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Dragi Webdo n°163: guérir du diabète avec le régime (DiRECT), objectif dans l’HTA, bénéfice mammographie / examen clinique des seins, contraception et cancer

Bonjour, cette semaine, les actualités vont être essentiellement gynécologiques! Les billets sont souvent publiés tard le soir, alors pour ne pas en louper, pensez à vous abonner en inscrivant votre mail en haut à droite! (et en validant bien le mail de confirmation que vous recevrez… sinon, ça ne marche pas!)
1/ Pharmacovigilance
Commençons par les alternatives à la benzathine pénicilline G dans le traitement de la syphilis d’après la SPILF. L’azithromycine ne figure plus sur la liste des traitements possibles, et la doxycycline est vraiment le traitement à privilégier en l’absence du traitement par pénicilline.
Des risques d’hépatites liés à l’ulipristal acetate sont en cours d’évaluation par l’agence européenne du médicament. En France, ce traitement est surtout prescrit en ville comme contraception d’urgence, mais aucun cas d’hépatite n’a été signalé dans ces conditions de prises ponctuelles. C’est rassurant, mais sinon, le levonorgestrel c’est plutôt bien, hein.
L’evolocumab, l’anti-pcsk-9 dont on parlait pas mal il y a quelques mois a été évalué par la HAS qui lui attribut un SMR insuffisant de les dyslipidémies non héréditaire homozygote. Étonnant que des médicaments avec des preuves d’efficacité aient des avis pourris et que des médicaments pourris restent remboursés… Mais en regardant en détail, l’étude FOURRIER, publiée en mars 2017 qui retrouvait la baisse d’évènements cardiovasculaire non mortels (NNT = 84), n’a pas été prise en compte dans  ce rapport qui datait, en fait, de 2015 mais mis sur le site de la HAS en décembre 2017. Peut être une révision de l’avis dans 10 ans? (je ne suis pas spécialement « pour » ou « contre » les anti PCSK-9, mais l’organisation de ces administrations me dépasse…)

2/ Cardiovasculaire
Commençons par une étude de Circulation, étudiant les mesures de tension dans les études contrôlées randomisées ayant entrainé la modifications des recos américaines avec une cible plus basse. Ces analyses mettent en évidence une courbe en J, entre les valeurs de la PAS et la mortalité globale. Ainsi, on voit bien que sur-traiter augmente la mortalité. Chose étrange, le nadir (point le plus bas de la courbe correspondant à la tension à obtenir pour avoir le meilleur bénéfice) n’est pas situé au même endroit dans les groupes traitement standard ou traitement intensif… Les auteurs concluent qu’on ne peut donc pas se fier aux études de cohortes car il y aura la courbe en J, mais uniquement aux essais randomisés qui permettent en fait de trouver un « meilleur » nadir de PAS selon les groupes. Il y a peut être également un facteur qu’on a pas encore identifié qui intervient…
3/ Gynécologie
 Des études sur la mammographie, pour commencer. La première est une étude de cohorte taïwanaise, comparant différents modes de dépistages dans laquelle près de 1,5 million de femmes asymptomatiques ont été incluses. La mammographie systématique tous les 2 ans était associée à une augmentation des la mortalité de 41% par rapport aux femmes ne bénéficiant que d’un examen clinique des seins annuel orientant la réalisation d’une mammographie mais un surdiagnostic de 13%. Maintenant, en comparant les mammographies  tous les 2 ans réalisées après évaluation individuel du risque de cancer du sein, il n’y avait qu’une réduction du nombre de cancer de haut grade et pas de baisse de mortalité en comparant à l’examen clinique annuel et pas non plus de surdiagnostic. Malheureusement, les chiffres absolus sur la mortalité ne sont pas disponibles. A Taïwan, la mammographie tous les 2 ans semble plutôt intéressante, mais peut être qu’une mammo annuelle plutôt que tous les 2 ans pourrait être préférée dans le cadre d’un dépistage basé sur le risque individuel de cancer.
Du coté des Pays Bas maintenant, une étude de cohorte rétrospective a été menée chez les femmes ayant participé au programme de dépistage par mammographie tous les 2 ans entre 1989 et 2012 par rapport à celles n’y ayant pas participé. Les auteurs retrouvent une réduction de mortalité dans la cohorte de 5%. Cependant, ils prennent ensuite en compte « l’effet cohorte ». C’est un effet complexe a géré, lié au fait que les patients dans la cohorte, ne se comportent pas de la même façon que les patients en dehors de la cohorte, ni de la même façon que des patients « juste avant » la cohorte ou « juste après ». Bref, en prenant en compte cet effet, il n’y avait plus de bénéfice de mortalité. De plus, après prise en compte du temps d’avance diagnostique , 32% à 52% des cancers diagnostiqués étaient du surdiagnostic!
Pour continuer dans les méga-cohortes de plus d’un million de patient, une étude du NEJM sur des registres danois a retrouvé que les contraceptions hormonales augmentaient le risque relatif de cancer du sein de 20% en moyenne, s’échelonnant entre 9% et  38% , respectivement pour les utilisatrices de moins de 1 an et celles de plus de 10 ans d’utilisation. En chiffres absolus, ça donne des NNH de 33000 patientes par an utilisatrices de moins d’un an et de 6250 utilisatrices de plus de 10 ans par an Les contraceptions oestro-progestatifs étaient donnaient des résultats similaires aux progestatifs seuls. Seul l’implan contraceptif semblait avoir un risque un peu plus faible. Le sur-risque de cancer du sein se normalisait rapidement pour les utilisatrices sur de courtes périodes mais persistant jusqu’à 5 ans après l’arrêt pour les utilisatrices depuis plus de 10 ans. Les NNH semblent élevés, mais rapportés à la fréquence de prescription, ils ne le sont pas tant que ça… Pas de quoi prendre peur non plus, c’était des effets déjà connus, qui sont maintenant mieux chiffrés. (Si jamais des patients passaient par ici: n’arrêtez pas votre contraception à cause de cela et reparlez en à votre médecin pour discuter de la contraception la plus appropriée pour vous!)
Parlons maintenant des dispositifs intra-utérins (DIU, alias « stérilets »). Une méta-analyse qui semble de bonne qualité, a retrouvé que l’utilisation des DIU était associée à un moindre risque de cancer du col de l’utérus d’environ 30%. Cette diminution ne semblait pas être lié à la réalisation de davantage de frottis. Cependant, l’étude n’est pas en mesure de connaitre la part des DIU hormonaux pour savoir si cela influait sur les résultats.
Pour finir avec la gynécologie, une méta-analyse du BMJ, a recherché un bénéfice à la supplémentation en vitamine D durant la grossesse. Les auteurs retrouvent peu de bénéfices sur les issues de grossesse, en dehors d’une diminution des bronchiolites et asthmes du nourrisson, et concluent que les preuves sont insuffisantes pour recommander cette supplémentation. Si une ampoule de vitamine D à 28 SA réduit les bronchiolites, je pense pas que le coût soit si exorbitant pour s’en priver…
4/Diabétologie
Une méta-analyse du Lancet Diabetology  a concerné les grandes études sur les analogues du GLP-1 (liraglutide, exenatide, semaglutide et lixisenatide). Les auteurs ont retrouvé un effet de classe réduisant les évènements cardiovasculaires de 10% et de la mortalité globale de 13%, sans augmentation des pancréatites, cancer du pancréas ou hypoglycémies (je n’arrive pas à accéder à l’article complet pour chercher des NNT). Pour le moment, le plus efficace reste le liraglutide, du moins, c’est celui qui a pesé le plus grâce à l’étude LEADER.
Enfin, peut on guérir du diabète sans traitement? Des chercheurs l’ont tenté dans une belle étude contrôlée randomisée nommé DiRECT et publiée dans le Lancet. Les 300 patients recrutés en médecine générale avaient un diabète de moins de 6 ans, un IMC entre 26 et 45, pas d’insulinothérapie et une HbA1C < 12%. Ils ont été traités de façon conventionnelle ou par un programme de perte de poids : arrêt de tous les antidiabétique oraux à J1 du programme, rations calorique à 850kcal/j pendant 3 mois puis rééducation à l’alimentation pendant 2 mois suivi de conseils à domicile le reste de l’étude pour obtenir une perte de poids de 15kg!! Après 12 mois d’étude, la rémission du diabète (HbA1C < 6,5%, après au moins 2 mois d’arrêt des traitements) a été obtenue chez 4% des patients en prise en charge classique , contre 46% dans le groupe intervention (OR= 19,7 ; p<0,001 et NNT=2,4 patient par an!). Une perte de poids était la condition indispensable à la rémission du diabète, et le pourcentage de patient en rémission augmentait avec le nombre de kilogrammes perdus. Une étude donc extrêmement intéressante, et des patients à suivre indispensablement sur plusieurs années pour voir si le régime mis en place et la rémission du diabète persistent. Et grande question: est ce qu’avoir une HbA1C<6,5% fait rebaisser le risque cardiovasculaire, ou pas?
C’était très dense! Bonne lecture et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°162: opiacé et dyspnée, anticoagulants et ACFA, insuffisance cardiaque, prévention infection urinaire, rhinite allergique, yoga

Bonsoir! Avant de commencer avec du retard de Dragi Webdo, je vous invite à lire un article du BMJ (qui se chauffe doucement pour les articles amusants de la X-mas edition) parlant des mythes médicaux en ayant cherché (en vain) des articles démontrant la véracité de ces mythes tels que « nous n’utilisons que 10% de notre cerveau », « les ongles poussent encore après la mort », « lire dans l’obscurité altère la vision… » . Un peu de sérieux maintenant, c’est parti pour les actualités!


1/ Pharmacovigilance

Voici des données rassurantes sur les traitements opiacés chez les patients avec dyspnée chronique. Cette méta-analyse n’a pas trouvé d’aggravation de la dyspnée chez les patients traités, avec des résultats discordants, et quand une baisse de saturation est notée, il n’est pas certains que la différence soit cliniquement pertinente.


2/ Cardiovasculaire
Une méta-analyse du BMJ a réévalué les différents anti-coagulants dans la prise en charge de la fibrillation auriculaire. Cette méta-analyse en réseau retrouve que seuls l’apixaban 5mgx2/j et l’edoxaban 30mg/j diminuent la mortalité par rapport à la warfarine, et que tous les AOD (sauf le rivaroxaban) réduisent le risque de saignement majeur (on a pas les chiffres pour faire des NNT). Par ailleurs l’apixaban est le traitement étudié le plus cout-efficace. Après avoir été longtemps décriés, les AOD (enfin, l’apixaban surtout), semblent avoir leur place dans la prise en charge de la FA en 1ère intention comme le proposaient les recommandations de l’ESC (mais c’est tout de même mieux quand on a des preuves de l’efficacité)
Dans un autre article du BMJ, les auteurs ont randomisé des patients avec des ulcères veineux des membres inférieurs pour leur donner un traitement par aspirine faible dose ou un placebo. L’aspirine a été responsable d’une cicatrisation plus lente que le placebo à 24 semaines, sans être significatif. Il ne faut donc pas donner de l’aspirine pour traiter les patients avec un ulcère veineux! (il faut bien que je mette quelques essais négatifs de temps en temps)
J’en ai entendu certains se poser la question des bêtabloquants. Un article vient d’être publié portant sur ces traitements dans l’insuffisance cardiaque. Augmenter les doses des bêta-bloquants chez les patients diminue la mortalité de 3,5% par mg de bisoprolol chez les non diabétiques et de 8,5% par mg de bisoprolol chez les diabétique. De même, l’augmentation de la dose d’IEC diminuait la mortalité d’environ 5% chez tous les patients. Ce sont des risques relatifs mais à partir des tableaux peu pratiques, ça ferait des NNT à 5 ans de l’ordre de 20 entre des faibles doses de bêta bloquant et d’IEC et les doses élevées. Ça conforte l’idée de mettre ces traitements au dosage maximum toléré.
3/ Infectiologie
Un article aborde les traitements non antibiotiques dans la prévention des infections urinaires. Les moyens avec une faible efficacité dans des essais contrôlé randomisés versus placebo sont les œstrogènes vaginaux, la médecine chinoise, la. méthénamine dont une revue Cochrane avait déjà montré les bénéfices.  Les probiotiques et la canneberge ne montrait pas de bénéfice significatif.
Dans l’exacerbation de BPCO, entre les recos qui préconisent une antibiothérapie quasi-systématique et la Cochrane qui ne trouve pas d’efficacité, certains ont orienté la prescription selon la PCT (avec un seuil variable de 0,25 ou 0,5µg/L). Les auteurs ont ainsi retrouvé que cibler les patients avec une PCT élevée permettait d’épargner les antibiotiques sans augmentation des échecs, des récurrences ni de la mortalité.


4/ Rhumatologie
Rapidement maintenant, un essai randomisé dans la lombalgie chronique « yoga » versus « yoga différé ». Les patients avaient des lombalgies depuis 15 ans en moyenne, et les patients du groupe traité en 1er avaient une amélioration de leur incapacité fonctionnelle et des douleurs de moindre intensité à 6 mois, après 12 semaines d’intervention. Bon, -2,48 sur un score qui va de 0 à 24, c’est quand même pas énorme comme bénéfice…
5/ Allergologie
Enfin, je sais que certains lecteurs attendaient impatiemment  les recos pour cette maladie chronique qu’est: la rhinite allergique! Le collège d’allergologie américain recommande donc une monothérapie par corticoïdes nasaux en première intention sans y associer d’anti-histaminique. En cas de rhinite modérée à sévère, peuvent leur être ajouté des anti-histaminiques nasaux (voilà, elles ne sont pas très longues ces recos là!). C’est un poil plus agressif que ce que recommandait le collège d’ORL américain qui proposaient les anti-histaminiques nasaux en 1ère intention, les corticoïdes nasaux en cas de retentissement sur la qualité de vie, et laissait quand même une place aux anti-histaminiques oraux en cas de prurit ou d’éternuements gênant.
Je m’arrête là pour ne pas trop surcharger, certains articles seront discutés la semaine prochaine! Bonne soirée et à bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°161: cancer du col, infertilité, ménopause, hypoglycémies, antalgiques

Bonjour à tous! Le Congrès du CNGE était plutôt bien, cette année encore (mais j’avoue axer mes cessions sur du bio-médico-psycho-social plutôt que sur de la pédagogie). Vous pouvez retrouver le suivi des sessions avec #CNGE2017!

 
1/ Pharmacovigilance
La HAS a réévalué le thiocolchicoside pour confirmer son absence bénéfice (SMR insuffisant) avec un risque teratogène notamment chez l’homme.
Une étude sur les benzodiazépines prescrites aux patients avec maladie d’Alzheimer, retrouve une augmentation de la mortalité chez les patients traités. Une fois de plus, dans la maladie d’Alzheimer ou dans l’insomnie, les mesures non médicamentes sont vraiment les prises en charges à privilégier.
Pour faire la transition avec le chapitre suivant de pneumologie (#JeSavaisPasDansQuelleParagrapheMettreCetArticle) , un article du JAMA internal medicine revient sur le risque de fracture osseuses chez les patients asthmatique. En effet, les auteurs retrouvent une augmentation du risque de fracture chez les patients ayant pris des corticoïdes per os, mais pas avec les corticoïdes inhalés sur une population de près de 20 000 enfant (ce qui permet quand même de limiter le manque de puissance).
2/ Pneumologie
Des recommandations sur les dilatations des bronches ont été publiées par la société européenne respiratoire. Les détails ne sont pas importants mais, il faut retenir qu’en dehors d’une association à de l’asthme ou à de la BPCO, les corticoïdes inhalés ne sont pas recommandés, que les B2 mimétiques de longue durée d’action peuvent être envisagés en cas de dyspnée persistante en association à de la kinésithérapie respiratoire, et qu’en cas d’exacerbation, le traitement antibiotique est à mettre en place pour 14 jours (donc plus long que dans la BPCO).
D’après un article de PlosOne, le vaccin antigrippal chez l’enfant serait efficace, mais avec une efficacité pas terrible quand même, variant entre 33% et 70% selon l’âge de l’enfant et l’année de vaccination. Le problème, est ce que c’est une étude hospitalière et donc, l’efficacité du vaccin n’est pas évaluée sur nos jeunes patients en ville
3/ Gynécologie 
Une étude s’est penchée sur les dépistages du cancer du col utérin en France. D’abord, le dépistage  du cancer du col  organisé était plus cout/efficace que le dépistage individuel. Ça tombe bien, il devient organisé dans quelques mois. Enfin, la recherche d’HPV effectuée tous les 5 à 10 ans était plus « cout-efficace »!
Peut être fallait il le démontrer, mais un essai contrôlé randomisé a comparé la stimulation ovarienne avec insémination versus l’attente dans la prise en charge de l’infertilité.Heureusement, ça marche! Et par rapport aux études cardiovasculaires, là, on a un NNT de 4,6 pour un suivi de 3 cycles! La courte durée de l’étude n’a pas permis de montrer plus d’effets indésirables (notamment, pas de syndrome d’hyperstimulation ovarienne).
Le BMJ propose un article sur les traitements non hormonaux des symptômes de la ménopause. Les traitements non pharmacologiques possibles sont les thérapies cognitivo-comportementales, l’hypnose et l’acuponcture. En cas d’échec de ces mesures, les traitements pharmacologiques sont proposés (même si je doute de la balance bénéfice/risque, notamment dans l’ordre proposé par les auteurs): (es)citalopram, puis venlafaxine, puis paroxetine (je l’aurais mise en 1er quitte à mettre un de ces traitement…) , puis gabapentine et enfin clonidine si rien d’autre ne marche. A ce niveau là, il est probable que les traitements hormonaux aient une balance bénéfice/risque plus favorable (en l’absence de contre-indication…). Pour les symptômes vaginaux, les lubrifiants à l’eau ou à la silicone sont proposés.
4/ Antalgiques
C’est une étude aux urgences pour des douleurs des extrémités (plutôt traumatiques), cependant, ses résultats sont intéressants. Dans cet essai contrôlé randomisé du JAMA, les auteurs ont retrouvé que 2 heures ‘après 1 prise d’antalgiques de paracetamol 1g avec 400mg d’ibuprofène, la baisse d’intensité de la douleur était identique à la baisse suite à la prise d’antalgiques morphiniques (pallier 2 ou pallier 3). Le schéma de l’étude est néanmoins complexe, avec 4 bras, et des doses de paracetamol associée aux antalgiques de pallier 2 et 3 d’uniquement 350mg. Il aurait été intéressant de vraiment comparer avec les 1g de paracetamol…  Bref, en l’absence de contre indication, il est probablement évitable de recourir aux morphiniques en privilégiant une combinaison AINS+parcetamol. C’est certainement utile pour des douleurs traumatiques pouvant risquer de devenir chroniques pour lesquelles les opiacés au long cours présentent plus de risque. Pour des douleurs non traumatiques (infectieuses, douleurs abdominales non encore identifiée), il est probable que les morphiniques soient plus adaptés compte tenu des effets indésirables connus des AINS.


5/Diabétologie
Une étude de cohorte de plus de 1200 patient diabétiques de type 2 confirme le lien entre hypoglycémie sévère et risque de mortalité globale (HR= 1,7) lié à une augmentation de mortalité cardio-vascuaire (HR=1,64) et de mortalité par cancer (HR=2,49). Ne me demandez pas des NNH, on « inflige pas » des hypoglycémies sévères aux patients donc voilà…  Je n’ai pas l’explication pour les cancers… mais en tous cas, éviter les hypoglycémies sévères est important!
C’est fini pour cette semaine, bon retour de Montpellier à tous, et dédicace spéciale aux Twitto.a.s présents, vivement la prochaine IRL!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°160: Dépression (reco HAS), HTA (reco US #AHA), VIH (reco Morlat), diabète (Reco US), bénéfice perte de poids/mortalité

Bonjour! C’est une avalanche d’articles passionnant qui a déferlé cette semaine… Je vais donc essayer de les sélectionner pour ne pas que ce billet soit immensément long, mais cela ne va pas être simple… En effet, il faudrait plutôt que vous lisiez des livres au lieu de lire ce qui se trouve sur d’autres supports, car lire les livres est associé à une augmentation de la durée de vie (par rapport aux autres lectures et aux non-lecteurs)! Bonne lecture quand même!


1/ Pharmacovigilance

L’ANSM a publié un avis à propos des DIU au levonorgestrel (Mirena et Jaydess) compte tenu du nombre de déclaration d’effets indésirables recensés. L’imputabilité est actuellement faible, mais ça avait aussi commencé comme ça pour ESSURE… En attendant l’agence demande de renforcer les explications sur la balance bénéfice/risque et les effets indésirables possibles.


2/ Cardiovasculaire

La première partie est consacrée aux articles publiés lors du congrès de l’American Heart Association. En effet, des nouvelles recommandations sur l’HTA font parler d’elles à cause du nouveau seuil diagnostique: 130/80! ( >130/80: stade 1, >140/90: stade 2, >180/120: poussée hypertensive). Les recos du JNC8 (et leur cible de 150/90 chez les plus de 60 ans) ont été totalement zappées à cause de SPRINT dont les mesures de tension étaient proches de mesures à domicile et non de mesure « classiques en cabinet ». En réalité, il n’y a pas tant de chose qui changent. Il faut d’abord rappeler que l’HTA est un facteur de risque cardiovasculaire et non une maladie, il n’y a donc pas plus de « malades » au nouveau seuil, mais il y a plus de patients avec un facteur de risque. Le diagnostic repose soit sur des mesures ambulatoires soit au cabinet, avec une attention particulière pour l’HTA masquée, c’est à dire : des patients hypertendus qui ont des tensions normales au cabinet voire même sur des automesures à domicile, mais qu’il faut investiguer par MAPA en cas de tableau évocateur (céphalées, asthénie, nycturie…) avec atteinte d’organe (protéinurie, hypertrophie cardiaque….).
Le bilan au diagnostic est un peu plus étendu dans leurs recommandations:
– NFS-plaquettes, EAL, glycémie à jeun, Na, K, calcémie, créatininémie, TSH, BU et ECG systématiquement,
– albuminémie/créatininurie , acide urique, échocardiographie de façon optionnelle
Ce qui chance surtout c’est l’indication de traitement avec ce nouveau seuil:
–  pour des patients à risque cardiovasculaire élevé (score AHA >10%, ce qui correspondait à un SCORE européen > 5%) ou en prévention secondaire: traiter à partir de 130/80
– pour les patients à risque non élevé (AHA < 10%, donc SCORE < 5%): traiter à partir de 140/90.
Pour ce qui est des objectifs tensionnels, c’est 130/80 pour tout le monde, une fois le traitement débuté.
Les auteurs proposent une bithérapie d’emblée en cas d’écart à l’objectif supérieur à 20/10mmHg. Dans ces recommandations, les bêtabloquants ne sont pas des traitements à utiliser avant d’avoir épuiser les autres classes classiques, la spironolactone est indiquée dans l’HTA résistante malgré une trithérapie, et les antihypertenseurs centraux sont à utiliser en dernier recours.
Je ne m’étendrai pas plus sur ces recos, PUAutomne l’a déjà fait!
Et pendant ce temps, une méta-analyse était présentée, ne montant qu’un bénéfice certain à traiter les patients en prévention primaire avec un objectif plus stricte de 160 de PAS et mineur (uniquement retrouvé sur l’insuffisance cardiaque) quand l’objectif était de 140 mmHg , alors que la reco incitait à avoir un objectif à 130/80 (seuil même pas testé dans cette méta-analyse parce que le bénéfice à 140 était déjà pas grand…) Bref, la science versus les experts… (et leurs conflits d’intérêt?)

Très rapidement, la suite de l’étude COMPASS qui évaluait le rivaroxaban en plus de l’aspirine chez des patients en prévention secondaire, avec une analyse qui porte cette fois ci sur les patients avec une AOMI. Le rivaroxaban associé à l’aspirine diminuait le risque cardiovaculaire (NNT= 53) et d’ischémie du membre inférieur (NNT=90) malgré une augmentation des saignements majeurs dans des proportions équivalentes (NNH= 85). Étant une sous étude de COMPASS qui utilisait l’aspirine, on regrette de ne pas avoir eu du clopidogrel en comparateur dont l’efficacité est supérieure en cas d’AOMI.
Je voulais vous parler de la perte de poids chez des patients obèses grâce à des règles hygiéno-diététiques, qui, pour la 1ère fois, démontrerait un bénéfice en terme de mortalité globale avec un NNT de 166 (6 décès évités pour 1000 patients participants) Encore une fois, PUAutomne m’a devancé! Alors, je vous laisse lire son billet (il faut dire que c’est lui qui m’a inspiré le Dragi Webdo, du temps où il faisait sa veille hebdomadaire, alors rien d’étonnant à sa réactivité)

3/ Psychiatrie
La HAS a publié des recommandations sur le diagnostic et la prise en charge des épisodes dépressifs caractérisés en soins primaires. Les critères diagnostics sont les critères classiques mais on peut s’aider d’outils comme le BDI ou l’échelle de Hamilton qui permettent également d’évaluer la sévérité de l’épisode dépressif caractérisé. Pour les épisodes dépressifs caractérisés légers à modérés, la prise en charge peut être faite par le généraliste, le traitement anti-dépresseur pouvant être discuté en 1ère intention pour les épisodes modérés, avec une réévaluation à 4-8 semaines (j’ai rarement vu une dépression guérir en 4 semaines…). Pour les épisodes sévères, l’avis du psychiatre est recommandé de façon systématique après mise en place du traitement pharmacologique par le généraliste (faut dire qu’avec les délais de consultation des psychiatres, ça va pas être simple de mettre en place cette reco!). Quelque soit la sévérité, une psychothérapie est fortement recommandée et en cas d’épisode sévère, le traitement doit être poursuivi pendant au moins 6 mois, voir 1 an. On regrette l’absence de recommandations sur les molécules à prescrire, en dehors de « Il n’y a pas de différence d’efficacité entre les classes, privilégier IRS et IRSNA en 1ère intention , et les tricycliques en 2ème intention » (même si certains ont quand même plus d’effets indésirables connus que d’autres, non?). Au final, pas grand chose de neuf.
4/ Infectiologie
Des recommandations pour la prise en charge VIH 2017 ont été publiées. Le point pouvant intéresser la plupart des généralistes concernent la mise en place d’un traitement post exposition. Le délai pour la mise en place reste à 48h maximum, alors que les recos américaines proposaient 72h . Pour les autres points, je vous laisse lire, c’est un peu spécifique quand même.
Alors que les recos récentes sur les exacerbations de BPCO de la SPLF proposaient une antibiothérapie quasi-systématique, une publication de la revue Cochrane ne retrouve pas de bénéfice probant pour les patients traités en ambulatoires, ou même hospitalisé; le réel bénéfice étant pour les patients en soins intensifs. Peut être par manque d’études en ambulatoire?
5/ Diabétologie
Des recommandations ont été proposées par le département médical des vétérans américains sur la prise en charge du diabète. Ces recos ne sont pas très détaillées mais on y trouve des objectifs glycémiques plutôt concordant avec les données scientifiques : 
– pour les patient sans comorbidités avec espérance de vie > 10-15 ans: 6-7% d’HbA1C
– pour les patients avec complication macro ou microvasculaire et espérance de vie entre 5-10 ans: 7-8,5%
– pour les patients avec espérance de vie < 5 ans: 8-9%
Pour les traitements, la seule ligne de recommandations concerne la metformine qui est proposée en 1ère intention.
Des recommandations  du collège des généralistes canadien recommandent la dépresciption des agents hypoglycémiants chez les sujets âgés. La formulation exacte est la « dépresciption des agents pouvant favoriser les hypoglycémies chez les patients âgés à risque ou pouvant entrainer d’autres effets secondaires
C’est enfin terminé! Désolé pour le retard du billet, mais il y avait le congrès du CNGE à préparer! Dans la liste des sites utiles, je n’ai pas eu le temps de le tester, mais en voici un sur la lombalgie qui a l’air bien fait: http://lombalgie.kce.be/
A très bientôt pour ceux que je vais croiser à Montpellier et à la semaine prochaine pour les autres!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°159: angor stable, dépistage BPCO (reco US), e-cigarette, rythme des FCU, cystite et AINS

Bonjour à tous! Pour commencer, je voudrais vous parler d’un article du BMJ open sur la durée de consultation chez un praticien de premier recours. Mis à part le fait que nos consultations sont en moyenne de 17 minutes (c’est à dire un peu plus longues que la plupart des autres pays européens), on voit aussi qu’on a la densité médicale la plus importante… j’ose même pas imaginer les déserts médicaux des autres pays; c’est peut être ce qui explique leurs consultations plus courtes…

1/ Cardiovasculaire

Pour commencer, parlons de l’article du Lancet qui pourrait modifier la prise en charge des coronaropathie si on accepte de remettre en cause ce que l’on fait depuis de nombreuses années. Les auteurs ont randomisé 200 patients avec un angor stable (et donc pas pour un syndrome coronaire aigüe, SCA) pour qu’ils bénéficient d’une angioplastie coronaire ou d’une intervention placebo. Tous les patients recevaient le traitement médical optimal et le critère de jugement principal était les capacités d’exercice physique à 6 semaines de l’intervention. Les auteurs ont retrouvé qu’il n’y avait pas de différence sur le critère de jugement principal, on peut donc se demander si c’est utile d’effectuer une angioplastie en l’absence de SCA vu qu’il n’y a pas de différence de mortalité entre les 2 groupes (aucun patient n’est décédé)! Cette étude ne devrait pour le moment rien changer aux pratiques, car elle manque clairement de puissance et le suivi n’est pas assez long pour mettre en évidence une différence de survenue d’un SCA ou de décès, le risque de survenue des critères composites cardiovasculaires étant de quelques pourcents sur des suivis de plusieurs années. Mais cela peut pousser à mener une telle étude de grande envergure.

