Archives quotidiennes : 12 mai 2015

Pour ou contre la GPA : une psychanalyste se sacrifie pour répondre à un tir de bazooka

Bonjour Il est des psychanalystes qui tirent plus vite que leurs ombres. Au risque de rater leur cœur de cible. Ainsi Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste que l’on ne présente plus tant est grande son appétence médiatique. Feu à la France Mme Delaisi de Parseval vient de découvrir, dans Libération la  tribune  dont nous venons, […] Continuer la lecture

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Eau-de-vie et prophétie : depuis Meudon, en 1960, Louis-Ferdinand Céline avait-il raison ?

Meudon, 1960. Le Dr Destouches n’a plus guère de temps à vivre. Louis-Ferdinand dit se lasser des visites incessantes des journalistes venus l’interviewer, sa brouille avec Robert Poulet, René Barjavel qui prit sa défense. Quelques souvenirs de l’écrivain chroniqueur le mènent en Allemagne, en 1944, à Rostock, où il décide avec Lili de se rendre […] Continuer la lecture

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Monsieur Bitàlair, suite et fin (enfin!)

La début, c’est .
La petite mise au point, c’est ici.
Et la fin, c’est maintenant.

C’est la demi-heure suivante que tout se joue. Jusqu’ici, je n’avais d’yeux que pour la crasse et la violence de la situation. Mais un « détail » a changé la donne.
Monsieur Bitàlair est assis sur une chaise de la cuisine. Une serviette sur les épaules, une autre sous les pieds. Machinalement, il s’allume une cigarette. Machinalement, je m’écarte. Il ne grogne plus, ne m’insulte plus. Je profite du répit. Je dirais même que je le savoure. Je laisse Monsieur Bitàlair finir sa cigarette et m’accroupis pour lui essuyer les pieds. Jusqu’ici, je n’avais pas prêté attention à cette partie de son anatomie, trop occupée à prier pour qu’il ne se casse pas lamentablement la figure dans la douche. Maintenant, je vois. Et je regarde. Et je suis stupéfaite. Ses pieds sont tordus. Ses orteils sont tordus. Ses ongles ne sont plus des ongles mais des griffes. Je reprends une paire de gants et vais remplir une bassine d’eau chaude. Ça n’est pas du goût de Monsieur Bitàlair qui se remet à grogner.

