Archives de catégorie : ADDICTION

Arrêter le tabac? Votre pharmacien peut vous aider. Comptez 105 euros («tarif conseillé»)

Bonjour Il arrive à certains pharmaciens d’officine de faire des cadeaux. C’est le cas des pharmaciens Giphar. Ils offrent volontiers un magazine papier glacé : « Giphar Magazine ». Sa « valeur au numéro » est de 2,50 euros. C’est dire très précisément la valeur de ce cadeau tiré à 320 000 exemplaires et enluminé de publicités. Le dernier numéro (janvier-février […] Continuer la lecture

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Duplicité et tabac : le gouvernement a tout fait pour que le prix des cigarettes n’augmente pas

  Bonjour C’est officiel : le prix du tabac augmente – à l’exception de celui des cigarettes… Seuls les acheteurs de tabac à rouler verront la différence : une hausse de 15 % en moyenne. Les paquets de cigarettes continueront pour leur part à s’arracher  entre 6,50 et 7 euros – soit assez loin des dix euros réclamés par Marisol […] Continuer la lecture

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Substituts nicotiniques : l’insupportable aumône politique faite aux malades du tabagisme

  Bonjour Il faut toujours lire Prescrire (même quand Prescrire vous déçoit). Et le lire dans les moindres détails. Ainsi cette page 100 du numéro de février 2017. « Substituts nicotiniques : 150 euros remboursés pour tous les fumeurs ». Il faut aller jusqu’à la fin de la page, jusqu’à la dernière note, la sixième. Où l’on prend, […] Continuer la lecture

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Paquet neutre : Michèle Delaunay confond déjà le cowboy de Marlboro et le chameau de Camel

  Bonjour Les buralistes ne détestent pas brocarder l’une de leur meilleure ennemie : Michèle Delaunay, ancienne ministre aujourd’hui députée (PS, Gironde). Mme Delaunay ne redoutant pas la bagarre cela peut donner quelques échanges musclés. Aujourd’hui le site des buralistes se gausse de l’un des post du blog de la présidente d’Alliance contre le Tabac. Il […] Continuer la lecture

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Affaire Polnareff : le Dr Siou (Hôpital Américain) «menacé». L’Ordre des médecins est saisi

  Bonjour Sur la foi des gazettes, on avait suspecté un retard au diagnostic. Puis vinrent les révélations du Journal du Dimanche. C’est aujourd’hui le diagnostic excessif, voire le certificat de complaisance qui sont dans la ligne de mire. Où l’on retrouve le célèbre Hôpital Américain de Paris/Neuilly. Y avait-il bien une embolie pulmonaire bilatérale chez […] Continuer la lecture

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Nouveau, à l’ouest : la Californie légalise le cannabis récréatif et confirme la peine de mort

Bonjour Récréation et mises à mort. Dans l’ombre de la victoire de Trump, de nombreux référendums se sont tenus, mardi 8  novembre, dans trente-cinq Etats américains. Vaste éventail de sujet sociétaux : depuis la légalisation de la marijuana au contrôle sur les armes à feu en passant par des réformes sur la peine de mort ou […] Continuer la lecture

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Tout le monde ne le sait pas : la cigarette électronique est une thérapeutique anti-tabac

  Bonjour C’est l’étude ethnologique que certains redoutaient. Elle a été menée par l’association Laboratoire de Recherche en Sciences Humaines (LRSH) avec le soutien financier de la Direction Générale de la Santé (DGS). On peut la lire ici: « Etude qualitative auprès des utilisateurs de cigarette électronique – octobre 2016 ». Elle fournit pour la première fois des […] Continuer la lecture

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Cigarette électronique et contraceptifs : combien de temps avant que l’on connaisse le risque ?

