Archives de catégorie : CANCER DU SEIN

Cancer du sein : quelques chiffres sur le sur diagnostic.

Selon l’INVS il existe 54 000 nouveaux cas de cancers du sein par an en France (voir ICI).
On va dire qu’il s’agit de femmes.
Selon une étude néerlandaise il existe 50 % de sur diagnostics de cancers du sein (aux Pays-Bas).
Définition du sur diagnostic : diagnostiquer une maladie qui n’aurait jamais eu de conséquences sur la vie du patient, ni en termes de qualité de vie, ni en termes de morbidité, ni en termes de mortalité.
Imaginons que les Néerlandais se trompent.
Imaginons donc que l’INVS et les autorités françaises, qui ne reconnaissent (sous la torture) que 10 % de sur diagnostics de cancers du sein en France (et qui n’informent pas les femmes sur ce sujet, ou très mal, ou en catimini), ne se trompent pas.
Cela signifie (et de façon non cumulative) : 
Hypothèse 10 % : tous les ans 5 400 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Hypothèse 20 % : tous les ans 10 800 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Hypothèse 30 % : tous les ans 16 200 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Hypothèse 40 % : tous les ans 21 600 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Hypothèse 50 % : tous les ans 27 000 femmes assurées sociales de plus sont inquiétées à tort et/ou sont biopsiées à tort et/ou sont opérées à tort et/ou sont chimiothérapées à tort et/ou sont radiothérapées à tort… sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Sans oublier que le bénéfice sur la mortalité globale du dépistage organisé du cancer du sein est incertain. sans oublier les effets indésirables, les conséquences psychologiques, sociales, familiales, professionnelles et sociétales… et une vie bouleversée.
Pour savoir et pour imaginer  comment sortir de cette situation inacceptable : LA.

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Edition spéciale : une étude néerlandaise montre un sur diagnostic de 50 % lors du dépistage organisé du cancer du sein sans bénéfice net sur la mortalité.


Quand réagira-t-on ?
Voici l’abstract de cet étude.
Je ne le traduis pas.
Ce n’est pas la peine de le traduire puisque ceux qui lisent et comprennent l’anglais n’en tiennent pas compte et que ceux qui ne lisent pas et ne comprennent pas l’anglais n’en tiennent pas compte.
Vous avez aussi le texte in extenso : ICI.

Abstract

Objective To analyse stage specific incidence of breast cancer in the Netherlands where women have been invited to biennial mammography screening since 1989 (ages 50-69) and 1997 (ages 70-75), and to assess changes in breast cancer mortality and quantified overdiagnosis.
Design Population based study.
Setting Mammography screening programme, the Netherlands.
Participants Dutch women of all ages, 1989 to 2012.
Main outcome measures Stage specific age adjusted incidence of breast cancer from 1989 to 2012. The extra numbers of in situ and stage 1 breast tumours associated with screening were estimated by comparing rates in women aged 50-74 with those in age groups not invited to screening. Overdiagnosis was estimated after subtraction of the lead time cancers. Breast cancer mortality reductions during 2010-12 and overdiagnosis during 2009-11 were computed without (scenario 1) and with (scenario 2) a cohort effect on mortality secular trends.
Results The incidence of stage 2-4 breast cancers in women aged 50 or more was 168 per 100 000 in 1989 and 166 per 100 000 in 2012. Screening would be associated with a 5% mortality reduction in scenario 1 and with no influence on mortality in scenario 2. In both scenarios, improved treatments would be associated with 28% reductions in mortality. Overdiagnosis has steadily increased over time with the extension of screening to women aged 70-75 and with the introduction of digital mammography. After deduction of clinical lead time cancers, 32% of cancers found in women invited to screening in 2010-12 and 52% of screen detected cancers would be overdiagnosed.
Conclusions The Dutch mammography screening programme seems to have little impact on the burden of advanced breast cancers, which suggests a marginal effect on breast cancer mortality. About half of screen detected breast cancers would represent overdiagnosis.
Les femmes auront-elles un jour droit à une information honnête ?

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Publié dans CANCER DU SEIN, dépistage organisé, DEPISTAGE ORGANISE DU CANCER DU SEIN, mortalité, SUR DIAGNOSTIC | Commentaires fermés sur Edition spéciale : une étude néerlandaise montre un sur diagnostic de 50 % lors du dépistage organisé du cancer du sein sans bénéfice net sur la mortalité.

Madame Agnès Buzyn et les vaccins : deux poids, deux mesures. De qui se moque-t-elle ?

Balthus (1908-2001). Jeune fille à la chemise blanche. 1955

Dans une déclaration au journal Le Parisien (ICI) Madame Agnès Buzyn trouve inacceptable que la rougeole ait tué 10 enfants depuis 2008 en France.

Qui peut penser que cela serait acceptable ? A part la société philanthropique des morbillivirus, association de défense des minorités et au nom de l’intersectionnalité.
Elle ajoute même « On a le même problème avec la méningite. Il n’est pas supportable qu’un ado de 15 ans puisse en mourir parce qu’il n’est pas vacciné » en ne disant pas que le vaccin en question ne protège pas contre toutes les méningites dont meurent majoritairement les adolescents.

Bon. Et elle en profite pour parler d’un problème de Santé publique qui justifie selon elle l’obligation vaccinale. Ne polémiquons pas sur le fait qu’il est peu certain que la vaccination obligatoire permette qu’aucun enfant ne meure de la rougeole.
Pardonnons lui de ne pas être une spécialiste en vaccinologie et qu’elle soit influencée par des experts qui, selon elle, ne peuvent être bons que s’ils sont payés par l’industrie pharmaceutique. 

Mais Madame Agnès Buzyn, hémato-oncologue, voir ICI ma notice biographique prémonitoire, dont voici un court résumé biographique (source wikipedia) « À partir de 2008, elle occupe des postes importants au sein d’institutions publiques liées à la santé et au nucléaire : présidente du conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (2008-2013), membre du Comité de l’énergie atomique du Commissariat à l’énergie atomique (2009-2015), membre du conseil d’administration (2009), vice-présidente (2010) puis présidente de l’Institut national du cancer (depuis 2011), présidente du collège de la Haute Autorité de santé (depuis 2016). » qui montre combien la médecine académique s’attribue dans un mouvement endogame centripète les meilleurs postes (on rappelle que son mari est directeur de l’INSERM) ne s’est jamais occupé ou n’a jamais considéré dans des déclarations publiques que des milliers d’amputations de seins de femmes étaient injustifiées.
Vous pourrez consulter sur ce blog comme sur celui de JB Blanc, de Sylvain Fèvre, de Marc Girard, ou du Formindep par exemple, tous les billets que nous avons consacrés à ce sujet montrant combien le sur diagnostic et le sur traitement des cancers du sein ou prétendus tels est un vrai problème de Santé publique.
Madame Agnès Buzyn ne dit mot.
Pourtant, elle a initié la concertation citoyenne (ce mot est horriblement sans sens commun) sur la cancer du sein dont les conclusions ont été défigurées et contestées. Voir l’article de JP Rivière : LA
Un article récent, danois, mené sur 30 ans, est particulièrement préoccupant : il montre que chez les femmes éligibles au dépistage organisé le sur diagnostic est de 24,8 % (une sur quatre !, hein, pas 8 femmes depuis 2008 !) et chez les femmes plus jeunes de 48,3 % Vous avez lu ? Voir LA.
Il ne s’agit pas d’une entreprise de diversion. 
Si je parle du sein ce n’est pas pour ne pas parler de la rougeole.
Pour la rougeole et le reste, je rappelle la série de billets de CMT : LA.
Si je parle de cela c’est pour dire que notre Ministre ne place pas les priorités au bon endroit.
Mais elle est aidée en cela par tous les bons apôtres de la vaccinolatrie qui font une grande économie de leur cerveau en répétant partout les argumentaires (alias les éléments de langage) colportés par l’industrie vaccinale et ses obligés corrompus.
Répondre à ces corrompus a déjà été fait par CMT.
Mais aucune de ces personnes ne sait lire.

Voici un florilège.

Le Conseil de l’Ordre des médecins, celui qui vient d’adouber le professeur Aubier malgré ses liens d’intérêts avec la firme Total, a lui publié un webzine (ICI) dont le niveau suppose que sa cible marketing est un élève du cours moyen première année.

Nous avons aussi Les Décodeurs qui se sont fait la spécialité d’écrire plus de sottises qu’il n’est permis et dont la compétence est celle du professeur Joyeux (LA).

Article dans Atlantico où un ultra libéral, Claude Le Pen, est favorable à l’obligation. ICI Quant à Stéphane Gayet, il dit une bêtise par phrase, on voit sa bio LA.

Enfin, un complotiste de l’anti complotisme, un certain Acermendax (Thomas C Durand), a publié une vidéo sur le net et vous pourrez en lire le texte (ICI) qui est arrogante, paternaliste, méprisante, mensongère et mal informée. Il est terrible que pour épondre à cette maman qui pose des questions pas si idiotes que cela mais qui  affirme des choses délirantes il faille que l’auteur mente. Nous hésitons entre la bêtise, la malhonnêteté ou la simple incompétence. Cela me rappelle tellement ce texte de Marc Girard : ICI. Je rajoute ceci : lire les commentaires de CMT qui montrent que le anti hoax fait partie d’une association de scientifiques pro OGM !

L’objectif prioritaire de Santé publique de Madame Buzyn est celui-ci : 10 enfants sont morts de la rougeole depuis 2008 !

En 2008, le CépiDc de l’Inserm a recensé 3 095 morts d’enfants de moins d’un an en France, soit un taux de mortalité de 374,9 pour 100 0005. 50,3 % de ces morts étaient dues à des affections dont l’origine est la période périnatale, ce qui représente 1 557 enfants. 20,7 %, soit 640, étaient dues à des malformations congénitales. 14,6 %, soit 452, étaient dues à une mort subite du nourrisson ou à une cause inconnue.

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SABCS16/ Cancer du sein : l’immunothérapie pourrait changer le traitement de certaines formes de cancer du sein

  Depuis quelques années, les traitements par des anticorps qui ciblent la relation entre cellules de défense et tumeurs cancéreuses, permettent de progresser dans le traitement de plusieurs cancers, dont le mélanome et le cancer du poumon Le tour du … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Dopage : des médicaments du cancer du sein utilisés chez des sportifs masculins

Les méthodes de dopage ne laissent de nous surprendre. On découvre ainsi que des sportifs masculins ont recours à des médicaments utilisés dans la prévention des rechutes de cancer du sein, alors qu’on ne dispose d’aucune donnée de sécurité dans … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Ce sont des raisons non administratives qui vont me faire cesser de pratiquer la médecine.

Je pense prendre ma retraite en juin 2018 avec tous mes trimestres (cela fera 39 ans d’exercice).

Je pensais continuer de travailler ensuite trois jours par semaine pour assurer la continuité des soins au cabinet, pour conforter l’avenir du dit cabinet et pour ne pas « abandonner » en rase campagne les patients que, pour certains et à cette époque, j’aurais connus depuis 39 ans…
Croyez-vous que je vais vous parler d’honoraires ? Croyez-vous que je vais vous parler de cette méchante Assurance maladie ? De la CARMF (la caisse de retraite des médecins) ? De l’URSSAF ? Du Trésor Public ?
Non.
Je vais vous parler de la médecine que je ne peux exercer. Ou que je ne peux exercer qu’au prix d’efforts surhumains
Ne croyez pas que je sois blanc bleu, que je fasse pas perdre de temps à mes collègues. C’est loin d’être le cas. Interrogez mes collègues dans le voisinage, ils auront des choses à dire sur moi. Interrogez mes patients ils auront aussi des histoires à raconter. J’ai déjà fait assez d’autocritique pour ne pas en rajouter. Pour faire le malin ou pour montrer combien je sais reconnaître mes erreurs.

Voici un aperçu minimaliste de mes petites peines de médecin. Je dis « petites peines » car ce ne sont que des petites peines comparées à celles qu’endurent les patients.

  1. Parce que je passe trop de temps à informer les patientes (et certainement pas assez), quand elles ont reçu la convocation de l’ADMY (l’association des médecins des Yvelines qui gère l’affaire), sur le rapport bénéfices/risques du dépistage organisé du cancer du sein (ce qui, en toute logique, et dans un pays démocratique devrait incomber aux promoteurs de ce dépistage et non aux médecins traitants, surtout quand ils doivent dire la médecine en  contradiction avec ce qui est raconté partout dans les media grands publics)… Et que les documents d’information, au lieu d’être le fait de la puissance publique, sont produits par des médecins indépendants (voir ICI par exemple).
  2. Parce que je passe trop de temps à informer les patients (et certainement pas assez), quand ils ont reçu la convocation de l’ADMY (l’association des médecins des Yvelines qui gère l’affaire), sur le rapport bénéfices/risques du dépistage organisé du cancer colorectal (ce qui, en toute logique, et dans un pays démocratique devrait incomber aux promoteurs de ce dépistage et non aux médecins traitants)… Et que les documents d’information, au lieu d’être le fait de la puissance publique, sont produits par des médecins indépendants (voir ICI)
  3. Parce que je passe trop de temps, en  contradiction avec ce qui est raconté presque partout dans les media grands publics, à informer les patients qui désirent que je leur prescrive un dosage de PSA… sur le rapport bénéfices/risques de cet examen qui n’est pas recommandé comme dépistage systématique. Et que les documents d’information, au lieu d’être le fait de la puissance publique, sont produits par des médecins indépendants (voir ICI)
  4. Parce que je me lasse de découvrir que l’on a dosé le PSA à l’un de mes patients (à l’insu de son plein gré) lors de son passage à l’hôpital ou chez un spécialiste bien intentionné (je ne parle pas des urologues dont le métier est de doser le PSA), ou à la médecine du travail, ou dans les centres d’examens périodiques de santé, pour un cor au pied, un rhume, voire une spondylarthrite ankylosante, que l’on a fait doser le PSA, comme ça, sans prévenir le patient… et sans l’informer du rapport bénéfices/risques de cet examen (cf. supra).
  5. Parce que j’en ai assez de constater que nombre de patientes sont convoquées tous les trois mois par leur gynécologue pour renouvellement de pilule et tous les ans pour frottis du col utérin contrairement à toute logique et à toute preuve scientifique. Et de devoir leur expliquer (perdre mon temps) que l’on peut prescrire la pilule pour un an et que le délai entre deux frottis est de trois ans.
  6. Parce que j’en ai assez que les consultations de mémoire aboutissant à un diagnostic d’Alzheimer chez « mes » patients se terminent dans 99,9 % des cas par la prescription d’un prétendu médicament anti Alzheimer par les spécialistes de la question… (on me dit dans l’oreillette que pour cause de trop grande efficacité ces médicaments sont sur le point d’être déremboursés).. et parce que je passe trop de temps à expliquer la famille, le plus souvent en vain, que les médicaments prétendûment anti Alzheimer sont à la fois inefficaces et potentiellement dangereux. « Vous en ont-ils parlé quand le médicament a été prescrit ? – Non. »
  7. Parce que j’en ai assez que les patients soient obligés, au décours d’un passage aux urgences, chez le dentiste, chez le dermatologue, le cardiologue ou le rhumatologue, de venir me voir parce qu’on leur a dit que ces professionnels de santé ne faisaient pas d’arrêt de travail et qu’ils devaient aller en demander un à leur médecin traitant, ce qui nous gâche la vie
  8. Parce que j’en ai assez que les patients, après avoir consulté les centres anti douleurs où ils ont à peine été interrogés/examinés, ressortent avec des ordonnances stéréotypées de pregabaline et consorts.
  9. Parce que j’en ai assez de constater que les patients sortant des centres de cardiologie post infarctus soient (encore) traités par procoralan, crestor, tahor, exforge, c’est à dire passer du temps à aller à l’encontre de la  prescription d’un de mes confrères. Lassitude.
  10. Parce que j’en assez de devoir surveiller les INR flottants de patients qui ont reçu du sintrom ou du previscan à la sortie de l’hôpital au lieu de la bonne vieille coumadine, produit le plus prescrit dans le monde.
  11. Parce que j’en ai assez que des patients étiquetés BPCO par des pneumologues n’aient pas de BPCO et que je doive supprimer des traitements inefficaces, c’est à dire passer du temps à aller à l’encontre de la  prescription d’un de mes confrères.
  12. Parce que j’en ai assez que le pharmacien ou le médecin du travail (le docteur S sur twitter se reconnaîtra) dise qu’il est nécessaire de prescrire un de mesure de glycémie capillaire à un patient diabétique non id.
  13. Parce que j’en ai assez que les consultations de cardiologie passent presque systématiquement par la case échographie, épreuve d’effort, voire scintigraphie d’effort, voire coronarographie, voire dilatation, voire stents, voire… chez des patients qui ne le méritaient pas.
  14. Parce que j’en ai assez que la prévention des risques évitables soit en France aux abonnés absents (alcool, tabac, junk food, par exemple) et que je doive passer mon temps à lutter, en mon cabinet, contre les différents lobbys qui ont pignon sur rue dans tous les media… et au risque de passer pour un ringard…
  15. Parce que j’en ai assez de devoir me désoler que… mes confrères, mes consoeurs, et cetera…
  16. Et je n’ai pas parlé de l’oncologie, des soins dits palliatifs, de l’hospitalocentrisme et de l’excès  de lutte contre l’incertitude. Voir le blog….
Je remercie ici tous les médecins qui m’ont permis de me délivrer un peu de la gangue de l’enseignement de la faculté de médecine qui m’a appris des choses capitales mais qui m’a aussi appris à ne pas exercer mon esprit critique et à croire à l’enseignement descendant, paternaliste, et cetera. Mais c’était sans doute il y a longtemps. Et je remercie aussi La Revue Prescrire.
Je ne les remercie pourtant pas car ils ont rendu l’exercice de la médecine générale impossible car je dois passer mon temps à dire le contraire des avis autorisés des autorités de santé et, finalement, à faire le travail de ceux qui sont payés, par l’industrie et par leur ego démesuré (le pouvoir, le pouvoir),  pour dire une médecine qui va à l’encontre, selon moi, de l’intérêt des citoyens.

