Archives de catégorie : radiologie

A confronter avec la clinique

Je vois tous les matins des millions d’images Les secrets de leurs maux aux mille et un signaux A ces humains blessés au creux de leur cerveau Sans jamais ne croiser un seul de leur visage. A l’aide de rayons … Lire la suite Continuer la lecture

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La machine est un homme comme les autres

Depuis longtemps, les diagnostics ne sont plus cliniques, c’est-à-dire résultant directement de l’observation du patient, mais ils sont paracliniques, c’est-à-dire basés sur des examens complémentaires : radiologie, microscopie, biologie, etc. Les patients sont désormais convaincus que les médecins ne peuvent plus … Continuer la lecture Continuer la lecture

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« Le syndrome de la mule », lorsque le corps devient passeur de drogue

Hôpital de New Hyde Park, Etat de New York. Un homme de 55 ans se présente aux urgences se plaignant de tachycardie, d’hallucinations visuelles et d’une sensation de mort imminente. Accompagné d’un ami, il a convulsé lors du transport. A … Continuer la lecture Continuer la lecture

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A quand l’enregistrement, pour la vie durant, des doses de Rayons X sur notre Carte Vitale ?

Bonjour Quand d’autres s’amusent, papotent, complotent… la rue Bonaparte phosphore. Présidé par le Pr Jean Dubousset un groupe de travail vient, cent-vingt ans après leur découverte, de plancher sur les conséquences des Rayons X 1. Ce groupe de travail ne prend pas de gants : « Nous observons des manquements fréquents aux recommandations officielles.  Une  radioprotection insuffisante est source de […] Continuer la lecture

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L’angoisse et la solitude du radiologue au moment du compte rendu et de l’annonce.

L’autre jour, un patient me téléphone : « Je sors du scanner, est-ce que je peux venir vous voir ? – Le radiologue ne vous a rien dit ? – Non. Et je ne comprends pas le compte rendu. »

Ma première réaction : « Les radiologues… »
Ma deuxième réaction : « On va dire encore que je n’aime pas les spécialistes… »
Je vais donc recevoir le patient « entre deux ».

J’ai demandé un scanner car je craignais quelque chose n’aille pas.

Le plus souvent, trop à mon goût, les radiologues en font trop. Ils commentent les clichés, ce qui est le moins que l’on puisse leur demander, mais ils « prescrivent » également. Ils prescrivent de façon large. C’est à dire qu’ils donnent une tonalité à leurs commentaires de « Rassurant » à « Préoccupant ». Une tonalité que le patient, qui n’a pas toujours l’oreille fine ou qui ne comprend pas les subtilités de l’interprétation, va ressasser, réinterpréter, mal interpréter à partir du moment où il va se retrouver sur le trottoir, les clichés entre les mains, et jusqu’à ce qu’un clinicien lui donne des informations plus ou moins précises et, j’ajoute, pas toujours pertinentes. C’est selon.

Ne vous inquiétez pas, chers radiologues, nous en sommes tous là. Malgré toute absence de formation ou en dépit d’une formation approfondie, un Diplôme Universitaire de communication (je ne sais pas si cela existe), il est impossible de tout contrôler, il est impossible (rappelez-vous que les praticiens en théorie les mieux formés en ce domaine, les psychiatres, les psychologues, ratent eux aussi leur message, il suffit d’entendre les patients parler de leurs séances ou de leurs consultations…) de maîtriser et surtout pas l’anxiété du patient. Ce que nous disons, ce que nous ne disons pas, les mimiques que nous faisons (le non verbal) ou que nous ne faisons pas, le patient les interprète à sa guise.

Les radiologues, parfois, souvent, ça leur arrive, prescrivent trop, disent qu’il faut faire de la kiné, qu’il faut opérer, ne pas opérer, prendre des AINS, des antalgiques, infiltrer, mais surtout « Que pour compléter les investigations il faudrait faire un scanner… ou une IRM… » Quand le radiologue ne prend pas déjà rendez-vous avec le rhumatologue ou le chirurgien de la clinique ou de l’hôpital…

Cela nous met tous (les praticiens comme les radiologues en porte-à-faux) : le patient ne sait plus où donner de la tête.

C’était pour la charge.

Voici la décharge.

Le radiologue est parfois bien embêté en remettant les clichés à un patient qu’il ne connaît pas, pour lequel il a eu si peu de renseignements cliniques, patient à qui il faut dire ou ne pas dire qu’il vaudrait mieux consulter le médecin prescripteur, patient qui a besoin d’être informé, rassuré ou non inquiété, ou qui désire quelque chose que nous ne savons pas.

