Archives de catégorie : cancer

Cancer : moins de centres pour opérer les tumeurs et c’est bien mieux.

Traiter des patients souffrant de cancer impose de ne pas faire perdre de chances à ces personnes par le recours à des traitements inadaptés ou en raison de gestes chirurgicaux insuffisamment bien accomplis. Les divers Plans Cancer mis en place … Continuer la lecture Continuer la lecture

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SABCS16/ Cancer du sein : l’immunothérapie pourrait changer le traitement de certaines formes de cancer du sein

  Depuis quelques années, les traitements par des anticorps qui ciblent la relation entre cellules de défense et tumeurs cancéreuses, permettent de progresser dans le traitement de plusieurs cancers, dont le mélanome et le cancer du poumon Le tour du … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Ce que sa propre maladie apprend à un médecin. L’histoire d’Eric Winer, oncologue

Il y a parfois lors des congrès scientifiques et médicaux, des moments rares et inattendus. C’est ce qui vient de se passer ce matin, mercredi 7 décembre 2016 à San Antonio lors du SABCS, une conférence consacrée aux cancers du … Continuer la lecture Continuer la lecture

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La science fait son marché

En 1971 en lançant le « National Cancer Act » le président Richard Nixon s’engageait à vaincre le cancer dans les prochaines années. En septembre 2016, l’entreprise Microsoft a fait l’annonce d’un immense programme pour vaincre le cancer, dans le cadre de … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Décès de trois patients à Nantes : va t-on vers des ruptures graves de produits de chimiothérapie ?

Le décès de trois patients au CHU de Nantes le week-end dernier reste encore inexpliqué. Hospitalisés dans un service d’hématologie pour recevoir une autogreffe de moelle en raison d’un lymphome. Ils sont décédés à la suite du conditionnement préalable par … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Quand le journal « Le Monde » dit la cancérologie. CMT répond.

La première Une du « Monde »le 19 décembre 1944

Un article récent du journal Le Monde attirait le chaland avec un titre plutôt sensationnel : (ICI).

Cancer : « Le Monde » révèle des hausses inquiétantes pour certaines tranches d’âge



Lisez d’abord l’article et ensuite le commentaire de CMT, alias docteur Claudina Michal-Teitelbaum.

Chers journalistes

L’outil que vous avez élaboré est plaisant mais votre article passe malheureusement totalement à côté d’un certain nombre de questions majeures concernant l’évolution de l’incidence des cancers. Un outil n’est pas grand-chose sans un minimum de connaissances et réflexion.

Ainsi vous n’évoquez même pas le surdiagnostic concernant le cancer du sein, bien que vous le fassiez pour les cancers de la thyroïde et de la prostate.

Le surdiagnostic est lié au dépistage. Les estimations concernant le surdiagnostic pour le cancer du sein varient de 10 à 80%. 80% pour la dernière en date, qui se fonde sur une étude de l’évolution du taux  et de la taille des cancers au cours du temps aux USA et qui montre que bien que l’incidence des petits cancers inférieurs à 2cm ait augmenté de 162 pour 100 000, elle n’a été suivie que par une baisse de l’incidence des cancers du sein> 2 cm de 30 pour 100 00. Les auteurs  estiment donc que la différence pourrait être due au surdiagnostic http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1600249 . Cela veut dire que si l’incidence réelle des cancers est restée constante, environ 80% des femmes dépistées diagnostiquées avec un cancer du sein auraient été surdiagnsotiquées.

 Le surdiagnostic des cancers étant défini comme des cancers correctement diagnostiqués par l’histologie, mais qui n’auraient pas présenté de manifestations cliniques au cours de la vie de la patiente et qui ne lui auraient pas provoqué de gêne s’ils n’avaient pas été activement recherchéshttp://www.formindep.org/IMG/pdf/surdiagAnnaba_mai_2011_2pp.pdf . Certains incluent dans le surdiagnostic les faux positif. Et cela semble justifié dès lors que même l’histologie n’est pas fiable à 100% et pose donc la question des cancers qui n’en sont pas et sont traités à tort.

Cette question du surdiagnostic dû au dépistage systématique, avait été mise en lumière par des médecins généralistes depuis le milieu des années 2000, notamment par D Dupagne http://www.dailymotion.com/video/x6vxfp_le-depistage-du-cancer-de-la-prosta_lifestyle, Jean-Claude Grange, http://docteurdu16.blogspot.fr/2009/06/cancer-de-la-prostate-ne-pas-depister.html. Mais on les avait pris pour des loufoques jusqu’à ce qu’en 2012, l’USPTS américaine  et la HAS en France déconseillent le dépistage par dosage du PSA dans tous les groupes d’âge en raison de son inefficacité et de ses risques : https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/Page/Document/RecommendationStatementFinal/prostate-cancer-screening .

Encore maintenant on peut penser que  beaucoup de médecins et patients évaluent très mal les apports, les tenants et aboutissants du dépistage. Par exemple une majorité de médecins comme de patientes pensent qu’une mammographie positive signifie des fortes chances pour une femme d’être diagnostiquée comme porteuse d’un cancer après biopsie. Or, ces chances ne sont que d’environ 7% après une mammographie positive http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=8157 . Ces chances sont appelées la valeur prédictive positive de la mammographie et dépendent de deux facteurs : les performances du test, sensibilité(capacité à diagnostiques correctement des malades) et spécificité (capacité à diagnostiques correctement des non malades) du test et la rareté de la maladie dépistée.

