Archives quotidiennes : 27 janvier 2013

Soigner oui, mais avec des médicaments bien sûr.

« Maman pourquoi tu m’as pas soigné quand z’étais malade ? »

 

QUEUWA ?

 

Voilà comment la chair de ma chair m’a remercié voilà quelques semaines. Après avoir elle-même ramené de chez nounou une gastro fulgurante qui nous a tous bien taclé cette p***, après quelques nuits à ne pas dormir, occupée que j’étais à me faire vomir dessus, à changer des draps, changer des pyjamas, nettoyer des cheveux plein de débris alimentaires, re-changer des draps, remettre un… vieux Tshirt du 36 avec un caleçon trop petit (oui-ben-j’y-peux-rien-t’as-plus-de-pyjamas-propres-et-pis-regarde-ça-fait-comme-une-robe-t’as-vu-t’es-une-princesse-et-il-est-3h-du-mat’-alors-c’est-comme-ça-pis-c’est-tout)

… après avoir fait tout ça, voilà ce que je recevais.

 

Je ne l’ai pas SOIGNEE. Rappel, soigner = prendre soin de. On appréciera.

 

Pourtant si y’a bien un marmot qui n’a pas été élevé au médicament, c’est bien Tétarde.

Déjà parce qu’elle n’a jamais été bien malade. (enfin au moins autant que certains gamins qui sont tous les 2 mois dans nos salles d’attente cela dit).

Mais à part de régulières gastro sur lesquelles il n’y a pas grand chose à faire, et quelques rhumes qui sont tombés sur les bronches (et qui mériteraient un billet rien qu’à eux) Tétarde n’a jamais été suffisamment malade pour mériter le moindre médicament. La bouteille de sirop rose que j’ai en stock est la même depuis sa naissance.

 

Et ensuite parce que je lui ai toujours expliqué que ça ne servait à rien. Ou pas grand chose. Que les bobos et les petites maladies guérissaient tout seul, qu’éventuellement un câlin et un bisou ça pouvait aider. Et ça pas parce que je suis médecin « et que donc c’est plus facile pour moi, pas besoin de l’emmener consulter ». En 3 ans j’ai du sortir mon stétho une seule fois pour lui coller dessus. Juste parce que moi-même j’ai été élevée comme ça. Un peu de bon sens.

 

Alors qu’est-ce que c’est que cette idée de vouloir des médicaments ? Où est-ce qu’elle a pêché ça ?

 

Déjà… certainement chez nounou. Si sa petite copine fille de médecin également est aussi peu médiquée qu’elle, ses autres compagnons de jeux sont régulièrement sous antibiotiques ou aérosols « parce qu’ils sont malades ». Comme j’ai autre chose à faire que d’examiner les gamins de nounou quand je sors du boulot, je n’ai aucune raison de dire que ces prescriptions n’étaient pas justifiées. Surtout que comme je l’ai dit là, j’ai tendance – à état égal – à plus médicaliser les enfants des autres que les miens. J’espère que ça s’arrangera. Bref, tout ça pour dire qu’à 3 ans, il peut être difficile de comprendre pourquoi quand ils sont malades on fait des trucs pour les autres et rien pour elle.

 

Sans compter la fâcheuse tendance de nounou à leur fourrer des granules d’homéotruc dans la bouche dès qu’ils se font un gnon. Ou comment leur faire croire dès qu’ils savent marcher que le médicament, allopathique ou non, est le remède à tout.

(Mais à côté de ça nounou prend tout le monde tout le temps même avec 39° et du vomi partout donc on ne lui en tient pas trop rigueur. De toutes façons ma consœur et moi-même, on ne lui laisse pas vraiment le choix je crois)

 

De plus, comme beaucoup, Tétarde est abonnée à un magasine pour marmots avec des histoires de marmots dedans. L’un d’entre eux, c’est Piloui. Jusqu’à présent, il me dérangeait pas plus que ça ce Piloui. Mais voici donc ce qui lui est arrivé à ce bon vieux Piloui récemment.

 

piloui 1

piloui 2

Analyse image par image.

Piloui se lève, il a le nez qui coule et il se sent fatigué. Bon ben voilà, l’histoire pourrait s’arrêter là : Piloui, comme tous les marmots de 4 ans, enchaîne sa 5ème rhino de l’hiver. (pharyngite, rhino-pharyngite, rhinite, bronchite, peut-être même otite ou laryngite… ça reste un RHUME, Borée le dit très bien)

Mais non. Viiiiiiiiiite maman l’emmène chez le docteur.

 

Si on enchaîne sur la 2ème image, on voit que Maman Piloui n’a pas pris la peine de prendre un rendez-vous, visiblement ils se sont pointé sur une plage sans rendez-vous, avec une salle d’attente blindée à moitié de Piloui avec la goutte au nez qui pleurent et contaminent les autres.

Donc rhino J1 : Piloui fait le pied-de-grue chez le médecin. Ça sent la consultation productive. En plus à tous les coups Maman Piloui n’a pas donné de sirop pour le fièvre « pour que vous puissiez constater docteur. » Constater quoi en fait ? Pense-t-elle que si elle nous dit « ce matin il avait 38,3 » on ne la croira pas ?

 

3ème image, fin du suspens, la diagnostic tombe « c’est un gros rhume ! » Naaan seriously ???

