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Dragi Webdo n°136: hyperaldostéronisme primaire (reco), benzodiazépines (reco HAS), Helicobacter Pylori (reco), infarctus/IPDE-5, IEC/ARAII

Bonjour!
Dans la rubrique « le Dr Agibus a testé pour vous », j’ai voulu titiller la Revue Prescrire en écrivant une lettre parlant : d’une part de certaines études montant un bénéfice des fibrates dont une revue Cochrane et d’autre part de la conclusion récente d’un paragraphe de la revue disant qu’il n’y avait pas de bénéfice des analogues du GLP-1. Leur réponse s’est faite par mail en environ 1 mois (plutôt rapide selon moi). L’argumentaire de non inclusion des études dont je parlais dans leur synthèse était clair, en expliquant les biais (parfois assumés des auteurs) dans ces études. Bref, les quelques inquiétudes que j’avais ont été dissipés et ma confiance dans la revue s’en sort renforcée! (je n’ai pas reçu de financement ni de réduction sur l’abonnement pour ces quelques phrases). Il me tarde désormais d’avoir l’article en cours de rédaction sur les analogues du GLP-1!

Et comme d’habitude, voici les articles parus cette semaine dont je ne peux m’empêcher de vous parler. Bonne lecture!

1/ Pharmacovigilance
Pour commencer, l’ANSM a demandé la création d’un comité évaluant la balance bénéfices/risques du dispositif Essure. Formulé comme cela, le comité ne statuera pas clairement si oui ou non ce dispositif peut être impliqué dans les troubles physiques dont il est accusé aux États Unis. Il est probable que la conclusion soit que les risques potentiels sont très rares et à ce jour non prouvés, donc que les bénéfices excèdent les risques (dont il faut informer les patientes).
Une étude de cohorte rétrospective incluant plus de 300 000 patients publiée dans le BMJ a étudié les effets indésirables des cures relativement courtes de corticoïdes (< 30jours). Dans 50% des cas, il s’agissait de traitements de 6 jours avec une dose médiane de 20mg/j d’équivalent prednisone. Les auteurs ont retrouvé un sur-risque de sepsis (facile à trouver celui là), mais aussi de maladie thrombo-embolique veineuse et de fractures.

2/ Cardiovasculaire
Parlons maintenant de sexe et de mortalité. Une étude rétrospective suédoise a analysé la survie des patients avec une prescription d’inhibiteurs de la phospohodiesthérase-5 ou d’alprostadil pour dysfonction érectile après un infarctus du myocarde. Les auteurs ont retrouvé que les chez les patients traités par IPDE-5, le risque de mortalité à 3 ans était diminué de 33% par rapport à ceux sans traitement. Le bénéfice était majorée avec le nombre de délivrance de ces traitements. On peut alors se demander si c’est l’IPDE-5 qui est bénéfice ou l’activité physique répétée qui améliore la survie! L’étude répond également en partie à cette question, car les patients traités par alprostadil n’avaient pas de gain de mortalité et la comparaison directe entre IPDE-5 et alprostadil était en faveur d’un traitement par IPDE-5 pour réduire la mortalité. Une piste à explorer dans les traitements de l’infarctus? Ou un simple reflet de l’observance des bêta-bloquants chez les patients?
Les sociétés françaises d’HTA, d’endocrinologie et de chirurgie endocrine ont publié des recommandations dans l’hyperaldostéronisme primaire (une VF intégrale est dispo sur BMLweb). Elles sont longues et subdivisées en chapitre mais on va essayer de résumer ce qui peut intéresser les généralistes.
– Rechercher un HAP si: HTA sévère, résistante, avec hypokaliémie, avec atteinte d’organes cibles disproportionnée ou incidentalome avec HTA/hypokaliémie
– Recherche par mesure du rapport aldostérone/rénine prélevé : le matin, plus de 2 heures après le lever, en position assise depuis 5 à 15 minutes, en régime normosodé, en normokaliémie et sans traitement interférant :anti-HTA (sauf inhibiteurs calciques et alpha-bloquants) stoppés depuis 2 semaines, diurétiques épargneurs et oestro-progestatifs stoppés depuis 6 semaines.
– Rechercher ensuite une cause en commençant par un TDM surrénalien.
3/ Troubles du sommeil
La HAS a publié des recommandations sur la prescription de benzodiazépines. Absolument rien de neuf dans la fiche (prescriptions la plus courte possible, risque des benzo, bénéfices très faibles etc…). Les points de nouveauté concernent la prescription sur ordonnance sécurisée du zolpidem, ainsi qu’une petite phrase pour les sujets âgés traités depuis longtemps disant qu’il ne faut pas s’acharner à les arrêter parce que le déséquilibre lié à l’arrêt serait plus dangereux que les risques de la poursuite.
Pour continuer sur les benzodiazépines, une étude rétrospective a retrouvé une majoration du risque de pneumopathie chez les patients avec une maladie d’Alzheimer traités par benzodiazépines. Un effet indésirable supplémentaire à prendre en compte chez ces patients.
4/ Gastro-entérologie
Les recommandations sur Hélicobacter Pylori sont parues il y a peu (j’en avais parlé ici) et viennent se compléter avec des traitements à privilégier selon les résultats de FOGD. Cependant, ce qui est intéressant dans cette page du GEFH, est qu’il semblerait que le traitement par quadrithérapie bisthmutée soit recommandé en première intention de façon européenne quand ce traitement est disponible car il y a moins de résistance. Une recherche rapide sur internet retrouve que la quadrithérapie avec clarithromycine est à utiliser en première intention sur la résistance à ce traitement est inférieure à 15% et en Europe du nord, c’est le cas. Cependant, la France de l’Europe de l’ouest avec des résistances entre 16 et 18%, et c’est dans ce cas bien la quadrithérapie bisthmutée qu’il est préférable d’utiliser en première intention. Ça m’apprendra à avoir râler sur les gastros qui la mettaient d’emblée… Mea Culpa.
5/ Diabétologie
Quelle est le meilleur traitement préventif des néphropathies diabétiques en l’absence d’HTA? Un article de family practice a fait une revue narrative et retrouvé que les IEC réduisaient l’apparition d’une néphropathie chez les diabétiques normotendus et réduisaient la mortalité des diabétiques de 16 % qu’ils soient hypertendus ou non. Les ARAII ne réduisaient pas la progression des néphropathies chez des patients normotendus et n’étaient pas associés à une diminution de la mortalité globale chez les patients hyper ou normotendus.  Avec ces données , on voit quand même que BigPharma a fait un beau boulot compte tenu de patients diabétiques sous ARAII d’emblée pour lesquels l’IEC serait préférable…
C’est fini pour cette semaine! Si vous vous êtes toujours demandé pourquoi les méchants des films avaient une sale tête, c’est tout simplement parce qu’ils ont des maladies dermatologiques… D’où la question: est ce que c’est le fardeau de leur maladie qui les rends aussi nerveux, ou est-ce l’appartenance à un cluster de personnalité particulier qui favorise l’apparition des pathologies? Vous avez 2 heures…

Joyeuses fêtes de Pâques et à bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°135: otite séro-muqueuse (reco HAS), e-cigarette (reco), score calcique et diabète (SFD), hypothyroïdie fruste, aspirine faible dose

Bonjour! J’espère que vous avez passé une bonne semaine. Pour introduire ce billet, parlons des patients et de leurs symptômes. Un article du BJGP a étudié les symptômes de 50 000 danois en 2012. Les auteurs ont retrouvé que seuls 21,7% des symptômes menaient à une consultation, ce qui correspond exactement aux 217 patients sur 1000 consultant un généraliste dans le Carré de Green en 2001. Voici sans tarder les actualités de la semaine!
1/  Dépistages
Le ministère propose de remanier le dépistage du cancer du sein! Non, je déconne… Ne rêvons pas. Le ministère propose 2 consultations de prévention: une a 25 ans et une à 50 ans, créées pour parler des dépistages. Encore faudrait il que les médecins généralistes soient formés à ces consultations et que l’information délivrée soit fiable et honnête. Malheureusement, je crains que si les gynécologues effectuent ces consultations, les infos puissent être biaisées. (Mais cela viendra, car dans le même style, de plus en plus d’urologues me renvoient des patients pour qu’on parle de PSA sans prescrire eux même les dosages.)
2/ Cardiovasculaire
Un nouvel article du JAMA parle de la prescription d’aspirine en prévention primaire. Dans l’algorithme proposé, on peut surtout voir que l’aspirine n’a pas de bénéfice clairement établi lorsque le risque cardiovasculaire est inférieur à 10% selon le calculateur américain. A partir de 10%, il peut y avoir un intérêt si le NNT dans les études est inférieur au NNH (bénéfice > risques) pour les patients entre 50 et 69 ans.
 3/ ORL
L’otite séro-muqueuse a embêté de nombreux patients et de nombreux médecins. Chacun de ces derniers y allait de son antibiothérapie, de ses corticoïdes et autres solutions nasale. Des recommandations HAS viennent d’être publiées:  » Il n’y a pas de traitement médicamenteux efficace: décongestionnant, antibiotiques, antihistaminiques, corticoïdes et autres traitements sont donc déconseillés ». Donc, en l’absence de risque (trouble du développement ou du langage, surdité, trisomie 21, pathologie vélaire, handicap visuel ou suspicion de rétraction tympanique) un contrôle tous les 3 mois est à effectuer. L’indication des aérateurs trans-tympaniques est restreinte à la présence d’une baisse d’au moins 25dB à l’audiométrie.
4/ Tabacologie
Des recommandations sur l’utilisation de l’e-cigarette existent désormais. De façon globale, l’e-cigarette peut être un outil de sevrage tabagique chez l’adulte y compris pendant la grossesse (mais plutôt en 2ème intention après les les substituts nicotiniques classiques ou si c’est le moyen choisi par la patiente). L’arrêt total du vapotage doit être encouragé comme on encourage l’arrêt des substituts nicotiniques quand le sevrage tabagique a été obtenu. Chez les anciens fumeurs ou anciens vapoteurs, il est recommander de ne pas utiliser à nouveau d’e-cigarette, celle ci pouvant favoriser une rechute dans l’addiction au tabac.
5/ Thérapies non-conventionnelles
Dans les migraines, un essai randomisé du JAMA internal medicine  semble retrouver que l’acuponcture 5 fois par semaine pendant 4 semaines a permis de diminuer significativement la survenue de nouvelle migraines par rapport à une fausse acuponcture. En effets, avec une fréquence de migraines de 5 par mois, les patients avec acuponcture avaient en fin d’étude environ 2 migraines par mois, et ceux avec une fasse acuponcture 3 migraines par mois. Un groupe de patient était également sur « liste d’attente » et n’avait donc aucune intervention: la fréquence de migraines avait quand même diminuée à 4 par mois.
Restons donc dans les thérapies alternatives. Dans la lombalgie, il semblerait qu’il y ait un faible niveau de preuve pour qu’il y ait une efficacité faible de l’acuponcture, de la méditation en plein conscience, du yoga et du taï-chi. Bien que les preuves soient maigres, les effets secondaires sont rarement graves. Alors pourquoi pas, si le patient n’est soulagé par rien d’autre.
6/ Endocrinologie
Le NEJM a publié une étude sur le traitement de l’hypothyroïdie fruste chez les patients de plus de 65 ans. Dans cet essai contrôlé randomisé la moyenne d’âge de patients était de 75 ans, leur TSH était  supérieure à 4 et inférieure à 10 et la T4 était normale. Les auteurs ne retrouvent pas de bénéfice clinique sur un score de symptômes d’hypothyroïdie ni sur un score de fatigue après 1 an de traitement par levothyroxine. Cet article confirme l’absence d’intérêt de traiter les hypothyroïdies frustes, cependant, l’article ne dit pas si ces patients avaient des anticorps positifs, prédictifs d’une évolution vers une hypothyroïdie symptomatique. Malgré cette évolution potentiellement péjorative en présence d’anticorps, je n’ai jamais compris l’intérêt de débuter un traitement plusieurs mois avant voire années supplémentaires… Autant surveiller, et traiter au moment des symptômes ou de la baisse des hormones périphériques. (ou sinon, il faudrait m’expliquer!)
Pour finir, un mot sur le congrès de diabétologie de la SFD qui s’est achevé la semaine dernière. Concernant ce qui est applicable pour le médecin généraliste, il faut noter la place importante que le liraglutide va prendre, étant donné que c’est le seul traitement avec un bénéfice cardiovasculaire démontré en essai contrôlé randomisé de bonne qualité méthodologique disponible en France. 
Ensuite, le score calcique semble être l’autre point intéressant pour repérer les patients diabétiques à haut risque. Ce score était déjà testé chez le diabétique depuis plusieurs années (j’en avais parlé ici), mais son utilisation en routine devrait progressivement se mettre en place car bien meilleur qu’un calcul basé sur des facteurs de risque. Pour mémoire, le score > 100 est considéré comme pathologique et nécessiterai des explorations cardiologiques alors que s’il est inférieur à 100, le patient est à faible risque et un contrôle des facteurs de risques serait suffisant. En pratique, un calcul de score calcique se fait sur une prescription de scanner thoracique non injecté avec demande de calcul du score.
Bonne soirée et bonne semaine à tous! A bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°134: dyslipidémies (reco HAS), aspirine (reco US), Gardasil 9, eczéma, PNNS, décision partagée

Bonjour ou plutôt bonsoir! Pour ceux qui n’auraient pas été au congrès du CMGF, vous pouvez retrouver les abstracts et vidéos sur le site ou relisez tous les tweets #CMGF2017! Pour les présents, merci pour ces rencontres pendant les 3 jours de congrès et vivement le prochain!

1/ Pharmacovigilance
Avec la pénurie de vaccins anti-VHB, comment se faire vacciner? L’ARS a mis en place un guide pour les personnes des groupes prioritaires pour qu’ils puissent avoir le vaccin en pharmacie hospitalière. Côté médecin, il semble qu’il faille préciser l’appartenance à la catégorie prioritaire pour que le pharmacien vérifie.
Prescrire dirait « enfin »! Les solutions d’acide hyaluronique pour injections articulaires vont être déremboursées. BigPharma n’a donc plus grand chose à se mettre sous la dent concernant l’arthrose.
Le risque diabétogène des statines continue d’être étudié. Une étude de cohorte chez 8000 femmes de plus de 70 ans, retrouve une augmentation du risque de diabète de 33%  sous statine, soit un nombre de patientes à traiter pour un évènement (NNH) de 131 en 5 ans. Ce qui est concordant avec les autres études.


2/ Cardio-vasculaire
La HAS a publié des recommandations sur les dyslipidémies. Elles sont basées sur celles de l’ESC avec quelques précisions par endroit quand l’ESC n’avait pas émis de propositions claires. Ainsi, le risque cardiovasculaire se calcule avec SCORE. Les patients à faible risque (SCORE<1%) et à risque modéré (SCORE entre 1 et 5% ou diabète T1/T2 < 40ans non compliqué) ont des objectifs respectifs de LDLc à 1,9g/L et 1,3g/L à atteindre par règles hygiénodiététiques en première intention. Les patients à haut risque (SCORE entre 5 et 10% ou diabète >40 ans non compliqué pour simplifier, ou insuffisance rénale modérée) et à très haut risque (SCORE > 10% , diabète > 40 ans avec complication, IRC sévère ou maladie cardiovasculaire établie), les objectifs sont de 1g/L et 0,7g/L à atteindre avec une statine.
Quelle statine? La HAS recommande désormais la simvastatine et atorvastatine en première intention, tout en rappelant l’absence d’AMM de cette dernière en prévention secondaire. Ainsi, quand l’objectif de LDL n’est pas atteint, on peut ajouter l’ezetimibe qui a des preuves d’efficacité démontré dans cette indication.
Le point différent des recos de l’ESC concerne les hypertriglycéridémies, car l’ESC recommandait une statine en première intention. La HAS recommande une statine si le LDL n’est pas à l’objectif, mais s’il l’est c’est un fibrate qui est recommandé en première intention. Le tableau étant complexe, je vous laisse aller le regarder. Voici cependant le tableau principal:
En prévention cardiovasculaire et du cancer colorectal, l’USPSTF recommande l’aspirine faible dose pour une durée de 10 ans aux patients de 50 à 59 ans dont le risque AHA/ACC est supérieur à 10%. Entre 60 et 69 ans, la balance bénéfice risque doit être évaluée individuellement, notamment en fonction du risque de saignement. Avant 50 ans et après 70 ans, l’aspirine en prévention cardiovasculaire primaire n’a pas prouvé d’efficacité.
3/ Infectiologie
Un nouvel avis du HCSP est tombé sur la vaccination anti HPV: le Gardasil 9 devient le vaccin recommandé en 1ère intention. En effet, il est retrouvé une protection contre les HPV 52 et 58 qui n’avaient  jamais été vu dans les vaccins précédents (le Cervarix protégeait déjà par réactions croisées sur les HPV 33 et 45). Le bénéfice sur les lésions précancéreuses et les condylomes en font donc le vaccin anti-HPV de choix. La sécurité n’a cependant été étudiée que sur environ 23 000 patientes, on est donc loin d’avoir la puissance nécessaire pour évaluer le risque de maladies auto-inflammatoire dont la fréquence était estimée à 1 pour 100 000 pour le Gardasil4. Quoi qu’il en soit, ces évènements sont donc, particulièrement rares.
On ne traite pas les angines, bronchites et otites moyennes de la même façon partout. Parfois les antibiotiques ne sont pas indispensables. Voici quelques infographies de décision partagée sur ces 3 pathologies infectieuses.
L’eczéma de l’enfant est souvent sur_infecté, mais quel antibiotique prescrire et comment? Un essai contrôlé randomisé des enfants avec eczéma modérément sur_infectés traités 1 semaine par dermocorticoides et émollients associés soit: à des placébos, à un antibiotique local + placébo oral, à un antibiotique oral + placébo local. A évalué à 15 jours, les auteurs retrouve que le score de gravité d’eczéma ressenti par le patient (POEM) était meilleur dans le groupe double placébo par rapport aux antibiotiques! Les dermocorticoïdes sont suffisant pour ces eczéma modérément sur-infectés sans nécessiter d’antibiotiques.
4/ Nutrition et diabétologie
Le nouveau programme nutrition santé a été publié par le HCSP.  Il est toujours recommandé de manger 5 fruits et légumes sans que l’on sache scientifiquement pourquoi 5. Il est recommandé de limiter la consommation de viande rouge à 500g/semaine. Une des principales modifications concerne les produits laitiers dont le nombre recommandé par jour baisse à 2. Je vous laisse regarder le tableau de l’avis pour plus de détails (il n’est pas si long que ça!)
Une nouvelle étude revient sur le traitement intensif du diabète de type 2. Pour mémoire, l’étude ACCORD avait retrouvé une sur-mortalité chez les patients diabétiques avec une cible glycémique (HbA1C) inférieure à 6%. Cette nouvelle méta-analyse publiée dans le Lancet Diabetes and Endocrinology retrouve que les traitements intensifs diminuent le risque de néphropathie (ainsi que le risque de progression de néphropathie) et de rétinopathie diabétique , respectivement de 20% et 13%. Cependant, ces résultats sont surtout portés par le poids de l’étude ACCORD: les auteurs n’ont pas étudié la mortalité dans cette méta-analyse! Ils en parlent à peine en discussion… S’ils avaient retrouvé une diminution de mortalité ou même une absence d’augmentation de mortalité, je doute qu’ils se soient privés de le dire. La liste des conflits d’intérêt des auteurs suffit à comprendre l’orientation de l’article. Bref, se méfier des « augmentation de traitements » que pourraient subir les patients suite à cette méta-analyse.
C’est fini pour cette semaine! Bonne nuit et à très bientôt pour un prochain Dragi Webdo (Promis, le prochain, j’essaye de le publier le dimanche!)
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°133: thrombose veineuses (HERDOO2), alcool, conjonctivite, bilan hépatique, cannabis

Bonsoir, reprenons les bonnes habitudes avec une publication le dimanche soir. Tout d’abord, merci à tous pour vos message d’encouragement, vos commentaires et vos réflexions qui permettent d’aller plus loin dans les réflexions sur la médecine! Et ensuite, les actualités (c’est un peu long aujourd’hui…)
1/ Pharmacovigilance
Le JAMA internal medicine a publié un article sur les inhibiteurs de la 5 alpha réductase (comme le finastéride, si c’est plus parlant). Ces traitements pourraient être associés à une augmentation des syndromes dépressifs, durant les 12-18 premiers mois mais sans augmentation significative du nombre de suicides. Il semble néanmoins nécessaire de surveiller le moral des patients traités.
2/ Cardiovasculaire
Nous allons parler de maladies thromboemboliques veineuses. La tendance actuelle est de proposer des traitements prolongés par anti-coagulation après les TVP sans facteur déclencheur en supposant qu’un tel évènement n’est pas « normal » même avec un bilan de thrombophilie sans anomalie retrouvée. Le BMJ a proposé un article évaluant une règle permettant de décider de l’interruption de l’anticoagulation. Avec un score HERDOO2 nul ou égal à 1, les patients sont classé a faible risque et l’incidence annuelle de récidive de TVP est de 3% . Quand ce score est supérieur ou égal à 2, l’incidence est supérieure à 8% ce qui justifierait une anticoagulation au long cours.
Les critères du score (1 point par item, score allant de 0 à 4):
– Hyperpigmentation, oedème ou érythème des membres inférieurs;
– D-dimer ≥250 μg/L; 
– IMC ≥ 30 ;
– Age ≥ 65 ans.
Autre article du BMJ: pour quels patients faut il chercher un cancer comme facteur déclencheur de TVP? Les évènements thrombo-emboliques veineux survenant sans facteur déclenchant chez des patients de plus de 40 ans devraient nécessiter une recherche de cancer par:
– interrogatoire et examen clinique
– vérification des dépistages « habituels »: frottis, mammographie et dépistage colorectal
– NFS plaquettes, calcémie, bilan hépatique, analyse d’urines,
– radiographie thoracique ou TDM thoraco-abdominal (recommandé par le NICE, mais beaucoup plus irradiant, avec un cout de dépistage multiplié par 3 lié au explorations de faux-positif vu sur le TDM).
Parlons un peu alcool. Le BMJ, encore une fois, a publié une étude de cohorte recherchant les évènements cardiovasculaires selon la consommation d’alcool des patients. Si l’on ne tiens pas trop compte des biais possibles de ce type d’étude et des facteurs de confusion qui existent certainement et qui n’aurait pas été pris en compte par les auteurs, les consommateurs modérés (sous la limite de l’OMS) avaient un risque moindre de mort subite par infarctus du myocarde, d’AVC et d’insuffisance cardiaque que les patients non buveur et que les patients buvant plus que les recommandations OMS.
3/ Rhumatologie
Les lombalgies font encore parler d’elles. D’abord, dans Annals of Internal medicine avec un essai contrôlé randomisé français étudiant l’efficacité des injections de prednisolone intra-discale chez 135 patients. Les auteurs retrouvent une amélioration significative de la douleur sur échelle verbale à 1 mois (-22 points sur 100), mais pas de différence à 12 mois. Il s’agissait de patients en centre sur-spécialisés avec des critères IRM précis, donc ça ne concerne pas toutes les lombalgies.
De son coté, le NEJM publie un essai contrôlé randomisé sur la prégabaline dans la lombosciatique aiguë et chronique. Une fois de plus, les traitements essayés dans la sciatique n’ont pas réussi a permettre une modification significative de la douleur à 8 semaines ou 52 semaines, Les EVA de la douleur étaient mêmes meilleures sous placebo, et les patients avaient moins d’effets indésirables. La sciatique… cette pathologie ou les meilleurs traitements sont l’effet placebo, la patience et la prise en charge des soucis qui font que les patients en ont plein le dos.
4/ Infectiologie
Le JAMA a publié une revue narrative portant sur les conjonctivites. Un arbre décisionnel permet d’aider le praticien pour savoir quand orienter au spécialiste (avec un petit oubli pour la conjonctivite virale qui, d’après le texte doit être localisée sur l’algorithme au même endroit que la conjonctivite allergique). Rien de très neuf à part cela, mais le traitement des conjonctivites virales et allergiques est identique: lavages oculaires et anti-histaminiques (notamment azelastine 1gtte x 2/j ou cromoglicate de sodium x 4-6/j). Aucune place n’est faite aux « collyres antiseptiques », car en cas de conjonctivite bactérienne les collyres antibiotiques sont à privilégier (notamment tobramycine x3/j pendant 7 jours), mais ne pas les traiter est également acceptable car elles guérissent généralement spontanément (l’antibio ne diminue que la durée des symptômes)
La HAS a publié une fiche sur le dépistage du VIH en France. La recommandation d’une sérologie VIH dans la vie de tout patient entre 15 et 70 ans est remis en place (notamment pour les régions Ile de France, PACA et départements Français d’Amérique). Les hommes ayant des rapports avec des hommes devraient être dépistés tous les 3 mois, les usagers de drogues intraveineuse une fois par an, tout comme les patients originaires de zones de forte prévalence (Afrique et caraïbes). Ces recommandations « globales » sont certainement à adapter selon le patient parce que leur formulation me semble un peu rétrograde…
5/ Hépatologie
La société de gastro-entérologie a publié des recommandations sur le bilan à faire en cas d’anomalie du bilan hépatique. D’abord, en cas d’anomalie, recontrôler le bilan hépatique.
Ensuite, le bilan: 
– ASAT, ALAT, PAL, GGT et bilirubine totale et conjugué, TP-TCA, albuminémie
– sérologies: VHB, VHC (éventuellement VHA et en Europe il parait qu’on sous estime les hépatites E, donc il me semble qu’il est recommandé de rechercher VHE si les autres sont négatifs)
– bilan métabolique: glycémie à jeun, bilan lipidique, échographie hépatique
– Ferritine, coefficient de saturation et fer sérique (rajouter la CRP pour vérifier que ce soit interprétable). La recherche de mutation HFE doit etre effectuée si CST > 45% ou hyperferritinémie.
– bilan auto-immun: anticorps antinucléaires, anticorps anti muscle lisse (et anti LKM et anti mitochondrie en 2ème intention), électrophorèse des protéines
– Avant 55 ans: céruloplasmine sérique
– Et si persistance: rechercher une maladie coeliaque, un Lyme et dosage de l’alpha1 anti-trypsine.
J’ai toujours pensé que les PAL servaient pas à grand chose, mais visiblement en cas d’anomalie il faut chercher une cholangite sclérosante primitive. Et au contraire, ce sont les GGT qui ne doivent pas être faites systématiquement dans des bilans de dépistage en absence d’autres anomalies à cause de leur manque de spécificité.


