Archives quotidiennes : 20 janvier 2013

Au boulot!

Et une nouvelle semaine de remplacement. Et un nouveau cabinet. Coup d’essai avant d’accepter les autres propositions de ce remplacé. Reviendrai-je? Argument de poids : il y a eu du boulot. Beaucoup. Des consultations, évidemment. Et des visites. Plus ou … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Martin Winckler : quelques conseils et quelques erreurs.

Martin Winckler…

Il faudra un jour que l’on m’explique qui est qui. Si j’ai bien compris Martin Winckler est le nom littéraire de Marc Zaffran, médecin généraliste. Quand Marc Zaffran signe un roman il utilise son nom de plume qui est donc un pseudo. Mais quand il écrit un article médical il signe aussi Martin Winckler qui n’est pas son nom de médecin tout en signalant qu’il s’appelle vraiment Marc Zaffran. Je ne comprends pas bien quelle est sa stratégie. Quand on choisit un pseudo, c’est par hypothèse, pour ne pas être reconnu ; dans le cas de notre néo Canadien l’intention est inverse : le pseudo renforce le nom réel et vice versa, ce qui rend l’anonymat éclatant.
…que vous connaissez tous, le pape incontesté de la contraception, celui dont il faut approuver tous les propos sous peine de passer pour un affreux défenseur de la non contraception hormonale, un affreux catho facho ou plus simplement nataliste, voire un opposant agressif à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), voire un Jérôme Lejeune au petit pied, sans compter un misogyne ne comprenant rien à la cause des femmes,
celui que tout le monde médical bien pensant et anti autoritaire encense sans recul à la manière de ces adolescents qui appartiennent à un groupe de fans et qui écoutent en boucle les morceaux de l’artiste idéalisé, a écrit, à la suite des articles parus dans la presse sur les dangers des pilules de troisième et de quatrième génération (dont le lecteur de ce blog a été entretenu abondamment bien que de façon non exhaustive et partiale ICI et LA) et concomitamment aux prises de position des « grands » experts de la question dont le trop fameux professeur Israël Nisand,  
Un texte récent de ce professeur strasbourgeois (et cosigné par le docteur Brigitte Letombe) publié ICI par le JIM ne manque pas de laisser rêveur sur le ressentiment de ce grand patron français à l’égard des chercheurs danois (il faudra un jour que l’on analyse pourquoi la Santé Publique française –sic– a des problèmes avec le Danemark qui, petit pays de 5,5 millions d’habitants, réalise non seulement des essais de qualité mais exporte des chercheurs terroristes en Angleterre — i.e. Peter Götzche LA— qui professent des idées contraires à ceux des Agences gouvernementales françaises sur le dépistage du cancer du sein), de sa frustration de n’être qu’un médecin médiatique et non un scientifique de renom, un théoricien des conflits d’intérêts qui, tels Bruno Lina prétend que l’excès de ces conflits les annule, ressentiment également à l’égard des instances réglementaires –ANSM– qu’il critique et des entourages ministériels qu’il accuse d’incompétence… certainement parce qu’il n’en fait pas partie… 

… Israël Nisand mériterait que l’on s’occupât plus précisément de lui, notamment lorsqu’il propose de façon innocente la contraception involontaire pour toutes les femmes, femmes considérées probablement comme des écervelées ne pensant à rien et encore moins à leur non désir d’enfants, en citant l’indice de Pearl excellent des pilules (mises au point par l’excellentissime Big Pharma) mais déplorable en utilisation réelle (la déplorable jeune femme incapable de gérer)… Israël Nizand, si prompt à dénoncer l’incompétence de ses collègues appartenant aux instances, oublie de dire que la France, le pays des Droits de l’Homme, est très mal placée en termes de mortalité maternelle malgré la débauche d’examens prescrits durant les grossesses…
Martin Winckler publie donc deux posts censés donner l’avis contre officiel officiel sur le sujet. Cette formulation alambiquée traduit ma gêne à l’égard de qui, ancien de La Revue Prescrire (cela ne vous rappelle pas quelque chose ?, voir LA), est à la fois un médecin généraliste à la retraite et un expert de la féminitude (la philogynie étant une forme particulière de la misogynie) qui s’oppose aux spécialistes (voir ICI) avec des arguments scientifiques et moraux… peu opérationnels. Il est à noter que cet article est d’une meilleure tenue que celui que nous allons analyser. Pourquoi est-il revenu en arrière ? Je ne sais pas. Parce qu’il s’adresse directement à des patientes ?
Dans des conversations privées que j’avais entretenues récemment avec lui (et que je garderai secrètes par confidentialité évidente), nous avions abordé un certain nombre des thèmes qu’il développe aujourd’hui et, manifestement, mes arguments n’ont pas porté sauf sur un ou deux points de détail.
Je vous propose un tableau des pilules qui est clair sur les différents dosages : LA.
Examinons le dernier post « Je prends une pilule de 3e ou 4e génération. Dois-je l’arrêter ? Puis-je la poursuivre ? » ICI, que je vous engage à lire avant de me lire.
Il s’agit finalement d’une Recommandation wincklerozaffranienne sous forme de dialogue supposé avec une patiente putative. 
Je ne vais pas m’arrêter sur tous les paragraphes, ce serait fastidieux et l’on pourrait m’accuser de criticisme systématique, mais tenter de revenir sur des points qui me paraissent faux de façon intrinsèque. Les phrases grasseyées, rougies et soulignées sont de MW / MZ.
… la pratique plus que désinvolte d’un trop grand nombre de médecins leur a fait oublier que certaines pilules ne devraient pas être prescrites comme première contraception.