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ASCO16 :cancer du sein après la ménopause : 5 ou 10 ans de traitement de prévention des récidives ?

L’utilisation pendant cinq ans d’anti-aromatases chez les femmes ménopausées qui ont été opérées d’un cancer du sein a permis de réduire le risque de récidive. D’où la tentation de préconiser dix ans d’utilisation en espérant faire mieux. C’est donc une … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Désorganiser le dépistage organisé du cancer du sein. Prolégomènes.

Commission de la vérité et de la réconciliation. Afrique du Sud.

Les éléments de preuves s’accumulent sur l’inefficacité du dépistage organisé du cancer du sein en termes de mortalité globale, de sa futilité en termes de mortalité spécifique mais surtout de sa dangerosité en termes d’effets collatéraux majeurs.

Ces éléments de preuves sont tels qu’ils posent un problème moral qu’il n’est plus possible d’éluder. Et quand il faudra signer un Manifeste pour les vicitimes de ce dépistage organisé, dans dix ans, vous vous rappellerez qu’il était possible de savoir tout depuis longtemps.

Et nous savons.

Le problème central que j’évoquerai dans le prochain billet est celui des citoyennes qui ont des seins et qui n’ont pas tous les éléments pour choisir de façon raisonnée comment gérer le risque d’avoir un jour un cancer du sein et comment le savoir.

J’ai déjà écrit sur le sujet en me faisant le porte-voix des vrais lanceurs d’alerte, pas les « J’arrive après la bataille », les « Je vous l’avais bien dit » ou « Hein que j’avais raison avant les autres »… Je ne vais pas revenir sur les chiffres bien que les chiffres soient indispensables pour s’assurer que l’on ne raconte pas n’importe quoi. Vous les trouverez ICI et LA mais les auto citations font rengaine.

Je vous propose pour vous attiser l’infographie réalisée par JB Blanc que vous pouvez retrouver sur son site avec des commentaires appropriés (LA).

Et, toujours du même auteur, un texte éclairant qu’il faudrait faire lire à tous les professeurs qui professent le dépistage organisé, et aussi aux non professeurs, aux médecins de base, mais surtout aux citoyennes pas malades, aux citoyennes qui pourraient le devenir ou, malheureusement à celles qui en ont déjà été victimes, et qui fait le point sur la manipulation du dépistage organisé (LA) en répondant à la majorité des questions que les dépisteurs patentés de l’INCa et d’ailleurs ne se posent jamais, d’abord en raison de leur incapacité intrinsèque à se poser des questions, ensuite en raison de leur aveuglement qui leur fait préférer leurs positions personnelles à la Santé publique, enfin en raison de blocages intellectuels que nous allons évoquer un peu plus loin et qui nous touchent les uns come les autres.

Merci donc de lire ce billet de JB Blanc avec attention.

Il m’étonnerait, et alors que le Ministère de la Santé demande à l’une de ses agences, l’Institut National contre le cancer (INCa), dont elle nomme les dirigeants non en raison de leurs activités de recherche ou de leur sens clinique mais parce qu’ils seront « politiques », « compliants », « observants » des politiques gouvernementales fondées sur la soumission au lobby santéo-industriel, d’organiser une large concertation citoyenne pour, ouvrons les guillemets, ouvrez vos oreilles, on se demande dans ce gouvernement et notamment dans ce ministère à l’agonie s’il existe une once de morale commune, améliorer le dépistage du cancer du sein (LA), c’est à dire bâillonner les opposants à ce dépistage organisé. C’est un peu comme si ce même Ministère de la santé faisait organiser par le Comité du sucre une large concertation citoyenne pour améliorer la consommation des boissons sucrées !

Cela fait du bien qu’une plume différente, celle de JB Blanc, tout comme celle de Sylvain Fèvre (voir LA pour le blog), et neuve dise ce que nos pionniers, Bernard Junot (malheureusement décédé), Peter Gotzsche (voir en particulier ce document Nordic Cochrane en anglais LA) lâché par Cochrane sur les psychotropes et par les Danois), Rachel Campergue (ICI pour son blog) (dont l’exil nous prive de son regard acéré de femme qui n’est ni médecin ni malade, le dernier billet date de décembre 2014, LA, et confirme que son point de vue est toujours aussi pertinent), nous ressassent depuis longtemps…

Et j’imagine que cette lecture fera plaisir à celles qui ont vécu le cancer du sein, celles qui pensent avoir été sauvées par le dépistage et celles qui croient avoir été sauvées par les traitements, quant aux autres, on les aime encore plus. Mais je m’arrête : pas de pathos.

Mais il me semble qu’un certain nombre de verrous (les blocages intellectuels dont je vous parlais plus haut) ne sont pas prêts d’être forcés. Chez les médecins comme chez les citoyennes et citoyens.

Et, au lieu de se balancer à la figure des arguments pour ou contre situés le plus souvent dans des plans différents de réflexion, les uns scientifiques et les autres un peu moins ou franchement limbiques, il est nécessaire d’identifier ces verrous.
En effet, les personnes qui ont commencé à douter de la pertinence du dépistage organisé du cancer du sein ne se sont pas réveillés un matin en se disant « Bon sang mais c’est bien sûr » ou « Je vais foutre le bordel dans cette fourmilière » ou, pour les plus fous, « Je suis un lanceur d’alerte, je suis un lanceur d’alerte ! » Ils ont réfléchi, ils ont lu, ils ont douté.
Quand il existe des idées dominantes fondées sur le bon sens qui courent dans le monde médical et dans le monde profane, elles influencent également ceux qui n’y « croient » pas et les influencent encore quand ils n’y croient plus.

Je me rappelle, et surtout n’imaginez pas une seconde que je me prenne pour un lanceur d’alerte, je suis un esprit lent, prudent, pas très fort en calcul, en statistiques, je dois réfléchir à deux fois avant d’interpréter les rapports de cote, les valeurs prédictives positives et autres babioles qui devraient être acquises dès la première année de médecine, je me rappelle donc les conversations privées avec Marc Girard, c’était le début des années 2000, quand il me parlait de la connerie de la mammographie, il disait même cette saloperie, et que je n’avais pas encore lu Junod (qu’il m’a fait lire) et consorts (certains articles étaient d’une complexité rare)… Puis les choses se sont précisées avec les 2 numéros de Prescrire en 2007 et les avis de la Cochrane nordique déjà citée (Peter Gotzsche !). Mais que c’est dur quand on est un médecin généraliste que de devoir tout seul, aidé d’amis et de collègues (Dupagne, Braillon, Lehmann, Baud, Nicot), d’associations (et le Formindep a joué un rôle très fort, il faut le souligner, pour populariser les travaux de Bernard Junod membre du Formindep), de profanes (Rachel Campergue), de patientes (Martine Bronner, Manuela Wyler et d’autres), d’aller à l’encontre de ce qui se dit et écrit partout, penser contre l’Etat et son lobby santéo-industriel, de serrer les fesses comme dirait Christian Lehmann quand il s’agit de prendre des décisions  avec « ses » malades qui pourraient nous être reprochées ensuite. Car la différence entre le cancer du sein et le cancer de la prostate est la suivante : dans le cas du cancer du sein les recommandations officielles ne se posent pas de questions et il sera possible de se retrouver devant un tribunal et il sera possible de se faire attaquer par des experts « officiels » qui enfonceront le brave médecin qui n’aura fait que lire la littérature… tandis que dans le cancer de la prostate les recommandations sont presque claires bien que tous les urologues (que ceux qui ne le font pas envoient un message, cela ne bloquera pas le site) dosent le PSA systématiquement et que presque tous les médecins généralistes font idem mais, et Dominique Dupagne nous l’a montré, il sera possible en ce cas de se défendre victorieusement malgré les attaques ignominieuses des experts urologues patentés…

Commençons par le problème du sur diagnostic : le sur diagnostic n’est pas un faux positif !

Terminons par cette notion incroyable : il y a des cancers qui disparaissent tout seuls !

****

Nous aborderons dans le billet suivant le problème de la transition. Que faire ? Comment agir pour passer d’un système qui ne marche pas à un système qui permet de reprendre la main et qui permet  d’entraîner moins de dégâts collatéraux.

L’entreprise est vaste car elle oblige à remettre en cause nos pratiques, une de mes amies radiologues (qui se reconnaîtra) me disait : « Tout ce que tu dis met en cause mon activité quotidienne, mon travail en cancérologie… », eh oui.

Une de mes patientes me disait (elle se reconnaîtra) : « Comment vous croire alors que tout le monde dit le contraire ? »

Mais cette transition et ce virage à 180 degrés sont-ils encore possible avec une machine industrielle lancée dont la force d’inertie est considérable ? Comment s’y prendre ? Comment gagner la confiance des citoyennes ? Comment faire pour qu’elles s’approprient le refus du dépistage organisé ? Comment faire pour que les tenants de ce dépistage ne perdent pas la face et admettent qu’ils se sont trompés ou que les données d ela science ont changé ?

NOTES

1) Résumé imparfait du livre de Rachel Campergue

Voici quelques éléments que j’ai pêchés ici et là dans le livre de RC, éléments que les femmes ne trouveront pas dans les brochures incitant à pratiquer une mammographie tous les deux ans à partir de l’âge de 50 ans et jusqu’à l’âge de 74 ans :
  1. Il n’existe pas un mais des cancers du sein : des cancers qui grossissent rapidement (parmi eux les fameux cancers de l’intervalle, ceux qui apparaissent entre deux mammographies et qui sont déjà métastasés lorsqu’ils sont découverts), des cancers qui progressent lentement, des cancers qui ne grossissent pas du tout, des cancers qui sont si lents à progresser qu’ils ne donneront jamais de symptômes et des cancers qui régressent spontanément (ces deux dernières catégories pouvant être considérées comme des pseudo-cancers).
  2. La mammographie ne permet pas un diagnostic précoce car elle découvre des cancers qui étaient en moyenne présents depuis 8 ans !
  3. Les cancers de l’intervalle ne sont, par définition, pas découverts par la mammographie lors du dépistage et ce sont les plus rapides à se développer et les plus mortels. Attention (je rajoute cela le trois octobre 2013) : un essai récent sur une population norvégienne dit le contraire (ICI)
  4. La mammographie peut se tromper et passer à côté de 20 % des cancers du sein et ce pourcentage est encore plus fort chez les femmes plus jeunes (25 % entre 40 et 50 ans), ce sont les faux négatifs.
  5. La mammographie peut se tromper et annoncer un cancer alors qu’il n’en est rien : ce sont les faux positifs. On imagine l’angoisse des femmes que l’on « rappelle » après la mammographie pour leur demander de passer d’autres examens et pour leur dire ensuite, heureusement, qu’elles n’ont pas de cancer… Voici des données terrifiantes : Après avoir subi une dizaine de mammographies, une femme a une chance sur deux (49 % exactement) d’être victime d’un faux positif et une chance sur 5 (19 % exactement) de devoir se soumettre inutilement à une biopsie du fait d’un faux positif.
  6. La seconde lecture de la mammographie par un autre radiologue ne se fait qu’en cas de résultat normal, pas en cas de résultat anormal : on ne recherche que les faux négatifs, pas les faux positifs (ceux qui conduisent aux examens complémentaires anxiogènes dont la biopsie qui peut être dangereuse)
  7. La mammographie est d’interprétation d’autant plus difficileque la femme est jeune (importance du tissu glandulaire) et qu’elle prend des estrogènes qui sont un facteur de risque du cancer du sein et d’autant plus difficile que la femme est ménopausée prenant des traitements hormonaux substitutifs (heureusement arrêtés aujourd’hui)
  8. On ne lit pas une mammographie, on l’interprète et il faut se rappeler que la variabilité inter radiologue peut atteindre (dans la lecture d’une radiographie du poumon, ce qui est a priori plus facile) 20 % et que la variation intra individuelle (on demande à un radiologue de relire des clichés qu’il a déjà interprétés) de 5 à 10 %
  9. L’interprétation erronée d’une mammographie dans le cas d’un faux positif (cf. le point 5) conduit les femmes à être « rappelées » (pour biopsie) : le taux de rappel peut varier, chez les « meilleurs » radiologues, de 2 à 3 % et atteindre 20 % chez les autres ! Certains estiment que le taux « idéal » de rappel serait de 4 à 5 % alors qu’il est de 10 à 11 % en pratique : sur 2000 femmes invitées à la mammographie pendant dix ans 200 feront face à un faux positif ! Anecdotiquement (mais pas tant que cela) le taux de rappel augmente quand le radiologue a déjà eu un procès.
  10. Quant à la lecture (i.e. l’interprétation) des biopsies elle laisse encore une fois rêveur : Un essai a montré que la lecture de 24 spécimens de cancers du sein par 6 anatomo-pathologistes différents a entraîné un désaccord pour 8 spécimens (33 %). Quand on connaît les conséquences d’une biopsie positive…
  11. La biopsie positive ne fait pas la différence entre ce qui n’évoluera jamais et ce qui évoluera de façon défavorable (sauf dans les rares cas de cancers indifférenciés) et c’est cette définition statique qui est source d’erreurs fatales… Et encore n’avons-nous pas encore parlé des fameux cancers canalaires in situ…
  12. Sans compter que nombre de cancers REGRESSENT spontanément comme cela a été montré dans la fameuse étude de Zahl de 2008 : une comparaison entre femmes dépistées et non dépistées montre que les femmes suivies régulièrement pendant 5 ans ont 22 % de cancers invasifs de plus que celles qui ne l’avaient pas été… Et encore les cancers canalaires in situ n’avaient-ils pas été pris en compte…
  13. L’exposition des seins aux rayons X n’est pas anodine.L’historique de l’utilisation des rayons X en médecine laisse pantois (pp 331-382). Mais je choisis un exemple décapant : dans les familles à cancers du sein (mutation des gènes BRCA1 et BRCA2) une étude montre que le suivi mammographique depuis l’âge de 24 – 29 ans de ces femmes à risque entraînait 26 cas de cancers supplémentaires (radio induits) pour 100 000 ; ce chiffre n’était plus (!) que de 20 / 100 000 et de 13 / 100 000 si le dépistage était commencé respectivement entre 30 et 34 ans et entre 35 et 39 ans !
  14. Il n’y a pas de sein standard pour les doses de rayon administrés par examen ! Ou plutôt si, cette dose a été définie ainsi : pour un sein constitué à parts égales de tissu glandulaire et de tissu graisseux et pour une épaisseur comprimée (sic) de 4,2 cm. Je laisse aux femmes le soin de vérifier…
  15. Terminons enfin, à trop vouloir prouver on finit par lasser, même si nous n’avons pas rapporté la question des biopsies disséminatrices de cellules et de l’écrasement des seins lors des mammographies répétées, sur le problème des carcinomes in situ qui « n’existaient pas auparavant » et qui sont devenus les vedettes de la mammographie de dépistage (environ 50 % des cancers diagnostiqués). Une enquête rétrospective a montré que sur tous les carcinomes in situ manqués seuls 11 % étaient devenus de véritables cancers du sein alors que la règle actuelle est de proposer mastectomie ou tumorectomie + radiothérapie… Sans compter les erreurs diagnostiques : un anatomo-pathologiste américain a revu entre 2007 et 2008 597 spécimens de cancers du sein et fut en désaccord avec la première interprétation pour 147 d’entre eux dont 27 diagnostics de carcinome in situ.

