Archives de catégorie : littérature

« Exit le fantôme » de Philip Roth et Marie-Claire Pasquier

La littérature est un formidable moyen d’explorer les sensations, sentiments, expériences des autres. La littérature est une formidable porte vers l’altérité pour peu que l’auteur ait du talent et le lecteur l’envie de s’ouvrir à cet autre. Depuis quelques années, … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Un utérus artificiel pour mouton mis au point aux Etats-Unis. Demain chez l’humain ?

Bonjour C’est une publication scientifique qui renvoie immanquablement au chef d’œuvre d’Aldous Huxley. On trouve la publication dans Nature Communications du 25 avril 2017 : « An extra-uterine system to physiologically support the extreme premature lamb ». Le chef d’œuvre date de 1931 : «Le Meilleur des mondes » La BBC (Michelle Roberts) développe le sujet de même que Le Monde (Hervé Morin). Soit […] Continuer la lecture

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Les terribles diagnostics de Mme Elisabeth Roudinesco sur François et Pénélope Fillon

Bonjour François et Pénélope Fillon porteront-ils plainte contre Mme Elisabeth Roudinesco, psychanalyste à Paris ? Dans la dernière livraison de L’Obs la gardienne des temples freudiens se livre à un exercice qui n’est ni anodin ni sans danger : porter à distance des diagnostics sur les Grands de ce monde. C’est, dans la période moderne, une entreprise […] Continuer la lecture

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Après le triomphe du «deuxième cerveau», les éditeurs vont-ils exploiter notre peau ?

  Bonjour Aujourd’hui, au courrier, un carton d’invitation. Nous sommes conviés, un jour prochain (gardons le secret) dans un restaurant de la bien charmante rue du Cherche-Midi, à deux pas de la tanière de l’ogre-géant Depardieu. Qu’est-ce qu’un ogre-géant, sinon un corps qui se distend, qui augmente le volume de ses intestins et la surface […] Continuer la lecture

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Génétique: souhaitez-vous connaître vos risques d’être victime de la perte de vos cheveux ?

  Bonjour C’est le type de publication scientifique dont raffolent les gazettes généralistes et les magazines féminins. On la trouve ce matin (gratuitement) sur le site de PLOS Genetics : « Genetic prediction of male pattern baldness ». C’est un travail considérable qui a consisté à démêler le fuseau des gènes que l’on imagine impliqués dans les bases […] Continuer la lecture

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Emmanuel Macron n’est pas Zola : comment parler des gens du Nord et de l’alcoolo-tabagisme ?

Bonjour Né à Amiens la veille de Noël 1977, Emmanuel Macron n’est pas, précisément, un nordiste. C’est un Picard. Pouvait-il, dès lors, parler comme il l’a fait le samedi 14 janvier dans le Nord-Pas-de-Calais ? Toujours en lévitation, sur les nuages des sondages, le candidat d’En marche ! à l’élection présidentielle y a peint, samedi 14 janvier, un tableau […] Continuer la lecture

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Le Docteur et le Labo

Maître Docteur, sur son titre perché, Tenait en sa main un pouvoir, Maître Labo, par le gain alléché, S’arma de cadeaux pour le voir : « Et bonjour, Seigneur Médecin, Voici quelques présents, que vous ne craigniez rien ! Sans mentir, si … Lire la suite Continuer la lecture

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François Hollande : on se souviendra d’un président qui avait voulu «réparer les vivants»

  Bonjour 2 décembre 2016. Il gèle sur la France et le pays n’a plus de président. C’est la première fois depuis bien longtemps que le chef de l’Etat en place laisse, symboliquement, son trône vacant. Symboliquement et volontairement. Jean-Marie Colombani, sur Slate.fr est le premier à avoir observé que ce président a publiquement invoqué […] Continuer la lecture

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Une semaine de bonheur intellectuel

