Archives de catégorie : argent

Brexit : le Viagra® en vente libre dans toutes les bonnes pharmacies du Royaume-Uni

Bonjour Vingt ans plus tard, le Viagra en automédication… C’est une information de la BBC ( « Viagra can be sold over the counter »), reprise par le géant Pfizer et Medscape France (Aude Lecrubier) : « Le Royaume-Uni autorise le Viagra sans passer par la case médecin ». L’affaire devrait être conclue au printemps prochain. C’est l’agence britannique du […] Continuer la lecture

Publié dans argent, BBC, médecine, médicament, Medscape France, pharmacie, sexualité | Commentaires fermés sur Brexit : le Viagra® en vente libre dans toutes les bonnes pharmacies du Royaume-Uni

Un cadeau original, discret et urgent : pour les fêtes de fin d’année, un peu de votre sang

Bonjour Qui écrit les communiqués de presse de l’Établissement français du sang (EFS) ? Jadis c’était du copié-collé : il fallait donner. Avec le temps le texte a évolué. Aujourd’hui on pianote sur plusieurs claviers, pour toucher plusieurs « cibles ». Cela donne : « Engagez-vous ! Prenez le temps de sauver des vies. Partagez votre pouvoir ! » S’engager, comme dans […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Ethique, médecine, publicité, Urgences | Commentaires fermés sur Un cadeau original, discret et urgent : pour les fêtes de fin d’année, un peu de votre sang

Heureux comme les 350 médecins exerçant en privé dans une AP-HP « à bout de souffle »

Bonjour « Secteur privé à l’hôpital public ». Jadis, au temps des « Hommes en blanc » et des idéologies triomphantes, le sujet enflammait les esprits. Les uns y voyaient une rente honteuse de situation. Pour les autres le juste privilège des sacrifices consentis en restant dans la maison-mère ; et une forme d’attractivité pour cette dernière. Quand les premiers […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Hôpital, Le Quotidien du médecin, libération, médecine, Polémique, politique | Commentaires fermés sur Heureux comme les 350 médecins exerçant en privé dans une AP-HP « à bout de souffle »

Sevrage tabagique et pharmaciens d’officine : injustifiables écarts de prix du Nicopass®      

Bonjour C’est une étude qui ne donnera pas la meilleure image des pharmaciens d’officine. Les prix des médicaments vendus sans ordonnance (prix libres) ont progressé en un an de 4,3 %, avec d’énormes disparités, rapporte le baromètre annuel de l’Observatoire Familles rurales – des résultats barométriques publiés mardi 12 décembre dans Le Parisien et résumés par l’Agence France […] Continuer la lecture

Publié dans agence france presse, argent, Le Parisien Aujourd'hui en France, médecine, médicament, pharmacie, politique, Sevrage, tabagisme | Commentaires fermés sur Sevrage tabagique et pharmaciens d’officine : injustifiables écarts de prix du Nicopass®      

Ombres et lumières du 31ème Téléthon, les thérapies géniques, Big Pharma, Johnny Hallyday 

Bonjour Quel est l’avenir du Téléthon? Pour sa 31e édition cette manifestation caritative n’a pas atteint les promesses attendues: 75,6 millions d’euros de promesses de dons contre 80,31 millions il y a an à la même heure. Les organisateurs veulent voir ici la conséquence d’«un contexte difficile» du fait de l’hommage national rendu, le même jour à Johnny Hallyday. […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Gènétique, médecine, Science, Slate.fr, soigner | Commentaires fermés sur Ombres et lumières du 31ème Téléthon, les thérapies géniques, Big Pharma, Johnny Hallyday 

Sanofi condamné à trois millions d’euros dans un premier dossier Dépakine. Paiera ou pas ?

Bonjour Dépakine: pour la première fois la multinationale française Sanofi a été condamnée, au civil, pour la «défectuosité de son produit». La cour d’appel d’Orléans confirme ainsi de fait la responsabilité de la firme qui devra «indemniser les dommages subis par une famille du fait de l’exposition in utero d’un enfant au valproate de sodium». L’information vient d’être donnée par Libération (Eric […] Continuer la lecture

Publié dans argent, justice, libération, médecine, médicament, pharmacie, Polémique | Commentaires fermés sur Sanofi condamné à trois millions d’euros dans un premier dossier Dépakine. Paiera ou pas ?

Le gouvernement impose au géant Lactalis de retirer 7.000 tonnes de laits pour bébés

Bonjour Il sera dit que l’exécutif français  ne plaisante pas avec la santé des bébés. On croyait l’affaire Lacatlis bouclée depuis le 3 décembre – il n’en est rien. Le gouvernement a annoncé, une semaine plus tard, un retrait massif de laits infantiles du premier groupe laitier mondial en raison d’un risque de contamination par […] Continuer la lecture

Publié dans agence france presse, alimentation, argent, Hygiène, Le Figaro, médecine, Pédiatrie, pharmacie, politique | Commentaires fermés sur Le gouvernement impose au géant Lactalis de retirer 7.000 tonnes de laits pour bébés

Chanel, Essilor et politique : la ministre de la Santé confrontée à la réalité de l’optique  

  Bonjour Vigilance citoyenne face aux fausses nouvelles. Quelques lignes acidulées disponibles sur le site du Quotidien du Médecin (Stéphane Long). « Un quart des jeunes à la recherche d’un emploi ont-ils des problèmes de vue ? C’est ce que pensait Agnès Buzyn. À tort, semble-t-il. La ministre de la Santé s’est fait reprendre par Europe 1 […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Europe 1, Le Quotidien du médecin, médecine, OPHTALMOLOGIE, politique | Commentaires fermés sur Chanel, Essilor et politique : la ministre de la Santé confrontée à la réalité de l’optique  

Populisme : le «Bar-Tabac-Loto Le Salutaire » s’invite dans notre Hémicycle démocratique

Bonjour Elle aura fait le buzz, sur les réseaux sociaux et aux comptoirs, cette intervention du remuant François Ruffin journaliste devenu député (La France Insoumise, Somme). Il a a pris, hier, la parole devant ses collègues de l’Assemblée nationale – à l’occasion d’un débat sur le football professionnel et en portant le maillot de la […] Continuer la lecture

Publié dans 20 minutes, addictions, argent, L'Obs, lemondedutabac.com, médecine, Polémique, politique, Toxicomanies | Commentaires fermés sur Populisme : le «Bar-Tabac-Loto Le Salutaire » s’invite dans notre Hémicycle démocratique

La médecine vétérinaire implique-t-elle d’opposer éthique et économie ?

Titre original : Choosing the way you work : does ethics have to be opposed to economics ?

