Archives de catégorie : conflits d’intérêts

Des hommes honorables

ORATEUR Je suis reconnaissant de ce que vous m’accordez pour l’amour des Laboratoires Servier. QUATRIÈME CARDIOLOGUE Que dit-il de Servier? TROISIÈME CARDIOLOGUE Il dit qu’il est reconnaissant envers nous tous de ce que nous lui accordons pour l’amour de Servier. QUATRIÈME CARDIOLOGUE Il ferait bien de ne pas parler mal de Servier. PREMIER CARDIOLOGUE Cette …

Poursuivre la lecture « Des hommes honorables »

Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, médecine | Commentaires fermés sur Des hommes honorables

Un conflit entre auteurs se termine par la rétractation de leur article qui reste disponible….. ces conflits sont fréquents

C’est pas clair, mais la lecture de la notice de rétractation du numéro de septembre 2017 de « Genes, Brain and Behavior » (facteur d’impact 3,7) laisse pantois… La voici en son intégralité : « The above article, from Genes, Brain and Behavior, published online on 12th May 2017 in Wiley Online Library, has been retracted by agreement between the journal Editor in… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Critères d'auteurs, Rétractation | Commentaires fermés sur Un conflit entre auteurs se termine par la rétractation de leur article qui reste disponible….. ces conflits sont fréquents

Jeux Olympiques de la recherche sur les publications : Est-ce que nous évaluons les bonnes questions ?

Ivan Oransky a qualifié le Peer Review Congress de ‘Jeux Olympiques’ car il est organisé tous les 4 ans à Chicago. La salle plénière était comble pour l’ouverture par Drummond Rennie avec un honneur pour Eugene Garfield, inventeur du facteur d’impact, disparu en février 2017. Ce congrès a reçu 260 abstracts, et le programme avec abstracts (120 Pages) contient 45… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Peer review, Spin | Commentaires fermés sur Jeux Olympiques de la recherche sur les publications : Est-ce que nous évaluons les bonnes questions ?

L’affaire Séralini versus Monsanto continue : tous menteurs dans une affaire qui nuit à la science… sans faits établis sur de bonnes méthodes, les croyances s’opposent

Tout est regrettable dans cette histoire compliquée à propos d’un premier article qui n’aurait pas dû être publié, qui n’aurait pas dû être rétracté sur des arguments faibles, qui n’aurait pas dû être republié avec d’autres complices, etc…. Mais jamais personne n’arrivera à s’entendre pour faire une très bonne étude collaborative qui pourrait apporter des arguments de réponse : il… Continuer la lecture

Publié dans Biais, conflits d'intérêts, Gaspillage, Méthodologie de recherche, Rétractation | Commentaires fermés sur L’affaire Séralini versus Monsanto continue : tous menteurs dans une affaire qui nuit à la science… sans faits établis sur de bonnes méthodes, les croyances s’opposent

Les conflits d’intérêts ne sont pas gérés dans les facultés de médecine françaises : 28 facultés (sur 37) ont la note zéro !

Bon travail publié dans PLOS ONE en janvier 2017 et qui n’a pas été suffisamment diffusé. J’ai rencontré des experts ignorant cette publication, alors qu’ils enseignent les conflits d’intérêts en France. Le titre de l’article « Conflict of interest policies at French medical schools : starting from the bottom ». Les résultats sont plutôt inquiétants, et je ne sais pas… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts | Commentaires fermés sur Les conflits d’intérêts ne sont pas gérés dans les facultés de médecine françaises : 28 facultés (sur 37) ont la note zéro !

Conflits d’intérêt : un numéro thématique du JAMA avec 25 articles

Ce sont 25 articles (2 de recherche et 23 viewpoints) souvent courts et bien écrits et en accès libre dans le numéro du 2 mai 2017 du JAMA ! C’est la définition de l’ICMJE qui a été reprise dès l’éditorial des rédacteurs du JAMA : « A conflict of interest exists when professional judgment concerning a primary interest (such as patients’… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts | Commentaires fermés sur Conflits d’intérêt : un numéro thématique du JAMA avec 25 articles

PubMed : faire apparaître les conflits d’intérêts en bas des résumés ! Qu’en penser ? Progrès ou enfumage

Dans son bulletin de mars-avril 2017, PubMed annonce que les conflits d’intérêts apparaîtront en bas des résumés, quand ces déclarations existent dans les articles. Est-ce un progrès ? Il existe des données suggérant que le simple fait de déclarer des liens d’intérêts diminue la crédibilité des articles. Déclarer les liens est important, voire obligatoire, mais encore faudrait-il que les revues… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Recherche documentaire | Commentaires fermés sur PubMed : faire apparaître les conflits d’intérêts en bas des résumés ! Qu’en penser ? Progrès ou enfumage

Le traitement de l’information médicale (rediffusion)

Ce matin, je suis tombé sur deux tweets qui en disent long sur l’objectivité des informations sur les médicaments, délivrées par la presse médicale dont la survie dépend en grande partie de l’industrie…du médicament. Comment Servier a fait pression sur la presse médicale pour vanter le Protelos https://t.co/h2MY7PNZag via @LObs — Virginie Bagouet (@VirginieBagouet) March … Continuer à lire … « Le traitement de l’information médicale (rediffusion) » Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, médecine, optimiser les ventes, presse médicale | Commentaires fermés sur Le traitement de l’information médicale (rediffusion)

« Les conflits d’intérêts, nouvelle frontière de la démocratie », rapport à lire dans le calme….

Un nouveau rapport sur les conflits d’intérêts (3 février 2017) ! Sa lecture est plaisante, bien qu’une heure soit nécessaire : 70 pages. C’est un sujet très complexe. Son titre nous interpelle à juste raison, car la démocratie est en danger. Trois secteurs sont pris comme exemple : la santé, la banque et la fonction publique… Mon impression, c’est que… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts | Commentaires fermés sur « Les conflits d’intérêts, nouvelle frontière de la démocratie », rapport à lire dans le calme….

Comment sont recrutés les rédacteurs des revues scientifiques ? Ont-ils des compétences pour manager une revue ? Pas toujours…

C’est un éditorial (perspective) simple et court dans Science and Engineering Ethics de fin 2016 qui pose les bonnes questions. SEE est une bonne revue, mais cet édito a été accepté un peu vite (en 10 jours, fin août !). Les rédacteurs, en particulier le rédacteur en chef, ont des responsabilités pour promouvoir les meilleurs standards de la recherche :… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Rédaction des revues | Commentaires fermés sur Comment sont recrutés les rédacteurs des revues scientifiques ? Ont-ils des compétences pour manager une revue ? Pas toujours…

Les conflits d’intérêts non financiers sont peut-être aussi délétères que les conflits d’intérêts financiers, mais ingérables !

Pour beaucoup d’entre nous, la notion de conflits d’intérêts évoque essentiellement les enjeux financiers. Est-ce que l’accent mis sur les conflits d’intérêts financiers éclipse les intérêts «non financiers» ? Ces intérêts non financiers pourraient influencer le jugement scientifique de manière égale ou supérieure à l’influence des conflits financiers. Il existe des preuves sur les conflits d’intérêts financiers (parrainage commercial de… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts | Commentaires fermés sur Les conflits d’intérêts non financiers sont peut-être aussi délétères que les conflits d’intérêts financiers, mais ingérables !

Point de vue dans le JAMA sur les biais des recrutements académiques : des biais de recrutements existent-ils hors USA ?

