Archives quotidiennes : 29 juin 2007

Good bye Panda

Si ce n’est pas la première fois que vous me lisez, vous avez sans doute compris qu’un externe change régulièrement de stage. De même qu’un interne, qu’un étudiant en soin infirmier ou en kiné (etc). Ca fait  partie du charme de nos études, en un sens. Rencontrer pour des laps de temps plus ou moins long -d’une nuit de garde à 3ou 6mois de stage-, des gens avec qui on travaille, qu’on apprécie, déteste, ou qui nous laissent indifférents, des gens avec qui l’on échange des platitudes, partage une garde éreintante ou fait face à des choses moches.

Et bien sûr, tout cela est un prétexte à multiplier les pots de départs, raison d’être presque à part entière du stage, et ainsi permettre à tout le monde d’entretenir son athérome et son diabète de type 2. La classe.

Les fins de stages se suivent sans forcément se ressembler. Selon le service, on s’évade bien heureux de quitter les uns (va crever en enfer GC), mais en regrettant vaguement les autres (une chir viscérale adorable qui me prédisait un destin de chir, quelle blague) ; ou on s’en va avec une vraie nostalgie comme cette fois, pour moi.
Spécialité agréable, ambiance dans le service de franche bonne humeur (quand le très brillant chef de service vous raconte quel boulet d’externe il était, ou fait des blagues réccurentes sur sarko zy (oui c’est très facile par les temps qui courent, et alors ?) ou même ose le douteux « quelle est la différence entre un pédiatr et un pé do phile ? », comment ne pas aimer la visite malgré les questions ?) mâtinée de quelques coups de sang de Panda, 3 coexternes -sur 6 que nous étions, très sympas, et des internes timides, drôles, calés ou pédagogues, mais tous très bien une fois la glace brisée.
Trois mois, c’est suffisant pour commencer à développer un syndrôme de stockholm vis à vis de son supérieur (Panda est un vrai stressé mais un faux méchant croit on comprendre), une admiration sans bornes vis à vis d’un chef de clinique ou de service, ou d’un interne, des complicités entre co externes -ou des animosités durables-.
Trois mois c’est parfois tout juste suffisant pour parvenir à comprendre comment se comporter avec chacun, et, juste quand, enfin, on ose vanner un chef, blaguer avec la monumentale secrétaire, quand l’on connaît les infirmières avec qui l’on peut rire et celles avec qui l’indifférence mutuelle est préférable, juste quand l’on commence à appréhender les spécificités de la spécialité du service, il faut partir.

Il faut quitter tout ça. On fait un pot, voire deux. Puis, le dernier jour, on fait la tournée des adieux, exercice d’équilibriste, difficile d’exprimer une gratitude sans en rajouter, envers des gens habitués à voir défiler les externes, de se quitter finalement. Bon, avec les GC, c’est aisé (au revoir, et va crever), mais avec les « vraiment bien », c’est moins évident.

Pas vraiment le temps de pleurnicher, c’est aussi ça l’externat, lundi, nouveau stage, nouvelles marques à trouver. . Voilà qui me fait gagner une précieuse heure de sommeil.

Une chose va franchement me manquer, dans la pédiatrie, c’est cet irréductible élan vers le mieux, la guérison, le parfait.
Les exigences cliniques pointues, la vie normale que l’on vise, même pour un gosse atteint d’une maladie chronique, même si c’est très grave, même si c’est parfois de l’ordre du rêve, on espère la guérison, parce qu’il est intolérable de ne pas tout tenter (dans les limites de l’humain), parce que tout autre visée serait insupportable.
Si chez les vieux, les objectifs sont plus lâches car parfois innateignables, chez l’enfant il y a cet optimisme et cette exigence, qui rendent les échecs d’autant plus durs, plus cruels mais qui font que les choses sont stimulantes, au quotidien. Bien sûr il y a les frustrations – H -, les insupportables échappements thérapeutiques, les situations sociales « difficiles ».

J’ai sacrifié aux clichés, l’un de ces rats m’a refilé ses microbes. Petit ingrat.

Remarquez, je suis injuste, les adultes font ça très bien aussi, vous contaminer. une patiente m’a toussé à la gueule dix bonnes minutes pendant ma dernière garde avant que j’arrive à lui faire dire que sa soeur avec qui elle vit avait eu la tuberculose 5mois auparavant. Sans qu’elle ait bénéficié de prophylaxie. Super. (instruisons nous en nous amusant, je rappelle à mes chers lecteurs que le BCG s’il protège relativement bien des formes graves de tuberculose, ne protège qu’à 50% des formes pulmonaires. Si je me mets à tousser d’ici quelques temps, je saurai pourquoi. Super, bis.)

Continuer la lecture

Commentaires fermés sur Good bye Panda