Archives de catégorie : alcoolisme

Que fera de la cigarette électronique le nouveau patron de la lutte contre les addictions ?

  Bonjour Il arrive à point nommé et son action politique sera décortiquée : le Dr Nicolas Prisse a été nommé ce 8 février en conseil des ministre nommé président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). A ce titre il pourrait contribuer à repenser la politique dans ce […] Continuer la lecture

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Incroyable mais vrai : la «défavorisation sociale» augmenterait le risque de cancer pulmonaire

  Bonjour Le jargon est, aussi, un symptôme. Ouvrons la dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence sanitaire « Santé publique France ». On y trouve une étude « la première du genre en France 1. Qu’y apprend-on ? Rien que l’on ne sache (ou pressente) déjà, à savoir que « près de 15 000 cas de cancer pourraient être […] Continuer la lecture

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Emmanuel Macron n’est pas Zola : comment parler des gens du Nord et de l’alcoolo-tabagisme ?

Bonjour Né à Amiens la veille de Noël 1977, Emmanuel Macron n’est pas, précisément, un nordiste. C’est un Picard. Pouvait-il, dès lors, parler comme il l’a fait le samedi 14 janvier dans le Nord-Pas-de-Calais ? Toujours en lévitation, sur les nuages des sondages, le candidat d’En marche ! à l’élection présidentielle y a peint, samedi 14 janvier, un tableau […] Continuer la lecture

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Alcoolisme: Vladimir Poutine ordonne de réduire la consommation de produits cosmétiques

  Bonjour Ce n’est pas une affaire de soviets et d’électricité. Pour autant c’est bien un drame de l’alcoolisme et de la pauvreté. Le bilan de « l’intoxication à l’huile de bain bue par des Russes à Irkoutsk (Sibérie) », s’est alourdi jeudi à 71 morts. L’Agence France Presse rapporte l’annonce faite par l’antenne locale du ministère russe […] Continuer la lecture

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Propagande alcoolique sur You Tube : le Conseil supérieur de l’audiovisuel se moque de qui ?

  Bonjour Huit mois. C’est le temps qu’il aura fallu au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour ne rien dire, ou presque. On se souvient de l’absolue  tristesse alcoolique de « Recettes pompettes ». Un pauvre concept : inviter une célébrité en opération de promotion, et boire de l’alcool tout en essayant de préparer une recette. Le CSA […] Continuer la lecture

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Rhume, alcoolémies, embolies : où est le dossier médical complet de Michel Polnareff ?

  Bonjour Une seule certitude : le pronostic vital est désengagé. Michel Polareff, annoncé dans un état gravissime a quitté sa chambre de l’American Hospital of Paris le 16 décembre. Il se cache depuis dans la suite d’un palace de la région parisienne où le JDD l’a retrouvé (Renaud Revel). Le journal dominical fait son miel […] Continuer la lecture

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Marisol Touraine demande de ne plus vendre d’alcool avant 18 ans. Y compris sur Internet

  Bonjour. Il y a l’alcool. Il y a le tabac. Et il y a les jeunes. L’Etat, qui détient le monopole de la vente des produits du tabac, ne parvient désespérément pas à obtenir que les buralistes ne commercent pas avec les moins de 18 ans. On sait ce qu’il en est avec l’alcool : […] Continuer la lecture

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Gamma GT : aux Pays-Bas la maladie alcoolique peut offrir la possibilité d’être euthanasié

  Bonjour Confidentielle il y a quelques jours encore l’affaire commence à faire du bruit. Elle frappera les esprits. Où l’on apprend qu’un citoyen néerlandais, 41 ans, souffrant de maladie alcoolique  de « manière insurmontable »  de mettre a obtenu qu’on le tue en l’euthanasiant (dans la maison de ses parents).  L’homme, père de deux […] Continuer la lecture

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L’addiction et ses enfers : voici le temps des patients experts diplômés de l’Université

  Bonjour Voilà un sujet qui aura du succès : le malade « sorti de la dépendance » et qui devient « expert » de cette dernière – expert, qui plus est, diplômé par l’Université. Un sujet d’avenir traité aujourd’hui dans les colonnes de l’antique Figaro (Pauline Fréour) : « Addictions: l’expertise reconnue des anciens malades ». Un sujet dans l’air du temps – un […] Continuer la lecture

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Baclofène et alcoolisme : les soignants silencieux s’expriment – et étrillent les journalistes

  Bonjour « Depuis près de dix ans deux camps s’affrontent par médias interposés et prises de position dans les congrès ou autres manifestations…  Ceux qu’il est coutume d’appeler les militants d’une part et les baclo-sceptiques, voire anti-baclofène d’autre part. Les premiers plaident en faveur de l’utilisation de cette molécule pour les troubles liés à l’usage d’alcool et […] Continuer la lecture

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Incroyable mais vrai : 150 euros remboursés à tout fumeur souhaitant arrêter sans e-cigarette !

  Bonjour Le soleil décline. Demain nous serons le 1er novembre, vieille fête catholique et première journée du premier « Moi(s) sans tabac ». Et, déjà, deux chiffres fournis il y a quelques minutes par Marisol Touraine. La ministre de la Santé vient de donner le top départ (sic) de ce « grand défi collectif pour inciter un maximum de […] Continuer la lecture

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Baclofène: son efficacité et les conflits d’intérêts exacerbent de nouvelles passions médicales

Bonjour Baclofène, c’est une huile sans cesse versée sur un feu toujours ravivé. On imaginait que les dernières publications scientifiques, présentées début septembre à Berlin, seraient de nature à calmer le jeu. Il y eut aussi la remarquable émission télévisée (France 5, 20 septembre) Un documentaire fait d’intelligence et de respect (Marie Agostini) suivi d’un […] Continuer la lecture

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«Devenir sobre ! Ça, c’est un sacré exploit ! La plus grande bataille de ma vie» (Marianne Faithfull)

  Bonjour Il y a ceux, assez nombreux, qui y sont restés. Puis il y a les autres. Bien évidemment seuls les survivants peuvent témoigner dans la durée. Témoigner du paradis de l’entrée, pour commencer. Témoigner des trompettes des anges, de la lévitation sur l’eau, de la création par tous les pores de la peau, […] Continuer la lecture

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François Hollande n’est pas venu, hier, au bar-tabac-loto-PMU. Marisol Touraine non plus.

Bonjour « Alors, Hollande n’est pas venu payer son coup ? ». Rigolades tristes, ce matin au zinc-vin blanc. Le président de la République est venu à Tours, hier 24 septembre. Il a visité les migrants. Il a salué les pompiers en congrès, sapeurs plus que mécontents. La Nouvelle République du Centre Ouest le montre. Sur chaque […] Continuer la lecture

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Alcooliques : une grande émission de télévision; faire l’économie de l’enfer et des démons ?

  Bonjour Ce fut, mardi 20 septembre « en première partie de soirée sur France 5 », une émission de télévision comme on pourrait en rêver 1. Un documentaire fit d’intelligence et de respect (Marie Agostini) suivi d’un débat mené sous une bienveillante férule (Marina Carrère d’Encausse). Un alcoologue confessant ses erreurs passées (le Dr Philippe Batel). […] Continuer la lecture

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Alcool : se dépenser physiquement régulièrement autoriserait-il à boire impunément ?

Bonjour Quand les statistiques confinent au stupide. Aujourd’hui une étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine. Les amateurs la trouveront ici : “Does physical activity moderate the association between alcohol drinking and all-cause, cancer and cardiovascular diseases mortality? A pooled analysis of eight British population cohorts”. Elle est signée de chercheurs travaillant au Canada, […] Continuer la lecture

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Monsieur Bitàlair, suite et fin (enfin!)

La début, c’est .
La petite mise au point, c’est ici.
Et la fin, c’est maintenant.

C’est la demi-heure suivante que tout se joue. Jusqu’ici, je n’avais d’yeux que pour la crasse et la violence de la situation. Mais un « détail » a changé la donne.
Monsieur Bitàlair est assis sur une chaise de la cuisine. Une serviette sur les épaules, une autre sous les pieds. Machinalement, il s’allume une cigarette. Machinalement, je m’écarte. Il ne grogne plus, ne m’insulte plus. Je profite du répit. Je dirais même que je le savoure. Je laisse Monsieur Bitàlair finir sa cigarette et m’accroupis pour lui essuyer les pieds. Jusqu’ici, je n’avais pas prêté attention à cette partie de son anatomie, trop occupée à prier pour qu’il ne se casse pas lamentablement la figure dans la douche. Maintenant, je vois. Et je regarde. Et je suis stupéfaite. Ses pieds sont tordus. Ses orteils sont tordus. Ses ongles ne sont plus des ongles mais des griffes. Je reprends une paire de gants et vais remplir une bassine d’eau chaude. Ça n’est pas du goût de Monsieur Bitàlair qui se remet à grogner.