Le nouveau rédacteur du JAMA a introduit depuis 2/3 ans une rubrique viewpoint qui permet de publier en général au moins 4 articles de type éditorial par numéro. Ce sont des prises de position très américaines, mais assez engagées. Dans le numéro du 27 décembre 2016, j’ai lu avec intérêt le viewpoint intitulé « Reducing bias in academic search committees » en… Continuer la lecture

Publié dans Biais, conflits d'intérêts, Recommandations | Commentaires fermés sur Point de vue dans le JAMA sur les biais des recrutements académiques : des biais de recrutements existent-ils hors USA ?

« No conflict, No interest », éditorial de JAMA Oncology accompagnant 2 recherches sur les liens d’intérêts

Le 25 août 2016, JAMA Oncology a mis en ligne 3 articles sur la problématique des liens d’intérêts dans le domaine de la cancérologie. Le sujet est difficile, et demande réflexion plutôt qu’accusation systématique. Un ‘brief report’ sur les relations avec l’industrie des auteurs des recommandations du NCCN (National Comprehensive Cancer Network) en 2014 : sur 125 auteurs des recommandations,… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Recommandations | Commentaires fermés sur « No conflict, No interest », éditorial de JAMA Oncology accompagnant 2 recherches sur les liens d’intérêts

Glissement éditorial des revues BMC Series… Pour publier du volume plutôt que la qualité ? Pour augmenter des ressources ?

La responsable ‘publisher’ des revues BMC Series (plus de 60 revues) semble réorienter certaines politiques éditoriales (en principe, les rédacteurs devraient décider, mais ils seront mis devant un fait accompli). Il s’agit peut-être d’une orientation stratégique plutôt commerciale qu’éditoriale. Une sorte de glissement dangereux… Je vous copie des extraits de cette information transmise aux rédacteurs de BMC series : As… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Open access, Recommandations, Rédaction des revues | Commentaires fermés sur Glissement éditorial des revues BMC Series… Pour publier du volume plutôt que la qualité ? Pour augmenter des ressources ?

Quelle est la durée de vie d’un lien d’intérêt?

Je me suis récemment demandé quelle était la durée de vie d’un lien d’intérêt. Prenons un exemple. Á partir de quand un médecin, qui a été orateur pour un labo commercialisant un anti-diabétique peut ne plus mentionner ce lien d’intérêt dans un article où il intervient pour commenter un essai thérapeutique financé par ce même … Continue reading « Quelle est la durée de vie d’un lien d’intérêt? » Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, médecine | Commentaires fermés sur Quelle est la durée de vie d’un lien d’intérêt?

Génériques et conflits d’intérêts

Je continue avec ma problématique du conflit d’intérêts. J’y suis poussé par le JAMA internal medicine qui manifestement prépare un numéro spécial générique (4 articles et 2 éditos). Si vous voulez savoir ce qu’est un conflit d’intérêts je vous conseille … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, générique, jama internal medicine, médecine, paolo fresu, Science | Commentaires fermés sur Génériques et conflits d’intérêts

Que penser de Penelope ? C’est un site pour identifier les erreurs dans les manuscrits…. bonne idée, mais utile ?

Je suis réservé sur PENELOPE, et j’aimerais en voir plus. L’idée semble bonne, mais qui va payer pour cela ? Peut-être des revues pour faciliter un travail initial de respect des instructions aux auteurs ? Le site n’est pas très clair sur la stratégie économique et le volume d’activité. Penelope est un site qui examine un manuscrit que vous pouvez… Continuer la lecture

Publié dans Apprentissage, conflits d'intérêts, Mauvais articles, Medical Writing | Commentaires fermés sur Que penser de Penelope ? C’est un site pour identifier les erreurs dans les manuscrits…. bonne idée, mais utile ?

Ne pas communiquer ses données sources a été une cause de rétractation d’un article, donc il faut rétracter des recherches de La Pitié Salpétrière !

Il s’agit d’un cas de rétractation particulier dans une revue obscure, mais la leçon peut intéresser. Il s’agit d’un article intitulé “The effect of food service system modifications on staff body mass index in an industrial organization” dans le Journal of paramedical science (JPS. Winter 2015 ; vol 6). C’est une revue iranienne sans notoriété. Des américains ont mis en… Continuer la lecture

Publié dans Biais, conflits d'intérêts, Rétractation | Commentaires fermés sur Ne pas communiquer ses données sources a été une cause de rétractation d’un article, donc il faut rétracter des recherches de La Pitié Salpétrière !

Bruits des sabots et corruption en médecine.

Le dernier billet de Bruit de sabots (voir ICI) a provoqué de nombreux commentaires dans le petit milieu.
Il pose des questions essentielles.
Mais il pose des questions essentielles à ceux qui se posent des questions, c’est à dire à très peu de médecins (on sait que 60 % des médecins reçoivent la visite médicale et je ne sais combien, une majorité de ces médecins disent ne pas être influencés).

Mon lien d’intérêt est clair : je connais Bruit des sabots IRL (In Real Life), je lui ai parlé lors d’un congrès de Prescrire, je communique parfois par mel avec lui et il m’a fait relire sa thèse avant parution : ICI, une thèse d’une grande qualité mais qui, ironie du sort, traite justement du sujet). Et je l’aime bien. 
Quand j’ai lu le billet il y avait déjà un commentaire de Martin Winckler. Qui m’a déçu en bien. J’ai posté moi-même un commentaire qui a dû en surprendre plus d’un.
Puis est paru le billet de Perruche en automne (ICI). Auquel j’ai répondu. Mais les autres commentaires sont plus intéressants et les réponses de l’auteur indiquent qu’il est moins méchant qu’il n’y paraît.
Sylvain Fèvre (ASK) a écrit un billet bien fichu et favorable au choix de Bruit des sabots (LA).
Puis Bruit des sabots a réécrit un billet : LA.
Les liens d’intérêts et les conflits sont une affaire sérieuse qui demande des bases solides. En France, pays de profiteurs, pays où la triche fiscale est un sport national pour lequel la bienveillance est de rigueur, l’immense majorité des habitants de ce pays merveilleux ne sait même pas ce qu’est un lien d’intérêt. Alors, la différence entre lien et conflit paraît pour ces habitants de cette contrée merveilleuse que tout le monde envie, un concept martien.
Voici une définition états-unienne que j’ai traduite.
« Un concours de circonstances qui crée le risque qu’un jugement professionnel ou des actions relatifs à un intérêt primaire soient injustement influencés par un intérêt se condaire.

« Les intérêts primaires sont : promouvoir et protéger l’intégrité de la recherche, le bien-être des patients et la qualité de la formation médicale.

« Les intérêts secondaires peuvent inclure non seulement un gain financier mais aussi le désir d’avancement professionnel, la reconnaissance d’une réussite personnelle et des faveurs pour des amis et de la famille ou des étudiants et des collègues.