Pour une maladie rare comme le cancer du sein, on peut prendre des chiffres fictifs approchants. Si la mammographie a une spécificité de 98% et une sensibilité de 90%, et que la prévalence du cancer du sein est 100 pour 100 000 dans la population dépistée, cela signifie que 2% des 100 000 auront des résultats faussement positifs soit 2000 femmes. Tandis que 90 des 100 cancers seront dépistés à juste titre. Les chances d’avoir un cancer après mammographie seront donc de 90 sur 2000+90, soit de l’ordre de 4%.

Un autre problème lié au dépistage est qu’il permet de détecter des petits cancers. C’est son objectif et c’est le credo du dépistage qui postule que plus les cancers sont détectés tôt mieux c’est.

Mais des études ont montré que pour des cancers petits et localisés, les cancers canalaires in situ,  le fait de traiter ou non affecte peu la survie spécifique à 20 ans. En moyenne, aux USA le risque de mortalité sur 20 ans après le diagnostic par cancer du sein pour les femmes NON traitées pour un cancer canalaire in situ est de 3,3% http://www.bmj.com/content/351/bmj.h4555?etoc . Ces très petits cancers représentaient 3% des cancers avant la mise en place du dépistage, mais 20 à 25% après. A tel point que certains se demandent si appeler cela un « cancer » avec toute la charge émotionnelle et l’appréhension que cela induit, est appropriéhttp://jamanetwork.com/journals/jamaoncology/article-abstract/2427488 .

L’autre point que votre article ne met pas du tout en évidence est le poids écrasant du dépistage dans l’augmentation d’incidence des cancers.

En effet, si on utilise le taux standardisé monde, comme vous le faites, on peut alors traduire cela comme le risque moyen d’avoir un diagnostic de cancer chaque année (incidence) pour la population observée et indépendamment de la structure en âge de cette population.

Or on s’aperçoit qu’entre 1980 et 2005, années où l’on peut situer le pic des diagnostics de cancer ( 2005, que je choisis car bizarrement il n’y a plus s’estimation pour le cancer de la prostate après 2009 par l’INVS), le risque d’avoir un diagnostic de cancer chez la femme (le taux standardisé monde), tous cancers confondus est passé de 176,4 en 1980 donc à 248,8 pour 100 000 en 2005. Soit une augmentation du risque de 72,4 pour  100 000. Sur la même période le risque annuel d’avoir un diagnostic de cancer du sein, cancer LE PLUS FREQUENT DE LA FEMME, est passé de 56,3 à 98,8 pour 100 000. Soit une augmentation de 42,5 pour 100 00. On peut en conclure que le cancer du sein a contribué pour 42,5 / 72,4 soit 59% à l’augmentation du risque de cancer chez la femme pendant cette période. C’est énorme.

Pour la femme le cancer du poumon, associé au tabagisme, et le cancer de la thyroïde, associé au surdépistage expliquent 18,8 pour 100 000 des 29,9 pour 100 000 d’augmentation non associés  au cancer du sein. Au total, pour la femme, le surdépistage et le tabagisme expliqueraient environ 85% de l’augmentation observée entre 1980 et 2005.

Pour l’homme c’est encore plus simple, car si le risque total annuel de diagnostic de cancer était de 283,5 en 1980 et est augmenté à 396,1 en 2005, soit une augmentation de 112,6 le risque de diagnostic de cancer de la prostate, LE PLUS FREQUENT CHEZ L’HOMME, est passé de 24,8 pour 100 000 en 2001 à 127,1 pour 100 000 en 2005, soit un risque multiplié par 5, augmentation  de 102,3 totalement attribuable au dépistage par dosage du PSA . Dans ce cas le dépistage du cancer de la prostate par PSA a contribué pour 102,3 /112,6 soit pour 91% à l’augmentation du risque de diagnostic annuel de cancer. Cela fait beaucoup.

Quant à l’augmentation du risque de cancer chez les jeunes femmes une explication vraisemblable est le dépistage individuel des jeunes femmes, peu quantifié en France . On sait nénamoins qu’il représente environ un quart des femmes dépistées dont une majorité n’ont aucun facteur de risque (HAS, 2011). Les femmes ont recours au dépistage individuel sur incitation des médecins, en particulier les jeunes femmes en région parisienne http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=1614 .Or, chez les jeunes femmes, le risque de faux positifs et d’erreur diangostique à la mammographie et à  la biopsie est augmenté http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2203798.
Il est à noter que la diminution du risque de mortalité des cancers du sein et de la prostate a été MOINS RAPIDE que la diminution moyenne de mortalité pour les cancer, diminution d’ un taux annuel pour le cancer du sein de 0,6 et de 1,3 pour le cancer de la prostate contre une diminution de 1 pour la femme tous cancers confondus et 1,5 pour les hommes.
UNE CONCLUSION S’IMPOSE AU VU DE CES CHIFFRES, ET C’EST QUE L’AUGMENTATION DU RISQUE GLOBAL DE CANCER EST LARGEMENT UN ARTEFACT GENERE PAR LA TECHNIQUE, LE SURDEPISTAGE QUI, A SON TOUR, INDUIT UN SURTRAITEMENT MASSIF. D’où sans doute les conclusions du rapport du comité d’orientation en octobre 2016 recommandant, parmi deux scénarii, l’arrêt du dépistage du cancer du sein, http://www.concertation-depistage.fr/wp-content/uploads/2016/10/depistage-cancer-sein-rapport-concertation-sept-2016.pdf , rapport qui est une petite merveille et dont on espère qu’il ne sera pas jeté aux oubliettes comme les recommandations concernant le déremboursement des médicaments de la maladie d’Alzheimer.

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Anémie, le jeu en vaut il la chandelle?

