Archives de catégorie : formation

Formation continue pour les médecins agréés pour les permis de conduire, le 17 septembre 2018 à Lyon

Depuis 2012, les médecins agréés pour les permis de conduire sont soumis à une obligation de formation continue. Une session de formation sera organisée par l’intermédiaire de PERMICOMED le lundi 17 septembre 2018 à Lyon. Un médecin peut être agréé pour … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans Aptitude à la conduite des véhicules, continue, formation, médecins agréés, Mises au point, permis de conduire, Préfet | Commentaires fermés sur Formation continue pour les médecins agréés pour les permis de conduire, le 17 septembre 2018 à Lyon

Quand l’internat durait un an

J’ai démarré tambour battant la préparation de l’internat (l’ancêtre des ECN) en assistant aux conférences dès ma quatrième année de médecine. Ça se passait à la Pitié où un chef de clinique réputé nous faisait plancher. On lui payait cash … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans autobio, formation | Commentaires fermés sur Quand l’internat durait un an

Contrôle médical de l’aptitude à la conduite : réglementation renforcée pour les tests psychotechniques

Afin de mettre un terme aux nombreuses dérives observés avec les tests psychotechniques imposés dans le cadre du contrôle de l’aptitude médicale à la conduite, un arrêté du 26 août 2016 fixe de nouvelles modalités d’habilitation des psychologues chargés de … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans arrêté, contenu, formation, psychologue, Sélection des derniers textes parus au Journal Officiel dans le domaine de la conduite, tests psychotechniques | Commentaires fermés sur Contrôle médical de l’aptitude à la conduite : réglementation renforcée pour les tests psychotechniques

Contrôle médical de l’aptitude à la conduite : réglementation renforcée pour les tests psychotechniques

Afin de mettre un terme aux nombreuses dérives observés avec les tests psychotechniques imposés dans le cadre du contrôle de l’aptitude médicale à la conduite, un arrêté du 26 août 2016 fixe de nouvelles modalités d’habilitation des psychologues chargés de … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans arrêté, contenu, formation, psychologue, Sélection des derniers textes parus au Journal Officiel dans le domaine de la conduite, tests psychotechniques | Commentaires fermés sur Contrôle médical de l’aptitude à la conduite : réglementation renforcée pour les tests psychotechniques

Le savoir illusoire

Étalage précis, en rangées symétriques Dispersées dans l’amphi, les étudiants composent. Je m’arrête un instant, mon cerveau se repose Mon esprit divagant, d’humeur mélancolique. A quelle aspiration ces blouses en formation Se dévouent-elles tant ? Autant de conviction En de grandes … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans cursus, Ethique, études, études médicales, étudiant, expérience, externat, formation, Hôpital, Litthérapeute, Litthérapie, médecin, médecine, médical, poésie, Réflexion, Santé, soins, Vocation | Commentaires fermés sur Le savoir illusoire

Deux ans à toute vapeur !

Cette histoire commence un matin d’avril 2014. J’exerce alors la noble profession de Directeur de l’innovation produits au sein d’une société dont l’activité ne présente aucun rapport ni de près ni de loin avec la médecine. J’y suis arrivé après … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Apprentissage, autobio, bienveillance, formation, ignorance, MSU | Commentaires fermés sur Deux ans à toute vapeur !

Laissez-moi vous guider dans Cochrane

L’ambition de Cochrane est grande : To make Cochrane the ‘home of evidence’ to inform health decision making and become the leading advocate for evidence-informed health care. Faire de Cochrane la ‘maison des données probantes’ pour instruire la prise de … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans cochrane, ebm, formation, Médecine basée sur les preuves, MEDECINE GENERALE, revue systématique | Commentaires fermés sur Laissez-moi vous guider dans Cochrane

Le mirage de l’expérience thérapeutique

L’Evidence Based Medecine (EBM, traduit en français par Médecine Fondée sur les Preuves) est définie au travers de trois composantes : les meilleurs preuves disponibles l’expérience du médecin les valeurs ou préférences du patient Ce qui concerne les meilleures preuves … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Apprentissage, autobio, ebm, expérience du clinicien, expérience du médecin, formation, MEDECINE GENERALE | Commentaires fermés sur Le mirage de l’expérience thérapeutique

Obligation générale de santé et sécurité : elle s’impose à l’employeur

Tout employeur doit organiser un véritable « système » de management de la sécurité et santé au travail, afin de répondre à son obligation générale de sécurité et santé envers ses salariés, que lui impose le code du travail, notamment  l‘article L […] Continuer la lecture

Publié dans code, dangereux, employeur, exposition, fiche, formation, générale, information, intervenants, IPRP, managment, obligation, pénibilité, prévention, professionnels, risques, Santé, Santé et sécurité, sécurité, travail | Commentaires fermés sur Obligation générale de santé et sécurité : elle s’impose à l’employeur

#CNGE2015 , débriefing en demi-teinte

Fin du congrès. 
C’était mon troisième congrès du CNGE, congrès des généralistes enseignants. Que je quitte avec des sentiments mêlés, sans être trop sûre d’avoir envie de revenir l’an prochain. Comme les deux années précédentes, j’y ai retrouvé avec plaisir … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Congrès, DMG, formation, Un peu de tout | Commentaires fermés sur #CNGE2015 , débriefing en demi-teinte

Pourquoi la Prise de Décision Partagée en médecine générale me passionne

Voici le préambule de mon mémoire « Comment pratiquer la prise de décision partagée en médecine générale ». Le site consacré à ce sujet et le mémoire soutenu le 18 novembre 2015 à l’Université de Rennes1 y sont disponibles 1 – Préambule … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans autobio, décision médicale, formation, prise de, Prise de décision partagée, Surdiagnostic | Commentaires fermés sur Pourquoi la Prise de Décision Partagée en médecine générale me passionne

Une aide financière « Echafaudage + » destinée aux entreprises pour réduire le nombre de chutes

Jusqu’au 31 décembre 2015, les Caisses régionales d’assurance maladie peuvent accorder une aide financière « Echafaudage +» allant jusqu’à 6 000  Euros aux entreprises du BTP de moins de 50 salariés  pour acquérir un échafaudage. Cette aide doit être réservée […] Continuer la lecture

Publié dans Actualités, aide finanicère, BTP, CARSAT, chutes, échafaudages, entreprise, formation, gardecorps, hauteur, Recommandations | Commentaires fermés sur Une aide financière « Echafaudage + » destinée aux entreprises pour réduire le nombre de chutes

Une aide financière « Echafaudage + » destinée aux entreprises pour réduire le nombre de chutes

Jusqu’au 31 décembre 2015, les Caisses régionales d’assurance maladie peuvent accorder une aide financière « Echafaudage +» allant jusqu’à 6 000  Euros aux entreprises du BTP de moins de 50 salariés  pour acquérir un échafaudage. Cette aide doit être réservée […] Continuer la lecture

Publié dans Actualités, BTP, CARSAT, chutes, échafaudages, entreprise, formation, gardecorps, hauteur, Recommandations | Commentaires fermés sur Une aide financière « Echafaudage + » destinée aux entreprises pour réduire le nombre de chutes

Formation continue pour les médecins agréés pour les permis de conduire, le 15 octobre 2015 à Paris

Depuis 2012, les médecins agréés pour les permis de conduire sont soumis à une obligation de formation continue. Une session de formation sera organisée par PERMICOMED le samedi 10 octobre  2015 à Paris. Un médecin peut être agréé pour une durée … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans Aptitude à la conduite des véhicules, continue, formation, médecins agréés, Mises au point, permis de conduire, Préfet | Commentaires fermés sur Formation continue pour les médecins agréés pour les permis de conduire, le 15 octobre 2015 à Paris

Comment choisir les étudiants en médecine ?