« L’IOM ajoute que les intérêts financiers sont souvent mis en avant notamment auprès de l’opinion publique mais qu’ils ne sont nécessairement pas plus graves que les autres intérêts secondaires ; ils sont en revanche plus objectivables, plus opposables, plus quantifiables et plus réglementés en pratique de façon équitable »


Avec un commentaire de Robert Steinbrook (LA).
Vous pouvez également lire un billet de Marc Girard qui, comme à son habitude, va plus loin (ICI).
Sur le site de Marc Girard il y a de très très nombreux billets sur le sujet ainsi que sur ce blog car le sujet est important et complexe.
Je voudrais revenir brièvement sur le concept de transparence et sur celui de lien/conflit d’intérêt. Rapidement.
La transparence est un concept barbare. Comme je l’ai écrit quelque part (LA), la transparence et la publicité, considérées comme geste éthique fondamental vis à vis des medias, de la maladie des hommes politiques, par exemple, est une des composantes, je pèse mes mots, du totalitarisme moderne des sociétés libérales, celui de l’intrusion de la démocratie d’opinion dans la vie privée de tout un chacun., et je peux citer Kundera, qui a une certaine habitude des systèmes totalitaires, qui fut choqué en arrivant en France (on l’avait chassé de Tchécoslovaquie où la transparence consistait à diffuser à la radio d’Etat des  enregistrement volés à l’intimité des opposants) de découvrir à la une des journaux des photographies de Jacques Brel mourant à la sortie de l’hôpital américain de Paris.
Passons-en aux faits :
  1. Soulignons, mais ce n’est pas une excuse, la franchise de Bruit des sabots qui, au lieu de se cacher derrière son petit doigt, au lieu de se poser des questions seul dans son coin et de faire  un choix difficile (avec ses amis, ses relations, sa famille, en toute autonomie) a choisi de mettre le débat sur la place publique (hétéronomie) et, on le lit, dans la douleur (voir son dernier billet qui paraît en même temps que j’écris : ICI).
  2. Insistons sur le fait majeur de ce billet : on y apprend (je l’apprends et je suis confus de ne pas l’avoir su avant) que l’industrie pharmaceutique sponsorise des postes universitaires ! Ainsi, non contente de toucher de l’argent ici ou là (le professeur Grimaldi clamant haut et fort que le système informatique de son service a été payé par un laboratoire, Sanofi-Aventis, qui est un acteur majeur de l’activité, la diabétologie, du dit professeur)
  3. Et le paradoxe de tout cela : je lui conseille d’accepter, je pense qu’à son âge je l’aurais fait (parce qu’à son âge je ne connaissais même pas l’existence de la notion de lien ou de conflit d’intérêt), je lui conseille (que ce terme est mal choisi, comme si je pouvais me permettre de conseiller quelqu’un dans un choix moral) de faire ce qu’il a choisi de faire, mais, aujourd’hui, aujourd’hui que je sais ce que je sais et que ma vie professionnelle est derrière moi,  je pense que sa position est sans doute intenable à terme mais la vie est ainsi faite qu’il faut expérimenter, aujourd’hui donc je n’aurais pas accepté.  
  4. Je fais un détour par Matthieu Calafiore qui est président du SNEMG (syndicat national des enseignants en médecine générale) et qui participe activement au CNGE (collège national des généralistes enseignants) ou au congrès de la médecine générale sponsorisé par l’industrie (ICI et LA) : je pourrais être critique à 100 %, sachant ce que je sais, mais je constate qu’il fait des cours à la Faculté dénonçant par exemple le tout cholestérol. S’il ne le faisait pas qui le ferait ? Le professeur Danchin ? Donc, Bruit des sabots, fais le Matthieu…
  5. Puis un détour par Jean-Marie Vailloud (LA) dont le billet est d’une désespérance totale. Ce billet mérite, comme on dit, de « déplaquer » : ce cardiologue (que je ne connais ni des lèvres ni des dents) écrit sans doute le blog de cardiologie le plus pertinent qui soit (sans doute mille fois plus pertinent que la revue Prescrire quand elle parle de cardiologie) et il nous narre, au delà de la défense corporatiste de Perruche en Automne (je vais parler du fond de ce billet dans le paragraphe suivant), son parcours compliqué pour éviter l’industrie, et le fait qu’il ne puisse pas l’éviter. Il nout dit ceci en filigrane : nous sommes cernés. Donc, Bruit des sabots, fais aussi bien que Grange Blanche
  6. Mais, cher Bruit des sabots, le morceau de résistance, c’est le billet de Perruche en automne (LA). J’ai écrit que le billet était méchant. Je persiste et j’ajoute que le ton, au delà de l’ironie, est méprisant. Il s’agit en réalité d’abord d’un plaidoyer pro domo : je résume : les petits khons ki croient ke c’est pas possible de ne pas être corrompus feraient mieux de fermer leur gueule puisque moi la meilleure Perruche en automne de la création, et malgré que j’en aie, je suis bien obligé d’écrire avec un stylo, manger un petit four, aller dans des congrès all inclusive pour le meilleur de ma spécialité et que d’ailleurs la fac c’est pareil, c’est pourri de partout donc, faut le dire aux jeunes qui s’inscrivent à une prépa pour faire médecine, ils vivront dans la corruption et on ne peut faire autrement, et cetera. Ensuite, l’autre aspect de son billet la vengeance personnelle. Comme ce garçon a l’air très bien, propre sur lui (j’ai déjà écrit ailleurs que ses billets, bien qu’un peu complexes pour un petit généraliste de banlieue sensible comme moi, étaient souvent d’une rare qualité scientifique bien qu’un peu anti pédagogiques par moments, mais, en tous les cas très au dessus du lot des néphrologues communs — ceux que je côtoie toute l’année sont très en dessous et eux, sans vergogne aucune, écrivent leurs ordonnances sous l’influence directe de big pharma), qu’il sait quelles sont ses propres compromissions (je connais les miennes, merci) il se rappelle le Bruit des sabots qu’il était dans son extrême jeunesse (je romance, je freudise comme un crétin) et se venge de lui en se moquant de l’autre. Je me relis et je me rends compte que c’était ma première impression, ma première impression méchante et que, comme je le disais plus haut, les réponses aux commentaires de l’auteur le montrent sous un jour plus favorable mais, comme dirait l’autre, le vendeur de chez Darty, c’est la première impression qui compte…  
  7. Enfin, BdS, les commentaires sur twitters, enfin les quelques que j’ai interceptés, sont intéressants également. Y a 1) le mec, il l’a pas volé, 2) J’aurais pas fait comme lui (surtout les mecs à qui on ne l’a pas proposé), 3) Retour à l’envoyeur, 4) La vie, c’est un compromis, 5) Il faut être intègre, pas intégriste, 6) C’était pas la peine de faire tout ce cinéma pour finalement faire ce que fait tout le monde, 7) Je l’aime bien, je lui pardonne, mais pour un autre, je ne l’aurais pas fait, 8) La vie est un long conflit d’intérêt…
En gros, cher Bruit des sabots : fais ce qui te plaît et ne cherche l’approbation de personne mais tu sais désormais que tes prises de position seront examinées avec un oeil neuf et que l’on te cherchera des poux dans la tête à la première occasion.

Image : Ray Liotta dans Les Affranchis de Martin Scorcese.

Continuer la lecture

Publié dans BRUIT DES SABOTS, conflits d'intérêts, corruption, liens d'intérêts | Commentaires fermés sur Bruits des sabots et corruption en médecine.

Conflit d’intérêts

La twittosphère médicale est agitée depuis 48h par le billet (et la suite) de Bruit des Sabots et la réponse de Perruche en Automne. Plein de gens de qualité sont rentrés dans la mêlée, prenant position pour l’un ou l’autre des protagonistes. Au début, je me suis dit, tempête dans un verre d’eau, regardons le … Lire la suite Conflit d’intérêts Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, médecine, web | Commentaires fermés sur Conflit d’intérêts

Démasquer les auteurs qui ne déclarent pas leurs liens d’intérêts devient facile… même en France

Nombreuses sont les corrections dans les revues pour signaler des liens d’intérêts non déclarés. Aux USA, il est possible d’identifier des avantages, en utilisant Dollars For Docs, et c’est aussi possible en France… Il y a des progrès dans les déclarations de liens, mais c’est insuffisant… regardez 5 cas très bien décrits dans l’article de K Ruff dans Environmental Health… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts | Commentaires fermés sur Démasquer les auteurs qui ne déclarent pas leurs liens d’intérêts devient facile… même en France

Le manifeste des 30 et les conflits d’intérêt : ne pas signer est une question de cohérence. Par le docteur Claudina Michal-Teitelbaum

