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De la vérité dans les sciences.

L’affaire Levothyrox me fait penser à ceci que j’ai puisé dans le petit livre très imparfait et parfois très critiquable d’Aurélien Barrau intitulé La Vérité dans les sciences paru chez Dunod en 2016.
Décrire le mouvement d’un corps céleste avec les équations d’Einstein à la place de celles de Newton est (dans la plupart des cas) une infime amélioration du point de vue de la précision qui était déjà excellente dans l’approximation newtonienne. Mais du point de vue de la description fondamentale du monde, c’est une révision totale et absolue, pas du tout une petite modification. Chez Newton, la Terre tourne autour du Soleil parce qu’une force l’attire et lui impose cette orbite quasi-circulaire. Chez Einstein, la Terre n’est soumise à aucune force. Elle avance en ligne droite dans l’espace courbé par la présence du soleil.

On demande aux autorités médicales, aux agences, au ministre de la santé, de nous donner des explications scientifiques appropriées et actualisées, pas des vieilles lunes de la pensée.
Aurélien Barrau écrit une page auparavant : Qui pense vraiment que quand on lâche un crayon qui tombe vers le sol quelqu’un ou quelque chose résout des équations complexes décrivant la dynamique géodésique d’une particule-test dans le tenseur métrique de Schwarzschild généré par la terre (ce que nous apprend la théorie d’Einstein) ?

Aurélien Barrau est astrophysicien.
Lui le sait.
Probablement que les agences d’astrophysique le savent également.
Mais les agences médicales sont muettes sur les effets non einsteiniens du changement de formulation de Levothyrox. 

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Augure du jour

Trois choses, les meilleures du monde, détestent au plus haut point trois sortes de gens: la santé, les médecins; la paix, les soldats; la vérité, les scribes et les lettrés. « Le livre de toutes les choses et bien d’autres encore » … Continuer la lecture Continuer la lecture

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La prise de parole des intellectuels en médecine : dire la vérité, se taire ou mentir.

Liu Xiaobo, né en 1955, est docteur en littérature chinoise, c’est un dissident chinois, il a participé aux événements de la place Tiananmen (4 juin 1989). Il a reçu (il n’a pas pu se rendre à Stockholm pas plus que sa femme ou tout autre membre de sa famille, tous bloqués en Chine) le prix Nobel de la Paix en 1970. Il est actuellement en prison, condamné 11 ans en 2009 pour « incitation à la subversion du pouvoir d’Etat ».

La philosophie du porc et autres essais est parue en France en 2011. Liu Xiaobo s’intéresse dans ses nombreux écrits, articles, commentaires, conférences, à la situation interne de la Chine, à son évolution après la terreur sanguinaire maoïste, et, en tant qu’intellectuel, à la façon dont la Chine pourrait évoluer vers la démocratie. Il est obsédé par le problème de la liberté de parole et à la façon, notament, dont les intellectuels participent à ce qu’il appelle la « grande porcherie », c’est à dire la société chinoise où règnent le mensonge, la violence, la menace, l’argent sale, la corruption, les avantages, et l’intérêt immédiat. Liu Xiaobo est obnubilé pourrait-on dire par le problème du mensonge et de la vérité pour les hommes publics. Comment s’en sortir ? Il écrit dans un article de mai 2003 à l’attention de ceux qui ne se sentent pas le courage de résister directement à la violence : « Refuser les mensonges dans les détails de la vie publique constitue précisément la force la plus efficace pour saper la tyrannnie, c’est même la subversion la plus mortelle pour ce pouvoir »(1).

Qian Liqun, ancien professeur à l’Université de Pékin et actuellement en exil, a proposé 3 exigences de base susceptibles de régir la prise de parole des gens de savoir (ou intellectuels) dans la Chine dictatoriale posttotalitaire.