Je n’ai pas LA réponse. Elle a pour corollaire, qu’est ce qu’un bon médecin? J’ai une idée forgée par mon expérience et mes rencontres. Elle est totalement subjective. Le sujet est un débat sans fin, chacun se posant comme référentiel. … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans accès études médicales, formation, Médecine humeur | Commentaires fermés sur Comment choisir les étudiants en médecine ?

Stagiaires

Tu as 17 ans et tu prépares un bac professionnel.
Tu as 22 ans et tu es en Institut de Formation des Aides-Soignants.
Tu as 43 ans et tu es en pleine reconversion professionnelle.

Tu es en stage avec nous pour découvrir, apprendre, te former. Moi, je fais partie d’une équipe. Une équipe avec plein de noms et plein de fonctions. Des aides-soignants (beaucoup), des aides médico-psychologiques, des infirmiers, des agents, des kinésithérapeutes, des animateurs, des assistants de soins en gérontologie, des ergothérapeutes, des cuisiniers, des secrétaires, des cadres de santé, des psychologues… Ça fait beaucoup de monde dans un si petit univers. Je ne te demande pas de retenir les noms et fonctions de tout le monde, moi-même je ne suis pas certaine de savoir qui est qui et qui fait quoi. Mais n’hésite pas à me demander mon prénom si tu l’as oublié, de même que je te redemanderai sans doute le tien. Soyons indulgents l’un envers l’autre, d’accord?

Tu es timide.
Tu poses plein de questions.
Tu es trop familier avec les résidents.

Je suis là pour t’encadrer. La formation des stagiaires, ça fait partie de mon travail.
Si tu es timide, je suis là pour te donner confiance en toi, pour que tu te sentes capable de faire et de dire des choses.
Si tu poses des questions, je suis là pour y répondre. Parfois, j’ai la réponse, je te la donne. Parfois, tu me poses une colle, je ne sais pas, mais on peut chercher ensemble. Ainsi, tu obtiens une réponse, et moi aussi.
Si tu n’adoptes pas la bonne distance avec les résidents ou les patients, je suis là pour te parler d’empathie et de juste distance. Parce que c’est important, pour toi, pour moi, pour les patients.
J’essaierai de ne pas faire de remarques devant tout le monde, je prendrai cinq minutes pour te parler autour d’un café, et je le ferai avec bienveillance. Parce que c’est normal de ne pas tout savoir, de ne pas tout réussir. Tu es stagiaire, il faut que je le garde à l’esprit.

Tu ne sais pas faire un soin.
Tu n’as pas compris quelle était la spécificité du public accueilli.
Tu n’as pas rempli tes objectifs de stage.

T’ai-je bien expliqué les choses? Ai-je été assez présente à tes côtés? T’ai-je suffisamment observé pendant tes soins? T’ai-je donné tous les documents nécessaires à ton apprentissage? Ai-je pris le temps de répondre à tes questions? T’ai-je consacré assez de temps?
Ce que tu n’as pas appris, ai-je su te l’enseigner? Ce que tu n’as pas compris, ai-je su te l’expliquer? Ce que tu n’as pas réussi, n’est-ce pas aussi un peu à cause de moi?

Tu as vu des choses qui t’ont choqué.

Et si on en parlait? Et si tu me donnais ton point de vue? Peut-être n’as-tu pas compris la finalité de certains actes? Peut-être as-tu trouvé que certains de mes propos étaient déplacés? Peut-être que je ne m’en rends pas compte, enfermée dans ma routine de soignante? Dans ce cas, ton avis me sera précieux, car il m’aidera à faire face à mes pratiques professionnelles, et à m’améliorer.

Soyons bienveillants l’un envers l’autre. Je t’aide, tu m’aides. Je t’apprends, tu m’apprends.Tu progresses, je progresse.

Demain, peut-être qu’on travaillera ensemble. On sera heureux de se retrouver, car on aura appris l’un de l’autre, et l’un avec l’autre. Demain, ce sera à ton tour de former des stagiaires. Qui en formeront d’autres. Si je suis bienveillante, si tu l’es aussi, s’ils le sont aussi… alors je crois que ce sera une bonne chose pour tous. Pour toi, pour moi… et pour nos patients!

PS : il y avait eu un chouette débat sur le #mededfr à propos du tutorat, c’est à lire ici.

Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, bientraitance, bienveillance, élève, enseignement, formation, IFAS, Stage | Commentaires fermés sur Stagiaires

Litige avec une auto école : que faire ?

Divers litiges peuvent se présenter entre un candidat au permis de conduire et une auto- école : tarif trop élevé, absence de contrat écrit, refus de rendre le dossier d’inscription pour aller dans une autre auto-école, qualité de l’enseignement de la conduite, état des … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans auto-école, candidat, contrat, Droits des automobilistes, examen, formation, litige, permis de conduire, Pratique, tarif, théorique | Commentaires fermés sur Litige avec une auto école : que faire ?

Boîte à outils

Un jour que je râlais à une formation trop BigPharma à mon goût, ma voisine m’a conseillé d’aller lire ce billet. FMC, pour Formation Mes Couilles. Ce jour-là, j’ai découvert Jaddo. Et les autres. Et je suis tombée dans le … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans #MedGé20, formation, j'ai dû oublier plein de monde je suis désolée!, médecine 2.0, outils, Un peu de tout | Commentaires fermés sur Boîte à outils

Quand le toucher fait mal

« Bonjour. Je suis Litthérapeute, étudiant en 4ème année de médecine. Je ne sais pas qui vous êtes, mais je suis ravi qu’on puisse discuter un peu. Ce message concerne le scandale des touchers vaginaux sur les patientes endormies au bloc … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans AG, apprendre, coup de gueule, Ethique, études, étudiant, examen, expérience, externat, formation, Hôpital, Initiation, Litthérapeute, Litthérapie, médecin, médecine, Méthode, OBSERVATION, patient, Patiente, première, Réflexion, Réussir, Santé, soins, Stage, toucher, toucher vaginal, Vaginal, vie, Vocation | Commentaires fermés sur Quand le toucher fait mal

Quand le toucher fait mal

« Bonjour. Je suis Litthérapeute, étudiant en 4ème année de médecine. Je ne sais pas qui vous êtes, mais je suis ravi qu’on puisse discuter un peu. Ce message concerne le scandale des touchers vaginaux sur les patientes endormies au bloc … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans AG, apprendre, coup de gueule, Ethique, études, étudiant, examen, expérience, externat, formation, Hôpital, Initiation, Litthérapeute, Litthérapie, médecin, médecine, Méthode, OBSERVATION, patient, Patiente, première, Réflexion, Réussir, Santé, soins, Stage, toucher, toucher vaginal, Vaginal, vie, Vocation | Commentaires fermés sur Quand le toucher fait mal

Le CPF, compte personnel de formation a remplacé le DIF, Droit Individuel à la Formation

Depuis le 1er janvier 2015, le DIF, Droit Individuel à la Formation, est remplacé par le CPF, Compte personnel de formation. Ce nouveau dispositif permet d’accumuler des heures de formation dont chaque personne bénéficiera dès son entrée sur le marché […] Continuer la lecture

Publié dans Congé Individuel de Formation, CIF et Compte Personnel de Formation, CPF, DIF, formation, heures, individuel, professionnelle, réorientation, salarié | Commentaires fermés sur Le CPF, compte personnel de formation a remplacé le DIF, Droit Individuel à la Formation

Missions du médecin du travail

L’indépendance du médecin est garantie, dans l’ensemble des missions qui lui sont confiées et qui sont définies par la loi. Rôle du médecin du travail Réalisation des visites médicales Actions sur le milieu de travail Examen des Fiches de données … Continue reading Continuer la lecture

Publié dans annuel, CHSCT, commité, données, embauche, entreprise, équipe, FDS, fiche, formation, Hygiène, inspection, médecin, Médecin de santé au travail : médecin du travail, médicales, missions, organisation, périodique, pluridisciplinaire, protection, rapport, reprise, salariés, sécurité, travail, visites | Commentaires fermés sur Missions du médecin du travail

L’Université du Rein

Le patient-expert est en train d’émerger comme un nouvel acteur du soin. Certains le regrettent, certains l’attendent comme le messie. Sa formation, sa place, ses actions sont encore à définir. Il est évident qu’avoir été malade ne suffit pas à … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans AIx-marseille université, AMU, formation, médecine, Néphrologie, patient expert, T'REIN, université du rein | Commentaires fermés sur L’Université du Rein

Ça pourrait changer.