                                   
A la suite des commentaires que j’avais écrits lors de la publication du billet de Jean-Claude (ICI) voici un texte qui me permet d’expliquer de façon plus précise ma position au sujet du manifeste-pétition des 30 
Je ne prendrai pas de précautions oratoires excessives mais j’espère montrer que ma position n’est pas sous-tendue par un souci de me démarquer ou par une volonté de critiquer tous azimuts mais par un souci de cohérence à la fois éthique et pratique.
Le fond de mon argumentaire tient en une phrase : quand on se pose en moralisateur, la moindre des choses c’est de s’astreindre à respecter les règles qu’on voudrait imposer aux autres.
Cela n’est pas uniquement une critique à valeur « morale » car présenter des médecins assumant leurs nombreux conflits d’intérêts comme des références sur le plan moral aura nécessairement un impact en pratique sur la banalisation des conflits d’intérêts parmi les médecins. Puisque cela implique qu’on pourrait être d’une grande exigence morale, tout à fait lucide sur les médicaments, tout un acceptant un grand nombre de liens financiers avec les laboratoires pharmaceutiques. Ce qui a toutes les chances d’être faux puisque la raison pour laquelle les laboratoires entretiennent ces liens financiers est qu’ils peuvent en mesurer l’impact sur les prescriptions et le chiffre d’affaires, indépendamment de la qualité propre des médicaments.
Etes vous contre la faim dans le monde ?
C’est, à peu près, à cela que revient de s’élever contre le fait que des médecins continuent à entretenir des relations financières ou autres avec le laboratoire Servier. Mais la persistance de ces relations n’est qu’un témoignage particulier d’un phénomène beaucoup plus large et aux conséquences tout aussi délétères et plus étendues, c’est-à-dire la banalisation des relations financières des médecins (des médecins prescripteurs aussi bien que ceux des agences) avec les laboratoires pharmaceutiques générant des conflits d’intérêts de nature à brouiller le jugement des dits médecins.
Les pétitions et manifestes ne sont pas faits pour obtenir des résultats, qu’ils obtiennent très rarement, mais plutôt pour mettre en avant des idées, pour informer ou exercer une influence [1]. Une  des caractéristiques des pétitions est d’être peu impliquante, sauf, évidemment, quand on s’expose personnellement en les signant. Mais le plus souvent, comme le disait Jean-Claude, être parmi les primo-signataires ou promoteurs d’une pétition permet surtout de s’exposer à la lumière des projecteurs.
Puisque les auteurs du manifeste ont choisi d’associer, en tant que signataires vedettes, censés représenter l’esprit même du manifeste, des médecins entretenant couramment des relations avec divers industriels et qui en nient néanmoins l’influence, la question devient : y a-t-il une différence  fondamentale de nature entre Servier, ses méthodes, les conséquences de ces méthodes, et celles d’autres laboratoires avec lesquels certains des signataires vedettes entretiennent des relations assidues et lucratives quoique non déclarées dans ce manifeste ? Ma réponse est : « non », et je vais argumenter.

Tout le monde n’est pas pourri, mais tout le monde est influençable
Ca ne m’est pas agréable de prendre cette position à contre-pied de ce manifeste, d’autant qu’il y a parmi les signataires des personnes dont j’apprécie l’action et que je respecte, tels le sénateur Autain, dont le travail extraordinaire en a fait la bête noire des lobbyistes au Sénat, ou Irène Frachon qui a gardé une ligne de conduite exemplaire et a affiné son analyse au cours du temps.
Je pourrais aussi citer Dominique Dupagne, dont je ne partage pas la vision centrée sur le patient-roi de la médecine, patient à qui on devrait accorder tout ce qu’il demande, y compris des traitements qu’on sait inutiles ou dangereux, mais qui a fait un travail d’alerte et d’information souvent essentiel sur certaines pratiques telles que le dépistage du cancer de la prostate par le PSA, entre autres.
Contrairement à ce qu’on va certainement penser, je n’ai rien non plus contre le professeur Grimaldi qui a une réputation d’intégrité reconnue, mais je le pense sous influence. D’ailleurs, qu’il y a-t-il de plus dangereux pour la santé publique qu’un médecin malhonnête sous influence ?Un médecin honnête sous influence, bien sûr, parce qu’il saura effectuer comme nul autre ces opérations de « blanchiment de médicaments » que certaines grosses compagnies pharmaceutiques attendent des leaders d’opinion et des associations de patients sous influence.
Un livre qui prétend détenir la « vérité » sur les médicaments écrit pas des médecins hospitaliers sous influence

Jean-Claude avait déjà cité les écrits d’Hippocrate et Pindare concernant une interview d’André Grimaldi à la sortie du livre La vérité sur vos médicaments co-écrit par 32 médecins hospitaliers  dont Jean-François Bergmann et Irène Frachon. Ce livre prétend révéler LA vérité scientifique en riposte à ceux qu voudraient relativiser la valeur de la science.

Il reste qu’un jeune blogueur a fait la synthèse des avantages financiers des auteurs de ce livre, telles qu’elles figuraient sur la base des données transparence-santé : sur les 32 médecins co-auteurs du livre,  26 ont reçu des cadeaux de la part de compagnies pharmaceutiques et certains ont multiplié les conventions avec elles entre 2012 et 2014 [2]. Jean-françois Bergmann, par exemple, arrive en deuxième position pour le nombre de conventions signées, avec 54 en plus de 5074 euros de cadeaux (repas, transport, hébergement) que les laboratoires ont déclaré lui avoir versé. Pour André Grimaldi  32 convention ont été signées et 1707 euros ont été versés.
Le collectif « regards citoyens », qui a fait un formidable travail de compilation des informations sur les liens financiers entre médecins et industrie pharmaceutique [3] explique que la publication des données précises sur les conventions ont été  empêchées par une circulaire de Marisol Tourraine, la Ministre de la Santé, attaquée en justice par le Formindep devant le conseil d’Etat, qui leur a donné raison. La publication de la nature et de la valeur des conventions n’a pas été publiée néanmoins. 
Il faut savoir que les laboratoires peuvent aussi classer certains cadeaux dans la rubrique conventions, et ainsi les occulter. Les contrats, quant à eux, classés dans les conventions, peuvent atteindre 10 000 à 40 000 euros. Leur valeur viendrait s’ajouter aux 244 millions de cadeaux donnés aux médecins entre janvier 2012 et juin 2014. Il est probable que la somme totale se compterait alors en milliards et permettrait de boucher en partie ou totalement le fameux « trou de la sécu ». Ou bien apporterait de quoi financer de une recherche publique indépendante.

