Archives quotidiennes : 5 juillet 2016

Les 4 accords Toltèques : Ayez une parole impeccable

L’introduction. Le pourquoi on en est arrivé là et pourquoi ces billets, c’était hier et c’est juste ici

Impeccable. A chaque fois, ce mot me fait sourire. Je pense soit à une petite blondinette, col claudine et anglaises impeccables ou les meubles de ces intérieurs trop propres d’une netteté impeccable (ce qui n’arrivera jamais chez moi et quand bien même je râle sans cesse sur le bordel, j’en suis ravie).

Pourquoi faire attention à votre parole ?

Votre parole est votre pouvoir créateur.

Quelle que soit votre façon de parler, votre intention se manifeste par la parole. Ce dont vous rêvez, ce que vous sentez et qui vous êtes vraiment.

C’est une force. Elle représente votre capacité à vous exprimer (…) et donc créer les évènements de votre vie.  L’un de ses tranchant est son mauvais usage qui peut concrétiser l’enfer, l’autre est son usage impeccable qui crée la beauté, l’amour (pfiouh) et le paradis sur terre (rien que ça !).

J’avais oublié de préciser que c’était un peu mièvre parfois, vous avez bien vos granules de nux vomica 5CH sur vous en cas de nausée ?

L’esprit humain est semblable à une terre fertile dans laquelle des graines sont continuellement semées : des opinions, des idées, des concepts. (…) La parole est une graine.

Quelqu’un exprime une opinion « Regarde cette fille comme elle est moche ! ». La fille en question entend cela, croit qu’elle est laide et grandit avec l’idée qu’elle n’est pas belle. Peu importe qu’elle le soit ou non. Si elle est d’accord avec cette opinion, elle croira qu’elle est laide.

Idem un peu plus loin avec un exemple tout aussi parlant que je vous résume plutôt que de le copier.

Si je crois que je suis stupide, à chaque fois que je vais faire quelque chose qui ne me satisfait pas ou faire une erreur, je vais penser « si j’étais intelligent, je n’aurais pas fait ça, je suis vraiment stupide ».

Ça veut dire qu’à chaque fois, je vais enfoncer, encore et encore le couteau dans la plaie, continuer à croire, me persuader de plus en plus que je suis vraiment stupide.

Ce qui marche aussi bien en remplaçant « stupide » par « bon parent », « bon conjoint », « vrai(e) ami(e) »… Attention si vous faites l’essai ça fait un peu mal.

Avec un tel cercle vicieux de croyances qui s’auto-alimentent, le jour où enfin quelqu’un pourra/voudra montrer qu’on n’est pas nul/stupide/moche, quels efforts devra-t-il déployer pour daigne le croire ?

Le mot impeccable vient du latin (…) signifie donc sans péché.

Un péché est quelque chose que vous commettez contre vous-même.

Etre impeccable c’est donc ne rien faire contre soi-même. Lorsque vous êtes impeccables, vous assumez la responsabilité de vos actions mais vous ne vous jugez pas, vous ne vous critiquez pas.

Pour que notre parole soit impeccable, il ne faut donc pas l’utiliser contre soi.  Si je vous aperçois dans la rue et que je vous traite d’imbécile, il semble que je me serve de la parole contre vous. Mais en réalité je l’utilise contre moi car vous allez me détester et votre haine ne me fera aucun bien. Donc si je me mets en colère et que je vous envoie mon poison émotionnel par la parole, je l’utilise contre moi-mêmeSi je m’aime, j’exprimerai mon amour dans mes interactions avec vous (…) vous m’aimerez en retour.
L’utilisation négative de la parole maintient les uns et les autres au fond du gouffre, dans un état de peur et de doute.

Prenons l’exemple cette femme intelligente et dotée d’un bon cœur. Elle avait une fille qu’elle adorait. Un soir, elle est rentrée chez elle après une très mauvaise journée de travail, fatiguée, remplie de tensions émotionnelles avec un mal de tête abominable. Elle souhaitait un peu de paix et de calme mais sa fille chantait et sautait joyeusement. Celle-ci ne se rendait pas compte de l’état dans lequel était sa mère ; elle jouait dans son propre monde, son propre rêve. Elle se sentait bien, elle sautait et chantait de plus en plus fort, exprimant toute sa joie et son amour. Elle chantait si fort qu’elle aggrava le mal de tête de sa mère qui, au bout d’un moment perdit le contrôle. En colère, elle regarda son adorable fille et lui dit : Tais-toi, tu as une voix horrible. Peux-tu simplement te taire ?