L’histoire du traitement de l’anémie au cours de l’insuffisance rénale chronique est un succès de la biologie, en allant du clonage du gène de érythropoïétine (Epo) jusqu’à sa production in vitro. C’est aussi un très bel exemple de l’importance des … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Les dépistages de cancers ont un bel avenir

Dans les incessantes polémiques sur l’utilité des dépistages en cancérologie, les données de la science tiennent bien peu de place, loin derrière l’idéologie et les émotions. Plus les études avancent, plus il apparaît que ces dépistages ont un intérêt nul … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Cancer et médecine de précision: l’étude MOSCATO est à l’honneur. De nouvelles armes quand on a tout épuisé.

Les outils de la biologie moléculaire sont en train de modifier fondamentalement la façon d’approcher le traitement des cancers. L’organe d’origine de la tumeur n’est plus le seul critère de choix du traitement. On s’intéresse maintenant aux anomalies présentes dans … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Ouvrir ou fermer le robinet à oxygène de nos cellules : des traitements potentiels pour le cancer, la DMLA, l’insuffisance rénale , les anémies etc.

On l’appelle « l’antichambre du prix Nobel ». Le prix Albert et Mary Lasker 2016 de science fondamentale vient d’être attribué à trois chercheurs qui ont montré comment nos cellules s’adaptaient au manque d’oxygène, une réaction multiple qui aide notamment … Continuer la lecture Continuer la lecture

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La pratique de la médecine en 2016 (2) : les dépistages

Il ne faut pas confondre prévention et dépistage. Pourtant, beaucoup d’articles, vous présente le dépistage comme une prévention. Juste un exemple trouvé sur le net : Préserver votre santé : dépistages et action de prévention pour tous. Cet article est assez caricatural car il fait un amalgame de choses aussi différentes que le dépistage du […] Continuer la lecture

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Produits CMR : 2 classifications pour les cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction

Il existe deux classifications pour les produits CMR : une seule est réglementaire en France, c’est la liste européenne qui figure en annexe VI, du règlement CE No 1272/2008. L’autre liste est établie par le Centre international de Recherche contre le […] Continuer la lecture

Publié dans ACD, agents, cancer, cancérogène, Cancérogène, mutagène, reprotoxique, CMR: définition, centre, chimiques, CIRC, classification, CMR, dangereux, européenne, exposition, fiche, International, liste, mutagène, pénibilité, préparation, prévention, produits, recherche, reproduction, substance, toxique | Commentaires fermés sur Produits CMR : 2 classifications pour les cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction

La douloureuse attente

Été 2012.
Le crabe a gagné, il a perdu. Il va bientôt mourir. Il le sait, sa famille le sait, les soignants le savent. C’est plus simple ainsi. Pour l’heure, il bénéficie des soins palliatifs à domicile, avec passage quotidien des infirmiers et aides-soignants. Ça se passe plutôt bien, quelques couacs avec la pharmacie mais rien d’insoluble. Sauf ce soir. Ce soir, il y a un problème avec la perfusion. Il est tard et l’infirmière de l’HAD ne peut pas se déplacer, pas d’autre choix que les urgences. Embarquer un père en fin de vie et sa fille en fin de grossesse n’est pas une mince affaire, heureusement que le fils est ambulancier, ça aide! Après un trajet légèrement angoissant (pourquoi cette fichue perfusion ne veut-elle pas s’écouler normalement?), la petite famille arrive à bon port. Chance inouïe, il n’y a que deux personnes en salle d’attente. Chic, ça devrait aller vite, et tant mieux parce que tout le monde est crevé!
L’enregistrement est assez rapide. Le monsieur est suivi dans cet hôpital, ça tombe bien. Commence l’attente. 
La première heure passe presque vite. On discute, on bouquine, on dit bonsoir aux nouveaux arrivants. C’est presque amusant de se trouver là. Si la fille accouche maintenant, elle sera bien entourée, dit-elle en riant!
La deuxième heure est plus difficile. Le père ne dit rien mais il serre les dents. Le fils fait des allers-retours entre la petite salle d’attente et l’accueil. Pourquoi est-ce si long? Pourquoi personne ne vient voir son père? Pourquoi ne propose-t-on pas un lit à ce dernier pour qu’il puisse au moins se reposer?
La troisième heure est éprouvante. Le père souffre. Il ne dit rien, mais ses enfants ont remarqué le tremblement qui l’agite. Dans l’angoisse qui a précédé le départ, personne n’a pensé à prendre la morphine. Ils demandent à la dame de l’accueil si elle peut prévenir un médecin, mais celle-ci leur répond qu’il y a hélas d’autres urgences à gérer. La douleur, ça n’est pas une priorité ici.
La quatrième heure est horrible. Un lit s’est libéré et le père peut enfin s’allonger en attendant qu’un médecin le voie. Mais il n’a toujours pas reçu d’antalgique. Un cancer, au stade terminal, ça fait mal. Très mal. N’importe quel soignant sait cela. Mais ça a l’air tellement compliqué de trouver de la morphine dans cet hôpital… Le fils est furieux. Ils sont venus pour un petit problème de perfusion, n’ayant pas d’autre choix que les urgences, ils n’imaginaient pas que ça se transformerait en séance de torture. Du coup, il est de moins en moins patient. Il a envie d’insulter tout le monde, mais il n’y a personne d’autre que la dame de l’accueil, qui d’une part n’y est pour rien, et d’autre part est fort aimable, alors ce serait dommage. La fille est furieusement inquiète. Pour son père qui souffre d’abord. Mais aussi, plus égoïstement, pour elle. Elle se dit que si elle doit accoucher dans cet hôpital, elle a intérêt à venir avec un stock de paracétamol, parce que pour la péridurale c’est pas gagné! Le père est furieux. Mais lui, il est trop faible pour dire quoi que ce soit, alors il se tait.
Cinquième heure. La perfusion est réglée, ça n’était pas très grave finalement. La petite famille rentre enfin chez elle et le père peut enfin prendre sa morphine. Tout le monde est épuisé, et amer. L’attente, le stress, l’absence des soignants, tout ça, ils peuvent le comprendre. Il y avait d’autres urgences que la leur, et la jeune fille avec sa fracture du coude arrivée après eux était une situation bien plus urgente que leur perfusion bouchée.
Mais la douleur, putain, la douleur! Comment peut-on à ce point ignorer quelqu’un qui a mal? Comment peut-on le laisser plusieurs heures durant sur un siège en métal sans même lui proposer ni fauteuil ni antalgique? Comment peut-on oser lui dire qu’on ne peut rien lui donner d’autre que du paracétamol? Pour un cancer au stade terminal dont il mourra quelques semaines plus tard?