– Qu’est-ce que tu fais encore ? Fous-moi la paix !
– Je voudrais laver vos pieds. Je n’en ai pas pour longtemps, promis.
Ouh la menteuse ! D’après ce que je vois, je pourrais me faire un repas complet entrée/plat/dessert rien qu’avec ce qui stagne entre ses orteils.
-Aïe ! Fais attention bordel ! J’ai mal !
Monsieur Bitàlair souffre. Monsieur Bitàlair exprime qu’il souffre. Et moi, pauvre cruche aveuglée par l’incongruité de cette situation, je découvre que Monsieur Bitàlair est un homme, et qu’il a mal.
À ce moment précis, j’ai honte de moi. Honte parce que je n’ai pas vu ce « détail » avant. Honte parce que je n’ai vu que le reste. Honte parce que je n’ai pas été professionnelle.
Il est temps de remédier à ça. Doucement, très doucement, j’essaie de laver les pieds de Monsieur Bitàlair. Sans vraiment y parvenir. Parce qu’il a mal, parce qu’il est excédé, parce qu’il y a trop à faire et que je me sens démunie. Il faudrait lui couper les ongles. Mais vu l’état de ces derniers, et sans rien savoir d’un éventuel problème de santé, je ne m’y risquerais pas.
Coup de bol, c’est exactement le moment que choisit Junior, le fils de Monsieur Bitàlair, pour faire une apparition aussi fortuite que surprenante. Mais où était-il donc caché celui-là ?
Pendant que j’aide Monsieur Bitàlair à s’habiller, je fais donc la connaissance du fiston. Junior, célibataire, chômeur, la trentaine bien tassée, vit également ici. Il est ce qu’on appelle un aidant. En l’occurrence, un aidant épuisé et dépassé tant la situation de son père est catastrophique. Madame Bitàlair est morte il y a longtemps, laissant les deux hommes en tête-à-tête dans cette maison isolée du bourg. Monsieur Bitàlair buvait, il a bu encore plus. Très vite, il n’a plus pu conduire. Junior, au chômage, n’a jamais passé le permis. Il s’est donc retrouvé coincé loin de tout, seul avec son père que la folie gagnait. Il est gentil Junior, il fait ce qu’il peut, mais la gentillesse ne suffit pas. Il a essayé de s’occuper de son père et de la maison comme il a pu. Puis il a baissé les bras. Parce que c’était trop. Parce que personne ne l’aidait. Parce qu’il ne savait plus comment faire. Parce qu’il ne parvenait plus à voir plus loin que demain. Alors il a appelé le docteur, qui a appelé les infirmières, qui ont appelé le CCAS. Et aujourd’hui, nous sommes les dernières à venir ici. Nous sommes la dernière solution. Parce que plus personne ne veut venir. Parce que Monsieur Bitàlair a fait fuir tous les autres. Parce qu’après nous, le déluge.
Pendant que Junior raconte, j’écoute. Je regarde cette maison, je regarde ce père et son fils, et je me demande comment ces deux hommes font pour tenir encore debout.
Et plus je les regarde, plus j’ai honte de moi. Parce que je n’ai vu que le moment présent.
Monsieur Bitàlair a été jeune. Et peut-être beau, qui sait ? Il a aimé une femme, l’a épousée, lui a fait un enfant. Il a tenu un bébé dans ses bras. Puis l’a vu grandir. Il s’est mis à boire. Quand ? Pourquoi ? Je n’en sais rien. Sa femme est morte. Quand ? Comment ? Je n’en sais rien non plus.
Et aujourd’hui, il est là, devant moi. Sale, fou, et douloureux. Mais que pouvons-nous faire, nous, contre cette saleté, cette folie et cette douleur ? Que peuvent faire ces femmes en tablier, épuisées et craintives, dans cette maison ? Laver la maison. Laver Monsieur Bitàlair. Et recommencer le lendemain. Tous les jours. Inlassablement. S’épuiser à la tâche, comme Junior. Parce que c’est insensé. Parce que ça ne sert à rien. Parce qu’envoyer une femme enceinte même pas diplômée chez ce monsieur relève d’une sérieuse incompétence professionnelle. Parce que Madame Grandchef, malgré nos rapports circonstanciés sur la situation, se moque pas mal de ses employées. Parce que Monsieur Bitàlair est un client. Il paye. Et le CCAS a besoin de clients, parce que son budget est déficitaire. Mais qui a dit qu’il fallait faire du profit sur le dos des personnes dépendantes ? A-t-on jamais vu un service social gagner de l’argent ?
Monsieur Bitàlair est maintenant habillé. Il me reste un peu de temps pour le ménage, mais ce sera succinct, je ne crois pas aux miracles. Pendant que je tente vaillamment de laver le sol, je suggère à Junior d’appeler un pédicure au plus vite pour son père. Je ne peux pas faire mieux. Pas aujourd’hui en tout cas.
Fin de la mission, fin de la journée. Je quitte enfin la maison de Monsieur Bitàlair. Assise dans ma voiture, je ne démarre pas tout de suite. J’ai envie de pleurer. Parce que je suis fatiguée. Parce que je me sens humiliée. Parce que je vais devoir jeter mes chaussures aussi. Parce qu’à ce moment précis, je ne crois plus en rien. Je croyais faire un travail utile et je me suis trompée. Ce que je fais ne sert à rien ni à personne. Ce que je fais sert tout juste à gonfler les statistiques de l’emploi et des bénéficiaires pris en charge par le CCAS. Ce que je fais ne sert qu’à faire mousser Madame Grandchef auprès des élus. 
Finalement, je ne sais pas laquelle des deux je déteste le plus : ma patronne méprisante ou ma personne méprisée.

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Monsieur Bitàlair. Petite mise au point avant de finir.

Avant de continuer, une rapide mise au point s’impose : les faits que je relate ici se sont déroulés en début d’année 2012. À l’époque, j’étais enceinte et je venais d’apprendre que, pour cette raison, mon contrat ne serait reconduit qu’après mon congé maternité, ce qui, avouons-le, était clairement du foutage de gueule. De plus, ma demande de formation avait été, pour la troisième fois, rejetée. Autant vous dire que je n’étais donc pas au top de l’investissement professionnel.
Madame Grandchef, mon adorable patronne, avait plein de qualités (enfin, je crois… mais je n’en suis pas sûre), mais elle avait un énorme défaut : elle ne semblait pas avoir lu le code du travail. Elle, ça ne la gênait pas, mais nous, les pauvres filles qui trimions à la tâche dans des conditions de merde pour un salaire de merde, ça nous gênait un peu, parfois.
Les conditions de travail de la femme enceinte, elle s’en foutait.
Le droit de retrait, elle s’en foutait.
La sécurité de ses employées, elle s’en foutait.
Nous étions envoyées chez des personnes dépendantes, parfois malades, parfois violentes.
Nous faisions des transferts sans matériel.
Nous faisions des actes que nous n’étions pas toujours autorisées à faire.
Nous avions des horaires de merde et pas toujours légaux.
Mais nous n’avions pas le droit de nous plaindre, parce qu’il y avait plein de monde qui attendait notre place, nous répétait-elle. Alors nous subissions.
Donc oui, ce texte est irrévérencieux. Oui, il donne une image lamentable de l’aide à domicile. Oui, ma façon de parler de cet homme malade n’est absolument pas professionnelle. Oui, c’est insultant. Oui, je devrais être capable d’établir une communication adaptée.
Sauf qu’à l’époque, je n’étais pas capable de mieux. Et j’écris comme je l’ai ressenti… Il y a trois ans. Et vous l’aurez compris, mon ressenti n’était pas très positif à l’époque.
Mise au point finie, je passe à la suite;-)
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L’enterrement

L’histoire commence ici.

Ce jour-là, je suis allée voir mon père et ma belle-mère (Madame Pasdbol) et j’ai appris une mauvaise nouvelle. En rentrant, je me souviens avoir écouté Norig à fond dans la voiture et m’être arrêtée plusieurs fois pour pleurer. Le cancer, je connaissais, il avait déjà emporté une partie de ma famille, dont ma mère. Optimisme zéro.

La suite, je l’ai racontée, et mon frère aussi. J’ai parlé de la maladie, de la mort, mais aussi des émotions que je devais apprendre à apprivoiser en tant que future soignante. Mais je n’ai pas tout raconté, parce que certaines choses étaient trop dures, ou trop sordides. Par exemple, je n’ai jamais parlé de l’enterrement.

Mon père est mort un lundi (ma mère aussi, Madame Pasdbol aussi, ça doit être une sorte de tradition). Nous avons « choisi » la date de l’enterrement en essayant de faire au mieux pour tout le monde. C’est tombé un samedi, un jour avant son anniversaire de mariage avec Madame Pasdbol. À quelques jours près, ils auraient pu fêter leur première année de mariage… mais non.

La préparation de l’enterrement, le choix du cercueil, des plaques, de la musique… tout était tellement douloureux. Il fallait prévenir tout le monde, pleurer, organiser les obsèques, pleurer, faire tout un tas de démarches administratives, pleurer, s’occuper des vivants, pleurer.
Les vivants, justement, étaient ce qui nous raccrochaient au présent, mon frère et moi. Les enfants qui couraient, qui riaient, qui jouaient, c’était la vie qui continuait, malgré tout. C’était la génération d’après. C’était quelques gouttes de joie au milieu d’un océan de tristesse.
Ces quelques jours, entre la mort et l’enterrement, c’était comme une bulle, une sorte de parenthèse. Mon père était mort, certes, mais il était encore là, je pouvais aller le voir, je pouvais le regarder, le toucher. Je pouvais encore m’asseoir à côté de lui et lui parler. Je pouvais encore faire le rêve insensé qu’il allait ouvrir les yeux, me sourire, et se relever comme si rien ne s’était passé.
Mais, entre les enfants joueurs et mon père immobile, il y avait la veuve. La veuve qui ne pleurait pas. La veuve qui reprochait à mon père mort le coût de la maladie et des obsèques. La veuve qui voulait tout bazarder. La veuve qui buvait. La veuve qui se noyait. Et dont nous devions aussi nous occuper. En plus du reste.

