Archives quotidiennes : 5 juillet 2014

Relation de soin : des questions de fond

Antoine Poichotte est chirurgien orthopédiste. Il a lu « La maltraitance médicale est (vécue comme) un viol » et il m’a écrit. Voici notre échange.
Je viens de lire votre article.
Je suis parfaitement d’accord que rien ne doit être fait sans l’accord express du patient (hors urgence « vraie »).
J’ai trois réflexions :
— j’ai de la famille qui vit aux Pays-Bas et qui est très étonnée des consultations de médecine générale là bas : les médecins ne touchent jamais au patient. Aucun examen clinique. Uniquement (…)


Edito

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Même les plantes seraient moins végétatives qu’on voudrait nous le faire croire

Bonjour Quelques lignes, grappillées ce jour  sur Slate.fr. Elles sont signées de Jean-Laurent Cassely : « Pour la première fois, des chercheurs ont démontré que les plantes étaient capables de mettre en place des mécanismes de défense face aux insectes quand elles entendaient le son de leurs prédateurs qui dégustent leurs feuilles. Les chercheurs de l’université de Missouri-Columbia ont […] Continuer la lecture

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Semaine 27

Médecine Très bonne revue dans le NEJM sur les relations entre insuffisance rénale aigue et chronique. Elle justifie, le suivi de la fonction rénale à long terme de tout patient ayant présenté une insuffisance rénale aigüe. Elle rappelle que le … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Les vaches seront bien gardées

Nous avons échoué.

Nous avons échoué alors je me suis demandée : pourquoi y retourner alors que malgré tous les efforts, le test était négatif. Est-ce que ça aurait marché si nous avions essayé en France ? Qu’est-ce que j’aurais pu faire de plus ? Pourquoi continuer d’aller là-bas alors qu’on doit tout payer et que le remboursement risque d’être une longue bataille, en France tout serait pris en charge ?

C’est à ce moment qu’un courrier du Centre est arrivé, Centre qui s’est enfin aperçu que LePoilu n’avait pas fini ses prélèvements, et mon estomac s’est noué. Et il se noue chaque fois que je repense aux reproches du DrPasGentil quand LePoilu a pris du selenium, à ses moqueries quand j’ai dit que l’hystérographie était un examen un peu douloureux, aux après-midis entières de boulot perdues pour un seul rendez-vous et des heures d’attente dans une salle bien nommée d’attente, à son « non » catégorique pour un protocole court « parce qu’ici c’est comme ça », aux mots « bons candidats » dans sa bouche et au mépris dans ses yeux quand j’ai dit que oui je préférais une anesthésie générale pour la ponction…

Je préférais retourner où on m’a tenu la main pendant qu’on m’endormait pour le prélèvement, là où on m’a caressé le bras pour me dire sans les mots qu’on était là pour moi, là où on ne nous a jamais dit qu’on était de « bons candidats », là où on répond à nos questions, là où on nous sourit…

Et puis ils nous avaient demandé de revenir. Je me suis quand même demandée pourquoi LePoilu avait pris rendez-vous si tôt. Pourquoi si tôt après l’échec, et pourquoi si tôt le matin.

Parce que le réveil à 5h45, ça pique un peu les yeux. Et malgré l’heure, il y a déjà tellement de voitures, les bouchons commencent et c’est stressant car on n’aime pas être en retard.

En salle d’attente, j’ai essayé de lire Kundera, mais nos voisins ultra-tatoués et percés étaient bien plus intéressants à étudier et j’ai fini par poser ma tête sur l’épaule du Poilu qui jouait à CandyCrush. DrHans avait un peu de retard. Il était comme d’habitude souriant. Une ombre a voilé son visage quand il a dit : 6 ovocytes, 4 œufs, 2 implantations, et rien. Puis il a demandé la date de mes dernières règles, il a attrapé un calendrier, et il a dit « bon on commence la semaine prochaine ? « .