Comment peut-on soigner sans prendre soin?

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Cancer des prix du cancer

Depuis le début de l’année 2016, les médias relatent régulièrement des pétitions et réquisitoires de médecins et d’associations de patients contre le prix des médicaments en cancérologie. Cette démarche et justifiée par des prix véritablement scandaleux de 30 000 à 50 000 … Continuer la lecture Continuer la lecture

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ASCO16 :Vessie, estomac, pancréas, des pistes de traitement pour des cancers jusque là mal pris en charge.

A mi-chemin de la plus importante conférence sur le cancer au monde, on peut déjà dégager des tendances et souligner des progrès. Progrès plus évidents, sans doute pour les médecins que pour les personnes atteintes par le cancer, d’où la … Continuer la lecture Continuer la lecture

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ASCO16 :cancer du sein après la ménopause : 5 ou 10 ans de traitement de prévention des récidives ?

L’utilisation pendant cinq ans d’anti-aromatases chez les femmes ménopausées qui ont été opérées d’un cancer du sein a permis de réduire le risque de récidive. D’où la tentation de préconiser dix ans d’utilisation en espérant faire mieux. C’est donc une … Continuer la lecture Continuer la lecture

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CANCER/ASCO16 : cancer du sein métastatique, des patientes partenaires de la recherche.

Le cancer du sein métastatique reste un parent pauvre de la recherche sur le cancer du sein même si l’arrivée de nouvelles molécules est en train de faire un peu bouger les choses. Une initiative américaine pour développer la recherche … Continuer la lecture Continuer la lecture

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CANCER/ASCO16 : les « biopsies liquides » ou comment mieux traiter les cancers grâce à une prise de sang.

Pour diagnostiquer un cancer et en suivre l’évolution il faut recouru à des prélèvements de tissus, des biopsies, qui imposent des gestes pas toujours simples et souvent douloureux. Une avancée technologique importante est en train de changer les choses, la … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Cancers de la peau : il n’y a pas que le mélanome

En cette journée consacrée au dépistage des cancers de la peau un petit rappel de quelques notions qui, parfois, semblent difficiles à mettre en pratique bien qu’on les répète sans arrêt. Quand on parle de cancer de la peau, on … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Courir en rose… ou pas.

Isabelle est motivée. Ce matin elle a couru une heure, et c’était bien. Elle sent qu’elle s’améliore, elle court plus vite, plus longtemps, et elle trouve ça plaisant. Alors c’est décidé, elle se lance. Elle va tenter une course, une vraie, avec dossard et foule et classement. Justement, ça tombe bien, une « course rose » est organisée le mois prochain dans sa région, pourquoi ne pas s’y inscrire? Un petit 10 kilomètres, c’est faisable, et puis c’est pour la bonne cause. Un clic, deux clics, trois clics, et la voilà presque inscrite. Encore un dernier clic et elle pourra prendre le départ, en rose, pour une course rose, au milieu de femmes en rose, au profit de la campagne « Octobre rose ». Tout ce rose, ça lui donnerait presque la nausée… Le rose c’est gai, girly, mignon, féminin… Bref, tout le contraire du cancer du sein, et du cancer en général.

Isabelle pense à son amie Marie. L’annonce de son cancer. Le choc. La colère. Les traitements, longs, douloureux. Les examens. L’attente. Le verdict. L’opération. La douleur. La reconstruction. La douleur encore. Les larmes. L’accalmie. La récidive. Les traitements, encore. La douleur, toujours. La peur. Et maintenant? Maintenant, Marie attend. Les prochains examens, le prochain verdict. Marie attend et elle a peur. Non, le cancer n’est pas rose.
Isabelle pense aussi à sa tante Françoise, qu’elle n’a que brièvement connue. Elle revoit ses yeux fatigués, son foulard bariolé et ses robes amples qu’elle portait pour cacher les cheveux et les seins qu’elle n’avait plus. Elle revoit les sursauts de sa mère dès que le téléphone sonnait un peu tard. Elle revoit la tristesse de son petit cousin. Elle revoit cette journée d’été, une belle journée ensoleillée, une journée bien trop belle pour un enterrement. Non, le cancer n’est pas rose.
Elle revoit sa cousine Sophie, la fille de Françoise. Sophie et son humour à deux balles qui fait quand même rire tout le monde, Sophie et ses histoires de boulot qui font pleurer tous ceux qui n’ont pas ri à ses blagues, Sophie et son abruti de caniche qui la suit partout. Sophie et sa double mastectomie préventive. Non, le cancer n’est définitivement pas rose.