Et il y a, malheureusement, de très nombreux cas où le radiologue fait lui-même la consultation d’annonce, il y est contraint par ce qu’il a vu sur les clichés, ilest obligé par les regards expectatifs du patient, il est donc contraint de le faire sans antécédents, sans contexte, cette putain de consultation d’annonce, cette invention oncologique qui fait partie de la démarche qualité, parce qu’avant on ne savait pas comment cela se passait, et maintenant on sait, il y a des procédures, des normes, des cases à cocher, des notes à se donner, et peut-on dire que cela se passe mieux ? peut-on dire que le patient  soit mieux informé ? peut-on dire que le nombre de cases cochées rende moins horrible l’annonce sidérante, l’annonce qui sidère ? L’information brute, c’est : « Vous avez un cancer. » Les oncologues ont inventé la consultation d’annonce parce que cela se passait mal auparavant, sans doute, mais les normes de la consultation d’annonce ont, me semble-t-il, encore aggravé les choses. Or les médecins n’ont pas changé, c’est la procédure qui a changé et la procédure, au lieu d’empathiser (ne cherchez pas, c’est un néologisme) les relations, on me dira que c’est toujours comme cela, les ont rendues encore plus inhumaines et incontrôlables. « J’ai fait ma consultation d’annonce et ainsi ne pourra-t-il rien m’arriver, j’ai coché, j’ai fait le boulot… »

Mais revenons au radiologue : est-il prêt, dans le couloir, dans une salle d’examen, dans son bureau dans les meilleurs des cas, à annoncer une saloperie à une personne qu’il ne connaît pas ? A l’incerse, peut-il laisser un patient partir dans la nature avec un compte rendu où, en lisant entre les lignes, voire même en lisant les lignes, il va fantasmer, s’apeurer, se lamenter, se faire des films, regarder sur internet, lire des choses horribles ? Il faut bien lui dire quelque chose, le rassurer, lui dire que cela aurait pu être pire, mais peut-on vraiment rassurer quelqu’un en lui disant qu’il a un cancer ?

Donc, le radiologue n’a pas un métier facile. Rappelez-le vous quand vous râlerez… Le radiologue n’a pas un métier facile et, de plus, on compte sur lui. On compte sur lui pour faire le diagnostic, pour ne pas se tromper, pour être aussi exhaustif que possible, car le radiologue, c’est le boss, combien de médecins généralistes savent lire un scanner, une IRM, une mammographie ou un pet scan ? On est bien obligés de lui faire confiance.

Et pire : les oncologues font de plus en plus confiance aux radiologues, il y en a qui ne lisent pas les scanners, les IRM, les mammographies ou les pet sans, sinon, comme moi, les comptes rendus… Et il y a aussi des spécialistes d’organes, des médecins qui font encore de l’oncologie, encore, car nous assistons à une terrible dérive, les spécialistes d’organes finissant par ne plus faire de cancérologie pour les organes dont ils sont les spécialistes, laissant les oncologues faire le boulot, et donc, je disais,  il y a certains spécialistes d’organes qui savent mieux lire un scanner, une IRM, une mammographie ou un pet scan que des radiologues lambda et mieux qu’un oncologue lambda. Nous sommes en pleine incohérence. Je ne dis pas que tous les radiologues lisent mieux des clichés qu’un oncologue et que tous les spécialistes d’organes lisent mieux des clichés qu’un radiologue, je dis : faisons attention. Je dis que le saucissonnage des patients entre organes, spécialistes, radiologues, oncologues et autres n’est pas bon.

Et ainsi, un protocole trucmuche XYZ est décidé pour un patient à partir de clichés non lus ou non interprétés par un oncologue mais par un radiologue et pas par un spécialiste ad hoc de l’organe.

Ah, zut, j’avais oublié les RCP ou Réunions de Concertation Pluridisciplinaires dont nous avons parlé ICI et LA.

J’avais oublié.

Donc, je voulais souligner lourdement la solitude du radiologue au moment du compte rendu et encore plus de l’annonce.

Il est tout à fait possible que le patient qui va venir me voir tout à l’heure avec son scanner me désoriente, que je ne puisse pas le recevoir dans mon bureau, mais dans un coin sans témoins de mon cabinet, et que je doive, en lisant le compte rendu, improviser. Ce serait une putain de consultation d’annonce à la con.

Donc, respect pour les radiologues.

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Y a-t-il assez d’IRM en France ?

Les radiologues pleurent sur l’accès aux IRM : ICI.

Les communiqués répétés des radiologues insistent sur la médecine à deux vitesses (cette expression valise est souvent tellement inappropriée…) en raison du manque d’IRM en France par rapport à la moyenne européenne. Voir ICI : en cliquant sur les graphes vous pouvez obtenir un agrandissement.

Quel est le deuxième pays d’Europe qui possède le plus d’IRM par tête d’habitants en 2011 ?
Réponse : la Grèce (21,8/1M) avec une moyenne européenne de 8,1
Quel est le pays d’Europe qui pratique le plus d’IRM par tête d’habitants ?
La Grèce.

Quel est le pays d’Europe qui possède le plus de scanners par tête d’habitants ?
L’Islande. Cela ne vous rappelle pas quelque chose, ce pays dominé par les banques…
Et la Grèce, bonne fille, pratique plus de scanners par tête d’habitants que les Etats-Unis d’Amérique, pays de la gabegie médicale.