Mourir en été, c’est pas terrible. Les gens sont en voyage, c’est difficile de trouver à se loger dans une région un peu touristique, ils n’avaient pas prévu un enterrement dans leur planning de vacances… Bref, tout ça pour dire qu’il n’y avait pas grand-monde à l’enterrement. Une cérémonie toute simple, avec la famille réunie en rond autour d’un cercueil tout simple décoré des fleurs du jardin. Une belle cérémonie quand même, avec le chant des enfants et les textes choisis. Et cette chanson, que je ne peux plus écouter sans pleurer. C’est après que ça a merdé.

Mon père avait choisi la crémation. Madame Pasdbol, d’emblée, nous avait dit qu’elle ne viendrait pas, que c’était au-dessus de ses forces. Pour avoir vécu la crémation de notre mère, mon frère et moi comprenions que cela puisse être un moment qui semble insurmontable. Les enfants, eux, voulaient venir. Ils avaient vu leur grand-père malade, puis mort, ils voulaient être là jusqu’au bout. Les quelques « grandes personnes » qui n’étaient pas concernées ont protesté, au nom de la morale et de que sais-je encore. Les enfants ont cédé. Du coup, après la cérémonie, il n’y avait plus grand-monde de partant pour la crémation. Les enfants devaient rester à la maison, ma belle-soeur et mon mari devaient s’en occuper, le reste de la famille était fatigué et souhaitait rester avec la veuve. Certes. Nous avons redemandé à celle-ci si elle voulait venir. Non ferme et définitif. C’est donc pleins d’entrain que mon frère, mon parrain, mon bébé et moi nous sommes élancés sur la route joyeuse du crématorium (désolée, j’essaye de mettre un peu d’allégresse dans ce billet, c’est un peu morbide sinon).

Une crémation, c’est long. Long et sinistre. Et difficile. Toucher le cercueil, une dernière fois. Pleurer. Le regarder partir. Pleurer. Attendre. Pleurer. Recevoir l’urne. Pleurer. Réaliser que son père est là-dedans, dans ce récipient encore chaud. Alors qu’il y a quelques heures à peine le cercueil n’était pas fermé. Pleurer. Et rentrer. En pleurant. En se disant que cette fois c’est vraiment fini. Il n’ouvrira pas les yeux. Il ne sourira pas. Il est vraiment parti. Pour toujours.

Le retour à la maison a été l’apothéose. J’avais à peine eu le temps de descendre de voiture que mon mari s’était rué vers moi pour me dire que c’était « dégueulasse » ce qu’on avait fait à Madame Pasdbol! Hein? Quoi? Qu’est-ce qui se passe?
Ce qui se passait? Madame Pasdbol, pendant que nous pleurions notre père en attendant que tout soit vraiment fini, avait bu plus que de raison, un apéro par ci et un autre par là, et, dans un état d’ébriété avancée, titubante et bégayante, s’était plainte de ses méchants beaux-enfants qui n’avaient même pas voulu d’elle à la crémation de son cher époux. La famille endeuillée, attendrie par cette pauvre veuve sans défense, s’était bien entendu offusquée de notre attitude inhumaine. Pauvre, pauvre veuve! Et nous, quels monstres nous faisions! Nous, les enfants, les orphelins, les vilains méchants pas beaux qui osions abandonner cette pauvre femme à son triste sort alors qu’elle venait de perdre son mari…

ET NOUS ON VIENT DE PERDRE NOTRE PÈRE! ET VU QU’ON A DÉJÀ PERDU NOTRE MÈRE, ÇA VEUT DIRE QU’ON EST ORPHELINS! ET ON LE VIT UN PEU MAL! ET ON A DÉJÀ ASSEZ DE NOTRE PEINE À SUPPORTER SANS AVOIR EN PLUS L’ALCOOLISME ET LES MENSONGES DE LA VEUVE À GÉRER! BANDE DE CONS!!!

Bon, ça, c’est ce qu’on aurait voulu leur dire… mais on n’a pas osé. On s’est contentés de ravaler nos larmes et notre colère. Parce que ça n’était pas le moment. Parce que nous étions trop fatigués. Trop tristes aussi. Parce qu’on parlerait de tout ça demain, calmement. Sauf que le lendemain, ce fut pire.

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Un employeur peut désormais interdire toute consommation d’alcool dans son entreprise !

Un décret du 3 juillet 2014 autorise désormais l’employeur à interdire la consommation d’alcool dans l’entreprise, en insérant une clause spécifique dans le règlement intérieur, ou en diffusant une note de service. Jusqu’à présent l’employeur devait parvenir à répondre à […] Continuer la lecture

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Une question d’éthique #1

Dans notre métier, comme dans des tas d’autres, nous sommes confrontés à des choix. Certains sont simples :
– soupe ou omelette?
– change anatomique ou change complet?
– balai ou aspirateur?
– eau de javel ou vinaigre blanc?
Et il y en a d’autres, plus complexes, qui font appel aux lois, à l’éthique, au cadre. C’est de l’un de ces choix dont je voudrais vous parler.

Madame Tangue vit seule avec son chien. À première vue, c’est une dame tout à fait charmante, qui aime la compagnie et la conversation. Pour une raison que nous ne connaissons pas, elle est sous tutelle. Ses enfants vivent loin et viennent la voir pendant les vacances. Les auxiliaires interviennent chez elle tous les jours pour l’entretien de la maison, les courses et des promenades. Même le week-end. Oui, le week-end, nous intervenons pour faire des promenades. Madame Grandchef a sans doute estimé que c’était une nécessité vitale. Passons. Sur notre planning, les consignes sont les suivantes : « entretien du logement, courses, promenade. Attention, ne pas acheter d’alcool. » OK, c’est noté.

La première fois que je vais chez Madame Tangue, celle-ci me demande d’aller faire des courses. Elle me tend une liste et, en la lisant, je me rends compte qu’elle y a marqué « deux bouteilles de vin ».
Option un : lui expliquer que je ne peux pas prendre de vin. C’est délicat, je ne la connais pas, c’est vexant, elle risque de mal le prendre.
Option deux : aller faire les courses et « oublier » le vin.
Je suis lâche, je choisis l’option deux.
Je pars donc faire les courses et prends tout ce qu’il y a sur la liste, sauf le vin. Au retour, aucun commentaire de sa part. Ouf. En bonne auxiliaire fayote et consciencieuse (et surtout, en bonne auxiliaire qui rêve d’un CDI), je signale « l’incident » à Madame Grandchef, histoire de me couvrir au cas où.

La deuxième fois que je vais chez Madame Tangue, il faut aussi faire des courses. La liste est sensiblement la même que la dernière fois, et le vin y figure encore. Avant que je parte, Madame Tangue me fait remarquer que je ne l’avais pas pris la dernière fois. Oups.
Option un : lui dire que j’ai oublié. Sauf que je ne vais pas pouvoir oublier deux fois.
Option deux : lui dire que les auxiliaires n’ont pas le droit d’acheter de l’alcool, ce qui dans le cas présent est un demi-mensonge.
Option trois : lui dire la vérité, à savoir que nous avons interdiction de lui acheter de l’alcool.
Je suis lâche mais calculatrice, je choisis l’option deux. Stupeur de Madame Tangue. Les autres auxiliaires le font, elles! Et merde. Coincée.
Coincées, nous le sommes toutes deux. Elle veut quelque chose, je n’ai pas le droit de l’acheter. Madame Tangue, qui a oublié d’être bête, argumente : si je n’achète pas ce qu’elle me demande, une autre le fera. Et si personne ne le fait, elle changera de prestataire, tout simplement. C’est imparable. J’écoute sa version et lui propose la mienne : si je n’achète pas le vin, j’obéis à ma supérieure et aux consignes données par son tuteur. Si j’achète le vin, je désobéis et cours le risque d’une sanction. Nous sommes dans une impasse. Finalement, Madame Tangue barre les bouteilles de la liste et je pars faire les courses. En bonne auxiliaire pas si fayote que ça quand même, je ne signale pas l’incident à Madame Grandchef, j’ai pas trop envie d’une guerre des tranchées entre collègues, et encore moins d’une remontrance collective.

La troisième fois que je vais chez Madame Tangue, celle-ci est habillée pour sortir, liste de courses en main. Bon, je sens que ça va être compliqué. Direction le grand magasin, celui où l’on trouve de tout : viande, légumes, fromage, gâteaux… et vin. Madame Tangue glisse deux bouteilles dans le caddie, comme ça, l’air de rien.
Option un : retirer le vin du caddie et lui redire que je n’ai pas le droit d’acheter de l’alcool. Hum, pas très envie d’une altercation en plein magasin, ça serait limite.
Option deux : retirer les bouteilles à son insu, discrètement. Pas très courageux, et risque d’altercation à la caisse.
Option trois : lui redire que je n’ai pas le droit et aviser selon sa réaction.
Option quatre : faire comme si je n’avais rien vu.
Je suis lâche mais pas tant que ça, je choisis l’option trois. Réponse de Madame Tangue :
« Vous n’avez pas le droit d’acheter de l’alcool, mais moi j’ai le droit, aucune loi ne me l’interdit. » Logique. Et imparable. Je m’incline. En bonne auxiliaire concernée par les problèmes d’addiction, j’informe Madame Grandchef de l’incident. Haussement de sourcils et réponse de l’intéressée :
« De toute façon, si elle veut vraiment du vin, elle arrivera toujours à s’en procurer. Et si nous refusons de l’acheter, elle s’adressera à un autre prestataire et on aura perdu une cliente. »
Logique, et imparable.Madame Tangue garde son vin, nous gardons une cliente.