6/ Addictologie
Une étude française a étudié l’impact du dépistage du cannabis chez les adolescents en médecine générale. L’essai avait randomisé l’intervention ou non par cabinet de médecine générale. Les auteurs retrouvent malheureusement qu’il n’y avait pas d’amélioration dans le sevrage des patients consommateurs réguliers mais une baisse de la consommation chez les consommateurs jeunes et occasionnels.
7/ Diabétologie
Il y a quelques mois, une étude du BMJ parlait du sur-risque de mortalité des patients pré-diabétiques. Mais faut-il traiter ces patients par metformine? Le JAMA revient sur cette question en parlant d’une étude qui a permis de diminuer le nombre d’évolution en diabète, mais aucun critère de jugement n’a évalué les évènements cardiovasculaires ou la mortalité… (déjà qu’en cas de diabète, les bénéfices sont difficiles à prouver…) Bref, traiter les pré-diabétiques n’est, à ce jour, pas recommandé car les règles hygiéno-diététiques sont les mesures ayant le plus de bénéfices prouvés.
C’est fini pour ce soir! 
Passez une bonne semaine et RDV au #CMGF2017 pour ceux qui y seront!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°132: Anti-PCSK9 et risque cardiovasculaire, HTA et néphropathie, BPCO (recos européennes), diabète (reco US), hypothyroïdie et grossesse

Bonsoir! Chassez les mauvaises habitudes et elles reviennent presque aussitôt… Je n’ai jamais eu autant de retard pour un Dragi Webdo alors, tout de suite, les actualités!


1/ Pharmacovigilance

Un nouveau site internet a été mis en place pour signaler les effets indésirables des traitements: Signalement-sante.gouv.fr . Facile d’utilisation, il n’y aura plus aucune excuse pour ne pas déclarer des effets indésirables!

L’ANSM revient sur les prescriptions de Trimetazidine (Vastarel) pour réserver la prescription initiale aux cardiologues. L’objectif est de diminuer les prescriptions ORL et ophtalmologiques de ce médicament. Il ne me semble pas qu’il y ait d’ailleurs de grandes preuves d’efficacité cardiologiques non plus… mais c’est un début.


2/ Cardiovasculaire

 Les articles cardio de la semaine concernent les anti PCSK-9 dans le traitement des dyslipidémies, ou plutôt, prévention cardiovasculaire. Tout d’abord, l’Evolocumab, étudié dans un essai contrôlé randomisé versus placebo (étude FOURIER). Notons que le sponsor pharmaceutique de l’étude était responsable du recueil des données. Les patients étaient en prévention secondaire (ATCD d’infarctus du myocarde, d’AVC ou d’AOMI sévère). Ils avaient 62 ans en moyenne, 36% étaient diabétiques, 80% hypertendus. Leur LDL moyen était de 0,9g/L donc « parfaitement contrôlé », pour ceux qui parlent de contrôle du LDL, et 70% avaient une statine de forte intensité.
Bref, dans ces conditions et avec en moyenne 2 ans et 2 mois de suvi, les auteurs retrouvent une diminution significative du risque cardiovasculaire sur leur critère composite principal (OR=0,85), essentiellement portée par la diminution des AVC et infarctus non mortels (respectivement OR=0,79 , NNT=250 et  OR=0,72  , NNT=84). La mortalité globale et cardio-vasculaire n’était pas modifiée.

Pour ceux qui aiment le LDL, le taux a été baissé aux alentours de 0,30 avec le traitement.

Le deuxième traitement, le Bococizumab, un autre anti-PCSK9 a été étudié dans deux essais contrôlé randomisés: SPIRE-1 et SPIRE-2, avec une place non négligeable du sponsor également. Les auteurs sont choisi de publier les 2 études en 1 article, malheureusement pour eux, si SPIRE-2 (et ses 10 000 patients) retrouve une amélioration du critère composite cardiovasculaire (OR=0,79), ce n’est pas le cas de SPIRE-1, et encore moins lors de l’analyse des deux études ensemble. Même SPIRE-2 ne montrait pas d’amélioration sur les critères pris indépendamment (IDM, mortalité globale ou cardiovasculaire), sauf pour les AVC non fatals qui étaient diminués (OR=0,60 , NNT=370!).
Pour atteindre le point où je raconte ma vie, il se trouve que j’exposais les bénéfices des traitements cardiovasculaire à un patient qui m’a répondu « Si c’est pour vivre à moitié paralysé, ça m’intéresse pas votre traitement ». Du coup, je ne suis pas convaincu que baisser les AVC non fatals soit un super critère si on étudie pas la durée de vie sans incapacité ou la qualité de vie des patients.


3/ Néphrologie

Une méta-analyse publiée dans le JAMA internal medecine comparait un traitement de la tension artérielle intensif (< 130mmHG de PAS) versus habituel (> 140mmHg) chez les patients non diabétiques avec une néphropathie. Après 3 ans de suivi médian, le contrôle intensif n’a pas permis de
ralentir la progression de la maladie rénale chronique ni de diminuer la mortalité globale. Les effets secondaires des traitements n’ont cependant été que peu étudiés.

4/ Pneumologie

 Le mois de mars était celui des recos sur la BPCO, et l’ERS (agence européenne de pneumologie) a publié des recommandations. Elles sont très imprécises et ne vont pas grandement modifier la pratique. Le point principal réside dans le traitement par corticoïde des exacerbations en ambulatoire, dont la durée a été potentiellement prolongée: au lieu de 5 jours à 40mg (GOLD2017), ces recommandations disent désormais « moins de 14 jours » sans que la justification ne soit très claire.
Les antibiotiques dans l’exacerbation en ambulatoire seraient recommandés, mais l’antibiotique en question n’est pas défini, contrairement aux recommandations NICE et GOLD qui réservent les antibiothérapies aux patients avec des expectorations purulentes ou des BPCO sévères. L’argumentaire est faible une fois de plus pour justifier l’antibiothérapie systématique.
Le reste des recos ne concernent que très peu la médecine générale. Bref, en rester aux autres recos car celles ci n’apportent rien de nouveau ou de scientifiquement justifié.

4/ Endocrinologie

Faut il traiter les hypothyroïdies frustes chez les patients enceintes? Deux articles apportent des éléments de réponse. Dans le BMJ, une étude de cohorte rétrospective met en évidence que le traitement de l’hypothyroïdie fruste (TSH >2,5 et < 10) serait associé à une diminution du risque de fausses couches, mais également à une augmentation de diabètes gestationnels, d’accouchement prématurés et de pré-éclampsie…
Dans un essai contrôlé randomisé du NEJM, les patientes enceintes avec une hypothyroïdie fruste (TSH > 4 avec T4 normale) ont été traitée par placebo ou levothyroxine à dose suffisante normaliser la TSH. Les auteurs ont évalués des critères de jugement dépendant uniquement de l’enfant. Ils ne retrouvent pas de différence de QI des enfants à 3 ou 5 ans entre les groupes, ni de différence en terme de mortalité néonatale.
Ainsi, les deux études ne semblent pas en faveur d’un dépistage et d’un traitement des hypothyroïdies frustes durant la grossesse, ce qui est conforme aux recommandations actuelles.

5/ Diabétologie

Les recommandations américaines de l’ADA pour la prise en charge du diabète de type 2 viennent d’être publiées. Pour la première fois les objectifs d’HbA1C ne sont plus au premier plan. Les auteurs écrivent simplement « si l’objectif n’est pas atteint », et on trouve par endroit qu’il faut majorer le traitement si HbA1C > 8%, ce qui est concordant avec les données des grands essais diabétologiques. Il est recommandé de débuter par une bithérapie si Hba1C > 9% et par de l’insuline si > 10%.
Malheureusement, en dehors de la metformine en première intention, toutes les autres classes d’antidiabétiques sont recommandées pour les bi et trithérapies si le diabète n’était pas contrölé, malgré les traitements plus éprouvés que sont le liraglutide et l’empagliflozine (qui ont diminué les évènements cardiovasculaires et la mortalité en essai contrôlé randomisé en prévention secondaire).
Heureusement, une revue narrative publiée dans le JAMA revient sur les antidiabétiques et explique, qu’avec les données actuelles, il n’est pas normale d’avoir recours à des traitements dont l’efficacité ne repose que sur une amélioration de l’HbA1C.

Ainsi, une méta-analyse des principaux essais randomisés concernant les analogues du GLP-1 et inhibiteurs de la DPP-4 ont été publiés. Cette étude n’incluant que les principaux essais, on ne peut avoir quelques variation par rapport à d’autres méta-analyses sur des essais moins sélectionnés. Les auteurs n’ont pas retrouvé de bénéfice aux inhibiteurs de DPP-4 mais un sur-risque de pancréatite aigue. Concernant les analogues du GLP-1, il y avait un bénéfice sur la mortalité globale et cardiovasculaire. Mais si on regarde bien, il y a une erreur dans les chiffres concernant la mortalité globale pour une des études donc probablement que l’effet sur la mortalité globale est moindre. Le problème de cette méta-analyse est donc qu’elle supprimé le poids d’études plus faibles qui auraient pu faire pencher la balance.

Voilà, désolé pour le retard! A très bientôt,

@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°131: céphalées, créatininémie sous IEC/ARAII, examen gynécologique, engelures

Bonjour à tous! 
Je ne pourrais commencer ce billet sans citer ce magnifique texte de @qffwffq portant sur les céphalées. Du coup, on apprend qu’aux États-Unis, le candesartan est un des traitement de fond des migraines, et que ce peut donc être un choix plus acceptable que les bêta-bloquants chez les patients hypertendus migraineux (les bêta bloquants n’ayant pas autant de bénéfices que les autres classes d’anti-hyperteneurs) . Une infographie avait été faite par @Dr_JB_Blanc suite à une série de tweets de @qffwffq:
Maintenant, les actualités!
1/ Pharmacovigilance:
Vous l’avez certainement remarqué, le cefixime est en rupture de stock dans de nombreuses pharmacies. Bien qu’il soit généralement facilement remplaçable dans les infections respiratoires, dans les infections urinaires, le problème est plus complexe quand c’est le seul antibiotique auquel la bactérie est sensible. Auquel cas, un remplacement hors AMM par du cefpodoxime est recommandé par la société française de pédiatrie et le groupe d’infectiologie pédiatrique.
On en parlait il y a peu, les AINS pendant la grossesse c’est le mal. Non seulement après 6 mois, mais de plus en plus de preuves s’accumulent pour mettre en évidence des risques dès le premier trimestre. Il y aurait en effet des risques de malformations de développement génito-urinaires masculins.

2/ Cardiovasculaire
Le BMJ a publié une étude à propos des risque liés aux bloqueurs du système rénine angiotensine (IEC/ARAII) chez des patients suivis pendant plus de 10 ans. Les auteurs retrouvent en effet que chez les patients ayant eu une initiation de un traitement, une augmentation de plus de 30% de la créatininémie 2 mois après instauration est associée à un sur-risque d’insuffisance rénale terminale, d’infarctus, d’insuffisance cardiaque et de moralité globale. Cependant, l’étude retrouve que les augmentation de plus de 10% étaient également associées à une augmentation de mortalité de 15% (RR). Or plus de 15% des patients avaient une augmentation de plus de 10% de la créatininémie, d’où l’importance du contrôle de fonction rénale après mise sous bloqueur du SRA. Bien qu’il faille fortement revoir le bénéfice de ces traitements quand une augmentation est supérieure à 30% (comme le disent les recommandations), il faut certainement surveiller particulièrement les augmentations plus modérées.
Une revue narrative présentée dans le Lancet a traité des association de médicaments à dose fixe dans le domaine cardiovasculaire. On en a plus beaucoup en France, et l’association amlodipine/atorvastatine et la seule que je connaisse. Dans l’article, l’utilisation des associations à dose fixe permettait d’améliorer significativement l’observance des patients mais les études n’avaient pas la puissance nécessaire pour mettre en évidence de différence sur des critères cliniques. C’est bien dommage.
3/ Gynécologie
Comme les recommandations canadiennes l’avaient fait il y a peu, l’USPSTF, (organisme de recommandations américaines) a retrouvé qu’il n’y avait pas de raison scientifique à recommander un examen gynécologique annuel systématique chez les patients asymptomatique non enceintes. A quand un avis français concordant sur la question?
4/ Dermatologie
Enfin, un essai contrôlé randomisé néerlandais a étudié les dermocorticoïdes dans le traitement des engelures chroniques. Cet essai contrôlé randomisé en cross-over, mené en médecine générale avait comme critères de jugement une échelle visuelle analogique de plainte des patient et une EVA de gène fonctionnelle. Pour les deux critères de jugement, les corticoïdes locaux ne modifiaient pas significativement les EVA et les différences d’EVA observées étaient même en faveur du placebo… L’hydratation des mains, c’est donc pas si mal avec beaucoup moins d’effets secondaires potentiels que les dermocorticoïdes!
C’est terminé, bonne fin de week-end à tous et à bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°130: Spondylarthrite, dépistage dépression, pneumonie de l’enfant, NASH

Bonjour!  Sans attendre, voici les actualités de la semaine.
1/ Pharmaco-vigilance
Pour commencer, l’ANSM prévient d’un changement de formule dans le Levothyrox. Bien sur, les 2 sont bio-équivalentes, mais l’Agence prévient quand même qu’il peut être utile de contrôler la TSH à 6 semaines. Il y a, à mon avis,  un rôle important du coté des pharmaciens pour informer les patients sur cette modification et leur dire de reconsulter en as de symptômes.
A compter du 10 avril, le Zolpidem devra être prescrit pour une durée de 28 jours maximum sur ordonnance sécurisée, avec chevauchement d’ordonnances interdit.

2/ Rhumatologie
Dans le BMJ, on trouve cette semaine, un arbre décisionnel d’aide au diagnostic des spondylarthropathies à l’attention des généralistes. L’algorithme se divise en 2 selon la suspicion de SPA axiale ou périphérique. En ce qui concerne la forme axiale, des signes de SPA peuvent être recherchés devant toute lombalgie de plus de 3 mois avant 45 ans:

3/ Psychiatrie
Le dépistage de la dépression chez le sujet âgé en médecine générale passe surtout par le GDS ou le mini-GDS: 
– Vous sentez-vous souvent découragé(e) et triste ?
– Avez-vous le sentiment que votre vie est vide ?
– Êtes-vous heureux (se) (bien) la plupart du temps ?
– Avez-vous l’impression que votre situation est désespérée ?
Une version par 2 questions vient d’être validée dans un article du British Journal of Psychiatry, avec une sensibilité de 92% et une spécificité de 78% en le comparant aux autres échelles. Les questions de ce Two-Questions Screen sont:
– Vous sentez vous déprimé?
– Avez vous une perte d’intérêt pour les choses qui vous plaisaient avant?
4/ Infectiologie

Le BMJ a présenté un article sur la prise en charge des pneumopathies infectieuses de l’enfant. Sur le diagnostic, l’article s’appuie sur un article ancien du Lancet pour dire que la radiographie ne doit pas être systématique tout comme le bilan sanguin. Ils sont cependantnécessaires en cas de suspicion de complication. Le traitement antibiotique repose sur un traitement par amoxicilline en première intention pour 7 à 10 jours. En cas de suspicion d’infection à mycoplasme, c’est la bithérapie: amoxicilline et macrolide qui est recommandée, car il serait délétère de ne pas couvrir le pneumocoque quelque soit l’âge.

5/ Hépatologie
Dans la cirrhose non alcoolique, les glitazones ont été longtemps essayé. Une méta-analyse récente  regroupant des études de patients atteints de NASH (hépatopathie chronique non alcoolique), a mis en évidence que le traitement par glitazone améliorait la fibrose et le taux de guérison de NASH. Les effets secondaires graves étaient peu décrit car les essais inclus étaient de petite taille. Une seconde jeunesse pour ces médicaments qui ne sont plus commercialisés en France à cause du risque de cancer de vessie?


6/ Diabétologie
Le JAMA  a publié un article sur la prise en charge du diabète de type 2. Il n’y a pas grand chose de nouveau dedans mais le tableau est intéressant car il remontre les traitements ayant un bénéfice cardiovasculaire (MACE) démontré. (HF= insuffisance cardiaque)
Voilà pour cette semaine, et dans les temps!! A très bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°129: fin de vie, recommandations BPCO (SPILF), dyslipidémies (reco US), ACFA et AVK post AVC-hémorragique, magnésium, lombalgie

Bonsoir! Je voudrai commencer ce billet avec le site « parlons fin de vie » qui a été mis en place pour parler de la fin de vie. Les explications et modèles sur les directives anticipées et la personne de confiance sont facilement consultable et compréhensible pour les patients. A partager largement.
1/ Cardio-vasculaire
Le collège américain de cardiologie a publié des recommandations sur les traitements non-statine dans les dyslipidémies. D’abord, ces traitements recommandés sont soit: l’ezetimibe (qui a démontré un bénéfice cardiovasculaire avec difficulté dans IMPROVE-IT en prévention secondaire), soit: les anti-PCSK9 (on en avait parlé un peu ici). Donc, on ne parle nulle part de fibrate, hein. Reprenons. Cette reco dit qu’il faut un traitement quand les statines ne sont pas tolérées ou insuffisantes pour 4 types de patients:
– ceux en prévention secondaire avec un LDL >1g/L
– ceux avec un LDL > 1,9g/L
– les patients diabétiques avec un LDL > 1g/L
– les patients avec un risque AHA/ACC > 7,5% soit à très haut risque. Ce qui est bien avec cette reco, c’est que les patients à risque modéré n’ont pas à être traité (contrairement à ceux à risque modéré dans les recos de l’ESC).
Bref, dans les autres situations ou les statines ne sont pas tolérées, y avait il une réelle indications à proposer une statine?

Le JAMA internal medicine a soulevé la question de la poursuite des anticoagulants dans la FA après un épisode d’hémorragie cérébrale. C’était une étude observationnelle de plus de 2000 patients avec fibrillation auriculaire. Il faut catégoriser les patients selon la cause de l’hémorragie: AVC hémorragique ou hématome post-traumatique. La reprise de la warfarine était associé à moins d’AVC ischémique pour les 2 causes mais plus récidive d’hémorragie en cas d’AVC hémorragique qu’en cas de traumatisme. La mortalité globale était même diminuée dans les groupes avec reprise de l’AVK. Cependant, dans cette étude prospective pragmatique, il est fort probable que les patients ayant poursuivi les AVK après l’hémorragie cérébrale ait été en meilleur forme que les autres, comme le montre les taux de récidive dans le groupe traumatique: peu de récidive car les patients avec AVK poursuivi tombent moins, alors que dans le groupe AVC hémorragique, le facteur « récidive spontanée » est moins lié à l’état du patient qu’a la prise de l’AVK: augmentation des hémorragies.
Il serait donc vraiment important devant l’absence de connaissance solides sur ce problème d’avoir un essai contrôlé randomisé (si quelqu’un en a un en stock, ça m’intéresse!)