2/ Pneumologie

Les américains ont publié des recommandations sur le dépistage de la BPCO. Ils recommandent de ne pas dépister les patients asymptomatiques, ce qui peut correspondre au fait que, dans les nouvelles recommandations françaises (cf par ici), le traitement est à débuter « si symptômes »et à majorer « si symptômes persistants », le stade GOLD n’intervenant pas. Ce qui n’est peut être pas pris en compte c’est que le dépistage pourrait inciter à l’arrêt du tabac qui aurait un bénéfice indiscutable… L’autre point intéressant est que les auteurs recommandent un dosage d’alpha-1-antitrypsine , une fois, chez tout patient BPCO. Enfin, le TDM-thoracique faible dose est recommandé pour tout patient avec plus de 30PA actif ou sevré depuis moins de 15 ans . La HAS n’a pas jugé que ce dépistage du cancer était suffisamment bénéfique pour le recommander systématiquement.

En parlant de l’arrêt du tabac, un article du BEH a retrouvé que les patients ayant utilisé la cigarette électronique ont plus souvent essayé d’arrêter de fumer et plus souvent diminuer leur consommation de tabac que les autres. Il n’y ait pas eu davantage de sevrage tabagique après 6 mois de suivi (12,5% vs 9,5% ; p =0,18 ), mais cet absence de significativité peut être liée à un manque de puissance car il n’y avait que 250 vapoteurs inclus.


3/ Oncologie

Alors que la warfarine est en train de se faire chasser de toutes les recos de cardiologie par les AOD, voici une étude de cohorte nordique qui retrouve que les patients de plus de 50 ans traités par warfarine ont un risque de cancer diminué! Cet étude montre une diminution significative du risque global de cancer (9% vs 10,5% , NNT estimé à 80%), notamment lié à une baisse de cancer du poumon, de la prostate et du sein. Ce type d’étude est cependant insuffisant pour déterminer une causalité.

Une étude brésilienne vient encore contester les bénéfices de la mammographie. En effet, les auteurs ont retrouvé que la mortalité par cancer du sein à Sao Paulo était associé à la nulliparité (ça, c’est déjà connu) mais aussi au suivi par des mammographie! Les auteurs avancent que les traitements sont certainement liés à cet augmentation de mortalité plus rapide que l’évolution des cancers. Cependant, en discussion, la mortalité globale n’est pas différente chez les patientes avec mammographie ou non. On peut donc penser que la différences de mortalité liée au cancer du sein est due à un sous diagnostic. Enfin, il est également étonnant dans cette étude que la mortalité liée au cancer du sein soit supérieure chez les patientes ayant une assurance de santé privée… de quoi douter des résultats de l’étude.

Concernant le dépistage du cancer du col de l’utérus, une étude compliquée retrouve qu’il serait possible de se limiter à 3 FCU dans la vie d’une femme vaccinée par le vaccin anti-HPV à neuf valences pour surveiller efficacement son risque de cancer. Affaire à suivre!


4/ Infectiologie

Il y a quelques temps, un article de puissance modérée avait testé ibuprofène versus fosfomycine dans la cystite (j’en avais parlé ici). Sauf que cette fois ci, des auteurs ont randomisé les patients entre diclofenac (soit un AINS à doses anti-inflammatoire, ce qui n’était pas le cas de l’ibuprofène dans l’article précédent) ou norfloxacine . Le critère de jugement était la disparition des symptômes à J3 (date à laquelle, toutes les femmes avaient un sachet de monuril proposé en « si besoin »). A J3, 54% des patients sous AINS n’avaient plus de symptômes contre 80% dans le groupe norfloxacine, et il y avait significativement plus de pyélonéphrites chez les patientes traitées par AINS (NNH=20). Bref, pas d’AINS dans les infections urinaires! Après on pourrait toujours discuter de la pertinence de cet antibiotique en première intention…

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@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°158: mortalité et BPCO, LDL et prévention secondaire, diagnostic des coronaropathies stables, statines et diabète, sertraline et insuffisance rénale

Bonsoir! J’espère que la rentrée des nouveaux internes/chefs/assistant s’est bien passée, et que ceux qui étaient en vacances en ont bien profité! Sans plus attendre, les actualités médicales (peu d’articles et beaucoup d’images cette semaine!)
1/ Cardiovasculaire
Pour commencer, Perruche en Automne a publié un super billet sur les dyskaliémies à partir d’un article de Circulation. Je ne peux que vous inciter à le lire! On y voit l’évolution de la mortalité selon la kaliémie des patients, et que l’hypo tue plus vite que l’hyper…
Il y a bientôt un an, un premier article était en faveur des statines fortes doses en prévention secondaire et je l’avais analysé ici. Un nouvel article semble également en faveur d’une baisse plus importante du LDL en prévention secondaire pour diminuer les évènements cardiovasculaires. Les auteurs retrouvent en traçant des droites statistiques (droites de méta-régression) que plus la baisse de LDL en prévention secondaire est importante, plus les évènements cardiovasculaires sont réduits (réduction de risque relatif de 19% pour chaque baisse de 1,9mol/L). Quand on regarde les données brutes de la méta-analyse, on voit bien que les statines versus placebo, et les traitements non-statines (ezetimibe et anti PCSK-9) versus placebo diminuent le risque d’évènement cardiovasculaire 22% et 15% respectivement, sachant que les patients des études avec les traitements non-statines étaient souvent déjà sous statines. De plus, les études statines forte doses versus faible dose montre une diminution des évènements cardiovasculaires de 12%. Sur les critères secondaires que sont la mortalité globale et la mortalité cardiovasculaire, seule les traitements statine versus placebo montrent une diminution: pas de gain de mortalité dans les méta-analyses « statine forte dose versus faible dose » ou « traitements non-statine versus placebo ». Ces comparaisons en méta-analyses semblent donc dire qu’il y a un bénéfice aux traitements « faisant fortement baisser le cholestérol » sur les évènements cardiovasculaires non mortels uniquement, ces résultats étant néanmoins à prendre avec précaution car, pour chaque méta-analyse réalisé, l’hétérogénéité des études était importante (ce qui veut dire que les patients n’étaient pas franchement comparables en fait…)

Et comme toute médaille a son revers, une dernière analyse du risque diabétogène des statines a retrouvé que ces traitements augmentaient le risque relatif de diabète à 10 ans de près de 36% sans différences significative entre les statines fortes et les statines faibles (mais ces dernières étaient beaucoup moins nombreuses).
La HAS est revenue sur le diagnostic des coronaropathies stables chez des patients à risque intermédiaire. En gros, quel examen faire pour diagnostiquer une coronaropathie chez un patient asymptomatique avec des facteurs de risques cardiovasculaire? La HAS n’a pas été en mesure de classifier les examens, mais préconise une échographie d’effort ou une scintigraphie myocardique d’effort avant les test d’effort pharmacologiques. On note surtout que l’ECG d’effort, qui n’est pas un examen fonctionnel a été exclu des possibilités.
2/ Pneumologie
Une étude de la mortalité chez les patients BPCO a permis de déterminer 5 classes de patients selon leur symptômes (mMRC), leurs comorbidités (âge, IMC, antécédents de diabète et antécédents cardiovasculaires) et leurs caractéristiques spirométriques. L’algorithme montre le risque de mortalité pour chaque classe, les classes les plus graves étant les classes 1 et 4, et la classe 5 la moins grave.
3/ Psychiatrie
 La sertraline a été évaluée chez 200 patients insuffisant rénaux (DFG estimé inférieur à 60ml/min) randomisés en bras traitement et bras placebo. Bien qu’aucun ajustement posologique ne soit nécessaire en cas d’insuffisance rénale, on a le regret de voir que l’évolution de l’échelle de dépression est strictement identique chez les patients traitée et non traités, quelque soit le stade de l’insuffisance rénale, mais qu’il y avait significativement plus de troubles digestifs (nausées, diarrhée…) dans le groupe traité. Bref, la sertraline qui n’est pas un « mauvais » antidépresseur d’après les revues indépendante n’est probablement pas adaptée en cas d’insuffisance rénale, même si un manque de puissance est possible dans cette étude avec seulement 100 patients par groupe (mais une différence qui deviendrait statistiquement significative ne serait peut être pas cliniquement pertinente…)
C’est terminé, bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°157: Faut il avoir des objectifs thérapeutiques chiffrés dans le diabète? (J-DOIT3), sommeil, test fécal immuno, vitamine D, finasteride

Bonjour, pas énormément de chose cette semaine, voici les principales actualités !
1/ Pharmaco-vigilance
J’en avais parlé il y a environ 6 mois suite à un article du JAMA internal medicine, et voilà que l’ANSMémet une alerte sur le risque de dépression et d’idées suicidaires sous finasteride. L’ANSM recommande un arrêt du traitement en cas de ces symptômes psychiatriques. Étonnant que l’information ait été limité au finastéride et pas à l’ensemble des inhibiteurs de la 5 alpha réducatase.
2/ Cardiovasculaire
Le NEJM a publié un essai contrôlé randomisé chez des patients en ACFA subissant un infarctus du myocarde. Les auteurs comparent rivaroxaban+inhibiteur P2Y12 (ticagrelor ou clopidogrel) versus rivaroxaban+inhibiteur P2Y12+Aspirine. On évalue donc l’aspirine chez cette population particulière. Vous n’allez pas le croire, mais le groupe de triple thérapie avait significativement plus de saignements majeurs, mais il y avait moins de récidive d’évènement cardiovasculaire (non significatif, mais critère de jugement secondaire). Bref, l’aspirine fait saigner et semble diminuer le risque cardiovasculaire. Alors pourquoi cette étude ? Parce que le NNT pour réduire les évènements thrombotique ou mort est de 90 patients sous trithérapie alors que le NNH d’un saignement majeur est de 23 patients. On peut mieux rediscuter de la balance bénéfice risque, non ?
Les recommandations sur l’hypotension orthostatique proposent un dépistage à 3 minutes après s’être levé pour mettre en évidence la différence « diagnostique » de 20mmHg de systolique et 10mmHg de diastolique. Cependant, une étude du JAMAinternal medicine retrouve que seule la mesure à 1 minute retrouvant l’hypotension est associé à une augmentation du risque de mortalité, de syncope, de fracture et de chutes. Mesurons donc à 1 minute et 3 minutes. Pour ceux qui ne sauraient pas (comme moi il y a quelques jours), il existe une alternative à la mesure couché/debout, qui est la mesure assis/debout pour laquelle, on considère qu’il y a une hypotension orthostatique pour une baisse de 15mmHg de systolique ou 7mmHg de diastolique.
2/ Sommeil
Les recommandations sur les troubles du sommeil sont rares, mais un article du JAMApermet de revenir sur le sujet en s’appuyant sur une bibliographie récente. Ainsi, après évaluation du sommeil les traitements pharmacologiques type benzodiazépine (notamment le zolpidem) peuvent être proposés pour 3-4 semaines maximum dans l’insomnie aigue (ça colle avec les recos sur le zolpidem !). Pour l’insomnie chronique, les thérapies cognitivo-comportementales sont le traitement de première intention, les médicaments n’intervenant qu’en complément si la TCC seul est insuffisante.
3/ Gastro-entérologie
Le FIT (faecal immunochemical test) a remplacé l’Hemoccult, et a un seuil de positivité de 30µg Hb/g dans le dépistage du cancer colo-rectal après 50 ans. Des auteursont étudié l’efficacité de ce test chez des patients avec des symptômes abdominaux a spécifiques (sans que les critères d’alerte pour orienter vers une coloscopie ne soit réunis). Ainsi, a avec un seuil de positivité à 10µg Hb/g, la sensibilité du test varierait entre 92% et 100% et la spécificité entre 76% à 85%, ce qui en ferait un bon test de dépistage dans cette indication. Mais je ne sais pas s’il est possible de prescrire un test en demandant une mesure avec un seuil plus bas…
4/ Métabolisme et diabétologie
L’hiver est presque là, et les demandes de vitamines approchent. Une revuedu Lancet Endocrinology a étudié les effets non musculo-squelettiques de la supplémentation en vitamine D à partir de méta-analyse. Elle pourrait diminuer le risque de mortalité globale et la mortalité par cancer, diminuer le risque de crise d’asthme chez les patients atteint et diminuer le risque de mortalité infectieuse des patients avec un déficit immunitaire. Mais aucun effet cardiovasculaire, sur le diabète, sur les troubles de l’humeur… Bref, peu d’effets secondaires à petite dose, avec peut être des bénéfices ? Reste à voir si on laisse la sécu rembourser à 65% ces traitements à 1,65€ l’unité en l’absence de carence ou d’indication où le bénéfice est bien établi.
Enfin, un essai contrôlé randomisé en ouvert japonais (J-DOIT3) a inclus des patients diabétiques de type 2 âgés de 45 à 69 ans avec une dyslipidémie ou/et une hypertension artérielle et une HbA1C >6,9% pour une intervention multifactorielle. Le groupe traitement conventionnel avait pour objectif : HbA1C <6,9%, TA < 130/80 et LDL < 1,2g/L (<1,0 si prévention secondaire), alors que le groupe traitement intensif visait une HbA1C < 6,2%, TA < 12/75 et LDL < 0,8g/L (<0,7 si prévention secondaire). Après un suivi médian de 8 ans et demi (pas mal !), les paramètres était meilleurs dans le groupe intensif : HbA1C  6,8% vs 7,2% , TA : 123/71 vs 129/74 et LDL 0,85g/L vs 1,04g/L. On peut déjà noter 2 choses : d’une part, dans le groupe traitement intensif (qui correspond aux objectifs de certains sociétés de spécialistes d’organes), aucune cible n’a été atteinte car un patient hypertendu-dyslipidémique-diabétique est un patient multi-morbide à prendre en charge globalement, et donc que les objectifs pris séparément ne sont pas réalisables (et peut être le sont il pas non plus pour un patient avec une seule de ces maladie chronique, mais l’étude ne peut y répondre) ; d’autre part, l’écart n’est pas si grand même s’il est statistiquement significatif. Passons aux résultats sur la mortalité et les évènements cardiovasculaires : pas de différence de mortalité globale, pas de différence non plus sur le critère composite cardiovasculaire, juste moins d’évènement cérébraux sur un critère composite  (AVC, endartérectomie carotidienne, stent carotidien, angioplastie cérébrale). Les 22 Labo et le ministère de la santé japonais ayant financé cette étude doivent être déçus car l’étude Sténo-2avait montré des résultats lors de la prise en charge multifactorielle. Alors soit, ce n’est pas de chance parce que les Japonais ne sont pas des gens normaux, soit l’objectif du traitement multifactoriel a été mal choisi. En effet, dans sténo2, le traitement intensif ne visait pas en des chiffres d’objectifs intermédiaires plus strictes mais s’assurait que les patients aient une statine, un IEC et éventuellement de l’aspirine (car à la fin de sténo-2, l’HbA1C et le LDL n’étaient pas différents). La différence de résultats entre ces 2 études montre bien qu’avoir des objectifs chiffrés est moins efficace que de mettre en place une stratégie thérapeutique sans objectif autre que de s’assurer que les bonnes classes médicamenteuses soient prescrites.
C’est terminé et dans les temps en plus! Bonne semaine à tous, à très bientôt et joyeux Halloween !
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°156: anticoagulants oraux, misoprostol, fonction rénale, syndrome dépressifs, semagltide

Bonsoir à tous! Comme je ne suis pas en avance pour ce billet, voici les actualités de la semaine!
1/ Pharmacovigilance:
Pour les praticiens effectuant des IVG, le Cytotec va être retiré du marché car employé trop souvent hors AMM. Le Gymiso et MysoOne restent disponibles. Comme diraient certains, il faut prescrire en DCI!
2/ Cardiovasculaire
Les études « négatives » étant rarement publiées, parlons de ce discret communiqué de Bayer qui ne doit pas être diffusé aux médias US et anglais ( à l’heure de l’internet, est-ce possible d’écrire ça en haut d’un PDF et d’éviter que ces pays aient accès à l’info??). L’étude NAVIGATE ESUS randomisait des patients avec un AVC d’étiologie indéterminée en les traitant par aspirine ou par anticoagulation (Rivaroxaban). Une analyse intermédiaire a retrouvé qu’il y aurait peu de chance qu’une différence d’efficacité sur la récidive d’évènement cardiovasculaire ou embolique soit prouvée, mais que le taux de saignement sous rivaroxaban devenait bien supérieur à celui sous aspirine. L’étude a donc été stoppée prématurément. Pour mémoire, le rivaroxaban (qui se prend en 1 prise par jour) a déjà montré un sur-risque hémorragique par rapport aux autres AOD (qui se prennent en 2 prises par jour).
Pour rester dans l’anticoagulation, le BMJ a publié une étude comparant anticoagulant oral direct et warfarine dans les évènements thrombo-emboliques veineux. Dans cette étude en population nord-américaine, près de 60 000 patients ont été inclus rétrospectivement pour mettre en évidence une absence de différence de saignements majeurs ou de mortalité entre les patients sous AOD et sous warfarine après un ajustement sur un score de propension. Mais, l’évaluation a été faite à 90 jours, ce qui est plutôt court pour des traitements à prescription prolongée, mais néanmoins rassurant  (même si c’est inquiétant que des recos privilégiant les AOD soit sorties avant la réalisation de ces études).


3/ Néphrologie
Au décours d’un article du BJGP, je découvre que la formule CKD-EPI actuellement recommandée pour l’évaluation de la fonction rénale par la HAS en 2011 (et pas toujours calculée par les labos…), la formule est déjà dépassée. Il faudrait préciser l’évaluation de la fonction rénale par une formule CKD-EPI avec une mesure de la cystatine C sanguine et non de la créatininémie. C’est d’ailleurs ce que recommande le NICE Britannique pour les médecins généralistes anglais en cas de DFG estimé inférieur à 60ml/min, il faudrait confirmer l’insuffisance rénale avec le dosage de la cystatine C. Mais l’étude du BJGP montre que les labos britanniques ne sont pas prêts…

4/ Psychiatrie
C’était fait avant,et ça marche toujours. Priver les patients dépressifs de sommeil est un moyen qui semble scientifiquement efficace pour réduire la dépression avec un taux de réponse de 45% à 50%. Le point négatif de cette méta-analyse est que le taux de réponse était défini comme une diminution de 30% sur l’échelle utilisée pour évaluer la dépression et qu’il me semble que c’est plus souvent 50% de diminution qui est utilisé dans les essais avec médicament.
Un autre moyen de lutter contre la dépression sans traitement médicamenteux est l’activité physique. Une étude de cohorte incluant des patients sans symptômes dépressifs suivis pendant 11 ans a retrouvé que l’activité physique régulière d’au moins 1 heures par semaine (quelque soit l’intensité de l’effort) , permettait de réduire le risque de dépression et préviendrait 12% des épisodes dépressifs majeurs.


5/ Perspectives diabétologiques
Depuis l’étude LEADER et l’efficacité du liraglutide en terme de mortalité, on aimerai bien prescrire beaucoup plus d’analogue du GLP-1 (et moins d’inhibiteur de DPP-4…). Malheureusement, les injections quotidiennes rebutent de nombreux patient. L’étude SUSTAIN-6 étudiant les injections hebdomadaires de semaglutide avait diminué les évènements cardiovasculaires (mais pas la mortalité globale), mais au moins un traitement qui est un minimum efficace (mais elle n’est pas disponible en France, on a que l’exenatide qui n’a pas démontré de bénéfice clinique). Des chercheurs ont mené un essai de phase 2 entre le semagludide sous cutané et du semaglutide per os. Étant un essai de phase 2, l’objectif était d’évaluer la tolérance et les effets du médicament à différents dosages. La baisse d’HbA1C, et la perte de poids habituellement retrouvées sous analogue du GLP-1  ont été notifiées. Il reste à attendre l’essai d’efficacité (ou d’équivalence) pour qu’enfin un analogue du GLP-1 efficace puise être donné par voie orale!
Sur des critères cardiovasculaires, les inhibiteurs de DPP-4 peinent à démontrer un efficacité clinique. Ils ont été testés sous forme de gouttes pour des yeux de patients diabétiques (et des souris). Les auteurs retrouve que les gouttes de DPP-4 réduisent l’apparition de rétinopathie diabétique. Peut être un futur traitement à tester en conditions réelles…
Voilà pour la semaine! Pour éviter la dépression hivernale, faites du sport et ne dormez pas!
A très bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°155: antibiotiques à l’unité, mucolytique et BPCO, dépistage cancer du sein, dépistage diabète

Bonjour à tous! En ce mois d’octobre, de nombreuses publications sur le cancer du sein font leur apparition au milieu des autres articles d’actualité. Bonne lecture!
1/ Antibiothérapies
 Un article paru dans PlosOne traite des conséquences de la dispensation à l’unité des médicaments en France. L’étude se base sur l’expérimentation de la dispensation à l’unité des antibiotiques. Ainsi, les auteurs retrouvent que dans 60% des cas, le packaging ne correspondait pas avec la posologie et la durée de traitement prescrite, et que la dispensation à l’unité permettait de réduire de 10% le nombre de médicaments délivrés. En objectif secondaires, les auteurs ont noté que ce type de délivrance pouvait améliorer l’observance et que des conséquences « environnementales »  positives étaient à prévoir car les antibiotiques non utilisés étaient jetées dans les ordures « classiques » au lieu d’être recyclées par 13% des patients. Ainsi, les bénéfices de ce type de dispense semblent faibles au niveau individuel, mais pourraient être bien plus utiles au niveau de la santé publique collective.
2/ Pneumologie
L’erdosteine est un mucolytique (ça commence mal, vous allez dire…). Dans la BPCO, un traitement par erdosteine 300mg x2/j a été testé versus placebo dans un essai randomisé ayant inclus 445 patients de stade II et III. Après 1 an de traitement, les patients traités avaient significativement moins d’exacerbations que ceux sous placebo (0,91 exacerbations/patient/an versus 1,13 exacerbation/patient/an…. ça parait pas des masses comme ça, mais c’est « statistiquement significatif…) et les exacerbations duraient 3 jours de moins (9,5j vs 12,6j , p=0,023). Cependant, le délai avant la 1ère exacerbation n’était pas significativement moindre. Bref, on en est pas encore à la pilule miracle, mais il n’y avait pas plus d’effets secondaires dans le groupe traitement.
3/ Gynécologie
Commençons par l’infographie sur la mammographie de dépistage par le Harding Center for Risk Literacy, c’est le centre qui avait fait l’infographie sur le cancer de la prostate. En allant sur leur site, en fait, ils font des infographies pour plein de truc (antibiotiques, vaccin, bilans de santé, cardiovasculaire… je le mets dans mes favoris à coté de thennt.com)
Maintenant, que les femmes sont bien informées, que décident-elles? Un essai contrôlé randomisé a évaluer une information sur le dépistage parlant de surdiagnostic (intervention) avec la même information sans le surdiagnostic (contrôle). On voit que les femmes ont une intention moindre d’aller se faire dépister, et c’est une fois de plus significatif (p <0,001). Mais en regardant, la différence de score est de 4,1 versus 4,5  pour une échelle entre 1 et 5….(1: »vous ne ferez vraiment pas le dépistage », 4: »vous avez plutôt envie de faire le dépistage » et 5: « vous ferez vraiment le dépistage ») Donc en pratique, sur ces 800 patientes, ça ne change pas grand chose sur le dépistage, mais, les patientes ont pu prendre une décision éclairée sur le dépistage.
L’autre article qui fait le « buzz », c’est l’étude de la revue Médecine retrouvant que le dépistage ne diminue pas les mastectomies.L’étude part des cotations de PMSI « mastectomie totale ou partielles » et les compares à l’incidence des cancers du sein au fil des années. Les auteurs retrouvent que le ratio mastectomie/incidence de cancer est en augmentation passant de 1,3 à 1,5 entre 2000 (avant le dépistage) et 2012, avec une augmentation importante des mastectomie partielle sans baisse des mastectomie totales. Je ne vois pas pourquoi on devrait être surpris de ce résultat. D’une part, toutes les femmes ne participent pas au dépistage, et les cancers dépistés par la mammographie de dépistage sont souvent moins avancés que ceux découverts cliniquement, mais pas suffisamment pour qu’on se limite à une tumorectomie. Ainsi le nombre de cancers avancé nécessitant une mastectomie totale reste stable alors que ceux nécessitant une mastectomie partielle augmente. Il aurait aussi été intéressant de voir si le nombre de tumorectomie explosait dans le même temps, ou de faire un ratio avec la mortalité spécifique liée au cancer qui aurait pu varier si les cancers traités n’étaient pas du surdiagnostic.
Donc oui, plus on cherche un cancer, plus on a de risque de trouver un cancer qu’il soit de bas stade ou de haut stade.
Un article d’Annals of Internal Medicine passe en revue les recommandations de dépistage des différentes cancers. Sur le cancer du sein, il est intéressant de voir que QUELQUE SOIT L’AGE, l’examen clinique des seins n’est pas recommandé. 
Concernant le cancer du col de l’utérus, 2 stratégies sont possibles: celle avec frottis tous les 3 ans avec uniquement une cytologie, ou celle avec frottis pour cytologie et recherche d’HPV oncogènes tous les 5 ans (si le test est normal).
(C’est pas de la gynécologie, mais les recommandations sur le cancer de la prostate sont originales: il est recommandé de parler du dépistage au moins 1 fois a 50 ans et de faire le dépistage si le patient le souhaite après l’information éclairée , et il n’est pas recommandé de dépister si le patient n’a pas été informé et n’a pas expressément demandé le dépistage)
4/ Traumatologie
Un article du NEJM parle des blessures musculaires sévères de la cuisse. Les auteurs ont randomisés les patients en rééducation précoce (à 48h du traumatisme) versus différé (débutant 9 jours après). Après 12 semaines de rééducation, les patients rééduqués précocement pouvaient reprendre le sport plus vite (62 jours versus 83 jours), soit 3 semaines plus tôt. Reste à obtenir un RDV kiné sous 48 heures…

5/ Diabète
Enfin, voici un article de Diabetologia sur le dépistage du diabète de type 2 par hyperglycémie provoquée à jeun (HGPO). Le dépistage proposé à 30, 40, 50 et 60 ans permettait de dépister des diabète environ 4 ans et demi avant un diagnostic suite à des symptômes. La mortalité des patients dépistés cliniquement était supérieure chez ceux qui n’avaient jamais participé au dépistage par rapport à ceux qui avaient déjà participé. Ainsi, bien qu’aucune causalité ne soit vraiment démontrée, on pourrait penser que diagnostiquer un diabète par une hyperglycémie provoquée peut sensibiliser les patients pour améliorer plus précocement les règles diététiques et limiter les complications du diabète. Mais les patients participants à un tel dépistage sont peut être des patients plus impliqués et plus motivé dans la prise en charge de leur santé, parce que de ce que mes patientes me raconte, l’HGPO n’est pas l’examen le plus agréable qui soit…

C’est fini pour cette semaine, à la semaine prochaine! (Et hop, en plus, j’ai réussi à finir ce billet dans les temps pour une fois!)
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°154: AOD, BPCO (LABA+LAMA), vaccin HPV, vitamines, maltraitance, diabétologie

Bonjour à tous! Pas mal d’articles intéressants cette semaine alors, ne perdons pas de temps. Bonne lecture!
1/ Pharmacovigilance
Un article qui a déjà pas mal tourné sur internet: l’académie des sciences européenne déclare que l’homéopathie n’a pas d’effets supérieur au placébo, bien que les patients en prenant peuvent ressentir un bénéfice grâce à cet effet. Alors, on dérembourse?
Les anticoagulants oraux directs sont recommandés en première ligne dans la plupart des pathologies d’après l’European Society of Cardiology. Cependant, on s’aperçoit que, comme les classiques AVK, des interactions sont responsables d’une majoration du risque de saignements sous AOD, notamment avec l’amiodarone, le fluconazole, la rifampicine et la phénytoïne (et l’INR ne vas pas nous aider pour ajuster les doses…)
2/ Pneumologie
Une méta-analyse du JAMA a étudié l’association anti-cholinergique (LAMA pour anti-muscarinique de longue durée d’action) + Beta 2 mimétique de longue durée d’action (LABA) verssus LABA + corticoïdes inhalés (CSI) dans la BPCO stable. Les auteurs retrouvent un risque d’exacerbation diminué de 18% avec LAMA+LABA (NNT: 38 patients), ce qui renforce l’idée de la double bronchodilatation plutôt que l’ajout d’un CSI chez les patients non contrôlés par une monothérapie.
La place de l’e-cigarette reste scientifiquement à trouver, même si on suppose qu’elle soit bien moins nocive qu’une vrai cigarette. Un article a proposé différentes hypothèses sur l’effet du vapotage par rapport au tabagisme. Les auteurs ont conclu que remplacer la cigarette par l’e-cigarette pouvait diminuer en 10 ans la mortalité prématurée de 6,6 millions d’américains dans le scénario optimiste et de 1,6 millions d’américains dans le scénario pessimiste.
3/ Neurologie
Retour sur le vaccin anti HPV. Lors d’une des dernières mises à jour de mon billet sur le vaccin anti HPV, j’évoquais un risque de Guillain Barré de l’ordre de 1 pour 100 000 patientes vaccinées. Un nouvel article canadien a étudié les hospitalisations pour Guillain Barré entre 1994 et 2014. Les auteurs n’ont pas mis en évidence de majoration de ce syndrome chez les populations vaccinées. L’étude incluait 558 995 personnes-années pour les femmes ciblées par la vaccination anti HPV et l’incidence de Guillain Barré était de 0,73/100 000 personnes-années. Voilà qui devrait rassurer les septiques sur ce point de sécurité du vaccin.
 Dans la série des études sur les causes de l’autisme pendant la grossesse, voici une nouvelle étude du BMJ. Les auteurs retrouvent une association entre le trouble autistique chez l’enfant et l’absence de prise de « multivitamines » y compris acide folique et fer pendant la grossesse. On est encore loin de la causalité…
Une conférence de consensus internationale a traité de la vitamine D dans les démences (maladies d’Alzheimer et apparentées). Il faut retenir que l’hypovitaminose D est un marqueur pronostique de la démence et que même en l’absence de carence, la supplémentation en vitamine D devrait faire partie du traitement systématique de ces patients , au moins pour les effets osseux et anti-chute, les effets cognitifs bénéfiques n’étant pas encore très clairs… Donc arrêtons les traitements « spécifiques » de ces démences et prescrivons de la vitamine D!