« -Pourquoi avez-vous pitié de lui? lui demandai-je. Il est heureux. Il vit un rêve, et de cette façon, sa richesse est plus assurée que n’importe quelle autre. Car ce que l’on possède en rêve, une armée entière d’ennemis ne saurait … Continuer la lecture Continuer la lecture

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L’expérience de la Page 17

J’avais emporté quelques livres pour un week-end un peu long dans la bonne ville de Lyon. Parmi ceux ci, il y avait « Rapport sur moi » de Grégoire Bouillier. Je l’avais acheté lors d’un déplacement loin de chez moi. Je l’avais … Continuer la lecture Continuer la lecture

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« L’appel de Cthulhu » de H-P. Lovecraft, traduction F. Bon

La première phrase de cette longue nouvelle justifie à elle seule le culte voué à Lovecraft. « La chose la plus miséricordieuse en ce monde, je crois, c’est l’inaptitude de l’esprit humain à corréler tout ce dont il est témoin. » La … Continuer la lecture Continuer la lecture

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De l’information, ils veulent de l’information néphrologique.

Intéressante discussion en post-congrès avec des collègues, il semblerait que de nombreuses personnes regrettent de ne pas avoir plus d’accès à de la littérature médicale, ici néphrologique dans un mode pré-maché. Quand j’ai entendu ça, j’ai avalé mon Bäckeoffe de … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Lectures en vacance

Un gros avantage quand on a des béquilles dès le troisième jour de ces vacances, c’est que le programme de visites et sportif doit être sacrément revu à la baisse. Ce qui permet de faire d’autres choses surtout quand acte … Continuer la lecture Continuer la lecture

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La biographie de Simon Leys par Philippe Paquet. Un sommet d’intelligence.

Qu’on me pardonne de dire le mal que je trouve dans le monde. Je souhaite qu’il change assez pour qu’on en dise du bien. Prince de Ligne. 

Cette biographie réconcilie avec les biographes (1, 2).
Philippe Paquet
Vous n’y apprendrez certes pas dans quelle position il a conçu ses quatre enfants ni comment il a flirté avec une secrétaire de l’université à Taïwan ou pourquoi ses relations avec sa mère/son père ont influencé ses avis sur La Grande révolution culturelle.
Cette biographie appartient au genre informatif, intellectuel, raisonné, documenté, transversal, élististe (le chapitre sur la peinture chinoise -mais c’était le boulot de Leys- est un peu long à mon goût). Certains, dont moi, pourront penser que Philippe Paquet a versé parfois dans l’hagiographie, mais ici le défaut est mineur, superficiel, écrire la biographie de quelqu’un c’est quand même soit l’apprécier, soit le haïr, soit avoir des factures à régler, et l’on oublie vite ce léger travers en raison de la qualité extraordinaire de ce que l’on apprend sur Leys et sur le reste.
Les biographies sont parfois aussi pour le lecteur moyen une façon inélégante de pouvoir parler du biographé en seconde main, c’est à dire citer Leys sans l’avoir lu, connaître le catalogue de ses oeuvres sans les avoir parcourues, et pouvoir dire ce qu’il y a de convenu sur le sujet, pour faire le malin en société (3) et  s’éviter ainsi de se faire une idée par soi-même. Mais Philippe Paquet, malgré le nombre important de citations qui rendent compte du style de Leys, au lieu de nous décourager de lire le reste, nous donne au contraire envie d’y aller faire un tour, de lire et surtout de relire, ce que Leys a écrit. Relire un bon auteur est l’exercice intellectuel le plus excitant qui soit. Il nous renvoie à notre propre incompétence : celle de ne pas avoir tout saisi la première fois, soit même de ne pas avoir compris le premier, le deuxième ou le troisième degré dès la première lecture, mais surtout celle d’avoir affaire à un auteur qui a sué sang et eau pour vous livrer une oeuvre qu’une simple première lecture n’a pu permettre d’apprécier. Les oeuvres d’art ont besoin d’être revues, je parle des grandes, plusieurs fois, non seulement en raison de leur mystère et de leur complexité intrinsèque, mais aussi parce qu’à différents moments de notre vie, elles peuvent exister différemment, non parce qu’elles auraient changé mais parce que nous avons changé et parce que nous y puisons des impressions différentes.