En réalité c’est la tolérance de cette femme envers le moindre bruit qui était réduite à néant et non la voix de sa petite fille qui était horrible. Mais cette dernière a cru ce que sa mère lui avait dit et à cet instant, elle a conclu un accord avec elle-même. Après cet incident, elle n’a plus jamais chanté, car elle croyait que sa voix était horrible et qu’elle dérangeait quiconque l’entendrait. (…)

Tout changea dans la vie de cette petite fille à cause de ce nouvel accord : elle crut qu’elle devait réprimer ses émotions afin d’être acceptée et aimée.

Ça me rappelle une gamine qui n’a plus osé sourire sincèrement, rire franchement après s’être pris  l’un de ses premiers râteaux pour ses « trop grandes dents ». La même gamine qui dix ans après ne voulait pas se marier parce que si elle souriait aussi sincèrement qu’elle était heureuse elle se trouverait affreuse. Et que s’il y a un jour dans sa vie où elle ne supporterait pas de se trouver affreuse, c’était bien celui-ci.  

Dans le pack « trop grandes dents » il y avait un certain « trop intello ». Si vous vous rappelez du billet d’hier et des masques qu’on met pour plaire à autrui, je vous laisse imaginer le casse-tête de cette même gamine, lorsqu’elle a réalisé que ce qu’elle pensait être son seul atout (qui marchait si bien auprès des adultes) n’en était pas un aux yeux des autres du même âge.

Paf, paf et re-paf. C’était juste un petit con hein. C’était juste une phrase en l’air.

Et ça a été 10 ans de ma vie à contrôler chaque sourire, chaque émotion positive parce que « je suis moche quand je suis heureuse ». Et paf. Pour un petit con. Merde.

J’vous rassure, je me suis quand même mariée, avec toutes mes dents et je me suis, sincèrement, trouvée belle. Et toc.  

[Entracte mouchoirs]

Si nous concluons ce premier accord et que notre parole devient impeccable, nous éliminerons progressivement tout poison émotionnel de notre esprit et de nos relations personnes.

Avoir une parole impeccable vous immunisera également contre toutes les paroles négatives d’autrui. Vous ne pouvez recevoir une idée négative que si votre esprit y est ouvert. Votre esprit deviendra stérile pour les paroles issues de la magie noire (= négatives/chargées de poison émotionnel) et deviendra fertile pour celles issues de l’amour.

L’intensité de votre amour-propre et les sentiments que vous nourrissez envers vous sont directement proportionnels à la qualité et à l’intégrité de votre parole. Lorsque celle-ci est impeccable, vous vous sentez bien. Vous êtes heureux et en paix.

C’est pas tentant tout ça ?

Comprendre ce premier accord a été mon point de départ. Le début de quelque chose de nouveau. Comme une porte qui s’ouvre enfin vers un monde beaucoup plus doux et beaucoup plus vaste. Un peu dur au départ de voir à quel point je me suis fait du mal, depuis tout ce temps, à cause de paroles anodines qui avaient finalement une puissance follement dévastatrice. Je crois que j’ai eu pitié de cette pauvre petite chose piétinée que ces croyances avaient fait de moi. J’ai pas tout arrêté du jour au lendemain hein. Juste un peu moins au début, un peu moins souvent, un peu moins sévère. Mes yeux dans le rétroviseur, y sont pas si moches en fait. Un peu moins de jugements, un peu plus de faits. Oui la mâchoire c’est pas trop ça de profil mais de face, c’est pas hideux.