In vine veritas. Continuer la lecture

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Monsieur Bitàlair (5)

Résumé de l’épisode précédent
Babeth, l’auxiliaire à couettes, doit faire « l’entretien du logement et l’aide à la toilette » chez Monsieur Bitàlair. La maison est plutôt délabrée, le bénéficiaire aussi, Babeth est sur le point de renoncer…
À la fin de l’épisode précédent, Monsieur Bitàlair est tranquillement assis dans sa cuisine, crachant presque voluptueusement sa fumée de clope à la figure de cette bonne à rien envoyée par la mairie (moi), tandis que cette dernière refoule silencieusement sa colère (pardon, sa haine) derrière un masque qu’elle veut impavide (et ouais, t’as vu ça un peu comme ça en jette quand une auxiliaire de vie te raconte la scène!).

Je suis donc là, face à ce type qui ne bouge pas. Lui assis, moi debout. Lui, avec ce calme arrogant de celui qui a tout son temps et moi, avec cette colère sourde de celle qui n’en peut plus. Lui, vieux, malade. Moi, moins vieille, enceinte. Oui, enceinte. Parce que c’est tellement plus drôle d’envoyer les femmes enceintes chez les fumeurs alcooliques violents. Parce que Madame Grandchef, c’est pas trop son problème tout ça. Parce qu’on fait pas le ménage avec notre utérus après tout !
La journée a été longue et j’ai hâte de rentrer chez moi. J’accélère le mouvement. Il ne veut pas bouger ? Pas grave. C’est moi qui vais bouger. Je m’approche. Il lève les yeux. Je me rapproche. Il me regarde. Je suis près de lui. Il ouvre la bouche. Je suis tout près. Il gueule.
« – Qu’est-ce tu veux encore ? Dégage !
– Je vais vous aider à enlever vos vêtements Monsieur Bitàlair. Je commence par le haut »
Sans lui demander son avis, je passe derrière lui et commence à retirer son t-shirt. Il résiste un peu, j’insiste un peu. Finalement, il capitule. Si on m’avait dit qu’un jour j’obligerais un homme à se déshabiller !
Je continue. Pantalon, slip, chaussettes. Je vous épargne la description des vêtements imprégnés d’urine et de selles, je mettrai les nausées sur le compte de la grossesse !
Monsieur Bitàlair est nu, face à moi (je sens comme une tension sexuelle dans cette phrase, non?)
Cet homme qui nous insulte, qui nous méprise, qui a fait fuir les infirmières libérales et pleurer certaines de mes collègues, se tient là, face à moi, dans son simple appareil et, à ce moment précis, n’a plus rien de redoutable. Ce n’est qu’un amas de chair et de peau et, au creux de cette chair, quelques organes, en plus ou moins bon état. Ce n’est qu’un homme.
La tâche me semble soudain d’une simplicité foudroyante. Je dois laver cet homme et cette maison, rien de plus. Je dois finir mon heure, remplir le cahier de liaison et faire signer ma feuille de présence. Quand j’aurai fini, je rentrerai chez moi, je retrouverai ma maison propre et ma famille normale. Lui restera ici, au milieu de sa crasse et de sa haine. Demain, tout recommencera. Une auxiliaire viendra frapper à sa porte, il l’insultera, elle fera quand même son boulot. Qu’importent ses insultes, sa crasse et son mépris. Qu’importent notre fatigue, notre colère et notre peur. On a un boulot, on le fait, et si ça ne nous plaît pas, libre à nous de postuler ailleurs.
Aujourd’hui, c’est moi, Babeth, 34 ans (à l’époque) enceinte.
Hier c’était Amandine, 19 ans et jolie comme un coeur.
Avant-hier c’était Martine, 50 ans et pas très envie de jouer.
Et demain? Peut-être Julie, 25 ans, enceinte elle-aussi?
Peut-être Sonia, 42 ans, débutante?
En tout cas, certainement pas Madame Grandchef! Pas elle, non, avec son joli petit tailleur et ses talons aiguilles. Pas elle, avec son brushing impeccable et sa voiture de fonction. Pas elle, avec son regard froid et sa voix trop posée. Et d’ailleurs, que ferait-elle, elle, la grande dame, face à ce corps nu? Comment s’y prendrait-elle pour le faire aller de la cuisine à la douche? Comment supporterait-elle la fumée et l’odeur? Comment garderait-elle son calme dans cette situation?
Il faudra que je lui demande un jour. Mais pas maintenant. D’abord, il faut que je lave Monsieur Bitàlair.

À suivre…

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Alcool : intervention brève lors des visites médicales de santé au travail

La prévention dans le monde du travail ne se limite pas à l’information et au dépistage, il faut développer le repérage précoce et l’intervention brève ( RPIB) par le médecin du travail ou l‘infirmier de santé au travail. Ces méthodes […] Continuer la lecture

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Trois questionnaires standardisés pour le repérage précoce de la consommation d’alcool

Les visites médicales de santé au travail doivent être l’occasion de repérer précocement l’usage à risque d’alcool chez les salariés. Le repérage minimum consiste à poser systématiquement la question de la consommation d’alcool durant la consultation, il peut également être … Continue reading Continuer la lecture

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Dépister une consommation excessive d’alcool

L’OMS, Organisation Mondiale de la Santé, a publié une classification permettant à chacun de situer sa relation à l’alcool ainsi que les risques encourus. Il est nécessaire de rappeler à quoi correspond une unité d’alcool, un verre standard. Une consommation […] Continuer la lecture

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Madame Pasdbol (3)

Quand j’étais petite, j’avais deux mamies, un papi, et un papi mort.

Papi et Mamie de Saint-Jean-De-Luz avaient une grande et belle maison avec plein de beaux objets. Chez eux, il y avait la mer et la montagne, et même qu’on y allait parfois en avion! Ils avaient vécu en Algérie et au Maroc, ils en avaient ramené des tapis et des services à thé. Mamie faisait la collection de timbres et nous passions des heures à les regarder ensemble. Papi adorait la « grande musique » et il me faisait découvrir Mozart, Chopin, Schubert… Nous mangions du poisson tous les jours sauf le lundi et c’était pas de bol car je n’aimais pas le poisson (sauf la sole, mais on ne pouvait quand même pas en manger tous les jours!). Le dimanche on allait à la messe, Papi nous amenait à Hendaye en voiture et, pendant que Mamie écoutait pieusement l’office, Maman faisait semblant de suivre et je baillais à m’en décrocher la mâchoire. J’aurais préféré rester au café avec Papi mais il paraît que ça ne se faisait pas pour une jeune fille bien éduquée. Les autres jours de la semaine, c’était plage, promenades, lecture… Dans leur maison il y avait plein de livres partout, j’avais l’embarras du choix. Des livres, des films, des albums photos, j’aurais pu passer des années enfermée dans leur maison sans avoir fait le tour de tout ce qu’il y avait à y découvrir! Les vacances à Saint-Jean-De-Luz, c’était la culture de mes grands-parents, la cuisine du sud et les virées en Espagne. C’était les orages du Pays Basque, les vagues de l’Atlantique et la tranquillité de ma mère.

Chez Mamie de Vindrac, c’était la campagne, la vraie! On allait chercher les oeufs et le lait à la ferme avec notre pot à lait, on ramassait des mûres et des fleurs des champs et on allait donner du pain au petit âne près de l’église. Mamie habitait l’ancien appartement de fonction du maître d’école, et nous allions souvent jouer dans l’ancienne salle de classe désaffectée. Dans le jardin il y avait une balançoire et une petite piscine gonflable dans laquelle je pataugeais avec ma bouée canard rouge. Mamie faisait les meilleurs gâteaux du monde et nous les dégustions avec de la limonade. Parfois, nous montions au grenier fouiller les malles à la recherche de vieux vêtements avec lesquels nous inventions de somptueux déguisements. Ma cousine avait un vélo rouge et moi un vélo bleu, c’est pendant les vacances d’été que j’ai enlevé les petites roues pour la première fois. Pour venir nous prenions le train de nuit et c’était toute une aventure, il nous arrivait de ne pas nous réveiller et nous nous retrouvions ensommeillés et en pyjama sur le quai de la gare. Le dimanche nous allions fleurir la tombe de mon papi mort, que je n’avais jamais connu. Cet homme était pour moi le plus beau des mystères, sans doute parce qu’il était jeune pour toujours.
Les vacances à Vindrac, c’était les rires des cousins, les confitures des voisins et les virées à vélo. C’était la chaleur écrasante du Tarn, la cité médiévale d’à côté et le sourire retrouvé de mon père.

C’est mon grand-père maternel qui a ouvert le bal. Insuffisance rénale, insuffisance cardiaque, décès. Ma grand-mère maternelle a suivi de près. Cancer généralisé, décès. Puis ma mère. Cancer du poumon, décès. Quelques années plus tard, ma grand-mère paternelle suivait. Chute, fracture du col du fémur, glissement, décès. Puis mon père. Cancer de l’oesophage, décès. Et dernièrement, mon beau-père. Crise cardiaque, décès.

Amélie et Georges n’ont pas ma chance : une mamie, deux papis morts, une mamie morte et une « belle-mamie » bourrée (pour ceux qui n’ont pas suivi, Madame Pasdbol a repris la picole), ça va faire léger pour se construire des souvenirs. Alors on va leur parler de leurs grands-parents, leur raconter l’histoire familiale : les avions de mon beau-père, les bêtises de mon père, le Maroc de ma mère. Et ma belle-mère, la seule mamie qui reste, leur parlera du Nord.