Leys a beaucoup écrit. Sur tout et sur rien. Et bien entendu on ne peut être d’accord sur tout (ni même sur rien). A la fin de sa vie on peut dire sans nul doute que c’était un conservateur. Je ne vous ferai pas l’injure de réciter la différence entre conservateur et réactionnaire. Un homme qui a tant aimé Orwell et qui a écrit des pages si magnifiques à son sujet ne peut pas être un mauvais bougre… Son insatiable curiosité pour les livres en a fait un grand lecteur et un grand critique littéraire d’une férocité parfois mordante et surprenante. Quand il y avait un cuistre, il ne le ratait pas (4). Il a beaucoup commenté (en mal) les critiques littéraires et le monde académique qui écrivait sur la littérature. Lui-même, disait-il, n’avait qu’une ambition, « stimuler l’amour de la littérature et faire lire de beaux et bons livres ». Il a publié un livre s’appelant Les idées des autres, idiosyncratiquement compilées pour les lecteurs oisifs, pour dire ce qu’il avait appris des autres et comment il le leur rendait. Leys a cité un grand critique allemand de l’après-guerre, Marcel Reich-Ranicki qui disait : « la plupart des écrivains ne comprennent pas plus la littérature qu’un oiseau ne comprend l’ornithologie ».

Georges Orwell
Il a donc écrit sur un nombre incroyable de sujets qui vont de la traduction (il est peu d’accord avec Kundera sur la liberté accordée au traducteur, se rapprochant de Borgès qui n’aimait rien moins que les traductions infidèles, mais il a surtout écrit ceci : « La traduction ne met pas seulement à contribution toutes les ressources de l’écriture… on ne possède vraiment un texte que si on le traduit. ») au moi des écrivains (comment des personnages aussi vils que Céline ou Rebatet ont pu écrire des chefs-d’oeuvre), en passant par la belgitude (une étude inoubliable sur le déclin de Michaux dû à sa francisation), le provincialisme français (se croire universel, ne pas apprendre les langues étrangères), la poésie qu’il mettait au dessus de tout, l’université (et là, c’est tellement drôle et cela s’applique si naturellement à la Faculté de médecine (5)), mais surtout par Georges Orwell (il vous paraîtra désormais aussi incongru d’entendre un communiste ex stalininien ou un néo communiste ignorant s’en réclamer que Sarkozy citant Jaurès), Nabokov, Simone Weil (il traduisit en anglais Note sur la disparition générale des partis politiques, encore un clin d’oeil à Orwell) ou la Chine

La Chine a été le morceau de choix de Leys.

