Archives quotidiennes : 24 février 2016

« Abraham et fils » – Conférences et rencontres en France, Mars 2016

A l’occasion de la sortie de mon roman « Abraham et Fils » (POL), je serai en France pendant près de trois semaines, pour une tournée de conférences et de rencontres en librairie. Le programme est ici.
Conférences
15 mars, 17h, Toulon – Conférence : « Femmes, genre, santé  » – Université de Toulon UFR Lettres et Sciences Humaines Campus de La Garde – Bât. Y, Salle Y 013 A, Avenue de l’Université 83130 La Garde
16 mars, 15h, Fac de médecine de Reims, Amphi 4 – Rencontre à l’initiative des étudiants en (…)


Edito

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Cigarette électronique: la logique méchamment schizophrénique du Haut Conseil de la Santé Publique

  Bonjour Ne pas désespérer. Résister à ce nouveau surplace officiel dans les sombres impasses actuelles de la politique de réduction des risques tabagiques. Résumons : le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a publié, mercredi 24 février, un nouvel avis sur la cigarette électronique. On le trouvera ici : « Bénéfices-risques de la cigarette électronique pour […] Continuer la lecture

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Excisions chirurgicales « a minima » – Quelques réflexions médicales et éthiques

Sollicité pour répondre à des questions concernant le récent article publié dans le Journal of Medical Ethics par deux chirurgiens américains, j’ai écrit le texte qui suit. Notez qu’ici, je ne réponds pas à tous les arguments avancés dans l’article (ils sont nombreux et méritent des réponses appropriées) mais à des questions simples qui m’ont été posées par une journaliste.

 

Q :  Les deux auteurs de l’article proposent de légaliser des « excisions minimalistes » qui n’auraient aucun effet sur le plaisir sexuel. Comment est-ce possible ?

Ce n’est pas possible et médicalement ça ne tient pas debout. L’anatomie (et en particulier l’anatomie neurologique) n’est pas une science exacte : tout le monde a une anatomie neurologique différente, d’une part ; une sensibilité différente, d’autre part ; et tout geste chirurgical est susceptible de laisser des séquelles neurologiques car la peau est parsemée de terminaisons nerveuses. (Pensez aux douleurs résiduelles des femmes qui subissent une épisiotomie par exemple. Et les cicatrices abdominales d’une ablation de la vésicule biliaire par voie endoscopique, pourtant très petites, sont souvent encore douloureuses des années plus tard. Concernant une zone aussi richement innervée que les grandes lèvres, la vulve et le clitoris, on peut multiplier ces douleurs par mille…) 

Donc, à mon humble avis, leur « projet » ne tient pas, scientifiquement parlant. Sans compter que 1° ils ne peuvent jamais garantir que leur intervention n’aura pas d’effet indésirable (il existe des accidents de circoncision, alors il n’est pas garanti que ça n’existera pas pour des « excisions chirurgicales ») 2° ils ne peuvent pas prévoir ce que sera la sensibilité de la femme adulte opérée dans l’enfance.  
Q :  Ils comparent cette procédure à la circoncision. La comparaison est-elle pertinente? 

Non. Car les deux organes sont très différents, ainsi que les procédures concernées. La circoncision est l’ablation du prépuce et non du gland. L’intervention « a minima » proposée dans l’article serait soit une simple « piqûre » à visée symbolique ; soit une plastie du capuchon clitoridien ou des lèvres, dont les auteurs ne « s’attendent pas » à ce qu’elles modifient durablement le plaisir sexuel. 

Or, cette comparaison est une pirouette mentale destinée à « justifier » l’intervention mais elle n’est pas scientifique non plus. ​Même si on peut avoir une sexualité satisfaisante après circoncision, il y a aussi de bonnes raisons de penser que la sensibilité après circoncision n’est pas la même que quand on a toujours son prépuce. (On dispose de témoignages de personnes ayant été circoncises à l’âge adulte pour le dire.) Et, même si ça n’est pas aussi destructeur qu’une excision, c’est tout de même une mutilation. (Tout comme le serait de couper un bout de l’oreille ou du nez.) D’ailleurs, les auteurs le reconnaissent. 
De toute manière, éthiquement parlant, on ne peut pas justifier la mutilation des femmes en prenant pour « norme » la mutilation des hommes. C’est à la fois sexiste (pour les femmes) et violent (pour les personnes des deux genres, car cela « normalise » la circoncision). On peut aussi rappeler qu’alors qu’aujourd’hui, les « reconstructions » chirurgicales imposées aux enfants intersexués au prétexte de les « normaliser » sont vivement remises en question un peu partout dans le monde (y compris aux Etats-Unis). Il est donc très paradoxal de proposer des interventions chirurgicales sur les fillettes parce que la famille le demande ! 

Q :  Par ailleurs ils proposent de légaliser ces excisions car elles seraient pratiquées en milieu hospitalier et n’auraient donc aucun effet néfaste physique ou psychologue à moyen terme. Qu’en pensez-vous? 

Que, là encore, ils n’en savent rien. Pour le savoir, il faudrait faire une étude, et l’éthique interdit de faire une étude sur le vécu et les conséquences de la mutilation !!! Et le fait de prévenir les complications mortelles (hémorragie, infection) ne justifie pas de banaliser des complications sensorielles et sexuelles. Le rôle des médecins, c’est de soigner les individus, pas de les rendre « conformes » contre leur gré à quelque norme que ce soit.  