Et la belle-mamie? Rien. J’ai essayé de maintenir un lien, parce qu’elle était la mamie des enfants, parce qu’elle était la femme qu’avait choisie mon père. Elle était celle dont j’avais promis de m’occuper, celle qui avait une place réservée sur la tombe familiale, à Vindrac. J’avais promis à mon père. Et je le regrette amèrement. Parce que finalement, je ne veux plus qu’elle soit la mamie de mes enfants. Je ne veux plus qu’elle soit sur la tombe de mes parents. Je ne veux plus qu’elle jette ou donne ou vende les affaires et les meubles de ma famille. Je ne veux plus l’écouter divaguer quand elle a trop bu. Je ne veux plus entendre ses innombrables mensonges. Je ne veux plus avoir à m’inquiéter pour elle. Je ne veux plus qu’elle fasse partie de ma famille.
Elle aime l’alcool? Très bien, qu’elle reste avec sa bouteille et qu’elle m’oublie! Elle a eu sa chance, elle n’en a pas profité, elle peut bien finir comme elle a toujours vécu : dans la plainte et le déni. Entre la promesse faite à un mort et le bonheur des vivants, je choisis les vivants. Continuer la lecture

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Sensibilité et spécificité des différents marqueurs biologiques de l’alcoolisme : GammaGT, CDT, VGM, éthylglucuronide

Le diagnostic d’alcoolisme, ou de consommation excessive d’alcool doit souvent être objectivé par des arguments biologiques. Différents marqueurs sont disponibles pour mettre en évidence la consommation d’alcool qu’il s’agisse d’une … Continuer la lecture

Publié dans agréés, ALCOOL, alcoolisme, biologiques, CDT, cheveux, consommation, Consommation d'alcool, éthyglucuronide, gammaGT, globulaire, marqueurs, médecins, permis de conduire, sensibilité, spécificité, transaminases, triglycérides, VGM, volume | Commentaires fermés sur Sensibilité et spécificité des différents marqueurs biologiques de l’alcoolisme : GammaGT, CDT, VGM, éthylglucuronide

Suzie

Quand j’étais ado, j’étais mal dans ma peau. Comme beaucoup d’ados, comme beaucoup d’enfants d’alcoolos (admirez les rimes). Je me trouvais moche, grosse et inintéressante… entre autres. Forcément, avec une telle image de moi, autant vous dire que les amis, j’en avais pas. Au début, c’était pas grave. J’étais du genre intello, alors je trouvais refuge dans les lectures et les rêveries. Sauf qu’au bout d’un moment, on se rend compte que passer ses récrés à lire ou à rêvasser dans son coin ne remplace pas une vie sociale. Alors j’ai essayé d’aller vers les autres. Maladroitement. J’ai pris mon air de première de la classe, cet air que les gosses n’aiment pas, et j’ai tenté une approche relativement nulle à chier. Je me suis plantée. En beauté. Retour à la case départ. Sauf que maintenant, non seulement je n’avais toujours pas d’amis, mais j’avais des ennemis. Des ennemis ados, qui se comportaient comme des ados. Un ado, ça peut être con et méchant. Des ados ensemble, ça peut être très con et très méchant. De gamine mal dans sa peau je suis passée à gamine tête de turc. L’imagination des ados dépassant souvent ce que les adultes peuvent imaginer, je vous ferai grâce des facéties pas très drôles qu’ont inventées la bande de petits cons de ma classe, je ne voudrais pas effrayer les parents qui lisent ce billet (tout en écrivant ceci je suis en train de me faire copieusement insulter sur twitter par une bande de petits cons déchaînés, mais maintenant ça me fait rire). Toujours est-il que d’insulte en brimade, mon moral est tombé bas, très bas.
En principe, à ce stade de l’histoire, les adultes entrent en scène pour défendre la pauvre gosse opprimée. Pas cette fois. La journée, les parents sont au boulot. Le soir, ils boivent. Quand ils boivent, ils ne sont pas très disponibles pour écouter les « petits problèmes » de leurs gosses. Et quand ils les écoutent, ils ne font pas franchement dans l’empathie. La relation parents-enfants est soluble dans le whisky, c’est ce que j’apprends assez vite.
Bon, du côté de la famille c’est pas trop ça, alors qui reste-t-il? Les adultes du collège, ceux qui font autorité. Je me réfugie souvent dans le bureau de la prof de français. Je ne raconte pas ce qui se passe, parce que j’ai honte, et parce que je suis persuadée que de toute façon c’est de ma faute. Je suis trop ceci, pas assez cela, et j’aurai beau faire, « ils » ne m’aimeront jamais. Alors je trouve des prétextes pour traîner dans les couloirs entre les cours, pour ne pas aller en sport (trop dangereux le sport, tous ces ados en liberté!), pour faire le maximum de trajets domicile-collège seule, sans prendre le risque de croiser qui que ce soit. Je suis souvent en retard, je loupe les cours sous des prétextes bidons (le nombre de pseudo-bronchites que j’ai pu faire étant gosse, c’est fou!), mes notes dégringolent. Hormis la prof de français que j’affectionne particulièrement, cette situation ne semble inquiéter personne. Les adultes qui m’entourent ne voient rien, n’entendent rien, ne disent rien. Les trois singes.
Les jeux d’ados, ça peut aller loin. Très loin. Un jour, ça va trop loin. Je suis en troisième, ça fait des années que ça dure, et je me raccroche à de petites choses : les vacances scolaires qui permettent de souffler, les cours de français car j’adore cette matière, et le lycée, bientôt.
Fin de matinée, cours de techno, classe déchaînée. J’en prends plein la gueule, vraiment. Humiliation publique. Le prof? Il continue son cours comme si de rien n’était. Impossible de ne pas voir, impossible de ne pas entendre. Impossible de ne pas voir que la petite gosse à nattes est en train de pleurer sur son cahier. Mais lui, il veut être tranquille, finir son cours et aller fumer sa clope, alors il fait comme si. Fin du cours, pause repas. Retour maison, en pleurant. Mes parents sont au boulot, mon frère mange au lycée, je suis seule. Parfait. 
Je n’existe plus. Je ne veux plus exister. Je croyais tenir jusqu’aux prochaines vacances scolaires, mais elles me semblent infiniment loin maintenant. Et puis, tenir, et après? Et si c’est pareil au lycée? Et si ça ne s’arrête jamais? Le peu de courage que j’avais encore est resté en salle de techno. Un adulte pouvait me défendre, il ne l’a pas fait. Pour moi, l’histoire s’arrête là.
Je sors les chiens. Longtemps. Ça me laisse le temps de réfléchir. Je regarde autour de moi. Tout me semble gris et moche. Je ne veux plus être là.
Direction la salle de bain. Dans l’armoire à pharmacie, il y a toujours un tas de médicaments qui traînent. Je vide consciencieusement les boîtes. Je ne lis pas les notices, pas la peine. J’avale des comprimés blancs, des gélules rouges. Des trucs jaunes aussi. Et puis des bleus. Je prends ce que je trouve, sans regarder, sans trier. Et j’attends. Il ne se passe strictement rien. Tant pis, je repars au collège, le cocktail finira bien par agir.
La suite est floue. J’ai perdu connaissance sur le chemin. Un voisin s’est arrêté, m’a embarquée dans sa voiture et m’a ramenée chez moi. Je me suis réveillée le soir, vers 21h, nauséeuse et pâteuse. Mes parents étaient devant la télé et tout avait l’air normal. Personne ne s’était inquiété. Non seulement j’avais raté ma sortie (quelle honte!), mais en plus personne ne s’était rendu compte de rien. Je me suis recouchée, pas très fière de moi, et le lendemain j’ai fait un foin pas possible pour aller voir un docteur. Médecin, hôpital, retour maison deux jours plus tard, sans avoir rien dit à personne. J’ai finalement lâché le morceau à une voisine, qui l’a répété à une copine, qui l’a répété à une prof, qui l’a répété à d’autres… et ainsi de suite, jusqu’à ce que ça tombe dans les oreilles de mes parents.
Et là, je réfléchis une minute. Si « on » m’annonce que ma gosse ne va pas bien, qu’elle pense à mourir (même si forcément, elle se rate, parce qu’en vrai elle est pas très douée, même pour ça), qu’elle sèche les cours, qu’elle a pas d’amis, en tant que maman, je m’inquiète. Et je me demande si par hasard, je n’aurais pas raté un truc.
Mes parents, eux, m’ont copieusement engueulée. Et traitée de sale petit monstre égoïste. Et giflée. Voilà.
L’empathie parentale est soluble dans le whisky.
Après ça, les profs ont été très gentils avec moi. J’ai vu une psychologue scolaire. La psychologue a voulu voir mes parents. Mes parents ont refusé. Pour se justifier, ils m’ont dit que s’ils allaient la voir elle les pousserait au divorce, et qu’ils seraient malheureux, et moi aussi, et mon frère aussi, et que ce serait, une fois de plus, de ma faute. Et même, pire encore, elle avait le pouvoir de déclencher une enquête sociale, et s’ils allaient en prison, qui s’occuperait de nous? Hein? Qui? Soit.
Parfois, les adultes sont aussi cons que les ados, surtout quand ils sont alcooliques.
Les élèves, eux, m’ont foutu la paix quelques semaines. J’ai savouré ces moments de calme. Le reste de l’année a été assez chaotique, mais j’avais compris une chose : j’étais responsable de mes parents. Si je me plaignais, je pouvais les rendre très malheureux. Alors j’ai fait comme si tout allait bien, j’ai fini l’année, et je suis entrée au lycée.
Fin des brimades, début d’une nouvelle vie. Enjoy!

