Archives quotidiennes : 15 décembre 2012

Fiche info-patient: que faire en cas de rhume ?

La patience, un des meilleurs traitements du rhume… La fiche au format Word: LIENS – Lavage de nez du nourrisson : sur la viedebebe.com -Décongestionnants de la sphère ORL renfermant […] Continuer la lecture

Publié dans Infectiologie, INFO PATIENTS, ORL, pharyngite, prévention, rhino, Rhinopharyngite, Rhume, Thérapeutique, traitement | Commentaires fermés sur Fiche info-patient: que faire en cas de rhume ?

Mathilda

« La vie, c’est comme ça tout le temps ? Ou c’est seulement quand on est petit ?
C’est comme ça tout le temps. »
Une barre comme une autre dans la banlieue défavorisée de mon agglomération. Temps dégueulasse. Gris. Le béton dégouline. Le bitume se dilue dans le ciel trop bas. Orelsan trouve qu’il pleut tout le temps dans cette ville de merde. Nous sortons de la voiture. Il a foutrement raison.
Mon praticien me sourit, il a sonné. Il me dit : tu n’es encore jamais venu ? et il sourit.
La porte s’ouvre, une petite femme d’âge moyen nous accueille, et avec elle les pépiements furieux de perruches qui doivent s’agiter dans une pièce. Des aboiements aussi. Peut-être la rumeur bruyante d’un téléviseur, quelque part. Dans le hall d’entrée, une autre femme nous regarde entrer. L’aide ménagère ? Un lien de parenté tout de même. Bonjour, me dit-on sur ma gauche. Je me tourne. Une troisième femme. L’infirmière à domicile ? Un lien de parenté aussi. Je ne réalise pas encore tout à fait. La première nous guide dans les boyaux surchauffés de cette antre de vie. Nous croisons dans la pièce principale deux hommes, l’un attablé, l’autre à quatre pattes, occupé à démonter une prise électrique. Bonjour. Bonjour. Des bols sont alignés sur la toile cirée. Les perruches sont effectivement furieuses. Un long couloir. Des tapis. Nous arrivons dans une petite chambre occupée par une nonagénaire. Mon praticien entre, j’entre à mon tour. Je ferme la porte derrière moi. Elle gémit, tousse. Un lit immense, qui occupe la quasi-totalité de l’espace habitable. Deux téléviseurs. Je reconnais sur le premier une série française. Les acteurs s’agitent, brassent de l’air. Le son a été coupé. Le deuxième, dans un angle, affiche une interface de console. Le jeu est coupé. La manette gît sur les draps au milieu des magazines de la grand-mère. Le joueur que je suis devine qu’elle est encore chaude, et que le coupable s’est enfui à notre arrivée.
C’est vous qui jouez ? je demande, plaisantant. Non, mon p’tit-fils. Elle ne plaisante pas.
Fragrances très humaines, odeur poisseuse de poussière nocturne. La pièce n’a pas été aérée ce matin. J’imagine un garçon d’une dizaine d’années, noyé dans les couvertures épaisses, massacrant une organisation terroriste internationale sous le regard humide et toussotant de son aînée.
Exacerbation de bronchite sur terrain cardio-vasculaire à risque. Douleurs dorsales.
Lorsque nous revenons dans la pièce principale, deux autres personnes ont fait leur apparition, un jeune homme et une gamine. Elle a le nez dans un bol de chocolat chaud. Le garçon, à peine majeur, doit être le p’tit-fils en question. L’image saute. Grésille. J’imagine maintenant ce grand gaillard dans la chambre de sa grand-mère. Grésillement. Ça ne colle pas. Je ne parviens pas plus à l’imaginer lui, dans la chambre, que la grand-mère elle-même avec la manette de X-box entre ses doigts déformés.
Je m’assois à table. La gamine me regarde. Les yeux cernés. Le chien n’aboie plus, les perruches se sont calmées. 
Je pense à Mathilda, personnage de Besson, clopant dans la cage d’escalier, les jambes fouillant le vide de son existence douloureuse. Je pense à Mathilda, et je lui souris. Elle baisse les yeux. Je griffonne un antibiotique sur l’ordonnance. Nous sortons.
Sous la pluie.
Je m’attends presque à croiser Jean Réno, verres teintés et marcel blanc, s’enfoncer dans les ténèbres de cette barre anonyme, un calibre à la main.
Les portières claquent. Le moteur démarre. 
Je pense à Mathilda : n’y a-t-il pas école en semaine ?
Difficile de ne pas être dans la projection.


Contrat Creative Commons

Continuer la lecture

Commentaires fermés sur Mathilda

Désabusée

Je pars, désabusée. Mon entourage proche me dit « Tu as bien raison, avec le bébé qui arrive et tout ça… Pars. Les conditions de travail en médecine libérale c’est pas possible… » Mes maitres de stage me disent « Tu ne vas … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Et après?, La médecine et moi | Commentaires fermés sur Désabusée