Oui j’ai toujours pas beaucoup de nichons. Mais maintenant je peux enlever les coussinets de mes soutien-gorges sans avoir mal au coeur (t’as pas de seins t’es pas une femme voyons).Et j’ai un cul d’enfer. Et j’ai été une putain de magnifique mariée. Et je ne suis pas prétentieuse pour autant.
(Si vous retrouvez le billet qui dit qu’une femme doit pouvoir se trouver jolie sans qu’on la taxe de prétentieuse, je prends…)
Moins de haine, un début d’amour. Une prise de conscience de la puissance des mots. Oui les gens sont ternes ici, aigris, grincheux, peu importe moi je n’ai plus envie de l’être et si je veux en calculant un peu, je peux adoucir leurs heures.

« Vous avez été efficace, merci ».

« Vous faites votre travail avec le sourire, j’apprécie ».

Vérité. Tendresse. C’est mièvre peut-être mais essayez. De dire sincèrement merci avec de l’amour dans vos yeux et dans votre cœur. La réaction de l’autre et le plaisir que vous en retirerez ne vous décevrons  pas, c’est même drôle parfois de voir leur surprise (OMG une fille sympa, mais ça existe ??). Vous donnez un peu d’amour, vous en recevez. Cqfd.

Ça marche du tonnerre dans le boulot. Essayez la bonne dose d’amour avec le secrétariat téléphonique revêche d’un grand CHU parisien. La personne sera tellement surprise de ce retour inédit qu’elle fera son boulot bien mieux que ce à quoi vous vous attendiez. Quel soignant n’a pas eu envie de continuer à bien faire son travail après un mot de remerciement pour une prise en charge, une collaboration efficace, des nouvelles du patient…? (Et d’abandonner après une énième agression verbale ? ceci étant un autre débat).

Plus d’amour, moins de haine. Dans la gestion des conflits, l’interaction avec les autres au quotidien, ça m’a beaucoup aidée. Je vis les mêmes choses mais je les vis différemment. Le type qui conduit comme un pied devant moi ne génère plus aucune émotion négative. J’adapte ma conduite, j’observe. Soit il est paumé, n’aime pas conduire, s’engueule avec son voisin et dans ce cas je compatis. Soit il conduit comme un kéké parce qu’il en est un, qu’il choisit de prendre des risques parce qu’il ne vole pas assez haut pour comprendre combien une bagnole c’est dangereux et dans ce cas-là, il ne mérite pas que je gaspille mon énergie à me mettre en colère contre lui. Je nous mets moi et ma famille en sécurité et basta.

Bon j’vous dirai si accrochage il y a si j’arrive à être aussi zen. Si c’est le cas, j’vous paye l’apéro.

Un peu pareil pour mon dernier fait de haut rang. Demander au type qui se bourre la gueule à la bière pas chère dans sa caisse, radio à fond sur les places de stationnement DEVANT notre porte ( à 100 gros mètres de son entrée de parking à lui) d’aller le faire plus loin. J’y suis allée seule. Partie en colère, je me suis arrêtée. J’ai chassé la colère. Il n’y a que la vérité qui compte. Il y a des petits chez nous, des poussettes et des courses à sortir, ces places, ça nous arrange de pouvoir nous y mettre alors (tenez-vous bien) « ça serait agréable de votre part d’utiliser les places libres un peu plus loin pour les familles qui vivent ici ». Sous vos applaudissements, Leya, mot pour mot, très en colère. ET BAH IL L’A FAIT. Et il ne s’y est plus garé depuis des mois. J’ai du mal à y croire parce que (re-tenez vous bien), je ne peux pas être assez importante pour qu’on m’écoute ou qu’on veuille accéder à mes demandes. Long way to go.

N’empêche que depuis que j’ai lu ce truc, si chaque jour suffit toujours à sa peine, le bocal de poison émotionnel s’est vidé. Pas complètement. Mais de beaucoup. Matériellement ma vie est la même sauf que avec moins de haine, de colère et plus d’amour qui transite chaque jour, j’vous jure, c’est diablement doux et reposant.