Une réflexion éthique :

Il n’appartient pas aux médecins de décréter à eux seuls ce qui est « moralement acceptable » ou non.

L’éthique biomédicale telle qu’on la conçoit aujourd’hui impose

– de respecter l’autonomie (la liberté) du patient 

– d’abord de ne pas nuire.

Or, ces deux principes fondamentaux sont totalement bafoués dans le cas où un médecin pratique une mutilation sur un enfant !!! Pratiquer une intervention génitale mutilante sur des enfants à la demande des parents n’est pas dans l’intérêt de l’enfant et ce n’est certainement pas dans l’intérêt de l’adulte que l’enfant deviendra. 


Excision et circoncision ​sont des mutilations très anciennes ayant une signification rituelle. On peut débattre de leur signification symbolique, ce qui n’est pas mon propos, mais médicalement parlant, rien ne les justifie : elles n’améliorent pas la santé des personnes qui les ont subies, au contraire ; et même dans le cas de la circoncision, on est en droit de penser que pour certains d’entre eux, elles l’altèrent (même s’ils n’ont pas de possibilité de comparer « sans » et « avec » prépuce) car toute ablation d’une zone sensible est susceptible de laisser une douleur « fantôme » ou, au moins une atténuation de la sensibilité.

Une réflexion autour de la légalité :

Pour qu’un médecin puisse défendre une pratique contre la loi, il faut que cette pratique apporte à l’individu une liberté fondamentale qui lui est retirée ou interdite. Je conçois qu’un médecin brave la loi pour pratiquer des avortements clandestins afin de permettre aux femmes de disposer librement de leur corps sans danger. Mais pratiquer une excision, c’est exactement le contraire !!! C’est attenter à la liberté des femmes avant même qu’elles aient leur mot à dire !!!!

Bien que la circoncision soit autorisée dans certains pays, il n’appartient pas aux médecins de la pratiquer en dehors de circonstances médicales rares. Il en va a fortiori pour l’excision qui, elle, est interdite dans la plupart des pays du monde. Les médecins ne sont pas des législateurs. S’ils veulent promouvoir une loi, qu’ils le fassent en citoyens, et non en effectuant des gestes discutables, au profit de tiers (les parents) et qui n’apportent rien aux personnes qui les subissent !!!


Pratiquer des excisions (ou des circoncisions) chirurgicales, dans le cadre d’un lieu voué à la santé, c’est se rendre activement complice de pratiques de mutilation. ​L’enfant n’est pas l’objet de ses parents, et la loi délimite strictement les droits des parents à l’égard de leurs enfants. Il n’appartient certainement pas aux médecins de se faire l’allié des parents pour mutiler des enfants qui n’ont rien demandé, envers et contre la loi. Tout comme il serait inacceptable qu’un médecin avorte contre son gré une adolescente à la demande de ses parents !

Il est certes très difficile d’interdire la circoncision, car c’est une coutume qui existe ​depuis longtemps. Mais on pourrait (et on devrait, à mon avis) interdire aux médecins de la pratiquer pour des raisons non-médicales (rituelles ou religieuses). De même, on ne doit certainement pas laisser les médecins pratiquer des excisions pour en « faciliter » (ou « sécuriser ») la coutume et la faire entrer dans les moeurs. Ce serait le pire service à rendre aux petites filles et aux futures femmes qui l’auront subi.  
Une réflexion autour du respect culturel 

La lutte contre l’excision est l’un des combats les plus immédiats d’organismes internationaux comme l’UNICEF, qui dans un rapport récent indique que dans de nombreux pays, la population est opposée à ces pratiques, et que leur fréquence est en décrudescence dans de nombreux états.
Les auteurs de l’article du Journal of Medical Ethics avancent que des procédures « a minima » permettraient de trouver un compromis entre les valeurs des pays développés, où elles sont interdites, et les groupes ethniques qui considèrent les mutilations génitales comme faisant partie de leur culture. Or, cette suggestion pêche gravement par son paternalisme : si les mutilations génitales disparaissent, ça ne sera pas parce que les Occidentaux suggèrent la manière de les faire disparaître (ou, en l’occurrence, comment les amoindrir en faisant mine de les conserver) ; mais parce que les populations concernées ont trouvées, par elles-mêmes, des moyens de les faire disparaître qui soient compatibles avec leur propre vision du monde. Tout récemment, la Gambie mettait l’excision hors-la-loi. D’après l’UNICEF, il faudra cependant de nombreuses années pour que cette pratique disparaisse des coutumes des populations qui la pratiquent. En attendant, est-il vraiment cohérent de proposer que les pays où elle était interdite, la fassent entrer dans leurs hôpitaux ?

Marc Zaffran (M.D.)/Martin Winckler

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Renaloo, le poil à gratter de la néphrologie française a lancé une enquête, le terme étude me parait un peu prétentieux, sur la décision partagée en néphrologie. Il s’agit d’une très bonne initiative. J’ai regardé avec intérêt les résultats, comme … Continuer la lecture Continuer la lecture

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