Un article presque attendu depuis longtemps pour les partisans du magnésium: enfin, une méta-analyse retrouve que les patients prenant du magnésium ont: une mortalité globale moindre! Mais également moins d’AVC, moins de diabète et moins d’insuffisance cardiaque. Malheureusement, aucun essai contrôle randomisé n’a réussi à le démontrer. Cette méta-analyse s’est effectuée sur des études de cohorte, ce qui n’est pas si mal, mais qui va soulever le biais des habitudes alimentaires des patients. Mais devant l’absence d’argument pour des effets secondaires graves, au pire, le magnésium peut être un bon placebo…

2/ Pneumologie
Je les avais raté en fin d’années, mais voici les reco de la SPILF concernant la BPCO! En fait, elles sont plutôt proches de l’article présenté la semaine dernière. Elles sont pragmatiques: si pas de symptôme: pas de traitement de fond. En cas de symptômes avec dyspnée chronique prédominant: LABA, en cas d’exacerbation: LAMA (pour mémoire la dyspnée peut s’évaluer avec le mMRC2 ou le CAT>10). Si le traitement est inefficace, une petite subtilité intervient:
– soit les exacerbations se sont calmées mais la dyspnée persiste: double bronchodilatation LAMA/LABA
– soit le patient continue a faire des exacerbations mais n’est pas dyspnéique (mMRC<2): ajout d’un corticoïde inhalé (dans ce cas on est plutôt dans une association LAMA+CSI et non LABA+CSI si j’ai bien suivi le raisonnement des experts, mais comme cette association n’a pas été évaluée, c’est bien LABA+CSI )
Enfin, en cas d’échec, une trithérapie peut être entreprise, voire trithérapie plus ajout d’azithroymcine au long cours, seul moment où l’antibiothérapie préventive peut réduire les exacerbations chez des patients très exacerbateurs résistants au traitement.
Quelques restrictions à suivre: INNOVAIR seulement si VEMS < 50%, SERETIDE si VEMS < 60% et SYMBICORT si VEMS <70% post bronchodilatation

3/ Rhumatologie
Annals of internal medicine continue dans la lombalgie avec la revue de la littérature des différents traitements sur laquelle les recommandations On y retrouve que le paracetamol ne fonctionne pas quand on le compare au placebo sur des échelles de douleurs à 3 semaines ou sur l’incapacité fonctionnelle. Cependant, alors que les AINS semblent plus efficaces que le placebo, les études comparant AINS et paracetamol ne retrouvent pas de différence entre ces 2 traitements…. (Cherchez la logique) Bref, je persiste à penser qu’étudier la douleur après plusieurs semaines pour une pathologie qui est censé durer quelques jours n’est pas très pertinent. Concernant les benzodiazépines, pas d’efficacité démontrée à 5 jours sur la raideur et les douleurs mais plus d’effets secondaires neurologiques. Enfin, concernant les myorelaxant qui sont dits efficaces: les données sont en fait bien plus mitigées avec une majorité d’études retrouvant une inefficacité. Mais les auteurs s’appuient sur une méta-analyse de 2 articles (mouais…), publiée par la Cohrane (ah??) mais retirée car données dépassées et un protocole non conforme selon la Cochrane, et qui portait en fait sur la réhabilitation des membres supérieurs… Et si on continuait d’éviter de les utiliser?
C’est fini pour cette semaine! Mais pour rassurer ceux qui seraient inquiets et remettraient en cause leur capacité à faire de la « bonne médecine » à cause d’une mauvaise e-réputation (comme de mauvais commentaires sur les sites internets), un article retrouve l’absence de corrélation entre la note donné au chirurgiens par des patients et le taux de mortalité des patients à 30 jours  après un pontage coronarien!
A bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°128: ACFA/SAMe-TT2-R2, traitements BPCO, vitamine D et pneumopathie, traitement hormonal de la ménopause, lombalgie

Bonjour à tous!
Pas mal d’actualités cette semaine, alors ne perdons pas de temps!


1/ Pharmacovigilance
L’ANSM vient de restreinte la supplémentation par fluor des formulation ZymaDuo, Fluosterol et Fluorex aux enfants de plus de 6 mois. Une initiative certainement utile compte tenu des risques de surdosages en fluor. Après cet âge, le fluor apporté par les dentifrices sont normalement suffisant pour ne pas prendre le risque d’une supplémentation fluorée par voie orale chez l’enfant.
Pour ceux qui n’en étaient toujours pas convaincus, les AINS chez les patients coronarien augmentent les risques de saignement (OR:2,02) ainsi que les risques d’évènements cardiovasculaires (OR=1,40). Dans cette étude de 61 000 patients suivis en moyenne 3 ans et demi, 34% des patients avaient pris des AINS au moins une fois!
2/ Cardiovasculaire
Dans la fibrillation auriculaire , l’objectif final est d’éviter la survenue d’AVC. Une revue narrative publiée de la JAMA revient sur les différentes stratégies de traitement. Comme précédemment, les auteurs recommandent l’utilisation du CHADSVASC pour décider de la mise sous anticoagulant (1 pour les hommes et 2 pour les femmes), ce qui est en accord avec les recommandations de l’ESC. Cependant, les auteurs recommandent l’utilisation du score SAMe-TT2-R2 pour déterminer si l’AVK sera bien pris par le patient, ou s’il faut préférer un anticoagulant oral direct (Si >2: préférer l’AOD). Voici ce fameux score et leur algorithme.
Une publication pourrait modifier la décision des médecins suivant des patients institutionnalisés. Cette étude de cohorte (âge moyen 83 ans) retrouve que, bien que les bêta-bloquants diminuent la mortalité de 26% (hazard ratio) à 3 mois après un infarctus chez ces patients, le risque de déclin fonctionnel était majoré de 14%, celui de trouble cognitif majoré de 34% et le risque de dépendance de 32%! Préserver la vie ou la qualité de vie?
3/ Pneumologie
Les recommandations du GOLD 2017 dans la BPCO sont peu modifiées par rapport aux précédentes, mais il est toujours peu intuitif de sélectionner les traitements selon la classification A, B, C, D (une version française ici). Un article propose une simplification du traitement de la BPCO avec en première ligne les anticholinergiques de longue durée d’action chez les patients peu exacerbateurs peu symptomatiques, et les beta-2 stimulants en association aux anticholinergiques d’emblée pour les autres patients ou en cas de non-contrôle.
Pour continuer sur la BPCO, il est indispensable de vérifier les techniques d’utilisation des appareils d’inhalation. Une étude retrouve que 50% des manipulations sont faites avec des erreurs, et le risque d’hospitalisation était presque multiplié par 2 chez les patients effectuant des erreurs d’utilisation.
Enfin, il y a peu, une revue Cochrane retrouvait que la supplémentation en vitamine D améliorait l’asthme chez l’enfant. Une étude du BMJ a retrouvé que la supplémentation par vitamine D diminuait la survenue d’infections respiratoires. En y regardant de plus près, l’efficacité de cette supplémentation n’était retrouvée que pour des administrations quotidiennes ou hebdomadaires, mais pas pour les administrations « bolus » mensuelles ou trimestrielles. Ainsi, il faudrait donc supplémenter tout le monde (surtout les patients carencés) par une administration quotidienne et éviter les bolus.

4/ Gynécologie
Les traitements hormonaux de la ménopause étaient très à la mode il y a quelques années. Compte tenu du risque accru de cancer du sein et le faible bénéfice, il ont été de moins en moins prescrit. Une méta-analyse de Nature a étudié les bénéfices et risques de ces traitements. Les auteurs retrouvent que les patientes ayant un traitement initié rapidement ont de nombreux bénéfices pour des traitements entre 50 et 60 ans. En cas de traitement par œstrogènes seuls on retrouve: une réduction du risque coronarien de 35% à 40% et du risque de cancer (tous confondus), pas d’augmentation du risque de cancer du sein. Certaines études et méta-analyses retrouvent même une diminution de mortalité globale!
5/ Rhumatologie
Enfin, l’académie de médecine américaine a publié des recommandations sur les traitements non invasifs. On y retrouve notamment les « trucs chauffants », l’acuponcture et les massages,  et en cas de traitement médicamenteux: les AINS et myorelaxants en première intention , puis le tramadol et la duloxetine en cas de lombalgie chronique résistant aux AINS. Malgré les niveaux de preuve « modéré » énoncés pour la plupart de ces traitements, et une certaine concordance avec les recos du NICE sur le sujet, j’ai du mal a croire à des reco mettant les myorelaxants en première intention alors qu’ils n’ont jamais démontré de bénéfice selon la Revue Prescrire.
Je finirai ce Dragi Webdo par ce spot de prévention danois à propos des risques du Soleil. En effet, bien que les autorité danoises nous encourage à « aider les danois » et leurs peaux pâles, un certain nombre de français devraient également garder ces consignes de santé publique en tête durant l’été:
A bientôt, 
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°127: déprescription, insuffisance cardiaque (NT-proBNP), vaccins (reco US), DIU cuivre vs hormonal

Bonsoir! Je vais peut être arriver à republier un billet dans les temps… Pour commencer, je vais parler de la fiche canadienne sur la déprescription. Elle explique aux patients (canadiens, mais en français) ce qu’est la sur-prescription et les intérêts de déprescrire. Il faudrait peut être avoir une fiche similaire avec des chiffres français pour en distribuer aux patients et les inciter à la réflexion.
1/ Cardiovasculaire
Un article du BJGP revient sur le diagnostic d’insuffisance cardiaque. Les auteurs retrouvent qu’abaisser le seuil diagnostic d’insuffisance cardiaque du NT-ProBNP à 125pg/ml était plus sensible (94%) et plus spécifique (de peu… 49%) que l’association d’un critère clinique (OMI ou crépitants des bases pulmonaires ou antécédent d’infarctus) avec un NT-ProBNP supérieur au seuil habituel (>400pg/ml).
Pour rester dans l’insuffisance cardiaque: une fois le diagnostic posé, accompagné d’une valeur de NT-ProBNP,  quel objectif de traitement avoir? Un article d’Annals of internal medicine a retrouvé qu’une baisse de 30% du NT-ProBNP était associé à une diminution de la mortalité totale, cardiovasculaire et des réhospitalisations. Il est donc probablement inutile de s’acharner à normaliser formellement une valeur particulièrement haute, quand une baisse d’au moins 30% par rapport au dosage le plus élevé a été obtenu, si l’évolution clinique est favorable.

2/ Infectiologie
Pour regarder un peu ce qu’il se passe outre-atlantique, les recommandations vaccinales 2017 sont parues! On y retrouve une vaccination antigrippale annuelle pour tous et les vaccins Zona et pneumocoque pour tous à 65 ans. N’oublions pas, pour les adultes non à jour: le vaccin anti HPV pour les hommes et femmes jusqu’à 21ans pour les premiers et 26 ans pour les secondes, les 2 doses nécessaires de vaccin anti-varicelle et les une à 2 doses de ROR. Enfin, notons que le vaccin anti-tétanique avec diphtérie est à faire tous les 10 ans (contre 20 ans en France, mais là bas, ils ne vaccinent plus à l’age adulte contre la polio)
Au regard de tout ça, on est clairement pas les plus interventionnistes en France au niveau des vaccins…
3/ Gynécologie
Suite à une question pertinente sur Twitter, je suis tombé sur un article très intéressant: quel est le risque de grossesse sous DIU hormonal (type Mirena) après 7 ans de pose en comparaison d’un DIU au cuivre à 380mm²? Dans cet essai contrôlé randomisé en ouvert ayant inclus 1800 patientes dans chaque groupe, les auteurs retrouvent un taux de grossesse cumulé à 7 ans de 0,5% avec DIU hormonal versus 2,5% avec le DIU au cuivre. Si on s’intéresse maintenant aux grossesses entre la 5ème et la 7ème année, les résultats vont parfaitement dans le sens de la supériorité du DIU hormonal avec aucune grossesse avec le DIU hormonal (sur 717 patientes restant) et 5 grossesse avec le DIU au cuivre (sur 989 patientes restant). Si on calcule un NNT: ça fait 50 patientes à traiter par DIU hormonal plutôt qu’au cuivre pendant 7 ans pour éviter une grossesse! Le principal problème du DIU hormonal étant la tolérance: 70% d’arrêt (versus 41%) notamment pour des causes de saignements (39% versus 13%).
Pour conclure, voici un article sur les études médicales. Une publication du BMJ a comparé l’efficacité des soins délivré par des internistes ayant validé leurs études de médecine aux États-Unis, avec celle d’internistes ayant validé à l’étranger. Le risque de décès à 30 jours était diminué significativement de 5% pour les patients traités par des médecins formés a l’étranger! Mais ce bénéfice avait un cout: près de 50$ de plus par patient suite à la prise en charge de ces médecins. Cela ne veut cependant pas dire qu’en dépensant plus, on peut améliorer la survie. J’aurai été curieux de voir une analyse en sous groupe selon le pays de formation…Merci de votre fidélité!!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°126: anti PCSK-9, hypothyroïdie et risque cardiovascuaire, BPCO et inflammation, Frax/Ostéoporose (GRIO), électrophorèse des protéines

Bonsoir, sans plus attendre, les actualités médicales que j’ai repérées cette semaine!
1/ Cardio-vasculaire
Dans la « lutte contre le cholestérol » il semblerait que pour la première fois, un anti-PCSK-9 (Evolocumab commercialisé sous le nom Repatha) soit en train de prouver son bénéfice sur des critères cliniques, à savoir un critère combiné cardiovasculaire dans l’étude FOURIER. Cette étude incluait des patients en prévention secondaire âgés de 40 à 85 ans. La publication pour avoir les détails est donc on ne peut plus attendue.
Une revue de la littérature publié dans le JAMA cardiology revient sur les différents traitements cardiovasculaire. On y retrouve les risques relatifs de différents types de traitements (statines, traitements anti-hypertenseurs, aspirine et traitements du sevrage tabagique) sur la moralité globale, les évènements cardio-vasculaires et les effets secondaires. Il est regrettable que les NNT ne soient pas présentés… Et on peut également regretter que pour les traitements d’aide au sevrage le taux d’abstinence à 6 mois soit le seul critère étudié et que les effets secondaires ne soient pas présentés.
Enfin, une méta-analyse de cohortes regroupant au total près de 2 millions de patients a mis en évidence l’hypothyroïdie comme facteur de risque indépendant de mortalité cardiaque (OR= 1,96) , de mortalité globale (OR= 1,25) et de coronaropathie par rapport aux patients en euthyroïdie. De même, les hypothyroïdies frustes étaient également associées à une augmentation de la mortalité cardiovasculaire et globale. Ce qui est cependant très mal défini dans l’étude concerne la présente ou non des traitements et si des traitements introduits au cours du suivi de cohorte diminuait le risque par rapport aux patients non traités. Il faut donc particulièrement surveiller les patients avec une hypothyroïdie, mais il est difficile de conclure que traiter une hypothyroïdie fruste réduire le risque cardiaque.

3/ Pneumologie
Pour commencer, parlons BPCO et examens biologiques. Une première étude publiée dans le journal de la société pneumologique européenne retrouve grâce à une méta-analyse que les taux de base de CRP élevés sont associés à une moralité augmentée. La limite entre CRP étudiée pour retrouver l’augmentation de mortalité était de 3 mg/L soit un seuil plutôt bas, mais la mortalité augmentait avec l’augmentation de la CRP.
La seconde étude publiée dans le même journal pose la question du dosage de PCT avant un traitement par antibiotique chez les patients BPCO. La méta-analyse retrouve que la prescription d’antibiotiques dans les exacerbation aigues de BPCO uniquement en cas de PCT > 0,25 permet de réduire les prescriptions d’antibiotiques sans augmenter les échecs de traitements, sans rallonger les durées d’hospitalisations, ni affecter le taux de récidive et la mortalité. Les patients inclus provenait de soins primaires, de services d’urgences ou de médecine interne et pneumologie (les services de soins intensifs et réanimation étaient exclus). Voilà qui pourrait être une stratégie intéressante.
4/ Rhumatologie
 Le BMJ a publié une comparaison des outils d’évaluation de l’ostéoporose. Le FRAX et le QFracture s’en sortent bien avec des spécificité d’environ 90% mais des sensibilité plutot faibles respectivement de 43% et 61% pour les fractures de hanches et  29% et  36% pour les fractures ostéoporotiques majeures. Donc léger avantage au QFracture néanmoins.
Ceci m’a incité à aller regarder les recommandations du GRIO 2016-2017. Je vous mets en dessous les indications de traitement (par avis du spécialiste, il faut en fait comprendre « Calcul du Frax », mais d’après le groupe, c’est plutôt le spécialiste qui remplis les petites cases du score). Je retiens surtout quand arrêter le traitement. Il faut réévaluer à 2-3 ans et que tous les critères soient présents:
– pas de fracture ni de nouveau facteur de risque sous traitement
– T-SCORE fémoral supérieure à -2,5
– absence de perte osseuse significative (variation de la DMO < 0,03g/cm²) 
Enfin, la HAS revient sur les indication de l’électrophorèse des protéines (EPP) dans une fiche mémo. La fiche précise quand orienter au spécialiste et quel suivi faire en l’absence d’indication d’avis spécialisé (bien évidemment dans l’objectif d’éviter des dépenses inutiles). Et comme c’est pas simple à analyser les EPP, je vous renvoie vers mémobio pour le détail de chaque fraction protéique.
Bonne soirée et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°125: bénéfices perçus, apnée du sommeil, asthme et bêta-bloquants, vaccin méningite C

Bonsoir! 
Le rythme de parution reste stable, mais toujours un peu décalé… J’essaye de ne pas transformer ces actualités critiquées et contextualisées en une simple liste d’articles, mais la prise en charge de patients quand on est médecin traitant prend plus de temps que quand on est remplaçant (et la paperasse qui va avec également…)
Mais avant de commencer avec des actualités, je voudrais parler d’un article extrêmement intéressant sur la perception qu’ont les médecins de l’efficacité des traitements. Les auteurs montrent que dans un grand nombre de situation (dépistage, prévention cardiovasculaire et traitements), les médecins surestiment ou sous estiment les bénéfices des interventions. Je vous laisse voir le graphique qui permet de remettre en question ses connaissances et perceptions personnelles:
1/ Pharmaco-vigilance
L’ANSM rappelle qu’il ne faut « jamais d’AINS à partir du 6ème mois de grossesse« . Je suis plus que mitigé avec cette campagne. En effet, il y a encore de nombreuses prescriptions d’AINS et de complications cardiologiques  et néphrologiques chez les foetus/nouveau nés. Cependant, bien que les « contre indications absolues » concernant le dernier trimestre, les effets secondaires graves peuvent se produire durant toute la grossesse, avec des fausses couches, et certains AINS sont contre indiqués pendant toute la grossesse. Alors, le message devrait plutôt être: JAMAIS D’AINS PENDANT LA GROSSESSE!
L‘agence européenne a statué sur le risque de trouble neuro-développementaux et d’autisme liés à la prise de paracetamol durant la grossesse (dont j’avais parlé ici). Il n’est finalement pas démontré de lien de causalité, mais il est tout de même préférable de limiter la prise de paracetamol à la dose minimale efficace et pour les périodes les plus courtes possibles.

2/ Pneumologie
L’USPSTF (HAS américaine) a publié une recommandation contre le dépistage du syndrome d’apnée du sommeil chez les patients asymptomatiques, ce qui m’a donc fait chercher ce qu’est un patient symptomatique. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le questionnaire d’Epworth qui oriente vers l’apnée du sommeil, car c’est un questionnaire de somnolence diurne (un des multiples symptômes de la pathologie). C’est le questionnaire de Berlin qui permet de classer des patients entre un faible et un haut risque d’apnée du sommeil en prenant en compte les ronflements et apnées nocturnes, le retentissement diurne ainsi que les comorbidités (obésité et HTA). Le point négatif, c’est que pour la partie sur les ronflements, un patient dormant seul ne pourra pas répondre…
Une étude britannique a étudié l’impact des bêta-bloquants sur le contrôle de l’asthme chez des patients avec une cardiopathie ischémique. Dans un cas témoin niché dans une cohorte, les auteurs retrouvent que les bêta bloquants non cardio-sélectifs sont associé à une augmentation des exacerbations d’asthme (surtout à forte dose), qui n’est pas retrouvée avec les bêta-bloquants cardio-sélectifs. C’est plutôt cohérent avec le mécanisme d’action, et les traitements cardio-sélectifs étaient plus nombreux que les non-sélectifs (ce qui n’élimine pas un sous-puissance pour les cardio-sélectifs mais montre que leur risque est tout de même moindre par rapport aux autres)
3/ Vaccination
Petit point sur les ruptures de stock pour les vaccins anti-VHB: c’est simple il n’y en a plus de disponible en ville, seulement à l’hôpital… Alors qu’on voit des vaccins anti Zona se faire recommander, il faudrait peut être commencer par approvisionner les vaccins qui concernent plus de personnes et dont l’efficacité est mieux démontrée…
Enfin (et sans association avec la dernière phrase du paragraphe précédent), le HCSP propose une nouvelle stratégie vaccinale pour les méningites C:
– le vaccin de rattrapage notamment à 6 ou 11 ans (pour les enfants non vaccinés à 12 mois)
– une vaccination à 5 mois avec rappel à 12 mois pour les nourrissons par le vaccin Neisvac.
Je laisse les spécialistes de la vaccination juger de la pertinence de cette stratégie! (et je les remercie d’enrichir régulièrement le blog avec leurs commentaires!)
Bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°124: HTA après 60 ans (recos US), Choc septique (reco Euro et US), Soins médicaux, Asthme, SOPK, les glitazones efficaces sur les AVC?

Bonsoir à tous! Je suis particulièrement en retard pour ce Dragi Webdo. (A peine 24h de retard, certes, mais sur 7 jours, ça fait un retard significatif…). Bref, il y a beaucoup de choses à raconter sur cette semaine, alors place aux actualités!

1/ Soins médicaux
Pour commencer, je vais vous parler d’un article publié dans Pediatrics. Des entretiens simulés ont été mis en place pour évaluer la réaction des soignants face à l’impolitesse des patients (ou plutôt des parents de patients car l’étude était menée en pédiatrie). Les auteurs retrouvent que dans ces situations de conflits, les nuisent aux actions diagnostiques et thérapeutiques mais aussi à la coordination des soins dans l’équipe médicale. Fort heureusement, il semble que former les soignants puis réduire les risques d’altération des soins.
D’autre part, Annals of internal medicine a publié un article sur les « Patients center medical homes » (qui peuvent correspondre à nos maisons de santé pluridisciplinaires). Il semblerait que dans ces entres de soins, l’observance des patients avec maladie chronique soit meilleure, ce qui pourrait correspondre à une meilleur qualité de soins.