4/ Pédiatrie
La HAS a publié 2 fiches, un peu longues malheureusement, sans résumé clair, mais qui peuvent être utiles: la fiche maltraitance et la fiche sur la prévention du syndrome du bébé secoué.

5/ Diabétologie
La société française de diabétologie (SFD) prend position par rapport aux recos de la HAS. En effets, elles ne sont plus en accord avec les données de la littérature. Ainsi, la SFD recommande qu’en cas d’échec après la metformine, l’association metformine + sulfamide ne soit plus le choix préférentiel (il y aurait effectivement un sur-risque de mortalité), mais qu’une association metformine + incrétine soit recommandée. En effet, l’étude LEADER a démontré que le liraglutide était le premier traitement disponible en France diminuant clairement la mortalité. Cependant, les inhibiteurs du DPP-4 (les gliptines) également préconisées par la SFD n’ont jamais montré leur efficacité clinique mais pourraient juste éviter le surrisque de mortalité de l’association avec sulfamide chez des patients refusant des injections (auquel cas on pourrait discuter aussi un switch metformine vers sulfamide en monothérapie plutôt qu’un bithérapie) . La place des gliptines est très importante dans cette prise de position de la SFD… c’est louche!
Sur ce, bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°153: exacerbation de BPCO (recos SPLF), ACOS, Levothyroxine, Anacetrapib, aspirine

Bonjour à tous, comme commencer ce billet, regardons un peu l’espérance de vie à la naissance en Europe. On peut voir qu’elle est supérieure à 80 ans pour la plupart des pays européens. Elle est également plus élevée en Ile de France, Midi Pyrénées et Rhône Alpes. Avec la pollution, le coût de la vie etc… j’aurai pas pensé que l’Ile de France serait dans le haut du classement! (Il est certainement important que nos dirigeants s’occupent des causes responsables du chiffre plus bas dans le nord de la France…)
1/ Pharmacovigilance
La Levothyroxine sans mannitol comme excipient va faire son retour temporaire en pharmacie à partir du 2 octobre. Ainsi l’Euthyrox* sera disponible pour une durée temporaire, ce qui ne fera que repousser le problème, alors autant équilibrer le Levothyrox dès maintenant quand les symptômes sont liés à un contrôle modifié des hormones thyroïdiennes. Pour les patients qui ne supporteraient pas le mannitol, la L-thyroxine Hennig sera disponible à partir de mi-octobre, et il n’est pas indiqué que cette Levothyroxine ne soit mise à disposition que temporairement. Dans tous les cas, le recours à l’Euthyrox* temporaire n’apparait pas être la solution adéquate dans le cadre d’un traitement chronique.
Le Montelukast, anti-leucotriène, semble être associé à des troubles neuropsychiatriques chez les adultes et les enfants, avec des syndromes dépressifs, de l’agressivité et des cauchemars. En allant voir les RCP, ces effets indésirables sont effectivement notifiés avec même un risque rare de tentatives de suicide. Je ferais plus attention à mes quelques patients qui prennent ce traitement…
Les effets indésirables des IPP sont de plus en plus décrits. Chez le nourrissons, le traitement par IPP, serait associé à un sur-risque de fracture osseuses en grandissant, dépendant de la durée du traitement. L’article du JAMA revient sur l’inutilité de ces traitements dans le reflux gastro-oesophagien sans œsophagite associée.

2/ Cardio-vasculaire
Une des nouvelle voie d’action sur les dyslipidémies est les inhibiteurs de CEPT. Le NEJM a publié un essai contrôlé randomisé étudiant un de ces inhibiteurs, l’Anacetrapib versus placebo, chez 30 000 patients en prévention secondaire traités par Atorvastatine forte dose avec un LDL moyen de 0,60g/L (écart type: 0,15; ce qui signifie que 95% des patients avaient un LDL entre 0,30g/L et 0,90g/L). Après 4 ans de traitement, bien que la mortalité globale ou cardiovasculaire ne soit pas diminuée significativement, le critère de jugement composite d’évènements cardiovasculaire était positif avec une réduction de 9% du risque relatif (NNT=100), notamment grâce aux infarctus du myocarde. Il n’y avait pas d’avantage de diabète , mais plus d’augmentation des enzymes musculaires. Les effets indésirables n’ont pas été plus étudiés que cela dans cette étude et c’est bien dommage.
Un étude de cohorte suédoise a étudié les évènements cardiovasculaires survenant chez des patients en préventions secondaire traité par aspirine mais qui ont interrompu ce traitement en l’absence de saignement ou de chirurgie prévue. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque d’évènements cardiovasculaire après 1 an de rupture de traitement, avec un nombre de patient annuel de 74 arrêtant le traitement pour voir survenir 1 évènement cardiovasculaire (équivalent de NNH). Si on compare avec le paragraphe précédent, 74 patients a traiter par aspirine par an c’est quand même beaucoup mieux que 100 patients traité pendant 4 ans pour voir un bénéfice…
Dans la prise en charge de l’obésité, un nouvel article portant sur la chirurgie bariatrique chez des patients étudiant un traitement chirurgical ou l’absence de chirurgie de façon non randomisée. Les auteurs retrouvent que les patients opérés on eu un taux supérieur de rémission et d’incidence de diabète, d’hypertension et de dyslipidémie à 12 ans. Les effets indésirables sont une fois de plus peu décrits.
3/ Pneumologie
J’avais raté les recommandations de la SPLF sur les exacerbations de BPCO (EABPCO) (le traitement chronique ayant été abordé ici). Il faut surtout penser aux EABPCO chez des patients non diagnostiqués BPCO ayant certains critères (> 40 ans, >10PA, dyspnée, toux chronique, « bronchites » antérieures, comorbidités associées à la BPCO (maladie cardiovasculaire, anxiété-dépression, cancer pulmonaire…). En ville, en cas d’EABPCO, seule une évaluation de la saturation transcutanée est recommandée systématiquement (pas forcément d’ECBC, de prise de sang, de radiographie, d’ECG).
Le traitement repose sur des bronchodilatateurs de courte durée d’action ainsi que des antibiotiques pour 5 jours (amox+ac. clavu. essentiellement) en cas de majoration de la purulence des expectorations. Le « stade » de la BPCO n’intervient pas, étant donné que les recos ne parlent plus de stade dans les décisions (Antibioclic n’est pas encore à jour là dessus). 
Les corticoïdes ne sont pas recommandés systématiquement est devraient être réservés aux patients ne s’améliorant pas après traitement optimal. Ainsi, 30-40mg/j pendant 5 jours est la posologie recommandée.
Les facteurs de risque nécessitant une réévaluation à 48h sont: VEMS<50 % de la valeur prédite, plus de deux exacerbations par an, cardiopathie ischémique, oxygénothérapie à domicile, corticothérapie orale chronique. 
Enfin, un article du BMJ parle des ACOS, à savoir Asthma-COPD overlap syndrome, qui correspond aux formes mixtes entre asthme et BPCO dont  le traitement est encore mal défini. Il en est de même pour le diagnostic, mais l’article permet de nous y aider pour orienter les patients suspectés vers un pneumologue. Ainsi, selon la forme d’ACOS qui sera diagnostiquée (BPCO à éosinophiles, Asthme à neutrophiles ou ACOS paucigranulocytique) le traitement privilégia des corticoïdes inhalés, des macrolides ou des anti-cholinergiques, respectivement. Voici les critères devant faire suspecter un ACOS:
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@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°152: diarrhée de l’enfant (recos), trimetoprime, dépistage cancer du col, troubles anxieux

Bonsoir! Voici un Dragi Webdo qui devrait être de taille raisonnable ce soir, bonne lecture à tous!
1/ Pharmacovigilance
L’ANSM publie un communiqué visant à rassurer patients (et médecins) vis à vis du risque lié à l’aluminium contenu dans les vaccins suite à la sortie de livres « anti-vaccin ». Selon moi, quand on cherche quelque chose s’écartant de la norme dans un corps humain: on le trouve toujours, aussi bien chez des personnes avec des symptômes que celles qui n’en ont pas; mais on cherche beaucoup moins souvent chez celles qui n’ont pas de plaintes…
2/ Relation médecin-patient
Une étude intéressante est proposée par Plos medicine. C’est une méta-analyse sur données individuelles évaluant les automesures tensionnelles (versus pas d’automesures), retrouvant (assez logiquement) que faire des automesures ne suffit pas a avoir une meilleure pression artérielle au cabinet. Cependant, lorsque les automesures étaient associées à un support médical, des conseils, un accompagnement à la mise en place de règles hygiéno-diététiques la tension était améliorée dans le groupe effectuant des automesures. Les automesures semblent être un plus dans la prise en charge mais doivent être utilisées comme un outil d’éducation thérapeutique du patient parmi l’ensemble des choses nécessaires pour se révéler efficaces.
3/ Pédiatrie
Une fiche de recommandation 2017 vient actualiser les recommandations sur la diarrhée aigue de l’enfant. La recommandation rappelle l’importance d’évaluer la déshydratation, une perte de poids de 10% étant un critère d’hospitalisation. Il est désormais clair que le SRO est indispensable et que la réalimentation précoce (<4h) en poursuivant le lait habituel, les laits sans lactose n’étant pas recommandé pour des diarrhées non sévères de moins de 7 jours (De même pour les nourrissons de moins de 3 mois, les hydrolysats poussés ne sont plus recommandés systématiquement en cas de diarrhée aigüe).  Enfin, AINS, loperamide, antiseptiques intestinaux et anti-émétiques sont à proscrire (sauf l’ondansetron qui peut être utilisé en cas de vomissements associés nécessitant une hospitalisation). Pour le plaisir, notons que peuvent être utilisés: les probiotiques , mais c’est certainement une coïncidence avec le fait que le labo Biocodex (ULTRA-LEVURE*) ait soutenu la recommandation!
Pour mettre une nouvelle fois les choses au clair, une revue de la littérature avec méta-analyse a été publiée dans le JAMA à propos des allergies alimentaires de l’enfant. Ainsi, introduire précocement des œuf et des fruits à coque (entre 4 et 6 mois) réduit le risque d’allergie à ces aliments, et une introduction entre 6 et 12 mois de poisson réduirait le risque de rhinite allergique (et peut être de dyspnées sifflantes).
4/ Infectiologie
Un article du BJGP a étudié les antibiotiques cout-efficaces dans la cystite aigüe non compliquée. Les auteurs retrouvent que le trimetoprime est le plus « cout-efficace » si le taux de résistance est < 30%, entre 30% et 35% la fosfomycine est à privilégier et au delà de 35% la fosfomycine et la nitrofurantoïne sont à égalité. La résistance au Royaume Uni serait proche de 50%. Mais qu’en est il en France? D’après la SPILF, le taux de résistance des E.Coli au trimetroprime serait proche de celui du co-trimoxazole (triméthoprime-sulfaméthoxazol) et serait donc proche de 27%. Il faudrait donc privilégier le trimetoprime qui n’est qu’en 4ème intention et seulement après obtention d’un antibiogramme.
A ce sujet, Antibioclic n’a pas encore pris en compte la mise à jour avec le trimetoprime dans les cystites à risque de complication. (Il est aussi recommandé en 1ère intention à la dose de 100mg/j dans les cystites récidivantes, avant la fosfomycine et le co-trimoxazole, mais cette posologie n’est pas disponible en France…)
On a déjà parlé de nombreuses fois du risque de pneumopathie infectieuse avec un traitement par corticoïdes inhalés (ici et ). Cette fois ci, c’est le risque d’infection par mycobactérie atypique qui est mis en évidence dans une étude cas témoin nichée dans une cohorte américaine. Il y aurait, en effet, un sur-risque de mycobactérie avec le traitement par fluticasone (mais pas avec le budésonide, peut être par manque de puissance?). Le risque de tuberculose n’était cependant pas augmenté (grâce au vaccin? Pour mémoire, il pourrait marcher un peu sur les tuberculoses pulmonaires d’après le BMJ)
5/ Gynécologie
Une étude s’est intéressé au dépistage du cancer du col de l’utérus chez des patientes vaccinées par le vaccin anti-HPV.  Ainsi, les patientes ayant un dépistage tous les 5 ans par recherche d’HPV oncogène a été comparé à un frottis en phase liquide tous les 2,5 ans. Les auteurs retrouvent une augmentation des CIN2+ détectées suite à une recherche d’HPV oncogène (0,1% vs 1,2%). C’est donc encore une étude qui va également (pour l’autre cf ici) dans le sens d’un dépistage plus espacé avec une recherche d’HPV oncogène systématique.
6/ Psychiatrie
Enfin, une revue systématique a évalué les rechutes des troubles anxieux (stress post traumatique, TOC, troubles anxieux généralisé) traités à l’arrêt des antidépresseurs. En comparant les rechutes à 1 an, les patients ayant arrêté leur traitement avaient plus de 3 fois plus de risque de rechute. Cette méta-analyse ne permet cependant pas de dire si un traitement d’un an serait suffisant pour éviter une rechute de façon « optimisée » selon la balance bénéfice-risque des traitements, mais, il semble qu’au moins une année de traitement soit bénéfique pour réduire les rechutes.
C’est terminé pour cette semaine, à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°151: Essure, endométriose, THM, certificats de sport enfant, liraglutide, acarbose

Bonjour! Pour commencer, voici une petite infographie sur les causes de décès dans le monde à partir d’une étude du Lancet. C’est parti pour les actualités!
1/ Pharmaco-vigilance (et autres vigilances)
Essure, c’est terminé. Le laboratoire a informé de l’arrêt définitif de commercialisation. Étrangement, cet arrêt de commercialisation est valable partout dans le monde sauf aux États Unis, lieu où la polémique avait commencé…
Dans la catégorie des thérapeutiques indirectement dangereuse, une étude a évalué la mortalité des patients traités par médecines alternatives à la place de traitements conventionnels dans le cadre de cancer. Après 5,5 ans de suivi en moyenne, la mortalité par cancer était multipliée par 2,5 dans le groupe de médecine alternative pour « tout cancer » et par près de 6 lorsque les auteurs s’intéressaient au cancer du sein.


2/ Gynécologie
Le BMJ a proposé un algorithme de prise en charge de l’endométriose d’après les recommandations du NICE. Le diagnostic peut être évoqué devant des femmes (y compris avant 17 ans) avec 
– douleurs pelviennes chroniques, dysménorrhées, dyspareunies
– ou des douleurs digestives cycliques ou des symptômes urinaires cycliques.(notamment hématurie). L’examen complémentaire initial est l’échographie. Les auteurs insistent sur la prise en charge urgente en cas de désir de grossesse. Enfin, les principaux traitements sont les AINS, les traitements oestro-progestatif ou progestatif, et éventuellement les traitements de douleurs neuropathiques.
Une méta-analyse du JAMA a réévaluer les risques des traitements hormonaux substitutifs de la ménopause. La méta-analyse se veut rassurante, car avec 27 000 femme incluses, les auteurs n’ont pas retrouvé de différence de mortalité globale, de mortalité cardiovasculaire ou de mortalité liée au cancer. Cependant, le suivi moyen a été de 7 ans et demi, alors qu’il me semble qu’un recul de 10 ans de traitement était nécessaire pour voir une augmentation significative du risque de cancer (alors, il est certain que la mortalité doit encore plus difficile a mettre en évidence avec « à peine » 30 000 patientes).
Un guide de dépistage organisé du cancer du sein vient d’être actualisé et diffusé. On y parle rapidement de surdiagnostic. Une évaluation de la qualité de l’information contenue dans ce document a été effectuée par le groupe « Cancer Rose », la voici…
3/ Certificats de sport
Le HCSP a publié des recommandations concernant les certificats de sports de l’enfant. Il recommande que la délivrance du certificat ait lieu lors des visites de suivi de l’enfant, et que les examens complémentaires ne soient effectués qu’en cas de point d’appel. De même pendant l’adolescence, mais avec des examens de prévention effectués tous les 2 ans, ce qui pourrait impliquer un certificat de sport tous les 2 ans et non tous les 3 ans. Le HCSP demande également une validation d’un questionnaire (comme pour l’adulte), celui proposé à la fin de l’avis n’étant pas officiellement validé à ce jour. Concernant la pratique de l’ECG, elle « n’est pas nécessaire et laissée au libre jugement du praticien« . Il n’est effectivement pas démontré de bénéfice clair au dépistage systématique. Un ECG unique, pour dépister les syndromes rares et à risque (QT long, Brugada, WPW et autre anomalie pouvant favoriser une mort subite) serait-il plus acceptable au niveau du cout avec bénéfice clinique? Si quelqu’un a des études sur l’ECG unique chez l’enfant, les commentaires sont fait pour ça! J’en ai pas trouvé (j’ai pas cherché très activement non plus…)
Et sinon, un site a été mis en place pour les patients pour savoir si un nouveau certificat est « obligatoire »: ici.


4/ Diabétologie
Le congrès de la société européenne de diabétologie a eu lieu. Je n’ai pas vu d’études transcendantales pour les médecins généralistes. On notera quand même un essai contrôlé randomisé testant l’exenatide sur des critères de jugement cardiovasculaire. Contrairement au liraglutide, l’exenatide n’arrive pas a démontrer de bénéfice clinique sur le critère composite cardiovasculaire. En lisant l’article , on voit néanmoins un risque de mortalité global diminué (Hazard Ratio: 0,86 [0,77-0,97]), mais les auteurs ont été parfaitement honnêtes: compte tenu du plan d’analyse et du nombre d’analyses, ils ont jugé que la différence ne devait pas être considérée comme significative. La piste est donc quand même intéressante et doit pousser à comprendre cette différence alors que la mortalité cardiovasculaire ne peut expliquer à elle seule cette différence.
Enfin, l’acarbose a fait l’objet d’un essai contrôlé randomisé chez des patients chinois avec hyperglycémie modérée à jeun (intolérance au glucose). Après 5 ans de suivi, les auteurs ont retrouvé une diminution de l’incidence des diabètes dans le groupe traité par rapport au groupe placebo, mais aucune différence en terme d’évènements cardiovasculaire. Pour mémoire, l’acarbose n’avait pas non plus démontré d’efficacité chez les patients diabétique sur des critères cliniques.
C’est fini pour ce billet! Mon emploi du temps se chargeant de plus en plus, il y aura certainement de plus en plus de fluctuation dans les délais de publication des Dragi Webdo, mais il n’est pas encore prévu que cette chronique s’arrête. 
A très bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°150: dépistage CCR et cancer de prostate, pneumologie, vaccin ROR, TCC/insomnie, surtraitement

Bonjour! La sélection des articles de cette semaine a été dur, à cause des trop nombreuses publications intéressantes de cette rentrée… En cette période de préparation de rentrée dans le nouveau DES des néo-internes, on peut lire que les groupes d’échanges et Balint sont d’excellents moyens d’apprentissage d’après le JAMA Internal Medicine! Bref j’espère que mon choix d’articles vous intéressera!
1/ Traitements et pharmaco-vigillance
L’EMA a publié une alerte sur le paracétamol à libération prolongée, avec un risque de surdose dans l’utilisation, et un risque de confusion entre le différentes formes. De plus, il faut être vigilent car cette forme de paracetamol est parfois associé à du tramadol et qui peut majorer les risque de surdose quand les patients ne sont même pas conscient de prendre du paracetamol.
Voici un autre article un peu hors catégorie concerne le sur-traitement des patient. Deux milles médecins américains ont déclarer que 20% environ des prises en charges étaient inutiles, dont 20% en traitements médicamenteux et 25% en examens complémentaires. Cette sur-prescription était multifactorielle avec principalement des erreurs médicales à 80% et un désir ou une pression des patients à 60%! Être réflexif sur sa propre pratique peut être très instructif je pense…
2/ Oncologie
Parlons maintenant d’un article du  JAMA publié par un généraliste français. Des généralistes ont été randomisés pour recevoir soit une liste de leur patients n’ayant pas participé au dépistage par du cancer colo-rectal, soit une sensibilisation à ce dépistage, soit rien. Le critère de jugement était la participation des patients de ces médecins au dépistage après 1 an. Près de 1500 généralistes ont participé et 30000 patients ont été analysés! 25% des patients des médecins ayant eu une liste des spécifique ont été dépistés, 22% de ceux des médecins ayant un rappel global, et 21% de ceux n’ayant pas eu de rappel. Un message pour nos autorités de santé: pourrais t on avoir une liste des patients devant se faire dépister? La même étude pour le frottis pourrait être mise en place… (je ne parle pas de la mammographie compte tenu des controverses actuelle, y compris à partir de 50 ans)
Le débat sur le dépistage du cancer de la prostate va t il être relancé? Une étude se base sur une réévaluation du temps du quel le diagnostic est avancé avec dépistage par rapport à sans dépistage en réanalysant les études PLCO et ERSPC . Cette étude mettrait en évidence une diminution de la mortalité spécifique par cancer de 25%  dans le groupe dépister. Mais, la mortalité globale ne serait pas modifiée, et les effets secondaires du dépistage, du sur-diagnostic et du sur-traitement, ils ne sont pas abordés. Enfin, il s’agit d’une baisse de mortalité spécifique relative… Ainsi, si on se fie à cette infographie (un peu mise à jour), cela ferait passer le nombre de mort par cancer de la prostate de 8 à 6 dans le groupe dépisté, ce qui n’est franchement pas fameux par rapport aux effets indésirables du dépistage! Pas sur que dans une optique de décision partagée cela donne envie aux patients de se faire dépister…
3/ Ophtalmologie
L’USPSTF recommande désormais un dépistage des troubles visuel de l’enfant entre 3 et 5 ans, ce qui est en accord avec les recommandations françaises. Pour mémoire, le dépistage à 3 ans est cotable en médecine générale. Les auteurs recommande la recherche des reflets papillaire, des reflets cornéens, des tests d’occlusion alternée, l’acuité visuelle et une recherche de vision stétéoscopique.
4/ Pneumologie
Le JAMA a publié un article randomisant un traitement par prednisolone 40mg par jour pendant 5 jours versus placebo dans le traitement des bronchites aiguës chez des patients sans asthme ni BPCO. Parmi les 400 patients inclus, il n’y a pas eu de différence dans la durée des symptômes, mais une différence significative dans l’intensité des symptôme avec une réduction de 0,2. sur 4, ce qui n’est franchement pas cliniquement pertinent. Il y avait une augmentation du nombre d’effets indésirables non significative dans le groupe prednisolone, mais le nombre de patient n’était pas suffisant pour étudier ces effets. Ainsi, en accord avec la conclusion de auteurs, la balance bénéfice/risque des corticoides dans les bronchites est en défaveur de leur utilisation.
Les nouvelles recommandations de la SPLF concernant le traitement de la BPCO proposent une monothérapie par beta-2 stimulants de longue durée d’action ou par anti-cholinergique en cas de symptômes invalidants. Cette étude du NEJM a évalué le tiotropium chez les patients BPCO avec un VEMS entre 50% et 70%. Cette étude confirme une amélioration du VEMS sous traitement, mais aussi une amélioration clinique avec une diminution du risque d’exacerbation et d’hospitalisation pour BPCO. Il y avait plus d’effet indésirables oro-pharyngés sous traitement. C’est donc cohérent avec les recos qui trouvaient que les anti-cholinergiques étaient efficaces sur les exacerbations et un peu moins sur la dyspnée, mais dans cette étude le CAT et mMRC après 1 an de traitement, ce qui confirmerait vraiment la place en 1ère intention du tiotropium, mais un essai contrôlé randomisé entre les 2 classes thérapeutiques serait intéressant.
5/ Infectiologie
Un article du NEJM a évalué l’intérêt d’une troisième injection de vaccin « rougeole-oreillons-rubéole » dans la prévention des oreillons. Les auteurs on retrouvé qu’il y avait 6,7 cas d’oreillons pour 1000 étudiants ayant eu 3 injections versus 14,5 pour 1000 chez ceux en ayant eu 2 (p<0,01). Le risque d’infection était 9 fois plus élevé chez les étudiants dont le dernier vaccin ROR datait de plus de 13 ans. Ainsi, il pourrait être utile de proposer un vaccin ROR chez les garçons (ce sont eux les plus à risque pour les oreillons) vers 11 ans, en même temps que le DTPc pour améliorer la protection jusqu’à 25 ans. Si quelque chose de similaire était retrouvé pour la rubéole, cela pourrait également pousser à une vaccination chez les files au même âge et donc à généraliser une 3ème dose de ROR à l’adolescence.
6/ Psychiatrie
Un important essai contrôle randomisé incluant 3700 patients, a évalué les thérapies cognitivo comportementales dans le traitement de l’insomnie. Les auteurs ont retrouvé que les TCC permettaient d’améliorer significativement le score d’insomnie chez des étudiants en 10 semaines de traitement. Il est toujours intéressant d’avoir des études justifiant les alternatives aux traitements médicamenteux dans ces pathologies.
Voilà pour cette semaine! Bon choix de spécialité pour les néo-internes! Même si les choix possibles se réduisent de plus en plus, je suis sur que vous trouverez une spécialité vous permettra d’exercer le métier qui vous plait! A la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°149: Lombalgie (reco us), asthme, inflammation et risque cardiovasculaire, metformine

Bonjour, après le DragiWebdo très en retard de jeudi dernier (pour ceux qui l’ont raté, il est ici), je vais essayer de reprendre des bonnes habitudes! Celui-ci sera beaucoup plus court (mais si…), avec quelques articles du congrès de l’ESC (encore), des articles de cet été et certains de cette semaine. Bonne lecture!
1/ Cardiovasculaire
D’abord, il y a cette étude du JAMA qui retrouve que les étudiants en médecins ne savent pas bien prendre la tension artérielle. Dans cette étude, seule 1 étudiant sur 159 a effectué correctement les 11 items recherché. La moitié des étudiants savaient néanmoins, bien: prendre un brassard adapté, le placer correctement, soutenir le bras, demander de ne pas parler, et décroiser les jambes du patient. Les autres critères, pour info: faire patiente au repos le patient pendant 5 minutes, vérifier que les pieds du patients soient à plat au sol, demander au patient de ne pas utiliser son téléphone portable ou de ne pas lire, vérifier au 2 bras, noter le bras avec la tension la plus élever et expliquer à quel bras la tension devrait être mesurée ultérieurement. C’est intéressant, mais considérant l’intérêt des mesures en cabinet, il faudrait mieux voir si les étudiants savent expliquer les automesures. Mais d’une part, cela prend du temps de consultation d’expliquer les 11 points au patient; et d’autre part (et surtout), un patient retenant moins de 50% des informations données en consultation (ou quelque chose comme ça), ne faudrait-il pas se concentrer sur 3-4 consignes importantes plutôt qu’une liste aussi longue…
L’Idarucizumab est un des antidotes du Dabigatran. Son efficacité a été testée sur des patients ayant un saignement non contrôlée ou devant subit une intervention urgence. L’inhibition complète de l’AOD a été obtenue entre 1h30 et 2h30 après le début du traitement. L’étude n’est pas comparative, mais pour mémoire, avec les AVK on cherche à avoir un INR < 1,5 en 30 minutes… 
Un des articles du congrès de cardio qui a fait parlé de lui concernait l’étude CANTOS qui suscite en moi des questions. Il concerne peu les généraliste car il randomisait des patients avec coronaropathie et une CRP-hs > 2mg/L pour un traitement par canakinumab, un anti corps anti-inflammatoire, ou placebo. Le traitement anti-inflammatoire a réduit significativement la survenue des évènements cardiovasculaires (sans effet sur la mortalité). Ainsi, je me pose la question, de pourquoi est ce que les AINS augmentent le risque cardiovasculaire, alors que l’inhibition de l’interleukine 1 par le canakinumab induit une inhibition des COX comme le font les AINS… Au passage l’interleukine 1 inhibée ne stimulera plus l’interleukine 6 qui est censé permettre la différenciation des lymphocytes naïfs en lymphocytes TCD4+ (et pour mémoire, on voit bien dans les infections par VIH que ne pas avoir de LTCD4+, c’est pas terrible…) Tout cela pour dire qu’un suivi de 4 ans seulement me laisse dubitatif sur les bénéfices et risques du traitement.
2/ Pneumologie
Chez les patients asthmatique sévères avec une bithérapie par bêta2 mimétiques de longue durée d’action et corticostéroïdes inhalés toujours non contrôlés, il semblerait que l’ajout d’azithromycine (comme pour la BPCO), 3 fois par semaine, réduise de 40% la survenue d’exacerbation (environ une de moins par an). Dans cet essai contrôlé randomisé, il a été également retrouvé une amélioration significative de la qualité de vie des patients asthmatiques traités. Cette possibilité thérapeutique n’était pas évoquée dans les dernières recos de la SPLF.
En parallèle, le JAMA a publié une revue de la littérature sur la prise en charge de l’asthme. Les prises en charges proposées sont proches de celles de la SPLF. A noter le joli tableau récapitulatif des doses standard, du bénéfice prouvé du traitement et des effets indésirables des molécules:

3/ Rhumatologie
Le collège de médecine américain a publié des recommandations de prise en charge de la lombalgie aigue. Pour les lombalgies aigues, les auteurs recommandent de la kiné, de l’acuponcture, des massages et des moyens fournissant de la chaleur cutanée en première intention. Le traitement médicamenteux recommandé, si nécessaire seulement comporte des AINS et des myorelaxants (bouh!). Pour les lombalgies chroniques, ils insistent surtout sur les mesures non-médicamenteuses et sur le fait d’éviter les morphiniques au long cours.

