Archives quotidiennes : 5 mai 2013

Quand la patiente s’impatiente …

Est-ce que ça pense un patient ? Sans hésiter, je réponds oui, et quel que soit le patient. Mais il pense différemment selon l’information qu’il reçoit. Et si on ne lui en donnait pas pour qu’il ne gêne pas ? En voilà une bonne idée et qui porte bien ses fruits ! A part quelques ruades judiciaires ou journalistiques qui font désordre, le plus gros des troupes semble bien docile et ne perturbe pas le système délétère où les patients de mon espèce (car il y en a quand même quelques uns) ont l’impression (…)


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Déclaration d’intérêts de ceux qui parlent au nom du Formindep

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Le bouchon

Il est 8h du mat’. Je finis de poser mon cat’ à l’oreille d’un veau dans le fond d’une étable du fond d’un vallon. La journée a commencé trop tôt, mais au moins, celui-là devrait s’en sortir. Perf’ sur la journée, ou au moins la matinée, avec un peu de chance il profitera du soleil qui s’annonce.

Mon téléphone murmure un vague blip. Un SMS. Un message sur mon répondeur. Vue l’heure, ça va encore être quelqu’un qui veut un rendez-vous. A cette heure là, je ne décroche plus, je filtre. Mais là, de toute façon, je n’aurais pas pu prendre l’appel : le téléphone, ici, ne passe que par accident. Sur un malentendu, parfois, un SMS passe. Orange couvre 99% du territoire, je vis dans un des milliers de 1% de France. Je vérifie quand même : « vous avez 4 nouveaux messages ».

Merde.

Des messages, ce ne sont pas des prises de rendez-vous. C’est une urgence. Je finis de poser la perf’, balance les antibios et compagnie, gribouille une ordonnance et file en direction de la crête la plus proche, là où le téléphone passera.

Et ça ne rate pas. L’appel a déjà presque une demi-heure. Et c’est vraiment une urgence. Le message est hystérique, mais ce n’est rien par rapport aux suivants. Cheval bouché, des granulés de luzerne trop vite avalés. Le cheval est calme, précise-t-elle. Pas elle. Plus du tout au quatrième message, que je n’écoute même pas. J’ai tout ce qu’il faut dans la voiture ? Garé en vrac sur le bord d’une petite route, j’inspecte mon coffre. Sondes naso-oesophagiennes en silicone, huile de paraffine, cathéters rouges, anti-spasmodiques, antibiotiques, anti-inflammatoires. Je n’ai pas la pompe, ni le sérum antitétanique. Je vais devoir faire un crochet par la clinique. J’en ai en tout pour une bonne trentaine de minutes de route. Entretemps, la clinique aura ouvert, me déchargeant des appels. Un saut de puce dans la réserve, j’ai la pompe, un dans le frigo, le sérum. Je reprends un flacon d’analgésiques, au cas où, je sais que j’ai des sédatifs. Un sachet de mash, au cas où. Je pars alors qu’arrive la première ASV. Je lui dis d’appeler Mme Dussans, pas la peine qu’elle continue à stresser. J’arrive.

J’arrive mais la route est longue. Je déteste les bouchons œsophagiens. Un cheval un peu glouton, pas mal de malchance, et l’œsophage se bouche, souvent à l’entrée dans le thorax, avec un agglomérat de granulés. Le cheval tousse tant et plus, le risque de fausse déglutition est très important, celui de lésions de l’œsophage aussi. Mes deux derniers se sont très mal terminés. Autant vous dire que je stresse déjà, d’autant que la propriétaire de ce cheval est loin d’être commode. J’ai toujours du mal à bosser avec les gens stressés, exigeants et, du coup, agressifs. Quand tout va bien, « c’est normal ». Quand ça merde, « c’est un scandale ». Alors j’essaie de fermer les écoutilles, de me concentrer sur l’animal qui n’a pas moins qu’un autre le droit d’être bien soigné. Mais je sais que je suis moins bon. Je n’ai pas le tempérament des grandes gueules de confrères qui arrivent à faire taire ceux qui tentent avec eux le concours du plus désagréable.

Je me gare près du box. La dame est avec son cheval, ses chiens et son mari. Elle est calme et souriante, lui aussi. Le cheval s’est débouché ?

Même pas.

Faut que j’arrête de me faire des montagnes pour rien, moi.

Le cheval a l’air calme. Pas d’efforts de toux, pas d’écoulements nasaux trop visibles.

Je charge tout mon bordel dans la caisse à outils. Auscultation rapide. J’écoute surtout sa respiration au niveau de la trachée, et à la sortie des narines. Le souffle chaud du hongre alezan me caresse les oreilles. C’est humide, ça bulle un peu, rien de grave. La trachée est sèche, mais on entend la douleur des aryténoïdes. Je désinfecte au niveau de la jugulaire, tonds, pose mon cat’. J’ai le temps de faire les choses à fond. Injection d’anti-inflammatoires, supprimons la douleur. Je teste les narines avec le doigt. Korn (sérieusement, qui a baptisé ce cheval Korn ?) n’aime, pas plus que les autres chevaux, avoir le doigt du véto dans le pif. Sédation. J’ai un cathéter, j’en profite.