Cette conférence a initialement été écrite pour le congrès vétérinaire de Leon au Mexique, en septembre 2017, où j’ai été invité pour deux conférences suite à la traduction de mon livre en espagnol. Le président du congrès, le Dr Cesar Morales, a voulu proposer des conférences plus « sciences humaines » qu’habituellement. 17000 personnes, 27 conférences simultanément pendant 4 jours… et pour moi deux conférences en anglais, devant des hispanophones.
Cette conférence a été pensée pour un public de vétérinaires qui connaissent aussi bien notre métier en France que je connais le leur au Mexique (spoiler : pas du tout). Je pensais avoir un certain nombre d’étudiants pour cette conférence, et j’ai décidé de réagir à certaines plaintes entendues de la part de jeunes consœurs et confrères entendues autour de moi ou sur les réseaux sociaux, qui vivent mal la perte de sens de leur pratique quotidienne et le conflit entre questions éthiques et économiques dans notre métier. Le coût des soins que nous prodiguons et la nécessité de rentabiliser nos structures sont en effet des sources de conflits avec l’idéal d’une médecine « pure » et le souci du bien-être animal.

J’ai donc envie de vous parler d’éthique et d’économie. Quitte à être un peu provocateur, mais tant qu’à écrire, autant vous faire réagir. Par contre, soyons clair : je ne suis ni un juge, ni un genre de gourou ou de maître à penser. J’ai simplement réalisé, au fil des années, en écrivant sur mon travail -notre travail – sur internet ou pour mon bouquin, que je n’avais jamais réfléchi à un problème éthique avant d’y être violemment confronté. Je n’étais pas prêt, je ne l’ai jamais été à temps, j’ai fait beaucoup d’erreurs. Autant en faire quelque chose d’utile.

Jument

Devons-nous opposer éthique et économie dans notre pratique quotidienne ?

Bien sûr, la réponse devrait être non. Dans un monde idéal, nous ne devrions pas mettre en opposition questions éthiques et économiques, ni même les mettre en compétition. Plus précisément, nos choix éthiques et médicaux ne devraient pas être limités par des considérations financières.
Bien sûr, ce n’est pas le cas.
La réponse cynique est facile aussi : chère consœur, cher confrère, jeune padawan, ne rêve pas, ne sois pas naïf, tu ne pourras jamais faire ce que tu veux, et encore moins ce que tu devrais.
Ma réponse, bien entendu, se trouve quelque part entre les deux. Je ne crois pas que nous soyons condamnés à une implacable logique comptable. Je crois aussi que nous ne pouvons pas bien travailler sans garder à l’esprit toutes ces questions d’argent – les ignorer ne résout rien à moyen terme. Le point essentiel, finalement, est que chacun doit réussir à travailler de la façon qui lui convient. Je lis trop souvent sur les réseaux sociaux de jeunes vétérinaires qui écrivent : « je n’aime pas la façon dont je dois travailler ». Et je me permets, à ce stade où l’on peut craindre que je commence à donner des leçons, de faire remarquer que oui, je suis vétérinaire praticien, que j’ai été longtemps salarié, et que non, mon boulot n’est pas plus facile ni évident que le vôtre. Alors, voyons ce que nous pouvons faire pour aimer notre métier – si ces questions nous préoccupent. Parce qu’évidemment, si les questions éthiques ne vous intéressent pas, vous allez beaucoup vous ennuyer en me lisant. Et, après tout, continuez comme ça, c’est probablement plus facile.

Le rêve d’une médecine sans contrainte et la couverture médicale universelle

Quand on est un enfant de dix ans qui décide que plus tard, il sera vétérinaire, on n’imagine pas un instant que ce rêve sera pollué par des questions financières. A 15 ans non plus, d’ailleurs. On s’en fout. Je serai vétérinaire parce que j’aime les animaux. Je serai vétérinaire pour soigner les animaux. Des dauphins. Des chevaux. Des licornes. Et même après, quand on est étudiant dans une école dotée d’un hôpital de pointe, où on n’est pas responsable des factures et encore moins des encaissements, on sous-estime l’importance de ces questions financières. On n’est pas là pour ça, on est là pour apprendre un métier : soigner.
Dans un monde idéal, il n’y aurait pas de question financière. Pour les vétérinaires français, c’est un rêve d’autant plus évident que c’est le cas ou presque en médecine humaine. La sécu française permet à nos médecins de soigner sans se poser les questions qui constituent notre quotidien. Il n’est donc pas étonnant que les jeunes vétérinaires tombent de haut lorsqu’ils déboulent dans une clinique pour leur premier poste et se rendent compte que non, ils n’auront pas le « minimum database » pour travailler. Qu’ils devront hiérarchiser leurs propositions diagnostiques et thérapeutiques en fonction de critères médicaux, bien sûr, mais aussi de critères pratiques (le propriétaire pourra-t-il administrer ces comprimés à ce chat?) et surtout économiques : telle information change-t-elle réellement les décisions thérapeutiques ? Ce chien a-t-il vraiment besoin de ce médicament pour guérir ?
C’est un bon moyen d’apprendre – d’une façon sans doute un peu violente – que l’on peut faire de bons diagnostics probabilistes (educated guess disent les anglo-saxons) avec peu d’examens complémentaires, et que nombre de médicaments de notre pharmacopée sont d’une très faible utilité : je me suis rendu compte avec le temps que je faisais de moins en moins d’analyses, et que mes ordonnances étaient de plus en plus courtes. Mes patients ne guérissent pas plus mal pour autant. Alors attention : je ne suis pas en train de prôner des thérapeutiques alternatives ou une fuite de la médecine basée sur des preuves, au contraire. Je ne suis pas un croyant, ni un partisan du « c’était mieux avant, quand on faisait de la vraie médecine avec ses cinq sens et pas avec des analyseurs et des échographes ». Je suis un grand fan de mon Ettinger. Non : je veux dire que j’ai appris (hérité ?) de mes aînés – et de certains de mes enseignants – trop d’habitudes qui ne sont pas fondées sur une base scientifique solide, et que me concentrer sur l’essentiel (sous, notamment, la pression économique) m’a appris à soigner mieux, et pour moins cher.

Médicalement parlant, nous savons ce qui est le mieux pour nos patients.