4/ Diabétologie
Une nouvelle méta-analyse sur l’efficacité de la metformine a été publiée, dans Diabetlogia. Cependant, cette fois encore, ce traitement n’arrive pas à prouver qu’il permet de diminuer la mortalité globale, cardiovasculaire, le nombre d’infarctus ou d’AVC chez les patients traités.
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@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°148: Recos SCA-ST+ et artériopathie, dépistage cardiovasculaire #ESCCongress , recos sportif

Bonjour! Après 2 mois de vacances, le blog va reprendre de l’activité! Je n’ai bien évidemment pas écrit les billets auxquels j’avais pensé durant ces vacances… Mais les actualités se sont accumulées ces dernières semaines, notamment avec le congrès de l’European Society of Cardiology. Ce billet de rentré va donc être très cardiologique et si c’est pas trop long, je mettrais quelques autres infos rapides également. Bonne lecture!
(Et pour ne pas louper les billets, pensez à vous abonner en inscrivant votre mail dans la case prévue en haut à droite!)

1/ Pharmacovigilance (et matériovigilance)

Pour commencer, le dispositif ESSURE de contraception définitive féminine controversé depuis plusieurs mois a conservé son AMM, mais à perdu temporairement (jusqu’en novembre) la norme « CE » ce qui va limiter fortement son utilisation.

La trimébutine (Débridat*) est désormais contre indiquée chez les enfants de moins de 2 ans en raison de risque neurologique et cardiologique supérieur.


2/ Recommandations de l’ESC

Au congrès de l’ESC, ont été présentées de nombreuses recommandations. Commençons par les recos concernant l’infarctus du myocarde avec élévation du segment ST, en se focalisant sur ce qui intéresse le généraliste. En cas de suspicion confirmée, il est toujours recommandé de donner 150-300mg d’aspirine per os le plus vite possible (mais comme le SAMU a parfois ses protocoles, il faut mieux leur demander s’il veulent qu’on le fasse car les 300mg en IV seraient plus effiaces). Et là ça se complique:
– Si le patient a eu une angioplasie coronaire, une bithérapie de 12 mois est recommandée avec aspirine et soit ticagrelor soit prasugrel (fini le clopidogrel sauf si les 2 autres sont contre indiqués)
– Si le délai estimé est supérieur: on s’orientera vers une fibrinolyse: la bithérapie sera alors aspirine (75 à 100mg maximum) et clopidogrel.
– Chez les patients à faible risque de saignement, l’association aspirine + clopidogrel + rivaroxaban 2,5mgx2 peut être recommandée (on y reviendra un peu après)
– Chez les patients  ayant bien toléré le traitement de 12 mois, si le risque d’infarctus est élevé (age > 50 ans et un des critères: age> 65 ans, diabète médicalement traité, récidive d’infarctus du myocarde, coronaropathie multi-tronculaire, DFG <60 ml/min/1.73 m2)., il est recommandé de poursuivre une bi-antiagrégation pendant 3 ans au total avec aspirine + ticagrelor (60mg x2)

L’IPP est préventif est indiqué en cas de risque hémorragique intestinal élevé.
Les bêtabloquants reste recommandés sans durée limite (même si on sait que le bénéfice diminue après 1 an), et le verapamil peut être utilisé à la place en cas de mauvaise tolérance ou de contre indication.
Les IEC sont recommandés prioritairement aux ARAII. Et dans les ARAII, c’est le valsartan qui devrait être privilégié.
Le traitement par statine de forte intensité doit être débuté avec un objectif de LDL < 0,7g/L OU une diminution de 50% du LDL s’il était inférieur à 1,35g/L. Tant que le LDL est > 0,7g/L il est recommandé d’intensifier le traitement, par exemple avec l’ajout de l’ezetimibe à la statine.

Quelques remarques dessus maintenant:
– les patients devant potentiellement avoir un traitement par ticagrelor pendant 3 ans, il semble préférable de commencer avec celui ci plutôt que le prasugrel.
– les recommandations préconisent une statine forte dose, alors qu’il n’a jamais été démonté en essai contrôlé randomisé de bénéfice en prévention secondaire de la rosuvastatine et de l’atorvastatine. L’objectif peut probablement être atteint avec simvastatine + ezetimibe, qui ont tout deux une efficacité prouvée.
– la trithérapie rivaroxaban + aspirine + clopidogrel n’est possible que pour les patients traités par aspirine + clopidogrel, donc ceux n’ayant pas eu d’angioplastie ou ayant une contre indication au prasugrel et ticagrelor.
– l’étude COMPASS présentée au congrès randomisait aspirine+ placebo versus aspirine + rivaroxaban. La qualité de l’étude est bonne avec une prise en compte des analyses intermédiaires et des comparaisons multiples (il y avait en effet aussi un bras rivaroxaban+placebo). Les patients inclus devaient être en prévention secondaire (90% avaient une coronaropathie). Après 2 ans de suivi environ, l ‘étude retrouve une diminution significative des évènements cardiovasculaires de 24% (NNT= 80 patients), et dont une baisse de la mortalité globale de 18% (NNT=143 patients). Cependant, il y a une augmentation de 70% des saignements sévères (NNH= 83). Ainsi, il y a 1 saignement sévère pour 1 évènement cardiovasculaire ou décès prévenu après 2 ans. De plus la comparaison est versus placebo et non versus Aspirine + clopidogrel ou Aspirine + ticagrelor qui sont les thérapies prolongées de référence. Ceci limite l’intérêt du rivaroxaban avec l’aspirine en traitement prolongé.

La reco suivante concerne les pathologies artérielles périphérique.
D’abord, concernant l’AOMI, il est recommandé de mesurer les IPS chez les patients avec une pathologie cardiovasculaire, chez ceux de plus de 50 ans avec un ATCD familial d’AOMI, et de plus de 65 ans sans antécédent particulier. Le diagnostic est posé pour un IPS < 0,9 ou supérieur à 1,4. Le traitement par statine a le même objectif que précédemment (< 0,7 G/L de LDL ou une baisse de 50%). En l’absence de revascularisation prévue, le traitement antiaggrégant plaquettaire est à instauré seulement en cas de symptômes, auquel cas le clopidogrel est à privilégié en cas d’AOMI sans autre artériopathie, sinon aspirine 75-100mg (pas de preuve de bénéfice si asymptomatique). Il est systématique après une revascularisation. En cas de traitement par anticoagulant nécessaire (ACFA concomittante par exemple), la monothérapie par anticoagulant est suffisante. Les IEC sont à privilégier en cas d’hypertension artérielle.

Concernant l’athérome carotidien, il faut demander une bonne mesure de la sténose: la sténose doit être mesurée en NASCET ( nommé ACAS si asymptomatique) c’est à dire le diamètre carotidien au niveau de la sténose divisé par le diamètre en aval et non mesurée en ECST (un joli schéma ici)
– Ainsi, pour les sténoses carotidiennes asymptomatiques: si la sténose est inférieure à 50% et le patient asymptomatique, on ne parle même pas d’arthériopathie carotidienne et aucun autre traitement du contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire et d’une surveillance n’est nécessaire. Concernant le traitement par statine, il n’est pas dit s’il présente un bénéfice chez ces patients (tous ceux sous aspririne et statine parce qu’il y a des p’tites plaques, hein…. bah, ça sert à rien).
– Pour les sténoses carotidiennes asymptomatiques de plus de 50% NASCET, un traitement par aspirine (ou clopidogrel) est recommandé, avec une indication possible de revascularisation si la sténose est supérieure à 60%.
– Pour les sténoses symptomatiques de moins de 50%: un traitement médical optimal avec anti-aggrégant et statine est recommandé. Pour celles symptomatiques de plus de 50% un traitement chirurgical sera nécessaire et le traitement anti-aggrégant sera poursuivi après le geste.

Concernant les sténoses des artères rénales, même en cas de sténose bilatérale, il y aurait un bénéfice à introduite en première intention un IEC (ou un ARAII) sous réserve que l’introduction soit très progressive et avec une surveillance rapprochée de la tolérance clinique et biologique.

Enfin, la dernière reco de l’ESC dont je parlerais rapidement est celle sur les valvulopathies: concernant les généralistes, si les AVK sont difficiles à équilibrer, il est toujours contre indiqué de prescrire un AOD en cas de valve mécanique.


3/ Autres articles cardiovasculaires

Le dépistage de l’anévrisme de l’aorte abdominale systématique à 65 ans était controversé avec des études récentes ne retrouvant pas de bénéfice en terme de mortalité. Un article du Lancet a randomisé de façon non aveugle, des patients de 64 à 74 ans pour un dépistage de l’anévrisme de l’aorte abdominale (par échographie doppler), de l’AOMI (par mesure de l’IPS) et de l’hypertension artérielle (mesurée en cabinet) versus pas de dépistage. Après 4 ans, il y a eu dans le groupe dépisté une diminution de la mortalité globale de 7% (NNT= 169). C’est une des première fois que des mesures de dépistage cardiovasculaire en population générale marche aussi bien. Le bénéfice ne semble pas uniquement lié au dépistage de l’HTA, et le surdiagnostic lié à l’HTA serai évalué a 10% ce qui est acceptable corrigé par des automesures tensionnelles confirmant le diagnotic.

Faut-il traiter toutes les dyslipidémies? Une étude a évalué le bénéfice de la pravastatine 40mg (qui a démontré un bénéfice en prévention primaire chez les patients à haut risque) chez des patients de plus de 65 ans hypertendus avec une dyslipidémie modérée. Après 6 ans, il n’y avait pas de bénéfice en terme de mortalité et même un sur-risque non significatif de mortalité chez les plus de 75 ans.

Dans l’insuffisance cardiaque, il ne semble pas utile de cibler un BNP inférieur à 1000, car cela ne permet pas de diminuer la mortalité, d’apprès un essai controlé randomisé.

Selon une méta-analyse en réseau, les patients hypertendus avec une tension artérielle entre 120 et 124mmHg auraient un risque de mortalité inférieure de près de 30% (risque relatif) par raport à ceux entre 130 et 134mmHg. Lower is better? Cela irait dans le sens de l’étude SPRINT pour laquelle le traitement intensif était plus efficace mais controversée à cause de la mesure de tension qui était réalisée dans des conditions « beaucoup plus calmes » que dans les autres études.

4/ Bilan sportifs

Un arrêté a été publié concernant les examens à faire pour les sports à risque (je les présente pas tous ici, hein):

Sport à risque de KO:
– acuité visuelle, champ visuel, et sauf pour le karaté: tonus oculaire et fond d’oeil
– pour la boxe anglaise: ARM des artères cervicales et épreuve d’effort tous les 3 ans pour les pro et à partir de 40 ans pour les amateurs.

Rugby à XV et VII hors compétition:
– ECG à partir de 12 ans tous les 3 ans puis tous les 5 ans dès 20 ans jusqu’à 35 ans
– ECG d’effort et bilan lipidique tous les 5 ans dès 40 ans, et IRM cervicale ou lombaire si pathologie rachidienne pour les joueurs de première ligne

Rugby à XV et VII en compétition:
– ECG à partir de 12 ans tous les 3 ans puis tous les 5 ans dès 20 ans jusqu’à 35 ans
– ECG d’effort, échographie cardiaque et bilan lipidique tous les 5 ans à 40 ans, 43 ans et tous les 2 ans jusqu’à 50 ans puis annuellement
– IRM cervicale pour les première lignes à 40, 42 et 44 ans puis annuellement, et pour les autres postes tous les 2 ans à partir de 45 ans.

 Pour finir, un article du JAMA internal medicine, sur l’intéret de l’ECG lors du bilan annuel des patients. Cette étude de cohorte a inclu plus de 3 millions de patients. Plus de 20% des patients ont eu un ECG non recommandé. Ces derniers étaient principalement des patients de plus de 45 ans, avec d’autres pathologies (cancer, bpco, mais moins d’asthme). Les patients ayant eu des ECG ont eu plus fréquemment des investigations cardiologiques à 3 mois. Cependant, la mortalité était faible dans les 2 groupes mais supérieure dans le groupe ayant eu des ECG (mais l’analyse a été faite sans ajustement… c’est dommage)… Cette étude rappelle surtout les conséquences des ECG, qui peuvent entrainer de nombreuses explorations. Il est malheureusement impossible de conclure quoi que ce soit sur la mortalité, les 2 groupes n’étant vraiment pas comparables.

C’est fini pour ce long billet que je voulais publier pour il y a 2 jours…
A très bientôt!

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Dragi Webdo n°147: énoxaparine, hypothyroïdie fruste, escitalopram, metformine

Bonsoir pour ce dernier Dragi Webdo avant l’été! Il ne va pas être très long, alors place aux actualités!
1/ Pharmacovigilance
Concernant l’énoxaparine, l’ANSM a publié un communiqué donnant de nouveaux schémas de traitement curatif: soit en 2 injections, comme « habituellement » à 100UI/Kg/injection, soit à la dose de 150UI/Kg en 1 fois par jour pour les patients à faible risque de complication. Par ailleurs, l’énoxaparine peut désormais être utilisé jusqu’à une estimation du DFG de 15ml/min généralement à la dose de 100UI/kg en 1 injection.
2/ Endocrinologie
Un article du NEJM parle de l’hypothyroïdie fruste (TSH augmentée avec T4 normale) au vue des récents articles publié. L’algorithme n’est pas totalement en accord avec les recos françaises actuelles. En effet, chez le patient de plus de 70 ans, les auteurs ne recommandent pas d’instaurer un traitement, même avec un TSH >10 et la recherche d’anti-corps n’est pas présente. Elle se discute quand la TSH est supérieure à 7 chez le moins de 70 ans, la présente d’anti-TPO incitant à débuter un traitement. Enfin, pour une TSH entre 4,5 et 7, une surveillance simple est recommandée. 
3/ Gynécologie
Un article du NEJM parle « surdiagnostic » et retrouve que la taille des cancers dépistés n’est pas forcément liée à la survie. Ainsi un cancer T1 « défavorable » est associé à une survie moindre qu’un T2 « favorable ». Les auteurs posent ensuite un tableau reclassant les cancers en « favorables » et « défavorables » pour tirer des donnés de surdiagnostic. On peut y voir le pourcentage de cancer surdiagnostiqués selon les âges. Plus on est jeune, plus le surdiagnostics de cancers favorables est important…
4/ Psychiatrie
Rares sont les études montrant des bénéfices de traitements antidépresseurs. Un essai contrôlé randomisé comparait en 3 bras, la stimulation transcranienne à courant direct, l’escitalopram et un placebo. L’étude retrouve que les 2 traitements étaient supérieurs au placebo. Pour se reconcentrer sur l’escitalopram, ce traitement améliorait l’échelle Hamilton de 5,5 points à 10 semaines (une différence de 3 points étant considérée comme cliniquement pertinente). Concernant les effets indésirable du traitement, il n’y en avait pas plus dans le bras escitalopram que dans le bras placebo, mais les effets indésirables cardiologiques ne semblent pas avoir été spécifiquement recherchés.
5/ Diabétologie
Enfin, une étude  contrôlée randomisée de Circulation a étudié la metformine chez des patients pré-diabétiques. Les auteurs retrouvent que les hommes (et non les femmes), on un score calcique plus faible quand ils ont reçu le traitement par rapport au placebo, après plus de 10 ans de traitement. La metformine protègerai donc bien les artères. Cependant, si après 13 à 14 ans de suivi, les auteurs n’ont pour outcome que le score calcique et non des critères cardiovasculaires clinique, il est probable que le bénéfice chez les hommes pré-diabétiques soit plus que minime.
Voilà, je vous souhaite d’excellentes vacances à tous! Il y aura certainement quelques billets durant l’été mais pour le Dragi Webdo, rendez-vous en septembre! A bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°146: flunidione (ANSM), dépistage Hélicobacter Pylori (HAS), exacerbation de BPCO, prévention cardiovasculaire chez les diabétiques

Bonsoir! Tout d’abord, félicitations aux D4 pour cet ECN qui a malheureusement, une fois de plus, été réalisé dans des circonstances inadmissibles; mais j’espère que vous allez pouvoir profiter un peu désormais! Et les vacances approchant pour les revues également, elles tentent de publier le plus de choses intéressantes possibles on dirait… Donc j’ai du faire une sélection d’articles bien que de nombreux auraient pu avoir leur place dans ce Dragi Webdo. Bonne lecture!


1/ Pharmaco-vigilance
Commençons par cette exception française qu’est la prescription de fluindione. L’ANSM a émis une alerte concernant le risque immuno-allergique lors des 6 premiers mois de traitement. Il est donc nécessaire de surveiller le bilan rénal, hépatique, hématologique « régulièrement » et l’état cutané au cours de ces 6 premiers mois. Ou sinon, on peut préférer introduire un autre AVK, car aucun autre ne présente ces risques…
Un nouvel essai contrôle randomisé s’est intéressé aux AINS. Des patients avec un antécédent cardiovasculaire et de l’arthrose et un antécédent de saignement digestif haut ont été randomisé pour un traitement soir par Naproxene 500×2 + omeprazole 20, soit par Celecoxib 100 x 2 + omeprazole 20. Une fois de plus, l’étude retrouve un risque de saignement plus important sous naproxène. Cependant, comme dit dans des billets précédents (ici ou ), l’étude compare la dose maximale de Naproxène à la demi-dose de Celecoxib, et ce biais de dose peut expliquer les résultats. Par ailleurs, compte tenu de la faible efficacité des AINS dans l’arthrose, je ne suis pas certain qu’il soit très éthique d’exposer des patients avec un antécédent cardiovasculaire (et donc sous aspirine) à un autre AINS, notamment s’ils ont en plus un antécédent de saignement digestif… Les comités de protection des personnes chinois sont plus cool que chez nous!
2/ Gastro-entérologie
La HAS a émis des recommandations sur la recherche d’Hélicobacter Pylori (HP). En effet, les indications de recherche d’HP sont reprécisées:
– ulcère gastrique ou duodénal (ulcère actif ou antécédent d’ulcère),
– anémie par carence en fer ou la carence en vitamine B12 sans cause retrouvée, purpura thrombopénique immunologique ou à une forme de lymphome gastrique
– en cas de prise d’aspirine ou d’AINS chez un patient ayant un antécédent d’ulcère, 
– facteurs de risque de cancer de l’estomac
Le moyen de dépistage recommandé est soit, la sérologie HP suivie d’une FOGD en cas de positivité soit une FOGD d’emblée. Il peut paraitre étonnant que le test respiratoire a l’urée ne soit présenté qu’en contrôle après une éradication, malgré des Sensibilité et spécificité supérieures à la sérologie. Les raisons faisant privilégier la sérologie sont son faible coût (et remboursé en dépistage contrairement au test respiratoire), la possibilité de faire le test sous IPP.
La HAS revient également sur le dépistage du cancer colo-rectal chez les patients à risque modéré (asymptomatique), élevé (ATCD d’adénome, de MICI ou de CCR familial au 1er degré) et très élevé (PAF et syndrome de Lynch), mais il n’y a pas grand chose de neuf dans la partie concernant les généralistes.
3/ Pneumologie
Une étude britannique a retrouvé que la prescription d’antibiotiques était coût-efficace chez les patients faisant une exacerbation de BPCO. En effet, quelque soit le stade de gravité de la BPCO, l’étude retrouve que l’antibiothérapie réduisait de moitié les coûts moyens de prise en charge d’un patient: 750 £ pour les patients avec antibiotiques versus 1900 £ pour ceux sans antibiotiques. Cette différence est due à des re-consultations plus fréquentes, des hospitalisations. Ainsi, d’un point de vue purement bio-médical, il n’est pas indispensable de traiter les exacerbations par antibiotiques, mais du point de vue santé publique, ce serait préférable!
4/ Neurologie
Dans la catégorie, « quand on cherche on finit toujours par trouver », une étude israélienne ayant inclus plus de 250 000 patients, retrouve que les patients avec un cholestérol élevé sont associés à un moindre risque de maladie de Parkinson par rapport à ceux ayant un taux bas. Un argument pour stopper les statines après 80 ans?
5/ Diabétologie
Voici deux études de prévention cardiovasculaire chez le diabétique de type 2. Une nouvelle analyse de l’étude ACCORD s’est intéressée aux évènements cardiovasculaires des patients diabétiques sous bêta-bloquants (BB-). L’étude retrouve une majoration connue du risque d’hypoglycémie sous BB-, mais également une augmentation de la mortalité cardiovasculaire chez les patients sous BB- (NNH=333 après 4,5 ans de suivi en moyenne), une survenue significativement plus fréquente d’évènements cardiovasculaires , y compris en prévention secondaire. Même s’il est dur de se passer de BB- en post infarctus, il semble qu’il faille vraiment remettre en question ce traitement chez les patients diabétiques hypertendus en prévention primaire!
Un peu comme dans l’étude Steno-2, l’étude TECOS a cherché  a évaluer le risque cardiovasculaire chez des patients diabétiques de type 2 sans tenir compte de l’HbA1C. Les patients étaient donc diabétiques et avaient un antécédent cardiovasculaire. Les patients ayant les 5 paramètres de prévention remplis (aspirine, statine ou LDL <0,7g/L, IEC ou ARAII, être non fumeur, avoir une TA < 140/90) avaient un risque cardiovasculaire moindre que ceux n’ayant que 2 critères. Quand on regarde chaque paramètres, ceux qui sont indépendamment significatifs ne sont pas nombreux: être non fumeur, être sous aspirine et avoir une dyslipidémie contrôlée (mais ce dernier n’est plus significatif après 12 mois de suivi alors que les 2 autres persistent!) Les traitements médicamenteux optimisés sont déterminants dans le suivi de tous ces patients.
C’est fini pour cette semaine, alors à la semaine prochaine pour le dernier Dragi Webdo avant ma pause estivale! 
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°145: Congrès diabéto (canagliflozine, insuline dégludec…), double anti-aggrégation et score DAPT, antibiothérapies, radio-vigilance

Bonjour ! Il y a eu énormément de publications intéressantes cette semaine, en partie à cause du congrès américain de diabétologie. Alors je suis désolé de la longueur de ce billet qui ne va pas être très synthétique…(Déjà que je vais devoir reporter certains articles de cette semaine au Dragi Webdo de la semaine prochaine…) En parlant de congrès, un article du BMJ a traité les divulgations d’informations par Tweets lors des congrès, ça parle de propriété intellectuelle etc… je vous laisse le lire !
1/  Pharmacovigilance
L’ANSMa publié un document relatif au bon usage des médicaments pendant l’été. La fiche reprend les conseils à donner aux patients et comporte des tableaux pour repérer les médicaments à surveiller. Un conseil qu’on (je ?) ne donne pas souvent aux patients : le paracetamol ne doit pas être utilisé en cas de coup de chaleur ! (ça parait bête mais, visiblement, ce n’est pas rare…)
Côté radio-vigilance, un tableau intéressant comparant les doses de radiation reçues par examen avec le temps nécessaire pour recevoir la même dose d’irradiation naturelle. Quelques exemples : une radiographie thoracique : 10 jours, un TDM abdomino-pelvien sans puis avec injection : 7 ans !
2/ Cardiovasculaires
A l’heure des nouvelles technologies et des déserts médicaux, le moyen le plus rapide de secourir un patient en arrêt cardio-respiratoire semble être… le drone ! (Le robot portant un défibrillateur qui pouvait être utilisé sur place par la personne ayant appelé les secours) Cette étudesuédoise a en effet retrouvé  que les temps nécessaire pour permettre le départ de la base d’un drone était de 3 secondes contre 3 minutes pour un véhicule d’urgences, puis le temps d’arrivée sur zone était de 5 minutes pour le drone contre 22 minutes par le véhicule d’urgences, soit 16 minutes gagnées pour amener un défibrillateur à un patient !
Une étudedu Lancet a évalué le risque de saignement sous anti-agrégants plaquettaire en prévention secondaire. Les auteurs ont retrouvé une augmentation significative des saignements sévères après 75 ans, notamment des saignements mortels. Cependant, en comparant les patients sous inhibiteurs de pompe à proton avec ceux sans ce traitement, ils retrouvent un bénéfice du traitement avec des NNT sur 5 ans pour prévenir une hémorragie digestive de 338 avant 65 ans (bof…) et de 23 après 75 ans !
Un article d’Annals of internal medicine a étudié l’efficacité d’une double anti-agrégation plaquettaire de 6 mois versus 24 mois chez les patients avec un score DAPT supérieur ou égal à 2. Les publications retrouvent habituellement un bénéfice à une double anti-agrégation prolongée quand ce score est supérieur ou égal à 2 (car le NNT serait de 33 et le NNH de 263 alors que pour un score inférieur à 2 ils sont respectivement de 169 et 69, cf icipour le score). Bref, les auteurs retrouvent cette fois ci que le bénéfice de la prolongation du double traitement n’est retrouvé que sur un seul type de stent : ceux aux praxlitaxel. Donc en dehors de ceux-ci, même avec un score DAPT supérieur à 2, il n’y aurait pas de bénéfice à un traitement double prolongé. Reste à savoir quel type de stents ont nos patients…
Enfin, un articlede Circulation a étudié l’évolution de la tension artérielle des patients de plus de 80 ans en fonction de la survenue du décès. Les auteurs retrouvent une baisse de la tension artérielle au cours des 2 dernières années de vie sans qu’une intensification de traitement anti-hypertenseur ait été remarquée. Cette étude ne permet pas de dire que « moins traiter » les patients avec une amélioration des mesures tensionnelles améliore la survie, mais au moins ça pourrait diminuer le fardeau des traitements, la cible tensionnelle après 80 ans étant de 150mmHg.
3/ Infectiologie
On va surtout parler ici d’antibiothérapie. D’abord, un article du CDCportant sur les patients traités pour une maladie de Lyme, retrouve des déclarations d’infections sévères, chocs septiques et décès de patients suite à des traitements antibiotiques de plusieurs mois ayant sélectionné des bactéries particulièrement résistantes et virulentes. Un argument de plus pour ne pas se lancer dans des traitements de plus de 28 jours pour traiter un Lyme chronique.
Bien que ce soit une étude hospitalière, un articledu Jama Internal Medicine a retrouvé que 20% des patients hospitalisés sous antibiotiques subissaient au moins un effet indésirable de l’antibiothérapie, avec une augmentation du risque de 3% par 10 jours de traitement. A méditer lors des prescriptions.
4/ Diabétologie
Commençons cette partie avec un article attendu du NEJM: l’efficacité et la sécurité de la canagliflozine dans un essai contrôlé randomisé. Pour mémoire, c’est le seul anti-SGLT2 qui est en voie d’être disponible en France pour le moment. L’étude CANVAS a permis de retrouver une diminution du risque relatif d’évènements cardiovasculaire (sur un critère composite) de 14%  (NNT= 217 patients par an. NB: Les auteurs ont donné une survenue en nombre d’évènements par 1000 patients et non pour 100, ce qui donne l’impression d’un écart plus grand, mais non…). En regardant les critères composant le critère principal, pas d’amélioration de la mortalité cardiovasculaire ou globale, seul les hospitalisations pour insuffisance cardiaque sont réduites significativement (conformément à l’hypothèse selon laquelle le bénéfice de ces traitement serait identique celui d’un traitement diurétique), mais étrangement, l’effet n’était retrouvé QUE chez les patients avec un traitement diurétique déjà prescrit. Et sur ce point, il y a une interaction significative, ce qui signifie les résultats de l’étude devraient être donnés séparément selon ce sous groupe et qu’on ne peut pas « pooler » en disant que « le traitement marche pour tous les patients ». Cependant, contrairement à l’empagliflozine, il n’y a pas d’interaction sur le fait que les patients soient en prévention primaire ou secondaire, bien que l’effet ne soit significatif que chez les patients en prévention secondaire (ce peut être du à un nombre de patients en prévention primaire insuffisant). Les effets indésirables connus son retrouvés avec une augmentation du risque relatif d’amputation, notamment transmétatarsienne, de 97% (NNH=344). Donc pour 2 patients avec un évènement en moins, on ampute un patient. Il y avait aussi plus d’infections génitales masculines et féminines et plus de fractures. Attendons vraiment l’empafliglozine pour laquelle un bénéfice en terme de mortalité était retrouvé avec moins d’effets indésirables.
Petite parenthèse metformine, essayée chez les diabétiques de type 1 dans un essai contrôlé randomisé. Les auteurs ne retrouvent pas de bénéfice sur le contrôle glycémique, mais sur les critères secondaires tels que l’épaisseur média-intima carotidienne maximale, le taux de LDL, le poids et la fonction rénale étaient améliorée chez les patients sous metformine ce qui peut laisser penser que la metformine aurait vraiment un effet cardiovasculaire propre.
Un point HbA1Cmaintenant. Une étude a retrouvé que les patients d’origine africaine avaient un taux d’HbA1C supérieur de 0,4% aux patients caucasiens pour des moyennes glycémiques identiques. Faudrait il différencier les cibles ? (si jamais il fallait vraiment des cibles… ou peut-être être un peu moins stricts chez certains patients)
Pour finir, parlons insulines. D’abord, voici une étude s’intéressant à la sécurité de l’insuline dégludec (la toute nouvelle insuline ultra-lente) par rapport à l’insuline glargine (connue sous le nom de Lantus*) avec un critère principal composite de décès cardiovasculaire et d’évènements cardiovasculaires non  fatals. Les 2 insulines étaient équivalentes sur le critère de jugement principal. Cependant, il y avait significativement moins d’hypoglycémie sévère ou nocturne sous insuline dégludec (NNT= 40). Un avantage à confirmer et pourquoi pas des bénéfices cardiovasculaires dans une étude dédiée plus puissante ? (parce que dans celle-ci, elle n’était pas si loin d’atteindre la supériorité sur le critère principal OR= 0,91[0,78-1,06] et ce serait la 1ère insuline efficace sur le plan cardiovasculaire…).
Et enfin, un tableau récapitulatif des insulines tiré du JAMA, comprenant les délais et durées d’action et les prix. L’insuline dégludec citée ci-dessus est quand même bien plus chère que les autres….
Merci d’être arrivés jusqu’ici ! Pour vous détendre un peu, vous pouvez allez jouer à ce « serious game » pédagogique de médecine EBM, élaboré dans le cadre d’une thèse de médecine générale, l’objectif étant que vous et vos connaissances battiez les différents boss pour passer du statut d’interne à celui de « dieu de la médecine » ! (Heureusement que j’ai fini par vaincre Hippocrate, sinon j’y aurais joué pendant des jours !)
A la semaine prochaine !
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°144: reco voyageur (BEH), hématurie, Abiratenone, analogues GLP-1, rétinopathie diabétique

Bonjour! Voici les actualités de la semaine!