Pourquoi je vous raconte ça? Parce qu’il y a quelques jours, au hasard d’un tweet, je suis tombée sur un profil particulier : celui de Suzie.
Suzie a 15 ans, c’est une ado et, comme beaucoup d’autres, elle twitte. Elle poste des photos d’elle et commente en direct ses émissions préférées (des émissions d’ados, je suis trop vieille pour connaître). Sauf que Suzie n’est pas comme les autres. Suzie n’a pas un physique facile, et les gens se moquent d’elle. C’est rigolo de se moquer des autres, ça fait rire les potes, alors allons-y gaiement hein! Mais Suzie ne comprend pas toujours les moqueries. Elle ne comprend pas que les gens qui lui disent qu’elle est belle le font pour se foutre de sa gueule. Elle les croit. Et les en remercie. Et cette naïveté fait rire tout le monde. Quel clown cette Suzie, on se moque d’elle et elle en redemande.
Forcément, elle a plein d’abonnés, pas loin de 2500! Elle en est flattée, elle croit que ce sont « des fans », c’est d’ailleurs ainsi qu’elle les appelle : ses fans. Elle twitte, ils répondent, ils lui font même des déclarations d’amour. Et elle, elle les croit. Elle tombe amoureuse sur Twitter, se met en couple avec un de ses followers, fait des déclarations d’amour en public : Kévin et elle, c’est pour la vie! Kévin rigole, les autres aussi. Seule Suzie ne rigole pas, parce qu’elle est sérieuse et y croit vraiment. Je vous laisse admirer les tweets parlant de Suzie, ci-dessous. J’ai laissé les fautes, ça montre le niveau.
 

MDDDDDDDDDDDDRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR :'(((
 t troow swaggeuuh !
‘est lui qui t’a ravagé la gueule ?
J’ai cru c était un jnoun 🙁
Etais tu à Hiroshima ?
omg mais aller voir cette tc svp
elle était dans mon collège , gosh 
Putin je kiff tes dents, tu me fais penser à ribery
fé nous dé dédiboobs cé coule
t’es attardé mental ?
T’es swag j’te kiff trop
c’est un fini le ganganm style en fait… 
venez on pleure
Les amis j’vous en supplie venez sur cette la meuf est juste à mourir de rire !
Non mais rassurez moi.. C’est un fake ?
Té baune
Je croit que apres avoir vu sa, je pe mourir tranquil
Kiki! C’est de ta famille ? Une roumaine.. 
Naaaan mais Bruno il a raison !! Mini Ribéry steeuplait !!
Tu caches tes cheveux gras avec ta casquette non ? 
On s’enjaille et toi
Ca devrais être interdit de faire des TC quand ta une tete comme sa. 
Tu peux enlever ta casquette je veux voir tes magnifique cheveux 🙂
une nouvelle snapback made in roumanie 
avale ta salive avant de parler zebi
JE VOUS EN SUPPLIE MES FOLLOWERS VENEZ VOUS ALLEZ MOURIR DE RIRE !
T’as de jolies dents dans ton sourire 
Tu peut nous faire un streap-Tease s’il-te-plait ????????????
Même ma prof de 56 ans est canon à côté de toi x)
T’as croqué dans une pierre étant plus jeune ?
Tes parents sont méchants de t’avoir fait une telle dentition ! 
Fais un Harlem Shake je t’en supplie !
Ta pas de parents c’est pas possible. 
Pourquoi tu fais ça ? serieux arrete va faire une sieste ou je sais pas
Elle a plein de dents.
Elle est en trans! Le démon est en elle! 
Toi tu vas vite devenir Famous ! T’es trop jolie. Tu peux enlever ta casquette s’il te plait? narlem chéque
si tu embrasses un mec , le pauvre tu lui coupes la langue n deux
t’as pas un lien de parenté avec Demon One?
Je fais du break et c’est impressionnant ta façon de dansé t’veux dansé avec moi?
Tu me donnes tes shamballas?
Non ! ta déjà un mec NON NON NON POURQUOI POURQUOI quitte le pour moi !!!
wah ms tu te rends compte que tu viens de briser le coeur 
Ta quelle age ? Lafouine doit t’aimer..
montre nous la raie de tes fesses 
On devrait interdire aux personnes handicapées d’utiliser twitter tout seul….
on s’en bat les couilles de la télé c toi la star aujourd’hui :$ 
DIS LES CHAUSSETTES DE L’ARCHI DUCHESSE SONT ELLES SECHES ARCHI SECHES !
Sinon t’as déja pensé a aller voir un dentiste ?

Nan la famille svp venez on se casse de cette TC on prend trop de péchés la. 


SEND TON 06 ! Faut qu’on se voit j’ai jamais connu un tel sentiment auparavant !
T’es un déchet et t’es fière de l’être, srx tu devrais consulter au lieu de t’auto-ridiculiser
C’est pas halal tout ça, c’est pas halal…
 » c’est quoi famous ? » mddddr, j’en peux plus, je suis morte de rire x)) 
Tu connais pas famous ? Tu connais pas segpa ? Fais nous un harlem shake alors !
a ce que je vois tas UNE DENT contre BentHicham
Tu peux enlever le masque d’Hannibal Lecteur s’il te plaît. 
LES MECS ELLE M’A SUIVI ! JE SUIS TROP FAMOUS 😮
Hé attend, t’as pas joué dans La Colline a des Yeux ? 
C’est toi t’as joué dans les dents de la mer?
ca doit faire mal quand tu suces un mec 🙁
tu vas me manquer bcp bb t’es magnifique
T’as décapsulé beaucoup de bouteilles avec tes dents non? 
TROP BELLE , EPOUSE MOI <33
J’étais bi,mais a cause de cette fille j’pense être totalement lesbienne…
Follow-moi stp t’es mon pokémon préféré
Allez à 16min svp et pleurez de rire avezc moi !!!!! 
Tout le monde se fait le replay ? #RT si oui !
hahahaha t’as tes dents de devant qui se battent en duel
Izo ds le vaisseau
Sympa les deux dents de devant qui courent après la viande, sympa. 
Bonjour je travaille pour une agence de Mannequinat et vous avez le profil!
Le fou rire que je viens d’avoir est indescriptible.
Je suis super méga swag !!!!!  » Il y a que Gilbert Montagné qui peut en douter.Prends un vrai flingue et vise toi.
C’est un fake ce truc j’espère ?
sa cst du swaagg , je t’ai reconnu pere castor !
PTDRRRRRR JE ME TUE TOUTE SEULE SVP :’)
bien plus connu comme la sœur de Sid dans l’âge de glace.
OH. MON. DIEU.
Venez vous amusez sur le replay de l’énormissime TC de Suzie ! 
ça te vas bien les cheveux comme ça ma chérie
Je suppose qu’en réalité tu te rend compte que ton de degrés de beauté est nul ? .. 
Coucou, dis moi j’ai vu tes photos Suzie et je te trouve vachement belle, y a moyen d’avoir ton 06 que je te la glisse?
OUUUUUUUUUAAAAAAAA J’AI JURÉ TES DENTS ON DIRAIT DES SILEX
ahh ouais tu t appelle suzie et tu te crois swag! On est en 2013 heiin !
Mdrr raye Jolie chicot jaune 🙂 » on dirait Gwenaelle wch :O
ces dents me donnent envie de vomir a chaque fois.
mhhh les poils sous les bras. Trop bandant.
OOOOOOOOH MON DIEU :(((((
Pouhahahahahahahahahahaha Nn c’est trop cyber de poitou-charentes » ptdrrrrrrrrrrr
Perso Suzie je la trouve mignone, vous etes jaloux c’est tout.
ce moment gênant quand tu vois que Suzie a plus de followers que toi mdr serieusment honte a ceux qui ont moins qu’elle :'(
T’es en couple avec Suzie ???? O_________________________o… — Jamais !
Regarde comment elle est belle et va mourir *_*
Non serieusement je comprends pas, c’est meme pas un fake, pourquoi elle s’affiche? 🙁
wesh tes dans elles veulent t’unfollow ou quoi
C’est quoi ton style de fille ? — Les vielles toutes moche. Comme ta chère Suzie gros mdrrr!
J’aimerais bien voir les parents de Suzie ahahaha
SUZIE EST PLUS BELLE QUE JADE THIRLWALL — MDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDR
Vous voulez gagner des followers? mettez-vous en couple avec Suzie 🙂
Ton nez il veut aller où en fait ?
tu deviens famous les gens ils tweetent des photos de toi
Merci maman, merci papa. J’ai de la chance. Je ne ressemble pas à Suzie. Merci. Infiniment. Joli travail.
Ton nez on dirais un taille crayon
Mashallah t trop
PAR LA BARBE DE MERLIN , D’OU SORT TU?  
Je vois que la moitié de ma TL a découvert la somptueuse « Suzie »
THUG LIFE !! Nan jdec un teletobies est plus viril que toi wallah
AAAAAAAAAH TU RESSEMBLE À GOLLUM
Ho bordel,tu joue dans le prochain X-MEN ?
Les dents de la mer ptdr
PTDRRRRRRR
toi tu t’es pas rasé ce matin…
Beauté fatal
HMM THUG LIFEEEEEE :$$$$$$ 
Suzie j’en ai marre d’elle putian ptddddddddddddr
C’est la fiiiiiiiiiiin. :'(((
Suzie sur sa PP on dirait un troll ou un ogre ou un truc comme ça mais c’est pas humain l’machin omg
Les dents de la mer ptdr » Même rohff a des plus belle dents
y a de quoi etre jaloux attend Suzie c’est le top du top!
PTDRRR les gens qui disent « Gaga est moche » alors qu’ils ressemblent à Suzie, taisez-vous.
c’est Suzie ptdddddddddr la sensualité à l’état pur!
Au fait comment c’étais ton sexy skype avec l’autre pas belle ? ^^
Je reçois plein de messages en disant « c’est quoi le délire avec Suzie » mdrrr
Suzie et mon amour de toujours ♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥  
Règle N•3 =Suzie est la plus belle de twitter !
Suzie salut, j’ai un ami un peu timide qui te trouve jolie mais n’ose pas faire le premier pas, c’est christxan, va lui parler 🙂
Omg Suzie est une vraie star ! J’ai trouver un article sur toi sur internet…
Bon après si vous ressemblez a Suzie ne perdrez pas votre temps
Suzie mwa g lé dans drouate ajrdui le souagge c d’avouare lé dan torredu regguade Ribéry .
TEEN WOLF C’EST COMME SUZIE : DE LA GROSSE MERDE
Raaiiiight Suzie a un new mec :3 
Noooon je veux le même physique et les mêmes dents 😆
Elle est tellement belle .. J’en suis jalouse 😭😔
affreuse 😂
n’importe quelle fille serait jalouse ! 😄
les meufs qui s’affichent avec vos photos genre suzie vous l’vivez bien d’vs faire tailler sinon ?
mais non, on se moque déjà bien assez d’elle 😄