Bon, pour l’extérieur ça va mieux mais rassurez-vous, je suis toujours une mégère à la maison. J’aime aussi fort que je râle, y a encore du travail… 

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Moi, médecin cycliste face à la détresse

Centimètres grignotés par mes voisins d’embouteillages, spirales descendantes aux enfers des parkings, arrogance des limousines, agacement des voiturettes, déshonneur de certains doigts, angoisse du rendez-vous manqué ; le trafic urbain ne me convenant plus, j’avais depuis longtemps choisi le vélo. Il … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Suicides d’infirmiers – «non assistance à personnel en danger» : silence de Marisol Touraine

Bonjour A la mi-juin un infirmier se suicidait sur son lieu de travail au CHU de Toulouse. Quelques jours plus tard, au Havre, une infirmière de l’hôpital Jacques-Monod se suicidait après avoir laissé une lettre dans laquelle elle dénonçait ses conditions de travail. Lors de la minute de silence organisée à sa mémoire le mari de […] Continuer la lecture

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Ma pose de DIU – par Mäsha

Mäsha m’avait écrit pour me poser des questions sur les DIU, et ces jours-ci elle m’a envoyé un long témoignage sur la pose, avec une Sage-Femme. Ce texte est à mes yeux un modèle, à double titre : sur la relation patiente-soignante, et sur le vécu d’une patiente face à un geste médical qui devrait être pratiqué couramment. On apprend énormément en le lisant.

Je la remercie vivement de le partager avec nous.

MW

********************

MOI, Mäsha :

J’aime pas les blouses blanches. Les gynécos c’est mort, aucune chance que je retourne en voir un. Les médecins généralistes, à la limite (NotAllMédecinsGénéralistes).

Mais bon, quand j’ai voulu me faire poser un DIU, j’ai pas trouvé de médecin généraliste en qui j’avais suffisamment confiance.

LE CHOIX D’UNE SOIGNANTE :

Sur le conseil de deux amies, je suis allé voir une sage femme. Je l’avais déjà vue à une rencontre féministe, donc la trouille, mais ça allait. Et puis ça c’est super bien passé. C’est une soignante, alors ma barre de confiance est pas à 100%, mais je pense que je pourrais pas trouver quelqu’un avec qui j’aurai moins peur. Elle n’est pas jugeante, du tout. Je sais que quelle que soit la question que je pose, elle me prendra pas pour une conne et que si elle a la réponse elle me la donnera. Si elle a pas la réponse, elle essaiera de la trouver.

LA PREMIÈRE CONSULTATION :

J’ai pris RDV via Doctolib. C’est un site qui permet de voir les dispos des soignants et de bloquer un créneau. Par téléphone, trop de stress pour moi. Je repousse encore et encore et encore… Y aller ? C’est à Paris et je suis à Rouen. Du coup c’était l’idéal.

Le jour de la première consultation est là. Je stresse beaucoup quand même. Dans la salle d’attente y’a pleins de dépliants sur les différents types de contraception. J’en chope un sur la cape cervicale. J’hésite à demander plus d’infos, mais en fait nan, c’est vraiment un DIU que je voudrais. C’est mon tour, je rentre, il y a la sage-femme et une étudiante. Elle me demande si ça me dérange si elle reste. J’ai eu du mal à dire que ça me dérangeait, mais j’ai réussi (hourra pour moi !) et elle est sorti avec un sourire et m’a dit au revoir. J’étais déjà très étonnée qu’on me demande mon avis, j’étais encore plus étonnée qu’on me sermonne pas sur le besoin des étudiantEs à se former, que sans ça ils apprendront jamais blablabla (le discours habituel quoi) et que en plus elle soit polie et agréable, malgré que je ne veuille pas d’elle (si tu me lis, étudiante sage-femme, merci beaucoup à toi). A partir de là je suis en confiance.

On parle un peu de mon parcours médical (chaotique), de mes expériences avec les blouses blanches (souvent violentes). On parle des contraceptions que j’ai eues. Des grossesses que j’ai eues (avortées). Et puis on parle du DIU. Elle m’explique les deux sortes qui existent, leurs avantages, leurs inconvénients, celui qu’on pose le plus. Les conséquences que ça peut avoir (les bonnes et les mauvaises). Elle me laisse le temps de réfléchir un moment. Et puis je prends ma décision. Je voudrais un DIU hormonal, pour ne pas avoir des règles plus abondantes et douloureuses (ce qui est déjà le cas). Elle me prescrit un examen que je dois faire, chlamydia et le DIU que je dois acheter à la pharmacie. Je m’occuperai de tout ça à Rouen et je reviendrai à Paris pour la pose.