2)
Ce dont Gotzsche nous a appris à nous méfier.

  1. Croyance 1 : Dépister tôt, c’est mieuxLes faits : En moyenne les femmes ont un cancer du sein qui évolue depuis 21 ans quand il atteint la taille de 10 mm.
  2. Croyance 2 : Il vaut mieux trouver une petite tumeur qu’une grosseLes faits : Les tumeurs détectées par dépistage sont généralement peu agressives ; aucune réduction du nombre de tumeurs métastasées n’a été constatée dans les pays où le dépistage est organisé.
  3. Croyance 3 : En identifiant les tumeurs tôt un plus grand nombre de femmes éviteront la mastectomieLes faits : Non, un plus grand nombre de femmes subiront une mastectomie.
  4. Croyance 4 : Le dépistage par mammographie sauve des vies.Les faits : Nous n’en savons rien et c’est peu probable, par exemple la mortalité par cancer est la même.

3)
Le document du site cancer rose, site alternatif, proposant une brochure d’information raisonnable et raisonnée à destination des femmes afin qu’elles puissent choisir est consultable in situ en deux versions téléchargeables.

4) La conclusion des auteurs de la Nordic Cochrane

If we assume that screening reduces breast cancer mortality by 15% and that overdiagnosis and overtreatment is at 30%, it means that for every 2000 women invited for screening throughout 10 years, one will avoid dying of breast cancer and 10 healthy women, who would not have been diagnosed if there had not been screening, will be treated unnecessarily. Furthermore, more than 200 women will experience important psychological distress including anxiety and uncertainty for years because of false positive findings. To help ensure that the women are fully informed before they decide whether or not to attend screening, we have written an evidence-based leaflet for lay people that is available in several languages on www.cochrane.dk. Because of substantial advances in treatment and greater breast cancer awareness since the trials were carried out, it is likely that the absolute effect of screening today is smaller than in the trials. Recent observational studies show more overdiagnosis than in the trials and very little or no reduction in the incidence of advanced cancers withscreening.

Pour l’illustration et pour en savoir plus sur Vérité et Réconciliation.

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Octobre rose : le rouleau compresseur du dépistage organisé du cancer du sein.

Cela commence très fort avec Gerald Kierzek, urgentiste, La nuit aux urgences, le matin sur Europe 1. Il a fait une chronique ce matin 30 septembre 2015 qui pousse très loin l’information déséquilibrée (et je suis poli) : voir ICI.
Comme il n’avait pas le temps de parler des éventuels inconvénients du dépistage, il commence sa chronique par le cancer du sein chez l’homme, problème éminent de santé publique. Puis il y va de tous les poncifs de la propagande de l’Eglise de dépistologie : plus c’est tôt mieux c’est, plus c’est petit mieux c’est, plus ça va et plus les patientes guérissent et plus le bonheur règne.
Merci docteur Kierzek.
Je voulais ajouter ceci :  Il n’est pas simple de faire une chronique de deux minutes sur un sujet aussi complexe. Il n’est pas simple sur une radio généraliste d’aller à l’encontre des recommandations officielles, fussent-elles contestables et contestées. L’exercice est sans doute difficile, j’en conviens et je le dis honnêtement, je n’en suis pas capable. Mais ce n’est pas une raison pour 1) alerter sur un cancer très rare (celui de l’homme) et pour 2) dire béatement ce que racontent les officiels. Je comprends, vu le faible taux de mammographies effectuées en suivant le dépistage organisé qu’il ne faille pas désespérer Billancourt… mais quand même.

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Les cancers du sein disparaissent aussi. Histoire de consultation 168 : service après vente.

Je vous avais raconté le 22 mai 2014 l’histoire de cette patiente de 94 ans chez qui un cancer du sein avait été découvert et pour laquelle le chirurgien puis l’oncologue souhaitaient mettre la gomme, c’est à dire chirurgie élargie, radiothérapie et chimiothérapie (voir ICI). 

La patiente, qui vit désormais loin du cabinet, avait refusé après que je lui avais expliqué qu’une simple tumorectomie superficielle lui permettrait d’être à l’aise et d’éviter les complications cutanées gênantes. Et, effectivement « tout » n’avait pas été enlevé.
Hier, je revois sa fille qui me donne le bonjour de sa mère.
 » Comment va-t-elle ?
– Très bien. Il y a même un truc bizarre.
– … ?
– La dernière mammographie ne montre plus rien.
– Ah… »
Entre parenthèses : on fait encore des mammographies à une femme de 95 ans qui va bien et qui n’est pas traitée.
 » Le chirurgien voudrait revoir les mammographies d’origine car il ne comprend pas ce qui s’est passé. Le cancer a disparu. « 
Je suis désolé de réagir aussi brutalement sans avoir vérifié mes sources, vu les mammographies, parlé au chirurgien… Mais ce qui compte : la patiente « va bien » et les images de « cancer » ont disparu. Non ?

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Cancer/ ASCO15; Cancer du sein : le denosumab protège des effets des anti-aromatases sur l’os

Pour les femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant, la mise en place d’un traitement par les anti-aromatases réduit fortement le risque de récidive. Mais ces médicaments ont des effets secondaires divers. Parmi ces effets, il y a le … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Bonnes feuilles du dernier livre de Rachel Campergue.

Chapitre 5. « Parlez-en à votre médecin. »

« J’attends beaucoup des professionnels qui sont les principaux acteurs de la sensibilisation », Marisol Touraine, Le Monde du 19 octobre 2012

« Le premier devoir du médecin est envers son patient », Margaret McCartney, The Patient Paradox: Why Sexed-Up Medicine is Bad for Your Health.


La confiance comme cheval de Troie

Nous avons là encore une expression récurrente aux Octobre roses : « Parlez-en à votre médecin ». Parlez-lui d’autant plus qu’on lui aura parlé avant, qu’on l’aura « briefé ». Ainsi il pourra à son tour nous parler du dépistage. Jamais en effet professionnels de santé ne furent davantage sollicités. Un parmi tous les autres est constamment poussé du coude : le généraliste. Pourquoi lui ? Tout simplement parce qu’il est le plus proche de la candidate au dépistage : c’est le médecin de famille, il a leur confiance. Pourquoi alors ne pas s’en servir pour la « guider » vers le dépistage ? Il est bien placé pour le faire. Il la connaît si bien, elle le connaît si bien. S’il lui conseille un examen, pourquoi ne l’écouterait-elle pas ? Cette confiance va être le cheval de Troie par lequel le dépistage va s’immiscer dans la consultation. Ce n’est ni très élégant, ni très éthique, mais ça marche. Et les partisans du dépistage vont encourager cet abus de confiance.

« On ne saurait assez souligner l’influence de l’attitude du médecin ou du gynécologue, remarque Nicole Alby, présidente d’honneur d’Europa Donna Forum France. De leur incitation viendra la participation de leurs patientes. Si leur médecin leur conseille le dépistage organisé, la plupart des patientes suivront cet avis. La relation de confiance médecin-patiente est essentielle même et peut-être surtout s’agissant de consultantes qui ne se sentent pas malades et ne le seront pas pour la plupart[1]. » Le généraliste a donc l’oreille de sa patiente. Il va s’agir à présent de lui rappeler de l’utiliser. On ne lésinera alors ni sur les moyens, ni sur les intervenants. Toutes les structures publiques – donc financées par le contribuable – en rapport avec la santé vont mettre la main à la pâte pour convaincre les médecins de convaincre les femmes. « Les médecins doivent être convaincus de la qualité et de l’efficacité du dépistage organisé et transmettre leur conviction[2] », résume Monique de Saint-Jean, présidente de la Fédération nationale des comités féminins pour le dépistage des cancers.

« Comptant sur votre engagement… »

Ci dessous le courrier envoyé, au lancement d’Octobre rose 2012, par l’Agence Régionale de Santé (ARS) du Centre aux médecins généralistes de la région concernée :

« Objet : Amélioration de la participation au dépistage organisé du cancer du sein

Docteur,

Lors de la campagne de dépistage organisé du cancer du sein 2010 /2011, le taux de participation des femmes de 50 à 75 ans a été de 60 % dans notre région. Bien que très supérieur au taux national (52,3 %) il reste en deçà du taux cible d’efficacité décrit dans les études internationales. En France, plus de 3000 vies pourraient être sauvées chaque année si 70 % au moins des femmes de 50 à 74 ans réalisaient un dépistage tous les deux ans. Les effets collatéraux de ce dépistage sont aujourd’hui connus, évalués et ne compromettent pas la balance risques/efficacité de ce dépistage.

La seconde lecture est la spécificité du dépistage organisé. C’est un gage supplémentaire de qualité. Si le radiologue n’a décelé aucune anomalie, la mammographie est systématiquement relue par un second radiologue expert. Près de 6 % des cancers du sein sont ainsi détectés grâce à cette seconde lecture. Dans le cadre du dépistage organisé, il est imposé également aux radiologues une formation spécifique et une obligation de réaliser au moins 500 mammographies par an. De plus la qualité de le chaîne mammographique est contrôlée deux fois par an par des organismes agrées. L’amélioration de la participation aux dépistages organisés est un objectif majeur de l’ARS pour optimiser son efficacité collective et pour l’égalité d’accès à ce dépistage et vise à atteindre un objectif de 70 % pour 2013.

Ce bénéfice ne peut être atteint qu’en coordination avec les partenaires de terrain que sont les 6 structures de gestion départementales gérant le dépistage organisé, les radiologues, gynécologues et vous-mêmes. En effet, chez les femmes ne participant pas au dépistage organisé, quel qu’en soit le motif, il est démontré que le médecin traitant a un rôle déterminant dans sa décision ; le seul fait que vous évoquiez le dépistage influence positivement les femmes (alors que la consultation était justifiée par un autre motif).

Comptant sur votre engagement pour réussir cet enjeu de l’augmentation du taux de dépistage organisé, je vous prie d’agréer, Docteur, l’expression de ma considération distinguée.

Signé : le Directeur général de l’Agence régionale de santé du Centre. 


Les Caisses primaires d’assurance maladie ne sont pas en reste. « La CPAM à fond dans la Lutte », titre la Dépêche en décembre 2010. « Des délégués d’assurance maladie sont chargés de sensibiliser les médecins sur cette démarche volontariste préventive [3]», nous dit-on. Quant à l’INCa, il édite chaque année à leur intention une brochure spéciale : « Le médecin traitant, acteur du dépistage du cancer du sein[4] » qui leur rappelle leur devoir et à quel point leur « rôle d’information et d’orientation est essentiel pour favoriser la participation des femmes au dépistage en fonction de leur âge et de leur niveau de risque ». Quelle impartialité peut bien avoir une « information » ayant pour but d’« orienter » ?

Pour les oublieux, l’INCa a tout prévu. Le dossier de presse Octobre rose 2013 nous explique sous le titre « accompagnement des professionnels de santé » à la page 8 : « Afin de sensibiliser les médecins généralistes et les inciter à renforcer le dialogue avec leurs patientes dès 50 ans sur la question du dépistage, un dispositif interactif sera mis en place sur trois logiciels de gestion de dossiers patients. Il permettra de toucher plus de 40 000 médecins généralistes et 2 400 gynécologues. Une fenêtre (pop-up) ou une alerte se déclenchera à l’ouverture du dossier d’une patiente âgée de 50 et 74 ans. Elle invitera le médecin à vérifier de quand date la dernière mammographie de sa patiente et permettre d’engager un dialogue sur cet examen. »

« Les conférenciers d’Octobre rose »

Un autre moyen de rappeler aux médecins de profiter de la confiance de leurs patientes pour les inciter à se faire dépister est de les convier à des conférences à thème. En octobre dernier, les médecins de Perpignan ont tous reçu un étrange carton d’invitation : « Christian Bourquin, Président de la Région Languedoc-Roussillon, Sénateur, en présence des Conseillers Régionaux des Pyrénées-Orientales, a le plaisir de vous convier à une table ronde sur le dépistage du cancer du sein, animée par Dépistage 66 [la structure de gestion départementale], suivie du vernissage de l’exposition « Ce crabe qui nous pince les miches » réalisée par l’association « la Montpellier-Reine » et ADREA mutuelle. »

Le Dr Thierry Gourgues, membre du Formindep, s’est rendu à ce type de conférence chez lui, dans les Landes. Le Dr Gourgues est un médecin informé – au réel sens du terme – et ce qu’il a entendu lors de cette conférence l’a tant choqué qu’il a écrit une « Lettre aux conférenciers d’Octobre rose, de l’inconscience à l’indécence ». Il la présente en ces termes : « De la mauvaise foi au mensonge décomplexé, de l’omission des évidences à l’habillage scientifique de hors-sujet, de l’utilisation abusive des émotions aux mises en jeu d’intérêts très personnels, voici le décryptage d’un mode de communication archaïque mais efficace que les animateurs d’une conférence/débat d’Octobre rose typique ont utilisé en direction du public d’un cinéma provincial. »

Tous les acteurs étaient présents : le médecin coordonnateur du dépistage des cancers dans les Landes, le radiologue, la Ligue contre le cancer, le chirurgien, la psychologue, le professeur d’université et bien entendu, pour la note émouvante, la survivante héroïque. Ils sont interpellés un à un par Thierry Gourgues. L’intégralité de la Lettre est consultable sur le site du Formindep[5]. Le Dr Gourgues peut affuter sa plume pour une prochaine édition d’Octobre rose car, si l’on en croit les partisans du dépistage, on n’en fait pas encore assez.

« Pas assez mobilisés »

« Le médecin n’est pas assez incité à se diriger plus particulièrement vers le programme[6] », regrette Brigitte Séradour lors du colloque 2013 des comités féminins. En 2012, elle employait un terme encore plus évocateur : « Ce système n’a pas été bien vendu aux médecins. Du coup, ils ne prennent pas le temps de bien expliquer aux femmes son intérêt[7]

Pour Agnès Buzyn, les médecins ne sont pas assez bien « pilotés » : « Nous pensons que ce programme doit faire l’objet d’un pilotage beaucoup plus resserré, beaucoup plus fréquent avec les acteurs de terrain[8] ». Pour Laurence Alidor, déléguée de l’ARS pour le Lot, ils ne sont pas assez « mobilisés » : « Des actions prioritaires devraient pouvoir être mises en œuvre pour augmenter encore la mobilisation des médecins traitants dans ces dispositifs, afin qu’ils incitent les personnes concernées à se faire dépister. Le travail de proximité de l’ARS, amplifié par la conférence de territoire, devrait permettre d’améliorer la collaboration des professionnels de santé sur ce sujet, et leur capacité à sensibiliser leur patientèle[9]. » Pour la Ligue contre le cancer, il serait grand temps de passer à la vitesse supérieure et, pourquoi pas, à l’obligation : « À l’instar du calendrier vaccinal, qui alerte les médecins généralistes de la date de rappel des vaccins en fonction de chaque patient et de son âge, la Ligue contre le cancer demande à la direction générale de la Santé la mise en place obligatoire d’un calendrier des « dépistages » dans le « Dossier patient informatisé ».[10] » 


D’ailleurs, si les taux de participation n’augmentent pas, c’est de la faute des médecins : « L’une des raisons majeures de l’échec de la prévention est liée au manque d’implication des professionnels de terrain, accuse Frédéric Bizard, professeur d’économie à la santé, lors de son intervention au colloque 2013 des comités féminins, si les médecins généralistes étaient positionnés au centre du recrutement du dépistage organisé, les pratiques évolueraient[11]

Lors de ce même colloque, une intervenante va, sans complexe aucun, demander au médecin généraliste de contrer l’influence néfaste des études scientifiques. Il va être incité à aller « au-delà des chiffres », autrement dit à ne pas en tenir compte : « Les résultats de validité de méta-analyse ne sont pas une réponse appropriée. Au-delà des chiffres, nous devons expliquer qu’il est prouvé que le dépistage permet une diminution de la mortalité et de la lourdeur des traitements. Dans ce contexte, la remise en cause du dépistage est déstabilisante. L’information délivrée aux patientes est claire si elle provient d’un médecin généraliste[12]. » Dans quel sens cette information est-elle « claire » ? Plus précisément, quel est le sens de ce qualificatif tel qu’employé ici ? On peut supposer que dans la mesure où la patiente va faire confiance à son médecin l’ »information » qu’il va lui apporter va lui paraître « claire », sans ambiguïté, par opposition au doute distillé par d’autres sources d’information propres à semer la confusion dans son esprit.