Cette phrase est un jugement moral alors qu’elle devrait se référer à des recommandations officielles datant de 2007 (HAS) indiquant tout simplement que les P3G et P4G doivent être prescrites en deuxième intention.
Car le risque est alors élevé de voir survenir un accident thrombo-embolique (caillot dans une veine, ou une artère ; phlébite ou accident vasculaire cérébral). 

En effet, l’utilisation des P3G et des P4G n’entraîne pas plus de phénomènes thrombo-emboliques (T / E) artériels que les P2G à dosage d’éthynil estradiol égal mais plus de phénomènes T / E veineux en raison de la nature du progestatif (qui n’est pas du lévonorgestrel le plus sûr des progestatifs) (cf. infra le graphique montrant les risques T / E veineux avant 1 an).

Mais rien n’est simple : les dosages d’éthynil estradiol diffèrent dans le groupe des P2G (seules les pilules Leeloo G, Lovalulo et Optilova ne contiennent que 20 microgrammes d’éthynil estradiol,  dosage considéré comme le moins dangereux pour la survenue de phénomènes T / E artériels)  ; dans le groupe des P3G  seules Melodia / Minesse / Edenesse / Optinel Gé, d’une part, Meliane / Harmonet / Carlin 20 / Efezial 20 / Felixita 20, d’autre part et Mercilon / Cycléane 20 / Désobel Gé 20 contiennent 20 microgrammes ou moins d’éthynil estradiol ; dans le groupe des P4G où le progestatif présente un risque important certaines pilules contiennent 20 microgrammes et d’autres 30 microgrammes d’éthynil estradiol.
le risque d’accident vasculaire avec TOUTES les pilules est inférieur au risque vasculaire pendant une grossesse. 

En réalité, le risque T / E veineux des pilules combinées dépend du progestatif et certains progestatifs, pendant un an d’utilisation (on rappelle à qui l’aurait oublié que la grossesse chez la femme dure environ 9 mois), entraînent plus de risques T / E que la grossesse (mais il faut également tenir compte, sur le plan artériel, du dosage d’ethynil estradiol).
(Il est possible de cliquer sur le graphique pour mieux le lire)
La phrase suivante est à inscrire dans les Annales : »
Bien sûr ce n’est pas comparable (une grossesse est un risque assumé) mais rappelez-vous que le risque est faible…

« 

Nous apprenons ici que la grossesse n’est pas un désir d’enfant mais un risque assumé de présenter des phénomènes T / E veineux…
 les femmes les plus exposées sont celles :

- dont c’est la première pilule contenant des estrogènes ET qui la prennent depuis moins de 2 ans

OU

- qui ont plus de 35 ans et/ou fument

Les femmes qui prennent des pilules P3G et P4G les plus exposées sont donc celles :
  1. Qui présentent une thrombophilie (2 à 5 % de la population) et dont l’interrogatoire n’a pas retrouvé d’antécédents T / E personnels ou familiaux (car en ce cas cela contre-indiquerait définitivement l’utilisation des pilules combinées) car le risque T / E artériel ou veineux est possible et grave, thrombophilie que l’on ne recherche pas systématiquement pour des raisons de coût quel que soit leur âge  OU
  2. Qui fument, quel que soit leur âge, mais a fortiori si elles ont plus de 35 ans : le tabac, chez une femme prenant la pilule et fumant, multiplie par 9 le risque T / E veineux et artériel, cet effet est cumulatif (nombre de paquets / années) et augmente avec l’âge. OU
  3. Qui prennent la pilule depuis moins d’1an : les données sources de l’étude danoise (ICI) indiquent que le risque est maximum avant un an et non avant deux ans. OU
  4. Qui prennent une pilule contenant un dosage d’éthynil estradiol supérieur à 20 microgrammes.

Je m’arrête là.
Pour le reste il est assez difficile de suivre les conseils de MW / MZ quand on se rend compte que l’expert non académique (encore qu’au Canada il exerce des activités académiques) ne connaît pas tout son sujet ou, pire, le connaît et cache des choses pour ne pas effrayer les femmes. Ce que nous retiendrons essentiellement : les méthodes de contraception moderne non hormonales combinées ne sont pas assez utilisées dans le monde développé.
Mais j’ai lu ses conseils et mon courage de non expert s’arrête au seuil de mes propres recommandations dont seule ma patientèle aura le privilège.
Je retiendrai pourtant que dans un post précédent il disait que les pilules de P3G et P4G devraient n’être prescrites en France qu’à quelques centaines de femmes… ICI
J’ai bien aimé l’autre jour sur Europe 1, le 15 janvier 2013, Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de Prescrire dire tout simplement qu’il fallait se préparer au retrait progressif des P3G et des P4G. N’est-ce pas la voie de la sagesse ? 
Il faudra aussi que nous ayons le courage de remettre à plat le problème de la contraception en général dans une ambiance scientifique et sociétale mais qui le fera ?
Pas moi en tous les cas (j’ai déjà assez écrit sur le sujet sur ce blog et s’il reste pourtant de nombreux sujets non abordés comme l’aspect sociétal de la contraception moderne, sur les liens des experts avec Big Pharma, sur l’arrogance de ces experts, sur leurs mensonges au nom de l’intérêt supérieur des femmes). 
(Je l’ai déjà dit mais je le répète : le nombre de pilules commercialisées est une insulte au bon sens. Les spécialistes ad hoc nous disent que l’offre de choix garantit un traitement adapté à chaque femme. Je dirais volontiers que l’offre de choix de Big Pharma garantit de bons revenus à Big Pharma avec un savant enfumage des risques et des bénéfices que même un grand expert ignore ou feint d’ignorer). 
(Illustration : Google Images ICI)
PS du 7 février 2013 : une mise au point intéressante sur les effets T / E des pilules par Jacqueline Conard qui me paraît un peu trop optimiste sur le rôle du tabac : ICI

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