer. Mais si nous voulons nous rassurer, nous pouvons au moins faire une Numération-Formule en plus, compter les globules. Cela peut donner de bonnes indications.
– Je préfère être rassurée.

Alors je demande un peu d’aide, et je fais la prise de sang. Centrifugation du tube hépariné… l’hématocrite est trop élevé. Je lance la NF. 60%. Il est déshydraté. Mais cela n’a pas encore de conséquence visible sur le tissu sous-cutané. Pas de quoi l’hospitaliser s’il est capable de boire et de tout garder. Les globules blancs touchent au 12000. C’est en faveur d’une infection bactérienne, sans réellement permettre de trancher. Je décide de traiter comme prévu. On verra demain. Le diagnostic n’est pas posé, mais le pronostic n’est pas mauvais.

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Jour dix-huit. Motif : pas en forme.

Jour dix-huit.

Motif : pas en forme.

Il faut *clac* que je *clac* fasse *clac* attention *clac clac clac* à mes doigts. Ce terrier là est foutrement mal éduqué. J’aurais du me méfier quand j’ai vu sa propriétaire le tenir aussi mal. Elle m’avait dit de me méfier, mais il n’avait pas bronché lorsque je l’avais soulevé, puis posé sur la table, avant de le palper et l’ausculter. Elle retirait très vite ses mains dès qu’il tournait la tête pour me regarder, sans jamais soulever une babine. Je me disais qu’elle exagérait.

L’expérience.

J’ai réussi à esquiver le premier coup de dent. Je l’ai engueulé. Il s’est assis, m’a regardé d’un air bovin, a baillé. Lorsque j’ai recommencé à le manipuler, pas de problème. Jusqu’au coup de dent suivant. Ce coup-ci, j’en ai eu assez. Je ne peux pas l’examiner si je dois à chaque instant me demander s’il va me pincer, surtout en sachant que sa propriétaire ne le tiendra pas. Je suis certain qu’une contention convaincue suffirait. Je vais devoir m’en passer, et du coup, lui mettre un lien – une muselière nouée – autour du museau, pour enfin pouvoir travailler.

Bref. Il ne mange pas depuis hier. Il n’est pas en forme ce matin. Température – mesurée de haute lutte – 39.1°C. Contenu rectal normal. Rien à l’examen clinique général. Pas déshydraté. Traité contre les tiques avec un truc si efficace qu’il en rend la probabilité de piroplasmose presque nulle. En plus, ce n’est pas la saison. Je fais quand même un frottis, pour vérifier. Rien. Je contrôle les urines. Rien. Je reprends mon examen clinique : toujours rien.

Nous sommes de nouveau à ce point de bascule : faut-il aller plus loin, partir à la pêche au résultat sans savoir comment s’orienter, ou cesser là les investigations et taper bêtement à coups d’antibiotiques ? J’expose le problème à Mme Auroue. Elle me regarde, l’air un peu perdue.

– Mais c’est vous le docteur, c’est vous qui décidez.
– Je décide de vous demander. Il est jeune. En très bonne santé jusque là. Il est malade aujourd’hui, depuis cette nuit, mais il n’y a rien de grave et d’urgent. Je ne sais cependant pas du tout où chercher. Alors je peux faire des examens, mais quand on ne sait pas ce que l’on cherche, on risque surtout de ne rien trouver. Et ça peut coûter cher. On pourrait faire comme ça : je fais une prise de sang, juste pour avoir un échantillon, je mets ça de côté, je lui fais une injection antibiotique, en gardant en tête une maladie intestinale, et vous me direz d’ici demain comment il va évoluer. S’il guérit, parfait. On ne saura pas ce qu’il a eu, mais ce sera terminé. Si quelque chose de nouveau apparaît, nous saurons quoi explorer. Mais si nous voulons nous rassurer, nous pouvons au moins faire une Numération-Formule en plus, compter les globules. Cela peut donner de bonnes indications.
– Je préfère être rassurée.

Alors je demande un peu d’aide, et je fais la prise de sang. Centrifugation du tube hépariné… l’hématocrite est trop élevé. Je lance la NF. 60%. Il est déshydraté. Mais cela n’a pas encore de conséquence visible sur le tissu sous-cutané. Pas de quoi l’hospitaliser s’il est capable de boire et de tout garder. Les globules blancs touchent au 12000. C’est en faveur d’une infection bactérienne, sans réellement permettre de trancher. Je décide de traiter comme prévu. On verra demain. Le diagnostic n’est pas posé, mais le pronostic n’est pas mauvais.

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Cigarette électronique : les vapoteurs de France demandent grâce à Marisol Touraine

Bonjour Il faut imaginer le vapoteur heureux. C’est un esclave sur le chemin de la liberté, un forçat du tabac qui entrevoit la lumière, un dépendant à la nicotine qui prend la mesure de son assuétude. Mais c’est aussi un citoyen dont l’Etat complique la libération – un Etat qui trouve profit à vendre du […] Continuer la lecture

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