Nous on s’était dit qu’on attendrait octobre, parce que le centre serait fermé en août. Et que là c’était trop tôt. Et puis septembre LePoilu serait en déplacement alors octobre, voire même novembre, ce serait bien, comme ça, après ce serait Noël, les marchés, les lumières et ce serait moins douloureux en cas d’échec, et après on partirait en vacances en janvier au soleil. Tout était bien planifié et les vaches seraient bien gardées.

LePoilu a ouvert la bouche. En sortant mon agenda, j’ai dit « la semaine prochaine ça ne va pas être possible ». LePoilu a fermé la bouche. DrHans a dit qu’ils fermaient en août mais seulement jusqu’au 15, alors il a plissé les yeux, calculé des trucs sur son petit calendrier, et a dit « alors le 18 Août ? « . LePoilu a demandé si ça serait le même protocole. DrHans a répondu que non, si on rate, on change. J’ai mmh-mmhé. Je me suis grattée le menton, le voyage en avion du Poilu posant problème. LePoilu a regardé mon agenda, et on a commencé à calculer des trucs. DrHans a dit de sa voix calme : « Ne calculez pas, vous me dites quand, et moi je calcule, et j’adapte, c’est mon travail ». Alors on a choisi de changer complètement de protocole, ce sera plus long, mais ce sera quand même bientôt. Nous n’avions plus de questions.

Nous avons serré la main de DrHans qui souriait. Et j’ai proposé au Poilu d’aller manger un pain au chocolat accompagné d’un café. Mon premier pain au chocolat allemand. Différent et semblable à la fois. Commandé par moi, dans un allemand bafouillant.

– C’est trop tôt pour toi ?

– Non, mais on avait dit octobre, alors…

– Ben c’est sûr que niveau remboursement, pour l’instant on n’a rien. Financièrement on peut ?

Il a souri et dit en hochant la tête :

– On peut.

– Bon, j’ai bien vu que t’avais tiqué, qu’est ce qui te gêne ?

– On avait dit plus tard et là…

– Oui je sais, on avait dit octobre car on pensait qu’août n’irait pas. Pour le boulot, c’est mieux comme ça. Et j’ai besoin de le faire. Dans deux mois, je n’en pourrai plus d’attendre, comme la dernière fois. Et on vieillit, quand même – il sourit – et puis si on doit échouer encore, autant que ce soit maintenant.

– Mais c’est quoi ce protocole long ? Ca sera moins de piqûres ?

– Non, ce sera plus. Et je mériterai un énorme diamant pour tout ça. Déjà que c’est moi qui paie les pains au chocolat.

Je lui ai fait un clin d’œil. Il a ri et il m’a embrassée dans le cou.

Chacun a repris sa voiture. J’ai pleuré dans la voiture, nerveusement. Je suis arrivée au cabinet largement à temps, j’ai briefé secrétaire concernant la suite. Elle est prête à annuler des rendez-vous, je suis prête aux réflexions qui suivront. Elle m’a souri. Ça ira.

Et là, j’ai compris. Il fallait y retourner, ne pas laisser l’échec s’installer. Et il fallait retourner là-bas. Pour la confiance, pour les sourires. Parce qu’un poids est parti de mes épaules quand DrHans a rappelé que c’est lui qui s’adapte. Parce qu’avec eux, je sais qu’on me tiendra la main. Parce ce qu’au moins on peut y aller tôt le matin, même si ça pique les yeux. Parce que ça laisse le temps de prendre un café accompagné d’un petit pain. Parce que ça laisse le temps de se tenir la main.

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Motörhead a fait saigner le cerveau d’un fan allemand. Voici comment

Bonjour Les neurochirurgiens de l’hôpital universitaire de Hanovre ne sont pas encore revenus de l’histoire qu’ils racontent dans une lettre adressée à l’hebdomadaire médical anglais The Lancet. Résumons-la. En janvier 2013, ils prennent en charge un homme de 50 ans. Depuis deux semaines, leur patient souffre de violents maux de tête. Siégeant dans l’ensemble du crâne, la douleur […] Continuer la lecture

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