  Bonjour Rue Bonaparte, à Paris, l’Académie nationale de médecine. Aujourd’hui séance médico-sociétale : « Cœur de femme » (Pathologie cardio-vasculaire et sexe féminin), organisée par le Pr Jean-Paul Bounhoure qui, avec son confrère André Vacheron. 1 Le temps n’est plus où les maladies cardiovasculaires étaient l’apanage du sexe masculin. L’ont-elles d’ailleurs jamais été ? Ces maladies sont  aujourd’hui […] Continuer la lecture

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Baclofène: son efficacité et les conflits d’intérêts exacerbent de nouvelles passions médicales

Bonjour Baclofène, c’est une huile sans cesse versée sur un feu toujours ravivé. On imaginait que les dernières publications scientifiques, présentées début septembre à Berlin, seraient de nature à calmer le jeu. Il y eut aussi la remarquable émission télévisée (France 5, 20 septembre) Un documentaire fait d’intelligence et de respect (Marie Agostini) suivi d’un […] Continuer la lecture

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Tabac : la guerre est là. Contre l’incurie politique serez-vous, demain, l’un des 100 000 soldats ?

  Bonjour Le ton monte. On entendra bientôt le son du canon – et c’est heureux. L’appel sera lancé par La Revue du Praticien et par Alliance contre le tabac. Objectif : réunir 100 000 signatures de médecins, pharmaciens, sages-femmes, infirmier(e)s, kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes … Et signifier à toutes celles et ceux qui ont à voir avec notre […] Continuer la lecture

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Cigarette électronique: un infirmier peut-il en parler sans danger dans son hôpital ?

Bonjour Nuit noire. On frappe à la petite porte du club des férus d’addictologie : « – Bonjour, je suis l’infirmier de  l’Equipe de liaison et de Soins en Addictologie (ELSA) de l’hôpital de C…  et j’avais pour projet de créer un atelier autour de la cigarette électronique. La nouvelle législation me permet elle de réaliser […] Continuer la lecture

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Cancers et alcools : l’association Vin & Société est accusée de mentir. Se défendra-t-elle ?

  Bonjour 1er août 2016. La France chauffe. Dans les vignes les raisins gonflent. Dans les villes les publicités incitent à boire des bières fraîches brassées dans d’improbables abbayes, des vodkas glacées à bon marché, des mojitos synthétiques pré-emballés. Alcools industriels comme s’il en pleuvait. La loi Evin est respectée, aucun avocat n’est demandé. Soudain […] Continuer la lecture

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Cigarette électronique au zénith : six millions d’Européens ont arrêté de fumer avec elle

  Bonjour Brexit ou pas, les bonnes nouvelles peuvent être brèves. Plus de six millions de fumeurs dans l’Union européenne ont arrêté de fumer et plus de 9 millions ont réduit leur consommation de tabac fumé avec la cigarette électronique. Telle est la principale conclusion d’une étude publiée aujourd’hui sur le site de la revue […] Continuer la lecture

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Les religions sont-elles cliniques ?

En ces périodes troubles où une partie non négligeable de l’humanité se remet à tuer au nom de Dieu, le médecin curieux doit interroger les aspects cliniques de la foi et de l’appartenance à une religion. En sémiologie clinique, la … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Cigarette électronique et réduction du risque : il faut aider les vapoteurs à mieux vapoter

Bonjour Qu’est-ce que la santé publique sinon une guerre perpétuelle ? Une guerre pour réduire les risques sanitaires. La métaphore guerrière vaut tout particulièrement pour cette barbarie qu’est le tabac. Avec la percée inattendue, révolutionnaire, des troupes hétérogènes de la cigarette électronique. Vapeurs d’eau contre fumées cancérigènes. Et cette nouvelle mandée depuis le front de Genève, […] Continuer la lecture

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Drogues du terrorisme

L’éthologie a démontré les nombreux mécanismes d’inhibition mis en place par l’évolution pour éviter de tuer un congénère de la même espèce. Même si les rivalités sont fortes et les combats fréquents, il est exceptionnel qu’ils conduisent à la mort … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Cigarette électronique et cancer : la réponse du berger Addiction à la bergère Nouvelle Angleterre

Bonjour En janvier dernier les médias s’enflammaient : une nouvelle étude accablait la cigarette électronique accusée d’être « cancéreuse ». Réalisée par des chercheurs de l’Université d’Etat de Portland » elle avait été publiée dans la dernière édition du New England Journal of Medicine (NEJM). A la vérité il s’agissait d’une simple « correspondance » adressée à la prestigieuse revue – un courrier […] Continuer la lecture

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Lorsque le travail, qui est une vertu partagée, devient une addiction…

Travailler de façon excessive et compulsive, mais également dépenser beaucoup d’énergie pour un piètre résultat sont en faveur d’une addiction au travail. De nombreuses études montrent que l’addiction au travail est associée à des troubles du sommeil, des atteintes à la … Continue reading Continuer la lecture

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« Cannabis: repères pour intervenir » : un site à l’usage des MG.