LE JOUR DE LA POSE (hier) :

J’y vais avec un petit stress, mais franchement ça va, c’est pas la grosse angoisse de d’habitude (que j’ai eu même pour un simple renouvellement de pilule).

On se dit bonjour, on papote vite fait banalité. Je m’assois. Elle me demande comment je veux que ça se passe. J’avoue que j’ai buggé, je pensais pas que y’avait plusieurs possibilités. Elle m’explique que je peux aider, ou alors je peux tout lui laisser faire. Pour l’aider je peux notamment poser le spéculum. Trop cool le DIY de la gynécologie quoi ! J’opte pour poser moi-même le spéculum.

Je me déshabille, elle retourne à son bureau et me laisse me déshabiller et m’installer tranquillement.

On m’installe bien sur la table. Pour la pose du spéculum elle me dit que c’est pas compliqué, m’explique dans quel sens, y’a du lubrifiant dessus donc je l’enfonce et ça va tout seul.

Elle l’ouvre, me demande si ça va bien. Ca appuie un peu sur ma vessie, ça me donne envie de pisser, mais ça fait pas mal. Elle l’enfonce un peu plus, comme je lui demande, et effectivement j’ai un peu moins envie. Et puis on commence direct la pose. Moi qui m’attendais à devoir rester 1h les pattes écartées, on y va direct. On papote. Je sens que ça touche au fond mais rien de douloureux. Mon col résiste un peu apparemment donc elle tournicote l’appareil pour rentrer. Ca rentre. Je le sens. C’est pas une douleur, c’est pas désagréable, mais je sens que c’est l’endroit ou je sens qu’il se passe des trucs quand j’ai mes règles.

Une fois l’inserteur à l’intérieur, elle me prévient qu’elle va relâcher le DIU doucement. Que si ça fait mal je le dit, on ralenti. Je n’ai pas eu de douleur, au moment ou il va se déplier elle me prévient que ça va pincer. J’ai eu un coup de stress une demi seconde, ça pique. C’est fini.

J’ai ressenti une pique dans ma cicatrice d’appendicite (c’est un endroit souvent douloureux chez moi pendant mes règles). Beaucoup moins fort qu’un point de côté. Beaucoup moins douloureux que lors de mes règles.

Elle chope les ciseaux et me dit qu’elle va couper les fils. Autant dire que pour moi c’est le moment le plus flippant. J’étais pas terrorisée, mais des ciseaux dans ma chatte quoi ! C’est la première fois ! Elle coupe les fils. C’est fini. Elle retire le spéculum doucement.

Je demande à voir un fil de plus près, je voudrais toucher la matière. Je joue un peu avec, je fais un noeud pour voir si ça tient (l’instinct de couturière reprend le dessus !).

Je me sens un peu bizarre. Genre comme après avoir bu un petit verre, pas plus pas moins. Je met des doigts dans ma chatte pour sentir les fils. Je trouve ça trop cool. Effectivement je sent un ou deux cm de fils. Je m’allonge plus confortablement je resserre les jambes.

J’attends un peu pour voir si tout va bien. C’est pas vraiment une douleur, j’ai un peu chaud, les oreilles un peu bourdonnantes. Mais tout va bien. J’attends quelques minutes, on papote un peu de tout et de rien. Quand je sens que j’ai moins peur je me redresse. Je me ressuis avec un bout de papier sous mes fesses du lubrifiant que j’ai entre les jambes. Je me lève et je vais me rhabiller. Je me lave les mains. Je marche bien. J’ai pas mal. J’ai peur par contre d’avoir mal, peur qu’un malaise arrive, même si rien de tout ça n’est là.

Elle m’explique comment je peux sentir les fils. Ce qui se passe si je les sens plus. L’expulsion possible etc… On en avait déjà parlé, mais on revient dessus pour être sûres. C’est rassurant, les infos sont identiques à celles que j’avais eu lors de la première consultation.

