Archives quotidiennes : 1 décembre 2013

Le gamin qui avait eu peur du gros chat.

Pour Arun, souvenir de l’Inde Alors voilà, sur la route de Nagore, quelque part en Inde Orientale à deux pas de la baie du Bengale. Un village, jour de marché : houle dense, myriade d’échoppes, brouhaha sans fin. Comme une fièvre qui s’appellerait la vie. Je suis en plein dedans, avec des fleurs, aussi. C’est […] Continuer la lecture

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Soutenons le combat pour la transparence et l’indépendance

Les deux décrets parus le 21 mai 2013 en application de la loi 2011-2012 du 29 décembre 2011 vont à l’encontre de la transparence des avantages consentis par les firmes aux professionnels et de l’indépendance de l’expertise sanitaire. Ils pérennisent le risque de scandales sanitaires. C’est pourquoi l’association Formindep a décidé : d’excercer un recours en annulation auprès du Conseil d’état contre ces deux décrets 2013-413 et 2013-414 (lire l’extrait du registre des délibérations du Bureau de (…)


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LE CERTIFALACON D’OR SAISON 2

Bonsoir à tous! Bienvenue pour cette deuxième cérémonie des Certifalacons d’or! Bien que ceux-ci soient une activité qui dure toute l’année, la rentrée reste la saison préférentielle de ces certificats. Les derniers retardataires des certificats de sport, menacés des pires … Lire la suite Continuer la lecture

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La loi de Benford

Je remonte donc doucement mais surement le cours des articles de Significance. J’ai encore du travail, J’ai lu 2013-2012, il me reste encore 2011-2004… En décembre 2011, Christopher Weir et Gordon Murray (que je ne connais ne d’Adam ni d’Ève) ont fait publier un excellent petit article: Fraud in clinical trials. Les deux auteurs jouent […] Continuer la lecture

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La consultation d’adieu.

Tu as pris rendez-vous pour la dernière consultation de la journée, comme à ton habitude.

J’étais un peu gênée, les premières fois, de te voir attendre ton tour si longtemps pour un rendez-vous prévu bien à l’avance, je reçois les petites urgences du jour habituellement à cette heure-ci.

J’ai vite compris que tu appréciais d’être le dernier à venir pour un renouvellement. Je sais que je n’ai plus personne à voir ensuite, je sais que tu viens sans inquiétude, je me détends, et je deviens plus disponible. Alors je peux répondre à ta demande: expliquer.

Et comme je sais que tu as une formation d’ingénieur, je te délivre les explications dans un langage que tu connais. Je retrouve le langage de ma formation. Tu me poses une question sur l’anévrysme de ton père, et d’emblée, tu saisis avec bonheur lorsque je te parle tuyauterie, rhéologie des fluides, écoulements laminaires, écoulements tourbillonnaires. Lors de ta sciatique, on a parlé mécanique, câblage et électricité.

Lorsque tu es venu me demander de « faire une coloscopie », nous avons eu une conversation initialement orageuse. J’ai commencé à dire que tu ne rentrais pas dans le cadre de la prescription directe de cet examen, tu m’as soupçonnée d’être à la solde d’une médecine minimaliste à la recherche d’économies de bouts de ficelle. On avait du temps, personne après toi, et on a tout mis à plat: ton angoisse née du diagnostic de cancer récemment posé chez un ami de ton âge, un peu de statistiques, la notion de balance bénéfice-risque du dépistage par coloscopie seule… Tu en as conclu que tu comprenais et acceptais parfaitement ma position. Tu as décidé d’aller en parler à un gastro-entérologue de toi-même, sans courrier, en assumant personnellement et financièrement ta décision. Il a accepté de te faire l’examen, et tu as considéré que tu étais définitivement rassuré.

Quelques mois par an, tu me demande une prescription d’anti-dépresseur. Tu prenais ce traitement par intermittence avant de venir me voir. Je ne connaissais pas les tenants et les aboutissants de la première prescription. Je t’ai demandé si tu avais un jour eu affaire à un psychiatre ou un psychologue, et tu m’as signifié d’emblée que ces gens-là n’étaient pas à l’ordre du jour. J’ai cédé sur la prescription, avec un peu de méfiance au début, puis au fil des années, j’ai compris que tu maîtrisais bien l’usage de ce médicament, dont tu usais finalement quatre à six mois par an. Mais comme ma satisfaction pour toi n’était pas complète, j’ai remis chaque fois sur le tapis l’idée de la psychothérapie.

Lorsque mon ventre s’est arrondi, tu m’as confié ta joie de voir un enfant de plus arriver chez moi, et aussi ton regret de ne plus en avoir. Tu m’as confié le désastre que fut ta paternité: un enfant né comme tous les autres, atteint d’une maladie rare à laquelle je n’ai jamais rien compris, et décédé de cette maladie moins d’un an après sa naissance. Ton couple a tenu malgré cette épreuve, au prix du renoncement à une autre paternité.

Pendant mon absence, tu es venu une fois serrer la main de mon remplaçant, cordialement, pour lui faire renouveler ton ordonnance. A mon retour, tu es venu m’annoncer que, cette fois-ci tu t’étais décidé, tu avais commencé à fréquenter régulièrement un psy: « une bonne défragmentation du disque dur, ça ne peut faire que du bien ».

La dernière fois que tu es venu, tu m’as exposé comme tu le fais toujours les raisons de ta venue: les médicaments pour l’asthme que tu viens renouveler, les questions que tu te poses, et, en dernier lieu, tu m’as annoncé ton déménagement.

Il y a eu un blanc dans la conversation lorsque je t’ai dit que j’allais te donner ton dossier médical. Le dossier, c’est l’objet qui matérialise le contrat tacite entre un médecin et un patient. Un patient qui « vient chercher son dossier » tout comme un médecin qui « rend son dossier » expriment une rupture.

Tu t’es détendu lorsque je t’ai expliqué que je te le donnais pour que le médecin que tu allais rencontrer puisse assurer une continuité, et non pour consommer notre séparation.

En fin de consultation, tu m’as parlé de tes projets, ta retraite à venir. Chose que tu n’avais jamais faite auparavant, tu m’as demandé de parler de mes enfants, de ma vie en dehors du cabinet, comme si tu essayais de m’imaginer hors de mes murs.

En partant, tu as pris ton dossier et celui de ton épouse, tu m’as dit au revoir, et tu m’as demandé:

– Allez, on se fait la bise?

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Brève thermique.

– J’ai pas pris ma température, j’ai pas de thermomètre, et l’IPhone, il a pas encore une application pour ça.

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