C’est dommage, quand même. La communication à la fac, c’est pas le top. La formation théorique reste encore très centrée bouquins. Les informations reçues sont périssables, et parfois critiquables. La médecine générale pendant le deuxième cycle n’est ni visible ni connue. … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans cgelav, cnge, collaboration, connexion, formation, formation 2.0, FUMG, pour changer il faut s'y mettre tous, Un peu de tout | Commentaires fermés sur Ça pourrait changer.

C’est dommage, quand même. Episode 5

J’ai fait mes études de médecine à la fac de médecine. Pendant mes études, j’ai eu des cours avec des futurs dentistes, un peu, pendant la première année, mais la première année je sais pas si elle compte vraiment. A la … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans apprendre à se connaître, formation, MEDECINE GENERALE, MOOC, travailler ensemble | Commentaires fermés sur C’est dommage, quand même. Episode 5

C’est dommage, quand même. Episode 4.

(Merci à la talentueuse @GéluleMD pour les illustrations tirées de ses billets, ici et ici) L’image de la médecine générale à la fac, pendant longtemps, ça a été ça. Ça commence à changer. La MG est devenue une spécialité « comme … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Dr Dévoué, formation, image de la MG, MEDECINE GENERALE, MG dans la Creuse, Un peu de tout | Commentaires fermés sur C’est dommage, quand même. Episode 4.

C’est dommage, quand même. Episode 3.

Un jour pendant mes études, on m’a dit que la moitié de ce que j’apprenais serait de toute façon obsolète sept ans après. L’avantage, c’est que j’ai fait de la place dans mes placards : pas la peine de conserver … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans connaissances, formation, formation continue, obsolète, remise en question, Un peu de tout | Commentaires fermés sur C’est dommage, quand même. Episode 3.

C’est dommage, quand même. Episode 1.

Quand j’étais en D3, on a passé deux jours à attendre les résultats de nos examens de fin d’année. Parce que la secrétaire de la scolarité n’avait pas de punaise pour les afficher sur le tableau en liège. Et non, … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans Communication, courrier postal hibouesque, Fac', formation, informations, internet | Commentaires fermés sur C’est dommage, quand même. Episode 1.

(Re)découverte

Dernier stage : SSIAD. Bonheur. Retrouver ces petites choses qui font le charme du domicile : rencontrer les patients et leurs familles, découvrir leur intérieur et leurs habitudes, s’émerveiller du chat qui ronronne et respirer l’odeur du pain grillé…
Et, surtout, prendre son temps. Pas de sonnettes intempestives, pas de regard en coin sur la pendule d’argent qui ronronne au salon, celle qui oui qui dit non, celle qui attend.
Le SSIAD, ce sont des gens, plein, mais aussi une équipe. Je fais la tournée avec les uns et les autres, et les trajets nous laissent le temps de discuter. Alors j’écoute leurs histoires, leurs parcours, leurs façons de faire. Je m’enrichis de leurs conseils et de la multitude de petites astuces du quotidien. Je découvre une relation soignants/soignés que j’avais fini par croire impossible, mais aussi une entente entre soignants. Entraide, solidarité, respect. Et forcément, je tombe amoureuse.
Et vous voulez savoir ce qu’il y a de plus fantastique? C’est la réunion d’équipe. Une fois par semaine, réunion après la tournée du matin, et point sur les tournées en cours. Quels sont les points importants de la semaine, les tournées sont-elles équilibrées, y a-t-il des difficultés quelque part? Et là, un truc de folie, l’équipe réajuste la tournée! Oui, l’équipe!
« Ça serait bien d’arriver plus tôt chez Madame Machin, faudrait la mettre sur la tournée B. »
« La tournée C est trop lourde, faudrait rééquilibrer. »
« Celui qui fait la tournée A a du temps pour aller aider chez Monsieur Bidule, ça allégera un peu la E. »
À la fin de la réunion, chacun a pu dire ce qu’il avait à dire, les difficultés des uns ou des autres ont été discutées, et c’est reparti pour la semaine.
Et là, je me surprends à rêver… Si seulement l’encadrement avait été le même quand j’étais auxiliaire de vie à Morteville, si nous avions pu nous voir régulièrement et non une fois tous les six mois, si on nous avait donné un temps pour discuter en toute simplicité de ce qui allait bien ou pas, sans la peur d’être jugées ou blâmées…
Finalement, je crois qu’être heureux au travail ne tient pas uniquement à ce que l’on fait, mais aussi et surtout à comment on le fait.
(Babeth, 37 ans, découvre la vie… Il était temps!) Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, bienveillance, élève, formation, SSIAD, Stage | Commentaires fermés sur (Re)découverte

Confidences

Dernier stage. SSIAD. Horaires en coupe. J’ai profité de mon après-midi pour retourner à l’école. J’ai rendez-vous avec ma tutrice « pour faire le point ». Mes collègues de promo sont déjà presque tous diplômés, et presque tous en poste. Moi, je suis encore en stage, et ne serai pas diplômée avant le mois d’octobre.  EAS décalée mais pas décalquée.
Ce dernier rendez-vous à l’école, j’avoue que je l’attends avec impatience, pour parler de l’année écoulée, de mon ressenti de formation, de stage, de future professionnelle. De mes projets aussi.
14h. Bureau de la formatrice. Dans ce bureau, j’ai beaucoup parlé, parfois pleuré. Dans ce bureau, une femme m’a beaucoup écoutée, parfois réconfortée. Dans ce bureau, il y a maintenant une formatrice et une presque ancienne élève, une infirmière et une presque aide-soignante. Des presque collègues finalement. On parle. Des cours, des stages, de la découverte des patients et des équipes. De l’empathie, du « prendre soin« , des émotions. Je relate une histoire vécue en stage (faudra que je vous raconte, ça parle de barquettes en plastique, c’est drôle vous verrez), on enchaîne sur l’éthique, le regard, la volonté de ne pas s’habituer à ce qui nous choque (du coup faudra aussi que je vous parle de Cathy un jour, c’est pas drôle vous verrez). Quotidien et routine, éthique et déontologie… La discussion est enrichissante, j’aime cet échange, et c’est tout naturellement que je parle d’écriture quand nous abordons le délicat sujet des projets professionnels. Des projets, j’en ai plein, j’ai d’ailleurs repéré quelques formations sympathiques. Soins palliatifs, maladie d’Alzheimer, Humanitude, thérapie par médiation animale… Ce ne sont pas les sujets qui manquent! Mais, par-dessus tout, au milieu de tous ces domaines à explorer, l’écriture. Écrire, réfléchir, me poser des questions… accepter de ne pas toujours y trouver de réponses. Et partager. La tentation est grande de donner l’adresse de ce blog à ma tutrice. Parce que j’aime le regard qu’elle a sur les choses, parce que j’aime son humanité, parce que j’aime sa façon de parler du métier d’aide-soignante. Parce qu’écrire toute seule dans mon coin et fanfaronner sur les réseaux sociaux, c’est facile, mais me confronter au métier et au regard de mes pairs, c’est une autre paire de manches (courtes, les manches, bien sûr).
Je suis vraiment tentée de tout « avouer »… mais je me retiens. Peur, moi? Oui, un peu. Peur d’avoir fauté, peur d’être réprimandée. Alors j’évoque juste un projet de livre, comme ça, pour voir, un jour peut-être. Moitié sérieuse, moitié rieuse. Mais pas du tout menteuse, ça c’est sûr! Et je promets, une fois la formation vraiment finie, de lui en amener quelques pages… Mais en élève prudente que je suis, j’attendrai d’avoir le diplôme en poche. Pas folle Babeth! Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, élève, enseignement, formation, IFAS, Stage | Commentaires fermés sur Confidences