Deux minutes plus tard, Korn a, sédation oblige, les narines au raz du plancher. Je commence à l’explorer avec ma plus grosse sonde. C’est un peu joueur, il n’est pas si grand que ça, mais si j’arrive à passer celle-là, il sera plus simple de laver l’œsophage. Premier essai, raté, je suis dans la trachée. C’était couru, il avait vraiment trop la tête allongée sur l’encolure. On n’est pas là pour travailler l’extension, koko, alors j’indique à Mme Dussans d’encapuchonner son cheval, avec l’aide de son mari. Comme d’habitude avec le sédatif, il se laisse porter. Le couple en chie grave pour le maintenir dans la position souhaitée. Cette fois, je bloque, c’est bon signe. Je leur fais bouger un peu la tête, à droite, à gauche, en bas, je finis par passer et trouver l’œsophage, j’avance. Ils peuvent lâcher la tête.

Le cheval tousse un coup, évacue par le nez une grande quantité de salive.

Je bloque très vite. Mes repères dessinés sur la sonde sont déjà effacés. Tant pis. Je dois y être, juste à l’entrée du thorax. Il n’y a rien qui sort spontanément. J’envoie un peu d’eau tiède. Un coup de pompe. Le cheval ne se plaint pas, et garde la tête basse. C’est ma configuration préférée dans ce genre de situation. Si du liquide remonte par l’œsophage, et c’est presque toujours le cas, il ne descendra pas dans la trachée. Encore un peu d’eau, je recule de cinq centimètres, m’enfonce à nouveau. Rien ne vient. J’attends un peu, que l’eau commence à désagréger le bouchon. Je m’enfonce à nouveau, de deux centimètres ou trois. Encore un peu d’eau. Cette fois, du liquide vert commence à descendre la sonde. Difficilement. C’est très épais. Je recule et repars à l’attaque, renvoie un peu d’eau, mais cette fois, ça déborde : de la luzerne coule par le nez. Pas beaucoup, et le cheval ne bouge pas. Ça va. Je poursuis mon travail de sape, lentement, doucement, en avant, en arrière, ne pas forcer, jamais, ne pas injecter trop d’eau. Aspirer un peu, à la bouche, ma pompe ne fonctionne que dans un sens. Ça ne sert à rien, et puis bon, la luzerne et la salive de cheval…

Ça va venir. Entre ce qui sort par la sonde et le nez, cela finira par être suffisant. Je suis accroupi devant la narine droite de Korn, jouant avec la sonde. M. Dussans est juste à côté de moi, à moitié assis, prêt à maintenir la sonde lorsque je m’écarte pour renvoyer un coup de pompe.

Le cheval est complètement assommé par le sédatif. Il ne cherche jamais à relever la tête, facilitant ainsi l’écoulement des granulés mal dissous. Le jus vert coule doucement dans la sonde. Encore un peu d’eau.

J’enfonce ma sonde, en la tournant doucement sur elle-même. Je vois bien que Korn s’agace un peu. Son propriétaire, toujours assis à côté de moi, lui caresse la joue. Je suis accroupi, avec ma blouse cachou des travaux salissant sur mon T-Shirt, à l’entrée d’un box sur le flanc d’une colline, à goûter enfin ce soleil que nous attendons depuis des semaines. M. Dussans est à côté de moi, toujours à moitié assis, dans sa cote verte largement ouverte. Korn remue la tête de gauche et de droite. Puis la relève rapidement, un instant, et éternue brutalement, chassant tout le jus de luzerne imbibée de salive accumulé dans ses narines. La droite, juste pour mon col. La gauche, pile pour celui de M. Dussans. Nous sommes couvert de morve, de salive et de luzerne. Mme Dussans ne peut retenir un rire.

C’est… tiède.

Je continue le boulot après un rinçage rapide dans le seau. Un peu plus méfiant, cette-fois. J’éviterai très bien l’éternuement suivant avec une esquive par la gauche. Pas M. Dussans. Mes sourcils sèchent et se collent. Je pense que cette fois, ça y est. J’enfonce un peu plus ma sonde, insiste un poil, et avance. Je ne sais plus trop où j’en suis, alors je reprends la pompe. Un coup, l’eau passe sans souci. Un second, puis un troisième, cette fois c’est sûr, j’envoie dans l’estomac. Je retire ma sonde jusqu’à mi-oesophage, j’attends un poil, et sors complètement.

C’est terminé. J’ausculte à nouveau les poumons. Je n’entends rien de spécial, mais avec le volume des battements cardiaques, je ne suis pas complètement rassuré. La trachée est toujours sèche. Le larynx moins algique. Cette fois, c’est bon.

Un antibiotique, quelques recommandations.

Plus qu’à commencer la matinée. Il est 11h lorsque j’arrive à la clinique.