Ce que je voulais dire, et c’est sans doute démagogique, que le nombre d’IRM n’est lié ni à l’excellence du système de santé, ni au PIB mais aux intérêts financiers des fabriquants d’IRM qui polluent la classe politique et le système des rétrocommissions.

Ce que je voulais dire c’est qu’au lieu de se plaindre urbi et orbi, les radiologues (et nous n’oublions pas, encore de la démagogie, que ce sont les médecins libéraux dont le Bénéfice Net Contrôlé est le de loin le plus coquet) devraient mettre les pieds dans le plat : si les délais d’obtention d’une IRM sont longs, c’est peut-être dû au nombre insuffisant d’IRM (ce dont, vous l’avez compris, je doute, mais cela dépend du marché, je veux dire des endroits du territoire), mais c’est surtout dû à l’excès de demandes d’IRM dans des indications inappropriées, pour des raisons inavouables ou pour « rassurer » le patient.

Les radiologues doivent donc mieux informer.
Les radiologues doivent aussi nous dire où il vaut mieux faire un IRM et dans quelle indication et où non.
Les radiologues doivent pouvoir refuser un examen qui ne leur paraît pas approprié.
Ce n’est bien entendu pas possible.

Il y a donc pénurie d’IRM en France.

Je vous conseille d’aller visite le site de la Société Française de Radiologie qui s’appelle « Guide du bon usage de l’imagerie radiologique » (je remercie Michel Arnould de me l’avoir fait connaître) : LA.
On peut critiquer ici et là les commentaires cliniques qui montrent que l’on est en présence de non cliniciens mais le trou entre la théorie et la pratique est ahurissant.

Ce guide est un modèle de dissonnance cognitive.

La solution passera, comme toujours en médecine raisonnable et raisonnée, par le refus des examens inutiles, c’est à dire le choix des indications.

Mais ces campagnes sur le manque d’IRM en France sont à situer dans le cadre du dogme de l’Eglise de Dépistologie, c’est à dire toujours plus. Les autorités réglementaires américaines ont autorisé récemment le dépistage du cancer du poumon chez les fumeurs par scanners. On sait que le nombre de cancers du sein est corrélé, par pays, au nombre de mammographes, sans qu’il y ait un rapport évident avec la mortalité.

Je n’exagère pas.
Je ne propose pas la frugalité.
Je propose une sortie par le haut.

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Les diagnostics par excès et les examens complémentaires dangereux. Histoire de consultation 178.

Madame A, 67 ans, est allée passer quelques jours chez son fils dans l’Allier. Je connais cette patiente depuis mon installation, soit 1979.
Madame A est diabétique insulino-dépendante, hypertendue et dyslipidémique.
Son fils l’a emmenée chez son médecin traitant pour des sensations bizarres de l’hémiface gauche et il a diagnostiqué une paralysie faciale périphérique a frigore. Il lui a prescrit une corticothérapie (40 mg de prednisolone pendant plusieurs jours, je n’ai rien demandé de plus).
Elle vient me voir, affolée, avec les résultats du scanner. Elle me demande si c’est grave. Elle a peur d’avoir un alzheimer.
Retour en arrière.
Les sensations bizarres de l’hémiface gauche ont peu évolué sous corticothérapie, elle est revenue à Mantes et comme sa belle-fille est infirmière en neurologie à l’hôpital elle lui a obtenu très rapidement un rendez-vous avec une neurologue.
J’ai le courrier sous les yeux : « … il ne s’agit donc pas d’une paralysie faciale périphérique mais de paresthésies dans le territoire de la branche cervico-faciale… et j’ai demandé, en raison de l’inquiétude de la patiente, un scanner pour la rassurer complètement… »
Indépendamment du fait que la corticothérapie a complètement déséquilibré le diabète que nous avions eu beaucoup de mal à stabilier durant les mois précédents et que les paresthésies ont complètement disparu, la patiente me montre le compte rendu du scanner qui parle, outre du fait que tout est normal, de plaques amyloïdes (avec cette phrase lapidaire : à confronter aux données de la clinique).
Elle est allée faire un tour sur internet et, ajouté au fait qu’elle a oublié la semaine dernière où elle avait posé ses clés de maison au moment de partir à Auchan, elle est persuadée qu’elle a un alzheimer et elle me demande de lui faire une lettre pour aller passer un test au centre de mémoire de l’hôpital.
Je lui ai fait la scène du deux.
J’espère l’avoir rassurée mais ce n’est pas gagné.
Illustration : Vincent Van Gogh. Autoportrait à l’oreille bandée (1889)

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Risque de cataracte radio-induite chez les professionnels de santé

La cataracte radio-induite s’avère beaucoup plus fréquente qu’on ne le pensait. La commission internationale de protection radiologique, ICRP ( International Commission on Radiological Protection) recommande donc de diminuer la limite de dose d’exposition du cristallin aux rayonnements ionisants dans le … Continue reading Continuer la lecture

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