– Qu’est-ce que tu fais encore ? Fous-moi la paix !
– Je voudrais laver vos pieds. Je n’en ai pas pour longtemps, promis.
Ouh la menteuse ! D’après ce que je vois, je pourrais me faire un repas complet entrée/plat/dessert rien qu’avec ce qui stagne entre ses orteils.
-Aïe ! Fais attention bordel ! J’ai mal !
Monsieur Bitàlair souffre. Monsieur Bitàlair exprime qu’il souffre. Et moi, pauvre cruche aveuglée par l’incongruité de cette situation, je découvre que Monsieur Bitàlair est un homme, et qu’il a mal.
À ce moment précis, j’ai honte de moi. Honte parce que je n’ai pas vu ce « détail » avant. Honte parce que je n’ai vu que le reste. Honte parce que je n’ai pas été professionnelle.
Il est temps de remédier à ça. Doucement, très doucement, j’essaie de laver les pieds de Monsieur Bitàlair. Sans vraiment y parvenir. Parce qu’il a mal, parce qu’il est excédé, parce qu’il y a trop à faire et que je me sens démunie. Il faudrait lui couper les ongles. Mais vu l’état de ces derniers, et sans rien savoir d’un éventuel problème de santé, je ne m’y risquerais pas.
Coup de bol, c’est exactement le moment que choisit Junior, le fils de Monsieur Bitàlair, pour faire une apparition aussi fortuite que surprenante. Mais où était-il donc caché celui-là ?
Pendant que j’aide Monsieur Bitàlair à s’habiller, je fais donc la connaissance du fiston. Junior, célibataire, chômeur, la trentaine bien tassée, vit également ici. Il est ce qu’on appelle un aidant. En l’occurrence, un aidant épuisé et dépassé tant la situation de son père est catastrophique. Madame Bitàlair est morte il y a longtemps, laissant les deux hommes en tête-à-tête dans cette maison isolée du bourg. Monsieur Bitàlair buvait, il a bu encore plus. Très vite, il n’a plus pu conduire. Junior, au chômage, n’a jamais passé le permis. Il s’est donc retrouvé coincé loin de tout, seul avec son père que la folie gagnait. Il est gentil Junior, il fait ce qu’il peut, mais la gentillesse ne suffit pas. Il a essayé de s’occuper de son père et de la maison comme il a pu. Puis il a baissé les bras. Parce que c’était trop. Parce que personne ne l’aidait. Parce qu’il ne savait plus comment faire. Parce qu’il ne parvenait plus à voir plus loin que demain. Alors il a appelé le docteur, qui a appelé les infirmières, qui ont appelé le CCAS. Et aujourd’hui, nous sommes les dernières à venir ici. Nous sommes la dernière solution. Parce que plus personne ne veut venir. Parce que Monsieur Bitàlair a fait fuir tous les autres. Parce qu’après nous, le déluge.
Pendant que Junior raconte, j’écoute. Je regarde cette maison, je regarde ce père et son fils, et je me demande comment ces deux hommes font pour tenir encore debout.
Et plus je les regarde, plus j’ai honte de moi. Parce que je n’ai vu que le moment présent.
Monsieur Bitàlair a été jeune. Et peut-être beau, qui sait ? Il a aimé une femme, l’a épousée, lui a fait un enfant. Il a tenu un bébé dans ses bras. Puis l’a vu grandir. Il s’est mis à boire. Quand ? Pourquoi ? Je n’en sais rien. Sa femme est morte. Quand ? Comment ? Je n’en sais rien non plus.
Et aujourd’hui, il est là, devant moi. Sale, fou, et douloureux. Mais que pouvons-nous faire, nous, contre cette saleté, cette folie et cette douleur ? Que peuvent faire ces femmes en tablier, épuisées et craintives, dans cette maison ? Laver la maison. Laver Monsieur Bitàlair. Et recommencer le lendemain. Tous les jours. Inlassablement. S’épuiser à la tâche, comme Junior. Parce que c’est insensé. Parce que ça ne sert à rien. Parce qu’envoyer une femme enceinte même pas diplômée chez ce monsieur relève d’une sérieuse incompétence professionnelle. Parce que Madame Grandchef, malgré nos rapports circonstanciés sur la situation, se moque pas mal de ses employées. Parce que Monsieur Bitàlair est un client. Il paye. Et le CCAS a besoin de clients, parce que son budget est déficitaire. Mais qui a dit qu’il fallait faire du profit sur le dos des personnes dépendantes ? A-t-on jamais vu un service social gagner de l’argent ?
Monsieur Bitàlair est maintenant habillé. Il me reste un peu de temps pour le ménage, mais ce sera succinct, je ne crois pas aux miracles. Pendant que je tente vaillamment de laver le sol, je suggère à Junior d’appeler un pédicure au plus vite pour son père. Je ne peux pas faire mieux. Pas aujourd’hui en tout cas.
Fin de la mission, fin de la journée. Je quitte enfin la maison de Monsieur Bitàlair. Assise dans ma voiture, je ne démarre pas tout de suite. J’ai envie de pleurer. Parce que je suis fatiguée. Parce que je me sens humiliée. Parce que je vais devoir jeter mes chaussures aussi. Parce qu’à ce moment précis, je ne crois plus en rien. Je croyais faire un travail utile et je me suis trompée. Ce que je fais ne sert à rien ni à personne. Ce que je fais sert tout juste à gonfler les statistiques de l’emploi et des bénéficiaires pris en charge par le CCAS. Ce que je fais ne sert qu’à faire mousser Madame Grandchef auprès des élus. 
Finalement, je ne sais pas laquelle des deux je déteste le plus : ma patronne méprisante ou ma personne méprisée.

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Dragi Webdo n°49: vaccins, dépistage immunologique CCR, post-AVC, appendicite

Bonjour! J’espère que cette troisième semaine de 4 jours à bien débuté et que vous pourrez autant profiter du soleil que moi. (D’ailleurs, c’est à lui que vous devez le retard dans ma publication hebdomadaire…)
Cette semaine, je décernerai des félicitations à l’équipe du  #MedEdFr qui fête ses 1 an, pour ses rendez vous du jeudi soir, auquel je ne peux que trop rarement participer.
C’est parti pour les courtes actualités de la semaine dernière!

1/ Pharmaco-vigilance

Après les ruptures de stock de vaccins contenant la valence « coqueluche », ceux ne la contenant pas commenent à manquer à leur tour: le DTvax n’est plus disponible.

Vaccins toujours: les vaccins anti-méningocoque C avaient des difficultés d’approvisionnement qui avaient donné lieu à des recommandations transitories du HCSP. Les tension d’approvisionnement sont terminées , et le calendrier vaccinal peut être appliqué de façon traditionnel.