Son coup d’éclat (et surtout son courage extrême) de 1971 avec la parution  des « Habits neufs du président Mao » ne peut faire oublier qu’il était déjà un sinologue reconnu qui aimait la Chine et pas seulement la Chine éternelle. Un des grands défauts de Leys, qui s’appelait encore Pierre Ryckmans, fut qu’il parlait parfaitement le mandarin, ce qui, pour un sinologue européen est une tare rédhibitoire. Il avait appris le mandarin, s’était marié à une Chinoise de Formose, et, au cours des années il traduisit les plus grands auteurs chinois (en français puis en anglais), il devint un des plus grands experts de la peinture chinoise. Il fut aussi calligraphe, une part importante de la culture chinoise.
En 1971, et pour publier son livre il dut changer de nom, de Pierre Ryckmans il devint Simon Leys, son livre fut un coup de tonnerre dans un ciel serein et idolâtre. Dénonçant les crimes de la révolution culturelle, il fut assailli par les maolâtres de tous les pays, Paris fut pourtant la capitale mondiale du délire pro Mao et les intellectuels furent les champions du monde (nous ne citerons personne par courtoisie), mais aussi par tous les universitaires français, américains, australiens, et cetera, détenteurs de chaires de sinologie. Simon Leys résista à ce torrent de boue, Flaubert parlait d’une « marée de merde », et il les tailla en pièce, d’une part en écrivant, d’autre part en argumentant, et les faits, l’évolution de la Chine vint définitivement à sa rescousse. Le point d’orgue fut l’émission de Bernard Pivot, « Apostrophes », en mai 1983, durant laquelle il « démonta » Maria-Antonietta Macciochi qui ne vendit plus jamais un livre sur la Chine (voir LA l’archive INA). Mais, malgré l’évidence des faits, les sinologues distingués et académiques (je ne parle même pas des intellectuels qui s’étaient entichés de la Chine pour des raisons qu’ils minimisèrent ensuite et qui, de toute façon, ne pouvaient qu’obscurcir l’ensemble de leur oeuvre) continuèrent de discourir sur la révolution culturelle (après que Leys eut fait paraître Ombres chinoises en 1974 et Images brisées en 1976) et trouvèrent toujours des raisons pour ignorer les 50 millions de morts de cette désatreuse imposture (6) et de tenter d’entraver la carrière de Leys.

A propos de son « amie » italienne, voici ce qu’il lui dit, entre autres, à « Apostrophes ».

Je pense que les idiots disent des idioties. C’est comme les pommiers produisent des pommes. C’est dans la nature, c’est normal. Le problème c’est qu’il y ait des lecteurs pour les prendre au sérieux… L’ouvrage de madame Macciocchi, De la Chine, ce qu’on peut en dire de plus charitable, c’est que c’est d’une stupidité totale, parce que si on ne l’accusait pas d’être stupide, il faudrait dire que c’est une escroquerie.

La mer fut un autre morceau de choix pour Simon Leys.
Il réussit à écrire un livre, Les naufragers du Batavia, qui allie son intérêt pour la mer et pour le totalitarisme en tentant de décrire comment un homme non prédestiné à cela, avait mené une entreprise totalitaire et criminelle sur une petite communauté de naufragés. Il a surtout écrit une monumentale istoire de La mer dans la littérature française : de François Rabelais à Pierre Loti.

La lecture de cette biographie ne peut que rendre humble tant Leys a été brillant en tous domaines et ne peut qu’engager les lecteurs à lire encore plus, à prendre des notes, à parler avec des amis des lectures que l’on fait, à réfléchir, à s’instruire, à se donner une discipline de pensée qui ne s’attache, au delà des apparences, des amitiés ou des modes, surtout des modes, qu’à rechercher la vérité ou ce qui peut apparaître être la vérité et à ne pas suivre les sots et les experts (et les copains).

Comme on dit, ce fut un homme protéiforme, qui changea de nom pour pouvoir entrer en Chine (et on ne peut que penser à Eric Blair/Georges Orwell), qui ne devint Australien que lorsque la Belgique accepta la double nationalité, qui revendiqua son catholicisme au point de défendre Mère Teresa de façon moins adroite que d’habitude, qui défendit la prise du pouvoir par Mao puis le combattit au nom de son amour pour le peuple chinois, qui passa de longues années de sa vie à écrire des livres savants qui ne pouvaient intéresser que quelques dizaines de lettrés de par le monde, qui continua de défendre la dissidence chinoise, qui lutta contre la privatisation des universités.

Il ne vous reste plus qu’à lire cette biographie ou, plus sérieusement, à lire Simon Leys (voir LA pour la liste des oeuvres).

Une dernière citation de Claude Roy qui écrivit (bien) sur la Chine et qui défendit Leys au pire de la cabale maoïste.