Je paye la pose du DIU (25 euros j’ai une carte vitale, je ne sais pas comment ça sera remboursé). Je demande s’il est possible que j’ai mal plus tard même si j’ai pas mal pour le moment. Elle me dit que oui, et me donne des astuces contre la douleur (ibuprofène, bouillotte, gingembre).

Je rentre en voiture parce que je me sens pas rassurée. Et effectivement ça commence à faire un peu mal dans la voiture. Le truc qui se rapproche le plus de ce malaise/douleur pour moi, ça serai une diarrhée qui me coupe la force dans les jambes. J’avais exactement la même sensation, et quelques nausées.

Arrivée à la maison j’ai mal comme si j’avais mes règles mais en un peu moins intense (j’ai des règles particulièrement douloureuses. A ne plus pouvoir bouger du tout parfois). Je saigne un peu.

Je prends deux ibuprofènes et un cachet pour dormir.

AUJOURD’HUI (6 juillet) :

Je me réveille à 9h30. Je n’ai pas mal. Je trottine en chantant n’importe quoi dans l’appart. Je mange un énorme petit dej’. La routine quoi. J’ai eu peur d’aller à la selle. Est ce que le DIU peut bouger ? Est ce que ça va faire mal comme quand j’ai mes règles ? Je me suis retenu une heure, mais bon, je vais pas pouvoir me retenir pour toujours. J’y vais. Ca se passe bien, je sens, je crois que c’est parce que la pose date d’hier mais aucune douleur.

J’ai repris un ibuprofène, plutôt parce que j’ai peur, car j’ai pas de douleur.

Je saigne toujours légèrement.

Sous la douche je met mes doigts dans ma chatte pour sentir les fils. Ils sont beaucoup plus courts. Le DIU a du remonter. Mais je les sens toujours.

Tout va bien. Hier soir j’étais trop contente, je suis encore trop contente ! J’espère qu’il va tenir et que mon utérus va pas l’expulser. J’espère ne pas avoir trop d’effets secondaires chiants. J’espère avoir des effets secondaires cool (plus de règles et des gros seins, allez je croise les doigts !) Et si c’est ça, je suis tranquille pour 5 ans ! Le pied quoi !

Mäsha

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Jour quatorze. Motif : euthanasie.

Jour quatorze.

Motif : euthanasie

Kenzo se meurt. Ce n’est une surprise pour personne, son cancer a été diagnostiqué il y a six mois déjà, et personne ne s’attendait à ce qu’il tienne aussi longtemps. D’ailleurs, en réalité, il n’agonise pas, au sens strict du terme : ses maîtres m’ont expliqué qu’il n’arrivait plus à se lever, que depuis trois jours il s’urinait dessus. Vu son poids (une bonne soixantaine de kilogrammes) et son caractère de putois, ils n’ont pu que le regarder macérer dans ses excréments.

Kenzo, je l’ai vu grandir. Depuis son premier vaccin. Une boule de poil soyeux, un petit agneau, devenu bien trop vite un immense patou à la laine embroussaillée.
Je l’ai vu grandir, je l’ai vu vivre. D’abord en liberté, puis dans un jardin bien clôturé. Il mangeait les poules des voisins, et puis, il faisait peur à tout le monde. J’ai vu son maître – il habite sur la route entre la clinique et mon domicile – le promener, trois fois par jour au moins. Il suivait la petite route puis bifurquait dans un chemin, descendait le coteau le long du bois puis suivait la clôture du pré mitoyen. Il descendait au cœur du val, le long du ruisseau, là où nichent les hérons, puis remontait vers la route qui le ramenait à sa maison.
Je l’ai vu grandir, je l’ai vu vivre, je vais l’euthanasier.

Je n’étais jamais rentré chez ces gens. Ce sont pourtant presque des voisins. J’ai serré des mains, j’ai traversé une cuisine, un couloir, et puis, un garage. Kenzo ne m’a même pas grogné dessus. Il est encore plus mal que je ne le croyais…
Nous mettons la muselière, par prudence. Je lui rase la patte, pose mon garrot, insère mon cathéter. Il n’y a presque rien à dire : nous avons déjà évoqué l’euthanasie et discuté de son déroulement. Je prends ma seringue. L’anesthésique d’abord. L’odeur d’urine est suffocante. Il perd conscience si rapidement… L’euthanasique ensuite. Il est mort, je crois, avant même que je l’injecte, en s’endormant, avec l’anesthésique. Vite, si vite, près de son maître qui le caressait, et se tenait devant lui.