1/ Pharmacovigilance:
L’isotrétinoine est connue pour être impliqué dans des conduites suicidaires de patients traités. Une méta-analyse a évalué la survenue de dépression sous traitement. Malheureusement, aucun essai contrôlé randomisé n’a rempli les conditions d’inclusion, et l’étude ne s’est basé que sur des études prospectives non contrôlées. Les auteurs ne retrouvent pas de majoration de syndrome dépressifs sous traitement et notent même une diminution du risque de dépression en fin de traitement. Cela ne suffira pas à exclure le risque de dépression ou de suicide sous traitement, l’effet indésirable étant rare, il ne sera pas mis en évidence aussi facilement.
2/ Voyage:
Le BEH 2017 relatif au recommandations sanitaires du voyageur a été publié! Je n’ai pas remarqué de différence notable par rapport à celui de l’an dernier en ce qui concerne la pratique d’un médecin généraliste. Mais comme dans les diarrhées du voyageur, j’oublie toujours quel antibiotique prescrire selon les voyages, je le remets ici (parce que je ne dois pas être le seul):
– Voyage en Asie: Azithromycine 500mg/j pendant 3 jours
– Voyage ailleurs: Ofloxacine 200×2/j pendant 1 à 5 jours (ou Ciprofloxacine)
3/ Urologie
Le JAMA Internal Medicine s’est intéressé au explorations coût efficace devant une hématurie microscopique asymptomatique. Les auteurs retrouvent un meilleur rapport cout-efficacité avec l’association échographie + cystoscopie. L’ajout de l’uro-TDM était mineur même chez les patients à haut risque (hommes fumeurs de plus de 50 ans) pour un coût élevé.
Le NEJM a publié un article qui concerne peu les généralistes, mais un peu quand même. Un essai contrôlé randomisé a inclus des patients avec un cancer de prostate étendu localement ou avec métastases ou à haut risque d’évolution (2 critères parmi: PSA >40, stade T3 ou T4 et Gleason 8 à 10) ou en échec d’un traitement de première ligne. Les auteurs ont démontré que le traitement par Abiratenone (+ prednisolone) diminuait significativement le risque de mortalité à 3 ans par rapport à un traitement anti-androgène (OR=0,63 , p < 0,01 et NNT= 13!) Ce qui vient cependant réduire l’impact de ce résultat, c’est qu’à 3 ans aucun des groupes n’a atteint la médiane de survie, on ne peut donc pas estimer de combien de mois le traitement « rallonge la survie médiane ». En regardant l’analyse en sous groupe, on voit que l’effet est surtout porté par le traitement des formes métastatiques (bien que l’interaction ne soit pas significative). Et sinon l’étude a l’air plutôt bien faite et les analyses intermédiaires ont été prises en compte. Donc cela peut éventuellement aider à informer le patient qui viendrait nous poser des questions sur le bénéfice d’un traitement d’un cancer de prostate métastatique.


4/ Diabétologie
Une nouvelle méta-analyse sur les incrétines est parue. Comme d’habitude, les anti-DPP-4 n’arrivent pas à démontrer d’efficacité clinique. Ce qui est intéressant concerne les analogues du GLP-1, car le sous-groupe des études LEADER, ELIXA et SUSTAIN-6 montrent une réduction significative de la mortalité globale (OR= 0,89 [0,80-0,99], avec une hétérogénéité minime).
Une des question récurrente des patients concerne l’intérêt des auto-contrôles glycémiques quand on a un diabète non insulino-requiérant. Un essai contrôlé randomisé en soins primaire a étudié l’utilisation du lecteur glycémique chez des patients diabétiques sans insuline. Les auteurs retrouvent pas de différence d’HbA1C à un an que les patients n’aient pas de lecteur, fasse des contrôles 1 fois par jour ou une fois par jour avec des conseils donnés par l’appareil en fonction des glycémies. Il n’y avait pas non plus davantage d’hypoglycémie dans un groupe, mais il n’y avait que 150 patient par groupe, ce qui est probablement insuffisant pour que l’étude démontre une différence sur ce critère.
Enfin, j’ai regardé un patient diabétique avec des yeux ronds la semaine dernière parce que son ophtalmo lui avait dit que tout allait bien mais qu’il fallait qu’il prenne une supplémentation en huiles de poisson (je ne me souviens pas du comprimé prescrit, mais bref…). Quand soudain, cet article du JAMA est arrivé! L’article montre que la prise d’oméga-3 marins diminue de près de 50% le risque de survenue d’une rétinopathie diabétique évolutive ( nécessitant vitrectomie, photocoagulation ou traitement anti-angiogénique) chez les diabétiques de type 2. Cependant, plutôt que de prendre des pilules tous les jours, il suffit de manger 2 fois par semaine du poisson gras (mais de préférence, pas d’élevage car ils contiennent moins d’oméga-3 dans ce cas)
Et comme toujours, pour éviter d’être influencé, faites attention à qui vous serrez la main!
Merci pour votre fidélité et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°143: IPP, IEC ou ARAII, dyslipidémie (CNGE), mélatonine et migraines, BPCO

Bonjour! N’hésitez pas à commenter ou à suggérer des articles importants pour notre pratique que je n’aurais pas repéré. Voici ma sélection de la semaine!


1/ Pharmacovigilance
Depuis un certain nombre de mois, les inhibiteurs de la pompe à proton ne sont pas considérés sans risques, en pouvant être impliqué dans des insuffisances rénales, des démences, des AVC et infarctus du myocarde  (j’en avais déjà parlé ici). Des recommandations canadiennes ont été publiées et sont en faveur d’une déprescription des IPP après 4 semaines de traitement bien mené. Les auteurs proposent un arrêt du traitement, ou une réduction des doses ou une poursuite du traitement uniquement à la demande et non en continu. Les patients avec des antécédents particuliers tels qu’un endobrachyoesophage ou une œsophagite chronique ne sont pas concernés, mais il est probable qu’un traitement minimal efficace soit une option acceptable comme dirait Prescrire.
Les causes de troubles déficitaires de l’attention sont toujours un sujet de recherche. Un article du BMJ a étudié dans une population chinoise si la prescription d’anti-dépresseurs pendant la grossesse était associée à la survenue de ce trouble chez l’enfant. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de TDAH associée a la prescription d’antidépresseurs. Mais cet effet est à amoindrit par le fait que les enfant de patientes avec des troubles psychiatriques avaient le risque de TDAH augmenté même en l’absence de prise d’antidépresseur chez la mère. Si jamais une relation causale était responsable de cette association, les auteurs concluent que la taille d’effet serait probablement plus faible que ce que rapportent d’autres études.


2/ Cardiovasculaire
Le CNGE a fait un communiqué de presse à propos des dernières recommandations HAS du traitement des dyslipidémies. Bien que l’utilisation du calcul du risque cardiovasculaire soit un point positif de ces recommandations, la présente de cibles de LDL est plus critiquable. Tout ça pour dire qu’il faut vraiment que je prenne le temps de rédiger ce billet sur les dyslipidémies…
IEC ou ARAII? Les recommandations sont claires dans la prévention secondaire cardiovasculaire, les IEC sont à privilégier parce qu’ils sont moins cher, et l’ARAII a son utilité en cas de toux due aux IEC. Dans l’HTA essentielle, les recos disent IEC ou ARAII sans en privilégier. Cependant, on voit  (moi en tous cas…) encore souvent prescrits des ARAII en première intention. Mais le coût n’est pas la seule raison: contrairement aux IEC, les ARAII ne diminuent pas la mortalité cardiovasculaire ou globale, que ce soit chez des patients hypertendus, des patients à haut risque cardiovasculaire ou des patients diabétiques. Ceci est totalement cohérent avec un article de 2013 qui retrouvait la même chose. Mais visiblement le lobby des ARA II leur permet de tenir le coup malgré toutes ces preuves d’inefficacité.

3/ Neurologie
Comme je vais parler de traitement de migraine, je ne peux m’empêcher de citer le billet de @Qffwffq qui parle des traitements. Mais une étude vient de tester la mélatonine 3mg dans la prévention des migraines, en comparaison avec l’amitriptyline 25mg et au placebo avec comme critère de jugement principal le nombre de jours de migraines par mois. A l’inclusion, tous les patients avaient en moyenne 7,5 jours de migraines par mois. La mélatonine a permis de réduire significativement le nombre de jour de migraines (-2,7 jours) par rapport au placebo (-1,1 jour), et ce, en tenant compte des comparaisons multiples (enfin, j’en ai tenu compte parce que les auteurs ne l’ont pas fait, eux…). Dans l’autre comparaison prévue au protocole, la mélatonine n’a pas plus diminué les jours de migraines par rapport a l’amitriptyline, mais sur les critères secondaires, la mélatonine était mieux tolérée et davantage de patients avaient une réduction d’au moins 50% du nombre de migraine. Ce pourrait donc être un traitement presque miracle, sauf que d’après les résumés des caractéristiques du produit, l’amitriptyline pour les douleurs neuropathiques, la dose efficace se situe plutôt entre 50 et 150mg: il est probable qu’une réduction supérieure des migraines aurait pu être obtenue avec une optimisation du traitement. Il aurait été intéressant de voir si la mélatonine était équivalente ou supérieure au propranolol qui est souvent le traitement de première intention.
4/ Pneumologie
Les bénéfices de l’arrêt du tabac ne sont plus à démontrer. Mais pour renforcer encore cela, une étude anglaise a étudié la mortalité et la survenue d’hospitalisation pour cause respiratoire chez des patients BPCO suivis 3 ans dans une cohorte rétrospective. Après ajustement sur les facteurs de confusion potentiels, les auteurs retrouvent que, par rapport aux patients fumeurs, les ex-fumeurs ont un risque de mortalité diminué de 22% (risque relatif) et d’hospitalisation pour cause respiratoire de 18% . Il n’est pas possible de calculer de NNT dans cette cohorte parce que les réductions de risques sont obtenue après ajustement: avant ajustement les analyses retrouvaient au contraire une augmentation de la mortalité chez les ex-fumeurs par rapport aux fumeurs actifs.
C’est fini pour cette semaine! 
A bientôt et pensez à vous abonner à la newsletter!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°142: Burn-out (HAS), statines et sujet âgé, QRISK-3, prescription différée d’antibiotiques

Bonsoir! Même si j’ai été plus modéré que d’habitude dans ma veille documentaire, il y avait beaucoup trop d’articles intéressant pour que je zappe le Dragi Webdo de cette semaine… Et vous, pour ne pas rater de billet: pensez à vous inscrire à la newsletter en notant votre adresse mail dans l’encadré en haut à droite de la page! (et valider bien le mail de confirmation, sinon vous ne recevrez malheureusement rien…)

1/ Travail
La HAS a publié des recommandations pour le repérage et la prise en charge du burn-out. Il n’y a absolument rien de novateur dans cette fiche, mis à part que c’est un pas de plus vers la reconnaissance de cette pathologie. Elle rappelle les différentes manifestations possibles, les facteurs de risque à repérer et les questionnaires de dépistages (Maslach et Copenhague burnout inventory). Les auteurs insistent sur la visite de pré-reprise pour que le rôle du médecin du travail ne soit pas oublié dans le burn-out.
2/ Cardiovasculaire
Comme souvent, on va voir des articles disant une chose et son contraire, selon la revue. Commençons donc par l’article publié dans le journal de la société européenne cardiologie, effectuant une méta-analyse des essais Jupiter et Hope-3 concernant le traitement en prévention primaire par rosuvastatine chez les patients âgés. Les auteurs retrouvent alors une diminution significative des risques relatifs 25%, 49% et 26% du risque de survenue du critère composite cardiovasculaire chez les patients de moins de 65 ans, 65-70 ans et de plus de 70 ans, respectivement. (Les NNT sont respectivement de 386, 139 et 179 ). Mais comme cette « méta-analyse » n’inclue que 2 études choisies, je ne suis pas sur qu’on puisse vraiment appeler ça une méta analyse… c’est plutôt une sélection d’étude poolées pour aller dans un sens choisi. Le biais de publication n’est pas recherché, combien d’études négatives pour arriver à ces deux études?
Ce qui nous amène au 2ème article, publié dans le Jama internal medicine sur le même sujet. C’est une analyse secondaire d’un essai contrôlé randomisé traitant par pravastatine des patients de plus de 65 ans hypertendus et dyslipidémiques. Dans le tableau des caractéristiques des patients on trouve aussi que 50% étaient diabétiques et 25% fumeurs. Le bilan à 6 ans ne retrouve pas de bénéfice en terme d’évènement cardiovasculaire, de mortalité cardiovasculaire et de mortalité globale chez les patients traités et il y a même une augmentation non significative (manque de puissance?) de 34% de la mortalité globale chez les plus de 74 ans (mais ne concluons rien sur des résultats non significatifs d’une analyse de sous groupe). Certains diront que c’est parce que la pravastatine ne baisse pas assez le LDL… Alors que c’est pourtant une des seules statines ayant démontré un bénéfice sur la mortalité en prévention secondaire et primaire (mais pas chez le sujet trop âgé visiblement).
Je parlais encore la semaine dernière des AINS et du célécoxib avec son potentiel risque cardiovasculaire potentiellement moindre. Un article revient sur les articles portant sur la sécurité des AINS et des coxibs et explique pourquoi le célécoxib semble moins dangereux: tout simplement probablement parce que les doses utilisées dans les études étaient moins fortes et que celles des AINS pris en comparaison (en se rapportant au pourcentage de dose maximal prescrite dans les études). Les auteurs retrouvent donc qu’il y a effectivement moins de risque quand on prescrit à faible dose, mais que le niveau d’antalgie est également beaucoup moins bon.
Visiblement, la mode médicale est au recyclage des molécules et des études. Ainsi, une étude retrouve que, chez des patients non diabétiques mais avec une insulino-résistance, l’utilisation de la pioglitazone avait démontré une diminution du risque d’infarctus dans un article du NEJM (j’en avais déjà parlé ici). Les auteurs proposent donc un nouvel article avec des analyses secondaires en se concentrant sur les infarctus (qui avaient été le critère de jugement significatif du premier article), cette fois ci publié dans Circulation, pour aboutir à la même conclusion… Bref, j’ai initialement cru que c’était une autre étude qui venait confirmer les résultats mais ce n’est que la même database tournée un peu différemment.
Enfin, @Dr_JB_Blanc nous avait montré que son calculateur de risque favoris était le QRISK-2, et ben, la version actualisée: QRISK-3 vient de sortir! (L’article de validation c’est ici, et pour le calculateur c’est )

3/ Pneumologie
Alors que les doubles bronchodilatations par anti-muscarinique et bêta-2-mimétiques de longue durée d’action sont de plus en plus recommandées, une étude s’est intéressé à leur sécurité. Les auteurs retrouvent qu’il n’y a pas d’augmentation du risque d’infarctus, d’AVC ou de trouble du rythme cardiaque après 1 an de traitement avec double bronchodilatation par rapport à une monothérapie, mais le double traitement était associé à une augmentation du risque d’insuffisance cardiaque. Affaire à suivre.
Un article sur la prescription différée est paru dans le BMJ. Une étude de cohorte prospective a comparé les patients ayant eu des prescriptions d’antibiotiques immédiate, différée ou aucune pour des infections respiratoires basses. Les auteurs retrouvent que la prescription immédiate ne réduit ni les hospitalisations ni les décès. Si l’on a une vision économique de la santé, la prescription différée réduisait cependant le nombre de reconsultations (mais pas les hospitalisations et décès)
4/ Rhumatologie
Les traitements de l’arthrose sont peu ou pas efficaces, c’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont déremboursés. Alors je me suis intéressé à un essai de non infériorité: la chondroïtine associée à la glucosamine versus celecoxib à 200mg/j. Les auteurs ont réussi à prouver la non infériorité du traitement anti-arthrosique (évalué sur l’évolution du WOMAC à 6 mois)! Cependant, est-ce que cela signifie que les anti arthrosique sont efficaces ou que le celecoxib est inefficace? C’est probablement le celecoxib qui n’est pas efficace si on se fie à l’article cité plus haut dans ce Dragi Webdo, car 200mg par jour est la dose minimale de traitement qui soulage très mal la douleur… Un bras placebo aurait été intéressant pour objectiver une potentielle absence de bénéfice des traitements.
C’est fini pour cette semaine. Vous vous rappelez de l’article disant que les patients soignés par des femmes avaient une mortalité hospitalière moindre? Et bien , il faut également être soigné par un médecin jeune (et surtout de moins de 60 ans) d’après le BMJ. Avec la démographie médicale vieillissante, les patients vont être embêtés…  Mais peut être que l’utilisation de Google remplacera la consultation chez le médecin et améliorera la prise en charge? Un jour peut être, mais pas encore
A bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°141: BCG(HCSP), dépistage trisomie 21 (recos HAS), BMI vs TMI, crampes

Bonsoir à tous! Je n’ai pas de remarque à faire en introduction, alors passons directement aux quelques actualités de la semaine!

1/ Vaccination
Le HCSP vient de revenir sur l’obligation vaccinale des étudiants en profession de santé contre le BCG, compte tenu de l’incidence actuelle de la tuberculose. Les auteurs passent très rapidement sur les ruptures de stock et l’emploi du vaccin importé mal connu, mais ces faits ne sont certainement pas totalement étrangers à cette modification de vaccination puisque les nouveaux étudiants ne peuvent de toutes façons pas se faire vacciner…
2/ Gynécologie
La HAS a publié des recommandations sur l’utilisation du test de dépistage de la trisomie 21 sur le sang maternel. Bien qu’il n’y ait toujours pas de remboursement (sauf en Polynésie française), les experts recommandent de proposer le test d’ADN libre circulant de trisomie 21 (ADNlcT21) en première intention aux femmes dont le risque est compris entre 1/1000 et 1/51, c’est plus pertinent et efficace que pour un seuil à 1/250 qui disparait donc. Pour celles dont le risque est supérieur à 1/50, c’est l’amniocentèse pour réaliser le caryotype foetal est recommandé en première intention mais la possibilité de faire un tests d’ADNlcT21 avant amniocentèse doit être proposée.

3/ Pédiatrie
La mesure de l’IMC (indice de masse corporelle: poids / taille²) est la plus utilisée mais semble imprécise chez l’adolescent. C’est ce que retrouve une étude du Jama Pediatrics, qui montre que le Tri-ponderal Mass Index (TMI: poids / taille3) serait plus précis, en évitant l’utilisation de percentiles peu pratiques à calculer et en évidant le surdiagnostic de surpoids. Par contre, impossible de trouver les « normes » du TMI (ou bien je suis fatigué et inefficace dans ma lecture et mes recherches…)
4/ Rhumatologie
On va finir sur des traitements ne démontrant pas d’efficacité (désolé que ça tombe sur la rhumato…) 
Un essai contrôlé randomisé du JAMA n’a pas retrouvé de bénéfice en terme de douleur avec la triamcinolone (corticoïde) en infiltration dans la gonarthrose par rapport à l’injection de sérum physiologique. En revanche, la perte cartilagineuse était supérieure dans le groupe traité par corticoïdes.
Le traitement des crampes a été évalué dans plusieurs articles. Le premier du JAMA consiste en une étude exposés-non exposés portant sur le traitement au long cours par quinine pour les crampes. Les auteurs retrouvent une augmentation de la mortalité globale chez les 45 000 patients traités par rapport aux 130 000 non traités (OR=1,24), avec un effet dose: la mortalité était plus importante chez les patients avec des fortes doses. Cela peut laisser penser que la relation est causale, même si cette étude ne permet pas de le conclure.
Le second, du JAMA internal medicine, retrouve que le magnésium n’a pas d’efficacité supérieure au placebo. Cependant, l’absence d’effets indésirables notables chez les patients traités et l’amélioration des crampes dans les 2 groupes peut laisser penser que le magnésium est un placebo à faible risque d’effets indésirables graves (mais l’étude comportait peu de patients).
Voilà pour aujourd’hui! Pas sur que j’ai le temps d’écrire un billet la semaine prochaine étant donné que je compte profiter des jours fériés, mais sait-on jamais… Bonne semaine et à bientôt
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°140: AINS, ostéoporose (reco US), gonarthrose, valvulopathies, cancer thyroïdien

Bonsoir! Merci à ceux qui se sont inscrit à la Newsletter! Normalement vous avez dû recevoir un mail pour ce billet dans les 24h suivant sa publication. Ceux se sont inscrits et n’ont pas reçu ce billet par mail, il est probable que votre compte n’ai pas été activé car il faut valider votre inscription: vous avez du recevoir un mail demandant de confirmer votre inscription après avoir entré votre mail, donc vérifiez vos spams ou renouvelez l’opération en entrant votre mail en haut à droite de la page, juste sous le « abonnez vous! » puis en cliquant sur « submit »! Et si vous avez des soucis (en rapport avec l’inscription, hein…) contactez moi en commentaire ou sur Twitter.
Bonne lecture!
1/ Pharmacovigilance
Une nouvelle étude publié dans le BMJ a retrouvé un sur-risque d’infarctus du myocarde chez les patients consommant des AINS. L’augmentation était présente dès la première semaine d’utilisation et maximale durant le premier mois d’utilisation et avec les plus fortes doses. Une fois encore, dans cette étude le Celecoxib semble moins dangereux que le Naproxène et l’Ibuprofène, mais l’effet cardiovasculaire le plus élevé est présent pour le Rofecoxib. Ainsi, on peut se demander si l’effet cardiovasculaire des coxib est bien un effet de classe ou s’il est limité à certaines molécules dont le celecoxib ne fait pas partie: c’est la 3ème grande étude  (ici  et ici pour les autres) retrouvant un moindre risque avec le Celecoxib… une belle méta-analyse serait bienvenue pour s’assurer de l’absence de biais de sélection des articles qui présentent le Celecoxib comme une molécule rassurante au niveau cardiovasculaire.
2/ Rhumatologie
L’académie de médecine américaine a publié des recommandations sur la prise en charge de l’ostéoporose. Dans les principaux points, on trouve que le traitement doit être mené durant 5 ans avant une réévaluation par ostéodensitométrie (et pas avant 5 ans) et que ni les traitements estroprogestatifs ni le raloxifène ne sont recommandés dans le traitement de l’ostéoporose. La seule recommandation de haut niveau de preuve concerne les molécules avec un bénéfice clinique sur les fractures vertébrales et de hanche (mais la reco ne précise pas si c’est en prévention primaire ou secondaire): alendronate, ridendronate, acide zoledronique et denozumab. Les auteurs ne statuent pas non plus sur la supplémentation calcique/vitamine D car les bénéfices et risques sont incertains et divergeant selon les études.
Dans la lignée des outils d’aide à la décision, un article du BMJ met en balance le traitements chirurgical par arthroscopie et le traitement conservateur de la gonarthrose. Les auteurs se positionnent contre le traitement arthroscopique de la gonarthrose, mais il est dommage que le traitement par prothèse de genou n’ait pas été évalué en parallèle.
3/ Cardiovasculaire
Un très rapide point sur des recommandations sur la prise en charge des valvulopathies. L’article est plutôt réservé aux spécialistes mais il est intéressant pour les généralistes de savoir qu’en cas de valvulopathie traitée par remplacement valvulaire transcutané, il est recommandé de faire un traitement prophylactique anti-endocardite en cas de geste dentaire.
4/ Endocrinologie
L’USPSTF (HAS américaine) s’est prononcée contre le dépistage de cancers de la thyroïde chez les patients asymptomatique. En effet, le problème de surdiagnostics de cancer thyroïdiens a été repéré depuis quelques temps et les sur-traitements ne sont pas rares (on en avait déjà parlé ici).
C’est tout pour ce court Dragi Webdo qui était particulièrement axé sur des recos américaines. Malheureusement, en France, le temps de réactions des sociétés savantes face aux données de la littérature semble plus long… 
L’article hors catégorie de la semaine concerne la restauration des fonctions cognitives chez les souries âgées! Des chercheurs ont retrouvé une amélioration des fonctions cognitives des souris agées sous faible dose de THC! Chez les souris plus jeunes, l’effet délétère connu du THC était lui aussi retrouvé, alors, ne vous emballez pas! (Reste à définir clairement l’état de démence sénile chez une souris…)
Bonne soirée!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°139: certificats de sport, dépression et risque cardiovasculaire, régime sans gluten, vitamine D

Bonjour,  je n’ai pas oublié de faire ma veille bibliographique cette semaine! Mais il est vrai que la campagne électorale était au premier temps ces derniers jours. J’ai cependant eu le temps de créer depuis quelques jours maintenant la newsletter du blog pour que vous ne ratiez aucun Dragi Webdo! il suffit de vous inscrire en écrivant votre mail dans le cadre en haut à droite de la page. Et maintenant, voici les actualités!