Revenons aux questions éthiques. Parlons un peu de médecine humaine (j’utilise ce terme en opposition à vétérinaire) en France. Parlons de quelques scandales qui sont arrivés – et se poursuivent sans doute – dans nos hôpitaux et cabinets médicaux.
Réfléchissons-nous parfois à l’absence de consentement de nos patients ? C’est une question qui agite le monde médical français depuis quelques années, une « révolte » des patients et notamment des patientes contre la maltraitance médicale, contre toutes ces habitudes pas forcément toujours très scientifiquement prouvées qui amènent les médecins à pratiquer des actes ou simplement à se comporter comme si l’avis du patient n’avait pas d’importance. Un grand professeur d’un hôpital parisien a été interviewé par la BBC au sujet d’un scandale dont vous avez sans doute entendu parler : la pratique a priori courante, dans un but pédagogique, de touchers vaginaux sur des patientes anesthésiées – sans consentement préalable bien entendu. Ce professeur n’a pas compris la question. Pour lui, si cela était fait dans un but d’enseignement, il n’y avait pas de problème, parce que le patient doit avoir confiance en son médecin, parce que le médecin sait ce qui est bon pour lui, mais… s’il fallait remplir un autre papier, on remplirait un autre papier. Pour lui, le concept de consentement, c’est un formulaire.
Ça n’arriverait pas en médecine vétérinaire ? Vraiment ? Je suis sûr qu’en y réfléchissant vous trouverez des exemples. Que pensez-vous du chien mort dans votre chenil d’hospitalisation, dont vous conservez le corps, au sujet duquel vous vous posez beaucoup de questions – pourquoi exactement est-il mort, par exemple. Pratiquer un examen nécropsique semble une excellente idée, mais vous n’osez pas demander au propriétaire de l’animal, ou vous n’en avez juste pas envie. Après tout, personne n’en souffrira et ça servira à d’autres. Oui. Mais vous ne pouvez pas ne pas demander au maître de l’animal, et cela implique d’accepter son éventuel refus.

Nous sommes docteurs, nous savons ce qui est le mieux pour nos patients.

Vraiment ?

N’oublions pas que notre patient, lui, si on le laissait décider, se barrerait en courant, en volant ou en nageant lorsque nous approchons avec nos aiguilles et nos scalpels. Nous imposons même au propriétaire de maltraiter son animal en l’empêchant de bouger après un accident, en lui faisant avaler des comprimés, en lui faisant manger des croquettes qu’il n’aime pas. Imposer un traitement est une forme de maltraitance, une maltraitance que nous justifions – a priori à juste titre ! – par l’avantage que l’animal en retirera une fois le traitement achevé. Il sera guéri de sa maladie, il n’aura plus mal, bref, il ne souffrira plus. Ou moins. Nous préviendrons des problèmes ultérieurs en le stérilisant, ou en le vaccinant.

Nous tuons, même : l’euthanasie est quand même un paradoxe qui demande une sacrée confiance en soi pour être justifié. Je veux dire : des soignants qui tuent ?
Quand je disais que je n’avais pas réfléchi avant de me prendre les choses à grande vitesse dans la figure, en voici un exemple. Ma première euthanasie de vache. Je me suis un jour retrouvé, jeune vétérinaire stagiaire, aux côtés d’un confrère pour une vache couchée. Appel pour euthanasie. Je ne me souviens plus du motif, mais il ne m’avait pas choqué (l’aurait-il dû ? Je ne pense pas, mais je ne m’en souviens pas). Mon maître de stage m’avait alors glissé à l’oreille, tandis que l’éleveur regardait sa prim’ holstein d’un air dépité : « bon, c’est toi qui fait l’injection. Si tu rates, ça va se voir : c’est le seul médicament qui marche à tous les coups ». J’ai pris les seringues et fais mon intraveineuse. La vache, déjà couchée sur le sternum, a glissé sur le côté, puis a soupiré deux ou trois fois. J’ai écouté son cœur s’arrêter. Elle était morte et moi, j’étais content d’avoir bien réalisé le geste technique. Sur le coup, ma première euthanasie de vache s’est résumée à ça. Je n’étais pas responsable de la décision, ce qui me simplifiait la vie (je l’ai réalisé plus tard). J’ai tué sur commande en faisant confiance (à juste titre !) à mon maître de stage, et j’étais content que ça ait marché, pas tant parce que la vache était morte vite et « proprement » mais parce que j’avais bien réalisé un geste technique. C’est naturel, mais c’est idiot. Ça n’a pas de sens.

Nous tenons pour acquis que nos clients (ou les patients, pour les médecins) doivent nous faire confiance parce que nous savons. Mais si nous en restons là sans nous remettre en question, nous risquons d’en arriver à des absurdités semblables au raisonnement du professeur dont je parlais plus haut !

Ceci étant, nous connaissons notre métier. Nous connaissons les balances bénéfice/risque. Donc oui, nous savons ce qui, médicalement parlant, est le mieux pour nos patients. Mais… Voyons un peu les « mais ».

Oui mais… Parlons un peu d’argent.

Nous savons aussi ce que coûte chaque acte, chaque médicament. Au fil de notre consultation, nous savons où nous en sommes, financièrement. Enfin, en tout cas, les libéraux le savent. Les salariés, moins. Ce n’est pas directement leur problème. Et il faut le leur apprendre : combien ils coûtent, eux. Ce que vaut leur compétence, et ce que coûtent les choix diagnostiques et thérapeutiques qu’ils proposent. Toutes ces données qui sont naturelles pour le type qui paie les factures et les charges à la fin du mois ne le sont pas du tout pour le salarié, ne l’oublions pas. Et c’est très important : parce qu’une mauvaise maîtrise de la simple connaissance de ces coûts amènera forcément des conflits avec les clients, qui n’apprécieront pas de ne pas avoir de devis, qui râleront devant une facture qu’ils penseront injustifiée… alors qu’ils l’auraient peut-être acceptée si elle avait été anticipée. Ou qui aurait été différente s’ils avaient eu l’opportunité d’annoncer leurs limites financières.