2/ Cardio-vasculaire
Reparlons d’hypertension artérielle. D’abord, une méta-analyse a évaluer les bénéfices d’un traitement « intensif » versus « standard » chez les patients de plus de 60 ans. Les auteurs retrouvent qu’avoir une PAS inférieure à 150mmHg réduit significativement les risques de mortalité, d’infarctus et d’AVC. Avoir un objectif à 140mmHg ne diminue pas davantage la mortalité, mais réduit légèrement les infarctus et AVC non fatals, sans majoration du risque de chute ni de trouble cognitif. Mais il y a alors une augmentation des hypotensions, des syncopes et du fardeau du traitement.
Ainsi, l’académie de médecine américaine a donné ses recommandations sur la prise en charge de l’HTA du patient de plus de 60 ans: objectif 150/90, sauf si le patient présente un haut risque cardiovasculaire ou s’il est en prévention secondaire (antécédent d’infarctus, d’AVC ou d’AIT) auquel cas il faut cibler 140/90. (Bien évidemment ces objectifs sont à discuter avec le patient selon le principe de la décision partagée)

3/ Pneumologie
L’asthme est une pathologie courante en médecine générale. Probablement trop. En effet, il semblerait d’après une étude du JAMA que près de 30% des adultes déclarant un antécédent d’asthme n’avaient en fait pas d’asthme après réévaluation par EFR à 1 an d’arrêt de tout traitement de fond (quand les EFR étaient normales, le traitement de fond était diminué progressivement). Les auteurs retrouvent aussi comme principal facteur associé à ces absence d’asthme: l’absence d’EFR au diagnostic. Donc, faire des EFR et réévaluer régulièrement les traitements sont indispensable au diagnostic et au suivi des patients (pour ceux qui en douteraient encore)

4/ Gynécologie
Le BMJ a publié dans sa rubrique « 10-minutes consultation » la prise en charge d’un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) de découverte récente. Pour mémoire, il faut 2 critères sur les 3: spanioménorrhée, hyperandrogénisme clinique ou biologique, ou ovaires polykystiques échographiques (plus de 12 follicules de 2 à 9mm ou un volume ovarien > 10mL). Pour éviter une hyperplasie de l’endomètre quand il y a moins d’une menstruation tous les 3 mois, une induction par pilule oestro-progestative semble être le traitement de première intention notamment en cas d’acné. Et en cas de désir de grossesse, il faut orienter relativement rapidement les patientes vers un service spécialiser pour optimiser les chances de grossesse.
5/ Urologie:
Concernant le cancer de la prostate, un article du Lancet a étudié l’intérêt de l’IRM pelvienne avant d’effectuer des biopsies orientées par rapport à aux biopsies en de multiples sites classiquement effectuées. Il semblerait que l’IRM permette d’éviter 27% de biopsies et d’éviter de diagnostiquer quelques cancers non significatifs (5%). Il me semblait que c’était déjà le cas, mais l’IRM prostatique est un outil indispensable à effectuer avant des biopsies en cas de PSA élevé (si jamais un PSA venait à être dosé…)

6/ Diabétologie
J’avoue avoir beaucoup aimé le graphique des études en cours concernant les traitements diabétologiques. Notre bonne vieille metformine est visiblement le traitement le moins étudié (malgré un bénéfice clinique faiblement démontré, aucun labo n’a osé confirmer les résultats). Au contraire, les études concernant les analogues du DLP1, les inhibiteurs de DPP-4 et les anti SGLT-2 sont de plus en plus nombreuses à étudier des critères cliniques cardiovasculaires. Espérons qu’elles seront toutes publiées et pas seulement celles avec des résultats « positifs »…
Je passerai rapidement sur l’étude SUSTAIN-1, concernant le semaglutide car cette étude ne donne pas de critères cliniques, alors que SUSTAIN-6 a déjà démontré il y a quelques mois des bénéfices sur un critère composite cardiovasculaire avec beaucoup plus de patients….
Finissons sur un article qui peut faire se poser des questions. En France, les glitazones ont été retirées du marché à cause d’une augmentation du risque de cancer de vessie. Une méta-analyse publiée dans le BMJ open retrouve une augmentation des insuffisances cardiaques, et du risque de fractures. (Le risque de cancer de vessie n’est pas significativement augmenté avec les 4500 patients inclus dans l’analyse). Cependant, il y a une baisse significative des évènements cardiovasculaires, notamment des AVC (la baisse n’est pas significative pour les infarctus). Si on mets tout ça en balace: NNT pour éviter un évènement cardiovasculaire: 66 patients, NNH pour une insuffisance cardiaque: 61 patients auquel on ajoute le NNH pour fracture: 61 patients également. Donc pour 1 évènement cardiaque (AVC ou IDM) évité, on a 1 insuffisance cardiaque et 1 fracture (et 2 hypoglycémies sévères aussi). Bref, malgré un potentiel bénéfice sur les AVC, il me semble que la balance bénéfice-risque reste clairement défavorable, d’autant plus que la mortalité n’est pas diminuée.
Merci à tous de votre fidélité, et pour les urgentistes ou réanimateurs qui passeraient également par ici, je ne peux m’empêcher de vous renvoyer à l’article du JAMA concernant la prise en charge du choc septique! A bientôt,
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°123: Conflits d’intérêt, mammographie, IVG, asthme et tiotropium, mesurer l’HTA

Bonjour à tous! Impossible de ne pas introduire de Dragi Webdo autrement que par cet article sur les conflits d’intérêt dans les universités Françaises. Certains se réjouissent que leur fac soit en première, deuxième ou même 3ème place ex-aequo dans ce classement. Cependant, être premier avec un score de 5 sur 26, ou 3ème avec 1/26 , je trouve ça plutôt CATASTROPHIQUE! Il n’y a, à mon avis aucune différence tangible avec les 28 autres fac (76%) ayant un score à 0. Nous sommes encore loin des performances des universités américaines sur ce point. Certains dirons qu’en France, les étudiants ne payent pas 20 000 euros l’année, ce qui serait une rentré d’argent pouvant éviter d’avoir recours à des financement pharmaceutiques. Je répondrais que ce classement se base sur des mesure prises ou citées dans le règlement des universités, et ne correspond pas « au total reçu » par les universités (ce qui pourrait être un article également intéressant d’ailleurs!)


1/ Pharmacovigilance
Pour commencer, la nouvelle mesure qui sera effective dès le 10 avril concerne la prescription du Zolpidem. En effet, bien que non stupéfiant, il sera soumis aux mêmes règles de prescription (hormis le fractionnement hebdomadaire de délivrance). Étonnamment, son cousin le Zopiclone semble pour le moment passer au travers…. 
Un essai mené sur demande de l’ANSM a retrouvé un sur-risque de saignement au cours du 1er mois de traitement par AVK lorsqu’une co-prescription initiale d’héparine était présente le temps que l’INR soit à l’objectif.  Dans le même temps, aucune augmentation du risque thrombo-embolique n’était retrouvé chez les patients sous AVK seuls. En dehors de situations nécessitant la prescription d’héparine (HNF ou HBPM) qui ont été exclues de l’étude, il semble raisonnable d’introduire les AVK sans faire de relais héparine-AVK (ou bien de suivre les nouvelles recos de l’ESC préconisant de débuter par un AOD…)

2/ Cardio-vasculaire
J’avais déjà parlé des conditions de mesures de tension artérielle. Une nouvelle étude a comparé MAPA (hoter tensionnel sur 24 h) et mesures de tension au cabinet. En prenant comme référence des MAPA avec une valeur seuil de 130/80 sur 24h ( par ailleurs, on considère comme TA limite: 135/85 sur la période diurne et 120/70 sur la période nocturne ) et 140/90 en mesure au cabinet, les auteurs retrouvent que les mesure au cabinet ont une sensibilité de 82% et une spécificité de 41%. Cela signifie que 80% des patients hypertendus auront une TA élevé au cabinet, mais aussi que près de 60% des patients non hypertendus auront une tension élevée au cabinet!

3/ Gynécologie
Une étude danoise d’Annals of internal medicine (avec Gotzche en 3ème auteur) s’intéresse à nouveau au dépistage du cancer du sein. Entre 1980 et 2010, le dépistage tous les 2 ans du caner du sein entre 50 et 69 ans n’était pas associé à une diminution des cancers avancés, mais les cancers non invasifs étaient plus nombreux. Ainsi, le surdiagnostic était de près de 25% avec le dépistage et de 15% quand on excluait les carcinomes in situ. Au passage, chez les patientes de moins de 50 ans, le sur-diagnostic atteignait environ 50%!!
Le JAMA psychiatry a publié une étude intéressante sur la santé mentale des femmes ayant eu une IVG par rapport à celles s’étant vu refusé l’IVG pour terme dépassé. Ainsi, une semaine après la demande d’IVG, les femmes ayant subit un refus avaient une moins bonne estime d’elles, une moindre satisfaction personnelle dans leur vie, et un niveau de dépression similaire. Des éléments à prendre en compte pour les patientes concernées…
4/ Pneumologie
Y a-t-il un intérêt des anti-cholinergiques dans le traitement de fond des crises d’asthmes de l’adolescent? Le journal de l’ERS a publié un essai contrôlé randomisé étudiant pendant 12 semaines le tiotropium versus placebo chez les adolescent non contrôlés avec des corticoïdes inhalés. Trois heures après la prise du traitement actif, le VEMS était modérément augmenté par rapport au placebo. Cependant, à 12 semaines, il n’y avait pas de différence entre les groupes traitement et placebo. Étonnamment le tiotropium a 2,5µg semblait plus discrètement plus efficace que le 5µg… Bref, de toutes façon, les résultats de l’étude semblent clairs: le tiotropium n’a pas d’efficacité sur le VEMS dans l’asthme de l’adolescent.
C’est fini pour cette semaine! A très bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°122: allergie pénicilline, uvesterol, constipation (reco), surdité médicamenteuse, metformine et insuffisances cardiaque/rénale/hépatique

Bonjour! J’espère que votre reprise s’est bien déroulée. Personnellement, ma première semaine d’installation (n’étant plus collaborateur désormais) a été un peu complexe, car internet n’arrivait pas jusqu’au nouveau cabinet médical… Après ce retour aux presque-origines de la médecine, tout est désormais réglé! Passons sur ma vie, voici les actus!
1/ Pharmacovigilance
Pour commencer, si jamais vous étiez passé à coté de l’affaire « Uvesterol », l’ANSM suspend l’uvestérol D. Les risques étaient connus, et je ne m’étendrais pas plus dessus, certains l’ont déjà très bien fait (ici et par exemple). L »uvesterol ADEC » reste disponible uniquement à l’hôpital, car cette supplémentation particulière reste indiquée chez l’enfant prématuré ou à risque de malabsorption de ces vitamines.
La revue Prescrire, dit déjà depuis plusieurs années qu’il y a un risque de troubles de l’audition avec les AINS. Une étude de cohorte américaine retrouve cette augmentation de risque de surdité avec les AINS, mais également avec le paracetamol (dans une moindre mesure). Il faut noter que malgré les modèles multivariés, il est toujours difficile d’établir indépendamment des effets des antalgiques car ils sont souvent co-prescrits.
Je parlais il y a peu des allergies à la pénicilline. Dans la même lignée, un article du JAMA Internal Medicine  revu les différents types d’allergie et repris les conduites à tenir. Il faut surtout retenir que les réactions croisées avec les céphalosporines sont rares, et que ces molécules peuvent être utilisées d’emblée en cas d’allergies type « éruption modérée » voire d’angio-oedeme. Idéalement, un test allergologique infirmant ou confirmant l’allergie devrait être effectué.
2/ Gastro-entérologie
Les recommandations française de la Société Nationale Française de Colo-Proctologie a publié des recommandations sur la constipation chronique qui semblent en accord avec un article du JAMA de cette semaine. En résumé, (je ne reprendrais pas les reco de niveau accord professionnel) il faut en premier lieu consommer au moins 25g de fibres pas jour et utiliser des eaux riche en magnésium (Hépar par exemple). Les laxatifs osmotiques  (les PEG type macrogol sont supérieur au lactulose par exemple) et de lest (ispaghul par ex) peuvent être utilisés en première intention. Les autres type de laxatifs sont en seconde intention. Je vous laisse lire la suite qui peut relever de techniques pour des situations particulières. (Je relèverai que le suppositoire Educyl est recommandé en première intention sous son nom commercial, je crains donc des conflits d’intérêt de la part des rédacteurs des recos)
Voici ce que le JAMA préconisait: 
laxatifs de lest et fibres puis PEG ou laxatif stimulant puis  linaclotide (non dispo en France il me semble, mais c’est un peu comme le prucalopride je crois) et si ça ne va toujours pas: explorer par une manométrie ano-rectale.
3/ Diabétologie
Le BMJ s’est intéressé au dépistage du « pré-diabète ». Les auteurs ont effectué une méta-analyse est retrouvent que le dépistage par l’HbA1C n’est ni sensible, ni spécifique, et le dépistage par glycémie à jeun est très spécifique et peu sensible. (c’est original comme conclusion, car c’est censé être le test de référence). Bref, ce dépistage aurait pour but de mettre en place des mesures retardant l’apparition de diabète. Cependant,les règles hygiénodiététiques, qui ne diminuent le risque de diabète que de 20 à 36%, sont des conseils à donner à tout patient, et non uniquement à ceux en pré-diabète…
Pour finir, la metformine semble de plus en plus utilisée en cas d’insuffisance rénale, hépatique et cardiaque alors que ce sont des contre-indications. Dans l’insuffisance rénale modéré, la contre-indication s’est assouplie jusqu’à un DFG estimé de 45ml/min (à demi-dose). Une revue a été faite par Annals of internal medicine. Quelques études ont étudié la metformine dans ces 3 contre indications. La mortalité globale était diminuée chez les patients sous metformine ayant une insuffisance rénale (probablement jusqu’à un DFG estimé limite de 30ml/min) (OR=0,78) et chez ceux ayant de l’insuffisance cardiaque (OR= 0,78). Chez les patients avec insuffisance hépatique, les études présentaient trop de biais pour conclure avec certitude mais la tendance était à une mortalité moindre sous metformine également. Les incidences d’acidose lactiques ne sont pas retrouvées dans l’article. Si la metformine diminuait réellement la mortalité globale, le risque d’acidose lactique serait un risque acceptable, mais le bénéfice sur la mortalité a du mal a être retrouvé dans des études prospectives de grande puissance (alors dans les sous-groupes de patients avec des insuffisances organiques…)
Voilà pour cette semaine! A très bientôt!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°121: durée traitement OMA, Lyme et azithromycine, antalgie pendant les vaccins

Bonne année 2017! Les vacances sont finies et c’est parti pour une année qui sera, on l’espère (comme à chaque fois), meilleure que la précédente. Ces deux dernières semaines, les actualités médicales n’ont pas été très intenses, et ce n’est pas plus mal.  Bonne lecture!

1/ Pharmacovigilance

Ça y est, enfin, l’olmesartan est déremboursé à partir du 2 janvier 2017!

2/ Pédiatrie

Une question que je me suis souvent posée: quel antalgie pour les vaccins chez les nourrissons? Une étude canadienne a randomisé les antalgies proposées pour les enfants de moins de 12 mois : placebo, éducation parentale par vidéo sur comment réassurer l’enfant, la vidéo associé à une administration orale de sucre, et la vidéo associé au sucre et à de la lidocaine locale. Les auteurs retrouvent que le moment le plus douloureux quelque soit l’âge est la plupart des antalgies sont sans effet. Le groupe vidéo + sucre+ lidocaine avait légèrement moins de douleur que les autres (-0,4/10 ….) au prix d’effets indésirable légèrement supérieur (pâleur chez les enfants de 2 mois). Bref, les auteurs concluent que la lidocaïne est efficace, alors qu’ils disent dans les méthodes qu’une différence de 0,6 est nécessaire pour que la différence soit cliniquement pertinente.

Les traitements de l’otite moyenne aigue sont loin d’être standardisés. Un essai contrôlé randomisé américain a comparé le traitement recommandé (là bas) de 10 jours d’amoxicilline avec acide clavulanique versus 5 jours chez les enfants de moins de 2 ans. Les auteurs retrouvent plus d’échec de traitement dans le groupe 5 jours ( 34% vs 16%), sans qu’il y ait d’augmentation du nombre de bactéries résistantes chez les enfants traités 10 jours. Par ailleurs, les échecs étaient plus fréquents en cas d’otite bilatérale. Cependant, l’article ne parle pas d’éventuelles complications liées à un traitement trop court. Avec les mêmes données, on aurait donc également pu conclure qu’il y a un peu plus d’échec clinique à 2 semaines mais sans conséquences graves. En France, avant 2 ans, 8 jours de traitements sont recommandés, dommage que cette durée n’ait pas été étudiée!


3/ Infectiologie

La maladie de Lyme est toujours à la mode, alors face aux patient demandeur d’un traitement juste après une piqure de tique, cet article pourrait vous aider. En effet, le Lancet infectious disease a mené un essai contrôle randomisé: Azithromycine topique 10%  2 fois par jour pendant 2 jours versus placebo local à appliquer dans les 72h suivant une piqure de tique. Après cette introduction alléchante, voici les résultats: aucun effet! Pas de différence de survenue d’erythème migrans ou de séroconversion à 8 semaines. Les auteurs ont quand même fait une « réanalyse ITT » où ils trouvent que l’azithromycine pourrait réduire de 8% le risque d’erythème migrans à 30 jours. Bref, comme quoi les études « négatives » peuvent être publiées!

Bonne digestion après ces semaines de repas copieux répétés, et à bientôt!

@Dr_Agibus

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Jeux au coin du feu: Zombicide, Time Story, 7 wonders duels, Scythe, Caverna

Bonjour! Le père Noël et ses lutins ont certainement été généreux avec vous. Ils l’ont été également pour moi avec de nombreux jeux dont je vais vous parler. Les jeux de société, soit on aime, soit on a pas encore joué à un type de jeu qu’on aime! Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les types de joueurs. Voici quelques perles du moment!
Commençons par un classique « Zombicide ». Le thème est dans le titre: les zombies se répandent dans nos ville et vous êtes un des survivants. Je n’aurai pas la prétention de dire que vous allez sauver le monde, car, vous ne le ferez pas (et même si vous le faisiez, visiblement tout le monde s’en moque…). L’objectif est avant tout que vous surviviez! Alors, jetez la poêle à frire qu’on vous a donné, récupérez une batte de baseball ou un tronçonneuse, et allez massacrer du mort vivant à coup de dés!
Pour jouer de 2 à 4 en se plongeant totalement dans une aventure, TIME Story est le jeu qu’il vous faut. Un concept simple, narratif, dans lequel le groupe de joueur voyage à travers le temps pour résoudre une énigme. Les joueurs explorent un environnement, résolvent des énigmes, combattent des créatures surprenantes… En cas d’échec, c’est reparti pour la case départ, mais grâce à vos souvenir un échec n’est qu’un moyen de mieux préparer la reprise de la mission!
« Seven Wonders » est un jeu multi-récompensé depuis 2011, mais dont la version « 2 joueurs » laissait un peu sur notre faim. Le jeu « 7 wonders duels » a finalement vu le jour! Le « draft » de carte fait désormais place à une pyramide de cartes à choisir pour finalement composer sa cité en ayant soigneusement sélectionné ses ressources, construit ses bâtiments militaires, commerciaux, civiles et scientifiques. Un vrai jeu de duel où la réflexion et la stratégie sont indispensables mais avec une complexité abordable pour des non-experts en jeu de société. Simple, intéressant, relativement rapide, bref: incontournable!
  
Si on pousse un peu plus la stratégie autour d’un magnifique jeu de plateau, Scythe est le jeu 2016 à avoir.  Les règles sont un peu longue à comprendre, mais la mécanique est très bien huilée. Obtenir des ressources sur le terrain pour développer sa civilisation dans un univers « Europe de l’Est des années 20 ». Les actions permettent de faire évoluer le plateau de jeu personnel qui peut être différent à chaque partie. Il faudra faire des choix pour l’emporter: être aimé des population, être guerrier, ou atteindre des objectifs… Peut être un peu des trois: à votre tour, camarades!

Pour les plus experts, le classique « Caverna » est également incontournable. Pour le coup, il faudra plusieurs heures de jeu pour mener à bien une partie. C’est un jeu de gestion avec des interactions limitées (mais suffisantes) avec les autres joueurs visant à construire à la fois une belle ferme avec des champs et du bétail, et aménager l’intérieur de sa caverne (car, les joueurs interprétant des nains, ils vivent dans des cavernes!). Par ailleurs, le plateau de jeu et les figurines de bois rendent le jeu encore plus captivant!

Profitez bien de vos vacances, il n’est pas encore trop tard pour vous ruer sur un jeu à tester le soir de la Saint-Sylvestre!

@Dr_Agibus

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Confessions d’un accro de la médecine

Joyeux Noël à tous!! Et comme je n’ai pas eu le temps de rédiger un DragiWebdo cette semaine (mais j’ai quand même mis de côté quelques articles pour le prochain numéro), voici une petite histoire compensatrice…. Bonne lecture!
21 octobre, 21h00: demande à Mme Dragibus de me vacciner
Refus et échec cuisant
21h15: auto-injection dans le deltoid gauche:
EVA 2/10 au moment de l’injection
23h00: apparition d’une pesanteur dans le bras gauche et le triceps (zut, j’ai du mal viser!)
22 octobre 9h00: réveil, douleur dans le deltoïde gauche et érythème local autour du point d’injection (c’est bon, j’avais bien visé! même si je suis pas sur que ça change grand chose en réalité)
23h: persistance de la gène au bras gauche et début de rhinorrhée (Ça y est, c’est le virus de la grippe qui agit! j’espère que la nuit me soulagera pour ne pas avoir un rhume d’homme)
23 octobre 4h00: réveil nocturne, je sens ma gorge qui me démange. J’hésite à aller prendre un Paracetamol (du Doliprane en l’occurrence). Devant la taille du comprimé et ma fatigue. Je renonce et m’enfouis sous mes couvertures « pour ne pas attraper froid » (je crois que c’est trop tard…)
8h30: réveil (oui, je me lève tôt le dimanche parce que mon adorable fille avait faim parce que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt!), je sens la rhinorrhée postérieure qui a œuvré toute la nuit, la bouche asséchée par la respiration buccale compte tenu de la congestion nasale que je subis.
Objectif: rapidement prendre un chocolat chaud, du miel et si ça ne va pas mieux, préparer du sérum physiologique, voire un Rhino Horn (aux grands mots, les grand remède!)
10h: avec l’occupation de la matinée, j’ai totalement oublié de prendre mes placebos, mais les symptômes vont mieux. Même le bras n’est quasiment plus engourdi. Quasiment…
24 octobre 20h56: j’ai complètement oublié de tenir ce journal. C’est probablement parce que je n’ai plus ressenti de gêne depuis le précédent rapport. D’aucun dirait que la non tenue systématique de ce carnet de bord pourrait être une source de biais dans l’évaluation des effets indésirables. Mais mon propre « case report » n’aura probablement pas de grand échos étant donné l’impact factor de mon blog (D’autres diront alors que les petits cours d’eau forment les grandes rivières, et que l’impact factor: c’est de la merde. Il n’auront pas tord.)
27 octobre 10h05: Cher journal, non je ne t’ai pas oublié, mais j’allais particulièrement bien, en dehors d’une rhinorrhée transitoire que je peux probablement rapporter au fait de me balader en T-Shirt alors que les températures ont chuté. Ainsi, la tolérance de ce vaccin anti-grippe me semble acceptable, étant donné que mes jours de souffrances ne se sont pas prolongés.
31 octobre 22h30: Alors que je relisais en détail les articles pour le Dragi Webdo de la semaine, je m’aperçois que cette injection dans le bras que je me suis auto-administrée ne repose sur rien. Certes, je savais que ça ne reposait déjà pas sur grand chose. Mais là, j’espère que je n’aurai pas un des multiples effets indésirable grave que j’ai pu lire sur doctissimo ( névralgie, convulsion fébrile, encéphalomyélite, névrite, vascularite avec atteinte rénale) . Nan mais sérieusement: ça fait flipper! je comprends que les patients ne soient pas pour se faire vacciner si on leur balance des noms terrifiants de la sorte sans information de fréquence, de causalité/plausibilité, ou de balance bénéfice risque! Et c’est valable pour les autres vaccins également (surtout, à vrai dire…). Heureusement, qu’en dessous, on peut lire « Tamiflu » et « Relenza ». Ce sont visiblement des médicaments qui guérissent de la grippe pour quand on est pas vacciné, même que leurs multiples effets indésirables ne sont pas visibles facilement! C’est qu’ils doivent être efficaces et inoffensifs! Du moins, c’est ce que doit penser, à tord quelqu’un qui cherche a se renseigner sur la grippe…
8 novembre, 00h09: Cher journal, il est tard, je sais. Mais cela fait 3 jours que j’ai mal au bras gauche et je ne peux m’empêcher de penser à un début de myofasciite à macrophage lié au vaccin mais mon Vaxigrip ne contient pas d’aluminium. J’en conclus que c’est probablement une tendinite du long biceps (dû au portage de ma fille), même si les test de la coiffe des rotateurs ont une mauvaise sensibilité et spécificité… Donc ça n’exclue pas l’effet indésirable du vaccin!
21 novembre 21h21: Quand je repense à ceux qui me racontent leur épisodes grippaux, certains compliqués d’hospitalisation, je me dis que le bénéfice individuel n’est probablement pas nul. Le bénéfice collectif de la vaccination du médecin ambulatoire est plus incertain. En attendant, me voilà à J30, et toujours pas de grippe pour moi! Il faudrait que j’insiste auprès de ma grand mère qui est vraiment à risque, malgré ses refus quasi-catégoriques…
20 décembre, 18h12: J’avoue avoir complètement oublié que j’étais en train d’écrire ce billet depuis le mois dernier. Mais hier, une toux est apparue en soirée, suivie aujourd’hui d’une fièvre mesurée à 39,2°C en rectal en axillaire corrigée, et une grosse fatigue. Heureusement, le Paracetamol 1000mg que je possédais m’a permis de tenir la journée, mais demain: consultations. Aucun doute, c’est la grippe. (Ok, je n’ai pas de courbatures, mais peut être demain?) Ce foutu vaccin n’a pas marché du tout! A moins qu’il m’ait tout de même empêché une hospitalisation. Car c’est ce qu’il faut comprendre: le vaccin n’empêchera pas d’avoir la grippe, il empêchera (peut être, c’est loin d’être du 100%) d’avoir une grippe sévère hospitalisée. Après quoi, chacun fait son choix. N’étant pas particulièrement à risque, je travaillerai demain avec un masque pour vaincre ce rhume d’homme en étant fort comme une fille!
21 décembre, 19h50: J’ai fini mes consultations, sans retard. Je ne tousse presque plus, j’ai juste quelques frissons qui me surprennent de temps en temps. Je me considère comme quasi guéri!
Jusqu’à février, les messages « vaccinez vous! » inondent les journaux, réseaux sociaux et annonces télévisées. L’an dernier je n’avais pas été vacciné (pas le temps…), cette année je n’ai probablement pas évité une hospitalisation grâce au vaccin non plus (étant donné que je ne suis pas à risque). J’aurai pu tourner ce billet du style « j’ai été vacciné et ça n’a pas marché: la preuve que le vaccin est inutile et potentiellement dangereux! » ou inversement « heureusement que je me suis vacciné, sinon, j’aurai pu quasi-mourir ». Mais, comme je n’ai pas de confirmation virologique sur mes abondantes sécrétions nasales, « on ne peux pas conclure »! La vaccination chez les professionnels de santé (de moins de 65 ans sans comorbidité) a pour but d’éviter la transmission aux patients fragiles examinés, le bénéfice n’est donc pas individuel. Au contraire, les patients avec co-morbidité le bénéfice est peut être faible comparaison du nombre de vaccin à injecter, mais si des hospitalisations sont évitées, pourquoi pas.
Réfléchissez, informez vous et surtout faites vos choix! Et si quelqu’un a un outil d’aide à la décision (avec des petits ronds rouge et verts) je serai ravi de le connaitre!
A bientôt!
@dr_Agibus
 