Quel est le dénominateur commun des incarnations de ce personnage en apparence multiple qui s’appelle tour à tour Pierre Ryckmans et Simon Leys ? La première vertu que propagent ces gémeaux surdoués saute aux yeux et à l’oreille : c’est d’abord le style, une écriture serrée, vive, élégante sans être guindée, fine à l’extrême dans l’analyse et précise dans l’érudition, claquant comme un fouet de dompteur dans le combat contre les faussaires.

Notes : 
(1) Milan Kundera déteste les biographes : « Ils ne connaissent même pas la vie sexuelle de leur femme et présupposent celle des personnages qu’ils décrivent »
(2) Cioran : « On est étonnés que tant de personnes ne renoncent pas à vivre sachant qu’ils auront un jour affaire à un biographe »
(3) Rappelons Proust se moquant de la marquise de Cambremer clamant partout qu’elle n’aimait pas Poussin mais, apprenant par le narrateur que la duchesse de Guermantes appréciait les Poussin de Chantilly, se mettait déjà à changer d’avis avant même que de les avoir vus.
(4) Il n’aimait ni Gide ni Malraux. Je ne parlerais pas des contemporains qu’il a épinglés, ce serait leur faire de la publicité… Mais il aimait Hugo plus que tout « le plus grand écrivain de la mer ».
(5) Le 18 novembre 2005 : « En fait, je rêve d’une université idéale : les études n’y mèneraient à aucune profession en particulier et ne feraient l’objet d’aucun diplôme. » Et ceci : « Une éducation vraiment démocratique est une éducation qui forme des hommes capables de défendre et de maintenir la démocratie en politique ; mais dans son ordre à elle, qui est celui de la culture, elle est implacablement aristocratique et élitiste ».
(6) Je me suis toujours demandé si, à propos des morts du goulag ou de ceux du maoïsme, les communistes, les staliniens (et je dois dire que j’ai un peu de mal, comme Orwell, à faire la distinction, voire à distinguer les trotskystes des précédents), ne faisaient pas preuve d’une forme subtile de négationnisme, non pas celui des antisémites qui nient Auschwitz, mais celui de considérer les victimes comme un simple détail dans l’histoire du communisme… Comme l’a écrit Leys : « Les maoïstes ont cassé des oeufs sans faire d’omelette… » 

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Un peu de Karl Kraus et d’Amos Gitaï

Deux petits conseils pour occuper les premiers jours d’Aout. Le premier d’écoute, Amos Gitaï a mis en scène à Avignon, une adaptation théâtrale du dernier jour de Itzhak Rabin. Vous pouvez l’écouter sur France Culture. L’assassinat de Rabin est raconté … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Un soupçon nécessaire

Scores, indices et taux, pronostics numériques Vos calculs et totaux, pour sûr très spécifiques Ne donnent que du vent à l’heure fatidique Où l’on dit au patient son sombre diagnostic. En veux-tu des pourcents, chiffres ésotériques, Des rapports vraisemblants, promesses … Lire la suite Continuer la lecture

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Protégé : « Le monde d’hier » de Stefan Zweig mis en son par France Culture

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Protégé : « L’or des tigres » de JL Borges

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« Le Train » de Georges Simenon

Ce court roman est une démonstration de la puissance de la littérature. Cent cinquante pages ciselées, comme si chaque mot avait été pesé, réfléchi, murement choisi, chaque virgule, point ne peut être que là. La lumière, les odeurs, la sensualité, … Continuer la lecture Continuer la lecture

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« L’invasion sans pareille » de Jack London

J’aime bien Jack London, pas tellement celui des histoires du grand Nord, plutôt celui de Martin Eden. Pendant une errance librairophile, j’ai découvert un de ses texte publié chez les éditions du Sonneur. Cette nouvelle est une uchronie. La Chine … Continuer la lecture Continuer la lecture

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« Hommage à la Catalogne » de George Orwell

Ce livre trainait dans mon tsundoku. Je ne sais même plus à quelle occasion je l’ai acheté. En passant devant ma pile, j’ai vu le beau visage de ce milicien pris en photo par Capa. Ce texte, récit de l’expérience de … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Il y a 400 ans au mois d’Avril,