Prise en compte de la pénibilité pour un départ anticipé à la retraite

L’exposition d’un salarié de droit privé à un ou plusieurs facteurs de pénibilité au-delà des seuils d’exposition qui devraient être prochainement fixés par décret, lui ouvrira des droits qui prendront la forme de points : ces points s’accumuleront sur le […] Continuer la lecture

Publié dans Actualités, assurance retraite, assurance vieillesse, compte C3P, décrets, départ anticipé, facteur de risque, formation, IPP, majorer, pénibilité, Pénibilité : tracer les expositions, Pénibilité au travail, retraite, Retraite et travail, seuil d'exposition, trimestre | Commentaires fermés sur Prise en compte de la pénibilité pour un départ anticipé à la retraite

MSP3

J’ai fait une pause. Un médecin compréhensif et des formateurs à l’écoute m’y ont aidée. Un arrêt de travail et de la chimie pour le cerveau ont également été salvateurs. À l’IFAS, ma tutrice s’est occupée de tout. Elle m’a trouvé un stage de remplacement en catastrophe et a fait reporter le stage optionnel au mois de juillet. Elle m’a aussi écoutée, rassurée et encouragée.
Il y a eu la dernière journée à l’école, qui marquait la fin de l’avant-dernier stage. Quasiment la fin de la formation. Revoir mes camarades de promo, les écouter parler de leur stage et de la fameuse MSP3, voir les résultats affichés dans le hall et, en face de mon nom, la mention « absente », j’avoue, c’était difficile. Les écouter parler de leurs projets professionnels, alors que j’étais encore en plein doute sur les miens, me donnait une étrange sensation de décalage. Et puis, j’avoue, j’avais peur. Et honte. Parce que si je ratais la MSP sur le stage à venir, je devrais la repasser sur mon stage optionnel. Mais j’avais choisi le SSIAD, et ce n’était pas possible de faire une MSP à domicile. Il me faudrait donc trouver un autre stage optionnel. En juillet. Dans un service où, sans doute, certains de mes collègues de promo feraient déjà leurs armes en tant que jeunes professionnels. Vous imaginez le malaise.
Il y a eu mon affectation de stage. En EHPAD, à une heure de chez moi. Dans un établissement qui dépendait du même pôle de gériatrie que l’EHPAD de mon premier stage. Joie. Autant vous dire que j’y suis allée la peur au ventre. Peur de croiser des membres de l’équipe du premier stage (ça tourne beaucoup par ici). Peur de devoir me justifier sur mon parachutage inopiné. Et surtout, peur d’être médiocre une fois de plus.
Il y a eu le premier jour de stage. La rencontre avec le cadre, rassurant. La découverte de l’équipe, bienveillante. Alors oui, c’est loin. Oui, c’est grand. Oui, il y a beaucoup de résidents pour trop peu de soignants. Mais ici, l’équipe est souriante, encadrante, le cadre de santé est présent. Ici, je peux poser des questions et trouver des réponses. Ici, j’ai l’impression que j’apprends, que je progresse. Ici, je me sens bien. Et ça se répercute sur mon stage. Et sur mon moral.
Il y a eu la revalidation de la MSP d’ergonomie, que j’avais superbement ratée, à cause d’un stress pas du tout maîtrisé. 19,75/20. Une jolie revanche.
Et il y a eu, enfin, la MSP3. J’ai travaillé dur. Le matin, je me levais à 4h30, partais à 5h30, arrivais à 6h30 et, après mes heures, restais sur le lieu de stage pour bosser mes démarches de soins. J’avais une semaine et demie pour préparer l’examen, j’ai vécu ces dix jours à fond. J’ai peu dormi, à peine vu mes enfants et me suis droguée au café. La veille de la MSP, j’étais du soir. Je suis rentrée chez moi à 22h, me suis couchée aussitôt, n’ai pas pu dormir avant minuit à cause d’un baby Georges d’humeur joueuse, me suis levée à 3h30, ai relu et corrigé mes démarches et suis partie à 5h pour arriver, épuisée et anxieuse, à l’EHPAD. Transmissions, stress, relecture, stress, café, stress, questions diverses, stress, préparation du chariot, stress, encouragements de l’équipe, stress, arrivée de ma tutrice, stress, choix du patient, stress… et c’est parti. Après, ça a roulé. Démarche de soins, toilette, diagramme, besoins perturbés, attente. Bizarrement, sans stress. Regards complices de mes jurys, interdiction de donner le résultat avant une bonne semaine mais leur sourire en sortant du bureau me met sur la voie. « Vous pouvez dormir tranquille » me dit ma tutrice. « Tu peux même très bien dormir tranquille » rajoute mon encadrante. Message reçu. MSP réussie.
Et maintenant? Il me reste deux semaines de stage. Puis trois semaines en SSIAD. Il me faut des bonnes notes, histoire de rattraper les évaluations pas terribles de mes deux premiers stages. Mais j’ai regagné en confiance, alors je repars du bon pied. Je finirai en retard, mais je finirai. Après ça, il me faudra attendre début octobre pour être diplômée. En attendant, il faut que je trouve un boulot au plus vite, ce qui s’avère compliqué étant donné que j’arrive en retard et sans diplôme sur le marché du travail. Mais j’ai le moral. Je vois arriver la fin de la formation, et je suis réellement heureuse d’avoir tenu bon malgré les difficultés. Et, enfin, je commence à me faire à l’idée que je suis capable d’être aide-soignante, malgré tout.

PS1 : merci pour votre soutien. J’étais vraiment mal quand j’ai écrit les derniers billets, vos commentaires pleins de confiance et de bienveillance m’ont beaucoup aidée.

PS2 : 28,5/30 à la MSP et note maximale en stage. Je crois que ça va 😉 (et toc pour la cadre dragon!) Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, bienveillance, blog, élève, formation, IFAS, MSP, Stage | Commentaires fermés sur MSP3

Témoignage d’EAS

Sarah m’a contactée via le blog. On a un peu discuté et, devant la similitude de nos expériences, elle a accepté de partager son ressenti sur la formation d’aide-soignante et les stages. Je l’en remercie.
Elle est présente sur Twitter ici : @MerandSarah