Le médecin est-il bien informé ?

 Mais cette information « claire » provenant du médecin est-elle pour autant vraie ? Dit autrement, le médecin est-il bien informé ? Car, tout étant basé ici sur la confiance et le présupposé que le médecin « sait », il serait grave, d’un point de vue éthique, que l’information « claire » ainsi délivrée via le capital de confiance, s’avère une information fausse. Qu’en est-il véritablement ?

Rappelons les conclusions de l’étude de Gerd Gigerenzer, du Harding Center for Risk Litterary à Berlin, « Public Knowledge of Benefits of Breast and Prostate Screening in Europe[13] » publiée dans le Journal of the National Cancer Institute en 2009 : « Considérant l’ignorance des médecins des bénéfices réels de la mammographie de dépistage et leurs conflits d’intérêts que cette étude a révélés, il est vraisemblable qu’ils contribuent à la surestimation des bénéfices. »


Qui le généraliste doit-il servir ?

Ainsi, nous pouvons réaffirmer ce constat d’abus de confiance. Car en fait : qui le médecin est-il censé servir en premier lieu ? Margaret McCartney nous disait en exergue de ce chapitre : « Le premier devoir du médecin est envers son patient». Elle ajoute : « Considérer les patients comme des individus capables fait partie de l’éthique professionnelle de base et les médecins devraient non seulement autoriser mais encourager leurs patients à prendre des décisions par eux-mêmes.[14] »

Martine Bronner s’interroge au sujet du rôle que l’on demande au médecin de jouer : « Il est fermement rappelé à ses devoirs de porte parole, de rabatteurs, mais les institutions qui n’hésitent pas à tancer vertement les généralistes qui ne jouent pas ce rôle de rabatteur n’ont-ils pas oublié que le rôle du médecin n’était pas là […] Le généraliste a déjà une place auprès de son patient que l’institution n’a jamais interrogé ou qu’elle ne veut pas connaître. Pour l’essentiel le médecin traitant n’est donc envisagé que comme un rabatteur car la population vient spontanément à sa rencontre. Il repère dans le cheptel les éléments susceptibles d’être vaccinés, dépistés, soignés […] Il transmet au cheptel la parole institutionnelle et, à cette fin, on lui créera les outils nécessaires. Information « objective » concernant les dépistages, information nécessaire à un bon adressage etc.[15] » 

Octobre, saison difficile…

On a donc prévu tous les « outils nécessaires » pour faciliter la tâche à ce généraliste, pierre angulaire du dépistage. Tout ira très bien dans le meilleur des mondes pour ceux qui jouent le jeu du rabattage, pour les autres, c’est une autre histoire. En octobre 2013, le doc du 16, alias Jean Claude Grange, poste un billet titré : « Octobre rose et la vaccination contre la grippe : la difficile saison des médecins qui se posent des questions[16] ». Il écrit :

« Pour les nombreux, les très nombreux médecins généralistes, qui suivent les politiques de Santé Publique décidées par les experts qui ne se trompent jamais et qui ne reviennent jamais sur les décisions calamiteuses qu’ils ont prises, la vie est belle, confirme le doc du 16, pendant Octobre Rose ces gentils médecins accueillent avec un grand sourire les femmes qui se présentent avec leur convocation pour se faire dépister gratuitement par mammographie tous les deux ans. Les médecins ad hoc disent : Oh que c’est bien madame la patiente que d’aller faire une mammographie où vous voulez, chez le radiologue de votre choix, et que vous ne paierez pas et que plus vous vous y prenez tôt et plus que le cancer y sera pris à temps et plus que vous aurez plus de chances de guérir et de pouvoir profiter de la vie avec vos enfants et vos petits-enfants.
Pendant Octobre Rose ces parfaits médecins grondent avec un grand sourire les femmes qui n’ont pas encore fait leur mammographie de dépistage car dans leur merveilleux logiciel une alarme s’est déclenchée et ils les encouragent à le faire avec leur air de ne pas toucher au paternalisme médical
[17]. »

Ainsi, lors des Octobres roses, de « traitant », le médecin devient « rabattant ». « Mais il n’est pas considéré comme partenaire, il est « aux ordres ». Comment en tant que généraliste ne pas s’agacer de tant de méconnaissance de la réalité de sa tâche ? », s’interroge Martine Bronner. Et les principaux intéressés, qu’en pensent-ils ?

La HAS anachronique


Un élément de réponse peut-être apporté par la lecture des recommandations de la HAS (Haute Autorité de Santé) du 3 février 2012 sur « la participation du cancer du sein chez les femmes de 50 à 74 ans en France[18] ». Ces recommandations qui, de façon quelque peu anachronique, ne se penchaient nullement sur la question du bien fondé du dépistage mais uniquement sur celle de la participation des femmes, concluent sur la nécessité de les faire basculer du dépistage individuel (DI) vers le dépistage organisé (DO). « Pour y parvenir, elle compte bien sûr sur le premier rouage du dépistage, le médecin traitant[19] », nous dit le Quotidien du Médecin du 7 février 2012. Cela paraît mal engagé. En effet, sur les quatre participants au groupe de travail de la HAS à exprimer leur désaccord avec les recommandations, deux font partie de ces généralistes sur lesquels semble à présent reposer l’avenir du DO. Ces deux résistants sont les docteurs Philippe Nicot et Julien Gelly. Le premier déclare : « Il n’y a plus de donnée scientifique solide permettant de recommander le dépistage du cancer du sein de manière individuelle ou organisée. En effet le bénéfice en termes de mortalité est constamment revu à la baisse, et tant le surdiagnostic que le surtraitement ont des conséquences néfastes de mieux en mieux connues et importantes. »Quant au Dr Gelly, il fait remarquer qu’« avant d’entreprendre des recommandations visant à promouvoir le dépistage organisé du cancer du sein par mammographies, il aurait été plus pertinent de réévaluer sa balance bénéfices/risques au regard des données actuelles de la science ». Leur désaccord est d’autant plus significatif qu’ils étaient les uniques généralistes à participer au groupe de travail.

« Je passe pour une « criminelle » »


Résister à cette pression énorme n’est cependant pas toujours évident, comme l’illustre un commentaire suite au billet du doc du 16 cité plus haut. Un médecin généraliste (MG) constate : « Elle [la médecine générale] est un métier difficile, pas dans le sens que beaucoup pourrait imaginer : horaire, stress etc. ; mais dans le sens où pour bien l’exercer il faut aller à contre sens de l’exercice majoritaire. » Un autre médecin (Christiane) témoigne de la pression exercée par ses pairs : « Ça fait mal de douter, j’ai appris que parce que je tente de donner une information la plus objective possible à mes patientes sur le dépistage que je ne ferai pas pour moi, pour les autres médecins je passe pour une « criminelle ». C’est aujourd’hui que je l’ai appris, je suis triste. Ce serait tellement plus facile de les prescrire sans discuter et à 40 ans, comme nos gynécologues chéris le préconisent; de plus je ne me ferais jamais attaquer pour surdiagnostic, c’est vraiment la solution de confort, je me demande si ça vaut la peine d’essayer, je suis fatiguée ce soir … »

Il paraît évident que certains médecins, ceux qui sont informés, souffrent de cette pression à promouvoir le dépistage. Et de l’autre côté du bureau de consultation, du côté des patientes, que pense-t-on de l’attitude du médecin lorsqu’il joue complaisamment son rôle de rabattant ? Témoignage de Blandine suite à la Lettre ouverte de la Crabahuteuse à l’INCa au sujet des mammobiles[20] :

« Ahhhhhhhhhhhhhh ça fait du bien de vous lire ! Marre de claquer les portes des généralistes les uns après les autres, parce que marre de m’entendre proposer puis vouloir « imposer » cette foutue mammo que je ne ferais pas ! (et ce pour n’importe quelle consultation sans aucun rapport avec le cancer du sein …). Et certains médecins ont beaucoup de mal à entendre le NON, et quand vous voulez dégainer les études et infos que vous avez rassemblées, le dit médecin vous retoque d’un « mais c’est qui a fait dix ans d’études ? Vous ou moi ? Qui sait lire une étude médicale ? Vous ou moi ? » … OK tu veux jouer comme ça au revoir Dr …j’ai changé une fois, deux fois, trois fois de généraliste … ou plus. J’espace mes consultations et me débrouille sans consulter – pas bien je sais, mais ras le bol de lutter contre les moulins à vent …[21] »

La consultation de dépistage

Et pour les médecins qui se font tirer l’oreille à parler de la mammographie même hors sujet, on va les y forcer un peu en créant une consultation entièrement consacrée au dépistage. C’est ce que réclame, entre autres, la Ligue contre le cancer. « Pour l’intérêt des femmes, la Ligue contre le cancer demande une « consultation de dépistage » par le médecin traitant », nous annonce-t-elle le 1er octobre 2013[22], avant de nous expliquer pourquoi cette consultation s’impose : « Depuis de nombreuses années, Octobre rose a permis de briser les tabous autour du cancer du sein et de promouvoir le dépistage. Mais aujourd’hui, avec la profusion des messages, des pratiques, des émetteurs nous assistons à un essoufflement, une confusion voire une absence de résultats. Pour mieux accompagner les femmes… Pour leur apporter une information éclairée et exhaustive… Pour créer un parcours de dépistage performant avec un suivi personnalisé… La Ligue demande pour les femmes concernées la mise en place d’une « consultation de dépistage » avec leur médecin traitant au début du parcours de dépistage, véritable temps d’échanges et de dialogue. Ceci garantit une réduction des inégalités, une bonne information de la femme qui peut alors avoir un choix éclairé, élément clé partagé par et avec l’ensemble des acteurs de la lutte contre le cancer. »
Cette « consultation de dépistage » est-elle véritablement dans l’intérêt des femmes ? Affaire à suivre…




[7] « La mammographie reste un outil de dépistage efficace », Le Figaro, 3 février 2012 

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/02/03/17214-mammographie-reste-outil-depistage-efficace

[9] La Dépêche du Midi, 17 décembre 2010
[12] Il s’agit de Martine Rousseau, médecin généraliste, membre du COMUP

[14] The Patient Paradox : Why Sexed-Up Medicine is Bad for Your Health, Pinter & Martin, 2012


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Publié dans CAMPERGUE RACHEL, CANCER DU SEIN, CHAPITRE 5, dépistage organisé, octobre rose | Commentaires fermés sur Bonnes feuilles du dernier livre de Rachel Campergue.

LES CHIENS ABOIENT, LA CARAVANE PASSE…

Ça a débuté quelques semaines après le cru 2013 d’Octobre Rose.
 
Je tombais par hasard nez à nez avec un mammobile, long semi-remorque rose transportant personnel et matériel destinés à effectuer le dépistage du cancer du sein.
 
Les femmes âgées de 50 à 74 ans étant encore à ce jour invitées tous les deux ans à passer une mammographie de dépistage selon les recommandations nationales, on peut penser qu’offrir le service d’une unité mobile de dépistage en plus de l’offre radiologique libérale ou hospitalière se justifie, notamment dans les contrées reculées. On en reparlera à la fin de ce billet.
 
Je précise qu’il est question ici du dépistage systématique dans la population générale et non des femmes présentant des risques nécessitant un suivi particulier.
 
C’est alerté par le surprenant message inscrit en gros sur la remorque du camion visible sur la photo ci-dessus « Utile dès 40 ans-On a toutes à y gagner » que je me suis mis à fouiner un peu au point d’avoir l’envie d’en faire un billet : La papamobile à son âge OK mais la mammobile à cet âge ? 
 
 
C’est ainsi qu’au passage de la caravane rose, les premiers aboiements du caniche engendrèrent ceux d’autres chiens(nes). Un groupe informel de soignants/patientes se forma pour relayer, réactiver et compléter le message comme ici chez :
 
 
 
Cela donna même l’occasion à Martine Bronner de nous révéler le rêve dingue d’égalité hommes-femmes qu’elle fit : Lis ça, on peut en rire mais pas que…
 
Et chose inespérée, l’Institut National du Cancer (INCa) répondit à l’interpellation d’Hélène La Crabahuteuse. Cette réponse est consultable dans les commentaires de son billet déjà cité plus haut. En voici des extraits :
 
« Il est, en effet, tout à fait juste de rappeler que le programme national de dépistage organisé du cancer du sein porte sur la tranche d’âge 50-74 ans…
 
…Pour la tranche d’âge 40-49 ans, les bénéfices attendus sont effectivement moindres alors que les risques sont plus élevés (cancers radio-induits, surdiagnostic)…
 
…Nous considérons qu’il n’y a pas lieu, en l’état des évaluations et recommandations nationales actuelles, de proposer ni de soutenir un dépistage par mammographie à des personnes de 40-49 ans sans facteur de risque particulier, que ce soit ou non en mammobile…
 
…Il revient à l’Agence régionale de santé (ARS) du Languedoc-Roussillon de se prononcer sur le sujet… »
 
Il n’est pas toujours aisé de comprendre tout ça, je vais donc tenter de t’en faire une traduction. Caricatures, exagérations, imprécisions diront certains, tant pis. Le poids des mots le choc des photos l’ont toujours emporté sur les formulations couilles molles. Alors je traduis :
 
 
Pratiquer une mammographie de dépistage à des minettes de 40 berges en parfaite santé ne présentant aucun risque ne permet pas forcément de détecter un cancer du sein mais expose de façon non négligeable à en trouver un là où il n’y en a pas avec pour conséquences de biopsier voire pire de traiter des personnes inutilement. Sachant que le traitement ne se résume pas à la prise d’un gramme de paracétamol et en voiture Simone mais plutôt à l’artillerie chirurgie radio-chimiothérapie et son cortège d’effets plus qu’indésirables, je te laisse imaginer le tableau. Si ça ne te parle toujours pas, peut-être qu’imaginer ta femme, ta maîtresse, ta fille, ton amie, ta jeune patiente, avec un sein en moins alors que tout allait bien t’aidera à y voir plus clair. Bon, OK, dans la majorité des cas, ça n’ira pas jusque-là, mais avoue que le simple fait d’attendre le résultat d’une biopsie (geste invasif) qui n’aurait même pas dû être réalisée, peut t’occasionner quelques journées d’angoisse au point de ne pas seulement te passer l’envie d’aller à ton cours de zumba.
 
Le mammobile est la principale cible de ce billet, mais le propos vaut tout autant pour le médecin généraliste, le gynécologue ou tout autre médecin qui prescrirait cet examen de dépistage en moins de deux sur un coin de bureau sans la moindre explication : « Tenez ma brave, vous venez d’avoir 40 ans, alors à partir de maintenant vous ferez cet examen tous les ans. Comme on dit hein, mieux vaut prévenir que guérir et plus on fait ça tôt, mieux c’est… » La patiente repart ainsi rassurée par un ramassis de conneries avec son ordonnance pliée en deux au fond de son sac à main. Oui, nous parlons essentiellement ici de ce qui se voit dans le cadre du dépistage organisé, mais n’oublions surtout pas tout ce qui se pratique sans véritable cadre et qui est peut-être encore plus grave, à savoir le dépistage individuel fait par-dessus la jambe.

Le mammobile dès 40 ans, infime partie émergée de l’iceberg flottant dans les eaux troubles du dépistage du cancer du sein ?  Ce dépistage, meilleure façon de faire croire qu’on se préoccupe du sort des femmes sans mettre le moindre biffeton dans une véritable démarche de prévention ? (Dépister = traquer une maladie déjà apparue / Prévenir = éviter que cette maladie survienne).
 
Tu vois, le sujet est tout de même sérieux car les conséquences liées au mammobile dès 40 ans peuvent être plus que fâcheuses. D’où l’idée de l’INCa d’alerter l’Agence Régionale de Santé concernée par le mammobile 34, l’ARS étant une sorte d’antenne du ministère de la santé à l’échelon régional. Pour en savoir plus sur les ARS et observer leur grande réactivité, tu peux lire ça :
 
 
 
 
Voilà grosso modo où nous en sommes. Sauf que là, le cru 2014 d’Octobre Rose débute et que… et que l’on peut affirmer que des chiens peuvent aboyer jusqu’aux oreilles de l’INCa, la caravane continue de passer paisiblement. Car la photo ci-dessus avec ce message mensonger a été prise pas plus tard qu’il y a quelques jours. Les pratiques semblent donc inchangées.
 
