Archives quotidiennes : 14 septembre 2007

L’externe de la rentrée [2/2]

L’externe se rassure donc un peu, grâce au stagiaire, il a réalisé que ses quatre ans d’études dans les pattes, dont un an d’externat, cela se voit, diantre !

Vous les verrez peut être aux urgences, ces externes finissant leur quatrième année, leurs points de suture sont plus assurés qu’il y a un an, leur attitude aussi, l’ajout d’expérience aidant, et l’excès de frime aggravant.
Par égard envers eux, on n’insistera pas sur le fait qu’ils se sont aussi spécialisés en gestion de fax, réccupération de dossiers médicaux, remplissage de bons d’examens complémentaires et coups de fils en tout genre.

Ils se sont découvert des vocations ici ou là, parfois aussi labiles que leurs stages. Ils ont appris, s’ils ne le savaient déjà, que les chefs pouvaient être injustes, et du même coup, ils ont appris à s’en moquer éperdument, à défaut d’ouvertement.
Ils savent aussi désormais dire non au sénior qui ne veut pas se relever pendant une garde et leur demande par téléphone de faire un geste certes sans risque majeur, mais dont l’externe ne se sent pas sûr. Ils assenent au sénior à l’autre bout du fil « navré, mais je ne le ferai pas« , en se disant qu’un jour, ça fera d’eux des gens responsables, et qu’en attendant, il faut se contenter d’assumer d’être des boulets, pour encore un moment.

Ils ont appris des grandes lignes de prise en charge et certaines spécialités en détail. Le reste viendra. Ils se souviennent de détails inutiles et ont oublié des données d’importance capitale, les internes, les séniors sont là pour leur rappeller, plus ou moins délicatement.

Ils ont aussi appris des principes de bases.
ToutSouffleFébrileEstUneEndocarditeJusqu’àPreuveDuContraire, ou TouteFemmeEstEnceinteJusqu’àPreuveDuContraire (précepte parfois ponctué d’un LaSalope!).
La réalisation de dossiers cliniques théoriques ad nauseam a induit chez eux quelques réflexes pavloviens « c’est une femme jeune, elle a une maladie autoimmune », « c’est un mec en situation précaire, originaire d’europe de l’est (ou d’afrique), il a la tuberculose », « le patient a la tuberculose, comment est son système immunitaire? ».
Tout ceci peut donner lieu à de regrettables mélanges, car, du coup, lorsqu’à deux heures du matin Mlle X, issue de la troisième génération de l’émigration russe, se présente aux urgences pour douleurs abdo-pelviennes, l’externe est persuadé qu’il sagit d’une patiente aux antécédents de lupus, ayant une tuberculose péritonnéale, et donc sans doute le HIV, enceinte de surcroît.
Et avant d’aller l’examiner, en feuillettant le dossier, il cherche vaguement dans son esprit déjà embrumé comment faire cohabiter antirétroviraux, antituberculeux, antilupiques et grossesse… Tiens, mais grossesse, ça lui rappelle quelque chose.. Oh mince, elle serait pas en train de faire une GrossesseExtraUtérine celle là ???
panique à bord.
Après vérification, Non. Elle faisait juste une appendicite aiguë.

Vous l’aurez compris, tout cela réclame encore un peu beaucoup de peaufinage, (le reste de l’externat et l’internat sont là pour ça) mais un jour, cela leur évitera de passer à côté de quelque chose de grave.

Et en attendant hauts-les-coeurs et au travail.

P1, P2, si tu me lis, ne t’inquiète pas, je plaisante, c’est la félicité d’être externe qui me fait délirer, tout est super aisé une fois le concours passé, tout est simple comme une lettre à la poste en temps de grêve, les doigts dans le nez, à l’aise.

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L’externe de la rentrée [2/2]

L’externe se rassure donc un peu, grâce au stagiaire, il a réalisé que ses quatre ans d’études dans les pattes, dont un an d’externat, cela se voit, diantre ! Vous les verrez peut être aux urgences, ces externes finissant leur quatrième année, leurs points de suture sont plus assurés qu’il y a[…] Continuer la lecture

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Le stagiaire de la rentrée [1/2]