1/ Certificats médicaux
On l’attendait et le voici! L’arrêté relatifs aux certificats pour renouvellement de licence sportive. Il décrit le questionnaire à effectuer par le patient et stipule qu’en cas de réponse « non » partout, aucun certificat médical n’est nécessaire. Y’a plus qu’a diffuser au près des fédérations sportives!
2/ Pharmacovigilance:
Commençons par un article portant sur la tolérance musculaire des statines. Les auteurs de cet article retrouvent dans une cohorte rétrospective de patients appariés sur un score de propension une augmentation des lombalgies chez les patients traités par statines. Ce risque était augmenté de 27% sous traitement pour un NNH (number need to harm) de 17!
Ce n’est pas souvent mais l’ANSM suspend l’AMM d’une série de génériques pour une anomalie dans les essais de bioéquivalence en Inde et concernant de l’hydroxyzine et du perindopril/indapamide. Ce document dit aussi que Sanofi, Sandoz, Mylan, Biogaran, Teva, Arrow et Cristers fabriquent leur hydroxyzine au même endroit ; donc générique ou princeps ne doivent pas être très différents quelque soit la marque.
3/ Cardiovasculaire
Depuis quelques années, on sait que la dépression est un facteur de risque cardiovasculaire. Pour confirmer ce statut, une étude observationnelle a étudié des critères de jugements cardiovasculaire chez des patients non dépressifs, dépressif traités et dépressif non traités. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire chez les dépressifs non traités par rapport aux non-dépressifs et pas de différence entre les dépressifs traités et les non-dépressifs. On pourrait en conclure que traiter la dépression permet de retrouver un risque cardiovasculaire de « non dépressif ». Cependant, le groupe des patients dépressifs traités ne comportait que 15 évènements pour 223 patients (6,7%), et l’absence de différence peut être due à un manque de puissance. Traiter la dépression semble associé à une mortalité cardiovasculaire moindre que d’être dépressif non traité. « Semble » car la comparaison directe entre dépressifs traités et non-traités est une analyse de sensibilité avec un p= 0,049. Donc si cette analyse avait été prévue au protocole, il aurait fallu prendre en compte les comparaisons multiples, et ce résultats n’aurait pas été significatif (et ce n’est pas un essai contrôlé randomisé).
4/ Nutrition
Deux articles sur les régimes et supplémentations. D’abord, un article du BMJ a concerné le régime pauvre en gluten sur des critères de jugements cardiovasculaire. Cette étude incluait exclusivement patients SANS maladie Cœliaque. Ainsi, avoir un régime pauvre en gluten ne diminuait pas le risque cardiovasculaire. Au contraire, il est possible que l’éviction en grain lié à au régime pauvre en gluten puisse augmenter le risque cardiovasculaire. (Je rappelle que ce régime a un bénéfice indiscutable chez les patients avec une maladie cœliaque).
Ensuite, des auteurs du Lancet Endocrinology ont étudié la supplémentation mensuelle en vitamine D chez des patients volontaires de 50 à 84 ans randomisés en groupe traité et groupe placebo. Après 3,4 ans de traitement en moyenne, il n’y avait pas de bénéfice sur le nombre de chutes ou le nombre de fracture chez ces patients âgés de  65,9 ans moyenne.
Voilà pour cette semaine! Et pour conclure, parlons jeux de rôle. Là, j’ai tous les internes qui ont fait des JdR en cours qui décrochent parce que c’était chiant. Mais, non, là je vais parler de Donjon et Dragons, le JdR héroïc-fantasy, qui semble être un moyen d’ouverture et de traiter certaines pathologies. Il faudrait donc former les médecins à être maître de jeu et prévoir une cotation spéciale pour des séances avec 4-5 patients qui prendront 2-3 heures chacune…
Bonne soirée et à bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°138: calendrier vaccinal, infections urinaires, acide tranexamique, cancers: CCR et prostate

Bonsoir! Profitez bien de ce week-end prolongé, surtout si le soleil pointe le bout de son nez par chez vous… Ce n’est pas le cas en région parisienne… C’est parti pour les actualités médicales de la semaine!
1/ Infectiologie
La premier point incontournable réside dans le nouveau calendrier vaccinal 2017. La vaccination contre le Zona chez les plus de 65 ans est toujours présente. La principale nouvelle injection concerne la vaccination anti-méningocoque C à effectuer à 5 mois et celle à 12 mois est maintenu. Il s’agit d’une injection supplémentaire pour améliorer la couverture car il y aurait couverture insuffisante avec risque d’augmentation des infections à méningocoque C. (Je ne sais pas si ça a un lien, mais si on lit les AMM des 2 vaccins disponible: Neisvac et Menjugate, le schéma à 1 injection après 4 mois et 1 rapppel à 12 mois ne s’applique qu’avec Neisvac. Menjugate nécessite 2 injections entre 4 et 12 mois et un rappel à 12 mois. Est ce que le lobby Neisvac aurait remporté la mise?). Autre point clé, la vaccination anti HPV pour laquelle le recours au Gardasil 9 est recommandé. J’ai donc mis à jour mon billet dédié à l’HPV si vous voulez mon avis dessus. Il est également recommandé de vacciner les hommes ayant des rapports avec des hommes jusqu’à 26 ans.  Enfin, en contexte de tension d’approvisionnement (terme politiquement correcte pour dire qu’il n’y a plus de vaccins pour une période transitoire de durée indéterminée…), les recommandations sont mises à jour: habiter en île de France n’est plus un facteur de risque suffisante pour que la vaccination par BCG soit prioritaire, 1 seule vaccination anti-VHA quand nécessaire, limiter les vaccin anti-VHB aux patients pour lesquels la vaccination est obligatoire.
Dans les paralysies faciales périphériques, il semblerait que la proportion liée aux maladies de Lyme soit en augmentation. Ainsi, un article du BJGP plaiderai pour une recherche de Borréliose en cas de facteur de risque dans le bilan des  paralysie faciale périphérique pour permettre un traitement étiologique.
Enfin, parlons infections urinaires de façon contradictoire. D’abord, un article ayant étudié les ECBU avec des résultats négatifs en laboratoires de ville. Les auteurs ont retrouvé que près de 33% des ECBU négatifs prescrits par des médecins généralistes ne relevaient pas d’une indication à faire un ECBU d’après les recommandations de la SPILF alors qu’une BU aurait permis de limiter les examens et les dépenses inutiles. En extrapolant les résultats de leur étude, les auteurs concluent qu’il serait possible d’économiser près de 10 millions d’euros si des BU étaient fournies aux médecins généralistes gratuitement pour inciter à les utiliser.
D’un autre côté, une étude s’est également intéressé aux ECBU de femmes avec des symptômes urinaires. Ils ont recherché la présence d’E. Coli par culture et par PCR dans les ECBU et ont retrouvés une culture positive dans 80% des échantillons et une PCR positive dans 95% des échantillons. Ainsi, cette étude est en faveur d’un traitement des infections urinaires sur la clinique plutôt que de se fier aux examens complémentaires.

2/ Gynécologie
Un article du Lancet a testé l’acide transexamique dans les hémorragies du post-partum grâce à un essai contrôlé randomisé incluant 20 000 patientes. Les auteurs ont retrouvé que les patientes traitées avaient une mortalité par hémorragie significativement diminuée de 19% (NNT=250, RAR: 0.4%) mais sans bénéfice sur la mortalité globale. Point intéressant, il n’y avait pas significativement plus d’évènements thrombo-emboliques ni d’infarctus chez les patientes traitées. Pourquoi parler de cet article dans une veille biblio de médecine générale? L’acide tranexamique est parfois utilisé dans le traitement des métrorragies mais La revue Prescrire trouve sa balance bénéfice risque défavorable à causes des risques vasculaires. Mis à part le fait que le labo pourra dire que le médicament réduit la mortalité (ce qui ne sera absolument pas valable pour le traitement des métrorragies car il n’y a pas beaucoup de mort à cause de ça…), cette étude rassure quant à la sécurité car les patientes en post-partum ont un risque thrombotique élevé, et le traitement n’est pas plus à risque de thrombose. A méditer si l’acide tranexamique permet d’améliorer la qualité de vie de ces patientes.
3/ Oncologie
Une étude du JAMA a étudié l’association entre le grade d’un cancer colorectal et le délai entre un test immunologique positif et le diagnostic par coloscopie. Ainsi, logiquement, plus le délai entre le test de dépistage et la colo était élevé, plus le cancer était avancé. Cependant, cela n’était significatif que pour des délais supérieurs à 10 mois. L’urgence à consulter après un dépistage positif est donc assez relative.
Pour clore ce chapitre, une petite infographie sur les traitements des cancers de la prostate: que le traitement soit de la surveillance active, de la radiothérapie ou de la chirurgie, la mortalité est identique à 10 ans:
4/ Diabétologie
Enfin, les diabètes génétiques ne sont pas très courants, mais ils m’intéressent, notamment les diabètes MODY pour lesquels les traitements antidiabétiques ne sont pas toujours nécessaires. Cet article m’a surtout permis de découvrir le score pour estimer la probabilité d’un diabète MODY chez les patients de moins de 35 ans. Je ne pense pas l’utiliser prochainement, mais bon…
Merci pour vos encouragements et vos messages!
Bonne fête du travail et à très bientôt pour un prochain billet!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°137: Essure, codéïne/tramadol, statines, angines et corticoïdes, amygdalectomie

Bonsoir à tous! Désolé pour le retard de ce billet en partie lié à la soirée électorale… Mais ne parlons pas de choses qui fâchent, voici les actualités médicales!

1/ Pharmacovigilance (et matériovigilance pour les puristes)
Le comité temporaire statuant sur Essure a rendu des premières conclusions: se basant sur des études épidémiologiques, la balance bénéfice risque reste positive et il n’y a pas de preuve formelle d’augmentation de risque entre Essure et la ligature en dehors d’un sur-risque d’allergie de 10%. Il n’y a pas de différence dans les maladies auto-immunes (Essure: 0,55% et ligature: 0,58%). Ils ont tout de même noté que les femmes se plaignant voyaient miraculeusement leurs symptômes s’améliorer après un retrait du dispositif. Donc à discuter et à effectuer au besoin par un chirurgien gynécologique entrainé par cœlioscopie.
La FDA a publié un communiqué sur les opioïdes. La codéïne était déjà interdite avant l’age de 12 ans et devrait être limitée entre 12 et 18 ans. Le tramadol, seul utilisable en France chez l’enfant, voit son utilisation restreinte aux plus de 12 ans et aux 18 ans dans le contexte post-amygdalectomie! Enfin, la FDA recommande de ne pas les utiliser en période d’allaitement.

2/ Cardiovasculaire
Quel est l’observance des patients traités par statine forte dose dans les suites d’un infarctus? Une étude rétrospective a retrouvé qu’à 2 ans, moins de 42% des patients prenaient encore de façon régulière (>80% des prises) la statine forte dose qui leur avait été prescrite. Ils étaient ensuite 13% a avoir une statine faible ou moyenne dose à la place et à la prendre régulièrement, 19% à prendre leur traitement irrégulièrement et  19% à l’avoir totalement interrompu.  Les auteurs concluent qu’il faut des mesures pour augmenter l’observance des statines fortes doses au lieu de se demander pourquoi est-ce qu’elles étaient aussi mal prises… Bref, les études versus la vrai vie… 
L’article sportif de la semaine concerne les cyclistes! Une nouvelle étude arrive à retrouver que faire du sport régulièrement est bénéfique. Ainsi, les patients se rendant au travail en vélo avaient un risque moindre de mortalité globale et cardiovasculaire, de maladie cardiovasculaire et de cancer. Bref, il faut aller travailler en vélo! Notons que la marche semble apporter des bénéfices similaires pour les critères de jugements cardio-vasculaires. Malgré la prise en compte d’un grand nombre de facteur de confusion potentiels, je ne peux m’empêcher de penser que c’est l’ensemble des habitudes qui permettent ce bénéfice et pas uniquement le vélo. Malheureusement, les études de cohortes ne peuvent pas lever ce doute.
3/ Infectiologie
Au #CMGF2017, une communication parlait du sur-risque de phlegmon et d’abcès ORL chez les patients ayant eu une prescription d’AINS et de corticoïdes pour une angine. Un essai contrôlé randomisé du JAMA a étudié la prescription de dexaméthasone versus placebo sans prescription immédiate d’antibiotiques dans les angines. 565 adultes ont été randomisés et les auteurs ont retrouvé qu’il n’y avait pas de différence entre les 2 groupes sur la résolution des symptômes à 24 heures mais une amélioration supérieure dans le groupe dexaméthasone à 48h. Il n’y avait pas d’augmentation significative des effets indésirables dans le groupe traité par corticoïdes à 28 jours. Faut il donc mettre des corticoïdes à toutes les angines? Tout d’abord, le critère de jugement principal était une évaluation à 24h qui n’a pas été différente, il faut donc s’arrêter là pour les conclusions solides, les critères secondaires étant exploratoires. Il s’agissait d’adultes qui sont à plus faible risque d’abcès que les enfants car ils font moins d’angines bactériennes. Ensuite, 565 adultes ont été inclus, mais la prévalence des abcès et phlegmons est de 0,5% des angines: cette étude aurait pu détecter 2,8 complications ce qui ne permet pas de comparer statistiquement les groupes (en effet il y a eu 1 abcès rétro-pharyngé sous dexaméthasone, 1 sous placebo et une hospitalisation pour amygdalite sévère sous placebo). Enfin, si ce traitement était bénéfique avec peu d’effet secondaire, il s’agissait d’une dose unique de dexaméthasone 10mg (équivalent 75mg mg de prednisone) et non d’un traitement de plusieurs jours.
Le BMJ parlait de l’amygdalectomie chez l’adulte. Les auteurs de l’article reviennent sur le fait que ce traitement permettait de diminuer le nombre de jours de douleur lié à des récidives d’angines de 10 jours sur 6 mois (Yay!) sans réduction de l’absentéisme. Le traitement chirurgical reste néanmoins à discuter si le patient a plus de 7angines par an ou 5 angines par an pendant 2 ans ou encore 3 angine par an pendant 3 ans.
Le même sujet a été traité chez l’enfant dans le Jama Pediatrics. Les principales indications retrouvées étaient les angines récidivantes selon les mêmes critères que chez l’adulte, mais aussi les troubles du sommeil d’origine respiratoire (essentiellement les syndromes d’apnée du sommeil de l’enfant). Un fois de plus c’est l’intensité du retentissement qui peut pousser à proposer le traitement chirurgical qui ne doit pas être systématique. Le bénéfice dans les autres indications était encore moins bien établi…
C’est fini! A très bientôt pour un prochain billet!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°136: hyperaldostéronisme primaire (reco), benzodiazépines (reco HAS), Helicobacter Pylori (reco), infarctus/IPDE-5, IEC/ARAII

Bonjour!
Dans la rubrique « le Dr Agibus a testé pour vous », j’ai voulu titiller la Revue Prescrire en écrivant une lettre parlant : d’une part de certaines études montant un bénéfice des fibrates dont une revue Cochrane et d’autre part de la conclusion récente d’un paragraphe de la revue disant qu’il n’y avait pas de bénéfice des analogues du GLP-1. Leur réponse s’est faite par mail en environ 1 mois (plutôt rapide selon moi). L’argumentaire de non inclusion des études dont je parlais dans leur synthèse était clair, en expliquant les biais (parfois assumés des auteurs) dans ces études. Bref, les quelques inquiétudes que j’avais ont été dissipés et ma confiance dans la revue s’en sort renforcée! (je n’ai pas reçu de financement ni de réduction sur l’abonnement pour ces quelques phrases). Il me tarde désormais d’avoir l’article en cours de rédaction sur les analogues du GLP-1!

Et comme d’habitude, voici les articles parus cette semaine dont je ne peux m’empêcher de vous parler. Bonne lecture!

1/ Pharmacovigilance
Pour commencer, l’ANSM a demandé la création d’un comité évaluant la balance bénéfices/risques du dispositif Essure. Formulé comme cela, le comité ne statuera pas clairement si oui ou non ce dispositif peut être impliqué dans les troubles physiques dont il est accusé aux États Unis. Il est probable que la conclusion soit que les risques potentiels sont très rares et à ce jour non prouvés, donc que les bénéfices excèdent les risques (dont il faut informer les patientes).
Une étude de cohorte rétrospective incluant plus de 300 000 patients publiée dans le BMJ a étudié les effets indésirables des cures relativement courtes de corticoïdes (< 30jours). Dans 50% des cas, il s’agissait de traitements de 6 jours avec une dose médiane de 20mg/j d’équivalent prednisone. Les auteurs ont retrouvé un sur-risque de sepsis (facile à trouver celui là), mais aussi de maladie thrombo-embolique veineuse et de fractures.

2/ Cardiovasculaire
Parlons maintenant de sexe et de mortalité. Une étude rétrospective suédoise a analysé la survie des patients avec une prescription d’inhibiteurs de la phospohodiesthérase-5 ou d’alprostadil pour dysfonction érectile après un infarctus du myocarde. Les auteurs ont retrouvé que les chez les patients traités par IPDE-5, le risque de mortalité à 3 ans était diminué de 33% par rapport à ceux sans traitement. Le bénéfice était majorée avec le nombre de délivrance de ces traitements. On peut alors se demander si c’est l’IPDE-5 qui est bénéfice ou l’activité physique répétée qui améliore la survie! L’étude répond également en partie à cette question, car les patients traités par alprostadil n’avaient pas de gain de mortalité et la comparaison directe entre IPDE-5 et alprostadil était en faveur d’un traitement par IPDE-5 pour réduire la mortalité. Une piste à explorer dans les traitements de l’infarctus? Ou un simple reflet de l’observance des bêta-bloquants chez les patients?
Les sociétés françaises d’HTA, d’endocrinologie et de chirurgie endocrine ont publié des recommandations dans l’hyperaldostéronisme primaire (une VF intégrale est dispo sur BMLweb). Elles sont longues et subdivisées en chapitre mais on va essayer de résumer ce qui peut intéresser les généralistes.
– Rechercher un HAP si: HTA sévère, résistante, avec hypokaliémie, avec atteinte d’organes cibles disproportionnée ou incidentalome avec HTA/hypokaliémie
– Recherche par mesure du rapport aldostérone/rénine prélevé : le matin, plus de 2 heures après le lever, en position assise depuis 5 à 15 minutes, en régime normosodé, en normokaliémie et sans traitement interférant :anti-HTA (sauf inhibiteurs calciques et alpha-bloquants) stoppés depuis 2 semaines, diurétiques épargneurs et oestro-progestatifs stoppés depuis 6 semaines.
– Rechercher ensuite une cause en commençant par un TDM surrénalien.
3/ Troubles du sommeil
La HAS a publié des recommandations sur la prescription de benzodiazépines. Absolument rien de neuf dans la fiche (prescriptions la plus courte possible, risque des benzo, bénéfices très faibles etc…). Les points de nouveauté concernent la prescription sur ordonnance sécurisée du zolpidem, ainsi qu’une petite phrase pour les sujets âgés traités depuis longtemps disant qu’il ne faut pas s’acharner à les arrêter parce que le déséquilibre lié à l’arrêt serait plus dangereux que les risques de la poursuite.
Pour continuer sur les benzodiazépines, une étude rétrospective a retrouvé une majoration du risque de pneumopathie chez les patients avec une maladie d’Alzheimer traités par benzodiazépines. Un effet indésirable supplémentaire à prendre en compte chez ces patients.
4/ Gastro-entérologie
Les recommandations sur Hélicobacter Pylori sont parues il y a peu (j’en avais parlé ici) et viennent se compléter avec des traitements à privilégier selon les résultats de FOGD. Cependant, ce qui est intéressant dans cette page du GEFH, est qu’il semblerait que le traitement par quadrithérapie bisthmutée soit recommandé en première intention de façon européenne quand ce traitement est disponible car il y a moins de résistance. Une recherche rapide sur internet retrouve que la quadrithérapie avec clarithromycine est à utiliser en première intention sur la résistance à ce traitement est inférieure à 15% et en Europe du nord, c’est le cas. Cependant, la France de l’Europe de l’ouest avec des résistances entre 16 et 18%, et c’est dans ce cas bien la quadrithérapie bisthmutée qu’il est préférable d’utiliser en première intention. Ça m’apprendra à avoir râler sur les gastros qui la mettaient d’emblée… Mea Culpa.
5/ Diabétologie
Quelle est le meilleur traitement préventif des néphropathies diabétiques en l’absence d’HTA? Un article de family practice a fait une revue narrative et retrouvé que les IEC réduisaient l’apparition d’une néphropathie chez les diabétiques normotendus et réduisaient la mortalité des diabétiques de 16 % qu’ils soient hypertendus ou non. Les ARAII ne réduisaient pas la progression des néphropathies chez des patients normotendus et n’étaient pas associés à une diminution de la mortalité globale chez les patients hyper ou normotendus.  Avec ces données , on voit quand même que BigPharma a fait un beau boulot compte tenu de patients diabétiques sous ARAII d’emblée pour lesquels l’IEC serait préférable…
C’est fini pour cette semaine! Si vous vous êtes toujours demandé pourquoi les méchants des films avaient une sale tête, c’est tout simplement parce qu’ils ont des maladies dermatologiques… D’où la question: est ce que c’est le fardeau de leur maladie qui les rends aussi nerveux, ou est-ce l’appartenance à un cluster de personnalité particulier qui favorise l’apparition des pathologies? Vous avez 2 heures…

Joyeuses fêtes de Pâques et à bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°135: otite séro-muqueuse (reco HAS), e-cigarette (reco), score calcique et diabète (SFD), hypothyroïdie fruste, aspirine faible dose

Bonjour! J’espère que vous avez passé une bonne semaine. Pour introduire ce billet, parlons des patients et de leurs symptômes. Un article du BJGP a étudié les symptômes de 50 000 danois en 2012. Les auteurs ont retrouvé que seuls 21,7% des symptômes menaient à une consultation, ce qui correspond exactement aux 217 patients sur 1000 consultant un généraliste dans le Carré de Green en 2001. Voici sans tarder les actualités de la semaine!
1/  Dépistages
Le ministère propose de remanier le dépistage du cancer du sein! Non, je déconne… Ne rêvons pas. Le ministère propose 2 consultations de prévention: une a 25 ans et une à 50 ans, créées pour parler des dépistages. Encore faudrait il que les médecins généralistes soient formés à ces consultations et que l’information délivrée soit fiable et honnête. Malheureusement, je crains que si les gynécologues effectuent ces consultations, les infos puissent être biaisées. (Mais cela viendra, car dans le même style, de plus en plus d’urologues me renvoient des patients pour qu’on parle de PSA sans prescrire eux même les dosages.)
2/ Cardiovasculaire
Un nouvel article du JAMA parle de la prescription d’aspirine en prévention primaire. Dans l’algorithme proposé, on peut surtout voir que l’aspirine n’a pas de bénéfice clairement établi lorsque le risque cardiovasculaire est inférieur à 10% selon le calculateur américain. A partir de 10%, il peut y avoir un intérêt si le NNT dans les études est inférieur au NNH (bénéfice > risques) pour les patients entre 50 et 69 ans.
 3/ ORL
L’otite séro-muqueuse a embêté de nombreux patients et de nombreux médecins. Chacun de ces derniers y allait de son antibiothérapie, de ses corticoïdes et autres solutions nasale. Des recommandations HAS viennent d’être publiées:  » Il n’y a pas de traitement médicamenteux efficace: décongestionnant, antibiotiques, antihistaminiques, corticoïdes et autres traitements sont donc déconseillés ». Donc, en l’absence de risque (trouble du développement ou du langage, surdité, trisomie 21, pathologie vélaire, handicap visuel ou suspicion de rétraction tympanique) un contrôle tous les 3 mois est à effectuer. L’indication des aérateurs trans-tympaniques est restreinte à la présence d’une baisse d’au moins 25dB à l’audiométrie.
4/ Tabacologie
Des recommandations sur l’utilisation de l’e-cigarette existent désormais. De façon globale, l’e-cigarette peut être un outil de sevrage tabagique chez l’adulte y compris pendant la grossesse (mais plutôt en 2ème intention après les les substituts nicotiniques classiques ou si c’est le moyen choisi par la patiente). L’arrêt total du vapotage doit être encouragé comme on encourage l’arrêt des substituts nicotiniques quand le sevrage tabagique a été obtenu. Chez les anciens fumeurs ou anciens vapoteurs, il est recommander de ne pas utiliser à nouveau d’e-cigarette, celle ci pouvant favoriser une rechute dans l’addiction au tabac.
5/ Thérapies non-conventionnelles
Dans les migraines, un essai randomisé du JAMA internal medicine  semble retrouver que l’acuponcture 5 fois par semaine pendant 4 semaines a permis de diminuer significativement la survenue de nouvelle migraines par rapport à une fausse acuponcture. En effets, avec une fréquence de migraines de 5 par mois, les patients avec acuponcture avaient en fin d’étude environ 2 migraines par mois, et ceux avec une fasse acuponcture 3 migraines par mois. Un groupe de patient était également sur « liste d’attente » et n’avait donc aucune intervention: la fréquence de migraines avait quand même diminuée à 4 par mois.
Restons donc dans les thérapies alternatives. Dans la lombalgie, il semblerait qu’il y ait un faible niveau de preuve pour qu’il y ait une efficacité faible de l’acuponcture, de la méditation en plein conscience, du yoga et du taï-chi. Bien que les preuves soient maigres, les effets secondaires sont rarement graves. Alors pourquoi pas, si le patient n’est soulagé par rien d’autre.
6/ Endocrinologie
Le NEJM a publié une étude sur le traitement de l’hypothyroïdie fruste chez les patients de plus de 65 ans. Dans cet essai contrôlé randomisé la moyenne d’âge de patients était de 75 ans, leur TSH était  supérieure à 4 et inférieure à 10 et la T4 était normale. Les auteurs ne retrouvent pas de bénéfice clinique sur un score de symptômes d’hypothyroïdie ni sur un score de fatigue après 1 an de traitement par levothyroxine. Cet article confirme l’absence d’intérêt de traiter les hypothyroïdies frustes, cependant, l’article ne dit pas si ces patients avaient des anticorps positifs, prédictifs d’une évolution vers une hypothyroïdie symptomatique. Malgré cette évolution potentiellement péjorative en présence d’anticorps, je n’ai jamais compris l’intérêt de débuter un traitement plusieurs mois avant voire années supplémentaires… Autant surveiller, et traiter au moment des symptômes ou de la baisse des hormones périphériques. (ou sinon, il faudrait m’expliquer!)
Pour finir, un mot sur le congrès de diabétologie de la SFD qui s’est achevé la semaine dernière. Concernant ce qui est applicable pour le médecin généraliste, il faut noter la place importante que le liraglutide va prendre, étant donné que c’est le seul traitement avec un bénéfice cardiovasculaire démontré en essai contrôlé randomisé de bonne qualité méthodologique disponible en France. 
Ensuite, le score calcique semble être l’autre point intéressant pour repérer les patients diabétiques à haut risque. Ce score était déjà testé chez le diabétique depuis plusieurs années (j’en avais parlé ici), mais son utilisation en routine devrait progressivement se mettre en place car bien meilleur qu’un calcul basé sur des facteurs de risque. Pour mémoire, le score > 100 est considéré comme pathologique et nécessiterai des explorations cardiologiques alors que s’il est inférieur à 100, le patient est à faible risque et un contrôle des facteurs de risques serait suffisant. En pratique, un calcul de score calcique se fait sur une prescription de scanner thoracique non injecté avec demande de calcul du score.
Bonne soirée et bonne semaine à tous! A bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°134: dyslipidémies (reco HAS), aspirine (reco US), Gardasil 9, eczéma, PNNS, décision partagée

Bonjour ou plutôt bonsoir! Pour ceux qui n’auraient pas été au congrès du CMGF, vous pouvez retrouver les abstracts et vidéos sur le site ou relisez tous les tweets #CMGF2017! Pour les présents, merci pour ces rencontres pendant les 3 jours de congrès et vivement le prochain!

1/ Pharmacovigilance
Avec la pénurie de vaccins anti-VHB, comment se faire vacciner? L’ARS a mis en place un guide pour les personnes des groupes prioritaires pour qu’ils puissent avoir le vaccin en pharmacie hospitalière. Côté médecin, il semble qu’il faille préciser l’appartenance à la catégorie prioritaire pour que le pharmacien vérifie.
Prescrire dirait « enfin »! Les solutions d’acide hyaluronique pour injections articulaires vont être déremboursées. BigPharma n’a donc plus grand chose à se mettre sous la dent concernant l’arthrose.
Le risque diabétogène des statines continue d’être étudié. Une étude de cohorte chez 8000 femmes de plus de 70 ans, retrouve une augmentation du risque de diabète de 33%  sous statine, soit un nombre de patientes à traiter pour un évènement (NNH) de 131 en 5 ans. Ce qui est concordant avec les autres études.