Je reviens sur la méconnaissance des vétérinaires de la valeur de leur travail :
Imaginons un chien de chasse, qui vient de se faire ouvrir le thorax par un sanglier. Il arrive en urgence à la clinique, nous prévenant quelques minutes à l’avance. Il est reçu par une consœur et une ASV (auxiliaire spécialisée vétérinaire, nos infirmières bi-classées secrétaires). Le chasseur porte le chien jusqu’à la salle de soins, laissant sur son chemin taches de boue et de sang. En quelques minutes, la patte du chien est tondue, rapidement désinfectée. La vétérinaire pose un cathéter, branche une perfusion, choisit le débit et le soluté adaptés. Démarre une antibiothérapie intraveineuse. Dans le même temps, elle évalue l’état du chien et l’étendue des dégâts, en constatant l’entrée d’air dans le thorax par une blessure intercostale. Elle choisit un protocole anesthésique et analgésique adapté à l’état du chien, l’endort tandis que l’ASV obstrue plus ou moins le trou tout en nettoyant la plaie. Elles intubent le chien, le branchent sur la machine d’anesthésie gazeuse et le concentrateur d’oxygène et se relaient à l’assistance respiratoire tout en finissant de préparer le chien. La vétérinaire a enfilé ses gants et explore la blessure, vérifie l’absence de dégâts sur les poumons et le diaphragme, referme la paroi thoracique tout en rétablissant le vide pleural avec l’aide de l’assistante, pose un drain thoracique, finit de parfaire le vide pleural, puis suture les couches musculaires et sous-cutanée, puis cutanée, en posant un drain dans la plaie. Un bandage compressif est réalisé. Elles surveillent le réveil du chien, qui passera la nuit à la clinique avant de rentrer chez lui le lendemain.
Tout cela a pris très peu de temps. 40 minutes ?
J’ai demandé à la vétérinaire (salariée) de me donner, de tête, le montant de la facture à venir. Elle a réfléchi au temps passé, au fait qu’il y avait très peu de matériel utilisé… et donné un montant dramatiquement faible en regard de la disponibilité et des compétences déployées. Je lui ai ensuite résumé ce qu’elle avait fait (le paragraphe ci-dessus). Et je lui ai rappelé qu’elle n’avait pas bossé seule mais mobilisé une ASV. Cette fois-ci, après avoir passé un peu de temps sur l’ordinateur, elle m’a donné une facture bien plus élevée. A mon avis assez juste. Mais bien trop au-dessus du prix du marché et des moyens financiers de la moyenne des propriétaire des chiens.

Bref, revenons-en au sujet : nous savons ce qui, médicalement parlant, est le mieux pour nos patients. Nous connaissons les coûts, et nous en avons averti nos clients.

Oui, mais… nous pouvons avoir tort.

Nous pouvons nous tromper : qui ne s’est jamais complètement planté sur une prise en charge ? Qui n’a jamais prédit une mort rapide à un animal encore en vie quelques années plus tard ? Qui n’a jamais entendu un client nous signaler que les chiennes de sa grand-mère n’ont jamais été stérilisées ni vaccinées, et qu’elles ne sont jamais tombées malades pour autant ? Nous devons connaître nos biais et ceux de nos clients. Nous devons prendre en compte notre marge d’erreur dans chacune de nos décisions, et malgré tout, décider. Parce qu’il y a un moment où il faut bien avancer. J’ai eu une stagiaire que cette perspective affolait, et paralysait, sur le mode : « Je pourrais avoir tort. »
Bien sûr : elle aura tort, un jour ou l’autre. Mais si elle ne fait rien, est-ce que les choses ont plus ou moins de chances de mal se passer ? Est-ce que son intervention a plus de chances de faire une différence dans le bon sens que dans le mauvais ?
Quels sont les risques ? Les probabilités ? La médecine, ce sont, tous les jours, des probabilités. C’est l’essence de la balance bénéfice/risque !

Je crois que nos erreurs ne seront jamais aussi graves que le jour où on ne les anticipera pas… Je préfère un collaborateur qui connaît ses limites qu’un bourrin qui fonce sans penser aux conséquences. Et j’ai pratiqué les deux. Les premiers, avec tous leurs doutes (même injustifiés), ont fait de bien meilleurs vétérinaires. Parce qu’avec le temps, ils ont pris confiance en eux, sans oublier de douter pour autant.

Alors, où en somme-nous ?
A priori, nous savons ce qui, médicalement, a le plus de chances d’être le mieux pour nos patients. Nous connaissons la valeur de nos compétences et leurs limites, et nous en avons informé nos clients.
Nous avons donc toutes toutes les clefs pour proposer le meilleur traitement pour chaque cas.
Non ?

Et le propriétaire de l’animal ?

Non : il reste un élément essentiel, comme dans la vieille blague des informaticiens : le principal obstacle au bon fonctionnement d’un ordinateur se trouve entre la chaise et le clavier.
Nous devons savoir ce que le propriétaire de l’animal attend, et ce qu’il ne veut pas. Nous devons nous enquérir de ses contraintes financières aussi, ou de leur absence. Il y a deux types de problématiques qui se mêlent ici :
– la représentation que le propriétaire se fait de son animal : vaut-il le coût, même si j’en ai les moyens ?
– les moyens, au sens strict du terme : puis-je payer la somme nécessaire ?
Il ne faut pas non plus oublier tous les autres facteurs qui viennent influencer la décision du client : toutes ces représentations, ces idées reçues que nous ne pouvons pas négliger, que nous devons anticiper, écouter, comprendre, sans juger ! « La chimio, c’est forcément mal. » « Il faut qu’elle fasse une portée. »

Nous ne pouvons nous abstraire de ces questions, mais attention : NOUS NE DEVONS PAS RÉPONDRE A LA PLACE DU CLIENT. Et c’est une erreur que nous faisons facilement, même lorsque nous sommes des vétérinaires expérimentés. Y compris en médecine des animaux de rente ! C’est une erreur que nous faisons par excès, quand nous sous-estimons les freins de nos clients, qu’ils soient concrets (ils n’ont pas forcément les moyens que nous leurs prêtons, pour quelque raison que ce soit) ou subjectifs (ils peuvent être motivés pour soigner son animal, mais dans certaines limites, financières ou autres).
C’est aussi une erreur que nous faisons lorsque nous décidons de privilégier par exemple une prise en charge peu onéreuse parce que nous pensons que le client ne pourra ou ne voudra pas payer. Et nous ne devons pas faire ça ! Nous devons proposer les alternatives, préciser les coûts, expliquer les avantages et inconvénients de chaque prise en charge, et conseiller le client dans son choix. Bien sûr, nous sommes juge et partie : on pourra nous reprocher, à juste titre, de gagner en général plus d’argent lorsque nous proposons une prise en charge plus onéreuse. Cependant, ce point qui peut sembler évident mérite réflexion :

  • il peut être bien plus rentable de faire de la médecine rapide et pas chère que de passer beaucoup de temps sur un cas, même si on réalise plus d’actes au final. Un exemple simple : je reçois le propriétaire d’un chien âgé et arthrosique, qui vient pour euthanasie – il a mal et a besoin d’assistance pour se lever. Cela peut ne prendre que dix minutes, et me rapporter environ 30€. Je peux aussi creuser un peu et vérifier si le propriétaire est réellement arrêté sur cette décision d’euthanasie. Discuter prise en charge de la douleur, évaluer si c’est humainement et médicalement réaliste, convaincre, prescrire. Ça ne me prendra pas moins de trente minutes, et même si j’ai entre temps réalisé une analyse d’urines et une prise de sang et prescris 10 jours d’anti-inflammatoires, je n’aurais gagné qu’environ 40€. C’est beaucoup moins rentable (même au long terme : il n’est pas du tout évident que le propriétaire du chien donnera suite au traitement entrepris – et si en plus le chien reste à pourrir dans son panier et que son maître attend le dernier moment, lui aurons-nous rendu service ?).
  • lorsque nous confions un patient et un client à un confrère spécialisé, cela ne nous rapporte rien, tandis que si nous essayons de tout gérer nous même, nous pouvons gagner plus. Référer et travailler en réseau me semble être une base pour une bonne pratique médicale, mais ça ne rapporte rien financièrement.