  1. En tant qu’êtres humains, nous avons le devoir de dire la vérité.
  2. Lorsqu’il nous est impossible de dire la vérité quand bien même nous le souhaitons, il est alors impératif de garder le silence.
  3. Si nous sommes contraints de recourir au mensonge du fait de la brutalité de notre environnement et de la difficulté d’y garder le silence, il faut du moins faire en sorte que ce mensonge ne nuise à personne. 
Ses propos ont fait l’objet de critiques passionnantes de la part de Liu Xiaobo. 
Mais quid de la situation française et de la médecine en particulier ?
On comprend que les choses puissent paraître différentes en démocratie quand les risques de dire la vérité ne peuvent conduire ni à la perte de son emploi, ni à celui de ses proches, ni à la mise en résidence surveillée (et à celle de ses proches), ni à la prison, et ni a fortiori aux camps. L’histoire de la période nazie a montré d’ailleurs que ceux qui refusaient de participer, dans l’administration par exemple, étaient rarement inquiétés (2).
L’histoire récente de la santé publique en France ces dernières années laisse un sentiment de malaise. Il semble que pour des raisons nombreuses et invraisemblables qui tiennent certes à l’esprit de corps, à l’esprit moutonnier, mais aussi à l’incompétence, à la malhonnêteté, à l’ambition personnelle (académique), à l’appat de l’argent et des honneurs, des experts aient menti à tout le monde pour préserver l’intégrité de l’Etat, certes, mais aussi leurs postes, leurs salaires, leurs espaces de parking dans les hôpitaux ou dans les firmes, leurs voyages à l’étranger, leurs repas dans les grands restaurants, ou leurs appétits sexuels.
C’est donc le problème du mensonge et de la vérité et celui du silence, ni avec un grand M, ni avec un grand V, mais le problème personnel de la propre intégrité de son cerveau.
Rien n’est évidemment comparable, comparaison n’est pas raison, et les menteurs du mediator ou ceux du vioxx, ou ceux de l’hormone de croissance, du sang contaminé, ou du PSA, ou du dépistage organisé du cancer du sein, ou du distylbène ou du traitement hormonal substitutif de la ménopause, ou des glitazones, ou du fluor, ou du lait de croissance, j’en oublie, que les absents me pardonnent, ces menteurs, donc, ne vivent pas dans la Chine dictatoriale posttotalitaire (notons par ailleurs que ce qu’encourent les dissidents actuels comme Liu Xiaobo n’est rien comparé à ce qu’encouraient les dissidents de l’époque bénie de Mao où les assassinats de masse et les camps de travail très durs étaient la règle) et qu’ils ne risquent strictement rien, seuls les lampistes ont droit à la déchéance, les autres, les vrais malhonnêtes, continuent de toucher leurs traitements, continuent d’exercer la médecine en demandant des dépassements d’honoraires proportionnels à leur exposition médiatique, ou se font recycler à l’IGAS, le cimetière des éléphants, au Conseil d’Etat (tour extérieur) ou dans le privé.
Et il est possible que ces mêmes moutons, que ces mêmes menteurs, que ces mêmes incapables, que ces profiteurs du système, que ces gens qui mentent pour obtenir des postes, des prébendes, des voyages à l’étranger all inclusive, des meilleures fins de mois, des honneurs, des passages à la télévision ou dans les radios ou sur les estrades des congrès, dans une situation tout autre, celle de la Chine dictatoriale posttotalitaire par exemple, pourraient  se comporter de façon autre et… ne pas mentir, voire dire la vérité.
Dissipons un doute : il ne s’agit pas de morale, valeur éminemment relative. Le moralisme est un piège. Liu Xiaobo écrit ceci : « … les intellectuels qui prônent une réforme à l’intérieur du système ne sont pas nécessairement des lâches immoraux… de même, ce n’est pas parce qu’une personne prône une réforme venant de l’extérieur du système qu’elle est en droit de s’autoproclamer championne de la morale… et afficher des exigences déraisonnables à l’égard d’autres intellectuels. » (3) Il ajoute même (à bon entendeur salut) : « Les expériences du passé nous enseignent que l’arrogance morale est aussi nuisible que l’arrogance rationaliste. »