Je lui retire sa muselière, j’ôte le cathéter. Je range mon garrot, mes aiguilles, mes flacons, je serre des mains, traverse le couloir, puis la cuisine. Je les regarde prendre les pelles. Il faut s’en aller.

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Jour quatorze. Motif : euthanasie.

Jour quatorze.

Motif : euthanasie

Kenzo se meurt. Ce n’est une surprise pour personne, son cancer a été diagnostiqué il y a six mois déjà, et personne ne s’attendait à ce qu’il tienne aussi longtemps. D’ailleurs, en réalité, il n’agonise pas, au sens strict du terme : ses maîtres m’ont expliqué qu’il n’arrivait plus à se lever, que depuis trois jours il s’urinait dessus. Vu son poids (une bonne soixantaine de kilogrammes) et son caractère de putois, ils n’ont pu que le regarder macérer dans ses excréments.

Kenzo, je l’ai vu grandir. Depuis son premier vaccin. Une boule de poil soyeux, un petit agneau, devenu bien trop vite un immense patou à la laine embroussaillée.
Je l’ai vu grandir, je l’ai vu vivre. D’abord en liberté, puis dans un jardin bien clôturé. Il mangeait les poules des voisins, et puis, il faisait peur à tout le monde. J’ai vu son maître – il habite sur la route entre la clinique et mon domicile – le promener, trois fois par jour au moins. Il suivait la petite route puis bifurquait dans un chemin, descendait le coteau le long du bois puis suivait la clôture du pré mitoyen. Il descendait au cœur du val, le long du ruisseau, là où nichent les hérons, puis remontait vers la route qui le ramenait à sa maison.
Je l’ai vu grandir, je l’ai vu vivre, je vais l’euthanasier.

Je n’étais jamais rentré chez ces gens. Ce sont pourtant presque des voisins. J’ai serré des mains, j’ai traversé une cuisine, un couloir, et puis, un garage. Kenzo ne m’a même pas grogné dessus. Il est encore plus mal que je ne le croyais…
Nous mettons la muselière, par prudence. Je lui rase la patte, pose mon garrot, insère mon cathéter. Il n’y a presque rien à dire : nous avons déjà évoqué l’euthanasie et discuté de son déroulement. Je prends ma seringue. L’anesthésique d’abord. L’odeur d’urine est suffocante. Il perd conscience si rapidement… L’euthanasique ensuite. Il est mort, je crois, avant même que je l’injecte, en s’endormant, avec l’anesthésique. Vite, si vite, près de son maître qui le caressait, et se tenait devant lui.

Je lui retire sa muselière, j’ôte le cathéter. Je range mon garrot, mes aiguilles, mes flacons, je serre des mains, traverse le couloir, puis la cuisine. Je les regarde prendre les pelles. Il faut s’en aller.

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Jour quatorze. Motif : euthanasie.

Jour quatorze.

Motif : euthanasie

Kenzo se meurt. Ce n’est une surprise pour personne, son cancer a été diagnostiqué il y a six mois déjà, et personne ne s’attendait à ce qu’il tienne aussi longtemps. D’ailleurs, en réalité, il n’agonise pas, au sens strict du terme : ses maîtres m’ont expliqué qu’il n’arrivait plus à se lever, que depuis trois jours il s’urinait dessus. Vu son poids (une bonne soixantaine de kilogrammes) et son caractère de putois, ils n’ont pu que le regarder macérer dans ses excréments.