Cet argent, qui fait partie du budget marketing des laboratoires  est le nôtre, puisque, d’une manière ou d’une autre, collectivement ou individuellement, nous payons les laboratoires. Le secteur pharmaceutique est un secteur « ultra-protégé » comme le dit Bernard Dalbergue, ancien cadre de l’industrie pharmaceutique, dans le livre co-écrit avec Anne Laure-Barret, Omerta dans les labos pharmaceutiques, et il très subventionné. Il est protégé, à la fois en raison de la porosité entre personnalités politiques et dirigeants des laboratoires, parce qu’il s’agit d’un secteur économique stratégique dans la compétition économique, et parce que la santé est un bien essentiel et économiquement en perpétuelle croissance.
On eût donc souhaité que les médecins signataires, se réclamant d’une haute valeur morale, déclarassent les sommes perçues.
Irène Frachon comme fil conducteur
C’est Irène Frachon que je veux prendre comme fil conducteur. En effet, elle tient des propos tout à fait clairs et cohérents, y compris dans le livre co-signé avec A Grimaldi et JF Bergmann.
Dans une interview au journal Le Monde [4], elle prétend ne pas avoir de mérite à avoir su « rester propre » : « J’apparais comme « très propre », mais je ne l’ai pas toujours été. Ma chance est d’avoir été formée, dans les années 1990, à l’hôpital Foch [à Suresnes, Hauts-de-Seine], par la professeure Isabelle Caubarrère. Dans son service, il y avait cette règle absolue : les visiteurs médicaux n’avaient pas le droit d’entrer en contact avec les étudiants ou les médecins. Il n’y avait ni petits-déjeuners ni réunions d’équipe sponsorisées par les labos. C’est elle qui les ­recevait le samedi, sur rendez-vous, point. »

La chef de service  de cet hôpital faisait exactement ce que tous les commerciaux des laboratoires pharmaceutiques détestent : poser un cadre clair où chacun garde sa position professionnelle de chaque côté du bureau, le médecin s’occupe d’évaluer le rapport bénéfice/risque et le commercial reste à sa place de commercial qui essaye de vendre. Il n’y a aucune ambigüité. Cela ne convient, bien sûr, pas du tout aux commerciaux, dont tout le travail consiste à brouiller les frontières, les limites entre relation professionnelle et amicale, en établissant une pseudo-intimité, les limites entre travail du médecin et travail du commercial, les limites entre intégrité professionnelle et corruption.



En tout cas, internes et assistants travaillant dans les services des professeurs Grimaldi et Bergmann n’ont pas eu cette chance. Comme 99% des médecins hospitaliers, ils ont été soumis à la présence « amicale » constante de représentants des laboratoires qui leur ont proposé toutes sortes de services et d’avantages, et qui se sont occupés aussi de leur formation, bien entendu, comme l’expliquait un médecin souhaitant garder l’anonymat en mai 2010 sur le site du Formindep [5].



Il est tellement facile de tomber dans les filets des laboratoires ! C’est aussi ce qu’explique Irène Frachon dans cette interview. Le dispositif « d’hameçonnage » est conçu comme un engrenage qui vous avale dès que vous y mettez le doigt.  Par la valorisation de votre personne (« nous avons besoin de vous »), par l’argent facile et les divers cadeaux et avantages qu’on finit par penser devoir recevoir de plein droit, puisqu’on rend un service. Irène Frachon n’a échappé à cet engrenage que par le regard extérieur de son époux, qui lui a fait prendre conscience de la situation. Et également parce qu’elle n’avait pas été pré-conditionnée à la banalisation des conflits d’intérêts en tant qu’interne.



Dans le livre co-écrit avec A. Grimaldi elle exprime une position très claire et sans ambiguïté : « Les médecins hospitaliers ne devraient pas avoir le droit d’être consultants pour l’industrie pharmaceutique. On peut faire une exception encadrée pour la recherche clinique afin que des patients soient inclus dans des essais cliniques des industriels, mais que des médecins puissent être les VRP, aller dans leur board de consultant pour monnayer ce qui est en réalité du conseil marketing, et répandre ensuite la bonne parole en étant « ventriloques » des laboratoires (pour reprendre l’expression du Dr Bernard Dalbergue …Omerta dans les labos pharmaceutiques…) cela devrait être tout simplement interdit. »
Elle souhaite aussi que les laboratoires ne puissent pas approcher les étudiants en médecine.
Mais Irène Frachon s’est fixée comme objectif prioritaire la défense des victimes du Mediator et elle subordonne à cet objectif toute autre considération.


André Grimaldi, un médecin ambigu et sous influence

André Grimaldi n’est pas d’accord avec Irène Frachon sur le point de la nécessité de mettre fin aux conflits d’intérêts. Tout au plus demande-t-il une « transparence totale » (qu’il ne s’applique d’ailleurs pas à lui-même), et, si possible, la fin des conflits d’intérêts dans les agences de régulation [6]. Lorsqu’il est interrogé là-dessus dans une émission sur France Culture il n’est visiblement pas très à l’aise avec le sujet, et s’empresse d’en changer.

De même, je n’ai pas notion qu’André Grimaldi  se soit élevé contre le financement des associations de patients par l’industrie pharmaceutique. La Fédération des diabétiques français est la plus arrosée de toutes les associations de patients de France avec 491 000 euros reçus des laboratoires pharmaceutiques dont 144 000 de Sanofi en 2013 [6].

Pour lui l’affaire Mediator a été le coup de tonnerre dans le ciel tranquille de sa routine faite de relations avec les laboratoires, comme l’indique la liste des cadeaux et conventions dont il bénéficie sur la « base de données transparence santé ». On y apprend que de début 2012 au premier semestre 2015, il a bénéficié de 36 « cadeaux » ( repas, hébergements, invitations…) par divers laboratoires dont Sanofi, Merck, Lilly, et que, par exemple, le 19 avril 2015, Merck lui a offert un repas pour une somme de 49 euros. Il a aussi signé 51 conventions avec des laboratoires dont nous n’avons pas le détail (pratiquement une vingtaine de plus que celles relevées jusqu’au premier semestre 2014).
Compte tenu des nombreux avantages qu’il reçoit de divers laboratoires, il a grand besoin de se persuader que le cas de Servier reste une exception et que les méthodes de Servier et les dégâts provoqués sont uniques.
Sa vision peut se résumer ainsi. Les laboratoires pharmaceutiques sont source de progrès incessants  et majeurs. Même si ces laboratoires sont des brillants petits polissons et peuvent parfois chercher à élargir les indications de certains médicaments, comme le Lantus, au-delà du raisonnable (utilisé à tort dans le diabète de type 2), générant des coûts supplémentaires, tout cela ne porte pas à conséquence compte-tenu des bénéfices immenses que les laboratoires apportent aux populations. Il faut donc lutter activement contre le scepticisme et le doute qui s’emparent de certains médecins et patients par le biais de la vérité scientifique dont il est détenteur. Tout ce débat est surfait puisque la sécurité des médicaments est en constant progrès et s’est beaucoup améliorée notamment depuis l’introduction des essais randomisés. Il préconise aussi le déremboursement des médicaments inutiles de ville et l’utilisation des économies ainsi réalisées pour financer  les médicaments chers à l’hôpital. Il semble ainsi assimiler le prix élevé des médicaments à leur qualité [7].

Malheureusement toutes ces affirmations sont fausses. Cela a été montré par diverses personnes et de divers points de vue.

En 2005 la revue Prescrire avait analysé 3096 médicaments introduits sur le marché français pendant 24 ans entre 1981 et 2005 : seulement 7 (0,23% ou un sur 529) avaient représenté un progrès majeur, 77 (un sur 40), un progrès substantiel, et environ 70% des médicaments n’apportaient rien voire étaient même dangereux pour certains. La revue constatait également une dégradation constante dans le temps de la qualité des nouveaux médicaments [8]. D’autres, comme Bernard Dalbergue, ont constaté cette même dégradation de l’intérieur : mise en coupe réglée des services « recherche » et « marketing » au bénéfice du service des ventes pour qui tous les coups tordus étaient bons pour dégager des marges. Cela s’est traduit, sur le terrain,  par la conviction que la puissance de la stratégie marketing pouvait faire de n’importe quel  médicament un blockbuster, ce qui a été démontré à plusieurs reprises avec une accélération au cours des dernières années, et par l’établissement du primat du marketing sur la recherche.

Par ailleurs, les essais contrôlés randomisés ne résolvent rien puisque les agences exigent au plus deux essais randomisés positifs pour accorder une autorisation de mise sur le marché à un médicament et que les laboratoires ont pris la liberté de ne pas publier les essais négatifs, tout en considérant que les données des essais leur appartiennent et en refusant de les communiquer aux chercheurs. Il est également très aisé de biaiser un essai. Il existe quantité de méthodes comme de sélectionner des patients jeunes et résistants, changer les critères de jugement en cours de route, faire des essais suffisamment courts pour que le défaut d’efficacité n’apparaisse pas, occulter les effets indésirables etc.