Quoi qu’il en soit, c’est à nous de rester droits dans nos bottes en ayant conscience de notre conflit d’intérêt et en démontrant, si nécessaire, notre bonne foi à nos clients. Ça ne doit pas être difficile si nous avons réfléchi et exposé correctement notre démarche. Mais ça demande du temps, du temps qu’il faut savoir prendre ! C’est en prenant ce temps que nous n’aurons pas à opposer systématiquement contraintes éthiques et économiques.

Quant aux animaux de rente : a priori, dans ce cas, la réflexion est plus simple. L’animal a une valeur brute, et potentielle. Combien vaut-il aujourd’hui, combien rapportera-t-il plus tard si on parvient à le soigner. Quelles sont les chances de succès du traitement, combien coûte-t-il ? Une fois ces données connues, l’éleveur peut faire son choix. Mais même un éleveur peut avoir envie qu’on soigne un animal pour des raisons autres que strictement économiques, il ne faut pas l’oublier.

Nous devons valoriser notre travail : soigner l’animal au mieux, avec l’accord de son propriétaire, sans le faire souffrir plus qu’il n’est justifiable pour son bien-être, en respectant les contraintes financières. C’est à mon avis le seul moyen de se regarder tranquillement dans son miroir le matin si on est sensible aux questions d’éthique.

Concilier éthique et économie, réconcilier les vétérinaires avec leur travail

Je ne sais pas comment fonctionnent les relations hiérarchiques entre vétérinaires au Mexique.
Nous avons en France beaucoup de petites structures où travaillent des vétérinaires isolés avec éventuellement un ou plusieurs assistants « infirmiers/secrétaires ».
Des structures de taille moyenne, de petites cliniques comme la mienne où bossent de 3 à 8 vétérinaires et autant ou un peu plus d’assistants.
Et de grosses structures, jusqu’aux hôpitaux vétérinaires…
Dans tous les cas, deux statuts se côtoient : les libéraux, ou associés, et leurs salariés. Si ceux-ci sont évidemment hiérarchiquement subordonnés à ceux qui les paient, ils conservent en théorie une réelle indépendance dans leurs choix médicaux, dans les limites de ce que propose la structure qui les emploie.
J’insiste sur la réalité de cette indépendance, garantie par notre code de déontologie : de l’époque où j’étais salarié à aujourd’hui où je suis employeur, dans toutes les structures où j’ai travaillé, et cela reste vrai pour les amis salariés plus jeunes ou de mon âge, personne ne nous impose réellement une manière de travailler. Et nous assumons nos choix devant les clients, même si c’est la structure qui nous emploie qui sera responsable financièrement et légalement en cas de problème… Mais un rapide sondage sur Twitter m’a apporté des réponses contraires : la majorité se déclarait sous influence forte de ses employeurs.
Je précise tout ça car l’une des plaintes les plus fréquentes lue sur les réseaux sociaux, de la part de jeunes vétérinaires souvent, mais parfois aussi de vieux vétos qui s’emprisonnent eux-mêmes, quand ils ne succombent pas au cynisme et à l’amertume, est l’impression de ne pas pouvoir travailler de la façon qui leur convient. Patron buté, impossibilité de faire ou décider ce qu’ils souhaitent, absence de choix dans les prises en charge, force des habitudes… Je ne sais pas, pour chacun, ce qui contraint ces consœurs et ces confrères, mais je trouve que c’est un discours difficile à entendre : si vous avez la malchance de vous retrouver dans une telle situation, changez-là (et chères consœurs, chers confrères, employeurs : n’oubliez pas que vous aussi, vous avez été salarié, et rappelez-vous du plaisir que vous avez eu à être conseillés, mais indépendants, ou des mauvais souvenirs liés à ce que l’on vous a injustement imposé).
Notre profession connaît le plein emploi. Elle est financièrement favorisée, même s’il y a de grandes disparités, même si à niveau de compétence et de responsabilité égal nous gagnons moins que d’autres professions, même si nous sommes astreints par la permanence de soins… nous sommes privilégiés. Mais c’est à chacun de se construire son exercice idéal du métier de vétérinaire. Qu’en pense l’enfant de 10 ans, l’ado de 15 ou l’étudiant de 20 ans qui persiste en nous ? Qu’en pense le vétérinaire de 30 ans qui commence à bien cerner les contours de son métier ?
Si la façon dont l’équilibre entre questions économiques et éthiques ne correspond pas à l’idée que vous vous faites de votre métier, il n’est pas utile de vous répandre en amertume sur Twitter ou Facebook. Changez-ça ! Vous le pouvez ! Vous pouvez vous lancer, même seul(e) ! Vous pouvez bouger. Trouvez l’employeur qui vous conviendra si vous ne pouvez ou ne voulez pas de l’exercice libéral. Mais ne soignez pas un animal d’une manière qui vous paraît indigne. N’euthanasiez pas l’animal qui, selon vous, ne doit pas mourir. Il y a toujours une autre solution. Toujours.

Continuer la lecture

Publié dans argent, déontologie, Un peu de recul | Commentaires fermés sur La médecine vétérinaire implique-t-elle d’opposer éthique et économie ?