Un site très utile pour se former à toutes les étapes de la prise en charge de l’addiction au cannabis, réalisé pas des spécialistes en addictologie et en médecine générale, […] Continuer la lecture

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L’OMS accusée de ne pas dire la vérité sur les dangers de la cigarette électronique

Bonjour  Fin août l’OMS rendait public un rapport dans lequel elle prenait une nouvelle fois position contre toute facilitation de l’usage de la e-cigarette. Elle reçut en réponse une volée de bois vert. De la part des associations de « vapoteurs » mais aussi de scientifiques spécialistes de la question. L’affaire fit grand bruit, on en retrouvera […] Continuer la lecture

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E-Cigarette : continuer à s’y opposer devient politiquement de plus en plus risqué

Bonjour C’est une publication dans Addiction (l’abstract est ici). Aucun conflit d’intérêt. Et les auteurs sont tout sauf des excités. L’affaire est détaillée sur la BBC (voir ici). Signataires : cinq spécialistes  réputés dans ce domaine (1). Ils expliquent avoir  procédé à un examen scientifique de près d’une centaine d’études consacrées à l’utilisation, au contenu, et […] Continuer la lecture

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Chaussures et psychotropes

C’est l’histoire des deux marchands de chaussures qui découvrent l’Afrique subsaharienne au XIX° siècle. L’un dit que la clientèle potentielle est gigantesque, car tout le monde marche pieds nus, l’autre lui répond que c’est précisément pour cela que ce marché … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Baclofène : un nouveau paradigme ou une ancienne antienne ?

J’écoute vendredi dernier Renaud de Beaurepaire (enfin, en partie) sur Europe 1 (ICI) : il est interrogé par Nicolas Poincaré qui est peu critique.

Renaud de Beaurepaire n’y va pas par quatre chemins : le baclofène est une invention aussi importante que les antibiotiques et va sauver autant de vies qu’eux.
Bon.
Je n’y « crois » pas au baclofène. Tout le monde s’en moque de mon avis d’expert mais je n’y crois pas. J’ai l’impression qu’il s’agit d’une arnaque à trois sous. Mais j’aimerais pouvoir me tromper.
La visite du site baclozen.com (une contraction de baclofène et Ameisen en zen…) est instructive : ICI.
Renaud de Beaurepaire a écrit un livre, fait des conférences et, en gros, il répète partout les choses suivantes :
  1. Le baclofène marche à 100 % entre mes mains et ceux qui disent que cela ne marche pas sont des incompétents ; voici ce que je lis à la suite d’une conférence donnée par RdP : « Eh oui, il était malheureusement nécessaire de le rappeler, pour que le traitement fonctionne, il faut qu’il soit conduit sérieusement, il faut aussi respecter le protocole, porter une attention constante à son patient. Il faut des patients qui veulent vraiment arrêter de boire et des médecins qui veulent vraiment les aider. » 
  2. Le baclofène est inoffensif sur le plan de la toxicité (alors que j’avais cru entendre « n’a aucun effet indésirable »).
  3.  Ceux qui n’y croient pas sont victimes de conflits d’intérêts et il déclare ceci à la radio : « Il suffit d’essayer le baclofène pour se rendre compte que c’est un truc invraisemblable.« 

Bon, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle.

Renaud de Beaurepaire raconte une histoire si belle qu’il est difficile de ne pas la croire / ou de la croire.
C’est beau comme l’Antique.