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Journal Actualité de l’EN3S. Un numéro spécial COG

Le Journal Actualité de l’EN3S relate l’activité de l’école des cadres dirigeants de la Sécu. Il est diffusé, au format papier, à tous les agents de direction de l’Institution, les anciens élèves et élèves, ainsi qu’à tous les partenaires français et étrangers de l’EN3S. Le numéro d’avril 2013 est spécial à plus d’un titre. Il porte sur une nouvelle COG, la première pour l’école ! L’EN3S a rejoint les bataillons des COGistes à la fin de … Continuer la lecture

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Résultats annuels 2012 de la CADES : 71,6 milliards d’euros de dette amortis à la fin 2012

Le Conseil d’administration de la CADES s’est réuni le 30 avril 2013 pour arrêter les comptes de l’exercice 2012. Le résultat net de l’année 2012 de 11,9 milliards d’euros a été consacré à l’amortissement de la dette sociale conformément à l’objectif fixé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2012. Au 31 décembre 2012, la CADES a amorti 71,6 milliards d’euros de dette sociale, contre 59,6 milliards fin 2011. Sur les 209 … Continuer la lecture

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Le gouvernement va reconnaître un droit du public à saisir les administrations par courrier électronique

Un projet de loi de simplification par ordonnance des relations entre l’administration et les citoyens a été adopté en Conseil des ministres le 2 mai 2013. Dans son article 1, ce texte autorise le gouvernement à instaurer un droit des usagers à saisir les autorités administratives et à leur répondre par voie électronique. Seraient concernés les services de l’État, des collectivités territoriales, leurs établissements publics, ainsi que les … Continuer la lecture

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Futur proche

Vous allez installer un système pour sécuriser votre piscine. Un beau matin de printemps. Le soleil faisait la gueule depuis quelques jours, semaines même, les nuages succédaient aux nuages, cumulo-nimbus, strato-cumulus, ciel de traîne. Et puis tout d’un coup, en fin de … Lire la suite Continuer la lecture

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Un arbre sur la colline…

Il y 5 ans, sur la route d’Heidelberg à Berlin, nous nous étions arrêtés à Weimar. Weimar est célèbre pour trois choses, son importance comme centre culturel au XIXé siècle, lié à la présence de Goethe, la république et enfin … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans atelier radiophonique, buchenwald, chene de goethe, France-Culture, Histoire, voyage, weimar | Commentaires fermés sur Un arbre sur la colline…

Chaticide

Quoi de plus exaspérant que l’extubation accidentelle d’un patient traumatisé crânio-facio-thoracique Cormack 4 dont l’estomac est archi-plein ? De plus agaçant que l’appui inopportun sur «stop» du pousse-seringue électrique qui était réglé de façon à assurer un débit de noradrénaline … Lire la suite Continuer la lecture

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Mesure du déséquilibre “efforts-récompenses ” : questionnaire de Siegrist

 Les modèles de Karasek et Siegrist dominent actuellement dans les études épidémiologiques puisqu’ils permettent d’évaluer les contraintes psychosociales de l’environnement de travail.Le questionnaire de Siegrist,  souvent utilisé en complément du questionnaire de Karasek, comprend à la fois un questionnaire qui … Continuer la lecture

Publié dans changement, collègues, contraintes, Contrôle, décisionnelle, demande psychologique, déséquilibre, efforts, épidémiologiques, estime, exigences, extrinsèques, intrinsèques, Karasek, latitude, mesure, professionnelle, promotion, psychosociales, questionnaire, récompenses, respect, responsabilité, ressources, salaire, Siegrist, stress, Stress professionnel, supérieurs, surinvestissement, travail | Commentaires fermés sur Mesure du déséquilibre “efforts-récompenses ” : questionnaire de Siegrist

Accoucheuse indépendante

Bonjour ! Aujourd’hui c’est un article un peu spécial pour le 5 mai.   Le 5 mai célèbre la Journée Internationale de la Sage-femme. Partout dans le monde, des femmes deviennent mères, des enfants naissent. Leur santé nous tient à coeur, de même que leur bien-être émotionnel. Partout dans le monde, les conditions entourant cet […] Continuer la lecture

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Un monde sans sage-femme

  Le 5 mai célèbre la Journée Internationale de la Sage-femme. Partout dans le monde, des femmes deviennent mères, des enfants naissent. Leur santé nous tient à coeur, de même que leur bien-être émotionnel. Partout dans le monde, les conditions entourant cet événement peuvent être… Continuer la lecture

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Ceci n’est qu’un exercice

Bon. Aujourd’hui c’est le 5 mai, et cela ne vous a pas échappé que c’est la journée internationale de la sage-femme. Si. Je sens que ça va fleurir des camemberts à 12 couleurs sur les chiffres de la mortalité maternelle, sur l’importance vitale de favoriser l’accès à des soins périnataux essentiels ET de qualité, vous […] Continuer la lecture

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Fiction ?

 
Journal de 20 heures, 5 mai 20xx
« La caisse nationale d’assurance maladie et le ministère de la santé viennent de confirmer conjointement ce que la rumeur laissait entendre depuis plusieurs mois : la profession de sage-femme va être supprimée. […] Continuer la lecture

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