En ce mois d’Avril 2016, le 23, nous célébrerons le quatre centième anniversaire de la mort de Miguel de Cervantes et de William Shakespeare. Ces deux monstres de la littérature qui nous ont laissé des œuvres mondes sont morts le … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Il y a 400 ans au mois d’Avril,

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Jim Harrison (11 décembre 1937 – 26 mars 2016)

Du café chuinte dans une cafetière
Une cigarette brune se consume
Dans un cendrier publicitaire

Un journaliste de la radio dit les nouvelles
D’une nuit banale
Pour un homme jeune assis en caleçon
Le torse nu
Dans sa cuisine

Un homme qui lit un livre de Jim Harrison
Avec avidité
Comme si quelqu’un le regardait
En train de lire un livre de Jim Harrison

Un homme assis
Quelque part dans Paris
Devant une table recouverte
D’une nappe à carreaux blancs et bleu pâle
Sur laquelle sont posés
Un plateau, une bannette en osier
Deux bols, deux couteaux, un beurrier
Trois petites cuillères
Et un pot de confiture d’abricot

Un homme jeune
Assis sur un tabouret en plastique
L’air presque désinvolte
Attend que le café passe
En lisant Jim Harrison
En écoutant les nouvelles
Tandis que du pain grille dans le toasteur
Et que la pièce se remplit
Du bruit et de l’odeur
D’un jour de repos qui s’éveille

Plus à l’ouest
Dans la nuit d’avant
Un homme pas seul du tout
Epais
Habillé d’un jean et d’une chemise à carreaux
Les cheveux épars
Une moustache fournie collée au dessus de la lèvre supérieure
Regard grisé par l’alcool
Une bouteille de bourbon aux trois-quart pleine
Des cigarettes entassées dans un cendrier et une cigarette dans la bouche sur laquelle il tire avec force
Un homme massif qui s’appelle Jim Harrison

Pense
En plein Montana
Non loin de la frontière canadienne
A la campagne
Dans une cuisine immense et américaine
Sans ordre
Remplie d’odeurs
Terre et chiens mouillés
Alcool
Plats gras trempant dans l’eau de l’évier
Mélange de fumée de cigarette, de tabac froid et d’air tiède du poêle à charbon
Pense aux lignes qu’il a laissées sur son bureau dans la pièce à côté
La tête droite
Les avant-bras reposant sur la table qu’il a débarrassées de ses miettes d’un revers de la main

Jim Harrison est tendu
Comme le premier homme
Celui qui lit une nouvelle de Jim Harrison
Dans la collection Domaine étranger
Très loin vers l’est
Dans le jour d’après

Une nouvelle qu’il a écrite

Deux hommes
Qui ne se connaissent pas
Sans ressemblance physique
Celui qui a écrit la nouvelle
En américain
Et celui qui la lit
En français
Apparemment calmes
Mais terriblement inquiets

Au même moment inquiets

Deux hommes
Qui n’ont pas le même âge
Inquiets de savoir
Si les femmes qu’ils aiment
A l’aube ou au crépuscule
A  Paris comme non loin de Great Falls
Allongées dans leur lit
Sauront
Tout à l’heure
Quand ils iront les rejoindre
Leur faire juste un sourire

Zak Menkiewicz
(octobre 1993)

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Alain Mabanckou nous accueille au collège de France.

Cette année, les leçons inaugurales de cette respectable maison font du bruit. Après l’émouvante et érudite leçon de Patrick Boucheron, voici l’arrivée du premier romancier professeur au collège de France, alain Mabanckou. J’ai lu un seul de ses romans que … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans Afrique, littérature, Mabanckou | Commentaires fermés sur Alain Mabanckou nous accueille au collège de France.