Bonjour
Je m’appelle Sarah, et je suis devenue élève aide-soignante en septembre 2013.
J’ai dû reporter ma formation à cause des échecs en stage et je voudrais vous faire partager mon témoignage.
Mon premier stage était dans une clinique privée spécialisée. Je suis tombée sur une équipe très soudée qui était distante et froide aussi bien avec les stagiaires qu’avec les patients. J’essaye de faire abstraction des griefs que j’accumule à leur encontre et tente de travailler sur ce qu’elles me reprochent. Or je suis perplexe et paniquée à l’écoute du nombre de leurs critiques. Elles me reprochent ma sensibilité, mon stress, mon manque de rigueur, mon manque de concentration, ma spontanéité, le fait que je ne connaisse rien au milieu hospitalier, que je ne sache rien faire, que je n’aille pas assez vite, que j’apprenne mal, etc.
J’ai l’impression d’être nulle, j’ai peur de ne jamais réussir à être assez bien pour devenir aide-soignante mais je m’accroche. C’est raté pour ce stage, mes notes sont catastrophiques, mais sur mon appréciation il est marqué que le contact passe bien avec les patients et que je suis à l’écoute de ce que l’on me dit.
Je travaille, questionne, recherche, me remets en question, inlassablement, et je parviens, malgré un côté relationnel avec l’équipe toujours très difficile (malgré mon travail sur cet aspect là, mon stress modifie mon comportement, me fait perdre mes moyens, je dis n’importe quoi, oublie, fais répéter… ce qui rend souvent difficile le contact avec l’équipe) à obtenir une amélioration dans mes stages suivants.
Je parle toujours autour de moi à mes proches et collègues des difficultés que j’ai, et ce qui me frappe c’est que malgré la gentillesse, l’envie d’aider, la compréhension et la bonne volonté, peu de gens comprennent ce que je traverse, ce qui me fait peur et me questionne d’autant plus (qu’est-ce que je fais de mal, qu’est-ce qui cloche chez moi, etc.)
Une psy me parle de surdouance qui expliquerait les soucis relationnels, ça me paraît peu probable (j’ai déjà été testée petite) mais je me renseigne quand même, à l’heure d’aujourd’hui je ne sais toujours pas, je vais passer des tests cet été.
J’arrive à mon quatrième stage épuisée moralement et tout de suite l’établissement (contrairement aux deux derniers) ne me fait pas bonne impression du tout. Le personnel n’a pas de quoi travailler, les absences sont nombreuses et les remplacements faits à la dernière minute, les patients ont les cheveux sales (ils sont douchés une fois tous les deux mois environ, lorsqu’il y a le temps, ou alors par les stagiaires).
On me fait comprendre que je servirai à faire ce que l’équipe ne peut pas faire. Je travaille seule, avec des patients âgés hémiplégiques, déprimés, parkinsoniens. Je dois les presser, les retourner dans tous les sens, faire leur toilette n’importe comment, leur faire mal parce que je les ai mobilisés seule, parce que je n’ai pas pris le temps, parce que je dois être à l’heure. C’est tout. Ma référente m’accable de reproches et je n’en peux plus. Je n’y arrive plus. Je n’arrive plus parce que je ne comprends rien, parce qu’elle ne comprend rien, parce que j’ai mal de faire le travail que je fais, que je veux bien qu’on me dise que tout est de ma faute, mais qu’alors on me dise comment faire de façon logique et compréhensible parce que là je ne sais plus.
J’atterris en larmes dans le bureau du cadre, qui me dit que j’ai à construire ma façon d’entrer en relation, qu’il n’arrive pas à me cerner, qu’on dirait que je ne veux pas être aidée, que je suis hautaine, que peut-être je suis trop mal pour faire ce métier.
Peut-être. Peut-être. Vous êtes cadre infirmier, vous êtes intelligent, vous êtes compétent, effectivement je suis la seule stagiaire parmi les cinq présentes à galérer comme ça. Mais je veux avancer. Je veux avancer sur moi, je veux apprendre, je veux comprendre, je veux devenir capable. Alors je m’accroche.
Je rate ma MSP qui était perdue d’avance et naufrage la fin de mon stage en arrêt maladie.
J’arrive au cinquième stage à bout mais avec un peu d’espoir quand même.
L’équipe est gentille et compétente mais je n’arrive à rien, alors que j’ai deux MSP pour ce stage. Je suis déboussolée, j’ai perdu toute confiance en moi. Alors cette fois je lâche. Je ne peux pas expliquer comment je suis arrivée au cinquième stage avec aussi peu d’aptitudes techniques, pourquoi les autres réussissent et pas moi, mais ça m’est inacceptable, alors j’arrête.
Voilà où j’en suis.
Si vous avez conseils ou expériences, ça m’intéresse.

Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, blog, élève, enseignement, formation, MSP, Stage | Commentaires fermés sur Témoignage d’EAS

Pause

Ce matin, à 8h, j’aurais dû passer la MSP 3. Ce matin, à 8h, je buvais un café tout en écoutant Amélie me parler de sa prochaine évaluation de mathématiques.
Je ne serai pas aide-soignante en juillet. Je le vis un peu mal.
J’ai passé le week-end à tergiverser.
Idée numéro un : retourner en stage lundi matin, faire mon travail cor-rec-te-ment, préparer la MSP, la réussir, finir mon stage en montrant les fabuleux progrès réalisés grâce à cette mise au point, prouver à l’équipe et à la cadre que je peux être une bonne aide-soignante… Et accessoirement, me le prouver à moi-même. Sauf que pour ça, il faut y croire. Manque de pot, je n’y crois plus. Je suis incapable de préparer quoi que ce soit, incapable de réussir le moindre soin, alors un stage et une MSP… Peine perdue! Passons à…
Idée numéro deux : tout pareil, sauf que je m’arrête après la MSP. Il faut juste réussir à donner le change deux ou trois jours, histoire de valider l’examen, et après je peux m’écrouler, j’ai le droit. Sauf que même ça, j’en suis incapable. Me retrouver face à eux est réellement au-dessus de mes forces. J’ai peur et j’ai honte. Passons à…
Idée numéro trois : être malade et ne pas être en état, pour de vrai, d’y retourner. Sauf qu’une maladie, ça ne s’attrape pas si facilement que ça, et je ne suis pas suffisamment bonne comédienne pour simuler un pneumothorax. Personne n’a la varicelle dans mon entourage, dommage. Une gastro, c’est trop court et une scarlatine, trop long. Passons à…
Idée numéro quatre : me blesser. Voilà, ça c’est facile, et je peux le faire toute seule comme une grande : un marteau, une portière de voiture, un couteau… J’ai l’embarras du choix! Il suffit juste de doser les coups, pas besoin d’aller jusqu’à la fracture ouverte non plus! Seule ombre au tableau, il faut quand même que je sois d’attaque pour le prochain stage, ça ne me laisse que deux semaines pour me rétablir, c’est un peu court comme délai. Passons à…
Idée numéro cinq : mourir. Tout simplement. Bye bye la formation, la précarité et tout le reste. Mauvaise élève, mauvaise mère, mauvaise épouse… À quoi cela sert-il de continuer? Sauf que bon, un enterrement, c’est cher, on n’a pas les moyens. Et puis être orphelin(e), je connais, c’est pas la joie, je veux pas ça pour mes enfants. Et puis c’est con mais j’aime mon mari, je veux pas lui faire de peine. En plus mourir, c’est compliqué, faut pas se louper, parce que les séquelles d’un suicide raté ne sont pas très excitantes. Passons à…
Idée numéro six : arrêter la formation. Trouver un travail, n’importe lequel, coiffeuse de poneys ou éleveuse de sauterelles, et oublier mes rêves de soin et de bientraitance. Faire comme si cette année n’avait jamais existé, comme si je n’avais rien vu, rien appris. Oublier le fucking stage à Pétaouchnok et l’EHPAD bientraitant à côté de chez moi, oublier les visages des soignants et des soignés, oublier l’école et les élèves. Oui mais… Tout ça pour ça? Tous ces cours, toutes ces questions, tous ces échanges… Pour rien? Non, impossible. Passons à…
Idée numéro sept : écouter (enfin!) les conseils qu’on me donne. M’arrêter et souffler, parler et pleurer. Ne pas y retourner. Renoncer à la note de stage (médiocre), à la MSP (perdue d’avance), à ma progression (nulle). Aller dès lundi chez un médecin, parler (calmement) de la situation, me faire aider. Prendre un arrêt-maladie et de quoi aller mieux. Puis aller à l’IFAS, affronter ma honte et ma peur et expliquer tout ça. Sans pleurer. Sans craquer. Prier pour ne pas me faire virer.