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Dragi Webdo n°120: Bénéfices/risques des inhibiteurs de DPP-4, statines forte dose efficaces sur la mortalité, contraception et diabète, ménorragies

Bonjour et bonnes vacances pour ceux qui vont en profiter cette semaine. Bon courage à ceux qui travaillent encore! Quand envisager des soins palliatif est une question parfois difficile. Une étude a posé la question « surprise »: « Seriez vous surpris si ce patient décédait dans les 12 prochains mois? » Si la réponse est oui, pensez à ce qui pourrait être entrepris. Sur ce, place aux actualités!
1/ Pharmacovigilance
Les informations pour arriver au nouveau monde mette vraisemblablement du temps. Plusieurs années après le retrait des glitazones du marché français, la FDA vient de reconnaitre que ces molécules augmentaient le risque de cancer de vessie.
L’ANSM quant à elle, a annoncé qu’il n’y avait pas de sur-risque de cancer pancréatique avec les inhibiteurs de DPP-4 et analogues du GLP-1.
2/ Cardiovasculaire
Un nouvel article sur les statines a été publié dans le JAMA. En prévention secondaire, les statines de forte intensité (rosuvastatine 20 et atorvastatine 40 au moins) sont recommandées mais sans qu’aucune étude ne prouve leur efficacité (elles n’ont d’ailleurs pas l’AMM). Une étude de cohorte chez des patients ayant un antécédent de maladie cardiovasculaire a été menée. Elle retrouve que les patients traités sous forte statine forte dose vs statine modérée ont un risque de mortalité global diminué! (Hazard Ratio après ajustement : 0,91 , NNT: 250 patients à 1 an). Méthodologiquement ça se tient, bien que ce ne soit pas un essai contrôlé randomisé, les patients ont été ajustés sur un score de propension prenant en compte (entre autres) le cholestérol et les co-traitements, ce qui donne un résultat indépendant pour ces facteurs. Concernant les effets indésirables, seul la survenue de diabète est répertoriée, et étrangement, elle n’est pas supérieure en cas de statine forte dose… (c’est ce résultat non cohérent qui pourrait faire mettre en doute la validité des analyses) Enfin, cette étude semble indépendante de l’industrie pharmaceutique et les auteurs n’ont pas de lien d’intérêt. Voilà qui peut faire réfléchir sur  la prévention secondaire par statine…
Statines,  toujours: cette fois ci, dans le JAMA neurology. Les auteurs retrouvent dans une étude de cohorte que la prescription de statine est associée à un moindre risque de maladie d’Alzheimer. Le problème de ces grosses études sur registre, c’est qu’il est très facile de savoir si un patient est sous statine ou pas, mais beaucoup plus dur d’établir si un patient a une maladie d’Alzheimer… Les patients sous statine se voient peut être plus poser le diagnostic de démence « vasculaire » que Alzheimer… De plus, il s’agit d’une association et non d’une causalité, on préfère aussi conserver la qualité de vie des patients Alzheimer âgés en arrêtant des statines en prévention primaire, alors qu’on les poursuite chez les patients « en meilleure forme ». Question c’est donc: prend-on moins bien en charge nos patients déments?
3/ Gynécologie
Un essai pragmatique a comparé l’efficacité des DIU au levonorgestrel versus les méthodes classiques dans la prise en charge des ménorragies. Les auteurs ne retrouvent pas de différence entre les groupes. Cependant, la mise en place de n’importe quel traitement améliorait significativement les symptômes et la qualité de vie des patients, qu’il s’agisse du DIU au levonorgestrel, de pilule oestro-progestative, de progestatif seul ou d’acide tranexamique.
4/ Diabétologie
Un article d’une grande importance pour commencer: une méta-analyse sur les inhibiteurs de DPP-4 de très bonne qualité vient d’être publiée. Les auteurs ont fait un funel plot montrant qu’il n’y a pas de biais de publication et ont finalement inclus une trentaine d’études. Ils retrouve une absence de bénéfice de mortalité globale, cardiovasculaire ou d’évènements cardiovasculaires parmi les presque 55 000 patients analysés. Cependant, il y avait significativement plus de pancréatites aigues et d’insuffisance cardiaque!
Cette méta-analyse a donc été effectuée 3 ans après celle que j’avais présenté ici et qui retrouvait un bénéfice en terme de prévention de mortalité totale et d’évènements cardiovasculaire. Il lui avait été reproché d’inclure des études de courte durée et de qualité médiocres, qui ont été exclues de la méta-analyse récente (qui au final, avec les études nouvelles a inclus quand même plus de patients). Malheureusement, il  n’y a pas eu d’analyse molécule par molécule pour voir si une se détachait néanmoins par rapport aux autres, car dans l’ancienne méta-analyse, la saxagliptine et vitagliptine portaient à elle seule les résultats cliniques retrouvés. Bref, peut être un bénéfice avec certaines molécules, mais pas de façon « globale » mais un risque quasi-certain de pancréatite et d’insuffisance cardiaque. (et je vais aller mettre à jour l’article sur le diabète de ce pas!)
Enfin, concernant la contraception des patients diabétiques, une étude de cohorte rétrospective a étudié la survenue d’évènements thrombo-embolique des patientes. Les auteurs retrouvent un moindre risque avec l’utilisation de DIU (6/1000 femmes) par rapport à 8 femmes / 1000 en cas de progestatif et 11 femmes /1000 en cas de contraception avec oestrogènes. Avant 35 ans, le risque thromboembolique est significativement plus élevé en cas de contraception hormonale, par rapport à une contraception non hormonale; après 35 ans, le risque d’un progestatif seul n’est plus significativement supérieur à celui d’une contraception non hormonale. Les auteurs concluent que malgré cette augmentation, le risque est minime et ne doit pas faire contre indiquer formellement les contraceptions hormonales aux patientes diabétiques.
Merci de votre fidélité, passez de bonnes fêtes et à bientôt!

@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°119: intestin irritable (recos SNFGE), IPP et AVC, tabagisme faible et mortalité, mesure tensionnelle

Bonjour! Ce Dragi Webdo devrait être particulièrement à l’heure en étant publié le dimanche à une heure décente. En plus, il ne sera pas être très long aujourd’hui, alors place aux actualités!
1/ Pharmacovigilance
Un nouvel article sur les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) et leurs effets indésirables. Après les études suggérant l’augmentation du risque d’insuffisance rénale et de démences et du risque d’infarctus du myocarde, il semblerait que cet effet délétère cardiovasculaire se confirme avec une augmentation du risque d’AVC avec les doses élevées des différentes IPP. Ainsi, pour les patients sous aspirine en prévention cardiovaculaire, pour ne pas augmenter ce risque, pensez à conserver la dose minimale d’IPP!
2/ Cardiovasculaire
L’hypothèse la plus répandue est que les tensions systoliques en cabinet sont plus élevées qu’en ambulatoire. Une étude de Circulation a retrouvé le contraire! En effet, chez des patients non hypertendus et sans pathologie cardiovasculaire, les auteurs ont retrouvé des moyennes tensionnels en cabinet de 116/75 contre 123/77 en ambulatoire. Cependant, chez les plus de 65 ans ou en cas d’IMC >32,5, les tensions au cabinet étaient supérieures aux tensions ambulatoires. Les auteurs ont donc retrouvé 15% d’HTA masquée. Le gros, très gros biais de cette étude, c’est que les tensions au cabinet étaient mesurée de façon manuelle, alors que les mesures ambulatoires étaient faites de façon automatisées. Or, le technicien a tendance à sous évaluer la tension artérielle (ou comment une fois de plus faire dire tout et n’importe quoi à une étude). Conclusion de toutes façons (et ce n’est pas neuf), pour ne pas sous estimer l’HTA masquée ni l’HTA blouse blanche: faire des mesures ambulatoires!
Deux articles de cohortes maintenant. Le premier étudiait le risque de mortalité chez les fumeurs de moins de 10 cigarettes par jour. Les auteurs retrouvent que chez ces faibles consommateurs, le risque de cancer du poumon, de maladies respiratoires, d’évènements cardiovasculaires et la mortalité globale sont augmentées. Cet effet est même significativement retrouvé chez les patients fumant moins d’une cigarette par jour! L’article retrouve également que l’arrêt du tabac permet de réduire ces risques, et que plus l’arrêt du tabac se produit jeune, plus le bénéfice est grand. « Il n’y a pas de petit fumeur. Seulement des grandes conséquences » (j’aurai du me lancer dans les slogans…)
La seconde porte sur la consommation de noix. Les noix semblent en effets, bonne pour le coeur, ça avait déjà été retrouvé (ici). Cette nouvelle étude apporte des preuves supplémentaires, en retrouvant que chaque ingestion de 28g de noix par jour est associée à une diminution des risque de cancer de 15%, de maladie cardiovasculaire de 21%, et de mortalité globale de 22% (et aussi de maladie respiratoire, de diabète, de maladie neurodégénérative…). Et visiblement, un peu partout dans le monde, on ne mange pas assez de noix. On attend tout de même l’essai randomisé contre placebo de noix pour avoir une preuve causale forte!
3/ Gastro-entérologie
De nouvelles recommandations ont été publiées sur le syndrome d’intestin irritable (SII) par la société française de gastro-entérologie. Bien que la diagnostic soit clinique, un bilan est proposé:
– NFS, CRP, Anticorps anti Transglutaminase et TSH. (Le dosage de la TSH dans cette indication reste pas mal controversé à l’international). Par contre, l’absence du dosage de calprotectine fécale est un peu étonnante, car elle est recommandée par le NICE (cf ici) et est un très bon marqueur d’inflammation, aussi bien pour le cancer colorectal que pour les MICI (cf ici encore). Elle est seulement indiquée comme possible car non remboursée (mais je doute que ce soit en ne recommandant pas un examen utile qu’elle devienne remboursée un jour…) Pour les traitements, je retiendrais surtout l’importance de l’effet placebo dans cette pathologie.
4/ Infectiologie
Enfin, un article du JAMA a étudié l’immunogénicité du vaccin anti HPV à 9 valences (7 contre les cancer et 2 contre les condylomes). Les auteurs retrouvent que l’immunogénicité de 2 injections du vaccin n’est pas inférieure à 3 injections chez les garçons et filles vaccinées. Les principaux problèmes de cette étude, sont d’une part que cette immunogénicité a été évaluée à 4 semaines de la dernière dose: autant dire que sur du long termes ou même du moyen terme, on n’a pas de réponse, et d’autre part que l’efficacité d’un vaccin ne se résume pas uniquement au taux d’anticorps circulants.
Voilà pour cette semaine, je vous laisse reprendre vos activités normales! Mais n’oubliez pas qu’elles ont des conséquences bénéfiques ou négatives sur votre vie: si vous jouez à Pokémon Go vous augmenterez votre activité physique (ce qui peut être bénéfique pour votre santé), et si vous allez préparer votre semaine par un entretien pubien, cela peut augmenter votre risque d’infections sexuellement transmissibles! Sur ce, à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°118: ABCscore (ACFA), lombalgie (reco NICE), marqueurs pronostic du diabète (DFG et copeptine), allergie pénicilline

Bonjour! C’est la dernière ligne droite avant la fin de l’année et un peu de repos pour ceux qui vont profiter des vacances pour se reposer. Alors, quel meilleur compte à rebours que le calendrier de l’Avent du BMJ, avec ses études plus exotiques les unes que les autres!
1/ Pharmacovigilance
Les allergies à la pénicilline ne sont pas rares dans les dossiers des patients. Cependant, on sait qu’elle sont bien plus rares que cela. Une étude a recherché chez des patients hospitalisés se disant allergique le nombre d’allergies réelles confirmées par des tests. Sur les 252 patients testés, 90,5% n’avaient en fait pas d’allergie à la pénicilline!

2/ Cardiovasculaire
Une article de Circulation va remettre en cause le score CHADSVASC dans la fibrillation auriculaire (FA). En effet, l’ABC stroke score, comprenant l’âge, les biomarqueurs (NT-proBNP et Troponine) et la clinique (l’antécédent d’AVC) , se révèle être sensiblement meilleur dans la prédiction du risque d’AVC chez les patients avec une FA. Une version ABC risk score avait déjà été validée pour le risque hémorragique en remplaçant l’antécédent d’AVC par antécédent de saignement.
3/ Infectiologie
D’après la Cochrane, le traitement des otites avec otorrhée sur tympan avec aérateur transtympanique (ATT) le plus efficace serait le traitement antibiotique local, par rapport au traitement antibiotique par voie générale. Cependant, ce résultat ne semble pas être forcément généralisable aux otorrhées chez les patients sans ATT, et peu d’études les ont étudiées. Si on pouvait se contenter d’antibiotiques locaux dans les otites moyennes perforées, on diminuerait pas mal la prescription d’antibio et le risque de résistance…
4/ Rhumatologie
Le NICE (sorte de HAS britannique) a publié des recommandations de prise en charge de la lombalgie. Il recommande l’utilisation du Start Back risk assessment tool pour différencier les lombalgie et lombosciatique légères à modérées des lombosciatiques modérées à sévères pouvant être à risque de pronostic fonctionnel négatif. Ensuite, s’en suis une liste longue de tout ce qui n’est pas recommandé (l’imagerie si elle ne change pas la prise en charge, ceinture lombaire, semelles, acuponcture, kiné si lombalgie légère, électrostimulation), et enfin ce qui est recommandé:
– l’activité la plus normale possible, éventuellement des thérapies cognitivo-comportementales
– les AINS a la dose minimale en première intention
– pas d’opiacé en première intention sauf contre indication aux AINS
– pas de paracetamol en monothérapie
– dans la lombalgie chronique: pas d’opiacé, pas d’antiépileptiques, pas d’antidépresseurs
5/ Urologie
Une méta analyse du BMJ a étudié l’efficacité des alpha-bloquants dans les coliques néphrétiques. Voilà plusieurs années que ces traitements semble être efficace. Cette méta analyse retrouve une augmentation de 50% de le passage des calculs, diminuant le délai d’expulsion de 3 jours, réduisant de plus de 50% les interventions chirurgicales. Et pourtant, suite à la remarque judicieuse de certains externes, les alpha-bloquants ne sont toujours pas nommés dans les Collèges de néphrologie ni d’urologie, alors qu’ils sont indiqués comme efficaces depuis 2009 par l’association française d’urologie pour des calculs de moins de 10mm. Laissons donc apprendre des données non à jour à nos futurs médecins…
6/ Endocrinologie
Pour commencer cette partie, je ne peux que vous renvoyer vers l’excellent billet de Perruche en Automne parlant du risque de mortalité selon le BMI: que l’on soit avec un IMC normal ou en surpoids, il faut avoir des facteurs de vie saine (jamais fumé, alimentation équilibrée, sport 30min par jour, consommation d’alcool modérée)
Passons à la diabétologie pour finir. On sais que l’HbA1C est un très mauvais critère intermédiaire pour prédire la mortalité des patients (sauf quand elle est supérieure à 8-9% mais elle reste imprécise…) Certains auteurs se sont lancé dans le dosage de la copeptine dont le taux élevé serait associé à une augmentation du risque d’insuffisance rénale terminale, d’infarctus et de mortalité globale. Mais, qu’est ce que la copeptine? C’est un précurseur de la vasopressine. Pour mémoire, l’enzyme de conversion entraine la formation d’angiotensine qui entraine une stimulation de synthèse de vasopressine. Donc, les diabétiques avec une moindre mortalité, sont ceux avec une copeptine basse: aidons les à baisser cette copeptine en bloquant la chaine par des IEC (ou des ARAII). Les auteurs ont probablement juste remis en évidence l’efficacité de ces traitements chez les diabétiques.
La même équipe française a publié en même temps une autre étude. Les auteurs ont retrouvé que le déclin rénal avec une baisse de DFG estimé de plus de 5ml/min par an était associée à une augmentation du risque d’évènement cardiovasculaire majeurs. Ainsi, un outil a été créé pour calculer la baisse moyenne de DFG estimé à partir de 5 mesures de créatininémie et ainsi voir si le patient est plus à risque.
Est ce qu’on peut voir se dessiner une nouvelle vision de la diabétologie? Les IEC étant le traitement médicamenteux clé du patient diabétique de type 2 (bien plus que les antidiabétiques…), la cible thérapeutique pourrait être une copeptine inférieure à un seuil et une stabilisation du DFG. En l’absence de ces condition, le traitement devrait être renforcé. Ou sinon, on met des IEC à dose max à tous les diabétiques, mais il y a alors un risque d’hypotension. Nous verrons bien ce que l’avenir nous réservera! A la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°117: Helicobacter Pilory (reco), moindre risque cardio du célécoxib, prédiabète et mortalité globale, HbA1C et mortalité, anti-PCSK9, iatrogénie

Bonsoir! Je suis en retard pour ce Dragi Webdo, comme prévu! Cependant, ce congrès du #CNGE2016 était plutôt intéressant (peut être verrons nous fleurir quelques billets de blog sur le sujet). Énormément d’actualités cette semaine, on va essayer de résumer…


1/ Vigilance
Commençons par un article du JAMA qui permette de faire une piqure de rappel sur les principales classes de médicaments responsables de iatrogénie médicamenteuse en services d’urgences: les anticoagulants, les antibiotiques, les antidiabétiques et les dérivés morphiniques. Ce qui implique d’informer les patients des risques et de les surveiller plus que les autres.
Un article publié cette semaine vient justifier les consultations chez un médecin généralistes dans les 7 jours suivant la sortie d’hospitalisation des patients. En effet, cette visite diminue le risque de réhospitalisation à 30 jours de plus de 25%.  Réévaluer les patients après leur retour à domicile, ça prend du temps. La sécurité sociale donc sera ravie de payer les MSH et les MIC pour une fois qu’une mesure est scientifiquement justifiée!
Enfin, le doute sur le lien entre IPP et pneumopathies a été étudié dans le BMJ. Les auteurs retrouvent bien que les patients ayant des IPP sont à risque plus élevés de pneumopathies, mais il semblerait que les pneumopathies surviennent dans l’année précédent la mise sous IPP plutôt qu’après le début du traitement.
2/ Cardiovasculaire
L’article qui vient semer le trouble est un essai contrôlé randomisé en 3 bras évaluant la sécurité cardiovasculaires du célécoxib (un des derniers coxib disponible en France après le retrait du Vioxx (refecoxib) pour augmentation du risque cardiovasculaire), comparé au naproxène et à l’ibuprofène. Malgré la comparaison en 3 bras potentiels, les auteurs précisent bien qu’ils ont calculer leur nombre de sujet nécessaire et prévu leurs analyses pour la comparaison naproxène versus célécoxib. La méthodologie est bonne, l’étude bien menée, bref quasiment rien à redire. Et…. les auteurs retrouvent que le célécoxib n’est pas inférieur au naproxène. En poursuivant, ils retrouvent même un risque moindre d’effets cardiovasculaire chez les patients sous coxib par rapport au naproxène et à l’ibuprofène! Or ces 2 médicaments sont, d’après Prescrire,  ceux avec le risque le plus faible… Ajoutez à cela que les coxib ont un risque de saignement hémorragique plus faible, ce qui est significativement retrouvé ici, et le célécoxib est l’AINS de premier choix (c’est à ne plus rien comprendre!) Les doses maximum n’ont pas été plus « visuellement » atteintes avec l’ibuprofène ou le naproxène pour expliquer que le risque soit augmenté. Si on met cet article en rapport avec celui du BMJ sur l’insuffisance cardiaque, la baisse du risque cardiovasculaire sous célécoxib est concordante! Il faudrait donc sélectionner les molécules pour leur propriétés individuelles plutôt que pour un effet de classe supposé (idem pour les statines, les IEC, etc…)
Au niveau des antihypertenseurs, une étude a étudié le risque de fracture de hanche sous différents traitements dans une étude de cohorte. Les diurtétiques thiazidique, hypocalciuriant et hypercalcémiant, sont associés à un risque de fracture d’environ 20% par rapport à l’ensemble des autres traitements (amlodipine et lisinopril), notamment lors de la comparaison thiazidique vs lisinopril (ce n’est pas significative pour thiazidique vs amlodipine). Est ce que cela va changer beaucoup de chose à la pratique? Je ne sais pas encore…
Pour clore le chapitre cardiovasculaire, un nouvel essai concerne les anti-PCSK9: Evolocumab versus placebo pendant 76 semaines. Les critères de jugements dans les essais évaluant les anti-PCSK9 évoluent: on est passé de « baisse du LDL » à « régression de l’athérome coronaire ». On est pas encore à un critère cliniquement pertinent, mais l’evolocumab a démontré une régression significative de l’athérome coronaire de…. (suspens…) 0,95% versus une augmentation 0,05% par le placebo! Bref, attendons les critères d’évènements cardiovasculaires, car dans cette étude, il n’y a pas eu de test bien que ces évènements aient été recueillis.
3/ Gastro-entérologie
De nouvelles recommandations sur l’éradication d’Helicobacter Pylori ont vu le jour. L’évolution des résistances rend caduque la prescription de traitement séquentiel. Il faut désormais prescrire soit:
– la triantibiothérapie concomittante (amoxicilline, metronidazole, clarithromycine) pendant 14 jours associée à l’esomeprazole 40 x2 ou rabéprazole 20×2 (l’omeprazole n’apparait donc plus dans cette reco)
– la quadrithérapie bisthmutée avec omeprazole 20×2 pendant 10 jours
4/ Diabétologie
Une étude a étudié la mortalité de patients de plus de 65 ans selon leur Hba1C à l’entrée en maison de repos. Les courbes sont magnifiquement parallèles: quelque soit l’HbA1C, la mortalité progresse de la même façon! Autre point intéressant, il y a une baisse de la mortalité chez les patients avec une HbA1C entre 8 et 9% traités par sulfamide et avec une HbA1C > 9% traités par autre ADO que sulfamide… significativité liée au nombre de test ou pas?
Enfin, parlons pré-diabète. Est ce que ce concept existe vraiment? L’idée d’avoir un « pré’-quelque chose est quelque chose d’absurde selon moi, sachant que le risque de complication du quelque chose ne se produit pas pendant la phase « pré ». Or, voilà que le BMJ s’intéresse à la relation « prédiabète » et mortalité/évènements cardiovasculaires. Et là, les auteurs retrouvent que le prédiabète diagnostiqué sur une glycémie à jeun entre 1,10g/L et 1,26g/L est associé à une augmentation de la mortalité globale, des évènements cardiovasculaires (critère composite), des infarctus du myocarde et des AVC. Et au contraire, pour un prédiabète diagnostiqué par une HbA1C > 5,5%, seul le critère composite cardiovasculaire est significativement augmenté. Ainsi: faut il revoir la définition du diabète étant donné que le risque cardiovasculaire et de mortalité est augmenté dès une glycémie à jeun supérieure à 1,1g/L? Faut il se fier à l’HbA1C pour diagnostiquer le diabète/prédiabète alors que les associations avec les évènements cardiovasculaires et la mortalité ne sont pas aussi bien retrouvé?
Sur ce grand débat, je vous laisse réfléchir et je vous dis à la semaine prochaine!
(Et merci d’être de plus en plus nombreux à me lire!!!!)
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°116: AOMI, aspirine en prévention primaire (diabétiques et non diabétiques), insuline et mortalité, hématospermie, insomnie, entorse de cheville