De temps en temps, Suzie répond. Ceux qui l’insultent sont forcément jaloux d’elle car elle sort avec Kévin. Naïve, jusqu’au bout.
Au milieu de ce déferlement de méchanceté, on trouve quelques tweets de mise en garde. Mais si peu.

ne te laisse pas atteindre par toutes ces bêtises petite!
te laisse pas démonter poulette. La vie est belle 🙂 <3
OMG MAIS ARRETEZ, LA PAUVRE, ELLE EST TELLEMENT PAUMÉE DANS SA VIE :'(
ya des gens c’est chaud comme ils insultent Suzie ok elle est pas belle mais yen a ils l’insultent comme si elle avait tué leur mere
Ne fais pas confiance trop vite, sur internet les gens ne sont pas aussi honnêtes que ce que tu penses.
J’observe avec un certain effarement le compte Twitter de Suzie. Ne laissez pas vos ados devenir la risée des autres 🙁

Je lis ça et je me rends compte que ça dure depuis des mois. Des mois qu’elle est la risée de tous ces petits cons, et elle ne réagit pas. Mais merde, elle a quoi dans la cervelle cette gamine?
J’en parle un peu. À mon mari. Puis sur Twitter. Intervenir? Pfff… ça me regarde pas après tout, c’est pas ma fille.
Mais ça pourrait l’être. Ça pourrait être Amélie. Ça pourrait être moi, il y a quelques années. Et je me souviens à quel point le silence des adultes m’a blessée. Est-ce que je vais leur ressembler? Est-ce que moi aussi je ferme les yeux? Est-ce que je regarde ailleurs en me bouchant les oreilles? Non, pas cette fois.
Suzie twitte avec son vrai nom. L’inconséquence de cette gamine m’arrange bien, j’ai tôt fait de la retrouver sur Facebook. Puis sur les pages blanches. Le premier numéro trouvé est le bon : famille prévenue, compte Twitter supprimé, bye bye Suzie.
Les réactions ne se font pas attendre. Elle manque à « ses fans ». Forcément, de qui vont-ils bien pouvoir se moquer maintenant?
 
Suzie m’a bloquée alors que j’ai rien fait 🙁
Le profil de Suzie existe encore ? Déjà elle m’a bloquée, mais j’arrive même plus à aller sur son profil en étant déconnectée.
Pourquoi Suzie a suspendu/supprimé son compte ?
Elle est passe ou Suzie ? 😱

Suzie m’a bloquée je pense que j’ai dit un truc qui fallait pas mdrrr :’)
J’espère que Suzie va revenir ..
elle a mis la carotte, c’est pour ça que je pense que c’était une fake.
Oh c’est nul, mais alors.. J’AURAIS JAMAIS MA DEDICHATTE !! 🙁
NANNN Suzie a supprimer son compte? :'(

Suzie a désactivé putain le seum je pourrai plus me foutre de sa gueule 🙁
Elle est plus la Suzie :'( 
Suzie a desac mdrr
Putain Suzie a encore désactivé 🙁 
Suzie c’était un fake ou bien quoi
Suzie utilisateur non trouvé fdpppppp
Suzie a desac, ptdr.
Waw, j’viens de trouver la nana qui a appellé la famille de Suzie pour delete son compte, trop forte

Leurs tweets m’énervent. Cet air faussement désolé, cette ironie derrière chacun de leurs mots, m’exaspèrent. Alors je réponds. Consciencieusement. Méthodiquement. Je me la joue vengeur pas masqué. Parce qu’ils m’énervent, ces ptits cons avec leurs belles gueules et leurs fautes d’orthographe. Je réponds et ils répondent. Généralement ils finissent par me traiter de vieille conne. Insulte suprême. Sauf que maintenant ça me fait rire. Le plus drôle, c’est quand même leur façon de se justifier. « C’est pas moi c’est les autres ». Je pourrais facilement gagner un point Godwin en comparant la situation à une certaine période de l’Histoire, vous savez cette période à laquelle personne n’était vraiment coupable… Mais bon, ce serait trop facile, alors je le ferai pas. Admirez plutôt la mauvaise foi ambiante.

euh t’es pas un psy a ce que je sache, donc merci de te meler de ta vie et pas de celle des autres
Suzie n’est plus là, et malgrès qu’elle soit naïve je ne pense pas avoir joué avec elle comme d’autres l’ont fait, donc merci d’arreter de me faire la morale a moi, je n’ai plus 10 ans
Justement puisqu’il y a 2500 personnes, tu n’ai pas obligée de me parler a moi, merci
J’ai jamais été méchante avec elle, jamais fait de moquerie mauvaise. Je demandais juste pourquoi elle avait désactivé.  
Mais tu voulais qu’on fasse quoi ? J’étais même pas abonnée à sa chaîne ! Les premiers qui auraient du faire quelque chose sont ses parents ! Ils ne surveillent pas leurs enfants ? Sachant que Suzie n’était pas comme tout le monde.  
Tu ne me connais pas, et tu me mets dans le même panier. Tu as fait quelque chose, TOI, pour arrêter tout ça peut-être ?
Certes les moqueries sont méchantes, mais Suzie s’affichait et de par sa naïveté elle aimait ça. Elle se rendait pas compte.
Les parents ne vont pas se mettre à surveiller leurs enfants pour des moqueries. Par contre, ceux de Suzie auraient du. 

Après tout ce n’était pas mes histoires, c’était son problème. Ses parents n’ont pas été capables de surveiller leur fille sachant sa différence ? C’est pas normal. Elle s’affichait et les gens réagissaient. 
Bon écoute, je crois que tu as pas trop compris. Je pense que tu me prends un peu trop pour une trimarde qui se moque et qui rabaisse les gens. Hors, ce n’est absolument pas le cas. Nous ne savions pas comment fonctionnait Suzie au fond.  
Mais j’entends ce que tu dis ! Seulement, il a fallu que TU agisses pour que ses parents sachent. Tu crois que c’est normal ?
Sauf que ce « phénomène » Suzie » n’existe pas que depuis ces vacances, mais depuis bien avant.
Je suis en train de me prendre la tête avec une fille qui se prend pour une auxiliaire de vie psychologue, là.
Tu englobes tout le monde dans le meme sac, les pires moqueries ne sont pas ici.. A 19 ans on peut etre mature.
Je suis allé a tout cassé 3 fois sur son profil, ce que fait cette ado sur internet ne me regarde pas
On peut pas comparer une mise a mort et une ado un peu naive sur internet.. Je le repete je ne lui ai jamais parlé..
Je ne vois pas ce qu’une personne comme moi ai a lui dire.. Je ne la connais pas. Ce n’ai pas a moi de la mettre en garde.
Jpeux pas m’occuper de la misère de tout le monde… Chacun a ses soucis. Bref je stop ici
Hey, je ne l’ai jamais insulter, et ne me suis jamais moquer d’elle, je comprend que c’est dégueulasse pour elle.
Voilà. Ils avaient TOUS une bonne excuse. Après tout, c’était Suzie la coupable, pas eux. Coupable de s’être mise dans cette situation. Coupable d’avoir été naïve. Coupable de n’avoir pas été protégée par ses parents. Et eux ne sont pas des bourreaux, juste des spectateurs.
Le spectacle est terminé maintenant. Mais je ne me fais pas d’illusion. Les spectateurs iront voir ailleurs. Ils trouveront une autre Suzie.
Surveillez vos enfants. Ne les laissez pas devenir une Suzie. Et ne les laissez pas regarder des Suzie sans rien faire.

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Madame Pasdbol (2)

Madame Pasdbol a arrêté de boire. D’un coup. Un jour je suis allée la voir, elle était fortement alcoolisée et se disait malade. J’ai profité de l’occasion pour la traîner chez le médecin le plus proche, malgré ses protestations, malgré le fait qu’on était un 31 décembre et que j’avais autre chose à foutre que de trimballer une veuve alcoolique à la recherche d’un médecin sympa qui accepterait de finir sa journée (et son année) sur la consultation d’une dame trébuchante et bégayante.
Coup de bol, on a trouvé un médecin qui a dit les choses calmement et a laissé la porte ouverte à la discussion. Deuxième coup de bol, si Madame Pasdbol a commencé par tout nier en bloc, cette visite a quand même eu l’effet d’un électrochoc, et elle a arrêté de boire.
Voilà. Ça c’est fait .
Je pensais que ça serait simple.