J’ai choisi la dernière solution.
Arrêt-maladie ok.
Anxiolytiques ok.
IFAS ok.
J’ai pleuré. J’ai craqué. Mais je n’ai pas été virée.

Message à ceux qui sont passés ici ou ailleurs : merci. Vous imaginez même pas à quel point vos mots m’ont fait du bien. Vraiment. Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, blog, élève, enseignement, formation, Hôpital, IFAS, MSP, Santé, Stage | Commentaires fermés sur Pause

EAS de merde

Voilà, le stage, c’est fini. J’arrête les frais. J’en ai pris conscience hier matin quand, planquée dans la réserve pour ne pas pleurer devant « eux », je me suis demandé s’il valait mieux avaler le bidon de javel ou me péter le poignet à coups de marteau pour échapper aux deux semaines qui me restaient à faire. Oui, parce qu’en plus d’être une sombre merde, je suis lâche. Je crois que quand j’en arrive à ce genre de pensées, il est temps que je fasse une pause.
Donc, pour résumer :
Je ne sais pas prendre soin des gens.
Je ne sais pas « faire les liens ».
Je ne sais pas m’organiser.
Je ne sais pas ce qu’est le métier d’aide-soignante.
Je mets les patients en danger.
Je ne respecte pas les règles élémentaires d’hygiène et de sécurité.
Je dois très sérieusement me demander pour quelle raison je veux faire ce métier.
Il est inenvisageable que je puisse être diplômée dans un mois.
And, last but not least, je ne sais pas me remettre en question.
Je ne me cherche aucune excuse. Tout cela est sans doute vrai. Et même, ça ne m’étonne pas. Je suis tellement dans le brouillard depuis une semaine qu’il est plus que probable que j’aie accumulé toutes ces erreurs. Et cela fait sans doute un moment que je les accumule. Seulement, en début de formation, j’avais l’excuse d’être une élève débutante. Maintenant, je n’ai plus cette excuse. Je n’ai aucune excuse. Je suis incompétente, point.
 J’ai passé la matinée à essayer de bien faire. Mais, même en essayant, j’étais nulle. À chaque fois que je sortais d’une chambre, j’entendais des bribes de conversations :
« J’aimerais bien savoir combien elle a eu à sa dernière MSP »
« Elle pas dû valider tous ses modules, c’est pas possible »
« Il faudrait que l’IFAS nous procure les notes de ses précédents stages, on devrait les demander pour les prochains stagiaires »
« Une fille comme ça dans les services dans moins d’un mois, c’est carrément pas possible »
« De toute façon elle pourra jamais travailler, les équipes n’en voudront pas »
« Elle est nulle »
Et j’en passe.
Forcément, entre ça, le manque de sommeil et le fait que je saute un repas sur deux, je n’ai pas été très performante. Pour être honnête, j’ai été médiocre. Comme d’habitude. Je me suis occupée de « mes » patients, j’ai rempli les diagrammes, j’ai noté les transmissions. Mais tout était nul.
La cadre m’a appelée à la fin du service. Elle avait dit à l’équipe qu’elle voulait me voir et m’attendait visiblement depuis un moment. Forcément, n’ayant été ni à la pause ni au repas ni aux transmissions, trop occupée que j’étais à parfaire ma médiocrité naturelle (c’est du boulot, croyez-moi), je n’étais pas au courant. Forcément, la stagiaire qui ne répond pas à la convocation de la cadre, ça ne fait pas sérieux. Forcément, quand en plus ladite stagiaire essaie de fourguer son recueil de données au dernier moment à sa tutrice qui a fini son service, le tout devant le bureau ouvert de la cadre, ça aggrave largement les choses. Bref, tout faux. Si je ne m’étais pas rendu compte de la gravité de la situation, il m’a fallu moins de trente secondes pour comprendre que j’étais franchement dans la merde. Je me suis décomposée sur place. Incapable de réfléchir, incapable de répondre. Si j’avais été une bonne aide-soignante, j’aurais bien profité de l’occasion pour prendre mon pouls et ma tension, juste comme ça, par curiosité. Mais je ne suis pas une bonne aide-soignante.
Alors, pendant que la cadre énumérait froidement tous mes défauts et m’enjoignait de lui prouver que j’étais capable de progresser, mon regard s’est échappé par la fenêtre de son bureau. De là, je voyais le long couloir vitré que j’avais si souvent arpenté il y a deux ans. Le couloir que j’avais emprunté enceinte, puis jeune maman, puis orpheline. Au bout de ce couloir, une équipe formidable, qui avait accompagné mon père jusqu’au bout. Une aide-soignante qui m’avait apporté un bol d’eau chaude pour que je puisse me faire une tisane d’allaitement. Une autre qui était allée chercher une blouse propre pour pouvoir prendre mon tout jeune bébé dans ses bras. Une infirmière qui avait accompagné Amélie à l’espace de jeux du service de pédiatrie pas encore ouvert. Une équipe à laquelle j’avais rêvé de ressembler. En vain.
Alors, après l’entretien, j’ai rassemblé mes affaires et, sans dire au-revoir à personne, j’ai quitté le service. Mais je n’ai pas quitté l’hôpital. Je suis d’abord allée au bout du couloir. La veuve de mon père, qui y est hospitalisée en ce moment-même (triste coïncidence), n’était pas dans sa chambre, mais l’équipe était là. Il y a des sourires qui ne changent pas. Il y a de la bonté dans certains regards, de la douceur dans certains gestes.
J’ai repris le couloir dans l’autre sens et ai, enfin, quitté l’hôpital. Puis j’ai pleuré. Toute l’après-midi. Toute la soirée. Une partie de la nuit. Une bonne partie de la journée. Sans doute demain aussi.
Aujourd’hui, je renonce. Y retourner, finir le stage, passer la MSP… je ne m’en sens pas capable. Je ne sais plus rien. Je sais juste que je ne peux pas y penser sans pleurer. Parce que je me sens nulle. Parce que j’ai honte. Parce que j’ai peur. Parce que je me sens incapable de retourner dans ce service. Parce que je ne tiens plus. Parce que je craque. Parce que j’ai envie de tout oublier, de revenir en arrière et de n’avoir jamais commencé cette formation. Parce que l’année a été dure, terriblement dure. Parce que j’ai imposé ce choix à ma famille et que ça a été dur pour eux-aussi. Parce que je ne suis pas digne des efforts qu’ils ont faits pour moi.  Parce que je ne suis pas digne d’être aide-soignante, tout simplement.

Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, élève, formation, Hôpital, IFAS, MSP, Stage | Commentaires fermés sur EAS de merde