2/ Santé publique

Les nouveaux tests de dépistage du cancer colo-rectal vont être disponible: Madame la Ministre en a reparlé et à insisté sur l’importance de dépistage du CCR. De façon plus pragmatique, voilà en vidéo, ce que ça va donner:

J’avoue que c’est, avec le dépistage du cancer du col utérin, un des dépistage sur lequel j’insiste particulièrement… J’espère que des études en population « réelle » avec ce nouveau test iront dans ce sens et que l’augmentation attendue des diagnostics améliorera vraiment les patients et n’entraine pas un sur-traitement abusif…

Un patient qui reconsulte pour un même motif est un patient qui est potentiellement plus grave. Ce phénomène a déjà été bien observé et la relation mortalité/nombre de consultation est remise au gout du jour par un article . Cette revue de la littérature a mis en évidence une multiplication par 2,2 des patients consultant fréquemment aux urgences. Tout ça pour dire, que « le patient hypochondriaque » qui vient « toujours pour la même chose » , et ben, il a un risque supérieur aux autres patients: alors restons vigilants!

3/ Neurologie

L’article du Lancet qui fait parler de lui est celui parlant de la mobilisation précoce en post-AVC. C’est une étude controlé randomisée étudiant le levé précoce versus les soins courants avec comme critère de jugement principal, le score de rankin à 3 mois évaluant le handicap. Et ben, contrairement à ce qu’on trouve dans de nombreuses recommandations, le lever précoce était, dans cette grande étude, associé à un handicap significativement supérieur au groupe de soins courant, sans augmentation significative de la mortalité. Pour vivre mieux restons couchés?

4/ Chirurgie

C’est pas courant que je parle d’article de chirurgie, mais celui-ci me semble intéressant car il porte sur l’appendicite aigüe .  La question a toujours été: faut il opérer systématiquement, peut on repousser l’intervention? La revue prescrire avait passé en revue l’épidémiologie des appendicite et retrouvait toujours un nombre supérieure d’appendicectomie en France par rapport aux autres pays, mais le traitement de référence reste la chirurgie (Rev Prescrire 2014 ; 34 (374) ). Cependant,  quand le diagnostic est posé, quel délai est optimal pour l’appendicectomie? L’étude retrouve une augmentation de  66% de complications chez les patients ayant été opéré dans un délai supérieur à 48 heures par rapport à ceux opérés en moins de  24 heures et entre 24 et 48 heures (sans différence entre ces deux groupes). Le délai n’est malheureusment pas bien expliqué: délai entre premiers symptomes et chirurgie, ou délai entre diagnostic et chirurgie?
En pratique de ville, en cas de patient consultant pour une douleur abdominale, on peut se dire qu’on a raisonablement le doit de ne pas conclure à une appendicite à la première consultation. Donner des conseils au patient pour qu’il reconsulte et faire le diagnostic 24h après ne semble pas être une perte de chance pour lui.

Sur ce, encore un joyeux anniversaire au MedEdFr et à la semaine prochaine pour un 50ème DragiWebdo!
Bonne journée! Continuer la lecture

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MIF, un facteur important pour la formation des kystes rénaux

Source : JCI – Macrophage migration inhibitory factor promotes cyst growth in polycystic kidney disease Une nouvelle piste pour ralentir la croissance des kystes dans la polykystose rénale autosomique dominante, inhiber le macrophage migration inhibitoty factor (MIF). Continuer la lecture

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Et pendant ce temps le Wyoming interdit la collecte des données environnementales

Source : Wyoming law against data collection: Protecting ranchers by ignoring the environment. Le Wyoming interdit la collecte des données environnementales dans l’état si vous prévoyez de les soumettre à une organisation gouvernementale fédérale. Le but, éviter des poursuites pour une … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Surfer dans une poubelle

Paradise lost Source : this isn’t happiness™ (Paradise lost), Peteski Sept images qui sont une magnifique illustration de notre grande capacité de destruction en temps qu’espèce animale. Continuer la lecture

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Quand en faire moi est une bonne chose, une ode à la décroissance en médecine

Millions of people get tests, drugs, and operations that won’t make them better, may cause harm, and cost billions. Source : America’s Epidemic of Unnecessary Care – The New Yorker Vous devez lire ce formidable article de Atul Gawande, bien écrit … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Renaud, 63 ans à la télévision : alcoolisme et dépression, comment ne pas dire vos noms

Bonjour L’angle ? Cette fois c’est David Carzon (directeur adjoint de la rédaction de Libération) qui a trouvé le meilleur : « Comment rendre hommage à Renaud sans Renaud et sans faire croire qu’il est mort ? ». « Renaud, une affection longue durée ». Parler d’un vivant qui se terre ? Hier, 11 mai, France 3 s’y essayait. En début de soirée. Avec […] Continuer la lecture

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Voix active ou voie passive dans vos articles de recherche : je penche pour voie active, mais mes arguments sont mis en difficulté

Article surprenant dont le titre est « In defense of the passive voice in medical writing », publié online le 6 mars 2015, par TD Minton, du département d’anglais de l’Université de Tokyo, dans ‘The Keio Journal of Medicine’. Un exemple : faut-il dire « Adults usually consume alcohol » ou « Alcohol is usually consumed by adults » ? Le choix de la voie active… Continuer la lecture

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