Ainsi, imaginons que les intellectuels de la santé publique aient suivi les exigences énoncées par Qian Liqun, combien de « catastrophes sanitaires », non, le terme est exagéré mais je n’en trouve pas d’autres, aurions-nous évitées ? Pas tellement, selon Liu Xiaobo. Pour lui ces exigences « sont en fin de compte une manière de justifier le recours au mensonge à partir d’une position défendant l’honnêteté. » Je conclus pour lui : « Peu importe que l’on mente spontanément ou que l’on y soit contraint, que l’on mente la conscience tranquille ou rongé par le remords, le mensonge restera un mensonge. »
Il est temps de passer à l’application pratique de ces réflexions de Liu Xiaobo sur les exigences de Qian Liqun dans le domaine de la santé publique.
Il faut sans doute éviter d’être anachronique et de « juger » ceux qui mènent les politiques de santé publique depuis des dizaines d’années à l’aune des propos de Liu Xiaobo, même si ces propos ne sont pas  à l’évidence une nouveauté mondiale, qu’ils ont déjà été prônés et défendus auparavant par, plus près de nous, dans notre Europe, pas dans la prétendue Europe de l’est qui n’est qu’un avatar communiste de l’histoire, non, dans notre Europe des Lumières, par Vaclav Havel par exemple, qui a donné tout son sens à la résistance dans un premier temps contre la dictature et secondairement  contre le néo libéralisme (et les dirigents communistes sont devenue néo-libéraux en une nuit).
Nous ne jugerons donc pas, selon Liu Xiaobo, les thuriféraires du dépistage organisé du cancer du sein qui disaient ignorer le sur diagnostic et les surtraitement, malgré les premiers travaux de Bernard Junod et les premières données des essais nordiques, puis ont reconnu 5 % puis 10 % et maintenant 20 % de sur diagnostic. Est-ce que la troisième exigence de Qian Liqun était respectée ? Ces chiffres, sous-estimés, Bernard Junod parle de 30 % et Peter Götzsch de 50 %, signifient au moins qu’une femme sur 5, selon l’INCa, mais d’autres chiffres sont plus alarmants, se verra « charcuter » son sein, aura des rayons et / ou une chimiothérapie alors que son cancer était… indolent. Une femme sur 5 ! Et tous ces gens nous ont menti pour ne pas aller dans un camp de travail !
Nous ne jugerons donc pas, selon Liu Xiaobo, les thuriféraires du dosage du PSA, qui conduisent nombre de prostates dans les poubelles de l’hôpital et nombre d’hommes à subir des traitements dont ils n’avaient pas besoin.
J’arrête là. Mais j’aurais sans doute dû parler de gardasil, des vaccins en général et des mensonges en particulier. J’y reviendrai obligatoirement à un autre moment.
N’oublions pas non plus la face cachée de la désinformation et du mensonge : ceux qui ont osé parler de sur diagnostic quand l’INCa le récusait ou ceux qui ont osé avancer un taux de 10 % quand l’INCa parlait de 5 % ou avancer un taux de 30 % quand l’INCa parlait de 20 %, ont été considérés ou sont considérés par les élites intellectuelles de la médecine mais aussi de l’économie (5) comme des complotistes, des ignarres, des défaitistes, des partisans du retour à la bougie, et des gauchistes (à ceci près que peu de prétendus « gauchistes » ont souligné les dangers du dépistage organisé du cancer du sein qui n’est pas seulement une question médicale mais un problème mafieux au sein de l’appareil d’Etat).
Les experts mentent et ceux qui dénoncent les experts qui mentent sont considérés par la police de la pensée mensongère comme des illuminés, des négationnistes, des complotistes, des sectaires, et cetera, et cetera. Le cercle de la pensée médiatique se referme sur eux comme dans les sociétés totalitaires la police vient arrêter les dissidents à domicile pour les emprisonner sans jugement.
La philosophie du porc est fondée sur la primauté de l’intérêt individuel et de la médiocrité. Elle est déterminée par l’idée que la société doit être stable afin que la primauté de l’économie ne soit pas dérangée : les porcs s’endorment quand ils sont rassasiés et mangent quand ils se réveillent. Les besoins primaires alimentaires et sexuels doivent être assurés et les autres ambitions gommées. Circulez, y a rien à voir. La ministre de la santé soutient Octobre Rose sans s’inquiéter des dérives scinetifiques et commerciales et il pourrait arriver qu’elle se maquillât Estée Lauder sans que personne ne s’en offusque.