Lactalis : après ses laits contaminés, les yaourts «La Laitière» avec des morceaux de verre

Bonjour On garde encore en mémoire l’alerte nocturne de Bercy et de la Santé : des bébés  avaient été contaminés par des laits de Lactalis, géant laitier français. Où en sommes-nous deux jours plus tard ? « Nous avons reçu 14 000 appels dimanche, avec un pic à 2 500 appels par heure. Lundi, le rythme était encore de 300 appels […] Continuer la lecture

Publié dans alimentation, argent, Infectiologie, le Monde, médecine, Ouest-France | Commentaires fermés sur Lactalis : après ses laits contaminés, les yaourts «La Laitière» avec des morceaux de verre

Déserts et honoraires : interdit d’égratigner les hauts magistrats de la Cour des comptes

  Bonjour Démocratie ou pas interdiction d’égratigner, dans les médias, les hauts magistrats – à commencer par ceux de la Cour des Comptes. Jadis ces derniers gardaient le silence- aujourd’hui ils ne redoutent plus de descendre dans les arènes médiatiques. Ainsi cette étrange précision adressée par voie de presse : « Des parties prenantes ont contesté publiquement […] Continuer la lecture

Publié dans argent, justice, Le Quotidien du médecin, médecine, Polémique, politique, Public Sénat, RTL | Commentaires fermés sur Déserts et honoraires : interdit d’égratigner les hauts magistrats de la Cour des comptes

Pas de veine

A nouveau, le fourmillement des urgences. Les internes sont tous neufs. L’un d’eux vient d’ailleurs, en stage en France pour 6 mois, il découvre, amusé, que nous regardons encore les négatifs des radiographies de thorax à la lueur des néons. … Lire la suite Continuer la lecture

Publié dans argent, Attentes, études, étudiant, examen, expérience, externat, Garde, Hôpital, infirmier, Litthérapeute, médecin, médecine, Méthode, mort, moyens, OBSERVATION, patient, Réflexion, Santé, soins, Stage, Surmenage, technique, Thrombophlébite, Urgences | Commentaires fermés sur Pas de veine

Un nouveau baclofène «spécial alcoolisme» : l’usine à gaz ad hoc de l’Agence du Médicament

Bonjour C’est un nouveau chapitre dans une histoire dont on ne voit pas la fin – l’histoire du baclofène dans les soins apportés aux personnes souffrant d’une dépendance à l’alcool. Et c’est un chapitre édifiant quant à l’embarras que ce dossier peut susciter au sein de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits […] Continuer la lecture

Publié dans ADDICTION, alcoolisme, argent, médecine, médicament, pharmacie, Polémique, Sevrage | Commentaires fermés sur Un nouveau baclofène «spécial alcoolisme» : l’usine à gaz ad hoc de l’Agence du Médicament

Sevrage : connaîtra-t-on jamais les véritables résultats des opérations «Moi(s) sans tabac» ?

  Bonjour Trop tôt !  Agnès Buzyn aurait-elle péché par excès officiel d’optimisme en évoquant une édition « prometteuse » 2017 de l’opération « Moi(s) sans tabac » lors de sa dernière communication au conseil des ministres ? Le site des buralistes français le pense : à en croire le compteur du site Tabac Info Service la communauté atteint 157 879 inscrits […] Continuer la lecture

Publié dans ADDICTION, argent, lemondedutabac.com, médecine, Polémique, politique, Sevrage, tabagisme | Commentaires fermés sur Sevrage : connaîtra-t-on jamais les véritables résultats des opérations «Moi(s) sans tabac» ?

Le flacon de Keytruda® ne vaut plus que 1314 €. Les troublants regrets de MSD-France  

Bonjour Il faudra bien un jour prochain, rapprocher le prix et la morale. Chiffrer l’espérance de vie. Dire ce qu’il peut ou non en être de la solidarité citoyenne. Et pouvoir connaître le comptes de Big Pharma. C’était, hier, un scoop des Echos : un accord avait été trouvé, le 23 novembre entre la filiale française […] Continuer la lecture

Publié dans argent, La Tribune, Les Echos, médecine, médicament, pharmacie, Polémique, politique | Commentaires fermés sur Le flacon de Keytruda® ne vaut plus que 1314 €. Les troublants regrets de MSD-France  

Médicaments : après la «liste noire», voici la «liste en or» et son lot d’absurdités

Bonjour Hier 60 millions de consommateurs et sa « liste noire » 1, aujourd’hui Le Monde et sa liste en or véritable: « Les dix médicaments qui coûtent le plus cher à la Sécurité sociale »  (Maxime Ferrer et Chloé Hecketsweiler). Rien de sorcier, il suffisait d’y penser : le dernier des quotidiens vespéraux a analysé la base de données Open Medic qui […] Continuer la lecture

Publié dans argent, le Monde, médecine, médicament, pharmacie, Polémique, politique, Slate.fr | Commentaires fermés sur Médicaments : après la «liste noire», voici la «liste en or» et son lot d’absurdités

Alcool, tabac, cannabis ou benzodiazépines sur votre lieu de travail ? Voici votre nouveau portail !

  Bonjour Les addictions seront-elles un jour solubles dans la numérisation ? Peut-on soigner des addicts via la publicité ? Pour l’heure voici www.addictaide.fr/travail : « nouveau portail pour prévenir et gérer les conduites addictives dans le monde du travail ». Les portails ont-ils une âme ? Celui est porté sur les fonts baptismaux de la dépendance par un parrain et […] Continuer la lecture

Publié dans addictions, argent, médecine, politique, Violences | Commentaires fermés sur Alcool, tabac, cannabis ou benzodiazépines sur votre lieu de travail ? Voici votre nouveau portail !

Prix indécents des médicaments : rebondissement mystère dans l’affaire du Keytruda®

Bonjour C’est un scoop économique nocturne des Echos : un accord a été trouvé, le 23 novembre entre la filiale française du géant pharmaceutique américain MSD et le gouvernement français – accord sur le prix  du plus qu’onéreux médicament anticancéreux Keytruda®. Semi- scoop car le montant du prix n’a pas été révélé. Contacté par l’Agence France-Presse, le […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Le Figaro, Les Echos, médecine, médicament, pharmacie, Polémique, politique | Commentaires fermés sur Prix indécents des médicaments : rebondissement mystère dans l’affaire du Keytruda®

Médecins mercenaires hospitaliers piégés : jamais plus de 1 500 euros par 24 heures

  Bonjour A la différence notable des journalistes, les médecins français ne lisent jamais assez. Même le dimanche. A commencer par le Journal Officiel de la République française. Celui dominical du 26 novembre publie un arrêté d’importance : « Décret n° 2017-1605 du 24 novembre 2017 relatif au travail temporaire des praticiens intérimaires dans les établissements publics […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Ethique, Hôpital, Journal Officiel de la République française, Le Journal du Dimanche, le Monde, médecine, Polémique, politique | Commentaires fermés sur Médecins mercenaires hospitaliers piégés : jamais plus de 1 500 euros par 24 heures

Médicaments : petit voyage dans les sombres couloirs de nos étranges « listes noires » 

Bonjour Longtemps les «listes noires» des médicaments n’eurent pas droit de cité en France. Big Pharma et le gros dictionnaire Vidal régnaient. On l’a oublié: il était interdit aux journaux de citer les noms de marque des spécialités. Puis les temps changèrent. La découverte, fort tardive, des premiers grands scandales (celui de la thalidomide, suivi de celui du distilbène) […] Continuer la lecture