Doutes

Avant-dernier stage.
Bientôt la MSP (Mise en Situation Professionnelle). Je croyais que ça irait, et puis non, ça va pas. J’ai peur. Je doute de moi. Je doute de tout et de tout le monde. J’entends des consignes contradictoires : changer l’eau, ne pas changer l’eau, mettre un tablier, ne pas mettre de tablier, changer le drap, ne pas changer le drap. Et j’en passe.
Je ne sais plus rien. Je ne sais plus « faire une toilette », je ne sais plus « communiquer », je ne sais plus « faire des liens ». D’ailleurs, ai-je jamais su faire tout cela? Je suis en fin de formation et je ne suis pas prête. Trop lente, trop désorganisée, trop tout. Ou pas assez.
Bientôt la MSP, et je vais être jugée en 1h30. Dix mois se joueront en une matinée. Sur un soin. Un diplôme contre une toilette. Une toilette parfaite. Ça tombe mal, je sais pas faire. Je sais sourire et me poser des questions qui ne servent à rien mais je ne sais toujours pas faire une toilette en technique en étant organisée.
Bientôt la MSP. Les modules écrits sont validés. Les stages aussi. Mais passer devant un jury, être observée, voir les examinateurs prendre des notes, échanger des regards, tourner autour du lit, ça me fait complètement paniquer. Et quand je panique, je fais des boulettes. Et je m’en rends compte. Et ça me fait paniquer… Bref, c’est sans fin. Alors que, seule avec le patient, ça va, je communique, j’observe, je m’adapte. Bref, je fais mon boulot.
Bientôt la MSP. Je la sens pas. J’ai pas envie d’y aller. J’ai juste envie de tout arrêter. Je sais pas ce qui m’a pris de passer ce concours. J’ai bêtement cru que ce serait merveilleux, et puis non. J’ai naïvement espéré faire un beau métier, et puis non. J’ai secrètement rêvé être une aide-soignante, et puis non.
Bientôt la MSP. État de stress maximal. Je ne mange plus, je crie sur les enfants, je pleure pour un rien. Je passe des heures sur une démarche de soins, des heures sur le Vidal, des heures sur la règle d’ORR. Et je passe à côté du spectacle de danse d’Amélie, des cascades de Georges et d’un certain nombre de choses plus ou moins importantes. Manger et dormir sont-ils des besoins absolument indispensables après tout?

Bientôt la MSP. Les quatorze besoins fondamentaux s’appliquent-ils aussi aux élèves aides-soignants? Pas si sûr.

Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, élève, enseignement, formation, MSP, Stage | Commentaires fermés sur Doutes

Aide-soignante en devenir

« Mon père est mort au bout de ce couloir »
Voilà trois jours que je suis en stage à l’hôpital et cette pensée ne cesse de me hanter.
Même hôpital, même étage. Pas de chambre 423, pas de fenêtre donnant sur la petite église, mais ce long couloir, que j’ai arpenté si souvent pour aller le voir.
À un bout du couloir, mon stage et la MSP3 qui se rapproche dangereusement, la MSP de tous les dangers, celle qui fait paniquer (presque) tous les EAS. Le stage, la MSP, le diplôme… mon avenir.
À l’autre bout du couloir, la fin de vie de mon père, qui m’a aidée à prendre la décision de passer le concours. La maladie, l’agonie, la mort… mon passé.
C’est étrange comme tout au long de cette formation j’ai eu l’impression d’avancer dans mon deuil. Des lieux, des rencontres, des situations, autant de petites choses qui me font penser à lui et me confortent dans mon choix. Revenir dans cet hôpital avec un regard de soignante, croiser ceux qui ont pris soin de lui, revêtir leur uniforme, apprendre d’eux… Comprendre le fonctionnement de la grosse machine qui a englouti mon père et repenser à plein de petits détails qui m’avaient semblé tellement compliqués à l’époque. Que de chemin parcouru en deux ans! J’ai été une patiente, j’ai été une famille de patient, je suis maintenant une apprentie-soignante.

Un jour, je serai une vraie aide-soignante. J’aurai un diplôme et une blouse blanche, j’arpenterai les couloirs d’un petit EHPAD ou d’un gros hôpital, et je prendrai soin des patients et de leurs familles. J’apporterai un bassin, je tiendrai une main, je rafraîchirai un visage. Et, qui sait, un jour peut-être, je recevrai une stagiaire qui m’avouera qu’elle a choisi d’être aide-soignante parce que d’autres ont su lui donner cette envie dans des moments difficiles. Alors la boucle sera vraiment bouclée. Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, élève, formation, Hôpital, mort, Stage | Commentaires fermés sur Aide-soignante en devenir

Une histoire de choix (2)

Avril 1999.
J’ai un choix à faire. Ramener ma mère à Paris et rentrer vite fait à Toulouse passer l’oral surprise avec la psy pour tenter de décrocher LE concours qui me permettrait d’exercer un super métier ou rester quelques jours de plus en Vendée, ne pas aller à cet entretien imprévu et retenter le concours l’an prochain.
Évidemment, vu sous cet angle, ça paraît tellement simple, tellement évident! Mais en vrai, non, ça ne l’était pas. Parce qu’en vrai je n’avais plus de congés avant le mois d’août, et d’ici-là, il pouvait se passer tellement de choses. En vrai, je devais interrompre les vacances de ma mère et l’abandonner à la grisaille parisienne alors que ça faisait des mois qu’elle attendait ce voyage. En vrai, il fallait que je réussisse un concours qui pourrait déterminer ma vie professionnelle, soit les quarante prochaines années à venir, alors que je ne savais même pas si je pourrais encore voir ma mère dans un mois.
Forcément, j’ai choisi la voie de la raison. Enfin, quand je dis « choisi », c’est un bien grand mot…
Nous sommes donc allées changer nos billets de train pour un retour anticipé. Départ prévu le lendemain (mercredi), arrivée prévue le jeudi matin à Toulouse par le train de nuit après avoir déposé ma mère. Pour clore cette journée pourrie, on a décidé de s’offrir LE restaurant étoilé du coin. On n’a pas regretté : on a mangé comme des reines, la note était salée mais peu nous importait.
Le lendemain, c’était avec amertume que nous nous apprêtions à prendre le train. Arrivées très en avance à la gare, je profitai de l’attente pour rappeler l’institut de formation afin de confirmer l’heure de l’entretien psy. Heureuse initiative! L’entretien avait été décalé au lundi pour cause d’indisponibilité de la psychologue devant me recevoir. Un peu plus et je me pointais jeudi matin la bouche en coeur… pour rien!
Re-annulation des billets, retour maison et poursuite des vacances pour quelques précieux jours de plus.
Le lundi matin, c’est fraîche et dispose que je me présentai pour le dernier entretien. J’avais rendez-vous à neuf heures, j’étais là très en avance. Le stress. Huit heures et demie. Personne, normal. Neuf heures moins le quart. Toujours personne, normal. Neuf heures. Personne, bizarre. Neuf heures et quart. Toujours personne, vraiment bizarre. Neuf heures et demie. Personne? Vraiment? Dix heures. Euh… je fais quoi? Je rentre? J’allais et venais entre le secrétariat et la salle d’attente, je sortais, rentrais, guettais par la fenêtre, faisais les cent pas. La psychologue a fini par arriver vers onze heures. D’un ton sec, elle m’a dit qu’elle m’avait attendue jeudi, que je n’étais pas venue, et qu’on ne l’avait guère prévenue qu’elle devait me recevoir ce matin. Que j’aurais dû prévoir d’être disponible pour le concours et ne pas partir en congés. J’ai faiblement répondu qu’on ne m’avait pas prévenue de l’éventualité d’un oral supplémentaire, que ces vacances avec ma mère avaient été prévues de longue date en dehors des périodes de concours et que, vraiment, j’étais désolée de ce malentendu.
Forcément, vu le contexte, l’entretien n’a pas été fabuleux. J’étais sur la défensive, j’ai enchaîné les platitudes et les lieux communs, bref, j’ai été nulle!
Forcément, j’ai raté le concours.
Ma mère est morte quelques mois plus tard.
C’était vraiment une année de merde. Continuer la lecture

Publié dans concours, élève, formation | Commentaires fermés sur Une histoire de choix (2)

Une histoire de choix (1)