Maintenant, Isabelle hésite. Le rose, finalement, ça n’est pas si mignon que ça. Un clic, deux clics, trois clics, et la voilà partie à la recherche d’infos sur la campagne d’Octobre rose. Elle tombe sur des blogs de femmes malades, sur des articles de presse, sur des forums de soutien. Elle tombe également sur des campagnes passablement ridicules, des messages pailletés qui lui filent la nausée et de jolis commentaires dégoulinants de rose et de bons sentiments. Elle tombe sur plein de choses plus ou moins utiles, elle lit, clique sur un lien, lit autre chose, clique encore… Au hasard de ses clics, elle tombe sur ça, et ça. Elle commence à voir rose (vous le sentez venir le jeu de mots pourri?). Et puis elle tombe sur ça. Là, elle voit rouge! Une malade attaquée par une asso pour les malades, c’est un peu fort de café quand même!
Isabelle soupire et ferme tous les onglets ouverts, sauf un. Elle se retrouve sur le site de la course rose à laquelle elle veut s’inscrire. Elle hésite un peu, le doigt en l’air, il ne reste qu’un clic pour finaliser l’inscription. Cliquera? Cliquera pas?
Elle regarde par la fenêtre. Dehors, elle voit la forêt toute proche. Les grands arbres et leurs bruissements de feuilles, les brindilles qui craquent sous ses baskets, l’odeur du sous-bois… Le calme et le silence, la douche et le thé brûlant quand elle rentre… C’est tout ça qu’elle aime quand elle court. Quel besoin a-t-elle d’aller se déguiser en bonbon rose et d’aller se mêler à des centaines d’autres bonbons roses pour courir sans plaisir dans la ville et le bruit? Besoin de faire un geste? De se donner bonne conscience? De soutenir une cause sans même savoir où ira véritablement son don?
Finalement, Isabelle clique sur la petite croix en haut à droite de l’écran et éteint son ordinateur.

Tiens, et si elle appelait sa cousine Sophie pour lui proposer un resto?

Edit de 16h : l’association Courir pour elles vient de publier un communiqué de presse, à lire ici, et son bilan financier 2014-2015, à consulter ici.
Une petite chose pour finir. Dans le communiqué de presse stipulant que la plainte contre Manuela Wyler sera retirée après accord du Conseil d’Administration, il est utilisé sept fois le mot « diffamer » (ou des variantes telles que diffamation, diffamatoire…). Pour info, la définition de diffamer, d’après le Larousse, est la suivante : chercher à perdre quelqu’un de réputation en lui imputant un fait qui porte atteinte à son honneur, à sa considération. Donc réclamer des comptes, c’est diffamant. OK. Je note.

PS : d’autres blogueurs en ont parlé, ici et ici, ici et ici. C’est vachement bien écrit, et même parfois c’est drôle. Moi je sais pas faire drôle, j’y arrive sur plein de trucs mais pas avec ce sujet, c’est con. De même que je sais pas dire aux gens qu’ils sont fantastiques, je suis un peu trop timide/pudique/maladroite pour tout ça… alors bon… voilà… Parmi les blogs cités dans ce billet, y a trois nanas que j’ai eu la chance de rencontrer… et vraiment, elles sont chouettes. Alors franchement, le cancer… Fuck. Continuer la lecture

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Prix des médicaments anti-cancéreux :Le Leem voit l’avers de la médaille et oublie un peu le revers.

A la suite de la publication dans le Figaro du 14/03/2016 de l’appel de 110 cancérologues pour un juste prix des médicaments anti-cancer, le LeeM qui représente les laboratoires pharmaceutiques a réagi. Une réaction attendue qui mérite certaines remarques. Le … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Cancer : des prix de médicaments pour la Bourse et un peu plus de vie

Cent dix médecins s’élèvent contre le prix parfois exorbitant des traitements contre le cancer. Une situation qui dure cependant depuis des années mais dont on prend enfin conscience. La recherche et la mise au point d’un médicament coûtent cher. On … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Lâche-moi la thyroïde

Le dépistage des cancers est le sujet où se constate le plus grand écart entre la réalité épidémiologique et l’intuition populaire. Dire que ces dépistages sont inutiles pour la santé publique et individuelle est tellement contre-intuitif que les plus tenaces … Continuer la lecture Continuer la lecture

Publié dans cancer, Dépistage, médecine, nodules, Surdiagnostic, thyroide | Commentaires fermés sur Lâche-moi la thyroïde

Cancer : des avancées, des coûts impressionnants, des échecs

En cette Journée Mondiale de Lutte contre le Cancer il est bon de souligner les avancées mais aussi les difficultés et les échecs liés à la prise en charge de ces maladies. Indéniablement, les quinze années écoulées ont marqué un … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Edition spéciale : pourquoi le dépistage du cancer n’a jamais montré qu’il « sauvait des vies » et ce que nous pouvons faire à ce propos.

Vinay K Prasad MD, MPH
Jeanne Lenzer freelance investigative journalist
David H Newman Associate professor Emergency Medicine

Vinay Prasad, Jeanne Lanzer et David H. Newman ne sont pas des Français. Et d’ailleurs ils n’écrivent pas en français (voir ICI).

Ils ont écrit dans le British Medical Journal un article clair, sans pathos, qui pose, comme d’habitude, plus de questions qu’il ne résout de problèmes parce que nous avons été formatés, médecins (durant nos études) comme patients (dans la « vraie » vie), par le story telling cancérologique, disons en français le roman oncologique, qui dit ceci : plus un cancer est petit moins il est grave, plus on le diagnostique tôt plus on le détruit vite, l’histoire naturelle du cancer est linéaire, un cancer ne meurt jamais tout seul, les effets indésirables des traitements valent le coup si on sauve une vie et, enfin, les effets indésirables du dépistage sont rarissimes.