Kenzo, je l’ai vu grandir. Depuis son premier vaccin. Une boule de poil soyeux, un petit agneau, devenu bien trop vite un immense patou à la laine embroussaillée.
Je l’ai vu grandir, je l’ai vu vivre. D’abord en liberté, puis dans un jardin bien clôturé. Il mangeait les poules des voisins, et puis, il faisait peur à tout le monde. J’ai vu son maître – il habite sur la route entre la clinique et mon domicile – le promener, trois fois par jour au moins. Il suivait la petite route puis bifurquait dans un chemin, descendait le coteau le long du bois puis suivait la clôture du pré mitoyen. Il descendait au cœur du val, le long du ruisseau, là où nichent les hérons, puis remontait vers la route qui le ramenait à sa maison.
Je l’ai vu grandir, je l’ai vu vivre, je vais l’euthanasier.

Je n’étais jamais rentré chez ces gens. Ce sont pourtant presque des voisins. J’ai serré des mains, j’ai traversé une cuisine, un couloir, et puis, un garage. Kenzo ne m’a même pas grogné dessus. Il est encore plus mal que je ne le croyais…
Nous mettons la muselière, par prudence. Je lui rase la patte, pose mon garrot, insère mon cathéter. Il n’y a presque rien à dire : nous avons déjà évoqué l’euthanasie et discuté de son déroulement. Je prends ma seringue. L’anesthésique d’abord. L’odeur d’urine est suffocante. Il perd conscience si rapidement… L’euthanasique ensuite. Il est mort, je crois, avant même que je l’injecte, en s’endormant, avec l’anesthésique. Vite, si vite, près de son maître qui le caressait, et se tenait devant lui.

Je lui retire sa muselière, j’ôte le cathéter. Je range mon garrot, mes aiguilles, mes flacons, je serre des mains, traverse le couloir, puis la cuisine. Je les regarde prendre les pelles. Il faut s’en aller.

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Les feux de Farfadoc’s anatomy

Dans mon cabinet, il y a du rire, des larmes, de l’amour, des colères, de la joie, des bonnes nouvelles, des naissances, des morts, des malades, des bien portants. Il y a Justine, qui pleure toutes les larmes de son … Lire la suite Continuer la lecture

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L’histoire de Florian, 27 ans, « gros nounours » avec environ 3,34 g d’alcool dans le sang

Bonjour L’imprégnation alcoolique, grand classique judicaire et médiatique. Aujourd’hui, avec La Nouvelle République, le tribunal correctionnel de Tours. L’histoire de Florian 27 ans. Ou plus précisément celle de son père qui vient de porter plainte contre son fils – un fils « confronté depuis maintenant sept ans a de très gros problèmes d’alcool et, parfois, de […] Continuer la lecture

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Addict !

  Cette nuit, j’ai « fait » un accouchement… je peux pas dire j’ai accouché. Il n’y a toujours pas de mot dans la langue française qui permette de différencier celle qui accompagne et celle qui met au monde. Alors j’écris je fais alors que j’ai rien fait. C’était un peu la panique à la maternité, toutes les salles […] Continuer la lecture

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Pour 200 euros vous pourrez bientôt tester le «stress énergétique» de vos embryons in vitro

Bonjour Brexit ou pas, l’Angleterre continue à faire la course en tête dans l’expérimentation sur l’embryon humain. L’annonce vient d’être faite à Helsinki lors du congrès annuel de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE). Encore non traitée par les médias français elle est reprise par la BBC : “ Fertility boost through ‘energy […] Continuer la lecture

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La lutte des classes

Cela fait un peu plus de 16 ans que je n’ai pas parlé de Martin Winckler/Marc Zaffran, c’était en 2005. A l’époque j’avais été impressionné par son roman « Les trois Médecins » et sa description « sociale » d’une Fac de Médecine, avec ses Perses et ses Mèdes et le peu de cas que certains médecins font de … Continue reading « La lutte des classes » Continuer la lecture

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QRPs: Questionable Research Practices… plus je cherche dans les articles, plus je trouve

Plus nous analysons les articles scientifiques, plus nous découvrons que des manipulations de type ‘Pratiques discutables en recherche’ sont fréqentes ! Par exemple, les fondateurs de PubPeer expliquent que la plupart des suspicions discutées ne donnent jamais lieu à investigation, même si l’institution est informée. Ceci existe dans la plupart des disciplines scientifiques, et nous avons déjà évoqué la discipline… Continuer la lecture

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