2/ Cardio-vasculaire
La HAS a publié des recommandations sur les dyslipidémies. Elles sont basées sur celles de l’ESC avec quelques précisions par endroit quand l’ESC n’avait pas émis de propositions claires. Ainsi, le risque cardiovasculaire se calcule avec SCORE. Les patients à faible risque (SCORE<1%) et à risque modéré (SCORE entre 1 et 5% ou diabète T1/T2 < 40ans non compliqué) ont des objectifs respectifs de LDLc à 1,9g/L et 1,3g/L à atteindre par règles hygiénodiététiques en première intention. Les patients à haut risque (SCORE entre 5 et 10% ou diabète >40 ans non compliqué pour simplifier, ou insuffisance rénale modérée) et à très haut risque (SCORE > 10% , diabète > 40 ans avec complication, IRC sévère ou maladie cardiovasculaire établie), les objectifs sont de 1g/L et 0,7g/L à atteindre avec une statine.
Quelle statine? La HAS recommande désormais la simvastatine et atorvastatine en première intention, tout en rappelant l’absence d’AMM de cette dernière en prévention secondaire. Ainsi, quand l’objectif de LDL n’est pas atteint, on peut ajouter l’ezetimibe qui a des preuves d’efficacité démontré dans cette indication.
Le point différent des recos de l’ESC concerne les hypertriglycéridémies, car l’ESC recommandait une statine en première intention. La HAS recommande une statine si le LDL n’est pas à l’objectif, mais s’il l’est c’est un fibrate qui est recommandé en première intention. Le tableau étant complexe, je vous laisse aller le regarder. Voici cependant le tableau principal:
En prévention cardiovasculaire et du cancer colorectal, l’USPSTF recommande l’aspirine faible dose pour une durée de 10 ans aux patients de 50 à 59 ans dont le risque AHA/ACC est supérieur à 10%. Entre 60 et 69 ans, la balance bénéfice risque doit être évaluée individuellement, notamment en fonction du risque de saignement. Avant 50 ans et après 70 ans, l’aspirine en prévention cardiovasculaire primaire n’a pas prouvé d’efficacité.
3/ Infectiologie
Un nouvel avis du HCSP est tombé sur la vaccination anti HPV: le Gardasil 9 devient le vaccin recommandé en 1ère intention. En effet, il est retrouvé une protection contre les HPV 52 et 58 qui n’avaient  jamais été vu dans les vaccins précédents (le Cervarix protégeait déjà par réactions croisées sur les HPV 33 et 45). Le bénéfice sur les lésions précancéreuses et les condylomes en font donc le vaccin anti-HPV de choix. La sécurité n’a cependant été étudiée que sur environ 23 000 patientes, on est donc loin d’avoir la puissance nécessaire pour évaluer le risque de maladies auto-inflammatoire dont la fréquence était estimée à 1 pour 100 000 pour le Gardasil4. Quoi qu’il en soit, ces évènements sont donc, particulièrement rares.
On ne traite pas les angines, bronchites et otites moyennes de la même façon partout. Parfois les antibiotiques ne sont pas indispensables. Voici quelques infographies de décision partagée sur ces 3 pathologies infectieuses.
L’eczéma de l’enfant est souvent sur_infecté, mais quel antibiotique prescrire et comment? Un essai contrôlé randomisé des enfants avec eczéma modérément sur_infectés traités 1 semaine par dermocorticoides et émollients associés soit: à des placébos, à un antibiotique local + placébo oral, à un antibiotique oral + placébo local. A évalué à 15 jours, les auteurs retrouve que le score de gravité d’eczéma ressenti par le patient (POEM) était meilleur dans le groupe double placébo par rapport aux antibiotiques! Les dermocorticoïdes sont suffisant pour ces eczéma modérément sur-infectés sans nécessiter d’antibiotiques.
4/ Nutrition et diabétologie
Le nouveau programme nutrition santé a été publié par le HCSP.  Il est toujours recommandé de manger 5 fruits et légumes sans que l’on sache scientifiquement pourquoi 5. Il est recommandé de limiter la consommation de viande rouge à 500g/semaine. Une des principales modifications concerne les produits laitiers dont le nombre recommandé par jour baisse à 2. Je vous laisse regarder le tableau de l’avis pour plus de détails (il n’est pas si long que ça!)
Une nouvelle étude revient sur le traitement intensif du diabète de type 2. Pour mémoire, l’étude ACCORD avait retrouvé une sur-mortalité chez les patients diabétiques avec une cible glycémique (HbA1C) inférieure à 6%. Cette nouvelle méta-analyse publiée dans le Lancet Diabetes and Endocrinology retrouve que les traitements intensifs diminuent le risque de néphropathie (ainsi que le risque de progression de néphropathie) et de rétinopathie diabétique , respectivement de 20% et 13%. Cependant, ces résultats sont surtout portés par le poids de l’étude ACCORD: les auteurs n’ont pas étudié la mortalité dans cette méta-analyse! Ils en parlent à peine en discussion… S’ils avaient retrouvé une diminution de mortalité ou même une absence d’augmentation de mortalité, je doute qu’ils se soient privés de le dire. La liste des conflits d’intérêt des auteurs suffit à comprendre l’orientation de l’article. Bref, se méfier des « augmentation de traitements » que pourraient subir les patients suite à cette méta-analyse.
C’est fini pour cette semaine! Bonne nuit et à très bientôt pour un prochain Dragi Webdo (Promis, le prochain, j’essaye de le publier le dimanche!)
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°133: thrombose veineuses (HERDOO2), alcool, conjonctivite, bilan hépatique, cannabis

Bonsoir, reprenons les bonnes habitudes avec une publication le dimanche soir. Tout d’abord, merci à tous pour vos message d’encouragement, vos commentaires et vos réflexions qui permettent d’aller plus loin dans les réflexions sur la médecine! Et ensuite, les actualités (c’est un peu long aujourd’hui…)
1/ Pharmacovigilance
Le JAMA internal medicine a publié un article sur les inhibiteurs de la 5 alpha réductase (comme le finastéride, si c’est plus parlant). Ces traitements pourraient être associés à une augmentation des syndromes dépressifs, durant les 12-18 premiers mois mais sans augmentation significative du nombre de suicides. Il semble néanmoins nécessaire de surveiller le moral des patients traités.
2/ Cardiovasculaire
Nous allons parler de maladies thromboemboliques veineuses. La tendance actuelle est de proposer des traitements prolongés par anti-coagulation après les TVP sans facteur déclencheur en supposant qu’un tel évènement n’est pas « normal » même avec un bilan de thrombophilie sans anomalie retrouvée. Le BMJ a proposé un article évaluant une règle permettant de décider de l’interruption de l’anticoagulation. Avec un score HERDOO2 nul ou égal à 1, les patients sont classé a faible risque et l’incidence annuelle de récidive de TVP est de 3% . Quand ce score est supérieur ou égal à 2, l’incidence est supérieure à 8% ce qui justifierait une anticoagulation au long cours.
Les critères du score (1 point par item, score allant de 0 à 4):
– Hyperpigmentation, oedème ou érythème des membres inférieurs;
– D-dimer ≥250 μg/L; 
– IMC ≥ 30 ;
– Age ≥ 65 ans.
Autre article du BMJ: pour quels patients faut il chercher un cancer comme facteur déclencheur de TVP? Les évènements thrombo-emboliques veineux survenant sans facteur déclenchant chez des patients de plus de 40 ans devraient nécessiter une recherche de cancer par:
– interrogatoire et examen clinique
– vérification des dépistages « habituels »: frottis, mammographie et dépistage colorectal
– NFS plaquettes, calcémie, bilan hépatique, analyse d’urines,
– radiographie thoracique ou TDM thoraco-abdominal (recommandé par le NICE, mais beaucoup plus irradiant, avec un cout de dépistage multiplié par 3 lié au explorations de faux-positif vu sur le TDM).
Parlons un peu alcool. Le BMJ, encore une fois, a publié une étude de cohorte recherchant les évènements cardiovasculaires selon la consommation d’alcool des patients. Si l’on ne tiens pas trop compte des biais possibles de ce type d’étude et des facteurs de confusion qui existent certainement et qui n’aurait pas été pris en compte par les auteurs, les consommateurs modérés (sous la limite de l’OMS) avaient un risque moindre de mort subite par infarctus du myocarde, d’AVC et d’insuffisance cardiaque que les patients non buveur et que les patients buvant plus que les recommandations OMS.
3/ Rhumatologie
Les lombalgies font encore parler d’elles. D’abord, dans Annals of Internal medicine avec un essai contrôlé randomisé français étudiant l’efficacité des injections de prednisolone intra-discale chez 135 patients. Les auteurs retrouvent une amélioration significative de la douleur sur échelle verbale à 1 mois (-22 points sur 100), mais pas de différence à 12 mois. Il s’agissait de patients en centre sur-spécialisés avec des critères IRM précis, donc ça ne concerne pas toutes les lombalgies.
De son coté, le NEJM publie un essai contrôlé randomisé sur la prégabaline dans la lombosciatique aiguë et chronique. Une fois de plus, les traitements essayés dans la sciatique n’ont pas réussi a permettre une modification significative de la douleur à 8 semaines ou 52 semaines, Les EVA de la douleur étaient mêmes meilleures sous placebo, et les patients avaient moins d’effets indésirables. La sciatique… cette pathologie ou les meilleurs traitements sont l’effet placebo, la patience et la prise en charge des soucis qui font que les patients en ont plein le dos.
4/ Infectiologie
Le JAMA a publié une revue narrative portant sur les conjonctivites. Un arbre décisionnel permet d’aider le praticien pour savoir quand orienter au spécialiste (avec un petit oubli pour la conjonctivite virale qui, d’après le texte doit être localisée sur l’algorithme au même endroit que la conjonctivite allergique). Rien de très neuf à part cela, mais le traitement des conjonctivites virales et allergiques est identique: lavages oculaires et anti-histaminiques (notamment azelastine 1gtte x 2/j ou cromoglicate de sodium x 4-6/j). Aucune place n’est faite aux « collyres antiseptiques », car en cas de conjonctivite bactérienne les collyres antibiotiques sont à privilégier (notamment tobramycine x3/j pendant 7 jours), mais ne pas les traiter est également acceptable car elles guérissent généralement spontanément (l’antibio ne diminue que la durée des symptômes)
La HAS a publié une fiche sur le dépistage du VIH en France. La recommandation d’une sérologie VIH dans la vie de tout patient entre 15 et 70 ans est remis en place (notamment pour les régions Ile de France, PACA et départements Français d’Amérique). Les hommes ayant des rapports avec des hommes devraient être dépistés tous les 3 mois, les usagers de drogues intraveineuse une fois par an, tout comme les patients originaires de zones de forte prévalence (Afrique et caraïbes). Ces recommandations « globales » sont certainement à adapter selon le patient parce que leur formulation me semble un peu rétrograde…
5/ Hépatologie
La société de gastro-entérologie a publié des recommandations sur le bilan à faire en cas d’anomalie du bilan hépatique. D’abord, en cas d’anomalie, recontrôler le bilan hépatique.
Ensuite, le bilan: 
– ASAT, ALAT, PAL, GGT et bilirubine totale et conjugué, TP-TCA, albuminémie
– sérologies: VHB, VHC (éventuellement VHA et en Europe il parait qu’on sous estime les hépatites E, donc il me semble qu’il est recommandé de rechercher VHE si les autres sont négatifs)
– bilan métabolique: glycémie à jeun, bilan lipidique, échographie hépatique
– Ferritine, coefficient de saturation et fer sérique (rajouter la CRP pour vérifier que ce soit interprétable). La recherche de mutation HFE doit etre effectuée si CST > 45% ou hyperferritinémie.
– bilan auto-immun: anticorps antinucléaires, anticorps anti muscle lisse (et anti LKM et anti mitochondrie en 2ème intention), électrophorèse des protéines
– Avant 55 ans: céruloplasmine sérique
– Et si persistance: rechercher une maladie coeliaque, un Lyme et dosage de l’alpha1 anti-trypsine.
J’ai toujours pensé que les PAL servaient pas à grand chose, mais visiblement en cas d’anomalie il faut chercher une cholangite sclérosante primitive. Et au contraire, ce sont les GGT qui ne doivent pas être faites systématiquement dans des bilans de dépistage en absence d’autres anomalies à cause de leur manque de spécificité.


6/ Addictologie
Une étude française a étudié l’impact du dépistage du cannabis chez les adolescents en médecine générale. L’essai avait randomisé l’intervention ou non par cabinet de médecine générale. Les auteurs retrouvent malheureusement qu’il n’y avait pas d’amélioration dans le sevrage des patients consommateurs réguliers mais une baisse de la consommation chez les consommateurs jeunes et occasionnels.
7/ Diabétologie
Il y a quelques mois, une étude du BMJ parlait du sur-risque de mortalité des patients pré-diabétiques. Mais faut-il traiter ces patients par metformine? Le JAMA revient sur cette question en parlant d’une étude qui a permis de diminuer le nombre d’évolution en diabète, mais aucun critère de jugement n’a évalué les évènements cardiovasculaires ou la mortalité… (déjà qu’en cas de diabète, les bénéfices sont difficiles à prouver…) Bref, traiter les pré-diabétiques n’est, à ce jour, pas recommandé car les règles hygiéno-diététiques sont les mesures ayant le plus de bénéfices prouvés.
C’est fini pour ce soir! 
Passez une bonne semaine et RDV au #CMGF2017 pour ceux qui y seront!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°132: Anti-PCSK9 et risque cardiovasculaire, HTA et néphropathie, BPCO (recos européennes), diabète (reco US), hypothyroïdie et grossesse

Bonsoir! Chassez les mauvaises habitudes et elles reviennent presque aussitôt… Je n’ai jamais eu autant de retard pour un Dragi Webdo alors, tout de suite, les actualités!


1/ Pharmacovigilance

Un nouveau site internet a été mis en place pour signaler les effets indésirables des traitements: Signalement-sante.gouv.fr . Facile d’utilisation, il n’y aura plus aucune excuse pour ne pas déclarer des effets indésirables!

L’ANSM revient sur les prescriptions de Trimetazidine (Vastarel) pour réserver la prescription initiale aux cardiologues. L’objectif est de diminuer les prescriptions ORL et ophtalmologiques de ce médicament. Il ne me semble pas qu’il y ait d’ailleurs de grandes preuves d’efficacité cardiologiques non plus… mais c’est un début.


2/ Cardiovasculaire

 Les articles cardio de la semaine concernent les anti PCSK-9 dans le traitement des dyslipidémies, ou plutôt, prévention cardiovasculaire. Tout d’abord, l’Evolocumab, étudié dans un essai contrôlé randomisé versus placebo (étude FOURIER). Notons que le sponsor pharmaceutique de l’étude était responsable du recueil des données. Les patients étaient en prévention secondaire (ATCD d’infarctus du myocarde, d’AVC ou d’AOMI sévère). Ils avaient 62 ans en moyenne, 36% étaient diabétiques, 80% hypertendus. Leur LDL moyen était de 0,9g/L donc « parfaitement contrôlé », pour ceux qui parlent de contrôle du LDL, et 70% avaient une statine de forte intensité.
Bref, dans ces conditions et avec en moyenne 2 ans et 2 mois de suvi, les auteurs retrouvent une diminution significative du risque cardiovasculaire sur leur critère composite principal (OR=0,85), essentiellement portée par la diminution des AVC et infarctus non mortels (respectivement OR=0,79 , NNT=250 et  OR=0,72  , NNT=84). La mortalité globale et cardio-vasculaire n’était pas modifiée.

Pour ceux qui aiment le LDL, le taux a été baissé aux alentours de 0,30 avec le traitement.

Le deuxième traitement, le Bococizumab, un autre anti-PCSK9 a été étudié dans deux essais contrôlé randomisés: SPIRE-1 et SPIRE-2, avec une place non négligeable du sponsor également. Les auteurs sont choisi de publier les 2 études en 1 article, malheureusement pour eux, si SPIRE-2 (et ses 10 000 patients) retrouve une amélioration du critère composite cardiovasculaire (OR=0,79), ce n’est pas le cas de SPIRE-1, et encore moins lors de l’analyse des deux études ensemble. Même SPIRE-2 ne montrait pas d’amélioration sur les critères pris indépendamment (IDM, mortalité globale ou cardiovasculaire), sauf pour les AVC non fatals qui étaient diminués (OR=0,60 , NNT=370!).
Pour atteindre le point où je raconte ma vie, il se trouve que j’exposais les bénéfices des traitements cardiovasculaire à un patient qui m’a répondu « Si c’est pour vivre à moitié paralysé, ça m’intéresse pas votre traitement ». Du coup, je ne suis pas convaincu que baisser les AVC non fatals soit un super critère si on étudie pas la durée de vie sans incapacité ou la qualité de vie des patients.


3/ Néphrologie

Une méta-analyse publiée dans le JAMA internal medecine comparait un traitement de la tension artérielle intensif (< 130mmHG de PAS) versus habituel (> 140mmHg) chez les patients non diabétiques avec une néphropathie. Après 3 ans de suivi médian, le contrôle intensif n’a pas permis de
ralentir la progression de la maladie rénale chronique ni de diminuer la mortalité globale. Les effets secondaires des traitements n’ont cependant été que peu étudiés.

4/ Pneumologie

 Le mois de mars était celui des recos sur la BPCO, et l’ERS (agence européenne de pneumologie) a publié des recommandations. Elles sont très imprécises et ne vont pas grandement modifier la pratique. Le point principal réside dans le traitement par corticoïde des exacerbations en ambulatoire, dont la durée a été potentiellement prolongée: au lieu de 5 jours à 40mg (GOLD2017), ces recommandations disent désormais « moins de 14 jours » sans que la justification ne soit très claire.
Les antibiotiques dans l’exacerbation en ambulatoire seraient recommandés, mais l’antibiotique en question n’est pas défini, contrairement aux recommandations NICE et GOLD qui réservent les antibiothérapies aux patients avec des expectorations purulentes ou des BPCO sévères. L’argumentaire est faible une fois de plus pour justifier l’antibiothérapie systématique.
Le reste des recos ne concernent que très peu la médecine générale. Bref, en rester aux autres recos car celles ci n’apportent rien de nouveau ou de scientifiquement justifié.

4/ Endocrinologie

Faut il traiter les hypothyroïdies frustes chez les patients enceintes? Deux articles apportent des éléments de réponse. Dans le BMJ, une étude de cohorte rétrospective met en évidence que le traitement de l’hypothyroïdie fruste (TSH >2,5 et < 10) serait associé à une diminution du risque de fausses couches, mais également à une augmentation de diabètes gestationnels, d’accouchement prématurés et de pré-éclampsie…
Dans un essai contrôlé randomisé du NEJM, les patientes enceintes avec une hypothyroïdie fruste (TSH > 4 avec T4 normale) ont été traitée par placebo ou levothyroxine à dose suffisante normaliser la TSH. Les auteurs ont évalués des critères de jugement dépendant uniquement de l’enfant. Ils ne retrouvent pas de différence de QI des enfants à 3 ou 5 ans entre les groupes, ni de différence en terme de mortalité néonatale.
Ainsi, les deux études ne semblent pas en faveur d’un dépistage et d’un traitement des hypothyroïdies frustes durant la grossesse, ce qui est conforme aux recommandations actuelles.

5/ Diabétologie

Les recommandations américaines de l’ADA pour la prise en charge du diabète de type 2 viennent d’être publiées. Pour la première fois les objectifs d’HbA1C ne sont plus au premier plan. Les auteurs écrivent simplement « si l’objectif n’est pas atteint », et on trouve par endroit qu’il faut majorer le traitement si HbA1C > 8%, ce qui est concordant avec les données des grands essais diabétologiques. Il est recommandé de débuter par une bithérapie si Hba1C > 9% et par de l’insuline si > 10%.
Malheureusement, en dehors de la metformine en première intention, toutes les autres classes d’antidiabétiques sont recommandées pour les bi et trithérapies si le diabète n’était pas contrölé, malgré les traitements plus éprouvés que sont le liraglutide et l’empagliflozine (qui ont diminué les évènements cardiovasculaires et la mortalité en essai contrôlé randomisé en prévention secondaire).
Heureusement, une revue narrative publiée dans le JAMA revient sur les antidiabétiques et explique, qu’avec les données actuelles, il n’est pas normale d’avoir recours à des traitements dont l’efficacité ne repose que sur une amélioration de l’HbA1C.

Ainsi, une méta-analyse des principaux essais randomisés concernant les analogues du GLP-1 et inhibiteurs de la DPP-4 ont été publiés. Cette étude n’incluant que les principaux essais, on ne peut avoir quelques variation par rapport à d’autres méta-analyses sur des essais moins sélectionnés. Les auteurs n’ont pas retrouvé de bénéfice aux inhibiteurs de DPP-4 mais un sur-risque de pancréatite aigue. Concernant les analogues du GLP-1, il y avait un bénéfice sur la mortalité globale et cardiovasculaire. Mais si on regarde bien, il y a une erreur dans les chiffres concernant la mortalité globale pour une des études donc probablement que l’effet sur la mortalité globale est moindre. Le problème de cette méta-analyse est donc qu’elle supprimé le poids d’études plus faibles qui auraient pu faire pencher la balance.

Voilà, désolé pour le retard! A très bientôt,

@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°131: céphalées, créatininémie sous IEC/ARAII, examen gynécologique, engelures

Bonjour à tous! 
Je ne pourrais commencer ce billet sans citer ce magnifique texte de @qffwffq portant sur les céphalées. Du coup, on apprend qu’aux États-Unis, le candesartan est un des traitement de fond des migraines, et que ce peut donc être un choix plus acceptable que les bêta-bloquants chez les patients hypertendus migraineux (les bêta bloquants n’ayant pas autant de bénéfices que les autres classes d’anti-hyperteneurs) . Une infographie avait été faite par @Dr_JB_Blanc suite à une série de tweets de @qffwffq:
Maintenant, les actualités!
1/ Pharmacovigilance:
Vous l’avez certainement remarqué, le cefixime est en rupture de stock dans de nombreuses pharmacies. Bien qu’il soit généralement facilement remplaçable dans les infections respiratoires, dans les infections urinaires, le problème est plus complexe quand c’est le seul antibiotique auquel la bactérie est sensible. Auquel cas, un remplacement hors AMM par du cefpodoxime est recommandé par la société française de pédiatrie et le groupe d’infectiologie pédiatrique.
On en parlait il y a peu, les AINS pendant la grossesse c’est le mal. Non seulement après 6 mois, mais de plus en plus de preuves s’accumulent pour mettre en évidence des risques dès le premier trimestre. Il y aurait en effet des risques de malformations de développement génito-urinaires masculins.

2/ Cardiovasculaire
Le BMJ a publié une étude à propos des risque liés aux bloqueurs du système rénine angiotensine (IEC/ARAII) chez des patients suivis pendant plus de 10 ans. Les auteurs retrouvent en effet que chez les patients ayant eu une initiation de un traitement, une augmentation de plus de 30% de la créatininémie 2 mois après instauration est associée à un sur-risque d’insuffisance rénale terminale, d’infarctus, d’insuffisance cardiaque et de moralité globale. Cependant, l’étude retrouve que les augmentation de plus de 10% étaient également associées à une augmentation de mortalité de 15% (RR). Or plus de 15% des patients avaient une augmentation de plus de 10% de la créatininémie, d’où l’importance du contrôle de fonction rénale après mise sous bloqueur du SRA. Bien qu’il faille fortement revoir le bénéfice de ces traitements quand une augmentation est supérieure à 30% (comme le disent les recommandations), il faut certainement surveiller particulièrement les augmentations plus modérées.
Une revue narrative présentée dans le Lancet a traité des association de médicaments à dose fixe dans le domaine cardiovasculaire. On en a plus beaucoup en France, et l’association amlodipine/atorvastatine et la seule que je connaisse. Dans l’article, l’utilisation des associations à dose fixe permettait d’améliorer significativement l’observance des patients mais les études n’avaient pas la puissance nécessaire pour mettre en évidence de différence sur des critères cliniques. C’est bien dommage.
3/ Gynécologie
Comme les recommandations canadiennes l’avaient fait il y a peu, l’USPSTF, (organisme de recommandations américaines) a retrouvé qu’il n’y avait pas de raison scientifique à recommander un examen gynécologique annuel systématique chez les patients asymptomatique non enceintes. A quand un avis français concordant sur la question?
4/ Dermatologie
Enfin, un essai contrôlé randomisé néerlandais a étudié les dermocorticoïdes dans le traitement des engelures chroniques. Cet essai contrôlé randomisé en cross-over, mené en médecine générale avait comme critères de jugement une échelle visuelle analogique de plainte des patient et une EVA de gène fonctionnelle. Pour les deux critères de jugement, les corticoïdes locaux ne modifiaient pas significativement les EVA et les différences d’EVA observées étaient même en faveur du placebo… L’hydratation des mains, c’est donc pas si mal avec beaucoup moins d’effets secondaires potentiels que les dermocorticoïdes!
C’est terminé, bonne fin de week-end à tous et à bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°130: Spondylarthrite, dépistage dépression, pneumonie de l’enfant, NASH

Bonjour!  Sans attendre, voici les actualités de la semaine.
1/ Pharmaco-vigilance
Pour commencer, l’ANSM prévient d’un changement de formule dans le Levothyrox. Bien sur, les 2 sont bio-équivalentes, mais l’Agence prévient quand même qu’il peut être utile de contrôler la TSH à 6 semaines. Il y a, à mon avis,  un rôle important du coté des pharmaciens pour informer les patients sur cette modification et leur dire de reconsulter en as de symptômes.
A compter du 10 avril, le Zolpidem devra être prescrit pour une durée de 28 jours maximum sur ordonnance sécurisée, avec chevauchement d’ordonnances interdit.

2/ Rhumatologie
Dans le BMJ, on trouve cette semaine, un arbre décisionnel d’aide au diagnostic des spondylarthropathies à l’attention des généralistes. L’algorithme se divise en 2 selon la suspicion de SPA axiale ou périphérique. En ce qui concerne la forme axiale, des signes de SPA peuvent être recherchés devant toute lombalgie de plus de 3 mois avant 45 ans:

3/ Psychiatrie
Le dépistage de la dépression chez le sujet âgé en médecine générale passe surtout par le GDS ou le mini-GDS: 
– Vous sentez-vous souvent découragé(e) et triste ?
– Avez-vous le sentiment que votre vie est vide ?
– Êtes-vous heureux (se) (bien) la plupart du temps ?
– Avez-vous l’impression que votre situation est désespérée ?
Une version par 2 questions vient d’être validée dans un article du British Journal of Psychiatry, avec une sensibilité de 92% et une spécificité de 78% en le comparant aux autres échelles. Les questions de ce Two-Questions Screen sont:
– Vous sentez vous déprimé?
– Avez vous une perte d’intérêt pour les choses qui vous plaisaient avant?
4/ Infectiologie

Le BMJ a présenté un article sur la prise en charge des pneumopathies infectieuses de l’enfant. Sur le diagnostic, l’article s’appuie sur un article ancien du Lancet pour dire que la radiographie ne doit pas être systématique tout comme le bilan sanguin. Ils sont cependantnécessaires en cas de suspicion de complication. Le traitement antibiotique repose sur un traitement par amoxicilline en première intention pour 7 à 10 jours. En cas de suspicion d’infection à mycoplasme, c’est la bithérapie: amoxicilline et macrolide qui est recommandée, car il serait délétère de ne pas couvrir le pneumocoque quelque soit l’âge.

5/ Hépatologie
Dans la cirrhose non alcoolique, les glitazones ont été longtemps essayé. Une méta-analyse récente  regroupant des études de patients atteints de NASH (hépatopathie chronique non alcoolique), a mis en évidence que le traitement par glitazone améliorait la fibrose et le taux de guérison de NASH. Les effets secondaires graves étaient peu décrit car les essais inclus étaient de petite taille. Une seconde jeunesse pour ces médicaments qui ne sont plus commercialisés en France à cause du risque de cancer de vessie?


6/ Diabétologie
Le JAMA  a publié un article sur la prise en charge du diabète de type 2. Il n’y a pas grand chose de nouveau dedans mais le tableau est intéressant car il remontre les traitements ayant un bénéfice cardiovasculaire (MACE) démontré. (HF= insuffisance cardiaque)
Voilà pour cette semaine, et dans les temps!! A très bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°129: fin de vie, recommandations BPCO (SPILF), dyslipidémies (reco US), ACFA et AVK post AVC-hémorragique, magnésium, lombalgie

Bonsoir! Je voudrai commencer ce billet avec le site « parlons fin de vie » qui a été mis en place pour parler de la fin de vie. Les explications et modèles sur les directives anticipées et la personne de confiance sont facilement consultable et compréhensible pour les patients. A partager largement.
1/ Cardio-vasculaire
Le collège américain de cardiologie a publié des recommandations sur les traitements non-statine dans les dyslipidémies. D’abord, ces traitements recommandés sont soit: l’ezetimibe (qui a démontré un bénéfice cardiovasculaire avec difficulté dans IMPROVE-IT en prévention secondaire), soit: les anti-PCSK9 (on en avait parlé un peu ici). Donc, on ne parle nulle part de fibrate, hein. Reprenons. Cette reco dit qu’il faut un traitement quand les statines ne sont pas tolérées ou insuffisantes pour 4 types de patients:
– ceux en prévention secondaire avec un LDL >1g/L
– ceux avec un LDL > 1,9g/L
– les patients diabétiques avec un LDL > 1g/L
– les patients avec un risque AHA/ACC > 7,5% soit à très haut risque. Ce qui est bien avec cette reco, c’est que les patients à risque modéré n’ont pas à être traité (contrairement à ceux à risque modéré dans les recos de l’ESC).
Bref, dans les autres situations ou les statines ne sont pas tolérées, y avait il une réelle indications à proposer une statine?