Vache ils ont bien fait de venir.

 

4ème image, nous avons une explication. Maman Piloui avait besoin de ses 2 jours enfant malade, avec certificat à la clé. C’est la seule explication logique à cette histoire. Rendons grâce au médecin qui à priori ne prescrit pas 36 trucs inutiles.

 

Sinon franchement, soyons honnête, Piloui n’avait rien à faire chez le médecin avec sa rhino J1.

Au prochain numéro, nous aurons « Piloui retourne chez le médecin parce que c’est tombé sur les bronches » à tous les coups.

 

 

Comment voulez-vous qu’on s’en sorte si nos gamins sont formatés dès le début à cette surconsommation de soins ?

En attendant, Piloui va rejoindre ce gros niais de Tchoupi sur la liste des lectures à bannir.

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Un peu de clientélisme

Réflexions faisant suite à l’article de Dominique Dupagne que vous trouverez ici.

Une consultation de demande de contraception est une consultation singulière au sein de laquelle une femme qui n’est pas malade, ni en passe de le devenir, vient faire part à son médecin de sa volonté d’obtenir un moyen de contraception fiable. 
Une consultation à caractère exceptionnelle, dont on oublie peut-être la singularité.
Le patient est un sujet malade, ou potentiellement malade, dont les stratégies à la disposition du corps médical sont multiples, en particulier le traitement en prévention primaire ou secondaire.
Une femme qui désire une contraception n’est donc pas une femme malade, contrairement à ce que peuvent affirmer les laboratoires lorsqu’ils s’offrent le droit de comparer les risque d’évènements vasculaires entre une femme sous pilule et une femme enceinte.
Une femme qui désire une contraception n’est pas une femme malade, mais elle doit pourtant se soumettre aux rapports de force qu’induit la relation médecin-malade, puisque c’est le médecin, riche de ces années d’études, qui signe l’ordonnance. Alors, et surtout parce que c’est insidieux, elle se soumet.
A renouveler 9 mois
Cette femme devient une femme malade, et la contraception une stratégie thérapeutique de prévention primaire. La voilà désolidarisée de son libre-arbitre, perdant une autonomie qu’elle avait durement et chèrement acquise en ce début de siècle.
L’industrie pharmaceutique saura en faire ses choux gras.
Une femme qui désire une contraception doit devenir à mon sens une cliente, celle qui tranche. Le service que lui vend son médecin est un service de conseils et d’informations ; une information loyale, indépendante et exhaustive, information libre du poids des idées reçues, des arguments autoritaires ou de la puissance d’irradiation de l’industrie pharmaceutique. La notion de clientélisme peut paraître choquante, mais elle libère la femme de ce rapport de force inhérent à une consultation de médecine générale.
Dans ce contexte de clientélisme, ce statut singulier fait de la femme l’unique actrice de sa contraception, pour laquelle le médecin joue un rôle de simple conseiller. Accepter ce rôle, c’est accepter de baisser les armes le temps d’une consultation, et de laisser dans un tiroir ce rapport de force qui permet au professionnel de santé de lutter, à raison, contre le consumérisme médical et l’hétéronomie de sa patientèle. Accepter ce rôle signifie la mise à jour régulière et indépendante de ses connaissances pour que la femme puisse faire son choix en toute connaissance de cause. Accepter ce rôle signifie donner à la femme le choix de disposer de son corps dans cette ère médicale où les moyens à disposition sont nombreux, mais dont les principaux détenteurs peuvent parfois, par déformation professionnelle ou paresse intellectuelle, s’en réserver l’accès.

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Apnées du sommeil : prise en charge du dispositif PPC ( pression positive continue), nouvelles modalités !

Un arrêté du 9 janvier 2013, publié au JO du 16 janvier 2013 modifie les modalités d’inscription et de prise en charge du dispositif médical à pression positive continue pour le traitement de l’apnée du sommeil .Cet arrêté précise entre … Continuer la lecture

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Diane 35 et ses génériques : le principal risque, c’est la grossesse non désirée…

Dans la version précédente de cet article, mise en ligne en 2003, j’attirais l’attention sur ceci :
« Le risque de souffrir de phlébite (caillot dans une veine d’un membre) et/ou d’une embolie pulmonaire (caillot dans une artère pulmonaire, accompagné de troubles respiratoires et cardiaques) est quatre fois plus élevé chez les utilisatrices de Diane 35 (et de ses génériques : lumalia, holgyème, minerva35, evepar) que chez les utilisatrices de pilule de 2e génération. La direction canadienne (…)


Pilule, patch et anneau vaginal

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Femmes en SF : Star Wars, la menace conjugale

Avant toutes choses, qu’on se le dise : les épisodes I, II et III de la saga Star Wars sont à mes yeux une disgrâce. Jar-Jar Binks, Watto, et le…

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Article original rédigé par Stockholm et publié sur Le Blog de Stockholm
Reproduction interdite sans… Continuer la lecture

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Pseudo-pilule Diane 35 : on se calme !

Ne jetons pas Diane 35 avec l’eau du bain du Mediator. Arrêtons ce paternalisme médical qui manie l’absence de transparence ou la peur et nie la capacité des patient(e)s à prendre des décisions lucides concernant leur santé.


Médicaments

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