  1. Un grand docteur cardiologue français exilé aux Etats-Unis est alcoolique (il s’agit d’Olivier Ameisen) et voici comment est présentée l’histoire « officielle » : « Nous sommes à New-York au milieu des années 90. Médecin cardiologue brillant devenu alcoolique sévère au fil des années, Olivier Ameisen... »  
  2. Il est au bout du rouleau : »Olivier Ameisen rentre en France un peu avant le début du nouveau millénaire titubant d’une cuite à la suivante. Pourtant son désir de vivre est plus fort que tout, sa plus grande crainte est de mourir avant que quelqu’un ait trouvé le remède efficace contre cette pulsion destructive qui l’empêche d’arrêter de boire. »
  3. Il découvre des travaux chez les rats dépendants à la cocaïne et à l’alcool qui sont « guéris » par le baclofène
  4. Il est convaincu par une étude de Giovanni Addolorato (on dirait un pseudo : cela veut dire en français sans douleur chez le rat) chez l’homme (voir ICI le résumé pro domo sur le site de l’association pro Baclofène) où l’on apprend que l’essai a été mené en ouvert sur 10 patients de sexe masculin !)
  5. Il s’auto-administre Baclofène (comme à la bonne vieille époque de Pasteur) et est guéri du craving à la dose de 270 mg, le chiffre magique, le nombre d’or, la pierre philosophale, soit 27 comprimés par jour de baclofène
  6. Dernière partie de l’affaire : la communauté scientifique ne le croit pas… C’est une victime.
Renaud de Beaurepaire se lance alors dans l’interprétation des résistances (rappelons qu’il est psychiatre) : la communauté scientifique résiste alors que toutes les preuves sont là (i.e. l’essayer c’est l’adopter), elle résiste bien entendu en raison des pressions de l’industrie pharmaceutique (il semble qu’un médicament soit en cours de lancement dans la même indication), mais surtout en raison des intérêts des médecins qui s’occupent d’alcoolo-dépendance et qui vont voir leur bizness s’effondrer… Il a peut-être raison, après tout : les alcoologues et autres addictologues (dont on connaît parfois les liens d’intérêt avec Big Pharma) « vivent » de l’alcool et si le baclofène avait raison les centres de cure fermeraient, le chômage augmenterait…
Renaud de Beaurepaire balaye d’un revers de main le problème du hors AMM et son problème connexe, celui du non remboursement, et martèle que le produit n’a aucun effet indésirable ! Il se vante également qu’un essai, validé par l’AFFSAPS, soit en cours : la validation faisant probablement preuve d’efficacité.
Mais il faut certainement attendre les résultats des essais contrôlés si l’on veut comprendre vraiment les résistances…
La page du site Baclozen sur le traitement et la posologie du baclofène (voir ICI) a de quoi rendre perplexe. On y lit qu’il s’agit, comme au bon vieux temps d’avant les études contrôlées (bien avant donc l’EBM), d’une expérimentation à ciel ouvert, une phase 0, chaque praticien, parmi les pionniers, dont l’initiateur OA, ayant « sa » conception du baclofène. Il y en a qui préconisent de commencer mollo, d’autres de prendre le taureau par les cornes en attaquant fort, et d’autres, pour éviter les effets indésirables, d’y aller par paliers, si bien que chacun fait, comme dirait la chanson, ce qui lui plait, plait. On comprend donc pourquoi les échecs éventuels sont à mettre sur le compte du prescripteur qui n’y comprend rien.
Pour ce qui est des effets indésirables, je suppose à dose habituelle, 30 à 60 mg par jour, voici ce que l’on retrouve dans le Vidal (alors que la posologie proposée par les pro baclofène peut atteindre 300 mg, soit 30 comprimés par jour !). 
Pour les effets indésirables, donc : 
Très fréquemment : somnolence, fatigue, nausées.
Fréquents : confusion des idées, vertiges, maux de tête, insomnie, euphorie,dépression, tremblements, troubles de la coordination, hallucinations, bouche sèche, troubles de l’accommodation, vomissements, constipation, diarrhées, baisse de la tension artérielle, transpiration excessive, éruption cutanée, aggravation d’une difficulté à uriner préexistante.
Rares : fourmillements, trouble de l’élocution, modification du goût, bourdonnement d’oreilles, hypothermie, ralentissement du rythme cardiaque, douleurs abdominales, perte d’appétit, augmentation des transaminases.
Vidal qui n’est pas la source la plus exhaustive des effets indésirables des médicaments… doit en oublier quelques uns.