Que pouvons-nous en conclure ?
 
Que le seul moyen moderne de communication entre l’INCa et l’ARS fut un pigeon voyageur déplumé s’étant trompé de direction ?

Que l’ARS en question a bien reçu le message mais que voyez-vous, il est délicat de faire changer des pratiques historiquement expérimentales… dans cette province tellement éloignée de Paris et tant pis pour les quelques minettes qui en paieront possiblement les frais sans le savoird’autant que c’est pas la sécu qui finance mais les communes hôtes ?
 
Que dans une société dans laquelle seuls le profit et l’argent de quelques-uns priment, rien d’étonnant à ce que le domaine de la santé soit contaminé jusqu’à la moelle ? Business is business, même s’il y a un risque de biopsier voire de mutiler deux ou trois nanas pour rien au passage ? Qu’importe, elles ne le sauront jamais ! Au pire, c’est réparable, il y a des prothèses mammaires en stock… Fuck l’intérêt du patient, in the pocket le fric même s’il pue ?!
 
Ouais je sais, c’est un peu hard, et j’entends déjà certains me dire que je vais trop loin… euh, n’inversons pas les rôles quand même et relisons ensemble à voix haute sous la baguette du chef de chœur la réponse de l’INCa :
 
« Pour la tranche d’âge 40-49 ans, les bénéfices attendus sont effectivement moindres alors que les risques sont plus élevés (cancers radio-induits, surdiagnostic) »
 
C’est pas moi qui l’ai inventé ça.
 
Bilan des courses :
 
  1. L’INCa est au courant, on en a la preuve et il ne peut plus fermer les yeux puisqu’il s’est prononcé et a délégué à l’ARS.
  2. L’ARS si elle est véritablement au courant n’a soit rien fait, soit tenté de faire mais sans succès.
 
Alors maintenant, que fait-on ?
 
Les instances ne bougent pas ou plus un sourcil. Silence radio (induit). Cela se passerait-il de la sorte s’il s’agissait du corps des hommes ? Se remueraient-elles le fion s’il était notamment question de l’excroissance masculine évoquée dans le rêve d’égalité de Martine ? (Si tu ne l’as pas lu, vraiment, lis-le)

 
Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales et de la santé s’est vue refourguer les droits des femmes lors du dernier remaniement. Santé, social, droits des femmes, ça me semble beaucoup pour une seule personne mais au moins ce sujet devrait lui causer : un peu de cohérence pour la santé des femmes dont les droits sont quelque peu bafoués dans cette histoire serait la bienvenue non ?
 
Malheureusement je crains très honnêtement qu’elle soit trop occupée, voire noyée par tout son taf puisqu’il paraît, je dis bien il paraît car ma source n’est absolument pas fiable d’autant que j’y ajoute le mode plein gaz de sarcasme, qu’elle a déjà commencé à effacer les noms de marque sur quelques paquets de cigarettes qu’elle prévoirait d’aller installer en personne dans le rayon d’un buraliste de la capitale en compagnie de nombreuses caméras de BofFM TV voire Canal Plouc et que surtout toute ministre qu’elle est et malgré tout le respect qu’on lui doit, elle y pane tout bonnement que dalle à tout ça et que encore plus que surtout, demander de la cohérence à une personnalité politique c’est demander la Lune.
 
Donc même si la caravane passe et repasse, tant qu’ils ne seront pas muselés, quelques chiens continueront à aboyer pour alerter celles et ceux qui voudront bien les entendre.
 
Je répète car c’est important que ce billet concerne les femmes âgées entre 40 et 49 ans sans risque particulier.
 
Si tu es une femme âgée entre 50 et 74 ans sans facteur de risque, il reste à ce jour recommandé en France de te rendre dans ce genre de mammobile ou ailleurs (radiologie libérale, hospitalière) tous les deux ans pour bénéficier du dépistage du cancer du sein.
 
 
Sache cependant qu’une personne avec laquelle j’ai eu la chance de converser a écrit un livre très riche et très pertinent sur le sujet du dépistage du cancer du sein. Il s’agit du livre No mammo ?  de Rachel Campergue. Mon petit doigt m’a informé qu’un second ouvrage décoiffant sur ce thème sera disponible d’ici peu. Mais si tu n’as pas envie ou pas le temps de te plonger dans cette prose fournie, je t’invite au moins à lire ce billet sur le site « Voix médicales » qui détricote parfaitement bien le sujet. Juste histoire d’avoir une information claire, indépendante afin de choisir librement et en toute conscience de te faire dépister. Bonne lecture.


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Publié dans ARS, CANCER DU SEIN, Dépistage, histoire de camion rose, histoire de coup de gueule, histoire de dépistage, INCa, mammobile, mammographie, No Mammo, octobre rose, Surdiagnostic | Commentaires fermés sur LES CHIENS ABOIENT, LA CARAVANE PASSE…

Brèves (médicales) de vacances

Pour ceux qui auraient vraiment déconnecté pendant les vacances, ce qui semble être une solution élégante pour prévenir le burn-out, voici quelques idées glanées ici et là que je tenterai de développer plus tard (mais je suis certain que je n’en aurai pas le temps).

Mes amis les oncologues…
Je tenterai d’éclaircir le cas Nicole Delépine que j’avais encensée ICI pour les questions qu’elle posait sur la protocolisation extensive des patients. Il semble, d’après des sources dignes de foi, qu’il faudrait se méfier. Se méfier de la personnalité elle-même de la professeure et se méfier de ses soutiens (anti vaccinalistes et extrême-droite). Mais il est évident que les constatations que je fais constamment sur la façon dont les patients porteurs d’un cancer sont pris en charge ne peuvent que me rendre attentif à quelqu’un du sérail qui ose dire ce que personne ne dit.
Si quelqu’un veut bien s’y mettre…
Je suggère également à la personne qui aurait le temps de se pencher sur le sujet d’une enquête sur les financements, les pratiques, les médecins de l’Institut Gustave Roussy qui fait la pluie et le beau temps sur les prises en charge et les traitements dans le cancer : une fondation privée implantée au centre de l’Etat et profitant des décisions de l’Etat. A suivre.
Toujours est-il que je découvre un article estomaquant dans le JAMA (ICI pour l’abstract et LA pour l’article) : les 71 molécules anti cancéreuses (tumeurs solides réfractaires et / ou métastasées et / ou avancées) approuvées par la FDA entre 2002 et 2014 ont augmenté l’espérance de vie de 2,1 mois en moyenne et au prix moyen de 10 000 dollars par traitement sans compter de sévères effets indésirables (voir LA un commentaire Minerva). Merveilleux !

La pilule estro-progestative pourrait entraîner un sur risque de cancer du sein. L’article publié dans le journal américain Cancer Research est lisible in extenso LA. Il pose de réelles questions même s’il concerne les forts dosages en estrogènes. J’avais abordé ce sujet lors d’une réunion Prescrire en 2012 où intervenait Peter Götzsche (voir LA). Il m’avait dit ne pas avoir d’informations sur le sujet et un chercheur français, Philippe Autier (ICI), m’avait renvoyé dans les cordes avec autorité. Nul doute que les données japonaises (pays où il y avait peu de cancers du seins et peu de contraception estro-progestative, ce qui achangé désormais) sur les liens entre cancer du sein et contraception devront être envisagés dans les années qui viennent… à moins que l’augmentation considérable du nombre des cancers du sein au Japon ne soit liée, comme le suggère Götzsche, qu’à l’augmentation du nombre des mammographes…
Il est évident que nous avons besoin de confirmations et d’autres travaux mais, pour le moment, cette information doit être cachée, les femmes ne doivent pas le savoir, car, selon les socio-historico-anti hygiénistes (voir LA), l’avancée majeure scientifico-sociétale de la contraception ne saurait se satisfaire de propos contraires au progrès.

Formidable offensive pro vaccin anti HPV dans le British Medical Journal.
Dans le même numéro un éditorial (ICI) et un point de vue (LA) insistent sur l’impérieuse nécessité de vacciner les garçons contre le HPV. Je suis choqué. Non par seulement par le contenu de ces articles mais par le fait qu’il s’agit de publi-reportages :
L’éditorial est écrit par trois auteurs (Margaret Stanley, Colm O’Mahony et Simon Barton). MS signale comme liens d’intérêts : « member of scientific advisory boards for GSK Biologicals, MSD Merck, and Sanofi Pasteur MSD and has received consultancy fees from these companies) » ; CO : has received lecture fees from GlaxoSmithKline and Sanofi Pasteur MSD) ; SB : no competing interests. Ils s’autocitent (première référence) avec un éditorial de 2013 où CO et SB have received lecture fees from GSK and SPMSD. On comprend mal que SB, entre 2013 et 2014, soit passé du statut de liens d’intérêts à indépendant de big vaccine.
Quant au point de vue personnel de Gillian Prue (affiliée au HPVAction.org dont il n’est pas possible de savoir s’il y a ou non des sponsors, il ne cesse de citer des articles sponsorisés par GSK, Sanofi Pasteur MSD…
Que fait le BMJ ?

Les médicaments pour traiter l’hépatite C sont trop chers.
Nous avons assisté à un feuilleton politico-médiatique concernant cette affaire et c’est un repenti, JF Bergmann, lui qui fut au centre d’un système qui se tut pour le Mediator, qui a écrit un article lumineux  sur le sujet : big pharma met le paquet sur le prix des médicaments anti hépatite C car la maladie est en train de disparaître ! Lire LA.

La génétique au service de la médecine « prédictive » est une imposture.
Un numéro de la Revue Esprit est consacré à ce sujet (ICI). Je retiendrai essentiellement ceci : il n’existe pas d’un point de vue génétique de médecine « individualisée » (pour 1000 dollars il est possible d’obtenir de décryptage de son génome) car la génétique est avant tout, et sauf exceptions, une science des populations. J’essaierai d’expliquer les deux versants du pari génétique : épistémique et ontologique. C’est fait ! ICI

Une note littéraire.
Je lis le Dictionnaire amoureux de Marcel Proust écrit par les Enthoven père et fils et je tombe sur une entrée consacrée au docteur du Boulbon ou plutôt à l’albumine mentale. Je ne me rappelais pas que ce médecin était l’ancêtre de Knock de Jules Romains (et du disease mongering anglo-saxon, voir LA) et je vérifie que Proust a bien écrit avant Jules Romains : avant, mais de peu (1922). Les Enthoven m’apprennent que le docteur du Boulbon faisait parfois attendre ses patients jusqu’à ce qu’il ait terminé la lecture d’un livre…
Passage savoureux dans Proust (La Recherche Tome II, p 303 – La Pléiade 1952). La grand mère du narrateur, malade, s’adresse au docteur :
« Mais j’ai aussi un peu d’albumine.
– Vous ne devriez pas le savoir. Vous avez ce que j’ai décrit sous le nom de l’albumine mentale. Nous avons tous eu, au cours d’une indisposition, notre petite crise d’albumine que notre médecin s’est empressé de rendre durable en nous la signalant. Pour une affection que les médecins guérissent avec des médicaments (on assure, du moins, que cela est déjà arrivé quelquefois), ils en produisent dix chez des sujets bien portants en leur inoculant cet agent pathogène, plus virulent mille fois que tous les microbes, l’idée qu’on est malade... »
Je propose donc que la stratégie de Knock soit remplacée par la stratégie de du Boulbon (voir LA) et que l’on rende à Marcel (dont le père et le frère étaient médecins) ce que l’on attribue à tort à Jules.

Un article de blog utile.
J’étais passé à côté d’un billet remarquable (un peu trop enthousiaste à mon goût sur les vertus de l’administration) du docteur Milie (ICI) qui concerne le travail de nos patients et ce qui peut leur arriver (arrêts, invalidité). On y trouve des conseils pertinents.

(Chicago : photographie du docteur du 16)

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Publié dans BERGMANN JEAN-FRANCOIS, BMJ, CANCER DU SEIN, DOCTEUR MILIE, DU BOULBON, FDA, GARDASIL, hepatite C, MARCEL PROUST, MEDECINE PREDICTIVE, Oncologie, pilule | Commentaires fermés sur Brèves (médicales) de vacances

Histoire de non consultation 173.

A la sortie de la boulangerie, vers midi, je rencontre Madame A, 60 ans, qui me fait un grand sourire, ce qui me surprend.
La dernière fois qu’elle est venue consulter au cabinet doit remonter à une petite trentaine d’années.
Et je me rappelle parfaitement les circonstances de sa dernière visite. Cela m’a marqué.
Pendant tout ce temps je l’ai aperçue de très nombreuses fois dans le centre ville à l’heure du déjeuner mais à une distance telle qu’elle ne pouvait m’aborder.

Je me rappelle parfaitement la raison pour laquelle, selon moi, elle a cessé de venir au cabinet. J’ai comme un sentiment de gêne depuis ces années.
Elle est restée une grande belle femme mais, maintenant que je suis près d’elle, à distance de conversation, je remarque qu’elle a vieilli (et sans doute pense-t-elle la même chose de moi).
« Docteur, je voulais vous dire combien je vous considère comme un bon médecin et je regrette de ne pas avoir continué à venir vous voir.
-Ah…
– Oui, vous savez, il y a quinze ans, j’ai fait un cancer du sein…
– Et ? « 
Madame A était alors secrétaire à la mairie.

Elle était venue consulter pour que je lui represcrive la pilule. On était au tout début des années quatre-vingt, j’avais trois ans d’installation en médecine générale, j’avais été un étudiant zélé formé à Cochin Port-Royal, on m’avait enseigné…

(et, à l’époque, mais j’espère que cette époque est révolue, on me dit pourtant que je me fais des illusions, je n’avais même pas l’idée que les cours, les conseils prodigués en cours, les recommandations — bien que ce terme n’existât pas encore–, pouvaient être criticables et critiquées. L’autorité de la Faculté, des professeurs, je n’imaginais même pas que l’on puisse la remettre en question. J’avais bien remarqué la structure pyramidale universitaire et hospitalière, son côté « le patron a toujours raison même quand il a tort », son machisme, sa misogynie, son conservatisme, sa morale réactionnaire, sa politisation à droite, et j’avais aussi pu identifier des îlots de liberté ou  de liberté de ton ici ou là mais qui pouvaient être attribués à des vengeances personnelles ou à des rancoeurs, des querelles de personnes ou des querelles politiciennes, et il y avait même eu mai 68, les événements avaient été sévèrement réprimés à Cochin avec blocages de nominations, interruptions de carrière, et cetera, mais je n’avais pas encore pris conscience que c’était scientifiquement que le discours pouvait être biaisé, influencé, perverti, par des intérêts moraux, éthiques, financiers, politiques et autres qui asseyaient le système mandarinal que l’on pouvait assimiler sans erreur à un système totalitaire)
on m’avait enseigné que pour prescrire une pilule il fallait faire plein de trucs dont palper les seins. Je me rappelle même que la femme d’un collègue m’avait dit lors d’un « repas de labo », et j’avais opiné du bonnet (humour), à propos d’une gynécologue de Mantes « Elle ne palpe même pas les seins », ce qui était le comble de l’ignorance et de la faute professionnelle.

Donc, à l’époque, et les choses ont mis du temps à évoluer, et je crois qu’elles n’ont toujours pas évolué dans l’esprit de certains médecins, la prescription de pilule signifiait, entre autres, palper les seins, la femme les mains sur la tête, quadrant par quadrant, on décrivait même dans les bons livres la façon de placer les doigts, et, selon ma morale commune, je ne savais même pas ce qu’était une étude en double-aveugle, enfin, je savais un peu mais je n’en avais jamais lu une, mais encore moins une étude de cohorte, il fallait palper les seins. J’ignorais tout autant ce que signifiait un sur diagnostic et plein d’autres choses qui ne semblaient pas intéresser la Faculté de médecine mais il me semblait tout à fait indigne et immoral de ne pas palper les seins selon les canons de la médecine de l’époque.

Je lui avais donc palpé les seins non sans remarquer, qu’elle en avait été surprise, voire gênée. 
Et elle n’était jamais revenue me voir mais elle m’avait fait remarquer en passant que son médecin ne le lui faisait jamais.
Nous sommes debout dans la rue, sur le trottoir non loin de la boulangerie.
« Et mon médecin ne m’avait jamais palpé les seins. C’est vous qui aviez raison.
– Je ne comprends pas.
– Eh bien oui, s’il m’avait palpé les seins, il aurait trouvé la tumeur, j’aurais gagné du temps et j’aurais eu des traitement moins durs.
– Vous aviez quel âge ?
– Quarante-cinq ans. »
Que fais-je ? Je lui raconte l’histoire du dépistage du cancer du sein, j’insiste sur le fait que la palpation des seins… que le dépistage organisé actuel et controversé ne commence qu’à 50 ans…
Je lui offre un grand sourire. Et je ne dis rien. Et nous en restons là.