Agnès Buzin, à peine nommée directrice de l’INCa, a pris pour argent comptant les chiffres avancés depuis toujours par Brigitte Séradour papesse radiologue de la mammographie, celle qui ignorait encore il y a peu que le dépistage organisé entraînât des sur diagnotics et des sur traitements sans que la mortalité globale ne diminuât et a claironné jusque dans les journaux officiels des agences combien le sur diagnostic était une hérésie. Nul doute que les exigences de Qian Liqun, Agnès Buzyn, elle ne les connaît pas, car elle aurait pu dire la vérité, ne pas mentir ou se taire. Elle a préféré l’INCa et le discours d’Etat : primum non nocere à sa carrière.

Mais c’est la crise H1N1 qui a été le paroxysme de cette philosophie du porc et l’on a vu à cette occasion que les élites intellectuelles entraient spontanément dans la porcherie.
Ces élites expertales forment un bloc par l’intermédiaire des Agences gouvernementales qui les nourrissaient à l’époque et qui continuent de les nourrir. A noter en outre que la Directrice de l’OMS, Margaret Chan, est Chinoise… Pensez-vous qu’il s’agisse d’un hasard ? Il y avait donc à l’époque le HCSP (Haut conseil de la santé publique) avec en son sein le CTV (Comité technique des vaccinations) (dont tous les experts ont des contrats avec big vaccine), la DGS (Direction générale de la santé) avec son directeur général dont tout le monde en privé connaissant l’intelligence et la sagacité, bras armé de la ministre de la santé de l’époque (RB), infatuée et incompétente, celle qui avait placé son fils à l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), sans diplômes, il fallait sans doute s’assurer que le message passait, la directrice de l’InVS (Institut de veille sanitaire), Françoise Weber, dont les titres universitaires laissent de la place sur une carte de visite, courroie de transmission des mensonges d’Etat tant pour la grippe H1N1 que pour le sur diagnostic du cancer du sein grâce à sa revue « dédiée », le BEH (Bulletin épidémiologique hebdomadaire), les virologues industriels qui ont un pied en berlutti et l’autre en pantoufle et qui sont les visiteurs médicaux des firmes qui les emploient (vous remarquerez que l’on n’a jamais vu un patron de big vaccine faire l’article, ils n’ont pas besoin, leurs employés qui se lèvent tôt le font pour eux), pour les noms vous avez l’embarras du choix, les infectiologues qui veulent autant parler que les virologues non cliniciens et dont l’un, le professeur François Bricaire a été à l’origine des si célèbres vaccinodromes (sans jamais se renier) et a écrit des livres alarmants et alarmistes (5, 6) dont aucune des prédictions ne s’est réalisée, heureusement, les épidémiologistes maison, tels l’ex président de l’EHESP (Ecole des hautes études en santé publique), Antoine Flahaut, qui avait prédit morts et malheurs (il s’est excusé mais il est resté en poste puis il est allé dans le privé et collabore désormais avec Sanofi Pasteur, fabricant de vaccins), les démographes de l’INED (Institut national des études démographiques), telle l’inénarrable France Meslé (voir ICI) qui avait publié pour dire combien les vaccins anti grippaux avaient diminué la mortalité liée à la grippe (à partir de chiffres erronés), les sociologues comme l’estimable Patrick Zylberman, employé de l’EHESP, employé de Flahaut à l’époque, au CNRS, à Sciences Po, invité obligé de France-Culture, et qui va, ici et ailleurs, raconter les mensonges construits de la vaccinologie triomphante…
Cette énumération est lassante mais montre comment les élites porcines aiment se vautrer dans la porcherie.

Nous verrons dans un autre billet comment circule l’argent et comment le complexe santé-industriel français est franchement mafieux.

Notes
(1) Xiaobo Liu. Subvertir le système du mensonge avec la vérité. In : La philosophie du porc et autres essais. Paris, Gallimard, 2011 : 518 p. 
(2) Raul Hilberg. La destruction des Juifs d’Europe. Paris, Gallimard (Folio), 2006. 
(3) Xiaobo Liu. Prendre soin de la conscience individuelle. Sur les exigences de base du discours public. In : La philosophie du porc et autres essais. Paris, Gallimard, 2011 : 518 p. 
(4) FB. Cité par Rachel Campergue (voir ICI pour un florilège) in :  Octobre Rose mots à maux : Pour une réelle liberté de choix.. 
(5) Derenne Jean-Philippe et Bricaire François. Pandémie la grande menace. Grippe aviaire 500 000 morts en France ? Paris, Fayard, 2005.
(6) Derenne Jean-Philippe et Bricaire François. Pandémie la grande menace de la grippe aviaire. Paris, Fayard, 2005.

Photographie : Liu Xiaobo. né en 1955.

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