C’est le bon sens des oncologues et ceux qui n’ont pas de bon sens sont des demeurés, et cetera.

Je ne vais pas réitérer un éternel exercice d’auto-flagellation à la française mais convenons que les Français universitaires n’écrivent pas comme Prasad et Newman : ils auraient trop peur de déplaire, de ne pas obtenir de poste, de ne pas toucher de subventions, de ne pas être invités au Téléphone Sonne ou au Magazine de la Santé. Vous me dites qu’il y a des exceptions ? Sans doute : elles confirment la règle. 
Quant à Jeanne Lanzer, journaliste, nul doute qu’elle ferait tache dans le paysage audiovisuel et scriptural français et qu’il serait difficile de la caser à côté, par ordre alphabétique, de Hélène Cardin, Michel Cymes, Jean-Daniel Flaysakier, Gerald Kierzek, Jean-François Lemoine, Danielle Messager ou Jean-Yves Nau…
Quoi qu’il en soit, les médecins généralistes, espèce en voie de disparition, ces braves médecins traitants, ces crétins de proximologues, ces abrutis de pivots du système, sont confrontés tous les jours à la pression des autorités de santé (sic) puisque leurs patients reçoivent à domicile, ce qu’ils appellent des convocations, pour faire des mammographies (dépistage organisé), des recherches de sang dans les selles, des bilans périodiques de santé, des objectifs de Santé publique, tout en écoutant les conseils de dépistage tous azimuts des gynécologues (un frottis par an, une mammographie dès 40 ans), des patients experts (la mammographie m’a sauvée), des primes à la performance, et cetera. Sans compter le dépistage du cancer du poumon par scanner basse intensité qui est en train d’arriver en grande pompe.
Quant aux spécialistes, c’est un cas d’école, insistons sur le fait que Vinay Prasad est hématologue et oncologue et que David H Newman est urgentiste, ils sont toujours et à 99 % (que les rebelles lèvent le doigt) pour le dépistage et même dans des domaines où il n’est pas recommandé : tous les urologues (ou presque) sont fans de PSA, tous les radiologues (ou presque) sont fans de mammographie, tous les pneumologues ou presque sont fans de scanner basse intensité, tous les gastro-entérologues sont pour l’hemoccult et maintenant son super remplaçant, tous les oncologues (ou presque) sont fans de tout, … et cetera.

L’article est très bien fait sur le chapitre résultats. Pour les propositions, c’est encore flou et/ou hypothétique…

Que nous disent les trois auteurs ?

Le dépistage du cancer en général pourrait ne pas réduire la mortalité totale. 

Deux explications « évidentes ».
1) Parce que les études dont nous disposons ne sont pas formatées pour détecter de telles différences.
2) parce que la diminution de la mortalité spécifique serait contrebalancée par les effets délétères du dépistage.


L’étude du Minnesota (Minnesota Colon Cancer Control Study) a duré 30 ans ! Elle consistait à rechercher annuellement le sang fécal dans le groupe dépistage en comparaison avec le groupe contrôle. Résultats : le dépistage diminue significativement le nombre de décès dus au cancer du colon (mortalité spécifique) : 64 décès/100 000 de moins (128 vs 192/100 000) ; mais on constate : 2 décès/100 000 de plus dans le groupe dépisté que dans le groupe contrôle (7111 vs 7109/100 000) pour la mortalité globale. Ces résultats sont conformes à ce que l’on savait déjà sur la question (études antérieures).

Ces résultats défavorables (plus de décès dans le groupe dépistage) sont probablement liés à l’utilisation de tests entraînant des faux positifs, au sur diagnostic, et aux incidentalomes (1).

C’est pourquoi, le dépistage du cancer de la prostate par dosage annuel du PSA a été abandonné (2), tout comme celui du cancer des poumons par radiographies simples, ou celui du neuroblastome par tests urinaires.

Les essais de dépistage montrant une diminution de la mortalité doivent être analysés avec prudence.

Une étude américaine (NLST) (LA) montrant que le dépistage du cancer du poumon par scanner à basse intensité par rapport aux radiographies du thorax diminue chez les gros fumeurs les mortalités spécifique (20 %) et globale (6,7 %) paraît d’un très bon niveau de preuves mais doit être examinée avec précaution (voir LA). 

D’abord, la radiographie pulmonaire n’est pas un bon comparateur. Le meilleur comparateur aurait dû être : la routine. (Une étude danoise menée dans ces conditions a même montré significativement plus de morts dans le groupe dépisté que dans le groupe contrôle (61 vs 42) ICI). 

Ensuite, la diminution de la  mortalité globale dans le groupe scanner dépasse les gains en mortalité spécifique (87 décès en moins dus au cancer du poumon et 123 décès en moins dus à d’autres causes) : il est difficile de croire que c’est le scanner thoracique (qui a permis la diminution des décès dus à d’autres cancers ou à l’amélioration du statut cardiovasculaire) qui explique ces 36 décès de moins. Si l’on considère que l’amélioration de la mortalité non due au cancer du poumon est un hasard, les différences de mortalité globales disparaissent entre les deux groupes (p=0,11). 
Il faudrait ainsi pouvoir disposer d’un essai montrant que la baisse de la mortalité spécifique est assez importante pour entraîner la baisse de la mortalité totale, ce qui n’est pas le cas. 

Enfin, le bénéfice annoncé sur la mortalité par cancer du poumon en utilisant le scanner, soit 12 000 décès évités annuellement aux EU doit être balancé par la survenue de 27 034 complications majeures survenues après un test positif.