Publié dans argent, médecine, médicament, pharmacie, publicité, Slate.fr | Commentaires fermés sur Médicaments : petit voyage dans les sombres couloirs de nos étranges « listes noires » 

Optique politique : Agnès Buzyn confirme ne pas être ministre pour offrir des montures Chanel

  Bonjour Serions-nous, ici, à l’aube du « placement de produit » dans la spère politique ? C’est une petite information en or du Quotidien du Médecin. Elle nous éclaire sur l’avenir et les modalités d’une promesse phare du candidat Emmanuel Macron : le célèbre « reste à charge zéro » sur l’optique et les prothèses dentaires et auditives. Le cadre : […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Le Quotidien du médecin, médecine, OPHTALMOLOGIE, politique, soigner | Commentaires fermés sur Optique politique : Agnès Buzyn confirme ne pas être ministre pour offrir des montures Chanel

Brexit : l’Agence européenne du médicament posera ses valises à Amsterdam. Adieu Lille !

Bonjour C’est fini : Amsterdam a remporté la compétition pour accueillir l’Agence européenne du médicament (EMA). Brexit dixit : près d’un millier de salariés quitteront Londres. L’annonce en a été faite, ce lundi 20 novembre, par  la présidence de l’Union européenne. Au terme d’un vote organisé à Bruxelles (auquel participaient des ministres des 27 pays qui resteront dans […] Continuer la lecture

Publié dans agence france presse, argent, médecine, médicament, pharmacie, Polémique, politique | Commentaires fermés sur Brexit : l’Agence européenne du médicament posera ses valises à Amsterdam. Adieu Lille !

D’où Roselyne Bachelot parlait-elle pour oser accuser Rafael Nadal de s’être dopé ?

Bonjour Jeu, set et triste match. Elle fut une femme politique de droite, puis devint ministre de la Santé (de 2007 à 2010) avant de tourner casaque et d’animer de tristes émissions de variétés. Roselyne Bachelot a, jeudi 16 novembre, été condamnée à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à Rafael Nadal pour avoir tenu […] Continuer la lecture

Publié dans agence france presse, argent, Le Quotidien du médecin, médecine, Toxicomanies | Commentaires fermés sur D’où Roselyne Bachelot parlait-elle pour oser accuser Rafael Nadal de s’être dopé ?

La très horrible et très édifiante histoire qui doit vous faire dire non à l’automédication

Bonjour On n’écoute jamais assez nos tr-s chères  « mutuelles ». A commencer par la MACSF 1. Avec ses 950 000 sociétaires « professionnels de santé » elle  nous assure « bénéficier d’une vision très large sur le monde de la santé, le risque médical et les pratiques des soignants ». Mieux encore, « soucieuse de prévenir le mieux possible la survenance d’accidents […] Continuer la lecture

Publié dans 60 millions de consommateurs, argent, médecine, médicament, pharmacie | Commentaires fermés sur La très horrible et très édifiante histoire qui doit vous faire dire non à l’automédication

L’intolérable affaire du carfilzomib, médicament refusé aux malades atteints de myélome multiple

Bonjour Un communiqué de presse comme une bouteille à la mer, comme une accusation politique, comme un procès éthique : les membres de l’Association Française des Malades du Myélome Multiple (AF3M) « se mobilisent pour réclamer leur droit à vivre alors que les difficultés d’accès aux traitements innovants pèsent sur les chances de survie des malades ». Cancer […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Cancérologie, Hématologie, médecine, pharmacie, Polémique, politique, The New England Journal of Medicine | Commentaires fermés sur L’intolérable affaire du carfilzomib, médicament refusé aux malades atteints de myélome multiple

Présidence des riches : le gouvernement va adoucir sa hausse de la fiscalité sur les cigares

Bonjour C’est une information des Echos (Ingrid Feuerstein) – une information que la ministre de la Santé n’a pas commentée : les buralistes ont obtenu que le palais de l’Elysée fasse un « geste sur les cigares ». Le gouvernement a déposé  un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Il s’agit de réviser […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Les Echos, médecine, Pneumologie, Polémique, politique, soigner, tabagisme | Commentaires fermés sur Présidence des riches : le gouvernement va adoucir sa hausse de la fiscalité sur les cigares

Le premier médicament «avalé-connecté» bientôt sur le marché. Applaudir ou s’inquiéter ? 

  Bonjour Mi-novembre 2017. Gel sur la France et réveil avec George Orwell. De ce côté-ci de l’Atlantique l’information vient d’être donnée par la BBC « FDA approves ‘trackable’ pill » et par Les Echos : « Les Etats-Unis autorisent le premier médicament connecté ». « Les médicaments seront bientôt plus intelligents que les malades » croient savoir Les Echos. Avec toutes […] Continuer la lecture

Publié dans argent, BBC, Ethique, Les Echos, médecine, médicament, pharmacie, The New York Times | Commentaires fermés sur Le premier médicament «avalé-connecté» bientôt sur le marché. Applaudir ou s’inquiéter ? 

L’affaire du Levothyrox prend des dimensions pharmaceutiques surréalistes en Occitanie

  Bonjour C’est une règle non écrite : les affaires sanitaires ont une tendance naturelle à se structure en feuilleton. On imagine déjà sans mal la série socio-pharmaceutique qui sera tirée de celle du Levothyrox. Un épisode devra e^tre consacré au sous-chapitre de Toulouse : le tribunal de grande instance de cette ville vient, ce 14 novembre, […] Continuer la lecture

Publié dans argent, France Bleu Toulouse, justice, médecine, pharmacie, Polémique | Commentaires fermés sur L’affaire du Levothyrox prend des dimensions pharmaceutiques surréalistes en Occitanie

Consultation et ordonnance électroniques :  l’Ordre des médecins sort ses griffes

  Bonjour Grosse vague publicitaire sur les ondes radiophoniques : on vante aux auditeurs-badauds les immenses vertus de la médecine électronique. Deux jeunes acteurs jusqu’ici inconnus du grand public : « Eovi Mcd mutuelle » et « MédecinDirect » : ils s’associent pour proposer un service de téléconsultation. Une affaire du tonnerre : « Au travail, à la maison ou en voyage, si vous […] Continuer la lecture

Publié dans argent, justice, médecine, Polémique | Commentaires fermés sur Consultation et ordonnance électroniques :  l’Ordre des médecins sort ses griffes

Vacciner de force contre le pneumocoque et le méningocoque C : sera-t-il permis de refuser ?