Etrangement,  ou logiquement, André Grimaldi, prend la défense de l’Avandia® ou rosiglitazone, un antidiabétique de GSK qui a été retiré du marché en raison de ses effets indésirables cardiaques en 2010 : « Ce qui est scandaleux, c’est qu’on apprend la publication de cette étude par les banques, puis par médias, pas par les agences ou les associations professionnelles. Ça me rappelle l’affaire de l’Avandia de GSK : en 2006, cet autre médicament pour le diabète, a été torpillé par un article l’accusant d’augmenter les risques d’infarctus. L’affaire vient de se conclure par un non-lieu pour le labo, mais les médias n’ont pas repris l’information et en attendant, le médicament a été mis au tapis au profit de ses concurrents. »  [9] . C’est étonnant comme point de vue pour un médecin.

En réalité GSK a plaidé coupable devant la justice américaine, y compris pour des charges criminelles, c’est-à-dire pour avoir provoqué le décès de patients en occultant ou falsifiant certaines informations [10].  Au total GSK s’est engagé à verser 3 Mds de dollars aux victimes et à la justice en 2012.La récente remise en cause des problèmes de sécurité de ce médicament ne s’oppose pas à ce jugement. La FDA a accepté de revoir le statut de l’Avandia sur la seule base d’une étude menée par le laboratoire, pourtant accusé de falsifications de données, alors que ces résultats s’opposent aux résultats de plusieurs dizaines d’autres études. Il semble que l’étude prise en compte par la FDA soit l’étude RECORD, c’est-à-dire la même étude, financée par le laboratoires, qui avait été reconnue comme de mauvaise qualité et falsifiée [11]. Les conflits d’intérêts sont également omniprésents au sein de la FDA.
John Buse, un professeur de médecine spécialisé dans le diabète (Caroline du Nord), avait fait des études pour le compte du laboratoire Smith Kline sur l’Avandia. En 1999 il avait exposé, lors d’un congrès, son inquiétude au sujet des graves risques cardiaques que faisait courir ce médicament. Il avait alors subi des pressions de la part de sa hiérarchie, sur l’incitation de cadres de GSK, pour se taire.  Steven Nissen, qui avait publié une méta-analyse montrant les risques cardiaques de l’Avandia, reçut la visite de plusieurs cadres de GSK, tentant de faire pression sur lui pour qu’il ne publie pas son étude.
Très récemment, encore, GSK avait « oublié » de signaler des dizaines d’effets indésirables graves et un décès de nourrisson concernant son vaccin contre le rotavirus, le Rotarix°. Occulter des effets indésirables c’est ce que les laboratoires appellent « aveugler » les agences [12]. 
Les méthodes de GSK n’ont, en réalité, rien à envier à celles de Servier.

Jean-François Bergmann a laissé passer le Vioxx et n’a pas vu les effets indésirables du Mediator
Jean-François Bergmann, d’abord, dont l’incompétence et les conflits d’intérêts ont motivé sa « démission » forcée de la vice-présidence de la commission d’AMM en décembre 2012 après dix ans à ce poste.
De fait on peut dire que JF Bergmann a eu beaucoup de chance  d’échapper à une mise en examen. Il est probable qu’il doive cette chance à ses talents de comédien car il a pris garde de faire profil bas et de dire combien il regrettait de n’avoir rien vu (« je m’en veux »).

JF Bergmann et sa compétence
Sa cécité concernant le Mediator a persisté pendant les dix années passées en tant que vice-président de la commission des autorisations de mise sur le marché de l’AFSSAPS, puis ANSM.

Tout en se présentant comme un éminent pharmacologue, ayant formé à lui tout seul la moitié du personnel de l’ANSM, il affirme que la raison principale de son absence de réaction, alors même qu’on lui signalait régulièrement des cas d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) en lien avec le Médiator  était que « le laboratoire n’a jamais admis la similitude pharmacologique entre l’isoméride et le benfluorex. ».

En tant que responsable et éminent pharmacologue il disposait pourtant de quelques petits indices qui auraient dû lui mettre la puce à l’oreille :

  1. Le benfluorex avait pour suffixe « orex » qui est le suffixe des coupe-faims, même si le laboratoire Servier le présentait comme un antidiabétique afin d’obtenir son AMM
  2. Il était le troisième médicament de la même famille, celle des fenfluramines, à avoir été accusé de provoquer des effets indésirables cardiaques et le deuxième à avoir provoqué un effet indésirable bien spécifique et reconnaissable, difficile à « rater » l’hypertension artérielle pulmonaire ou HTAP. A propos de cet effet indésirable il dit, avec pas mal de cynisme dans l’article : « Je m’en veux de ne pas avoir senti tout ça, en 2007, et appelé à une grande étude prospective. Il fallait du nez : à ce compte, pourquoi ne pas croiser la consommation de Toblerone et les entorses de chevilles ? »
  3. Pourtant, la première fenfluramine à avoir été retirée du marché pour avoir provoqué des HTAP était l’aminorex, un anorexigène, retiré du marché américain en1968. La deuxième était l’Isoméride ou dexfenfluarmine, dont la licence a été retirée en  septembre 1997 par la FDA aux Etats-UNis après qu’une troisième équipe de médecins, celle de la clinique Mayo, eut dénoncé publiquement des cas inquiétants de valvulopathies chez les patients prenant ce médicament.
  4. Le benfluorex, pour sa part, a un métabolite commun avec l’Isoméride, ce qu’un éminent pharmacologue ne pouvait ignorer {13]( Le méta­bo­lite actif prin­ci­pal du ben­fluo­rex, comme des autres fen­flu­ra­mi­nes, est la 3-tri­fluo­ro­mé­thyl amphé­ta­mine ou nor­fen­flu­ra­mine, l’amine de base qui a servi au déve­lop­pe­ment des autres com­po­sés. Le ben­fluo­rex lui-même est, par exem­ple, com­plè­te­ment méta­bo­lisé et n’est pas détec­ta­ble dans le plasma)
  5. En 1996, alors que JF Bergmann siégeait à la commission de la transparence,Lucien Abenhaim et coll publiaient dans le New England journal of medecine un article qui a fait beacuoup de bruit, confirmant la relation entre dérivés de la fenfluramine et HTAP [14]
Ajoutons que l’isoméride était un produit Servier.

JF Bergmann côté conflits d’intérêts : cas personnel et positionnement


Une recherche sur la base de données transparence santé permet de constater que JF Bergmann totalise 70 conventions entre janvier 2012 et le premier semestre 2015.


D’autre part, dans  un autre article on apprend que, tout en ayant des fonctions de régulation des médicaments au sein de cette commission qui avait des pouvoirs quasi discrétionnaires en matière de mise sur le marché de médicaments et de modification de mise sur le marché, JF Bergmann travaillait pour de nombreux laboratoires [15]. Qu’il a aussi fait placer son beau frère, Joseph Emmerich [16], à la tête d’un service très important de l’ANSM, ce qui a permis au dit Joseph, aussi blanc que son beau-frère Jean-François en matière de conflits d’intérêts, d’accéder aussi à la commission des médicaments à usage humain (CHMP) de l’agence européenne du médicament qui donne des avis sur la mise sur le marché des médicaments au niveau européen.