Cette histoire est (sur) interprétée ainsi par ses promoteurs : une molécule existe qui a l’AMM dans une indication ; un chercheur génial (à l’égal de Pasteur ou de Fleming) lui trouve une nouvelle indication ; personne ne le croit parce qu’ il existe des résistances (cf. supra) ; aucun laboratoire, puisque la molécule est tombée dans le domaine public) ne veut faire des essais cliniques car les bénéfices ne seront pas au bout (on peut dire a contrario que certains grands laboratoires, pour gagner de l’argent, n’ont pas hésité à contourner la voie des brevets en « confectionnant » des isomères leur permettant d’obtenir une nouvelle exclusivité, ce qui montre que Big Pharma, à tort ou à raison, ne croit pas au baclofène)  ; les Agences gouvernementales ne sont pas chaudes pour faire des essais avec financements publics, ce qui est un scandale absolu  ; mais, grâce à la communauté des « sachants », grâce à Santé 2.0, ou Web 2.0, ou à la communauté des baclofénistes, la lumière va voir le jour. JY Nau est d’accord sur cette idée hyper moderne des essais cliniques ouverts et sans protocolisation (voir ICI) contrairement à son collègue Flaysakier (et en février 2011 !) : LA.
Si j’étais méchant, mais tout le monde sait que je ne le suis pas, je pourrais, tel Renaud de Beaurepaire proposer une interprétation, comment dire ?, délirante, de l’affaire baclofène.
La voici.
Lui et OA (et les deux autres pionniers) sont sponsorisés par Pernod Ricard. Car leur théorie, abandonner l’abstinence pour guérir, permet de boire en étant non dépendant de l’alcool, ce qui permet d’être guéri en continuant de s’alcooliser. Et passez muscade. Mais le sujet est trop sérieux pour que je puisse plaisanter. Cette hypothèse est fausse.
Il est aussi assez amusant de voir que les pros et les anti baclofène, on les retrouve partout. Untel, grand défenseur de l’EBM, est séduit par une étude avec 10 patients et des expérimentations de terrain en ouvert. Je rappelle ici que l’expérience externe ne se résume pas aux essais contrôlés mais aux dernières données connues : un cas d’hépatite sous tel médicament doit nous faire réfléchir. Un autre, partisan acharné des prescriptions in AMM est séduit d’emblée. Tel autre, pourfendeur acharné de Big Pharma, trouve qu’il n’y a rien à redire dans cette argumentation fallacieuses des pros. Et celui-ci qui se moque comme d’une guigne des essais contrôlés, qui fait ce qu’il veut, quand il veut dans son cabinet, qui écoute le premier VM venu, il est contre. Et cetera.
J’espère me tromper. Mais je crois que le baclofène va faire pschitt !
Et gageons que si les études cliniques ne sont pas si favorables que cela, on continuera de le prescrire.
Je veux bien que l’on me fasse croire que l’addiction à l’alcool est « chimique » mais permettez aussi que j’en doute tout en n’adhérant pas aux théories analytico-comportementalistes (c’est un néologisme qui a l’avantage de ne faire plaisir à personne) que l’on plaque sur les alcoolo-dépendants. Et si je n’utilise pas les bons termes pour parler de la dépendance à l’alcool, c’est voulu : je ne désire pas, en critiquant le nouveau paradigme, m’intégrer dans l’ancien. J’en ai tellement entendu sur les, j’ouvre grand les guillemets, « alcooliques » : personnalités faibles, gentillesse excessive, manque d’auto-identification, défaut de repères (et dans le mot repère il y a aussi le mot père)… (voir la note 1) … Mais ce serait tellement extraordinaire que l’on ait enfin trouvé une autre petite pilule du bonheur et que les neurosciences, faisant fi de l’inconscient, du social, de la lutte des classes ou de l’exploitation ou de la perversité ou je ne sais quoi, permettent de tout résoudre en bloquant ou en excitant tel ou tel récepteur. La déception des psychotropes anti anxiété, anti dépression, anti délire, serait ainsi compensée (voir LA pour les neurosciences qu’il n’est pas question de rejeter en bloc mais de replacer dans un contexte sociétal et individuel, voire purement anthropologique).
Terminons aussi par la personnalité d’OA : je l’ai entendu plusieurs fois parler à la radio, ce type a quelque chose de bizarre. Il se met en avant, il est le plus grand des cardiologues, il a été victime de l’alcool et maintenant de la communauté scientifique, je dois me tromper mais il ne m’inspire pas confiance…
Tout ce que j’ai dit sera balayé d’un revers de main (mais c’est rare que les choses soient aussi simples) si les études sont positives.
Je l’espère mais n’y crois pas.