Bonsoir! Je n’ai pas grand chose à raconter en introduction cette semaine si ce n’est partager l’incertitude quant à la publication d’un Dragi Webdo dimanche prochain. En effet, c’est le congrès du CNGE (que vous pourrez suivre en direct sur Twitter #CNGE2016), et je ne sais pas si j’aurai le temps de veiller bibliographiquement. Bonne lecture!
1/ Cardio-vasculaire
Commençons avec un article du NEJM, ayant comparé le Ticagrelor en 2 prise par jour au Clopidogrel en 1 prise par jour chez les patients avec AOMI. Les auteurs n’ont pas retrouvé de différence significative sur la survenue d’évènements cardiovasculaires, d’ischémie aiguë de membre inférieur ou de saignements graves. Cette étude permet surtout de rappeler que dans l’AOMI, le clopidogrel est supérieur à l’aspirine, et c’est pour cela qu’il était pris en référence dans cette étude.
2/ Diabétologie
Je passe de suite à la partie diabétologie, car la question de l’aspirine en prévention primaire chez les patients diabétiques se repose (compte tenu de la recommandation américaine de l’USPSTF de prescription d’aspirine en prévention cardiovasculaire et de cancer colorectal en cas de risque cardiovasculaire  supérieur à 10% après 50 ans). L’étude présentée dans Circulation randomisait des patients diabétiques japonnais de 30 à 85 ans. Les auteurs n’ont pas retrouvé de diminution du critère composite d’évènements cardiovasculaire (ni même des composantes du critère primaire), mais une augmentation significative des saignements sous aspirine. Supposant que les patients à très haut risque étaient peut être sous représentés, les analyses en sous groupe n’ont pas non plus été en faveur du traitement… Mais bon, les européens ne sont pas des japonnais, ce qui peut limiter la généralisation de ces résultats.
Le même journal a publié une synthèse sur l’aspirine en prévention primaire se basant sur le risque établi avec le calculateur AHA/ACC qui inclut le diabète en facteur de risque. En gros, l’aspirine ne devrait être recommandée que si, le risque hémorragique est faible et que  le risque cardiovasculaire est supérieur à 5% chez des patients de 50 à 70 ans ayant un antécédent familial de cancer colo-rectal, ou un risque supérieur à 10% entre 50 et 60 ans en l’absence de cet antécédent familial:
(HBR= Haut risque de saignement,  CHC= cancer colo-rectal,  ASA= aspirine)
Un article du Lancet Endocrinology a  étudié l’association entre dose d’insuline et mortalité dans une étude rétrospective. Les statistiques sont formidables (et il y en a une bonne partie que je ne comprends pas totalement). Les auteurs retrouvent que la dose d’insuline élevée est associée à une diminution la mortalité quand on n’ajuste pas. Puis après ajustement sur les facteurs de confusion initiaux, la quantité d’insuline est significativement associé à une augmentation de la mortalité! Enfin, ce résultat ne semblant pas pertinents car des facteurs « dépendants du temps » n’étaient pas pris en compte. C’est ainsi qu’au final grâce à des « modèles structuraux marginaux », il n’est plus retrouvé d’association entre dose d’insuline et mortalité. Comme quoi, en fonction du niveau d’analyse, on peut faire dire ce qu’on veut aux statistiques. Cette étude n’ayant pas été financée par l’industrie et les auteurs (sauf le 5ème sur 7) n’ayant pas de conflit d’intérêt, j’aurai tendance à penser que la conclusion de cet article est juste, ce qui est en faveur d’un passage rapide à l’insuline quand les molécules ayant fait preuve de leur efficacité se révèlent insuffisantes.
3/ Les articles pratiques du BMJ
Le BMJ a publié une revue sur l’hématospermie. C’est peu courant mais pas non plus assez rare pour ne pas savoir quoi faire. Les causes à rechercher sont plutôt simples: une infection (IST, prostatite, orchite), un traumatisme (choc, complication d’un geste prostatique), mécaniques (lithiase, abstinence prolongée), tumorales (cancer de prostate ou des testicules, lymphome, leucémie) ou « systémiques » (tuberculose, trouble de coagulation, HTA sévère). Un diagramme a été fait pour se repérer: avant 40 ans, si le bilan (clinique, sanguin, ECBU, spermoculture) est normal, ne rien faire en l’absence de récidive. Sinon, traiter la cause ou envoyer à l’urologue. (L’échographie testiculaire n’apparait pas dans l’arbre diagnostic)
 
Le BMJ s’est également intéressé à l’insomnie chronique. Les auteurs recommandent les thérapies cognitivo-comportementales en première intention, les traitements médicamenteux pouvant servir de traitement temporaire sans qu’aucune efficacité n’ait été démontrée malgré des effets indésirables connus.
Enfin, un article a étudié la rééducation précoce après une entorse de la cheville non sévère dans un essai contrôlé randomisé. Les auteurs ne retrouvent pas de différence sur le score FAOS >450/500 après 1, 3 et 6 mois entre le groupe bénéficiant de rééducation et celui n’en bénéficiant pas. Cependant, le critère de jugement n’étant atteint que chez environ 60% des patients après 6 mois, il faut se demander si c’est un critère pertinent, car il n’y a pas 40% de séquelles dans les entorses non sévères (enfin, je pense… je n’ai pas les chiffres sous les yeux!). Or il serait intéressant de connaitre le délai avant une reprise de travail, ou la douleur dans les jours suivants le traumatisme. Prendre un critère de jugement à 3 mois n’apparait pas très intéressant selon moi.
Voilà, c’est terminé pour cette semaine. Je vous dis à très bientôt et peut être à la semaine prochaine, notamment pour ceux qui seront au congrès! Bonne soirée,
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°115: dyslipidémies (reco françaises/reco US), BPCO et DEP, HTA et diabète, semaglutide (SUSTAIN-6), corticoïdes/diabète, frottis cervico-utérin

Bonsoir à tous et merci pour vos commentaires sur le précédent billet. Ça m’encourage à essayer d’écrire sur la relation pour varier des billets purement bio-médicaux (mais encore faut il que je trouve le temps…) Pas mal d’actualités cette semaine, alors ne perdons pas de temps: bonne lecture!


1/ Cardiovasculaire

Après la sortie des recommandations sur les dyslipidémies par la société Européenne de Cardiologie, les recos françaises de la société d’athérosclérose, la société française de diabétologie et de la société d’endocrinologies viennent d’être publiées. Des « cibles de LDL » ont une fois de plus été établies:
– LDL < 1,9g/L: si le risque cardiovasculaire (calculé avec SCORE) < 1% ou 0-1facteur de risque (hors diabète)
– LDL < 1,3g/L: si risque cardiovasculaire entre 1% et 5% ou 2 facteurs de risque ou diabète
– LDL < 1g/L: si risque cardiovasculaire > 5% ou 3 facteurs de risque
– LDL < 0,7g/L: si diabète avec microangiopathie ou diabète et 2 autres facteurs de risque ou prévention secondaire.

On se retrouve donc dans un algorithme mixte avec un calcul de risque cardiovaculaire (ce qui a un intérêt démontré) mais aussi avec un maintien du « nombre de facteur de risque » qui ne repose sur rien, probablement parce que les sociétés savantes ne pensent pas qu’un médecin puisse calculer un score de risque probablement….
Chez le plus de 75 ans, une statine en prévention primaire peut être poursuivie si bien tolérée, mais en prévention secondaire, l’objectif de LDL est revu à la hausse: < 1g/L. 
Le point positif est néanmoins l’absence d’indication de traitement spécifique d’une hypertriglycéridémie inférieure à 5g/L.

Concernant la prévention primaire cardiovasculaire, pour une fois, les américains produisent des recommandations meilleures que les nôtres. En effet, l’USPSTF (HAS américaine) recommande une statine à de moyenne puissance (type simvastatine 40 en gros) aux adultes de plus de 40 ans avec au moins 1 facteur de risque cardiovasculaire ET un risque cardiovasculaire supérieur à 7,5% avec le calculateur ACC/AHA. Enfin, les auteurs confirment l’absence de balance bénéfice risque favorable en prévention primaire au delà de 75 ans.

En parlant d’hypertriglycéridémie, une étude du JAMA Internal Medicine a retrouvé que dès une hypertriglycéridémie supérieure à 1,77g/L , le risque de pancréatite est multiplié par 2,3 et d’infarctus par 2,2 pour la classe 1,77-2,65!! Finalement, ne faudrait il pas traiter plus vite? Rien ne dit qu’introduire un traitement permettra de baisser le risque cardiovasculaire associé ce critère présumé intermédiaire.

2/ Pneumologie

Une étude du journal américain de médecine respiratoire a recherché des critères pour dépister facilement les patients BPCO en médecine générale. Ils retrouvent qu’un score « CAPTURE© » (explorant le tabagisme actif ou passif, la saisonnalité de symptômes respiratoires, le retentissement sur l’activité physique, l’épuisement physique et l’absentéisme du à des infections respiratoires) associé à un débit expiratoire de pointe (DEP) inférieur à 60%, ont une sensibilité et une spécificité d’environ 90% et 93% dans le diagnostic de la BPCO. Malheureusement, le copyright sur le CAPTURE m’empêche de le mettre ici. Fort heureusement, le CAPTURE, avec son copyright, est là pour faire gagner de l’argent aux auteurs. En effet, le DEP<60% chez les patients suspect de BPCO a déjà une sensibilité de 88% et une spécificité de 91% par rapport aux non BPCO. Le score permet surtout d’être un peu meilleur pour diagnostiquer des BPCO plus sévères. Conclusion, si vous n’avez pas de spirométrie, effectuer un DEP peut permettre de dépister des patients BPCO de façon fiable. (Bien évidemment, les valeurs prédictives positives et négatives n’étant pas applicables à nos populations de médecine générale, je n’en parle pas.)

3/ Gynécologie

Une étude anglaise vient renforcer la place du frottis cervico-utérin dans la prévention du cancer du col de l’utérus. Les auteurs retrouvent chez les 35-64 ans, une diminution de 67% des cancers de stade 1 et de 95% des cancers de stade supérieur ou égal à 3 en cas de suivi régulier. Un bon suivi a également permis une réduction de la moralité de plus de 90%. Malheureusement, le suivi gynécologique par frottis reste particulièrement dépendant de la position sociale (cf ici), le généraliste reste un acteur central pour lutter contre ces disparités en assurant le suivi des patientes avec une condition sociale moins bonne que celles suivies par un gynécologue (cf ).
Malgré tout ça, je n’arrive toujours pas à estimer l’impact qu’aurait une vaccination anti-HPV bien menée en parallèle des frottis dans la diminution des conisations et autres interventions (car c’est le vrai objectif clinique de la vaccination selon moi), voire même (mais j’en doute encore) sur la mortalité pour les femmes dont le suivi est justement absent.

4/ Diabétologie

Finissons par une grosse partie de diabétologie, ça faisait longtemps! Une étude de cohorte a étudié les objectifs tensionnels chez les patients diabétiques en prévention primaire. Si on se cantonne à l’abstract, les auteurs retrouvent que le groupe PAS entre 110-119mmHg a une baisse des maladies cardiovasculaires de 12% et une augmentation au delà de 140mmHg de 11 à 41%! Il faudrait donc traiter le plus possible l’hypertension artérielle. Mais, très rapidement, ils disent qu’il n’y a pas de courbe en J sauf pour la mortalité totale et c’est justement ce point qui est intéressant. Les graphiques parles d’eux même, il y a une augmentation de la mortalité globale pour les tensions artérielles supérieures à 150mmHg et inférieures à 120mmHg! Bref, viser 140mmHg n’est pas si mal.

L’étude SUSTAIN-6 a dévoilé ses résultats. J’en avais déjà parlé ici. Pour mémoire, c’était un essai contrôlé randomisé incluant des patients en prévention primaire de plus de 60 ans (10% de patients) ou en prévention secondaire (90% des patients). C’est dommage, la prévention primaire aurait été une force de l’étude. Bref, les auteurs retrouvent que les groupes une diminution du risque cardio-vasculaire de 26% soit un NNT de 44 patients (sur un critère composite d’infarctus, AVC et décès cardiovasculaire). Par rapport à l’étude LEADER évaluant le liraglutide, il n’y a pas eu de diminution de la mortalité globale avec le semaglutide, qui est de ce fait bien moins intéressant.

Pour finir, la tendance est d’ajouter des corticoïdes aux pneumopathies communautaires. Une étude contrôlée randomisée suisse publiée dans Diabetologia retrouve que chez les patients diabétiques, 7 jours de prednisone réduisent le « temps pour obtenir la stabilité clinique » et entrainent un déséquilibre du diabète transitoire sans conséquences cliniques. En ville, nous prescrivons des corticoïdes au diabétiques essentiellement dans les exacerbations d’asthme et de BPCO. Bien que ce ne soit pas totalement extrapolable, ces données sont quand même rassurantes sur la tolérances des corticoïdes.

Voilà, c’est terminé, tout juste dans les temps pour être lu avec le café du lundi matin! (Du coup, j’ai du raté des fautes d’orthographe à cause de la fatigue, désolé…) Merci de votre fidélité et à la semaine prochaine!

@Dr_Agibus Continuer la lecture

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Tu veux, ou tu veux pas… me faire confiance?

Cela va faire faire presque 5 mois que j’ai sauté le pas de l’installation! (en collaboration pour commencer, hein…) Et pour le moment, j’en suis content. Je comprends cependant tous ceux qui rechignent encore, qui préfèrent des bon remplas réguliers, à l’ensemble des démarches administratives et à l’engagement nécessaire.
Cela faisait 8 mois que je remplaçais dans ce cabinet, que je voyais les patients et pourtant, même si leur nom me disais vaguement quelque chose, impossible de me rappeler de quoi que ce soit de plus. Depuis l’installation, c’est peut être le fait de signer des « contrats médecin traitant ». Ça s’appelle comme ça, même si je n’ai pas encore compris en quoi c’était vraiment un contrat entre le patient et moi vu que la seule personne que ça intéresse est la sécu… Bref, depuis que je suis devenu médecin traitant, je retins beaucoup mieux les patients, leur noms, leurs pathologies, leurs traitements et je suis même capable de répondre au téléphone sans avoir a fouiller le dossier! C’est la magie de l’installation! (C’est un peu comme les gaz du sang que je n’ai jamais réussi en tant qu’externe, mais que j’ai toujours réussi à partir de mon premier jour d’internat)
Tout ça pour dire, que quand je vois un patient qui demande à ce que je sois son médecin traitant, je ressens quand même une sorte de responsabilité supplémentaire en échange de la confiance qu’il m’accorde. Confiance indispensable à la relation et aux soins. Mais comment vois-t-on que l’on fait confiance et que le patient a confiance en nous?
J’en viens donc à parler de monsieur M., 35 ans, chez qui j’avais trouvé une hypertension artérielle. Dans les règles de l’art, après quelques mesures élevées en consultation, je lui ai prêté un appareil d’automesure étant donné qu’il ne pouvait pas s’en procuré un: 160/100, le verdict était sans appel. Après quelques essais infructueux d’introduction d’une monothérapie puis d’une bithérapie, j’ai rapidement du passer à la trithérapie: à l’association thiazidique-calcique, j’ajoute un IEC. Et là, les tensions était équilibrées!
Je le revois donc en consultation il y a quelques jours. Il n’avait pas d’automesures cette fois ci (j’avais du prêter l’appareil à quelqu’un d’autre), mais il n’y avait pas de raison que ça ait changé. Il me parle de céphalées importantes (qui me rappellent celles qu’il avait quand la tension n’était pas équilibrée). Malgré le peu de valeur que ça a, j’ai pris sa tension au cabinet:  160/100…
– Vous avez bien pris les médicaments ce matin?
– Oui oui docteur!
– Parce que vous vous souvenez, qu’une fois précédentes, j’avais trouvé des tensions élevées parce que vous n’aviez plus de médicaments depuis 3 jours.
– Il m’en reste docteur, j’ai pris ce matin.
Je profitais de cette rapide discussion pour jeter un œil sur ses remboursements de santé et effectivement, les médicaments étaient bien délivrés et il devait encore en avoir assez. .
Je refais mon questionnaire sur les aliments salés, le réglisse, l’alcool et le sport: les règles diététiques sont bien suivies. Je décide finalement de le faire revenir une semaine plus tard avec des automesures (mon appareil était à nouveau disponible). Et comme dans les histoires pour externes, le patient me paye en disant:
– C’est bien le nouveau médicament docteur, je ne me lève plus la nuit pour faire pipi depuis que je le prend!
N’ayant pas compris la remarque, ni la physiopathologie qui pouvait amener un IEC à améliorer ce genre de symptômes, je lui demande d’expliquer ce qu’il veut dire.
– Oui docteur, depuis que je prend l’IEC tous les matin, je fais moins pipi. Alors que quand je prenais l’autre, ça n’arrêtai pas.
C’est alors que j’ai compris pourquoi sa tension était aussi mal contrôlée. A nouveau.
Si j’ai regardé ses remboursement pour être sur qu’il me disait la vérité, c’est que je n’avais pas confiance en ces réponses. Et  si je ne lui fais pas confiance, comment pourrait-il me faire confiance? C’est donc finalement lui qui s’est ouvert à moi en premier en m’avouant, à demi-mots, puis plus franchement qu’il ne prenait plus tous ses traitement.
L’observance est selon moi un croisement entre le risque d’une maladie expliquée par le médecin, le risque d’une maladie interprété par le patient et les effets perçus par le patient (effets positifs et indésirables). Ensuite, la balance penche dans un sens ou dans un autre.
Les spécialistes de l’observance ne manqueront pas de rajouter tout un tas de facteurs supplémentaires qui seront tous aussi juste les uns que les autres (parce que leur petit p était significatif, mais n’ayant pas fait de revue de la littérature exhaustive sur le sujet, je laisse expliquer tout ça s’ils souhaitent compléter mon billet!) 
J’en viens à la perception de la « bonne » ou de la « mauvaise » observance. La bonne observance étant classiquement définie par plus de 80% des médicaments pris… Mais c’est un sens qui laisse dubitatif, parce que certains traitement sont « plus importants que d’autres: dans le VIH, un patient observant prend 90% de ses traitements, alors que pour une hypertrophie bénigne de prostate, si le patient est peu observant (car pas si symptomatique au final), cela ne me dérangera pas. 
Un questionnaire très intéressant tourne justement sur internet: « la vision de l’observance selon les médecins en fonction des traitements et des pathologies » Ce questionnaire est assez « ludique », et pousse à réfléchir sur l’importance qu’on accorde à nos prescriptions. A vous de jouer en cliquant ici! (http://clinicalepidemio.fr/mapp/ si le lien ne marche pas)
Tout ça pour dire que je remercie ce patient de m’avoir  montré mes lacunes probables dans mes explications, de m’avoir montré, qu’à tord, je n’accorde pas assez de place à ce qu’il me disait, et de m’avoir fait confiance malgré tout pour qu’on améliore ensemble sa prise en charge. 
Je l’ai revu quelques semaines plus tard. Sa tension était parfaitement équilibrée, mais nous avons tout de même modifié le traitement pour diminuer la dose de thiazidique et augmenté l’IEC pour qu’il soit moins dérangé par le diurétique. 
Je viens de le revoir. Sa tension était parfaitement équilibrée, les effets secondaires pas si indésirables. Il s’est mis à me parler de ses autres problèmes, ceux qu’il considérait comme secondaires car ils l’entrainement pas d’AVC ni d’infarctus. Mais qui le font bien plus souffrir qu’un pourcentage risque d’accident vasculaire à 10 ans.
L’observance un des multiples reflets de la relation….

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Dragi Webdo n°114: Anévrisme de l’Aorte, cyclisme et coronaropathie, contraception masculine, vaccin et grossesse, risque suicidaire après hospitalisation

Bonsoir! Je n’a pas grand chose à déclarer avant ce nouveau Dragi Webdo, si espérer que la rentré des néo-internes se soit bien passée (et idem pour les néo-CCA/CCU)! Bonne lecture à tous!