JF Bergmann a trouvé entretemps un emploi qu’on peut penser très bien rémunéré chez Prioritis [17] où son profil d’ancien membre de la commission d’AMM est bien mis en avant, ce qui est normal, puisque cette société a pour clients les compagnies pharmaceutiques, et pour activité le conseil stratégique et la constitution de dossiers pour les médicaments qui vont être évalués par les autorités régulatrices. C’est-à-dire qu’elle contribue à l’ « enfumage » dont JF Bergmann dit avoir été victime pendant qu’il occupait le poste de vice-président de la commission d’AMM.

Sur son positionnement vis-à-vis des conflits d’intérêts.



JF Bergmann assure qu’ils n’ont aucune influence sur les décisions prises dans les commissions. On ne peut pas dire que ce fut le cas pour le Rédux, version américaine de l’Isoméride dont Servier avait cédé la licence pour les Etats Unis à Wyeth. En effet, après un premier refus par une commission de mettre ce médicament sur le marché en 1995, un point de procédure fut invoqué par la hiérarchie de la FDA, au sein de laquelle se trouvait un medecin ayant travaillé pour Wyeth sur un autre anorexigène, Michael Weintraub, pour que se réunisse une deuxième commission recomposée qui donne, cette fois le feu vert. J’ai déjà dit que cette AMM fut retirée en 1997 en raison des effets indésirables du médicament.

JF Bergmann affirme aussi cumuler les conflits d’intérêts et en être fier.

Je pense que, d’un point de vue moral, qui est le cœur de la pétition, on a déjà connu des niveaux d’exigence plus élevés.

En conclusion, pour moi ne pas signer ce Manifeste des 30 est une question de cohérence. Je pense que les laboratoires Servier ne sont pas une exception. Il est probable que le Vioxx ait provoqué autant de morts ou plus en quelques années que le Mediator en 30 ans. Seulement, dans le cas du Mediator, la persévérance d’Irène Frachon, des coups de chance et des coups de force, ont empêché les autorités d’enterrer l’affaire comme elles tentaient de le faire.


Faire du Mediator et de Servier un cas à part et demander à des médecins perclus de conflits d’intérêts qu’ils ne renient pas de faire la morale à leurs confrères, revient à banaliser les conflits d’intérêts dans la communauté médicale. Cela comporte beaucoup plus de risques que d’avantages.

Notes

[8] Innovation en panne et prises de risques (en PDF)
[12] http://docteurdu16.blogspot.fr/2015/03/marisol-touraine-en-chef-du-lobby.htmlcf commentaire du premier avril « petit topo sur le vaccin contre le Rotavirus.

Continuer la lecture

Publié dans BERGMANN JEAN-FRANCOIS, CMT, conflits d'intérêts, FRACHON IRENE, GRIMALDI ANDRE, liens d'intérêts, MANIFESTE | Commentaires fermés sur Le manifeste des 30 et les conflits d’intérêt : ne pas signer est une question de cohérence. Par le docteur Claudina Michal-Teitelbaum

Le manifeste des 30

Mercredi 26 août 2015, un manifeste de 30 personnalités médicales et scientifiques dénonçait le comportement non éthique du groupe pharmaceutique français SERVIER et demandait aux médecins de reconsidérer leurs partenariats avec ce groupe pharmaceutique. J’ai lu ce manifeste et analysé les 30 premiers signataires. Parmi les signataires, j’ai tout de suite « tiqué » sur la présence […] Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, Ethique, Exposition médiatique, indépendance, industrie pharmaceutique, médias, médicament, mensonges, philosophie, pratique de la médecine, Scandale, Servier, toute puissance médicale, transparence | Commentaires fermés sur Le manifeste des 30

Le divorce

Dans cette note, j’ai raconté qu’en décembre 2014 Servier avait admonesté, via un cabinet d’avocats, les deux sociétés « savantes » de ma spécialité, avec lesquelles, le laboratoire entretenait pourtant d’excellentes relations, et ce, malgré le scandale du Médiator®. (Source) La poursuite de ces relations fructueuses, en dépit de tout ce qui s’est passé, a fait l’objet hier de … Lire la suite Le divorce Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, médecine | Commentaires fermés sur Le divorce

Être « hors de la norme », c’est être malade

Ce n’est plus un secret pour personne que des éléments constitutifs de la réalité de l’humain vivant sont devenus par la puissance du marketing des firmes pharmaceutiques des maladies qu’il faut soigner. Inventer des maladies pour vendre des médicaments est peu « connu » chez nous. Les anglo-saxons parlent de « disease mongering ». L’exemple ancien le plus caractéristique […] Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, DISEASE MONGERING, Divers, Exposition médiatique, façon de vivre, industrie pharmaceutique, médecin, médias, médicament, médicaments, patient, pratique de la médecine, promotion, réflexion personnelle | Commentaires fermés sur Être « hors de la norme », c’est être malade

PCR (Publish, Cite, Reward) : une société propose de 100 à 3000 $ (selon facteur d’impact) si vous citez ses produits dans vos articles

C’est le blog Retraction Watch (14 août 2015) qui nous a informé d’une stratégie nouvelle par une société américaine Cyagen. Cyagen est une société basée en Californie et en Chine, fondée en 2005 avec 200 employés en 2015, et qui fournit des animaux, des cellules, des vecteurs DNA, des milieux de culture et autres produits de laboratoire. Cette société a… Continuer la lecture

Publié dans Animal, Biais, conflits d'intérêts | Commentaires fermés sur PCR (Publish, Cite, Reward) : une société propose de 100 à 3000 $ (selon facteur d’impact) si vous citez ses produits dans vos articles

Lettre à Mme La Ministre de la Santé au sujet d’un débat national sur la vaccination.

Madame la Ministre de la Santé Vous annoncez dans un entretien au journal Le Parisien daté du 1er août 2015, un grand débat national sur la vaccination (1). Vous souhaitez: « que s’engage un débat public sur le sujet. Les modalités restent à fixer, mais il est capital qu’il y ait des échanges et des réponses […] Continuer la lecture

Publié dans autorités sanitaires, confiance, conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, effet secondaire, effets secondaires, Ethique, Exposition médiatique, indépendance, industrie pharmaceutique, médias, mensonges, pharmacovigilance, pratique de la médecine, recommandation, Santé publique, transparence, vaccin, vaccination | Commentaires fermés sur Lettre à Mme La Ministre de la Santé au sujet d’un débat national sur la vaccination.

« Annals of Internal Medicine » n’a pas de politique ferme pour gérer les auteurs ayant des liens d’intérêts : les rédacteurs jugent cas par cas

Nous avons vu les politiques des principales revues pour ce qui est de la collaboration entre les universitaires et les industries : le NEJM tolère des auteurs ayant des liens, le BMJ exclut des auteurs ayant des liens pour les articles de formation, et The Lancet a dit que la vérité était entre les deux… C’est aux Annals de donner… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts | Commentaires fermés sur « Annals of Internal Medicine » n’a pas de politique ferme pour gérer les auteurs ayant des liens d’intérêts : les rédacteurs jugent cas par cas

Pour qui travaillent les autorités sanitaires ? (suite)

La journée mondiale des hépatites vient d’avoir lieu. Depuis plusieurs mois, l’hépatite C est sous les « feux des projecteurs » de l’actualité par l’arrivée sur le marché d’un médicament antiviral qui « guérirait » l’hépatite C . Il en a beaucoup été question dans les médias du fait du prix « hors norme » de ce traitement : le Solvadi. Beaucoup […] Continuer la lecture

Publié dans autorités sanitaires, conflits d'intérêts, Dépistage, hépatie C, indépendance, industrie pharmaceutique, InVS, médias, médicament, recommandation, Santé publique, Solvadi | Commentaires fermés sur Pour qui travaillent les autorités sanitaires ? (suite)

Conflits d’intérêts à l’hôpital public : excellent ouvrage des Presses de l’EHESP

Saluons la publication d’un ouvrage faisant la synthèse d’un colloque de décembre 2012 sur les conflits d’intérêts à l’hôpital public. Utile car ce thème est rarement abordé, alors que de nombreuses situations de liens d’intérêts existent, et ne sont pas toujours comprises par les praticiens. Ce colloque a été organisé par deux professeurs de droit, Mme Dominique Thouvenin et M… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Cours et congrès | Commentaires fermés sur Conflits d’intérêts à l’hôpital public : excellent ouvrage des Presses de l’EHESP

Pour qui travaillent le professeur Floret et le directeur de HCSP ?