Le JAMA internal medicine a soulevé la question de la poursuite des anticoagulants dans la FA après un épisode d’hémorragie cérébrale. C’était une étude observationnelle de plus de 2000 patients avec fibrillation auriculaire. Il faut catégoriser les patients selon la cause de l’hémorragie: AVC hémorragique ou hématome post-traumatique. La reprise de la warfarine était associé à moins d’AVC ischémique pour les 2 causes mais plus récidive d’hémorragie en cas d’AVC hémorragique qu’en cas de traumatisme. La mortalité globale était même diminuée dans les groupes avec reprise de l’AVK. Cependant, dans cette étude prospective pragmatique, il est fort probable que les patients ayant poursuivi les AVK après l’hémorragie cérébrale ait été en meilleur forme que les autres, comme le montre les taux de récidive dans le groupe traumatique: peu de récidive car les patients avec AVK poursuivi tombent moins, alors que dans le groupe AVC hémorragique, le facteur « récidive spontanée » est moins lié à l’état du patient qu’a la prise de l’AVK: augmentation des hémorragies.
Il serait donc vraiment important devant l’absence de connaissance solides sur ce problème d’avoir un essai contrôlé randomisé (si quelqu’un en a un en stock, ça m’intéresse!)



Un article presque attendu depuis longtemps pour les partisans du magnésium: enfin, une méta-analyse retrouve que les patients prenant du magnésium ont: une mortalité globale moindre! Mais également moins d’AVC, moins de diabète et moins d’insuffisance cardiaque. Malheureusement, aucun essai contrôle randomisé n’a réussi à le démontrer. Cette méta-analyse s’est effectuée sur des études de cohorte, ce qui n’est pas si mal, mais qui va soulever le biais des habitudes alimentaires des patients. Mais devant l’absence d’argument pour des effets secondaires graves, au pire, le magnésium peut être un bon placebo…

2/ Pneumologie
Je les avais raté en fin d’années, mais voici les reco de la SPILF concernant la BPCO! En fait, elles sont plutôt proches de l’article présenté la semaine dernière. Elles sont pragmatiques: si pas de symptôme: pas de traitement de fond. En cas de symptômes avec dyspnée chronique prédominant: LABA, en cas d’exacerbation: LAMA (pour mémoire la dyspnée peut s’évaluer avec le mMRC2 ou le CAT>10). Si le traitement est inefficace, une petite subtilité intervient:
– soit les exacerbations se sont calmées mais la dyspnée persiste: double bronchodilatation LAMA/LABA
– soit le patient continue a faire des exacerbations mais n’est pas dyspnéique (mMRC<2): ajout d’un corticoïde inhalé (dans ce cas on est plutôt dans une association LAMA+CSI et non LABA+CSI si j’ai bien suivi le raisonnement des experts, mais comme cette association n’a pas été évaluée, c’est bien LABA+CSI )
Enfin, en cas d’échec, une trithérapie peut être entreprise, voire trithérapie plus ajout d’azithroymcine au long cours, seul moment où l’antibiothérapie préventive peut réduire les exacerbations chez des patients très exacerbateurs résistants au traitement.
Quelques restrictions à suivre: INNOVAIR seulement si VEMS < 50%, SERETIDE si VEMS < 60% et SYMBICORT si VEMS <70% post bronchodilatation

3/ Rhumatologie
Annals of internal medicine continue dans la lombalgie avec la revue de la littérature des différents traitements sur laquelle les recommandations On y retrouve que le paracetamol ne fonctionne pas quand on le compare au placebo sur des échelles de douleurs à 3 semaines ou sur l’incapacité fonctionnelle. Cependant, alors que les AINS semblent plus efficaces que le placebo, les études comparant AINS et paracetamol ne retrouvent pas de différence entre ces 2 traitements…. (Cherchez la logique) Bref, je persiste à penser qu’étudier la douleur après plusieurs semaines pour une pathologie qui est censé durer quelques jours n’est pas très pertinent. Concernant les benzodiazépines, pas d’efficacité démontrée à 5 jours sur la raideur et les douleurs mais plus d’effets secondaires neurologiques. Enfin, concernant les myorelaxant qui sont dits efficaces: les données sont en fait bien plus mitigées avec une majorité d’études retrouvant une inefficacité. Mais les auteurs s’appuient sur une méta-analyse de 2 articles (mouais…), publiée par la Cohrane (ah??) mais retirée car données dépassées et un protocole non conforme selon la Cochrane, et qui portait en fait sur la réhabilitation des membres supérieurs… Et si on continuait d’éviter de les utiliser?
C’est fini pour cette semaine! Mais pour rassurer ceux qui seraient inquiets et remettraient en cause leur capacité à faire de la « bonne médecine » à cause d’une mauvaise e-réputation (comme de mauvais commentaires sur les sites internets), un article retrouve l’absence de corrélation entre la note donné au chirurgiens par des patients et le taux de mortalité des patients à 30 jours  après un pontage coronarien!
A bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°128: ACFA/SAMe-TT2-R2, traitements BPCO, vitamine D et pneumopathie, traitement hormonal de la ménopause, lombalgie

Bonjour à tous!
Pas mal d’actualités cette semaine, alors ne perdons pas de temps!


1/ Pharmacovigilance
L’ANSM vient de restreinte la supplémentation par fluor des formulation ZymaDuo, Fluosterol et Fluorex aux enfants de plus de 6 mois. Une initiative certainement utile compte tenu des risques de surdosages en fluor. Après cet âge, le fluor apporté par les dentifrices sont normalement suffisant pour ne pas prendre le risque d’une supplémentation fluorée par voie orale chez l’enfant.
Pour ceux qui n’en étaient toujours pas convaincus, les AINS chez les patients coronarien augmentent les risques de saignement (OR:2,02) ainsi que les risques d’évènements cardiovasculaires (OR=1,40). Dans cette étude de 61 000 patients suivis en moyenne 3 ans et demi, 34% des patients avaient pris des AINS au moins une fois!
2/ Cardiovasculaire
Dans la fibrillation auriculaire , l’objectif final est d’éviter la survenue d’AVC. Une revue narrative publiée de la JAMA revient sur les différentes stratégies de traitement. Comme précédemment, les auteurs recommandent l’utilisation du CHADSVASC pour décider de la mise sous anticoagulant (1 pour les hommes et 2 pour les femmes), ce qui est en accord avec les recommandations de l’ESC. Cependant, les auteurs recommandent l’utilisation du score SAMe-TT2-R2 pour déterminer si l’AVK sera bien pris par le patient, ou s’il faut préférer un anticoagulant oral direct (Si >2: préférer l’AOD). Voici ce fameux score et leur algorithme.
Une publication pourrait modifier la décision des médecins suivant des patients institutionnalisés. Cette étude de cohorte (âge moyen 83 ans) retrouve que, bien que les bêta-bloquants diminuent la mortalité de 26% (hazard ratio) à 3 mois après un infarctus chez ces patients, le risque de déclin fonctionnel était majoré de 14%, celui de trouble cognitif majoré de 34% et le risque de dépendance de 32%! Préserver la vie ou la qualité de vie?
3/ Pneumologie
Les recommandations du GOLD 2017 dans la BPCO sont peu modifiées par rapport aux précédentes, mais il est toujours peu intuitif de sélectionner les traitements selon la classification A, B, C, D (une version française ici). Un article propose une simplification du traitement de la BPCO avec en première ligne les anticholinergiques de longue durée d’action chez les patients peu exacerbateurs peu symptomatiques, et les beta-2 stimulants en association aux anticholinergiques d’emblée pour les autres patients ou en cas de non-contrôle.
Pour continuer sur la BPCO, il est indispensable de vérifier les techniques d’utilisation des appareils d’inhalation. Une étude retrouve que 50% des manipulations sont faites avec des erreurs, et le risque d’hospitalisation était presque multiplié par 2 chez les patients effectuant des erreurs d’utilisation.
Enfin, il y a peu, une revue Cochrane retrouvait que la supplémentation en vitamine D améliorait l’asthme chez l’enfant. Une étude du BMJ a retrouvé que la supplémentation par vitamine D diminuait la survenue d’infections respiratoires. En y regardant de plus près, l’efficacité de cette supplémentation n’était retrouvée que pour des administrations quotidiennes ou hebdomadaires, mais pas pour les administrations « bolus » mensuelles ou trimestrielles. Ainsi, il faudrait donc supplémenter tout le monde (surtout les patients carencés) par une administration quotidienne et éviter les bolus.

4/ Gynécologie
Les traitements hormonaux de la ménopause étaient très à la mode il y a quelques années. Compte tenu du risque accru de cancer du sein et le faible bénéfice, il ont été de moins en moins prescrit. Une méta-analyse de Nature a étudié les bénéfices et risques de ces traitements. Les auteurs retrouvent que les patientes ayant un traitement initié rapidement ont de nombreux bénéfices pour des traitements entre 50 et 60 ans. En cas de traitement par œstrogènes seuls on retrouve: une réduction du risque coronarien de 35% à 40% et du risque de cancer (tous confondus), pas d’augmentation du risque de cancer du sein. Certaines études et méta-analyses retrouvent même une diminution de mortalité globale!
5/ Rhumatologie
Enfin, l’académie de médecine américaine a publié des recommandations sur les traitements non invasifs. On y retrouve notamment les « trucs chauffants », l’acuponcture et les massages,  et en cas de traitement médicamenteux: les AINS et myorelaxants en première intention , puis le tramadol et la duloxetine en cas de lombalgie chronique résistant aux AINS. Malgré les niveaux de preuve « modéré » énoncés pour la plupart de ces traitements, et une certaine concordance avec les recos du NICE sur le sujet, j’ai du mal a croire à des reco mettant les myorelaxants en première intention alors qu’ils n’ont jamais démontré de bénéfice selon la Revue Prescrire.
Je finirai ce Dragi Webdo par ce spot de prévention danois à propos des risques du Soleil. En effet, bien que les autorité danoises nous encourage à « aider les danois » et leurs peaux pâles, un certain nombre de français devraient également garder ces consignes de santé publique en tête durant l’été:
A bientôt, 
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°127: déprescription, insuffisance cardiaque (NT-proBNP), vaccins (reco US), DIU cuivre vs hormonal

Bonsoir! Je vais peut être arriver à republier un billet dans les temps… Pour commencer, je vais parler de la fiche canadienne sur la déprescription. Elle explique aux patients (canadiens, mais en français) ce qu’est la sur-prescription et les intérêts de déprescrire. Il faudrait peut être avoir une fiche similaire avec des chiffres français pour en distribuer aux patients et les inciter à la réflexion.
1/ Cardiovasculaire
Un article du BJGP revient sur le diagnostic d’insuffisance cardiaque. Les auteurs retrouvent qu’abaisser le seuil diagnostic d’insuffisance cardiaque du NT-ProBNP à 125pg/ml était plus sensible (94%) et plus spécifique (de peu… 49%) que l’association d’un critère clinique (OMI ou crépitants des bases pulmonaires ou antécédent d’infarctus) avec un NT-ProBNP supérieur au seuil habituel (>400pg/ml).
Pour rester dans l’insuffisance cardiaque: une fois le diagnostic posé, accompagné d’une valeur de NT-ProBNP,  quel objectif de traitement avoir? Un article d’Annals of internal medicine a retrouvé qu’une baisse de 30% du NT-ProBNP était associé à une diminution de la mortalité totale, cardiovasculaire et des réhospitalisations. Il est donc probablement inutile de s’acharner à normaliser formellement une valeur particulièrement haute, quand une baisse d’au moins 30% par rapport au dosage le plus élevé a été obtenu, si l’évolution clinique est favorable.

2/ Infectiologie
Pour regarder un peu ce qu’il se passe outre-atlantique, les recommandations vaccinales 2017 sont parues! On y retrouve une vaccination antigrippale annuelle pour tous et les vaccins Zona et pneumocoque pour tous à 65 ans. N’oublions pas, pour les adultes non à jour: le vaccin anti HPV pour les hommes et femmes jusqu’à 21ans pour les premiers et 26 ans pour les secondes, les 2 doses nécessaires de vaccin anti-varicelle et les une à 2 doses de ROR. Enfin, notons que le vaccin anti-tétanique avec diphtérie est à faire tous les 10 ans (contre 20 ans en France, mais là bas, ils ne vaccinent plus à l’age adulte contre la polio)
Au regard de tout ça, on est clairement pas les plus interventionnistes en France au niveau des vaccins…
3/ Gynécologie
Suite à une question pertinente sur Twitter, je suis tombé sur un article très intéressant: quel est le risque de grossesse sous DIU hormonal (type Mirena) après 7 ans de pose en comparaison d’un DIU au cuivre à 380mm²? Dans cet essai contrôlé randomisé en ouvert ayant inclus 1800 patientes dans chaque groupe, les auteurs retrouvent un taux de grossesse cumulé à 7 ans de 0,5% avec DIU hormonal versus 2,5% avec le DIU au cuivre. Si on s’intéresse maintenant aux grossesses entre la 5ème et la 7ème année, les résultats vont parfaitement dans le sens de la supériorité du DIU hormonal avec aucune grossesse avec le DIU hormonal (sur 717 patientes restant) et 5 grossesse avec le DIU au cuivre (sur 989 patientes restant). Si on calcule un NNT: ça fait 50 patientes à traiter par DIU hormonal plutôt qu’au cuivre pendant 7 ans pour éviter une grossesse! Le principal problème du DIU hormonal étant la tolérance: 70% d’arrêt (versus 41%) notamment pour des causes de saignements (39% versus 13%).
Pour conclure, voici un article sur les études médicales. Une publication du BMJ a comparé l’efficacité des soins délivré par des internistes ayant validé leurs études de médecine aux États-Unis, avec celle d’internistes ayant validé à l’étranger. Le risque de décès à 30 jours était diminué significativement de 5% pour les patients traités par des médecins formés a l’étranger! Mais ce bénéfice avait un cout: près de 50$ de plus par patient suite à la prise en charge de ces médecins. Cela ne veut cependant pas dire qu’en dépensant plus, on peut améliorer la survie. J’aurai été curieux de voir une analyse en sous groupe selon le pays de formation…Merci de votre fidélité!!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°126: anti PCSK-9, hypothyroïdie et risque cardiovascuaire, BPCO et inflammation, Frax/Ostéoporose (GRIO), électrophorèse des protéines

Bonsoir, sans plus attendre, les actualités médicales que j’ai repérées cette semaine!
1/ Cardio-vasculaire
Dans la « lutte contre le cholestérol » il semblerait que pour la première fois, un anti-PCSK-9 (Evolocumab commercialisé sous le nom Repatha) soit en train de prouver son bénéfice sur des critères cliniques, à savoir un critère combiné cardiovasculaire dans l’étude FOURIER. Cette étude incluait des patients en prévention secondaire âgés de 40 à 85 ans. La publication pour avoir les détails est donc on ne peut plus attendue.
Une revue de la littérature publié dans le JAMA cardiology revient sur les différents traitements cardiovasculaire. On y retrouve les risques relatifs de différents types de traitements (statines, traitements anti-hypertenseurs, aspirine et traitements du sevrage tabagique) sur la moralité globale, les évènements cardio-vasculaires et les effets secondaires. Il est regrettable que les NNT ne soient pas présentés… Et on peut également regretter que pour les traitements d’aide au sevrage le taux d’abstinence à 6 mois soit le seul critère étudié et que les effets secondaires ne soient pas présentés.
Enfin, une méta-analyse de cohortes regroupant au total près de 2 millions de patients a mis en évidence l’hypothyroïdie comme facteur de risque indépendant de mortalité cardiaque (OR= 1,96) , de mortalité globale (OR= 1,25) et de coronaropathie par rapport aux patients en euthyroïdie. De même, les hypothyroïdies frustes étaient également associées à une augmentation de la mortalité cardiovasculaire et globale. Ce qui est cependant très mal défini dans l’étude concerne la présente ou non des traitements et si des traitements introduits au cours du suivi de cohorte diminuait le risque par rapport aux patients non traités. Il faut donc particulièrement surveiller les patients avec une hypothyroïdie, mais il est difficile de conclure que traiter une hypothyroïdie fruste réduire le risque cardiaque.

3/ Pneumologie
Pour commencer, parlons BPCO et examens biologiques. Une première étude publiée dans le journal de la société pneumologique européenne retrouve grâce à une méta-analyse que les taux de base de CRP élevés sont associés à une moralité augmentée. La limite entre CRP étudiée pour retrouver l’augmentation de mortalité était de 3 mg/L soit un seuil plutôt bas, mais la mortalité augmentait avec l’augmentation de la CRP.
La seconde étude publiée dans le même journal pose la question du dosage de PCT avant un traitement par antibiotique chez les patients BPCO. La méta-analyse retrouve que la prescription d’antibiotiques dans les exacerbation aigues de BPCO uniquement en cas de PCT > 0,25 permet de réduire les prescriptions d’antibiotiques sans augmenter les échecs de traitements, sans rallonger les durées d’hospitalisations, ni affecter le taux de récidive et la mortalité. Les patients inclus provenait de soins primaires, de services d’urgences ou de médecine interne et pneumologie (les services de soins intensifs et réanimation étaient exclus). Voilà qui pourrait être une stratégie intéressante.
4/ Rhumatologie
 Le BMJ a publié une comparaison des outils d’évaluation de l’ostéoporose. Le FRAX et le QFracture s’en sortent bien avec des spécificité d’environ 90% mais des sensibilité plutot faibles respectivement de 43% et 61% pour les fractures de hanches et  29% et  36% pour les fractures ostéoporotiques majeures. Donc léger avantage au QFracture néanmoins.
Ceci m’a incité à aller regarder les recommandations du GRIO 2016-2017. Je vous mets en dessous les indications de traitement (par avis du spécialiste, il faut en fait comprendre « Calcul du Frax », mais d’après le groupe, c’est plutôt le spécialiste qui remplis les petites cases du score). Je retiens surtout quand arrêter le traitement. Il faut réévaluer à 2-3 ans et que tous les critères soient présents:
– pas de fracture ni de nouveau facteur de risque sous traitement
– T-SCORE fémoral supérieure à -2,5
– absence de perte osseuse significative (variation de la DMO < 0,03g/cm²) 
Enfin, la HAS revient sur les indication de l’électrophorèse des protéines (EPP) dans une fiche mémo. La fiche précise quand orienter au spécialiste et quel suivi faire en l’absence d’indication d’avis spécialisé (bien évidemment dans l’objectif d’éviter des dépenses inutiles). Et comme c’est pas simple à analyser les EPP, je vous renvoie vers mémobio pour le détail de chaque fraction protéique.
Bonne soirée et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°125: bénéfices perçus, apnée du sommeil, asthme et bêta-bloquants, vaccin méningite C

Bonsoir! 
Le rythme de parution reste stable, mais toujours un peu décalé… J’essaye de ne pas transformer ces actualités critiquées et contextualisées en une simple liste d’articles, mais la prise en charge de patients quand on est médecin traitant prend plus de temps que quand on est remplaçant (et la paperasse qui va avec également…)
Mais avant de commencer avec des actualités, je voudrais parler d’un article extrêmement intéressant sur la perception qu’ont les médecins de l’efficacité des traitements. Les auteurs montrent que dans un grand nombre de situation (dépistage, prévention cardiovasculaire et traitements), les médecins surestiment ou sous estiment les bénéfices des interventions. Je vous laisse voir le graphique qui permet de remettre en question ses connaissances et perceptions personnelles:
1/ Pharmaco-vigilance
L’ANSM rappelle qu’il ne faut « jamais d’AINS à partir du 6ème mois de grossesse« . Je suis plus que mitigé avec cette campagne. En effet, il y a encore de nombreuses prescriptions d’AINS et de complications cardiologiques  et néphrologiques chez les foetus/nouveau nés. Cependant, bien que les « contre indications absolues » concernant le dernier trimestre, les effets secondaires graves peuvent se produire durant toute la grossesse, avec des fausses couches, et certains AINS sont contre indiqués pendant toute la grossesse. Alors, le message devrait plutôt être: JAMAIS D’AINS PENDANT LA GROSSESSE!
L‘agence européenne a statué sur le risque de trouble neuro-développementaux et d’autisme liés à la prise de paracetamol durant la grossesse (dont j’avais parlé ici). Il n’est finalement pas démontré de lien de causalité, mais il est tout de même préférable de limiter la prise de paracetamol à la dose minimale efficace et pour les périodes les plus courtes possibles.

2/ Pneumologie
L’USPSTF (HAS américaine) a publié une recommandation contre le dépistage du syndrome d’apnée du sommeil chez les patients asymptomatiques, ce qui m’a donc fait chercher ce qu’est un patient symptomatique. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le questionnaire d’Epworth qui oriente vers l’apnée du sommeil, car c’est un questionnaire de somnolence diurne (un des multiples symptômes de la pathologie). C’est le questionnaire de Berlin qui permet de classer des patients entre un faible et un haut risque d’apnée du sommeil en prenant en compte les ronflements et apnées nocturnes, le retentissement diurne ainsi que les comorbidités (obésité et HTA). Le point négatif, c’est que pour la partie sur les ronflements, un patient dormant seul ne pourra pas répondre…
Une étude britannique a étudié l’impact des bêta-bloquants sur le contrôle de l’asthme chez des patients avec une cardiopathie ischémique. Dans un cas témoin niché dans une cohorte, les auteurs retrouvent que les bêta bloquants non cardio-sélectifs sont associé à une augmentation des exacerbations d’asthme (surtout à forte dose), qui n’est pas retrouvée avec les bêta-bloquants cardio-sélectifs. C’est plutôt cohérent avec le mécanisme d’action, et les traitements cardio-sélectifs étaient plus nombreux que les non-sélectifs (ce qui n’élimine pas un sous-puissance pour les cardio-sélectifs mais montre que leur risque est tout de même moindre par rapport aux autres)
3/ Vaccination
Petit point sur les ruptures de stock pour les vaccins anti-VHB: c’est simple il n’y en a plus de disponible en ville, seulement à l’hôpital… Alors qu’on voit des vaccins anti Zona se faire recommander, il faudrait peut être commencer par approvisionner les vaccins qui concernent plus de personnes et dont l’efficacité est mieux démontrée…
Enfin (et sans association avec la dernière phrase du paragraphe précédent), le HCSP propose une nouvelle stratégie vaccinale pour les méningites C:
– le vaccin de rattrapage notamment à 6 ou 11 ans (pour les enfants non vaccinés à 12 mois)
– une vaccination à 5 mois avec rappel à 12 mois pour les nourrissons par le vaccin Neisvac.
Je laisse les spécialistes de la vaccination juger de la pertinence de cette stratégie! (et je les remercie d’enrichir régulièrement le blog avec leurs commentaires!)
Bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°124: HTA après 60 ans (recos US), Choc septique (reco Euro et US), Soins médicaux, Asthme, SOPK, les glitazones efficaces sur les AVC?

Bonsoir à tous! Je suis particulièrement en retard pour ce Dragi Webdo. (A peine 24h de retard, certes, mais sur 7 jours, ça fait un retard significatif…). Bref, il y a beaucoup de choses à raconter sur cette semaine, alors place aux actualités!

1/ Soins médicaux
Pour commencer, je vais vous parler d’un article publié dans Pediatrics. Des entretiens simulés ont été mis en place pour évaluer la réaction des soignants face à l’impolitesse des patients (ou plutôt des parents de patients car l’étude était menée en pédiatrie). Les auteurs retrouvent que dans ces situations de conflits, les nuisent aux actions diagnostiques et thérapeutiques mais aussi à la coordination des soins dans l’équipe médicale. Fort heureusement, il semble que former les soignants puis réduire les risques d’altération des soins.
D’autre part, Annals of internal medicine a publié un article sur les « Patients center medical homes » (qui peuvent correspondre à nos maisons de santé pluridisciplinaires). Il semblerait que dans ces entres de soins, l’observance des patients avec maladie chronique soit meilleure, ce qui pourrait correspondre à une meilleur qualité de soins.

2/ Cardio-vasculaire
Reparlons d’hypertension artérielle. D’abord, une méta-analyse a évaluer les bénéfices d’un traitement « intensif » versus « standard » chez les patients de plus de 60 ans. Les auteurs retrouvent qu’avoir une PAS inférieure à 150mmHg réduit significativement les risques de mortalité, d’infarctus et d’AVC. Avoir un objectif à 140mmHg ne diminue pas davantage la mortalité, mais réduit légèrement les infarctus et AVC non fatals, sans majoration du risque de chute ni de trouble cognitif. Mais il y a alors une augmentation des hypotensions, des syncopes et du fardeau du traitement.
Ainsi, l’académie de médecine américaine a donné ses recommandations sur la prise en charge de l’HTA du patient de plus de 60 ans: objectif 150/90, sauf si le patient présente un haut risque cardiovasculaire ou s’il est en prévention secondaire (antécédent d’infarctus, d’AVC ou d’AIT) auquel cas il faut cibler 140/90. (Bien évidemment ces objectifs sont à discuter avec le patient selon le principe de la décision partagée)

3/ Pneumologie
L’asthme est une pathologie courante en médecine générale. Probablement trop. En effet, il semblerait d’après une étude du JAMA que près de 30% des adultes déclarant un antécédent d’asthme n’avaient en fait pas d’asthme après réévaluation par EFR à 1 an d’arrêt de tout traitement de fond (quand les EFR étaient normales, le traitement de fond était diminué progressivement). Les auteurs retrouvent aussi comme principal facteur associé à ces absence d’asthme: l’absence d’EFR au diagnostic. Donc, faire des EFR et réévaluer régulièrement les traitements sont indispensable au diagnostic et au suivi des patients (pour ceux qui en douteraient encore)

4/ Gynécologie
Le BMJ a publié dans sa rubrique « 10-minutes consultation » la prise en charge d’un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) de découverte récente. Pour mémoire, il faut 2 critères sur les 3: spanioménorrhée, hyperandrogénisme clinique ou biologique, ou ovaires polykystiques échographiques (plus de 12 follicules de 2 à 9mm ou un volume ovarien > 10mL). Pour éviter une hyperplasie de l’endomètre quand il y a moins d’une menstruation tous les 3 mois, une induction par pilule oestro-progestative semble être le traitement de première intention notamment en cas d’acné. Et en cas de désir de grossesse, il faut orienter relativement rapidement les patientes vers un service spécialiser pour optimiser les chances de grossesse.
5/ Urologie:
Concernant le cancer de la prostate, un article du Lancet a étudié l’intérêt de l’IRM pelvienne avant d’effectuer des biopsies orientées par rapport à aux biopsies en de multiples sites classiquement effectuées. Il semblerait que l’IRM permette d’éviter 27% de biopsies et d’éviter de diagnostiquer quelques cancers non significatifs (5%). Il me semblait que c’était déjà le cas, mais l’IRM prostatique est un outil indispensable à effectuer avant des biopsies en cas de PSA élevé (si jamais un PSA venait à être dosé…)

6/ Diabétologie
J’avoue avoir beaucoup aimé le graphique des études en cours concernant les traitements diabétologiques. Notre bonne vieille metformine est visiblement le traitement le moins étudié (malgré un bénéfice clinique faiblement démontré, aucun labo n’a osé confirmer les résultats). Au contraire, les études concernant les analogues du DLP1, les inhibiteurs de DPP-4 et les anti SGLT-2 sont de plus en plus nombreuses à étudier des critères cliniques cardiovasculaires. Espérons qu’elles seront toutes publiées et pas seulement celles avec des résultats « positifs »…
Je passerai rapidement sur l’étude SUSTAIN-1, concernant le semaglutide car cette étude ne donne pas de critères cliniques, alors que SUSTAIN-6 a déjà démontré il y a quelques mois des bénéfices sur un critère composite cardiovasculaire avec beaucoup plus de patients….
Finissons sur un article qui peut faire se poser des questions. En France, les glitazones ont été retirées du marché à cause d’une augmentation du risque de cancer de vessie. Une méta-analyse publiée dans le BMJ open retrouve une augmentation des insuffisances cardiaques, et du risque de fractures. (Le risque de cancer de vessie n’est pas significativement augmenté avec les 4500 patients inclus dans l’analyse). Cependant, il y a une baisse significative des évènements cardiovasculaires, notamment des AVC (la baisse n’est pas significative pour les infarctus). Si on mets tout ça en balace: NNT pour éviter un évènement cardiovasculaire: 66 patients, NNH pour une insuffisance cardiaque: 61 patients auquel on ajoute le NNH pour fracture: 61 patients également. Donc pour 1 évènement cardiaque (AVC ou IDM) évité, on a 1 insuffisance cardiaque et 1 fracture (et 2 hypoglycémies sévères aussi). Bref, malgré un potentiel bénéfice sur les AVC, il me semble que la balance bénéfice-risque reste clairement défavorable, d’autant plus que la mortalité n’est pas diminuée.
Merci à tous de votre fidélité, et pour les urgentistes ou réanimateurs qui passeraient également par ici, je ne peux m’empêcher de vous renvoyer à l’article du JAMA concernant la prise en charge du choc septique! A bientôt,
@Dr_Agibus

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