En début de mois de septembre, un nouveau type de stagiaire envahit les couloirs de l’ap-hp, j’ai nommé « l’étudiant en médecine fraichement émoulu de son concours, envoyé pour un mois en stage infirmier ». En effet, en fin de première année, les heureux lauréats, avant de regagner les bancs d’amphi rébarbatifs et les cours magistraux encore bien théoriques du premier cycle, se voient parachutés dans des services, placés sous la coupe des infirmières et aides soignants pour leur premier contact avec l’hôpital.
Un genre de baptême par immersion totale et brutale, vous passez soudainement de l’équation de Bernouilli à des malades plus ou moins graves, voire plus ou moins vivants, et vous adorez ça.
Vous arrivez un beau matin, persuadé qu’on va vous faire une haie d’honneur, (vous avez réussi un concours, que diable !), et vous vous découvrez ce qui sera un grand principe de votre existence pendant vos stages de deuxième et troisième année : tout le monde s’en fout, et il faut apprendre à frimer dans l’indifférence générale. Les médecins, infirmières, cadres ou même internes, sont tellement habitués à voir défiler des stagiaires en tout genre, que la félicité un peu niaise du stagiaire passe inaperçue. On s’occupe de vous, votre formateur infirmier (je mets le masculin en dépit des statistiques, en hommage à mon formateur de l’époque) vous prend certes en charge, mais non, vous n’êtes pas (à votre vague déception), considéré comme le messie. Autant le dire, ce retour sur terre est éminement bénéfique à votre adaptation présente et future dans les services.
En un mois vous êtes sensé assimiler les techniques de nursing, préparations de perfusions, prises de sang etc.
Je ne me souviens plus avec précision de mes objectifs de stage de l’époque, mais la chose vraiment drôle à savoir c’est que, bien que je n’aie fait qu’une ou deux prise de sang depuis mon stage infirmier, et quelques gaz du sang, j’ai désormais, puisqu’ayant bouclé ma 4e année (non, non, cherchez pas le lien de causalité est inexsitant sauf aux yeux des administrations) le droit d’exercer les fonctions d’infirmière si j’en ai l’envie, ou  plutôt le besoin (détail qui a son importance, une garde en tant qu’infirmière est mieux payée qu’une garde d’interne -alors ne parlons pas des externes).

Mais, qualité méconnue, le stagiaire a également la fonction inestimable de remonter le moral de l’externe à la veille d’entamer sa 5e année en lui rappelant que, oui, en trois ans il a quand même progressé.

Car parfois, oui, il a besoin qu’on le lui rappelle. 99% (chiffre non officiel mais à mon humble avis très pertinent) des externes se sont déjà posé la question « mais que suis-je venu(e) faire dans cette galère ? », ou ne vont pas tarder à se la poser. Le 1% restant y a répondu et a tout arrêté.
Parce que même les plus motivés, même ceux pour qui c’est une vocation, qui ne voulaient entendre parler de rien d’autre que de médecine au sortir du lycée –j’en fais partie- sont assomés par l’externat, à un moment ou à un autre.
L’externat a ceci (entre autres…) de commun avec la folie : la propriété de distordre le temps. Le fameux concours de l’internat (que tout le monde passe désormais), qui paraissait loin l’année dernière encore, avec les trois ans d’externat qui faisaient tampon, paraît désormais, en début de 5e année, tout proche.
A l’inverse le moment où vous serez, enfin, médecin, qui semblait palpable en fin de première année, parce que le concours était presque une fin en lui même et qu’on vous l’avait tellement répété ce joli mensonge « c’est la première année la plus dure » ; ce but donc, vous paraît ne jamais devoir être atteint.
Et voir ses amis ou ses cousins commencer à finir leurs études n’aide pas toujours.

Vous l’aurez compris, la rentrée en 5e année, si ce n’est pas non plus la dépression (on garde ça pour le milieu de l’année), ne se fait pas dans la félicité la plus extrême.
Il y a certes la satisfaction d’avoir un plus vaste choix de stages que l’année précédante, de pouvoir un peu lever le pied sur les gardes, et de doubler son salaire (rires dans l’assistance), mais elle (la vague satisfaction comme l’augmentation de salaire) est vite contrebalancée par le sujet des conférences, (mais ça, ah, ça, c’est un sujet en soi) et donc de l’internat, qui, faut il le rappeler, se rapproche à grands pas.

Le stagiaire est alors du pain béni pour l’externe. Parce qu’à l’occasion, il lui permet de faire ce qu’il adore : briller à peu de frais.
Quoi de plus facile à apprendre à un jeune stagiaire désoeuvré en fin de matinée que la réalisation (je n’ai pas dit la lecture…) d’un ECG, et quoi de plus enthousiaste qu’un deuxième année découvrant l’hôpital après une voire deux années d’attente ?

De plus, contrairement au chef, qui a la facheuse manie de brandir une radio sous le nez de l’externe, (ou un ECG ou un examen complémentaire) en exigeant un diagnostic au quart de tour, les questions du stagiaire sont la simplicité même. Atout précieux, si l’externe répond une ânerie, le stagiaire ne s’en rendra pas compte. Il continuera à regarder son aîné, une expression enthousiaste sur un visage ouvert et affable ; chose plutôt perturbante, pour l’externe qui, après ces mois de stage avec un chef un peu nerveux, a appris lorsque sa réponse lui parait douteuse, à guetter la moindre crispation du pli nasogénien de son interlocuteur (le chef en général), signe immanquable qu’il fait fausse route et qu’il doit se ressaisir au plus vite.

Merci le stagiaire, donc. (notez bien que j’ai là un réflexe égocentrique typiquement externoïde, je n’appréhende le pauvre stagiaire que par ce qu’il est vis à vis de l’externe. Ca manque de classe, tout ça)

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Rapport sur les causes du cancer

Ce rapport contient de nombreuses données sur les causes des cancers. Il est disponible en français sous une forme résumée. La surprise n’est pas forcément là où on l’attend : la médecine est une des princales causes de l’augmentation des cancers. Explications sur un paradoxe apparent. Rapport 2007 résumé sur les causes des cancers L’académie de médecine a publié sur son site le 13 septembre 2007 le résumé en français d’un rapport international ayant (…)


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