Je ne sais pas dans quelles circonstances son cancer du sein a été découvert, quel type d’intervention elle a subie, si elle a eu une radiothérapie, une chimiothérapie.

Elle ajoute ceci : « Vous n’auriez jamais dû ce jour là examiner mes seins, je n’y étais pas prête, vous avez fait cela comme si vous m’aviez serré la main, cela m’a traumatisée, j’étais votre objet, et, en outre, j’ai vraiment cru qu’il y avait quelque chose de sexuel dans votre façon de faire. J’étais troublée et vous aviez l’air si froid, si professionnel. Vous étiez  inhumain. »

Je voulais donc dire ceci :

  1. Le jugement empathique des patients à l’égard du médecin est un leurre qui conduit à la sur estimation de soi, à la perte des repères, au sentimentalisme médical, à la notion de toute puissance, et, au bout du compte, au burn-out (je n’entre pas à dessein dans le modèle du transfert / contre transfert) (1) quand les divergences entre la réalité rêvée et le vécu quotidien deviennent aiguës. La patiente pense que si on lui avait palpé les seins le cancer aurait été diagnostiqué plus tôt. Pas sûr.
  2. L’Etat de l’Art est à la fois une donnée qui permet de se repérer, de se décider, de travailler, de survivre, et une illusion qu’il convient d’analyser de façon instantanée (ce que l’Etat de l’Art cache : les liens et conflits d’intérêts sous-jacents, l’effet de mode, les illusions collectives, l’absence de données contrôlées, le corporatisme, la volonté de puissance, l’argent, le suivisme…) et de façon longitudinale (la relativité des connaissances, leur volatilité, il ne faut pas avoir raison trop tôt — et trop tard, douter même si tout va dans le même sens, ne pas lire que les publications qui vont dans le sens de l’histoire et de son histoire personnelle, ne pas tweeter que les publications qui vont dans le sens de ce que l‘on pense a priori,…). 
  3. La prescription d’une contraception hormonale n’avait pas la même signification philosophique et sociétale en 1982 que maintenant. On m’avait appris qu’il s’agissait d’un médicament et qu’il y avait des risques, des risques en général, risques avancés qui ne sont pas les mêmes que ceux que l’on avance aujourd’hui. Ainsi, avec le temps, est-on passé d’une grande prudence (examen gynécologique complet, prise de sang, et cetera) dans la prescription de pilule à un je-m’en-foutisme banalisant (le sociétal, à savoir la liberté de la femme pouvant disposer de son corps à tout prix, prenant le pas sur le conservatisme de la mise en avant de possibles effets indésirables mortels ou invalidants) à une prise de conscience des dangers là encore mis sous le boisseau pour cause de société. Mais que de résistances encore ! Nous en avons largement parlé ici et tous les problèmes ne sont pas réglés entre les « sociétaux » qui nient  tout effet indésirable de la contraception hormonale (car la pilule est la plus grande révolution scientifique et sociétale du vingtième siècle…), les big pharmiens qui nient aussi pour faire du chiffre et pour toucher des pourboires et les médecins qui s’occupent de leurs patientes sans se soucier de l’idéologie ou du fric et qui savent que la pilule n’est pas un médicament et que ses effets indésirables sont à la fois mortels, invalidants et… sociétaux.
  4. L’histoire que je raconte est à mon avis exemplaire de l’évolution des relations patients / médecins depuis 1982 et ne conclut rien sur le problème scientifico-sociétal du dépistage organisé du cancer du sein. 
  5. Exemplaire d’un point de vue relationnel : j’avais des certitudes et je les ai imposées à ma patiente ; je ne lui ai pas demandé son avis ; je lui ai palpé les seins sans lui expliquer pourquoi je le faisais ; que savait-elle de l’intérêt de palper les seins ? Ignorais-je (la réponse est non) que palper des seins est aussi un acte sexuel ? 
  6. Exemplaire du problème scientifico-sociétal posé par le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie qui dépasse le débat scientifique pur (je suis d’accord : un débat scientifique pur n’existe pas mais il existe cependant une part objective des données — à ceci près que générer des données, c’est à dire faire des hypothèses, penser un protocole, l’écrire, penser des cahiers d’observation, les écrire, présupposer un mode d’analyse statistique, interpréter les données, écrire l’article, surtout la discussion, est hautement subjectif et impur et influencé par le promoteur de l’essai qu’il soit public ou privé, promoteur qui n’est pas une entité flottant dans les espaces éthérés de la science mais immergé dans la société) : il est plongé dans le bain sociétal qui comprend pêle-mêle, la mort, la maladie, la peur de la mort, la peur de la maladie, le corps des femmes, le patriarcat, la médicalisation de la vie, et cetera.
  7. J’ajoute également que si un sondage était effectué chez les médecins sur le fait de palper des seins dans le cadre des visites de prévention et / ou de dépistage, nul doute qu’une immense majorité de ces praticiens, généralistes comme gynécologues ne diraient pas que la palpation des seins, isolée ou avant une mammographie de dépistage, est un facteur avéré de sur diagnostic. Et encore : j’ai longtemps conseillé aux femmes l’autopalpation de leurs seins de façon systématique, autre source de sur diagnostics.
  8. Qu’en conclure pour le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie ? J’en ai parlé mille fois sur ce blog. J’écrirai, lorsque l’article de la Revue Prescrire dont j’étais relecteur paraîtra, un billet sur l’INCa qui nia tout sur diagnostic pendant des années pour en arriver au chiffre scandaleusement sous estimé de 10 %, ce qui montre combien les agences gouvernementales sont aussi influencées et influençables que les groupes privés qui, influencés et influençables, tentent d’influencer de façon ontologique. Il est désormais nécessaire de proposer une porte de sortie pour abandonner le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie. De telles sortes que personne ne perde la face et qu’il n’y ait pas un séisme dans la société française. Il faut réenvisager les programmes de prévention et de dépistage. A vos réflexions !
La patiente s’est donc trompée sur moi et je ne l’en ai pas dissuadée. Par auto empathie ?
Je vous recommande encore de lire Rachel Campergue. « No mammo ? » ICI
(Illustration : le meilleur quatuor de musique contemporaine dans son cd le plus accompli. 1966. Don Cherry. Leandro Gato Barbieri. Henry Grimes. Ed Blackwell.)

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Cancer/ASCO14 :Moins de ménopauses précoces et plus de naissances après un cancer du sein c’est possible.

Pour l’ouverture de la conférence qui marque son cinquantième anniversaire, la société américaine d’oncologie clinique, ASCO, a choisi de mettre l’accent sur le vécu des patients et de leurs proches. Longtemps focalisée sur la recherche de l’augmentation de quantité de vie, la cancérologie se penche de plus en plus sur les questions de qualité de …

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Les illusions du dépistage du cancer du sein (bis repetita placent)

J’ai lu plusieurs fois sur les forums médicaux ou sur tweeter des médecins affirmer avec aplomb qu’à l’échelle de leur clientèle ils n’avaient jamais constaté un décès par cancer du sein chez les patientes participant au dépistage organisé. Ce qui, bien entendu prouvait l’efficacité du dépistage organisé.
C’est bien entendu du flan.
Ces croyances médicales sont à rapprocher des croyances des patientes sur le même sujet (voire le schéma ci dessus).
Je rappelle ici, mais c’est une notion difficile à faire passer, que la médecine moderne est une médecine collective, c’est à dire, en l’état actuel des choses, que les preuves de l’efficacité d’un traitement ou d’une procédure sont fondées sur des essais contrôlés (i.e. études randomisées en double aveugle) sur des populations sélectionnées. On peut tout critiquer, et nous ne manquons pas de le faire, le protocole de l’essai, les critères d’inclusion et d’exclusion, les critères primaires ou secondaires d’efficacité, la façon dont l’essai a été mené, la qualité des investigateurs, leurs liens d’intérêts, et la façon dont les résultats de l’essai peuvent être interprétés en pratique dans une population réelle (c’est le principe du questionnement EBM en médecine générale : ICI). Il ne faut pas non plus oublier que le questionnement EBM ne signifie pas toujours se fonder sur des données externes contrôlées car il existe des cas où un seul effet indésirable grave peut constituer une preuve de la dangerosité d’une molécule.
Ainsi, si la procédure A est supérieure à la procédure B ou si le médicament A peut être considéré comme ayant un rapport bénéfices risques insuffisant, pourquoi, à l’échelle individuelle, envisager la procédure B ou prescrire le médicament A ? Dans le cas du dépistage du cancer du sein nombre de médecins, et, paradoxalement ceux qui devraient être les plus informés, c’est à dire les gynécologues et les gynéco-obstétriciens, ne suivent pas les recommandations de l’expérience externe et veulent en faire plus, sauver leurs malades malgré elles, se donner bonne conscience, être plus royalistes que le roi, et prescrivent des mammographies avant 50 ans chez des femmes non à risques et à des fréquences curieuses.
Pour en revenir à nos médecins forumistes et / ou twittos qui n’ont jamais vu une femme de leur patientèle mourir d’un cancer du sein en ayant suivi le dépistage organisé, je leur rappelle les chiffres fournis par Cochrane (serait-ce plus parlant qu’un graphique ?) : « Pour 2000 femmes invitées au dépistage pendant dix ans, un décès dû au cancer du sein sera évité mais dix femmes en bonne santé seront surdiagnostiquées. Ce diagnostic par excès conduira à 6 tumorectomies inutiles et à 4 mastectomies non justifiées et placera 200 femmes dans une situation de troubles psychologiques liés aux investigations suivantes. Ainsi, le pourcentage de femmes survivantes à 10 ans sera de 90,2 % si elles ne se sont pas prêtées au dépistage et de 90,25 % dans le cas contraire. »
Je demande donc à ces médecins croyants, et avant qu’ils n’affirment, s’ils ont dans leur clientèle au moins 2000 femmes qui ont été invitées au dépistage pendant dix ans…
Illustration : ICI avec la légende : Panel A shows the views of 50-year-old women in the United States regarding the effect of mammography every 2 years on the 10-year risk of death from breast cancer (at left), as compared with no screening (at right). The areas of the squares are proportional to the numbers of women per 1000 who would be alive (blue), die from breast cancer (orange), or die from other causes (yellow). The numbers were calculated from women’s perceived relative and absolute risk reductions for breast-cancer deaths (Domenighetti et al.4) and U.S. mortality statistics for 2008 from the Centers for Disease Control and Prevention. Panel B shows the actual effect of mammography screening on breast-cancer deaths, with numbers calculated from breast-cancer mortality data for 2008 from the National Cancer Institute and U.S. mortality statistics for 2008, assuming a relative risk reduction of 20% for breast-cancer mortality in women invited to undergo screening (Independent U.K. Panel2).

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De la perception des bénéfices du dépistage du cancer du sein

Il faut lire cet article du NEJM sur le faible intérêt du dépistage du cancer du sein par un organisme indépendant suisse. La figure (francisée) que je reproduis ici est la donnée qui m’a le plus impressionnée. Elle compare la … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Plan Krouchtchev, plan cancer, big pharma, science Lyssenkiste et une Delépine dans le pied de tout le monde.

Cette semaine j’ai écouté d’une oreille attentive et désespérée la rediffusion sur France Culture de l’émission « A voix nue » (ICI) consacrée à cette crapule stalinienne de Pierre Juquin. Avec sa voix doucereuse de Saint-Jean Bouche d’or qui a tout compris à la vie idéologique du vingtième siècle et qui a toujours eu raison quand il avait tort, et vice versa, mais, vous comprenez, les circonstances, j’ai appris, nous ne savions pas, les camps, les millions de morts, il fallait être dans le bon camp, il fallait trahir, il fallait mentir, c’était le sens de l’histoire, je crois toujours au communisme, à vomir (mais un jour je consacrerai un chapitre à la vie privée de Pierre Juquin quand il faisait l’exorciste dans des familles staliniennes moscovites françaises), et je n’ai presque aucun regret, vous comprenez, la lutte contre le fascisme, l’impérialisme américain, la guerre froide. Ouaip…

Pourquoi je vous dis cela ? 

Le plan cancer vient de paraître (voir LA). Contrairement au Hollande-bashing ambiant, je ne vais pas m’en prendre à ce brave garçon car il n’est que la marionnette des experts qui lui soufflent les suggestions dans son oreillette. On ne demande pas au Président de la République de lire les livres de Peter Götzsche (ICI) ou de s’informer ailleurs que dans le BEH, La Vérité de l’InVS. En revanche, les experts autoproclamés de l’INCa, les experts mongerisés, les experts big pharmés, les experts adoubés par l’Eglise de Dépistologie, pourquoi ne s’informent-ils pas ? Pourquoi sont-ils soumis à leurs croyances  aveugles ? Pourquoi sont-ils malhonnêtes ?
Le plan cancer vient de paraître et il y en a tellement à en dire ou à n’en pas dire que je me réserve le temps d’en faire le commentaire plus tard : voir ICI (il n’y a pas encore de lien).

Quel est le rapport avec Pierre Juquin ? Le voici.
Pierre Juquin, Joseph Prudhomme de la pensée marxiste orthodoxe, qui sait tout sur le passé et encore moins sur l’avenir, parle sur France-Culture du rapport Krouchtchev (1956). Ce fameux rapport Kroutchchev que les dirigeants du PCUS (Parti communiste de l’union Soviétique) avaient communiqué aux dirigeants communistes de l’Ouest en leur disant de la fermer, ce fameux rapport qui avait été publié dans la presse « bourgeoise » et que l’on appela chez les staliniens français le rapport attribué à Krouchtchev, vous saisissez la nuance dialectique, eh bien, les staliniens français se sont tus, on ne parlait pas encore de lanceurs d’alertes, ils ont tout gardé pour eux, ce fameux rapport montrait à quel point le communisme avait été une formidable machine de mort, les communistes ont tué plus de millions de personnes que les nazis et autres, et au coeur de l’Europe, comme les nazis, et les communistes français, les grands humanistes, les Maurice Thorez, le grand résistant, les René Piquet, les Pierre Juquin, les Pierre Laurent, les Maxime Gremetz, les René Andrieu, ils n’ont pas eu un mot pour les victimes, pas eu un mot pour les camps, pendant vingt ans ils ont fermé leurs goules, pour des raisons liées à l’internationalisme prolétarien, pour des raisons x, y ou z, parce que, écoutez bien, au moment du printemps de Prague, douze ans après, ils avaient peur de l’intervention des troupes russes (sic).

A l’INCa, où probablement, il y a autant d’anticommunistes primaires qu’ailleurs et autant de fils de et de grands bourgeois que dans les autres institutions médicales de la République, il y a aussi le rapport Cochrane ou le rapport attribué à Cochrane sur le cancer du sein (ICI pour le résumé et LA pour la publication in extenso) et il y a aussi des données non confidentielles que l’on met sous le coude, que l’on n’examine même pas car elles ne vont pas dans le sens de la grande guerre contre le cancer, de la lutte à mort contre les cellules cancéreuses, et elles pourraient mettre en péril l’idéologie dépistologique qui règne dans les consciences bien pensantes de la médecine officielle française. Il y a des membres de l’INCa qui, contre toute logique, ne savent pas ce qu’est un sur diagnostic, il y a des crapules sénologues qui minimisent les sur traitements et qui cachent leurs liens avec big pharma. Mais la Société Française de Sénologie n’est pas en reste, c’est une sous secte de la Grande Eglise de Dépistologie, car en consacrant un numéro de revue au sur diagnostic en novembre 2011 sa présidente Brigitte Seradour avait avoué 5 à 10 % de sur diagnostics (LA) contre 50 à 30 % pour respectivement Bernard Junod et Peter Götzsche, mécréants de cette Eglise.

La France n’est pas une république bananière, c’est une monarchie héréditaire au service des intérêts privés.
Dominique Dupagne a, en un autre domaine, dénoncé récemment le problème du contrat passé entre l’Education Nationale, grand machin qui prépare les fils des classes populaires à s’inscrire en toute conscience à Pôle Emploi une fois sortis du systéme, et l’industrie sucrière, organisme philanthropique ayant des liens d’intérêts indirects avec les dentistes, pour former les élèves à l’usage du sucre (ICI). On me dit que cela a commencé en 1990… C’est comme si le cartel de Pablo Escobar assurait à l’école les cours sur le bon usage de la cocaïne. Ou comme si American Tobacco assurait les cours sur le tabagisme. Mais tout cela ne choque personne car il faut bien prendre l’argent quelque part pour enseigner aux enfants de l’école républicaine comment boire du coca ou acheter des barres chocolatées avant de se retrouver au chômage, prendre de l’argent où il est, de l’argent désintéressé, comme dans la recherche médicale : qui assumerait la formation des médecins si big pharma n’apportait pas ses trente deniers ?