Le professeur Floret est le président du Comité Technique des Vaccinations ( CTV ) qui dépend du Haut Conseil de la Santé Publique ( HCSP ) dont le directeur est le professeur Roger Salamon. L’ APM qui est une agence de presse spécialisée dans le monde médical, dans une de ses dernières dépêches écrivait ceci […] Continuer la lecture

Publié dans autorités sanitaires, conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, effet secondaire, effets secondaires, industrie pharmaceutique, pharmacovigilance, recommandation, Rotarix, Rotateq, rotavirus, Santé publique, transparence, vaccination | Commentaires fermés sur Pour qui travaillent le professeur Floret et le directeur de HCSP ?

« Déclarations de liens d’intérêts : ce n’est pas mon obédience » (2)

Dans mon précédent billet j’attirais votre attention sur la problématique des liens d’intérêts dans l’histoire du Solvadi, traitement « miracle » de l’ hépatite C. Je souhaiterai compléter le sujet. La problématique des liens d’intérêts en médecine est un sujet qui est préoccupant. Il interroge le milieu médical depuis pas mal d’années. Beaucoup de facultés de médecine […] Continuer la lecture

Publié dans autorités sanitaires, confiance, conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, croyance, Ethique, indépendance, industrie pharmaceutique, médecin, médicaments, pratique de la médecine, Santé publique | Commentaires fermés sur « Déclarations de liens d’intérêts : ce n’est pas mon obédience » (2)

« Déclaration de liens d’intérêts : ce n’est pas mon obédience »

François Pesty sur le site du Formindep a publié une recherche remarquable sur les liens d’intérêts des experts du dossier Solvadi, le médicament « miraculeux » pour le traitement de l’hépatite C. Tout le monde se souvient que le prix de 84000 euros pour 1 traitement par Solvadi avait soulevé beaucoup de discussion. Aujourd’hui on sait que […] Continuer la lecture

Publié dans autorités sanitaires, conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, indépendance, industrie pharmaceutique, médicament, médicaments, pratique de la médecine, promotion, Santé publique | Commentaires fermés sur « Déclaration de liens d’intérêts : ce n’est pas mon obédience »

Un phénomène mal exploré : les comités de rédaction qui publient facilement dans leur revue ! Quelle fréquence ?

Le peer review, ou relecture par les pairs, sert à valider les travaux avant publication.. mais le peer review dysfonctionne ! Parmi les singularités mal explorées : « est-ce que les rédacteurs en chef, les membres des comités de rédaction publient plus facilement dans leur revue, voire dans la revue d’amis rédacteurs en chef ? ». La réponse semble être OUI dans… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Rédaction des revues | Commentaires fermés sur Un phénomène mal exploré : les comités de rédaction qui publient facilement dans leur revue ! Quelle fréquence ?

Vous êtes BMJ ou NEJM pour accepter des manuscrits d’auteurs ayant des liens avec l’industrie ? The Lancet nous dit qu’un juste milieu existe…

Nous avons exposé les 3 articles et l’éditorial du NEJM sur les politiques des liens d’intérêts dans les revues biomédicales. Après avoir exposé la possibilité de travailier avec l’industrie, le NEJM a proposé aux visiteurs de leur site de voter. Au 11 juin 2015, il y avait 1789 répondeurs et les résultats étaient : oui à 73 % pour le… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, Rédaction des revues | Commentaires fermés sur Vous êtes BMJ ou NEJM pour accepter des manuscrits d’auteurs ayant des liens avec l’industrie ? The Lancet nous dit qu’un juste milieu existe…

Les lecteurs du NEJM favorisent l’arrêt de la chasse aux sorcières pour les liens d’intérêts

En mai 2015, le NEJM a publié 3 articles de 5 pages chacun, et un éditorial sur la politique des liens d’intérêts au sein des revues biomédicales. EXCELLENT.. Le titre de ce billet est mon interpétation du résultat de l’enquête en cours (voir plus bas). Attention, la transparence et autres mesures pour limiter les biais sont utiles. Les biais « anti-industrie »… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts | Commentaires fermés sur Les lecteurs du NEJM favorisent l’arrêt de la chasse aux sorcières pour les liens d’intérêts

Le Haut Conseil en Santé Publique fait marche arrière

Dans un précédent billet j’évoquais un vaccin recommandé responsable de décès de nourrisson. Ce vaccin n’est plus recommandé. Le HCSP vent de faire paraître un nouvel avis qui ne recommande plus ce vaccin. La ministre s’empressait peu de temps après la « découverte » des décès suivant cette vaccination d’expliquer que la balance bénéfice/risque restait favorable. Je […] Continuer la lecture

Publié dans autorités sanitaires, conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, effet secondaire, effets secondaires, indépendance, industrie pharmaceutique, recommandation, Rotarix, rotavirus, Santé publique, vaccin, vaccination | Commentaires fermés sur Le Haut Conseil en Santé Publique fait marche arrière

Complaisance de PLOS ONE pour une article de pneumologie d’une équipe française ? Oui d’après JP Sculier

Félicitons JP Sculier à Bruxelles pour son combat contre les malversations dans les publications. Il vient de publier un article de synthèse dans Les Cahiers de Psychologie Clinique (2015/1, n°44, p 13-34), dont le titre est « Les manques à l’intégrité scientifique et médicale ». J’ai lu avec plaisir cet article de 20 pages qui évoque la plupart des cas de fraude,… Continuer la lecture

Publié dans conflits d'intérêts, fraude, Intégrité scientifique | Commentaires fermés sur Complaisance de PLOS ONE pour une article de pneumologie d’une équipe française ? Oui d’après JP Sculier

Statines et diabète

Je voudrais revenir sur un élément que j’évoquais dans mon précédent billet : les statines ( médicaments qui font baisser le cholestérol ) et le diabète.   Les statines sont très largement prescrites à un nombre considérable de patients car elles protégeraient le cœur d’événements cardiovasculaires graves comme l’infarctus. Cet effet serait directement lié au […] Continuer la lecture

Publié dans confiance, conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, croyance, effet secondaire, effets secondaires, étude clinique, industrie pharmaceutique, médecin, médicament, médicaments, mensonges, pratique de la médecine, recommandation, Statine, surtraitement, transparence | Commentaires fermés sur Statines et diabète

Le réel n’existe pas

Nous croyons plus ce que nous ne voyons pas que ce que nous voyons .   Une grande partie des résultats de l’action d’un médecin aujourd’hui est invisible. Il ne voit pas l’effet de sa prescription comme il peut le voir quand il prescrit un antibiotique dans une maladie d’origine bactérienne . Dans ce cas […] Continuer la lecture

Publié dans confiance, conflits d'intérêt, conflits d'intérêts, critique, croyance, effet secondaire, efficacité, Ethique, étude clinique, indépendance, industrie pharmaceutique, médecin, médicament, médicaments, mensonges, pratique de la médecine, recommandation, Santé publique, Statine, surmédicalisation, toute puissance médicale, transparence, vaccin, vaccination | Commentaires fermés sur Le réel n’existe pas