1/ Cardio-vasculaire
J’en reparlais il y a peu: faut il dépister les anévrismes de l’aorte abdominale à 65 ans? Après l’étude suédoise ne retrouvant pas de baisse de mortalité globale, une étude australienne à été publiée. Près de 50 000 patients ont été inclus et suivis pendant plus de 10 ans. Les auteurs ne retrouve pas de diminution significative de la mortalité cardiovasculaire ou globale grâce au dépistage. Cela fait donc 2 études qui vont contre les recommandations américaines. Peut être que les américains, compte tenu de leur caractéristiques, ont une moralité liée aux anévrismes de l’aorte abdominale supérieure à celle des autres pays. Bref, de quoi se déculpabiliser de ne pas dépister en population générale. Je renvoie à nouveaux à la reco de la HAS.
Le sport diminue le risque cardiaque, ça on le sait. Mais combien faut il en faire? Une étude prospective danoise à suivi 50 000 patients de 50 à 65 ans pour un suivi de 850 000 personnes-années. Les auteurs retrouvent une baisse du risque de coronaropathie dès la pratique régulière de cyclisme (même moins d’une heure par semaine). Il n’y a pas de gradient entre les catégories 0-1h/semaine, 1-2,5h/semaine et >2,5h/semaine. (La catégorie 1-2,5h/semaine n’abaisse pas significativement le risque cardiaque, mais c’est probablement du à un manque de puissance dans ce sous groupe). Bref, faire du vélo régulièrement, même si c’est peu, diminue le risque cardiovasculaire de près de 11% à 18% (le NNT est tout de même de 773 personnes-année, ce qui correspond à 77 personnes suivies 10 ans)!
2/ Sexualité
La contraception masculine est peut être en passe de devenir une réalité, dans quelques années tout de même. Une étude a testé des injections d’un progestatif (norethisterone) et de testostrone injectés toutes les 8 semaines. La suppression de spermatogenèse à été obtenue après 24 semaines chez 96% des hommes et le taux de grossesse après ce délai a été de 1,57 pour 100 patients ayant poursuivi le traitement pendant 56 semaines. La réversibilité était de 95% après… 1 an d’arrêt… Les effets secondaires: 45% d’acné, 16% de labilité émotionnelle, autant de myalgie et… 38% d’augmentation de la libido! Bref, le traitement nécessite d’être pris 6 mois pour être efficace, son indice de « Pearl » est d’environ 1,4 (soit mieux que le préservatif masculin ou la pilule contraceptive féminine, mais moins bien que le dispositif intra-utérin), les effets secondaires ne sont pas négligeables, et l’autre contrainte réside dans le délai de réversibilité (après 28 semaines d’arrêt, seulement 50% des hommes avait repris la spermatogenèse)… C’est pas encore pour demain…
Donc le meilleur moyen de contraception pour l’homme reste la vasectomie! C’est d’ailleurs le meilleur moyen de contraception (après l’abstinence…). Le BMJ à publié une étude de cohorte pour analyser le risque de cancer de la prostate après une vasectomie chez plus de 300 000 hommes vasectomisés suivis pendant 10 ans environ. En analyse non ajustée, il y avait bien une augmentation significative du risque de cancer de prostate de 13% malgré l’appariement avec des patients de même âge, même région géographique et même comorbidités. Après ajustement sur les comportements de santé, il n’y avait plus de différence. Ainsi, il est probable que les patients vasectomisés aient plus de cancer car ils consultent plus souvent et sont victimes de surdiagnostic, d’autant plus qu’il n’y avait pas d’augmentation des cancers de haut grade ou de la mortalité. Ainsi, il n’y a pas de lien solide entre vasectomie et cancer de la prostate


3/ Prévention
Une étude américaine publiée dans le JAMA, vient renforcer la sécurité vaccinale par DTP-Coqueluche acellulaire pendant la grossesse. En effet, quelque soit le terme de la grossesse au moment de la vaccination, les auteurs ne retrouvent pas d’augmentation du risque d’anomalies congénitales chez les nouveau-nés. En France, la vaccination pour la coqueluche se fait avant ou après la grossesse, pas pendant, alors que de certains pays (comme la Belgique) elle est recommandée au 3ème trimestre pour favoriser le passage d’anticorps maternels et protéger le nourrisson durant les premiers mois avant sa vaccination.


4/ Psychiatrie
Il ne faut pas croire que parce qu’un patient sort d’hospitalisation en psychiatrie, c’est qu’il ne court plus aucun risque. En effet, une étude du Jama Psychiatry a étudié le risque suicidaire à court terme chez les patients sortis d’hospitalisation psychiatrique. Le risque était particulièrement élevé pour les patients dépressifs sévère, bipolaires, schizophrènes et en cas d’antécédent d’une autre hospitalisation dans les 6 mois. Cependant, l’étude retrouve aussi que tout patient hospitalisé en psychiatrie à un risque supérieur de suicide à la population générale: donc à revoir rapidement par le médecin généraliste ou le psychiatre pour une réévaluation du risque suicidaire.
J’en ai fini pour cette semaine. J’essaye de ne pas sélectionner trop d’articles, mais n’hésitez pas à me dire si j’en ai raté des particulièrement pertinents! A très bientôt,
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°113: obésité, HTA, antibiothérapie en pédiatrie, diabète et activité physique

Bonsoir à tous et joyeux Halloween!!! Malheureusement je n’ai pas eu le temps de concocter quoi que ce soit de spécial pour l’occasion hormis de publier ce Dragi Webdo numéro cent 13 en cette soirée de l’horreur. Sans plus attendre, c’est parti!


1/ Soins primaires
Commençons pour une fois par des interventions effectuées en soins primaires (c’est à dire le plus souvent en médecine générale). La première étude parle publiée dans le Lancet, randomisait une intervention brève sur l’obésité versus une intervention classique. Le médecin du bras intervention proposait donc des phrases telles que « Pendant que vous êtes ici, pourrions nous parler un peu de votre poids? Savez vous que le centre *Bidule* peut vous aider gratuitement à perdre du poids? Je peux vous y adresser et nous nous reverrons à ce sujet dans 1 mois ». Cette intervention permettait une réduction supérieure du poids: – 2,43Kg versus 1,04kg à 12 mois. C’est pas terrible quand même comme baisse…. Mais les auteurs concluent que l’intervention est efficace est acceptable.
2/ Cardiovasculaire
La HAS a publié une fiche mémo sur la prise en charge de l’HTA. C’est une redite des recommandations de la SFHTA de 2013, sans prise en comptes d’éventuelles avancées, ni de mise en avant de thérapeutiques (les IEC et ARAII sont toujours au même plan…) Étrangement, il faudrait passer rapidement à une bithérapie si la tension n’est pas contrôlée après 1 mois de monothérapie pour ne pas augmenter les effets indésirables liés à de fortes doses de médicament.  » Prescrire » dirait que multiplier les médicaments, c’est multiplier le risque d’effets indésirables. Par ailleurs, certains traitements (IEC par exemples) se débutent à faible dose et s’augmentent progressivement: difficile d’avoir des tension adaptées avant d’avoir atteint la dose efficace… Le point sur la fréquence des bilans s’avère un peu plus intéressant: tous les 1 à 2 ans pour la partie néphrologique (Na, K, créatinine, protéinurie) et tous les 3 ans pour la partie métabolique (glycémie, dyslipidémie). L’ECG n’est justifié que tous les 3 à 5 ans en l’absence d’autre facteur de risque.
Suite à l’article laissant supposer un lien entre supplémentation calcique et risque cardiovasculaire dont j’ai parlé il y a 2 semaines, un démenti n’a pas tardé à se faire entendre. Annals of internal medicine a publié un article provenant de la société américaine de cardiologie et de la société américaine d’ostéoporose pour dire que les études ne soutenaient pas un lien entre supplémentation calcique et maladie cardiovasculaire, mortalité cardiovasculaire ou mortalité globale. Ils précisent cependant qu’il ne faut pas dépasser 2,5g/j  d’apport calciques. (Je ne vous montre pas la liste des liens d’intérêt, bien plus longue dans cette étude que dans celle d’il y a 2 semaines).
3/ Infectiologie
Le HCSP  a émis son avis de vaccinations obligatoires concernant les professionnels de santé. Outre les classiques « DTP-hépatite B » (le BCG n’étant plus obligatoire), il semblerait que les vaccinations rougeole, coqueluche et varicelle puissent être nécessaire en l’absence d’immunité. Concernant qui a fait le plus parler sur les réseaux sociaux: le vaccin de la grippe, il n’est bien évidemment pas obligatoire, mais reste recommandé. D’après l’argumentaire du HCSP, ce vaccin pourrait dans certains cas diminuer la transmission aux patients dans les établissements de santé avec un faible niveau de preuves. Aucune étude ne semble aller dans ce sens pour les professionnels de santé en ambulatoire… Alors pourquoi vacciner? 
Une étude du Jama internal medicine parle des antibiotiques inappropriés. On peut voir que près de 50% des antibiotiques prescrits ne sont pas appropriée, c’est à dire que ce ne sont pas des antibiotiques de première intention. L’article ne revient même pas sur l’indication de ces antibiothérapies…
Heureusement pour nous, Archives de pédiatrie a compilé l’ensemble des traitements antibiotiques recommandés chez l’enfant! Pas de nouveauté sur les molécules mais modification des durées d’antibiothérapies dans les pneumopathies infectieuses non sévères: 5  jours (si 100mg/kg en 3 prises par jour) ou 7 jours (si 80-100mg/kg avec répartition en 2 prises par jour) pour l’amoxicilline quand suspicion de pneumocoque et 10 jours (au lieu de 14) pour la clarithromycine quand suspicion de bactérie atypique (clarithromycine en 1ère intention avant la josamycine).
Alors qu’en France on recommande que les nourrissons dorment dans la chambre parentale jusqu’à 6 mois pour réduire le risque de mort subite du nourrisson, les américains ont trouvé et recommandent qu’il faut poursuivre cela jusqu’à 1 an (je me demande si ceux qui ont rédigé ces recos ont déjà passé des nuits avec un enfant de plus de 6 mois dans leur chambre. Moi j’ai jamais pu dormir, et lui non plus…)
4/ Diabétologie
Pour finir, parlons exercice physique dans le diabète. Il semblerait que le moment de l’activité physique soit primordial. Ainsi, une étude en cross-over comparait 30 minutes de marche par jour versus 10 minutes de marche après chaque repas. C’est la que le critère de jugement doit être judicieusement choisi: les auteurs ont opté pour les glycémie post prandiales! Logiquement, quand on fait du sport juste après le repas, les glycémies post prandiales sont plus bases que si on fait du sport à un autre moment de la journée… Les évènements cardiovasculaires ne sont pas mesurés et les critères intermédiaires « classiques » (fructosamine car l’HbA1C n’a pas été étudiée, cholestérol et tension artérielle) ne sont pas significativement différents entre les groupes. Conclusions: mis à part démontrer que faire du sport après les repas, fait baisser la glycémie après les repas, cette étude n’est pas novatrice… Comme quoi, le critère de jugement est une fois de plus important.
C’est fini, avec à peine un jour de retard sur le planning! Encore un joyeux Halloween et à la semaine prochaine!!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°112: médicaments de la maladie d’Alzheimer, anévrisme de l’aorte abdominal, syncopes

Bonjour à tous, et bonnes vacances pour ceux qui en ont et qui vont pouvoir profiter pour se reposer! (En même temps, si vous êtes en vacances, j’espère que vous ne passez pas votre temps libre à lire un billet d’actualités médiales… il faut décrocher de temps en temps!). La semaine n’a pas été très dense, voici les nouveautés!
1/ Pharmacovigilance
Cela a fait le tour de l’hexagone en quelque heures: la commission de transparence de la HAS a réévaluer les médicaments de la maladie d’Alzheimer (mémantine, donepezil, rivastigmine et galantamine) pour leur conférer un service médical rendu insuffisant, ce qui devrait conduire à leur déremboursement. Une décision logique compte tenu de leur absence de bénéfice clinique pertinent prouvé. Bien évidemment, la pathologie reste prise en charge à 100% compte tenu des aides et du suivi nécessaire au maintien de la qualité de vie des patients.
Un article publié dans JAMA Internal Medicine parle de 71 000 patients britanniques diabétiques. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de lithiase biliaire de 79% avec les analogues du GLP-1. Il n’y avait pas d’augmentation de ce risque avec les inhibiteurs de la DPP-4.
2/ Cardiovasculaire
J’avais parlé l’an dernier du dépistage de l’anévrisme de l’aorte abdominale (AAA) chez tous les sujets de 65 ans qui montrait un bénéfice en terme de mortalité chez les américains. En Europe, les suédois ont mené une campagne de dépistage similaire, et ont retrouvé que le dépistage permettait de diminuer de 27% la mortalité spécifique (nombre de sujets à screener pour éviter 1 décès: 667) (ou encore 4% de réduction par an si on reformule), mais la mortalité globale peinait à atteindre un seuil significatif (OR: 0,98 [0,96-1,00] ; p=0,1). Ainsi, le dépistage proposé par la HAS serait il plus adapté? Depuis 2012, il est recommandé de faire 1 échographie Doppler de dépistage aux patients de plus de 55 ans avec un antécédent familial d’AAA ou de plus de 65 ans avec tabagisme chronique ancien ou actif.
Le NEJM a publié une étude intéressante sur les causes de syncopes aux urgences (malheureusement, c’est aux urgences et pas en cabinet de médecine générale, donc la population ne sera pas exactement la même. N’est ce pas Mr White et Mr  Green ?). Les auteurs ont diagnostiqué 17% d’embolie pulmonaire sur les 560 patients. Ce qui est intéressant, c’est que parmi les 97 patients ayant fait une embolie pulmonaire, la syncope était le seul symptôme pour 24% (pas de tachypnée, pas de dyspnée, pas de signe de phlébite ni rien). Les D-Dimères seraient probablement à considérer devant tout bilan de syncope.
Que les buveurs de café se rassurent! Il n’y a pas d’augmentation du risque d’arythmie cardiaque lors d’ingestions massive de café. C’est ce que retrouve une étude menée chez des patients insuffisants cardiaque qui plus est…
C’est tout pour cette semaine, bonne vacances et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°111: AINS/insuf cardiaque, double antiagrégation (reco US), apport sel, surdiagnostic mammographie, PEC du diabète (Steno-2)

Bonjour! 
Nous sommes tous confrontés à des problèmes d’observance avec les patients. Je pense en particuliers à deux patients hypertendus que j’ai vu cette semaine, et dont je vous parlerai peut être plus tard. Bref, il se trouve que la vision des patients sur les médicaments « importants » n’est pas forcément celle que nous avons. Près de 20% des médicaments considérés comme important par les médecins ne sont pas bien pris par les patients, et dans près de 50% des cas, cette non-observance était intentionnelle (l’article ici). Sur cette introduction pour rappeler que la relation médecin-patient, est aussi (surtout?) une relation patient-médecin, voici les actualités de la semaine!
1/ Pharamcovigilance
La HAS a émis une fiche mémo sur la prise en charge de la fièvre chez l’enfant. C’est bien une monothérapie qui est toujours conseillée, avec le paracetamol en 1ère intention. Cependant je découvre qu’avant 10kg, la posologie maximale serait de 30mg/kg/jour . Les pipettes doseuses étant de 15mg par unité, il faudrait modifier parce que je surdose beaucoup de nourrissons de moins d’un an… 
Un article du BMJ revient sur les AINS et leurs effets cardiovasculaires. Dans cette étude de cas-témoins nichée dans une cohorte, le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque augmentait de 19% avec la prise d’AINS dans les 14 jours précédents. Parmi les plus pourvoyeurs d’insuffisance cardiaque étaient respectivement des coxibs, le diclofenac, l’ibuprofène et le naproxène (ce qui correspond à peu près à la puissance des AINS qui avait été étudiée dans le Lancet). Cette étude est néanmoins un peu étonnante car le celecoxib dont la cardiotoxicité est connue diminue non significativement le risque d’insuffisance cardiaque et le naproxène qui a habituellement un risque inférieur d’évènement cardiovasculaire aux autres voit sont risque significativement augmenter  (cf ici). Malgré les ajustements effectuer, ces éléments font penser à un biaise de prescription: en connaissance des données antérieures, on prescrit peut-être plus le celecoxib à des patients à très bas risque cardiaque et le naproxène aux patients à haut risque, ce qui serait concordant avec les résultats de cette étude.
2/ Cardiovasculaire
Je vais brièvement revenir sur la mise à jour des recommandations de double anti-agrégation plaquettaire chez les patients avec coronaropathie. Pour mémoire, l’étude DAPT avait montré une diminution des évènements cardiovasculaires sur un critère composite lors d’un traitement prolongé, mais une augmentation de la mortalité et une méta-analyse comprenant cette étude ne retrouvait strictement aucun bénéfice (j’en avait parlé ici). Peu après, l’étude OPTIDUAL ne montrait pas non plus d’intérêt en France. Dans ce contexte, les américains disent  désormais qu’une bithérapie prolongée pour tous les patients dont le risque hémorragique n’est pas élevé  « est une option raisonnable » (allez comprendre!! #BigPharma …) : aussi bien chez les patients avec coronaropathie stable que chez ceux ayant eu un infarctus aigüe  (petites exceptions: le coronarien stable n’ayant pas eu de revascularisation et le patient ayant eu un infarctus traité avec un pontage). Les auteurs de la recos sont d’ailleurs fiers de dire qu’il n’y a pas d’augmentation de mortalité. Rappelez moi l’intérêt d’augmenter la durée d’un traitement à risque quand il n’y a pas de bénéfice clinique… (en dehors de vendre plus de boites, bien sûr)
L’hypotension orthostatique  a été étudié pendant 15 ans en moyenne dans une étude de cohorte publiée dans PLOS Medicine. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de démence de l’ordre de 10-15% chez les patients présentant une hypotension orthostatique, notamment en cas de dysautonomie associée. L’hypothèse avancée est que la démence serait favorisée par les épisodes d’hypoperfusion cérébrale répétés. Il serait intéressant de voir si la stimulation cognitive chez les patients avec une hypotension orthostatique permet de réduire le risque de démence!
Quel est l’apport optimal de sel par jour? Ce débat a conduit à la publication d’un article sur deux études randomisant les apport en sel (régime contrôlé vs alimentation normale). Ces études retrouvent une diminution linéaire de la mortalité chez les patients avec la baisse de la consommation en sel allant jusqu’à 25% de risque de décès en moins sous les 2,3g/jour. Faudrait-il  revoir l’objectif de 3-4g/j pour les régimes peu salés suite à cette étude? D’une part, les patients inclus étaient relativement jeunes à l’inclusion 45 ans en moyenne, suivis 20 ans ce qui amène à 65 ans en fin d’étude, ce qui ne correspond globalement pas à des patients âgés, multi-morbides ou fragiles. Ensuite, les apports étaient quantifiés par mesure de la natriurèse des 24h et là je laisse Perruche En Automne en parler parce qu’il le fait si bien ici (quitte a randomiser, autant contrôler directement les apports des patients. Certes, préparer a manger pour des patients pour 20 ans, c’est pas facile…) Probablement que limiter au maximum les apports en sel est bénéfique chez des patients pré-hypertendus sans comorbidité, mais pas forcément chez des patients fragiles insuffisants cardiaques ou insuffisants rénaux pour lesquelles la restriction totale en sel pourrait s’accompagner d’une restriction des apports caloriques (Si les spécialistes du domaine ont des études qui prouvent le contraire, n’hésitez pas à les mettre en commentaire!)
« Winter is coming! » comme disent certains, et avec lui les marcheurs blancs ampoules de vitamine D! Le débat fait toujours rage: faut il associer du calcium à la vitamine D? Le journal de l’association américaine de cardiologie retrouve une diminution du risque d’évènement cardiovasculaire de 27% pour des apports supérieurs à 1200mg/jour (par rapport à des apport inférieurs à 300mg/j). Cependant, le risque cardiaque augmente de 22% chez les patients prenant une supplémentation calcique! Conclusion : mangez des yaourts, c’est mieux que prendre une pilule!


3/ Gynécologie
Pour la troisième semaine de suite, je parle de mammographie. Cette fois, c’est le NEJM qui publie une étude sur l'(in)efficacité de la mammographie de dépistage. Les auteurs retrouvent que depuis le début du dépistage la diminution du nombre de cancer avancé est inférieur au nombre de cancer de petite taille diagnostiqué, ce qui correspondrait à un surdiagnostic de 132 cancer pour 100 000 patientes, soit 39% de surdiagnostic. En tenant compte des progrès thérapeutiques dans les cancers avancés, les auteurs concluent que le dépistage sauverait 8 vies pour 100 000 femmes suivies pendant 10 ans, ce qui est encore moins que dans la revue Cochrane qui retrouvait un bénéfice de mortalité de 1 pour 1000. Il faut vraiment revoir ce dépistage…
4/ Diabétologie
Pour finir, l’article Steno-2 parlant de la prise en charge multifactorielle des patients diabétiques a été publié dans Diabétologia. Le traitement « intensif » (que je nommerai plutôt « multifactoriel ») a démontré une diminution de la mortalité globale de près de 50% à 20 ans avec une médiane de survie plus longue de 8 ans dans le traitement multifactoriel. Ce qui est le plus intéressant dans cette étude, ce sont les « objectif de traitement » chez ces patients diabétiques avec microalbuminurie. Notons qu’à la fin de l’étude, les Hb1C sont identiques (7,4% et 7,5%) et le LDL choletérol aussi (0.81g/L vs 0,81g/L, donc < 1g/L partout, comme quoi ce critère n’est pas discriminant)! Ce qui a différé, ce sont les traitement avec plus de patients sous metformine, sous bloqueur du système rénine angiotensine et aspirine. (autant sous statine à la fin de l’étude mais la statine a été introduite plus précocement dans le groupe traitement multifactoriel). D’après les objectifs de l’étude, les patients avaient tous un IEC/ARAII, de l’aspirine, et avaient en moyenne une PAS de 131mmHg. Bref, une étude très complexe et intéressante pour dire que la différence de mortalité ne se fait ni sur l’HbA1C ni sur le LDL-cholestérol.
Voilà pour cette semaine! Pour ceux qui auraient des doutes sur la disparition de la profession de médecin face aux progrès des ordinateurs, rassurez vous, on a encore un peu d’avance sur l’intelligence artificielle!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°110: multimorbidité, IRS et tamoxifène, mammographie (CNGE), vomissements gravidiques, quel AOD choisir? Stop aux objectif du diabète?

Bonsoir à tous! J’espère que vous allez bien. Personnellement, je commence à voir la fin des certificats médicaux inutiles et c’est pas plus mal. L’installation c’est bien, mais ça sera mieux quand je n’aurai pas un « nouveau patient » et son dossier à mettre entièrement à jour à chaque consultation! Pour commencer, je rappellerai que les études ne sont généralement pas des conditions de vie « réelle »: les patients sont sélectionnés et il faut garder ça en tête. Une étude du BMJ open vient nous le rappeler en retrouvant que 79% des études excluent les patients avec des comorbidités, alors que plus de 70% des patients que nous suivons sont multimorbides.
1/ Pharmacovigilance
Pour commencer ce chapitre, l’ANSM a publié une note d’information sur le risque de migration des implants contraceptifs. Ainsi, l’ANSM souligne l’importance pour les professionnels de santé d’avoir reçu une formation pratique (et non uniquement sur vidéo) ou d’être supervisé par un médecin expérimenté ( #JamaisLaPremièreFoisSurUnPatient ). De mémoire, le Nexplanon avait un système de pose permettant de limiter le risque d’insertion en profondeur, contrairement à ce qui était fait avec l’Implanon. Je ne crois pas avoir encore perdu de Nexplanon chez une patiente en tous cas…. Si ça arrivait, l’ANSM recommande une recherche de l’implant par échographie ou TDM ou même IRM!
D’après les « ouvrages de référence » le Tamoxifène est contre indiqué avec les inhibiteurs de recapture de la sérotonine, notamment la paroxetine (inhibiteurs du CYP2D6 ce qui peut diminuer l’efficacité du tamoxifene de plus de 60%). Une étude de cohortes (15 000 patientes au total suivies pendant près de 20 ans) du BMJ n’a pas retrouvé d’augmentation de mortalité globale chez des patientes sous tamoxifène traitées par paroxétine ou fluoxetine  par rapport aux autres inhibiteurs de recapture de sérotonine. Voilà qui est rassurant.
Une étude publiée dans le JAMA Internal Medicine, a étudié le risque de pancréatite avec les traitements antidiabétiques oraux. Cette étude cas-témoin niché dans une cohorte a analysé les données de plus d’un million cinq cent mille patients et ne retrouve pas d’augmentation significative du risque de pancréatite chez les patients avec une gliptine (analogue du GLP1 ou inhibiteur de DPP-4) par rapport à ceux ayant 2 antidiabétiques oraux ou plus (non gliptine). Cependant, même si 3500000 Personnes-années suivies, quand il y a autant de patient, cela ne correspond en moyenne qu’a 2 ans de suivi.Si les pancréatites liés qu médicament sont des complications qui surviennent à plus long terme, elles peuvent ne pas avoir été repérées. (L’étude n’étant pas interventionnelle, on peut supposer que certains patients avaient une gliptine depuis plus longtemps que ça, ce qui limite un peu ce biais).
2/ Cardiovasculaire
Maintenant qu’il est de plus en plus recommandé de prescrire des anticoagulants oraux directs (AOD), il reste à choisir lequel prescrire. Dans la fibrillation auriculaire, une étude a retrouvé que les patients de plus de 65 ans sous rivaroxaban avait une augmentation significative du risque d’hémorragie cérébrale de 65% et d’hémorragies extra-craniennes (notamment digstives) de 48% par rapport à ceux sous dabigatran. La baisse non significative des AVC ischémiques sous rivaroxaban était bien inférieure au risque hémorragique. Enfin, chez les plus de 75 ans, le rivaroxaban était associé à un sur-risque significatif de mortalité. Comme quoi le « 1 prise par jour » n’est pas toujours optimal.