Le Baclofène est donc, pour les Modernes, un nouveau paradigme 2.0 et pour les Anciens, comme moi), une ancienne antienne (bel exercice de prononciation) qui est une resucée moderne de l’avis d’expert paternaliste et démagogique.

(1) Voici ce qu’on peut lire (LA) sur Wikipedia sur l’étiologie de l’alcoolisme :
La consommation excessive d’alcool et l’installation d’une dépendance est, dans la plupart des cas, facilitée par des facteurs psychologiques favorisants qui initient et entretiennent le comportement de consommation. Des exemples plus fréquemment rencontrés chez les individus en difficulté avec l’alcool sont notamment : un ou plusieurs troubles anxieux, des déficits dans les capacités à gérer le stress et l’anxiété ; un état dépressif ; des déficits dans les habiletés de communication avec autrui5 (la consommation peut être amplifiée par des difficultés à refuser les incitations à boire ou les frustrations liées aux conflits interpersonnels) et une intolérance à la frustration plus ou moins marquée. Dans une moindre mesure, il existe également un trouble de la personnalité (personnalité borderline en particulier, mais également antisociale, dépendante, schizoïde, histrionique, trouble bipolaire), des troubles de perception et d’expression émotionnelle (alexithymie) et un état psychotique (schizophrénie)6.
Des facteurs psychosociaux peuvent exercer également une influence notable comme l’isolement ou le sentiment de solitude, le chômage, les violences conjugales. Des représentations cognitives de l’alcool comme symbole de convivialité, de plaisir ou de virilité sont aussi fréquemment retrouvées. Au niveau du fonctionnement cognitif, un faible sentiment d’efficacité personnelle est perçu (donc une faible confiance à résister à l’envie d’alcool) et des attentes élevées envers l’alcool. Les attentes envers une substance représentent la prédiction que fait l’individu de l’effet qu’il va obtenir en la consommant. Les attentes positives envers l’alcool concernent six domaines principaux : amélioration des relations sociales, diminution des sentiments et émotions négatifs, changements positifs globaux, plaisir social et physique, amélioration des performances sexuelles, agressivité et stimulation physique7. Boire à l’excès peut résulter de l’évitement inconscient de l’affrontement des émotions liées à l’activation de certains schémas cognitifs fondamentaux[pas clair]8. L’alcoolisme est l’objet de nombreuses études en psychologie expérimentale avec l’approche cognitivo-comportementale. D’un point de vue simplifié, le comportement de prise d’alcool est facilité par certaines pensées caractéristiques liées à celui-ci (anticipatoires, soulageantes et permissives 9, et va se trouver renforcé par l’effet anxiolytique de l’alcool qui apaise un éventuel malaise émotionnel. Ces pensées sont généralement automatiques et échappent la plupart du temps à la conscience explicite de la personne. Selon ce modèle, les pensées anticipatoires représentent les attentes d’effets positifs de l’alcool (« Boire quelques verres va me rendre plus drôle »), les pensées soulageantes concernent les attentes d’apaisement apporté par l’alcool (« Je me sentirai plus détendu si je bois un coup ») et les pensées permissives autorisent la consommation (« Allez, juste pour un verre, je l’ai bien mérité après le boulot… »). Il est à noter que ces pensées relèvent de processus cognitifs normaux au départ et ne sont pas spécifiques de l’alcoolisme10.
Il est nettement établi qu’une dépendance à l’alcool est fortement accompagnée d’un haut niveau d’anxiété et de dépression qui amplifient encore davantage la consommation. Elle s’accompagne aussi fréquemment de perturbations dans l’identification des expressions émotionnelles d’autrui, notamment d’une hypersensibilité à la colère. La prise en charge psychologique cognitivo-comportementale, généralement proposée après sevrage, peut comprendre un programme de prévention de la rechute (identification des situations à risque, résolution de problème pour améliorer le sentiment d’efficacité personnelle), un entrainement à la relaxation, à l’affirmation de soi (apprendre à refuser l’alcool, à faire face aux critiques…) et un accompagnement psychologique individualisé11.

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