« Une Colère Noire » par Ta-Nehisi Coates traduit par Thomas Chaumont

« Lutter pour comprendre, c’est notre seul recours pour vaincre cette folie. » Je suis allé aux USA plusieurs fois, je n’y ai jamais vécu ou travaillé. J’aime bien ce pays. Cet été, nous sommes partis en Nouvelle-Angleterre. Ce voyage avait pour … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Jouons avec Quevedo (réponses)

Réponse 3: Deviens son médecin, c’est garanti, parce que chacun meurt du médecin qu’il donne à la maladie dont il a souffert. Réponse 12: Meurs jeune ou dès ta naissance. Réponse 24: Appelle un médecin quand tu es en bonne … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Jouons avec Quevedo (propositions)

Proposition 3: Pour qu’une femme ou un homme se meure pour toi après t’avoir seulement vu, si un homme ou une femme te plait (que tu sois homme ou femme). Proposition 12:Pour ne pas avoir de cheveux blancs ni vieillir … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Image du jour

Le fromage, « salaison de lait ». « Vocabulaire des précieuses » de Quevedo. Continuer la lecture

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Augure du jour

Trois choses, les meilleures du monde, détestent au plus haut point trois sortes de gens: la santé, les médecins; la paix, les soldats; la vérité, les scribes et les lettrés. « Le livre de toutes les choses et bien d’autres encore » … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Chiromancie ou art de la divination par les lignes des mains, en un chapitre bref

« Toutes les lignes que tu vois sur tes mains, ô lecteur curieux, signifient que la main se plie coté paume et non de l’autre coté, ce qu’elle fait par les jointures; c’est pour cela qu’on trouve les grandes lignes dans … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Proverbe du jour

« Par deux monts cernés, un moine vociférait » Dans « Heurs et Malheurs du trou du cul » de Quevedo Continuer la lecture

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Pensée médicale du jour

16. De même, vu le nombre de disputes, scandales, dégradations, morts et vengeances commises en bandes ou factions, nous interdisons les armes déloyales et meurtrières que sont les épées, pistolets, médecins, chirurgiens, pharmaciens, crétins, bavards ou idiots. Nous déclarons ennemis … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Pensée du jour alimentaire

12. Nous condamnons au plus grand malheur et declarons Fréres initiés ceux qui, par avarice et sauf cas de force majeure (auquel cas la loi ne s’applique pas), achètent au marché les denrées les moins chères, comme si un médecin, … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Pensée du jour

11. De même; à cause des querelles et des violences, des scandales et des vengeances, des morts et des trahisons qui en bande on individuellement se produisent, nous interdisons les armes dangereuses et nuisibles que sont les pistolets, les épées … Continuer la lecture Continuer la lecture

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«  »La nuit, les saumons sortent » de Raymond Carver traduit par François Lasquin

La nuit, les saumons sortent de la rivière et viennent en ville. Ils se tiennent à l’écart des fast-foods et du magasin de surgelés mais nagent tout près des pavillons du lotissement de Wright Avenue où quelques fois aux petites … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Le cœur entre les bras

Les urgences, encore. C’est là-bas que ça arrive le plus souvent. Vous avez trois ou quatre choses à faire à la fois. Prévenir untel de ceci ou cela. Apporter un verre d’eau ou une information à un.e patient.e. Apporter du … Lire la suite Continuer la lecture

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« La Conspiration » de Paul Nizan

A Venise, si vous êtes en manque de livres et que vous aimez les lieux avec du caractère, je vous conseille la librairie l’Acqua Alta. Spécialiste dans la vente d’occasion, ce lieu est assez bien organisé sous son désordre apparent. … Continuer la lecture Continuer la lecture

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« L’Imposteur » de Javier Cercas

Javier Cercas est un écrivain majeur, peut être l’écrivain européen le plus important du moment. Je ne lis pas assez pour vraiment juger. J’ai fini son dernier roman sans fiction. J’avais adoré « Anatomie d’un instant », avec « L’imposteur », il franchit encore … Continuer la lecture Continuer la lecture

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