La cancérologie est une science exacte au service des oncologues où, accessoirement, des malades font leur apparition, des malades décharnés et haves, qui en sont à leur douzième cure de chimiothérapie, et pourtant à qui on promet encore la vie, et qui sont les objets consentants et informés d’essais cliniques pour des médicaments incertains qui auront aisément leur AMM pour avoir amélioré, en double aveugle, l’espérance de vie d’un jour et quart, des essais cliniques ambulatoires, les patients faisant des allers retours fatigants entre Villejuif – Auschwitz, les couloirs de la mort, et leur domicile…

Personne ne prétendra que la cancérologie en général n’a pas fait de progrès, que l’on ne traite pas mieux les cancers, que l’espérance de vie des patients n’augmente pas dans certains cancers, que des patients sont sauvés, et cetera, et cetera,  que l’accueil des patients n’a pas été amélioré (on partait de loin), que l’information sur les effets indésirables ne se fait pas, que les rendez-vous ne sont plus assurés avec des retards incroyables, mais je dirais, en paraphrasant Jonathan Nossiter (1) quand il parlait des restaurateurs : « Vous êtes de bons cancérologues mais vous êtes de piètres médecins. »

Le point de vue du médecin généraliste est un point de vue comme un autre mais il a l’avantage d’être à la fois dehors et dedans, c’est à dire que « son » patient est à la fois dehors et dedans. Il entend le discours des cancérologues, il lit les écrits des cancérologues, il ne participe pas aux réunions de concertation, il entend les propos des malades (qui ne comprennent jamais rien, c’est évident), ils entendent comment les malades ont été considérés ici ou là, comment les familles ont été informées ou non, comment les traitements ont été proposés mais plutôt imposés, comment les réglettes d’EVA ont été brandies, comment les transports sont organisés entre les différents lieux de soins, comment est programmée la débauche d’examens complémentaires, comment les rendez-vous sont annulés ou reportés, comment… la consultation d’annonce est annoncée au médecin traitant après qu’il a revu le patient ou la patiente, ce qui permet à ce brave médecin généraliste de rester dans le flou et de commencer l’exercice périlleux du mensonge aux patients cancéreux…

Il existe aussi des cancérologues, on dit désormais oncologues, ceux-là du secteur privé, qui écrivent des tribunes libres dans Le Point (voir LA) pour défendre l’indéfendable, en citant des publications biaisées et des économistes néo-libéraux, en mentant comme des arracheurs de dents comme ils le font avec leurs patients, et en se déclarant indépendants alors qu’ils « touchent », ils « touchent » et ils « touchent »… Heureusement que Pernelle a réagi, a fait l’enquête (les journalistes ont déjà du mal à tendre leurs micros, écrire des articles critiques leur donnerait des douleurs critiques, ils se taisent donc ou refusent d’examiner les faits), a écrit un billet complet « Indignation en soldes » qui fait le boulot et montre (LA) la vacuité existentielle et le trop plein du compte en banque de ces médecins dévoués corps et âmes aux statistiques fausses des plans cancer. Il y a la liste des 68 médicaments à éviter selon Prescrire (voir LA) et il y a maintenant la liste des 78 oncomédicochirurgiens à encenser.

Nous pourrions parler aussi d’Agnès Buzin, la directrice de l’INCa, dont un tweet rappelle avec intérêt le parcours professionnel et… privé (LA). Connaît-elle le rapport attribué à Cochrane ?
Nous ne parlerons pas non plus de l’ancien directeur de l’INCa, le professeur K, grand habitué des plateaux de télévision qui lui permettent d’augmenter ses honoraires de consultations privées, et qui en fut chassé pour malversations familiales.

Mais là, si vous le permettez, nous allons entrer dans le sublime, il y a aussi des dissidents de l’INCa. Des dissidents qui pensent qu’on n’en fait pas assez, que l’INCa est mou du genou, qu’il ne va pas jusqu’au bout, qu’il faut mettre le paquet. Ce sont les membres de l’AFU (Association française d’urologie) qui, contre toute logique, contre toute évidence, ont décidé que le PSA était l’alpha et l’omega du dépistage du cancer de la prostate. Les arguments de ces parangons de la vérité scientifique, de l’absence totale de liens d’intérêts et dont les représentants les plus brillants sont, par exemple, le grrrrrrrrrand professseur Guy Vallancien qui tient salon dans le journal Le Monde et qui a ses entrées un peu partout, comme on dit, et de plus petits professeurs comme Michaël Peyromaure, je le cite mais ne voudrais pas faire de jaloux, dont nous avons jadis analysé les brillants écrits (ICI) mais aussi le professeur Morgan Rouprêt qui s’est distingué récemment par la publication d’une tribune enflammée dans le journal L’Humanité.

Ces urologues font partie du club très ouvert des pro PSA et ils ont pignon sur rue. Ils disent le contraire des recommandations mondiales mais ils continuent de parader sur tous les tréteaux. Ce club rassemble ceux qui pensent, en gros, que seuls les urologues ont raison puisque ce sont eux qui font l’urologie, que l’épidémiologie est une science du passé, nous ne faisons pas de l’épidémiologie mais de la médecine (et ici de la chirurgie), que le sur diagnostic est une notion a posteriori qui donc, dans une pratique raisonnée et raisonnable de la chirurgie, est une donnée non prospective et que, au doigt mouillé, il est clair qu’on ne voit plus de cancers de la prostate métastasés, ce qui signifie, CQFD, qu’on a raison de couper les prostates, de les irradier, et d’hormoniser les patients pour les rendre immortels. Malheureusement le story telling urologique de l’AFU (qui, avec les années, a réussi à faire avaler la distinction entre dépistage personnalisé et dépistage universel) est a scientifique et démenti par les faits et les essais. Mais il ne faut pas parler d’essais cliniques à ces irréductibles Gaulois (2) ou seulement des essais qui vont dans le sens de l’urologie française triomphante, car, vous ne le saviez pas, je l’ai appris par tweeter du fameux professeur d’urologie de l’Institut Mutualiste Montsouris, que les essais cliniques nord-américains, notamment dans le NEJM, ceux qui affirment que le dépistage systématique du cancer de la prostate chez les hommes entre 50 et 69 ans, ne sert à rien en termes de mortalité spécifique sont des essais biaisés et qu’ils sont le fruit de l’impérialisme américain. 

Morgan Couprêt publie donc « Un déni de démocratie sanitaire » dans le journal des travailleurs et des travailleuses (ICI) en jouant sur la corde sociale sensible. Cet article est un tissu de contre-vérités flagrantes, un appel au peuple, une argumentation (?) pleine de sensiblerie et un plaidoyer pour la spécialité chirurgicale la mieux dotée et où les honoraires sont parmi les plus élevés du corps médical. Que L’Humanité ne se trompe pas de combat. Morgan Couprêt développe des arguments idéologiques dignes d’une science néo lyssenkiste, celle qui veut tordre le cou non seulement aux données de l’épidémiologie (une science bourgeoise ?) mais aussi à l’impérialisme américain : les petits pois de Mandel sont remplacés par les noisettes de l’AFU. Les journalistes du quotidien communiste auraient pu se renseigner sur le bonhomme  (3, 4).

Mais il existe heureusement dans le domaine de la cancérologie des outlaws, des rebelles, des ennemis de l’intérieur, comme Nicole Delépine (voir LA) qui osent écrire : « Et si, au lieu du cancer, c’était au traitement que vous aviez « survécu ». Elle a publié des livres iconoclastes (comme « La Face cachée des Médicaments » —ICI— ou « Le cancer, un fléau qui rapporte » — LA–, on doit la traiter de je ne sais quoi dans le milieu oncologique (comme on avait traité Iréne Frachon de je sais quoi dans le milieu machiste pneumologique). Elle commente un article de Virginia Postrel (ICI) et elle ne croit pas au plan cancer. Elle ne croit pas que les destructeurs du système de santé puissent être les « amis » des malades. Elle connaît la situation de l’intérieur, elle sait combien on ne traite pas des patients mais des cancers, bien plus, elle sait que l’on ne traite pas des cancers mais des cellules cancéreuses et que les deux cancers dont on parle le plus, celui du sein et celui de la prostate, sont de grandes arnaques scientifiques. Elle lit la littérature internationale et pas seulement celle écrite par les sénologues et par les urologues (ici gaulois), elle sait que l’on ne peut parler d’efficacité du dépistage que si la mortalité spécifique baisse alors que le nombre de cancers dépistés a augmenté, sinon, comme elle le dit, on traite des non cancers, on sur diagnostique et on sur traite…

Elle ne dit pas mais je le dis pour elle que les chimiothérapies de troisième, quatrième, voire cinquième ligne sont des aberrations, sont des renoncements de la part des oncologues qui ne peuvent faire autrement que continuer le traitement pour ne pas désespérer Billancourt, pour ne pas avoir à dire dire aux malades et à leur famille « Nous avons échoué » comme n’importe quel médecin traitant le dirait à son malade de trente ans. Elle sait mais ne dit pas que nombre d’essais cliniques sont menés  sur des cadavres ambulants en dépit de toute éthique, en faisant des promesses fallacieuses, en promettant la guérison à des patients qui sont déjà morts… Elle ne dit pas non plus que la finalité de ces essais est d’obtenir une AMM, une facile AMM, un prix considérable, facilement considérable, car, que voulez-vous, si on sauve un patient, il n’y a pas de prix, en cachant les effets secondaires ou en les minimisant et qu’ils permettent aux expérimentateurs de faire les malins dans les congrès en lisant des textes qu’ils n’ont souvent pas écrits en s’aidant d’écrans power point composés pour eux et aux frais de leurs maîtres big pharmiens.

Nous reviendrons dans une deuxième partie sur le plan cancer lui-même.

Je voudrais souligner, en guise de conclusion provisoire, que ce tableau apocalyptique est un constat systémique, il y a bien entendu des hommes et des femmes bons dans ce milieu, moraux, respectables mais on attend qu’ils quittent leurs fonctions pour qu’ils puissent parler et faire enfin les révélations que nous avons déjà faites.

PS (je rajoute ce qui va suivre le 4 août 2014 où, dans la même journée, j’apprends

  1. Qu’un article américain rapporte que les 71 dernières molécules anti cancéreuses (Tumeurs solides réfracraires et/ou métastatiques et/ou avancées apportaient en moyenne une survie augmentée de 2,1 mois) : LA
  2. Qu’un article américain rapporte une augmentation du nombre des K du sein chez les femmes entre 20 et 49 prenant une contraception O/P ICI : augmentation du risque relatif de 50 % ((OR, 1.5; 95% CI, 1.3–1.9))avec des variations selon les pilules. Les quelques cliniciens qui parlent de cela depuis des siècles vont-ils enfin être écoutés ?

Notes
(1) Le goût et le pouvoir, Paris, Grasset, 2007. Jonathan Nossiter dit à un chef étoilé célèbre après un repas :  « Vous êtes un excellent cuisinier mais un piètre restaurateur. » parce qu’on mangeait bien mais que les clients étaient mal reçus.
(2) Les mêmes Gaulois qui continuaient à prescrire du distylbène (DES) alors que tout le monde savait (les non Gaulois) que c’était inefficace et dangereux ; les mêmes Gaulois qui prétendaient que le traitement hormonal de la ménopause était efficace, non dangereux, voire féministe — nous n’avons pas le temps ici de développer.
(3) Pour les journalistes de L’Humanité, quelques données concernant le professeur fort de 378 articles recensés par PubMed (ICI), la bible de la production éditorial mondiale, certes été accusé de plagiarisme (ICI), ce dont il se défend, auteur de livres d’enseignement de l’urologie (LA), un médecin, dont la biographie est exemplaire (4), et qui, non content de collaborer largement avec l’industrie pharmaceutique (LA en inscrivant son nom puis en recherchant on retrouve 7 écrans) ce qui, selon la doctrine Lina (ICI) signifie compétence et indépendance.
(4) Morgan Rouprêt est chef de clinique assistant en urologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Il est titulaire d’un Master Recherche et d’une thèse de doctorat en sciences (travaux de recherche fondamentale sur les mécanismes de cancérogenèse en onco-urologie).
Il a été récompensé par plusieurs prix dont la médaille d’or de chirurgie de l’internat des hôpitaux de Paris (2005), le prix Le Dentu-Renon de l’Académie nationale de chirurgie (2006) et le prix du Best Scolarship Award(2007) de l’Association européenne d’urologie. Il est aussi conférencier d’internat depuis bientôt 5 ans à Paris et en Proince

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Le cancer du sein de la ministre.