Avril 1999. 
À l’époque je suis « aide-éducatrice » en crèche parentale, ce qui pompeusement veut dire « contrat aidé mi-temps précaire » en crèche parentale. J’aime ce que je fais et je me suis inscrite à un concours qui me permettrait de continuer dans cette voie : éducatrice de jeunes enfants. Les écrits sont passés, les oraux aussi, j’attends maintenant les résultats. J’ai profité d’une semaine de congés pour partir en Vendée avec ma mère. Nous ne le savons pas encore mais ce sont nos dernières vacances ensemble, le cancer aura sa peau dans quelques mois. Nous sommes aux Sables d’Olonne, il fait presque beau et ma mère va presque bien, nous passons de bonnes vacances. Jusqu’à ce que mon colocataire m’appelle sur le portable de ma mère. L’institut de formation a laissé un message sur le répondeur, je suis convoquée le jeudi pour un entretien supplémentaire afin de départager les candidats. Nous sommes mardi. Panique à bord.
Je rappelle aussitôt, j’explique que je suis en congé, loin de chez moi, et que là, pour jeudi, ça risque de pas être possible. La secrétaire est intraitable. C’est jeudi, point.
Je ré-explique. Je suis en congé, loin de chez moi, avec ma mère malade, et pour jeudi ça va pas être possible. La secrétaire ne lâche rien. C’est jeudi, point.
Je ré-ré-explique. Je suis en congé, loin de chez moi, avec ma mère malade qui n’a pas de voiture et qui ne pourra pas rester toute seule parce que okay, elle va presque bien, mais c’est quand même pas la grande forme non plus, donc il faudrait d’abord que je la ramène à Paris (en train) puis que je rentre à Toulouse (en train) et bon, ça va un peu lui gâcher ses vacances quand même, surtout qu’après elle repart pour une chimio, alors honnêtement, est-ce que ça serait pas possible, en demandant gentiment, de décaler un peu l’entretien surprise, entretien qui, je précise, n’avait été évoqué nulle part, afin de permettre à ma mère malade de profiter un petit peu de cette parenthèse au bord de la mer avec sa fille? Cela n’attendrit pas la secrétaire. Soit je viens jeudi passer mon entretien, soit je perds ma place et je n’ai plus qu’à retenter le concours l’an prochain.
Je suis face à un mur. Ma mère, restée à côté, semble se résigner. Elle sait que c’est important, ce concours, qu’il me permettrait de passer un diplôme, d’avoir un travail qui me plaît vraiment, alors elle me dit que tant pis, on n’a qu’à changer les billets de train et rentrer plus tôt, tant pis pour les vacances, tant pis pour le temps passé ensemble, ce temps qui nous manque tellement le reste de l’année, parce qu’elle est à Paris et moi à Toulouse. Et moi, je la regarde, ma mère, avec ses quarante kilos, sa perruque, et les marques tatouées pour la radiothérapie, je regarde cette femme malade depuis des mois, qui lutte seule, qui ne se plaint jamais, et qui, malgré tout ça, continue à m’encourager, à penser à moi, à me faire passer avant elle. Et en la regardant, je me dis que non, c’est trop con, on ne sera peut-être plus jamais là, toutes les deux, en vacances au bord de la mer.
Alors je baisse la voix et, calmement, je raconte tout ça à la secrétaire intransigeante. Réponse cinglante de cette dernière :
« Dans la vie, Mademoiselle, il faut faire des choix! »
Je dois donc choisir entre ma mère et mon concours. Choisir entre ce que j’ai et ce que je veux. Choisir entre le présent qui file entre mes doigts et l’avenir que je désire.

Le choix que j’ai fait? Je vous le raconterai demain. Mais vous, qu’auriez-vous fait à ma place? Continuer la lecture

Publié dans Choix, concours, élève, formation | Commentaires fermés sur Une histoire de choix (1)

Élèves

Le 1er février, j’écrivais ça :
« Parce que je suis élève aide-soignante, j’apprends le programme officiel, comme tous les élèves aides-soignants de France. Quand je serai diplômée, j’aurai les mêmes savoirs que tous les autres aides-soignants. Alors, qu’est-ce qui permettra de nous différencier? Pourquoi embaucher celui-ci plutôt que celle-là? »
Je me trompais.
La formation aide-soignante, c’est 840 heures de stage (soit 6 stages de 4 semaines chacun) et 595 heures de théorie (soit 17 semaines pour 8 modules). Dire qu’en fin de formation j’aurai les mêmes savoirs que les autres élèves est une erreur.
Nous ne faisons pas les mêmes stages. Nous ne découvrons pas les mêmes services. Nous ne rencontrons pas les mêmes soignants. Ni les mêmes patients. Parfois, pour un même stage dans un même service avec les mêmes soignants, nos ressentis sont radicalement différents. Parce que nous ne sommes pas les mêmes stagiaires.
Oui mais… nous allons aux mêmes cours, nous devons donc avoir 595 heures de formation commune. Encore raté.
Cours sur la fin de vie. Le psychologue nous parle d’accompagnement et de deuil. Dans la marge, je note « Marie de Hennezel » et Elisabeth Kübler-Ross » en me disant qu’il faudra que je les relise. Je n’ai aucun mérite à connaître ces auteurs, je les ai tout simplement découverts à la mort de mes parents. Tout le monde n’a pas la chance d’être orpheline! Un rapide coup d’oeil sur l’amphi. Clarisse a le visage fermé, ce cours a l’air difficile à encaisser pour elle. Sonia fait des mots croisés. Solange gribouille. Tatiana dort, cachée derrière ses longs cheveux. Nicolas note consciencieusement, il souligne les mots-clés et met plein de couleurs. Caroline lève la main, une question la démange. Rozenn et Juliette chuchotent. Un même cours, et autant d’apprentissages que d’élèves.
Atelier pratique sur la toilette. Trois groupes, trois formateurs. L’enseignement théorique est le même, les façons de le transmettre sont différentes. Dans chaque groupe, des élèves aux parcours différents. Des jeunes, des moins jeunes, des néophytes et des expérimentés. On apprend avec les formateurs et le groupe, chacun y allant de sa petite astuce pour aider ses collègues. Autant d’interactions que d’élèves.
Cours sur les maladies de l’appareil digestif. Forcément, le cancer de l’oesophage, ça me parle. La pancréatite aussi. J’écoute attentivement, j’apprends plein de choses que j’aurais aimé savoir avant. Avant quoi? Avant que mes parents ne soient touchés pardi! Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents alcooliques. Coup d’oeil dans l’amphi. Cette fois encore, chacun est là à sa façon. Plus ou moins présent, plus ou moins apprenant. Autant de cours que de vécus.
Cours sur l’anatomie du rein. Je suis fatiguée, je décroche. Mes yeux se ferment, je les rouvre, ils se referment. Mes notes ne ressemblent à rien, quelques mots épars sur une feuille. Derrière moi, Caroline semble fascinée par le sujet, elle a déjà noirci trois feuilles de son écriture régulière. Je lui demanderai son cours en sortant. En espérant qu’on ne tombera pas dessus à l’évaluation. Autant de centres d’intérêt que de cours.
Entretiens individuels. Les trois formateurs se partagent la promo en tutorat. J’aime bien ces moments-là, dans le calme d’un bureau. On peut parler, faire le point, poser des questions. On peut aussi pleurer. Ou rire. Ou raconter des choses un peu intimes. Ça reste dans le bureau, entre nous. Autant d’entretiens que de confidences.

Finalement, après 1 435 heures d’enseignement théorique et clinique, il n’y aura pas deux élèves ayant reçu la même formation.
Parce que chacun de nous est arrivé avec un certain âge (voire un âge certain) et une certaine expérience.
Parce que chacun de nous aura vécu cette année à sa façon.
Parce que chacun de nous aura vu des choses en stage et appris des choses en cours.
Parce que chacun de nous aura discuté avec les uns plutôt qu’avec les autres.
Parce que chacun de nous aura pris des notes de telle ou telle façon.
Parce que chacun de nous aura pris (ou non) du recul sur ce qu’il vivait en stage.
Parce que chacun de nous est différent de son voisin, tout simplement.

Une formation. Mille élèves. Mille apprentissages. Mille aides-soignants différents. Continuer la lecture

Publié dans aide-soignante, élève, formation, IFAS, Stage | Commentaires fermés sur Élèves