L’agence américaine USPSTF a considéré que l’étude NLST était sans doute une anomalie puisqu’une analyse de 60 000 patients inclus dans des essais randomisés et à qui était pratiqué un scanner thoracique ne vivaient pas plus longtemps que ceux du groupe contrôle.

La perception des bénéfices du dépistage du cancer est surestimée dans l’opinion publique 

Les exemples les plus évidents concernent la mammographie, le PSA ou le frottis du col utérin (4).
Les avocats du dépistage surestiment souvent les bénéfices en utilisant la peur (ou en la créant : fear mongering).
D’autres, dont les auteurs, insistent sur le fait que la décision partagée dont être l’objectif, ce qui signifie tenter d’être honnête.
Ils donnent l’exemple du cancer du sein et de la recommandation du Swiss Medical board de ne pas conseiller ce dépistage (LA).
Ils rappellent les travaux de la Cochrane nordique sur la question (ICI).

    Les dommages

    Il faudrait quand même plus parler des dommages lorsque les études montrent aussi peu de bénéfices. Sur 57 études de dépistage primaire seules 7 % quantifient le sur diagnostic et 4% les faux positifs. Les chercheurs devraient en tenir compte.
    Les auteurs rapportent des données convaincantes concernant le cancer du sein (4).
    Ils rappellent que dans le dépistage du cancer du poumon par scanner l’étude NLST mentionne un taux de sur diagnostic de 18 %, et qu’il est de 33 % dans le cadre du cancer du sein (voire de 50 % pour les carcinomes in situ).

    Que faire ?

    La réalisation d’essais permettant de déceler des variations de mortalité globale nécessiterait 10 fois plus de patients. Pour le cancer colorectal il faudrait 4,1 millions de patients enrôlés pour démontrer une diminution de la mortalité globale contre 150 000 pour la mortalité spécifique. Cela nécessiterait un budget de 0,9 milliard d’euros…
    Mais mener des essais identiques sur des registres de patients diminuerait considérablement les coûts : 50 dollars par patient selon une étude prospective récente intitulée : The randomized registre trial — The next disruptive technology in clinical research ? (ICI) Un essai randomisé sur registre  coûterait le prix d’un essai « normal ».
    Ce serait un progrès de tenter de tels essais plutôt que de poursuivre des essais dont on sait à l’avance qu’ils ne feront pas avancer la Santé publique.
    L’adoption par Medicare du dépistage du cancer des poumons par scanner basse intensité coûterait 6 milliards de dollars par an.
    Les essais devraient d’abord cibler les populations à haut risque pour s’intéresser ensuite aux populations moins exposées (5).

    (on répète que les auteurs sont moins convaicants quand il s’agit de proposer…)

    Conclusion

    Nous encourageons les soignants à être francs sur les limites du dépistage — les dommages sont certains, mais les bénéfices en termes de diminution de la mortalité totale ne le sont pas. Refuser le dépistage peut être un choix raisonnable et prudent pour de nombreuses personnes.

    Nous appelons à de meilleurs critères de preuves, non pour satisfaire à des critères ésotériques, mais pour rendre possible une prise de position partagée raisonnable entre médecins et patients. 
    Comme le dit souvent Otis Bradley (American Cancer Society) : « Nous devons être honnête à propos de ce que nous savons, de ce que nous ne savons pas, et de ce que nous croyons simplement. »

    Notes :

    (1) Rappelons la différence entre faux positif et sur diagnostic : un faux positif signifie qu’un test est positif alors que la personne n’est pas atteinte de la maladie. Un sur diagnostic signifie que le test diagnostique un cancer qui n’aurait jamais menacé le pronostic vital.
    (2) Abandonné officiellement par les sociétés savantes et pratiqué of the records par les urologues (l’Association Française d’Urologie n’est pas claire sur le sujet)
    (3) Humphrey L, Deffeback M, Pappas M, et al. Screening for lung cancer: systematic review to update the US Preventive Services Task Force recommendation. Agency for Healthcare Research and Quality, 2013.
    (4) Les lecteurs de ce blog, pardon pour les autres, comprendront que nous ne développerons pas ces sujets que nous avons si souvent traités.
    (5) Rappelons aux 3 auteurs que c’est ce que fait déjà big pharma dans les essais contrôlés en  ciblant les patients les plus atteints où les résultats sont plus faciles à obtenir et en élargissant facilement des extensions d’indications grâce à la « fiablesse » des experts.

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    Publié dans cancer, Dépistage, ECHEC DU DEPISTAGE, RANDOMIZED REGISTRE TRIAL | Commentaires fermés sur Edition spéciale : pourquoi le dépistage du cancer n’a jamais montré qu’il « sauvait des vies » et ce que nous pouvons faire à ce propos.

    Il peut être avisé de demander un deuxième avis.

    Le monde médical est agité depuis quelques semaines par l’apparition d’un site en ligne qui propose, moyennant 295 euros, de donner au patient un deuxième avis sur le dossier qu’il aura téléchargé préalablement. Cette initiative soulève un certain nombre de … Continuer la lecture Continuer la lecture

    Publié dans cancer, deuxième avis, dossier internet, MEDIAS INFORMATION DES PATIENTS | Commentaires fermés sur Il peut être avisé de demander un deuxième avis.

    Le cancer vous salue bien!