La ministre déléguée à la famille, j’avoue mon ignorance, je ne le savais pas auparavant, a décidé de  révéler qu’elle se battait depuis huit mois contre un cancer du sein. Le journal Le Monde en fait un article (ICI).
Je ne sais quoi penser de cette révélation. Encore une fois les femmes politiques sont des femmes comme les autres mais l’article (et je ne sais si la ministre l’a relu et / ou corrigé) révèle exactement le contraire.
Conformément à la doxa ambiante (et à laquelle je participe en demandant des comptes big pharmiens à tout le monde), il faudrait que je révèle la totalité de mes conflits d’intérêts, ce qui est impossible  : je suis a priori contre le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie chez les femmes entre 50 et 74 ans (et je suis un repenti car j’y ai « cru » et ce sont les lectures de Junod et de Prescrire, puis par la suite, de Göetzsche et autres, qui m’ont fait changer d’avis) et je tente d’informer mes patientes ; je prescris aussi des mammographies quand il le faut ou quand mes patientes, dûment informées, ne sont pas d’accord avec moi ; et j’ai connu deux décès par cancer du sein dans ma famille très proche. Fin de la parenthèse.
Ma première réaction, épidermique, était qu’encore une fois une femme politique faisait de la politique.  D’ailleurs l’article parle deux fois du Mariage pour tous… Puis j’ai lu, voir plus bas, des réactions bloguesques, et je me suis dit, au delà des critiques, très acerbes de la part des femmes qui ont eu un cancer du sein (ou qui l’ont toujours) et qui parlent (les autres, nous ne savons pas), que la démarche de Madame Bertinotti était à la fois naïve et impudique mais qu’après tout elle avait bien le droit de faire ce qu’elle voulait.
Puis, en réfléchissant, je me suis demandé pourquoi on lui tapait dessus comme cela.
Les médecins blogueurs ont commencé puis les femmes blogueuses à qui on a annoncé qu’elles avaient un cancer du sein et je me suis dit : est-ce que lorsque l’on a un cancer, fût-on ministre, on est capable d’être tout à fait sereine sur sa propre maladie et sur tous ses tenants et ses aboutissants ? La réponse est non. 
Quelles sont les réflexions des blogueuses chez qui on a diagnostiqué un cancer du sein ? 
ICI (Mon Intime Sein) on reproche surtout à la ministre la médecine à deux vitesses, celle pour les privilégiées et celle pour  les autres, le fait qu’elle privilégie le travail mais cette blogueuse qui s’étonne que la ministre n’ait pas conseillé les bonnes associations de patients, les bons blogs, les bons sites, elle ne peut s’empêcher, dans une volée de méchanceté de lui dire, certainement pour l’encourager, attention, ce n’est pas fini, vous ne vous en êtes pas sortie, en prédisant l’angoisse de la récidive… Pas gentil, pas très collégial comme discours. Imaginons qu’un cancérologue ou qu’un médecin traitant ait dit cela… On en entendrait des vertes et des pas mûres. En gros, notre blogueuse vient de comprendre que la société française est inégalitaire. Ouah ! J’ai quand même appris un mot la Cancérie.
J’ai un cancer et je ne suis ni digne, ni courageuse : LA. La blogueuse insiste sur le problème des travailleuses précaires, des non fonctionnaires, et sur l’injustice des corps qui ne réagissent pas tous de la même façon à la maladie et à la chimiothérapie. Je cite : »Son courage et sa dignité sont salués. Pour moi qui ne suis ni courageuse, ni digne mais tristement égoïste et paresseuse, c’est une claque de plus parce qu’en plus de tout cela, je suis probablement méchante : je ne suis pas admirative de notre ministre.« 
ICI, le site Fuck my cancer, souligne que la ministre n’a fait que parler d’elle et pas des autres et insiste sur la médecine à deux vitesses, sur le fait que les aides sociales ne sont pas assez importantes et qu’il s’agit d’un petit traité de camouflage à usage politique (très belle formule). J’ai surtout retenu qu’elle se demandait pourquoi elle n’avait prévenu ni le premier ministre ni le ministre de la santé. Intéressant.
LA, Martine ou ailleurs reproche deux choses, et avec beaucoup de tact, à la ministre : 1) pourquoi en parler et maintenant ? Comme si libérer la parole valait mieux que le silence de ces femmes qui se taisent pour ne pas perdre leur emploi… Et 2) : qu’est-ce que c’est que ce discours de battante ? Comme si, seules les battantes pouvaient s’en sortir, cette idée débile voudrait-elle dire que celles qui meurent ne se sont pas battu ? 
ICI, Catherine Cerisey est de mauvaise humeur, elle trouve l’article cependant bien écrit (pour les critiques voir Martine qui analyse les khonneries de la journaliste), mais elle aussi se plaint des privilèges « régaliens » que la ministre a obtenus à l’Institut Curie (avoir des rendez-vous plus rapides, et cetera…) et, plus justement, du fait que continuer à travailler est plus un privilège physique (résister au cancer et à la chimiothérapie) et professionnel (avoir des employeurs compréhensifs et ne pas être responsable du rayon fruits et légumes dans une grande surface) qu’une preuve de courage. Et elle place un entretien d’elle sur itélé où elle exprime le voeu que la ministre devienne, puisqu’elle en est, la porte parole des femmes porteuses d’un cancer du sein.
Commentaires : à une exception près (ICI) les blogueuses (que j’ai lues), font une critique people et sociale de la démarche de la ministre mais n’abordent pas le problème du dépistage, du sur diagnostic, du sur traitement, et de la condition particulière de la femme malade dans une société patriarcale.
Je vous propose donc de découvrir LA le billet de la crabahuteuse sur la prévention du cancer du sein.
Venons-en aux médecins blogueurs ou apparentés.
Le billet de l’année est celui, LA, d’Hippocrate et Pindare, intitulé avec pertinence : « Dominique Bertinotti, malade du cancer ou malade de la mammographie ?  » Notre ami dit tout et bien. Je vous conseille de le lire car le paraphraser ne le rendrait pas plus clair.
Nous avons aussi les deux jumeaux de la presse médicale qui s’expriment. JYN et JDF.
JYNau, ICI, l’article est intitulé, « Pourquoi Dominique Bertinotti doit faire de son cancer du sein un ‘instrument politique' », n’y va pas par quatre chemins. Il profite de l’affaire, après un début d’article assez balancé sur les conditions de la révélation du cancer de la ministre et sur la façon dont elle a raconté son histoire,  par écrire ceci : « Tout plaide donc pour la bascule au «tout DO.« , DO signifiant Dépistage Organisé, et d’annoncer : L’urgence n’est plus à témoigner pour « faire évoluer le regard de la société sur cette maladie » mais à agir pour réformer un système de dépistage encore trop inefficace« . JYNau balaie donc d’un revers de main le sur diagnostic et le sur traitement qui sont les deux problèmes cruciaux du dépistage du cancer du sein (voir Peter Göetzche ICI).
JDFlaisakier, LA, le journaliste vedette d’Antenne 2 (mon oreillette me dit qu’il s’agit désormais de France 2), écrit dans un style consensuel digne du service public et je lis ceci qui me rend perplexe : « Le dépistage organisé subit des attaques récurrentes car on lui reproche d’être à l’origine de surdiagnostic et de surtraitement. Les dernières évaluations présentées par l’association américaine d’oncologie clinique, l’ASCO, chiffrent à 10 % le taux de surdiagnostic, c’est-à-dire d’images suspectes qui s’avèrent, après examen et biopsie, ne pas être le signe d’un cancer. » Ainsi, JDF, confond faux positifs et cancers. Faut-il lire le reste de l’article ? Amen.
Le dévoilement de la ministre adresse au moins six domaines : 
  1. Celui du secret médical. La majorité des patients ne disent pas leur cancer pour ne pas perdre leur travail ou pour qu’on ne les juge pas dans leur travail, en fonction de la maladie qu’ils ou elles ont. 
  2. Celui de la pudeur. La majorité des patients ne disent pas leur cancer pour qu’on ne porte pas sur eux un regard qui les dépouille de leur statut d’êtres humains pour en faire des cancéreux, par exemple, c’est à dire des humains en marge dont la société attend qu’ils se comportent de cette façon ou d’une autre.
  3. Celui de l’attitude de la société à l’égard des patients atteints de maladies graves : du déni à l’apitoiement en passant par la gêne.
  4. Celui de la femme malade dans une société patriarcale.
  5. Celui de l’intendance : l’Annonce, l’attente, les rendez-vous, le suivi médical et par quelles équipes, les relations entre les services hospitaliers et le médecin traitant (pas un mot ni par la ministre, ni par les blogueuses, ce qui montre soit son inutilité, soit son mépris soit son incompétence, petites croix souhaitées), l’accompagnement social…
  6. Celui des croyances sur le cancer du sein (le dépister tôt) et sur les patientes (les battantes s’en sortent)
  7. Ad libitum
Nous sommes en plein pathos.
Décidément une ministre n’a pas le cancer des autres. 
Portez-vous bien Madame Bertinotti.
Je conseille à tous de lire Susan Sontag qui a eu deux cancers dans sa vie, traités l’un aux Etats-Unis et l’autre en France, et qui a réfléchi sur les problèmes du cancer et du sida. 
La Maladie comme Métaphore – Illness as Metaphor (1979 : Christian Bourgois) et Le Sida et ses Métaphores – AIDS and its Metaphors (1989 : Christian Bourgois)
Et, bien entendu, No Mammo ? de Rachel Campergue qui reste, en français, la référence.
Sur ce blog vous trouverez de nombreux billets sur le sujet.
Photographie : Susan Sontag : 1933 – 2004

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La ministre et le cancer : quelques propositions d’action pour aider les autres femmes.

Quand une femme fait le choix de parler de son cancer du sein on ne peut que l’écouter et partager ce moment d’émotion. Mais quand cette femme est en position de pouvoir influer sur certaines décisions politiques, on a envie de lui demander de se servir de son expérience et de ses constatations pour aider …

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Le sein entre deux feux

Chaque année, au mois d’octobre, le cancer du sein est remis à l’honneur par les médias. C’est aussi l’occasion pour médecins et épidémiologistes de réévaluer les résultats de son dépistage « organisé », c’est-à-dire issu d’une action de santé publique vers une … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Cancer du sein : L’acte doublement couageux d’Angelina Jolie

Angelina Jolie a choisi de raconter comment elle avait pris la décision de subir une double mastectomie pour diminuer son risque de développer une forme particulièrement agressive de cancer du sein. Une démarche courageuse qui a un double intérêt : informer les femmes porteuses de la même anomalie génétique et montrer le rôle important que …

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Brèves médicales pour ne rien rater de l’actualité.


Cancer du sein.

Peter Götzsche (dont nous avons souvent parlé ICI) persiste et signe LA : à l’occasion de la parution des nouvelles recommandations canadiennes (LA) sur le dépistage du sein par mammographies chez les femmes âgées de 40 à 79 ans, dont il salue les avancées, il écrit ceci : « The best method we have to reduce the risk of breast cancer is to stop the screening program. This could reduce the risk by one-third in the screened age group, as the level of overdiagnosis in countries with organized screening programs is about 50%.11 » Cela vous en bouche un coin ?  Et il ajoute ceci : « If screening had been a drug, it would have been withdrawn from the market. Thus, which country will be first to stop mammography screening? » Vous imaginez les pontes français du dépistage du cancer du sein dire le quart de la moitié d’un truc pareil…
Cancer de la prostate.
Alors que sur les réseaux sociaux le professeur Vallancien (@gvallancien sur tweeter), contre toute évidence, défend le PSA coûte que coûte en tordant le cou des résultats des essais cliniques au nom de son expertise mandarinale, le docteur Pierre Goubeau a gagné son procès. Dominique Dupagne a été en première ligne pour le défendre, il est juste de rendre à César ce qui appartient à César (sans oublier Jean-Luc Gorel qui se reconnaîtra). Vous lirez Dominique Dupagne dans le texte : LA pour la présentation des faits et ICI pour le jugement.
Nul doute que l’Eglise de Dépistologie va répliquer et affûter ses argumenteurs / argumentaires.
Les nouveaux anticoagulants.
Pour se faire une idée de la place de ces nouveaux produits, je vous propose LA une mise au point Minerva (voir ICI pour la revue et LA pour l’éloge de Grangeblanche). Le sujet est difficile car il existe trois molécules, des indications pointues, des études à la méthodologie complexe (études de non infériorité  par exemple) et des risques encore à découvrir. Toujours est-il que la coumadine est encore bien placée. Pour mémoire des informations déjà anciennes de l’ANSM : ICI.
PS : Un Minerva tout neuf (29 03 2013) : ICI qui montre que dans la fibrillation auriculaire et dans les thromboses veineuses ce n’est pas aussi simple que cela.
Baclofène : le combat des Modernes contre les Anciens.
Un post de Jean-Yves Nau, dont vous savez combien je partage les éminentes vues (LOL), voir ICI, LA et LA, est consacré au  baclofène et il m’a laissé pensif : ICI. Il existe donc les baclofénistes et les non croyants. Les baclofénistes appartiennent au clan des modernes et les autres au clan des anciens. Nau a choisi son camp. Ainsi, selon l’auteur, on assiste à une explosion des ventes de baclofène et cela va être l’occasion d’une formidable phase IV mais il faudrait que l’ANSM se bouge un peu ! Les phases IV sont aux études cliniques ce qu’un livre de Marc Lévy est à un livre de Philip Roth. Ah, j’oubliais : je suis un ancien. Le baclofène est une belle supercherie qui va se dégonfler au fur et à mesure que les essais vont être publiés. Mais l’attrait du hors AMM, le renouveau de l’alcoologie est à ce prix. Nous verrons. Pour l’instant je n’en prescris pas.

La narcolepsie post Pandemrix.
L’ANSM est toujours muette mais l’agence suédoise (Läkemedelsverket) confirme ce jour le risque augmenté de narcolepsie après vaccination par pandemrix chez les enfants et les adolescents et montre un risque augmenté chez les jeunes adultes (21 – 30 ans) : ICI.
Illustration : Les Oeuvres de Georges Steiner viennent de paraître chez Quarto.

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Cancer du sein : les journalistes JD Flaysakier et JY Nau défendent le système.

Nos deux médiatiques JDF (Jean-Daniel Flaysakier) et JYN (Jean-Yves Nau), journalistes médicaux de renom qui « disent la médecine » et se la pètent le plus souvent a posteriori pour des raisons différentes (nous avons mentionné récemment leurs attaques « courageuses » contre la Revue Prescrire, voir LA), doivent avoir la même attachée de presse : ils écrivent des posts qui se ressemblent tellement qu’il n’est pas possible a) qu’ils ne les rédigent pas ensemble ; b) qu’ils ne copient pas le texte qu’on leur a présenté comme de vulgaires pisse-copie. 

Il est une hypothèse que je n’ose imaginer : JDF et JYN n’existent pas : ce sont des marionnettes d’un(e) journaliste médical(e) qui, tel Romain Gary / Emile Ajar s’ennuierait tant qu’il publierait deux fois pour augmenter son Impact Factor…
Leurs contributions respectives sur un dernier article paru dans Lancet (la revue britannique la plus impliquée qui soit dans les scandales de publication, la grande revue britannique sans comité de lecture, la grande revue britannique fonctionnant largement grâce aux subsides de Big Pharma : LAICI, LA pour des épisodes récents) sont tellement semblables qu’il est possible que ce soit Françoise Weber, la grande directrice de l’InVS (voir ICI son édifiante biographie), encore une hypothèse farfelue, qui ait dicté ces textes de posts. Mais  il n’est pas douteux que le numéro spécial propagande du BEH (Bulletin Epidémiologique hebdomadaire) (voir ICI) soit le livre de chevet de nos deux journalistes à vie.
Les deux articles sont à lire ICI pour JDF et LA pour JYN (le titre ne manque pas d’enthousiasme et de sel : « Dépistage du cancer du sein : pouvoir dire la vérité, enfin. »)
Lisez-les auparavant et je vous conseille, par gourmandise, de ne pas laisser passer les commentaires « éclairés » de JDF qui montrent à l’envie son manque d’arrogance, son sens clinique et son désintéressement (sans compter ses aptitudes à la télémédecine…)
Vous avez lu ?
Jean-Yves Nau dit la vérité. On se gausse. Savez-vous que ce journaliste formé à la Faculté de Médecine de la rue des Italiens a réussi à écrire un article sur le dépistage du cancer du sein en citant Lancet (cf. supra), l’HAS, l’INCa (en l’orthographiant mal), en vantant la qualité française, Lise Rochaix (connue de sa grand-mère ; cf. expert mongering LA), et… l’OMS mais sans parler de Bernard Junod ou de Peter Götzsche (voir LA pour des informations) ? Il faudrait en rire, mais non, c’est l’esprit français d’auto encensement et de participation au sérail, sans compter une absence d’esprit critique.
Jean-Yves NAU ne sait pas lire. Mais il recopie.
Jean-Daniel Flaysakier dit aussi la vérité en écrivant ceci : « Enfin il est fondamental que les femmes et leur médecin aient des informations solides, étayées, actualisées sur les bénéfices mais aussi les risques de ces dépistages, notamment en termes de surdiagnostic. » Or son post ne mentionne ni Bernard Junod (LA pour l’écouter en direct) ni Peter Götzsche (voir ICI pour des informations). Il est vrai que ces deux auteurs ne font pas partie du lobby santéal français, celui constitué autour des Agences gouvernementales françaises (INCa, InVS) qui sont le bras armé du politiquement nul français. Lui aussi est un fidèle recopieur.
Ces journalistes français impliqués dans le lobby ne savent ni lire, ni écouter, ni écrire.
Ils eussent dû, mais c’est un anachronisme puisque l’entretien a eu lieu après, écouter la Radio Suisse Romande (ICI Pour ou contre la mammographie) et Philippe Nicot, un médecin généraliste français, à partir de la minute 17 et un gynécologue suisse à partir de la minute 21… Mais JDF, aveuglé par l’expert mongering à la française, a eu le culot d’écrire dans un commentaire (effacé depuis) que Bernard Junod, ce n’était pas si terrible que cela… Ils préfèrent sans doute Françoise Weber et son diplôme du CESAM, ils préfèrent sans nul doute les analyses de Catherine Hill effectuées a posteriori sur le fichier faisandé de la CNAM pour tirer sur l’ambulance glitazone (voir LA), mais ils étaient où JDF et JYN quand l’article de Lucien Abenhaïm sur les anorexigènes paraissait dans le New England Journal of Medicine ? A la machine à café de la DGS ou en grande discussion avec Anne Castot, la prêtresse de la pharmacovigilance à la française ?

Fidèles toutous du lobby santéal, ils hument le vent, s’interrogent sur ce qui pourrait le plus flatter leur ego ou leur carrière, analysent les conséquences de ce qu’ils pourraient dire, mais ne prennent pas parti à partir de faits désormais établis sur le dépistage organisé du cancer du sein de peur de perdre leurs « amis » et leurs sources de notoriété.

Les lanceurs d’alerte a posteriori sont des figures établies de l’académisme français comme ces professeurs à la retraite qui dénoncent ce qu’ils ont toujours pratiqués, qui montrent du doigt des faits auxquels ils ont participé, qui fustigent et stigmatisent, des pratiques qu’ils  ont toujours soutenues.
Vous voulez des noms ?
Philippe Even.
Claude Béraud.
Jean de Kervasdoué.
Bernard Debré.
A suivre.

(On accusa Vaclav Havel – 1936 / 2011 – d’en faire trop contre les Soviétiques quand ils occupaient le pays et les mêmes, ceux qui avaient retourné leur veste, l’accusèrent d’en faire trop contre le libéralisme après la révolution de velours)
(Crédit photographique from DISTURBING THE PEACE, Václav Havel, A Conversation with Karel Hvίžďala. translated by Paul Wilson. Knopf, 1990])

PS du 27 décembre. J’avais oublié, dans mon enthousiasme, de publier le courrier de Peter Götzsche Cochrane nordique) qui répondait à l’article du Lancet encensé par Flaysakier / Nau : ICI

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