  Bonjour Journalisme : d’abord voir, observer – puis interroger au plus près. Bon papier, original et pertinent, dans Le Figaro (Cécile Thibert). Oser demander quel est le véritable intérêt des vaccinations pédiatriques désormais obligatoires contre le méningocoque de type C, le pneumocoque et l’hépatite B. Et le demander au Dr Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à Santé […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Intérêts (conflits), Le Figaro, Le Généraliste, médecine, Polémique, politique, vaccinations | Commentaires fermés sur Vacciner de force contre le pneumocoque et le méningocoque C : sera-t-il permis de refuser ?

Gouverner post-vérité : «Le tabac de contrebande c’est l’ennemi de la santé des Français»

  Bonjour A 35 ans Gérald Darmanin ministre de l’Action et des Comptes publics. Cet homme de droite soudain devenu macroniste mesure-t-il précisément ce qu’il dit dans un entretien publié de jour par La Dépêche du Midi ? A la veille d’une minuscule augmentation du prix du tabac le quotidien lui demande s’il comprend la colère […] Continuer la lecture

Publié dans ADDICTION, argent, Le Dauphiné, Le Dépêche du Midi, lemondedutabac.com, médecine, Polémique, politique | Commentaires fermés sur Gouverner post-vérité : «Le tabac de contrebande c’est l’ennemi de la santé des Français»

 « SOS-argent Hôpital » : le méchant malaise des directeurs victimes des injonctions paradoxales 

Bonjour Lourd climat à tous les étages hospitaliers. Martin Hirsch n’est pas le seul à se pencher sur un hôpital public à « cœur ouvert ». D’autres que le directeur général de l’AP-HP viennent au chevet de ce malade battant la chamade. Il sont, il est vrai, nettement moins médiatisés. On pouvait les retrouver récemment réunis lors […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Hôpital, Le Journal du Dimanche, médecine, Polémique, politique | Commentaires fermés sur  « SOS-argent Hôpital » : le méchant malaise des directeurs victimes des injonctions paradoxales 

Tabac : les Marlboro vont passer de 7 à 7,30 euros. Autant dire que le sevrage attendra

Bonjour Après quatre années de stabilité, le prix du paquet de cigarettes ne va pas beaucoup changer : en moyenne 30 centimes de plus à compter du 13 novembre. A dire vrai ce n’est pas le gouvernement qui augmente les prix pour (en théorie) réduire la consommation mais bien les cigarettiers qui ont choisi de répercuter sur […] Continuer la lecture

Publié dans addictions, argent, Journal Officiel de la République française, lemondedutabac.com, médecine, Polémique, politique | Commentaires fermés sur Tabac : les Marlboro vont passer de 7 à 7,30 euros. Autant dire que le sevrage attendra

Cigarette électronique : comment observer son efficacité sans parvenir à la conseiller

Bonjour Les statistiques décrivent-elles la réalité ? Peuvent-elles peser sur elle ? Le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consent à se pencher sur la cigarette électronique 1. Et parvient à ne pas répondre à une question sanitaire essentielle : la e-cigarette est-elle un outil efficace pour l’arrêt du tabac ? « La réponse à cette question reste à […] Continuer la lecture

Publié dans 20 minutes, ADDICTION, argent, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, médecine, Polémique, politique, Sevrage, tabagisme | Commentaires fermés sur Cigarette électronique : comment observer son efficacité sans parvenir à la conseiller

Baclofène et maladie alcoolique : l’Agence du médicament visée par une action en justice

  Bonjour « Après mille ans et plus de guerre déclarée, Les Loups firent la paix avecque les Brebis. C’était apparemment le bien des deux partis : Car, si les Loups mangeaient mainte bête égarée, Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits (…) » 1 Il est des conflits qui ne peuvent que durer. Pour […] Continuer la lecture

Publié dans ADDICTION, alcoolisme, argent, médecine, médicament, pharmacie, Polémique, politique, soigner | Commentaires fermés sur Baclofène et maladie alcoolique : l’Agence du médicament visée par une action en justice

Harcèlement et suicides à l’AP-HP : ce que Martin Hirsch dit à « L’Obs » ; et ce qu’il ne dit pas

Bonjour Poursuivant la promotion de son dernier ouvrage Martin Hirsch a accordé un entretien à L’OBS (sur abonnement). Depuis quatre ans déjà à la tête de l’AP-HP, le directeur général estime qu’il faut « réhumaniser » l’hôpital. A la fois un aveu et un programme. Il évoque brièvement les impossibles urgences, la perversité de la tarification à l’activité, […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Hôpital, L'Obs, médecine, Polémique, politique | Commentaires fermés sur Harcèlement et suicides à l’AP-HP : ce que Martin Hirsch dit à « L’Obs » ; et ce qu’il ne dit pas

Le ministre Blanquer se souvient-il que jadis exerçaient, en France, des médecins scolaires ?

  Bonjour C’est un fait : l’Académie nationale de médecine ne fait pas de politique. Pour autant il arrive que ses constats de santé publique prennent la forme de réquisitoires  qui mettent à mal le pouvoir exécutif. C’est tout particulièrement vrai aujourd’hui avec ce rapport intitulé : « La médecine scolaire en France ». On y apprend que cette […] Continuer la lecture

Publié dans argent, médecine, politique, soigner | Commentaires fermés sur Le ministre Blanquer se souvient-il que jadis exerçaient, en France, des médecins scolaires ?

Combien de temps encore avant que la cigarette électronique ne soit un médicament ?

Bonjour Petit exercice de logique. I La cigarette électronique délivre  de la nicotine. II La nicotine est un médicament. III La cigarette électronique est un médicament. C’est là un syllogisme politique facile à démonter. La cigarette électronique ne délivre pas que de la nicotine (et parfois même elle n’en délivre pas) ; la nicotine n’est pas […] Continuer la lecture

Publié dans addictions, argent, médecine, médicament, pharmacie, Polémique, politique, tabagisme | Commentaires fermés sur Combien de temps encore avant que la cigarette électronique ne soit un médicament ?

Les «Paradis pharmaceutiques» ou l’inquiétante délocalisation des expérimentations cliniques 

  Bonjour Dans l’ombre de la mondialisation, les délocalisations. Nous avons appris il y a peu la première implantation, chez un patient du Kazakhstan du cœur artificiel mis au point par Carmat. Soit la poursuite dans la capitale de l’ancienne république soviétique, d’un essai commencé en France où il avait généré quelques polémiques. Carmat a, depuis, […] Continuer la lecture

Publié dans argent, Ethique, La Tribune, médecine, médicament, pharmacie, Polémique, The Conversation | Commentaires fermés sur Les «Paradis pharmaceutiques» ou l’inquiétante délocalisation des expérimentations cliniques