    1999. Ma mère vient de mourir, après neuf mois de lutte contre un cancer qui ne lui a laissé aucun répit. J’ai 22 ans et mon monde s’effondre. J’ai 22 ans et je dois préparer un enterrement. J’ai 22 ans et je dois choisir les vêtements avec lesquels ma mère sera incinérée. J’ai 22 ans et je dois vider son appartement. Choisir ce qui sera gardé, donné, jeté. Ce n’est pas chose aisée que de trier toute une vie. Je voudrais tout garder, parce que chaque petite chose me rappelle un peu ma mère. Mais que faire de tous ces vieux papiers, de ces dessins gribouillés maladroitement pour les fêtes des mères, de ces petites babioles parfois cassées gardées « en souvenir »? Et, surtout, que faire de cette perruque qui me nargue du haut de son cruel symbole? J’ai pour m’aider de précieuses alliées, Soeur Marie-Laure et Soeur Marie-Paule. Pendant sa maladie, ma mère a eu la chance d’être très soutenue par la communauté religieuse de la prison de Fresnes (ma mère travaille à la prison et, à cette époque, les infirmières de l’hôpital pénitentiaire sont des religieuses), et elles m’accompagnent avec beaucoup d’amour dans le difficile chemin du deuil. Soeur Marie-Laure passe son temps à remplir des sacs poubelle et je passe mon temps à récupérer in extremis tout ce qu’elle jette. Soeur Marie-Paule, elle, passe son temps à réfléchir à ce qu’on pourrait bien faire de ce vieux fil électrique ou de ces cahiers à peine griffonnés. À nous trois, on forme une équipe de choc, on trie, on garde, on jette, et ces heures douloureuses sont rendues un peu plus supportables par leur présence bienveillante.
    Ce jour-là, je me trouve donc comme une poule devant un couteau face à cette foutue perruque désormais inutile. La garder? Qu’en ferais-je? La jeter? C’est quand même dommage, ça coûte cher ces conneries. La donner? Oui, mais à qui? Je suis assise par terre, au milieu d’une montagne de cartons, et je tiens dans ma main cette petite boule de cheveux qui a sobrement camouflé la maladie de ma mère. Et je me souviens.

    Je me souviens de nos dernières vacances ensemble au Château d’Olonne. Nous étions parties toutes les deux passer quelques jours à la mer avant la prochaine chimiothérapie. Ce jour-là, après une jolie balade, nous nous étions arrêtées dans un café. Assises tranquillement devant un expresso, nous fumions une cigarette avant de rentrer (oui, à l’époque on fumait dans les cafés… ça commence à dater!) (et non, ma mère n’avait pas arrêté la cigarette, foutue pour foutue!). À l’autre bout de la salle, une bande de vieux pas très vieux mais un peu vieux quand même.
    – Pfff… ces femmes qui fument… à notre époque les femmes elles fumaient pas hein… maintenant même les jeunes elles s’y mettent… pfff… elles rigoleront moins quand elles auront le cancer!
    Ma mère et moi n’osions lever nos yeux de notre cendrier. Nous étions dans le coin fumeurs, loin d’eux, mais ils parlaient juste assez fort pour qu’on les entende, avec des regards en biais. Moi, j’avais juste envie de me lever et de partir, on était là pour oublier ce foutu crabe le temps de quelques jours et ces sombres cons en rajoutaient une couche. Mais ma mère a fini tranquillement sa cigarette, a réglé l’addition, s’est levée puis, passant près d’eux pour sortir, a très royalement soulevé sa perruque et, s’inclinant vers eux, leur a dit très solennellement :
    – Messieurs, le cancer vous salue bien!
    Nous sommes sorties en pouffant de rire comme des gamines, nous régalant de leurs mines ébahies! Je crois que c’est l’un de mes plus beaux souvenirs. Ma mère est morte quelques mois plus tard, sans avoir jamais pu revoir la mer.

    Et maintenant je suis là, face à cette perruque inutile qui me rappelle cruellement l’humour caustique de ma mère, et le souvenir fabuleux de nos vacances à la mer. Soeur Marie-Paule, derrière moi, semble hésiter, puis se lance.
    – Dis… je pensais à quelque chose, si tu ne sais pas quoi faire de cette perruque, il y a des détenus ici qui sont en chimiothérapie, et ils n’ont pas toujours les moyens de s’acheter une perruque… Alors si tu n’en fais rien… Je pourrais l’arranger un peu, pour faire une coupe plus masculine… Ça ferait sans doute plaisir à quelqu’un… Mais si tu ne veux pas je comprendrai, ne t’en fais pas…
    Je suis soulagée. Soulagée et reconnaissante. Parce que je ne pouvais ni garder ni jeter cette perruque. Et parce que je sais qu’elle servira à quelqu’un d’autre, quelqu’un qui combat la même saloperie que celle qui a emporté ma mère. Et peut-être que ce quelqu’un que je ne connais pas gagnera, lui.

    Aujourd’hui, j’ai coupé mes cheveux. Huit ans sans voir un coiffeur, et ça m’a pris, comme ça, d’un coup. J’ai attaché ma très longue chevelure en queue de cheval et clac, on a coupé! Clic clac, une frange, clic clac, une nuque dégagée, clic clac, des petites mèches sur les côtés. Quand je suis rentrée chez moi, je me sentais plus légère de 200 grammes. J’ai regardé ma nouvelle tête et mes anciens cheveux, me demandant ce que j’allais faire et de l’une et des autres. La solution a été vite trouvée.  La mèche de cheveux fait 50 centimètres, c’est largement assez pour confectionner une perruque. Quelques clics de recherche plus tard, et avec l’aide et les conseils de Twitter, je découvre Solidhair, une association qui récolte les dons de cheveux. Alors voilà, les cheveux sont dans une enveloppe, prêts à partir quelque part en région parisienne. Prêts à servir à quelqu’un qui, peut-être, soulèvera un jour sa perruque devant un groupe de vieux radoteurs en les narguant d’un superbe « le cancer vous salue bien! » Continuer la lecture

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