Ma mère, quand elle a arrêté de boire, c’était juste avant d’apprendre qu’elle avait un cancer. Forcément, c’était pas un sevrage joyeux, mais elle a tenu bon. Elle a combattu l’alcoolisme, la dépression et le cancer de front. Elle a gagné des batailles, mais elle a perdu la guerre. N’empêche, elle s’est battue. Et son cancer, elle l’a vécu à jeun. Pendant neuf mois, elle n’a pas bu, et j’ai découvert qu’avoir une maman sobre était une chouette expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. Une mère qui parle, qui rit, qui vit normalement. Malgré la maladie, malgré la chimio, malgré la fatigue. Une maman malgré tout. Puis elle est morte.

Mon père, lui, n’a jamais vraiment arrêté. Il y a eu des phases d’alcoolisation massive, d’autres un peu plus calmes. Mais l’alcool était toujours présent. À tous les repas. Avant, pendant, après. Il avait pas l’alcool joyeux mon père. Il devenait même sacrément con quand il buvait. C’est salaud ce que je dis, c’est tellement facile de taper sur un mort. C’est peut-être salaud, mais c’est vrai.  Et si je le dis, c’est parce que je sais à quel point mon père pouvait être un type fantastique quand il n’avait pas bu. Mais peut-être que lui ne le savait pas. D’ailleurs, c’était peut-être pour ça qu’il buvait? Peut-être que si on lui avait dit qu’il était fantastique il n’aurait pas eu besoin de boire?
Et puis bon, belote et rebelote, le cancer est passé par là. Mon père a bu encore un peu, et puis, quand la tumeur a complètement bouché son oesophage, il a arrêté. Du coup, les dernières semaines, il est redevenu fantastique. Mais vu qu’il était fatigué, et mourant, il en a pas trop profité, et nous non plus. C’est con.

Avec Madame Pasdbol, je croyais naïvement que le sevrage aurait le même effet. Je me disais qu’elle allait se transformer en Madame Jaidelachance. J’étais contente pour elle, et puis pour Georges et Amélie aussi, parce qu’ils allaient découvrir une super mamie.
Raté.
Madame Pasdbol reste Madame Pasdbol, avec ou sans alcool. Une victime. Mal mariée (c’est pas grave elle est veuve). Mal installée. Qui a des dettes (la faute à son mari bien sûr). Qui est seule (la faute à sa belle-fille qui ne vient pas la voir). Qui est malheureuse.

Alors elle se plaint. De tout. De tout le monde. Elle se plaint et je lève les yeux au ciel. Parce que je ne peux plus mettre ses divagations sur le compte de l’alcool. Parce que je sais qu’elle ment. Parce que j’ai assez de mon histoire familiale pour dire du mal de mes parents (et j’assume).
Et surtout, parce que je n’ai pas envie qu’elle salisse les quelques jolis souvenirs que j’ai de mon père. Les souvenirs des derniers mois, de ses yeux fatigués mais rieurs, de nos longs moments en tête-à-tête.
Ces moments-là m’appartiennent. Je ne la laisserai pas les salir avec ses plaintes et ses reproches.
Et elle a beau être gentille (malgré tout), elle a beau être la mamie de mes enfants, elle a beau avoir été l’épouse de mon père, elle n’est ni ma mère ni mon amie, et j’ai pas envie de la consoler.

Je veux garder le souvenir du combat de mes parents. Je veux garder leurs regards, leurs voix, nos derniers moments ensemble.

Et je ne laisserai personne venir gâcher le peu de lucidité joyeuse qu’ils auront connue.

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Madame Pasdbol

Si on l’écoute, Madame Pasdbol n’a jamais eu de chance. Sa mère ne l’a jamais aimée, sa famille en général non plus d’ailleurs. Son premier mari était un salaud. Ses ex-collègues étaient des feignasses incapables. Elle a eu d’incroyables maladies, toutes plus graves les unes que les autres, mais on n’a jamais su pourquoi, et puis ses parents ne l’ont jamais vraiment soignée. Elle était douée à l’école mais sa mère n’a pas voulu qu’elle fasse des études. Elle est restée un an dans le coma. Ça fait quatre mois qu’elle n’a pas pris un repas chaud. Les enfants de son deuxième mari, décédé il y a peu, sont de vils profiteurs. En plus ils la rejettent et ne sont pas gentils avec elle. Et puis ils la traitent d’alcoolique, c’est même pas vrai d’abord. Sa maison est beaucoup trop petite, elle n’aurait jamais dû emménager ici. Mais elle n’avait pas le choix, l’ancien proprio faisait tout pour la mettre dehors. Les chiens salissent tout, impossible de faire le ménage, et puis de toute façon elle a mal au genou. Elle est loin de tout, elle ne connaît personne, elle est toute seule. Sa voiture est une épave, la faute aux autres conducteurs qui lui rentrent dedans et aux places de parking ridiculement trop petites. Elle a plus d’argent, la maladie de son mari lui a coûté cher. Elle va pas bien, elle déprime, elle est fatiguée.
Bref, Madame Pasdbol est une pauvre femme malheureuse qui ferait pitié à n’importe quelle auxiliaire de vie débutante.

Oui mais non. Je suis pas une débutante, on ne m’a pas comme ça!
Reprenons. Il y a un mot qui doit mettre la puce à l’oreille.
« Alcoolique »
Ce n’est pas anodin. Ce n’est pas « malade », « vieux » ou « handicapé ». C’est « alcoolique ». Dépendante à l’alcool. Sur la courbe du U de Jellinek, elle est en bas. Presque tout en bas. Elle ne touche pas encore le fond, mais au rythme où vont les choses, ça ne saurait tarder.
Aucune empathie de ma part, je n’y arrive pas. Son histoire, que dis-je, ses histoires, je n’y crois pas. Elle me parle de sa famille qui la rejette, je ne vois que sa bouteille de rouge négligemment posée par terre. Elle se plaint de ses problèmes d’argent, je regarde le salon en cuir pour lequel elle s’est lourdement endettée. Elle pleure sur sa santé défaillante, je détourne le regard de son cendrier qui déborde.
Tout chez elle n’est que plainte. Jamais satisfaite, jamais heureuse. Elle ne semble se réjouir de rien.
Mon empathie reste planquée au fin fond de mon sac à main. Pire, Madame Pasdbol m’est antipathique. Forcément, j’ai du mal à avoir une relation « normale » avec elle. Parce que je suis toujours sur la défensive. Parce que je ne sais jamais si je peux, si je dois la croire. Parce que la situation m’échappe. Parce que quoi que je dise, quoi que je fasse, ça n’ira pas. Parce que quoi qu’elle dise, quoi qu’elle fasse, je ne lui fais pas confiance. Parce qu’elle est comme ça. Elle n’est pas méchante. Elle n’est pas menteuse. Elle est alcoolique. Et les alcooliques, j’aime pas. J’y peux rien, c’est viscéral, c’est plus fort que moi. J’aime pas, voilà.

Dieu merci, je ne suis pas son auxiliaire de vie. Je suis juste sa belle-fille. Juste la fille de son second mari, celui qui est mort. J’essaie de garder un lien minimum avec elle, pour Amélie, pour Georges, pour la mémoire de mon père. Mais pas pour moi.
Ma mère était alcoolique. Elle est morte. Mon père était alcoolique. Il est mort. Ma belle-mère est alcoolique. Désolée, j’ai déjà donné. Continuer la lecture

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Que s’est-il passé?

Que s’est-il passé?
Il était jeune, il était beau garçon, il avait la vie devant lui… Alors que s’est-il passé?
Il avait plein de talents, il savait presque tout faire : bricoler, cuisiner, dessiner, écrire, jardiner, créer, écouter, partager… Alors que s’est-il passé?
Il avait une famille, des parents, des frères et soeurs, une femme, des enfants… Alors que s’est-il passé?
Il avait un métier, un logement, un frigo rempli… Alors que s’est-il passé?
Que s’est-il passé pour, qu’au fil des années, ce jeune homme souriant brûle sa vie? Que s’est-il passé pour qu’il ne puisse être heureux? Que s’est-il passé pour qu’il se retrouve si seul? Que s’est-il passé pour qu’il laisse le cancer le dévorer si vite?
Que s’est-il passé pour que je me retrouve seule au milieu d’une montagne de cartons à trier quand tout le monde est si loin? Que s’est-il passé pour que la vie autour de moi semble si normale alors qu’il n’est plus là? Que s’est-il passé pour que je ne me souvienne plus de tous ces gens sur les photos qu’il me laisse? Que s’est-il passé pour que j’aie fait l’impossible promesse de prendre soin de sa veuve?
Que s’est-il passé pour que toutes les questions que j’avais à lui poser soient restées sans réponse?  Que s’est-il passé pour que j’aie tellement l’impression d’être passée à côté de plein de choses? Que s’est-il passé pour que je n’aie pas su mieux le voir? Que s’est-il passé pour qu’il ait été si différent des autres pères? Que s’est-il passé pour qu’il ait été si fantasque et pourtant si effrayant parfois? Que s’est-il passé pour que tant de sentiments se mélangent?

Et maintenant, que va-t-il se passer? Continuer la lecture

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