3/ Gynécologie
Le CNGE s’est prononcé sur le dépistage du cancer du sein par mammographie. Très diplomatiquement et sans dire si le dépistage est utile ou inutile, la conseil scientifique dénonce l’information non tronquée qui est faite aux femmes. En effet, bien que l’efficacité relative soit bien de 20% de réduction de mortalité spécifique, il n’est pas précisé que le bénéfice absolu est de 1 pour 1000 et que 1% auront une biopsie inutile et 5 pour 1000 seront sur-diagnostiquées et sur-traitées.
Dépistage toujours, mais pour les frottis cervicaux-utérins. Une étude Néerlandaise a retrouvé que l’incidence des lésion pré-cancéreuses était plus faible chez les patientes de plus de 40 ans, ce qui pourrait permettre un espacement des frottis (en cas de recherche d’HPV oncogènes négative).
Enfin, le JAMA a publié une revue sur les traitements des vomissements gravidiques. Ils concluent que pour des vomissements légers, le gingembre et la vitamine B6 sont efficaces et peu dangereux (probablement surtout peu dangereux), tout comme les anti histaminiques et le metoclopramide. Pour les vomissements modérés l’association vitamine B6-doxylamine ou ondansetron peuvent être utilisés et sont plus efficaces que le placebo. Cependant, les auteurs nuancent leurs résultats par le faible niveau de preuve des résultats obtenus.
4/ Dermatologie
Les américains ont publiés leur recommandations de prise en charge de l’acné. Elles diffèrent pas mal de nos récentes recommandations françaises, en préconisant, comme dans nos anciennes recos, des rétinoïdes topiques en cas d’acné rétentionnelle et du peroxyde de benzoyle en cas d’acné inflammatoire, alors qu’en France depuis 2015, l’association des deux est à utiliser en première intention. Le reste est relativement semblable: pas d’antibiotique topique en monothérapie locale, le traitement par macrolide est à tester pour une durée de 3 mois et les pilules oestro-progestatives sont efficace dans l’acné.
5/ Orthopédie
N’en déplaise aux chirurgiens, opérer n’est pas toujours indispensable ou du moins urgent. Des patients avec dégénérescence méniscale ont été suivis pendant 2 ans(c’est court quand même pour ce genre de pathologies). Ils ont été randomisés entre : activité physique et méniscectomie partielle par arthroscopie. A 3 mois, l’activité physique améliorait significativement la force musculaire (logique), mais aucune différence n’était retrouvée pour le score fonctionnel utilisé (KOOS) à 2 ans ni sur le score de qualité de vie (SF-36). Au cours du suivi, 19% des patients du groupe activité physique ont néanmoins eu un traitement chirurgical sans bénéfice retrouvé sur le score fonctionnel à long terme.
6/ Diabétologie
Un peu de diabétologie pour finir. Le Lancet Diabetes & Endocrinology a publié une étude comparant un traitement basé sur des objectifs (HbA1C < 7%, LDL < 1g/L et TA < 130/80) avec un traitement personnalisé visant à réduire le risque cardiovasculaire sous les 10% à 10 ans et le risque micro-vasculaire inférieur à 5% à vie. (N’arrivant pas à avoir l’article en entier, je n’ai pas la méthodologie détaillée ni les score utilisés). Les auteurs retrouvent que le traitement personnalisé diminuerait de 25 à 30% les complications du diabète par rapport au traitement sur objectif en étant en plus cout-efficace d’un point de vue de la société. Un argument de plus pour cesser d’avoir des objectif sur des critères intermédiaires de mauvaise qualité dans le diabète.
Je vous remercie une fois de plus de me lire si régulièrement et pour vous encouragement sur les réseaux sociaux! A la semaine prochaine, 
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°109: LDL cholestérol et risque cardiovasculaire, mesure de l’hypertension, acide folique, burn-out des médecins.

Bonsoir! 
Octobre commence, ce qui va rimer avec la successions de campagne de dépistage sur le cancer du sein. Une occasion de plus pour la sécu de pointer du doigt à quel point les généralistes n’atteignent pas leur « objectif » de mammographie effectuée. Est-ce le nombre de mammographie  ou le nombre de femmes à qui le dépistage a été expliqué et qui ont fait leur choix qui importe? Sur ce sujet, la vidéo de « cancer-rose » explique particulièrement bien les enjeux de ce dépistage, suivie des actus de la semaine!

1/ Cardio-vasculaire:
On va commencer par parler cholestérol, ce sujet est inépuisable étant donné que l’on trouve tout et son contraire. En effet, le JAMA a publié une méta-analyse retrouvant que chaque baisse de 1mmol/L de LDL (0,40g/L) est associé à une réduction de 23% des évènements cardiovasculaires avec une statine et de 25% avec un autre traitement hypolipémiant tel que le questran, l’ezetimibe, mais aussi règles diététiques et chirurgie bariatrique (autant dire que tout a été mélangé). Mêmes les fibrates diminueraient les évènements cardiovasculaires (RR: 0,88). Les auteurs concluent que le NNT pour éviter 1 évènement cardiaque par baisse de 1mmol/L le LDL est de 67 en prévention primaire et 22 en prévention secondaire. J’ai toujours du mal à comprendre comment à partir d’études qui ne montrent pas de différence significative, on retourne le critère de jugement pour déduire que le critère « intermédiaire » (baisse de LDL) est associé à l’évènement cardiovasculaire grâce au traitement. Probablement qu’en incluant des patients avec des LDL supérieure à 2g/L dans certaines études, une baisse de cholestérol quelque soit le moyen puisse être associé un gain cardiovasculaire (mais est ce parce que le cholestérol baisse que le risque cardiaque diminue ou le contraire?). L’hétérogénéité des études ne permet à mon avis pas de conclure sur l’efficacité des traitements en prévention cardiovasculaire, mais remontre bien une association pas forcément causale entre LDL et évènement cardiovasculaire.
Chez le concurrent du JAMA, dans le BMJ Open, une revue de la littérature étudiait cette association LDL et mortalité chez les plus de 60 ans (les « elderly », qui ne sont pas si âgés que ça en fait…). Les auteurs retrouvent que dans certaines études, le LDL élevé n’est pas associé à la mortalité; que dans d’autres il est associé à une augmentation de la mortalité, et enfin que dans certaines études, un LDL bas était aussi associé à une augmentation de la mortalité! Cette analyse (qui comporte néanmoins un certain nombre de biais de sélection des études analysées) remet en cause la « théorie du cholestérol » et oriente vers un bénéfice des molécules dans la prise en charge du risque cardiovasculaire et non un bénéfice de la baisse du LDL.
Une nouvelle étude, cette fois ci publiée dans le journal Circulation, a comparé un traitement intensif du diabète en post-infarctus (objectif de glycémie à jeun entre 0,85 et 1,1g/L) versus un traitement standard. Les auteurs retrouvent que le traitement intensif augmente la mortalité cardiovasculaire et la mortalité globale chez les patients traités intensivement 30 jours après leur infarctus, une différence qui persiste dans le même sens jusqu’à 5 ans après! Le nombre de patients à traiter pour entrainer un décès (NNH) était de 35 à 30jours et de 13 à 5 ans. Après un infarctus, il faut bel et bien revoir les objectif glycémiques à long terme à la hausse.
Enfin, un article parle des conditions de mesures tensionnelles au cabinet. Ainsi, laisser le patient se reposer 5 minutes en l’absence du praticien abaisserai en moyenne sa tension de 10/7 mmHg. Les résultats obtenus dans l’étude SPRINT ont été obtenus dans ces conditions et visait une tension systolique inférieure à 120mmHg, ce qui correspondrait à un objectif de 130mmHg pour des mesures « classiques en cabinet ». Or le groupe traitement intensif dans Sprint avait 121mmHg de PAS (->131mmHg) et le groupe non intensif 136mmHg (-> 146mmHg en conditions classiques). L’étude Sprint aurait dont mis en évidence qu’il fallait cibler une tension inférieure à 140mmHg mesurée de façon classique pour diminuer le risque cardiovasculaire. Pour revenir sur les mesures tensionnelles, il faut adapter les cibles au mode de mesure: les seuils ont déjà été abaissé à 135/85 pour des automesures, peut être faut il considérer 130/80 si la mesure est faite après 5 minutes de repos.
2/ Néphrologie
Un essai contrôlé randomisé publié dans le Jama Internal Medicine a étudié l’association enalapril 20mg + acide folique 0,8mg versus enalapril 20mg en prévention de l’insuffisance rénale chez des patients de 45 à 75 ans hypertendus en prévention cardiovasculaire primaire. Les auteurs retrouvent une réduction significative du déclin de la fonction rénale dans le groupe « acide folique » à 4 ans, notamment chez les patients ayant une maladie rénale chronique préexistante ou un DFG initial estimé inférieur à 60ml/min. L’étude princeps avait montré une diminution des AVC également avec l’ajout d’acide folique! Et vous allez me dire: pourquoi ne mettons pas de l’acide folique à tous ces patients étant donné qu’ils avaient des folates à 7 (Norme: 5-15)? Parce qu’heureusement, entre les lignes de l’étude princeps, on retrouve le dosage de la mutation génétique MTHFR C677T qui est impliqué dans le métabolisme de l’acide folique et présente à l’état homozygote chez 25% de la population chinoise contre 10% à peine en France: ce qui peut expliquer les résultats de l’étude. Moralité: même les belles études publiées dans les grandes revues et qui ont l’air applicables ne le sont pas forcément.


3/ Psychiatrie

Une étude semblait favorable à la prise de paroxetine chez les adolescent ayant un épisode dépressif majeur après 8 semaines de traitements. Cependant, la suite de l’étude vient d’être publiée, et dès 12 semaines et jusqu’à la fin de l’étude à 32 semaines, l’efficacité des antidépresseurs (paroxetine ou imipramine) n’a pas été supérieure au placebo, contrairement au nombre des effets indésirables. Les prise en charges psychologiques restent le traitement principal des épisodes dépressifs majeurs de l’adolescent.

Le Lancet a publié une méta-analyse sur la prise en charge du burn-out des médecins. L’étude retrouve que la plupart des interventions ont diminué le burn-out et ses composantes de détresse émotionnelle et de dépersonnalisation. Ces interventions sont cependant peu décrites, mais on retrouve: des aménagements de poste, ateliers de gestion du stress, des psychothérapies et méditation en pleine conscience.


4/ Infectiologie

Pour finir sur une note positive au niveau de la vaccinologie, il semblerait d’après une étude canadienne qu’un taux de vaccination anti HPV 16 de 40% chez les femmes permette une réduction de la prévalence des HPV 16 de près de 50% chez les femmes et 65% chez les hommes avec un bénéfice qui apparaitrait dès 20% de couverture (soit, environ le taux de vaccination actuel en France). Sur les autres souches vaccinales l’efficacité était supérieure au HPV 16. Attendons maintenant de voir si ces modèles statistiques ont raison dans des études de cohorte.
C’est fini pour cette semaine, bonne reprise et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus 

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Dragi Webdo n°108: bêta-bloquants en post-IDM, andexanet, benzodiazépines (CNGE), diversification alimentaire, traumatisme cranien et sertraline.

Bonsoir! C’est la panse bien remplie et l’esprit tournée vers ma quatrième décennie de vie que je vais vous faire part des infos et actualités médicales que j’ai pu retenir cette semaine. Après 3 semaines de rentrée denses, il semblerait que ça se calme, et c’est pas plus mal. Bonne lecture!


1/ Pharmacovigilance
Pour commencer, l’ANSM revient sur les posologies de colchicine pour limiter le risque de surdosage. L’agence rappelle qu’il est recommandé de ne donner que 2mg les 3 premiers jours de traitement suivi de 1mg par jour, plutôt que 3mg le premier jour, 2mg les deux suivants et 1mg par la suite.
Le CNGE revient sur l’utilisation des benzodiazépines et leur balance bénéfice risque défavorable compte tenu des addictions, syndromes de sevrages, risque de chute et troubles cognitifs qui composent la longue liste de leurs effets indésirables. Comment diminuer leurs prescriptions: d’une part en ayant recours à des alternatives thérapeutiques (pas forcément médicamenteuses) et d’autre part en prenant en charge l’arrêt des traitements grâces aux mesures essentiellement non-médicamenteuses.
Une étude d’Annals of internal medicine a recherché si la vaccination anti-grippale pendant la grossesse était responsable de malformations congénitales. Chez les 15 000 patientes enceintes vaccinées et 200 000 non vaccinées, le taux de malformations était similaires et voisin de 5%. Des données rassurantes à la veille du début de la campagne de vaccination
2/ Cardio-vasculaire
Une étude française est parue dans le BMJ. Elle s’intéressait aux bêta bloquants en post-infarctus en l’absence d’insuffisance cardiaque. C’était une étude de cohorte prospective étudiant la mortalité des patients en post-infarctus à 1 mois et à 1 an selon la prescription (ou l’absence de prescription) de bêta bloquants. La prescription de bêta bloquant dans le 48 heures suivant le diagnostic était associé à une baisse de la mortalité de près de 55% à 1 mois. Mais, à 1 an, les patients toujours sous bêta-bloquants n’avait pas une mortalité plus faible que ceux ayant interrompu leur traitement. Cependant, la même comparaison a été effectuée chez les patients sous statines et ceux ayant interrompu leur statine: le risque de mortalité chez les patients prenant encore leur statine était diminué de 60%! L’étude n’analyse malheureusement pas les sous-groupes de statines pour savoir si cet effet était lié à une molécule en particulier ou à toutes…
L’Andexanet alpha, antidote du rivaroxaban et de l’apixaban, est enfin testé chez des vrais patients traités faisant une hémorragie sévère. Environ la moitié des patients avaient un saignement digestif et l’autre moitié un saignement intracrânien, et étaient traités à 75% pour de la fibrillation auriculaire et 25% pour un épisode thromboembolique. Biologiquement, le traitement était efficace. Cliniquement, à 30 jours, 15% des patients étaient décédés et  18% des patients avaient eu un évènement thromboembolique (attention, ces patients peuvent se « recouper »). Le problème de cet étude est qu’elle ne comporte qu’une centaine de patient et que tous les patients sont traités par andexanet. Il n’y a pas de groupe contrôle qui aurait été traité par du PPSB par exemple. Il est donc difficile de dire si l’andexanet est un super antidote ou non.
3/ Pédiatrie
Une revue du Jama a étudié l’âge d’introduction des aliments chez l’enfant et le risque d’allergie ou de maladie auto-immune. Ainsi, introduire des œufs entre 4 et 6 mois et des fruits à coque entre 4 et 11 mois diminue le risque d’allergie à ces aliments. De plus, introduire du poisson « tôt » pourrait réduire le risque de rhinite allergique (là, le mécanisme m’échappe). Enfin, l’âge d’introduction du gluten n’était pas associé au risque de maladie cœliaque.

4/ Traumatologie
Ce n’est pas très médecine générale, mais comme il s’agit de prévention, pourquoi pas! La sertraline à 100mg/j a été testé chez les patients traumatisé crâniens pendant 6 mois en prévention de syndrome dépressif post-traumatique dans un essai contrôlé randomisé. Le risque de dépression était diminué chez les patients traités avec un nombre de sujet nécessaire à traiter pour éviter un évènement (NNT) de 6, avec une bonne tolérance. De façon très intéressante, l’article ne comporte pas d’odd ratio ou de risque relatif: les auteurs ont choisi de ne donner leurs résultats qu’avec un NNT.
Voilà pour cette semaine. C’était court, comme je l’avais annoncé. Je finirai sur le rapport du conseil de l’ordre des médecins sur la place du « médecin dans la société de l’information et de la communication » qui revient sur la publicité, la déontologie et l’e-réputation du médecin sur internet et les réseaux sociaux. Des réflexions du CNOM qui me poussent à ne pas modifier mon pseudonyme et à ne pas sortir officiellement de mon relatif anonymat.
Bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°107: SUSTAIN-6 (semaglutide vs placebo), statines, Bacloville, vaccins HPV/Zona, cancer prostate, maltraitance (et Pokemon)

Bonjour à tous! Je suis déçu de ne pas avoir pensé à faire une recherche sur « pokemon go » sur twitter pour ensuite faire une publication dans le Lancet! D’autres l’ont fait et ont retrouvé que 18% des tweets à propos de pokemon go concernaient des personnes qui jouaient en conduisant! Fini les recherches sur pubmed, Twitter est dans la place (et un certain nombre de voitures à la casse….). Heurusement que le Pr Falissard rappelle les bien faits de Pokemon Go pour le psychisme dans cet article (et oui, mon psychisme va bien!). Aller, c’est parti pour les actualités de la semaine!
1/ Diabétologie
Je commence par le congrès de l’association européenne de diabétologie qui s’est tenu à Munich avec la présentation de l’étude SUSTAIN-6. C’était un essai contrôlé randomisé testant un analogue du GLP-1 (Semaglutide) versus placebo dans la prise en charge du diabète de type 2. Les patients inclus avaient à 90% un antécédent cardiovasculaire et plus de 50 ans (les 10% restant avaient plus de 50 ans et une néphropathie sévère). Les auteurs retrouvent qu’après 2 ans de traitement, le semaglutide a diminué le risque d’évènement cardiovasculaire de 25% environ, et les progressions de rétinopathies et néphropathie on étalement été ralenties dans les groupes traités. Maintenant que le résultat a été donné, recontextualisons l’étude: financée par Novo Nordisk qui a effectué l’analyse! Ensuite le semaglutide a été testé à 0,5 et à 1 mg. Séparément, aucun des dosage n’a prouvé son efficacité, mais l’analyse en commun des 2 dosages a permis d’avoir ce résultat significatif sur le critère primaire. D’ailleurs, la quantité d’effet est identique pour les deux dosages, ce qui réduit l’intérêt du dosage à 1mg. L’HbA1C, initialement supérieure à 8% a été réduite à près de 7,3% dans le groupe 1mg et 7,6% dans le groupe 2mg. Cela peut signifier 2 choses: d’une part que viser une HbA1C inférieure à 7,5% est inutile (ça on l’avait déjà noté), et d’autre part que l’effet retrouvé dans cette étude est peut être du simplement au meilleur contrôle glycémique, car la seule preuve d’efficacité sur les objectif d’HbA1C c’est que les effets cardiovasculaire se produisent au dessus de 8% et en dessous de 6%. Or les patients du groupe placebo ont conservé une HbA1C >8% durant toute l’étude sans qu’un autre traitement du diabète ou un renforcement de leur traitement n’ait visiblement été effectué. Enfin, si on compare à l’étude LEADER, le semaglutide n’a pas permis de baisser la mortalité globale, comme l’avait fait le liraglutide. Pour les effets secondaires, plus de troubles digestifs avec le semaglutide. Mais je me pose toujours des questions quand le placebo est responsable de plus d’effets secondaires graves qu’un traitement actif… Bref, si un analogue du GLP-1 doit être utilisé, préférer le liraglutide. (Pour les refs de tout ce que j’ai cité, c’est ici).
2/ Cardiovasculaire

Le Lancet a publié une revue de la littérature sur l’efficacité des statines. Les très nombreux auteurs expliquent comment et pourquoi les résultats d’efficacité ont été sous-estimés et les effets indésirables sur-estimés dans les études. Il concluent qu’en prévention primaire, le NNT est de 20 patients et de 10 patients en prévention secondaire. Concernant les effets indésirables, il semblerait que seul 1 patient sur 100 ait des myalgies! Je crois que les auteurs, qui sont, soit dit en passant, les auteurs des « grandes études » sur les statines, n’ont jamais vu un patient de ville, à force de faire des conférences pour les laboratoires pharmaceutiques (cf la liste d’une page complète de conflits d’intérêt pour tous les auteurs). Heureusement que des sites EBM nous montrent les vrais chiffres avec 10% de patients avec myalgies, 1% de patient développant un diabète, un NNT pour un évènement cardovasculaire ou décès évité de 84 patients en prévention secondaire et 129 en prévention primaire sans bénéfice sur la mortalité.


3/ Addictologie
L’étude addictologique du mois, est l’étude française Bacloville, évaluant l’efficacité du baclofène dans la prise en charge de l’alcoolo-dépendance. Les premiers résultats de l’essai contrôlé randomisé ont été présentés au congrès d’addictologie de Berlin et montrent que le médicament est efficace pour normaliser la consommation d’alcool (détail des résultats ici). En effet les auteurs n’ont pas cherché à obtenir une abstinence totale, mais des consommations à faibles risques, comme recommandé par l’OMS (3 verres par jour chez l’homme et 2 chez la femme). Concernant les effets indésirables, les résultats ne sont toujours pas disponibles, ce qui est le point négatif de cette annonce précoce d’efficacité du médicament. Attendons la publication de l’article pour en reparler plus en détail.

4/ Infectiologie
Vaccinologie pour être précis! Je suis toujours aussi peu enclin à vacciner contre le Zona, mais une nouvelle étude est en faveur de ce vaccin. Le NEJM a publié un essai contrôlé randomisé assez monstrueux, avec 13 000 patients de plus de 70 ans inclus ayant reçu soit le vaccin, soit un placebo. Les auteurs retrouvent une efficacité d’environ 90% du vaccin pour prévenir le Zona et de 90% pour prévenir les névralgies post-herpétiques. A lire l’article, on croirait que parmi les patients vaccinés ayant eu un zona, l’incidence des douleurs post-herpétique est plus faible que parmi celles ayant eu un zona et n’ayant pas été vacciné. En fait, l’incidence des douleurs post-herpétique est identique dans les deux groupes (environ 15% des patients ayant eu un zona), mais comme il y a moins de zona chez les vaccinés, il y a moins de douleurs post-herpétiques. Le zona étant un inconvénient temporaire, les douleurs étant plus embêtantes, le NNT pour ces douleurs est de 909 patients! (NNT de 120 pour éviter 1 zona) Donc, on a un vaccin efficace, mais la prévalence du zona fait qu’il faut vacciner énormément pour voir cette efficacité. Concernant les effets indésirables, il y avait plus de réactions au point d’injection mais pas de différence sur la mortalité, les maladies auto-immunes et les effets indésirables graves.
Pour parler du vaccin anti-HPV et du risque de syndrome de Guillain-Barré qui était suspecté, une étude scandinave a étudié les effets secondaires des vaccins. C’était une étude de cohorte menée sur 70 000 jeunes femmes avec un antécédent de maladie auto-immune dont 11 000 ont été vaccinée. Il n’y avait pas d’augmentation du nombre de nouvelle maladie auto-immune, ni de maladie neurologique chez les femmes vaccinées. Paradoxalement, il y en avait moins… L’incidence supposée étant de 1 pour 100 000 patientes, cette étude n’avait clairement pas la puissance pour montrer une différence. Cependant, elle rassure sur le fait de vacciner les patientes ayant une maladie auto-immune.
5/ Urologie
On va continuer sur le cancer de la prostate. Une étude du NEJM a observé la mortalité des patients ayant eu un diagnostic du cancer de la prostate localisé, suite à un dépistage par PSA selon les traitements entrepris. Les patients étaient randomisés selon le traitement en : surveillance, prostatectomie ou radiothérapie. La survie à 10 ans était d’environ 99% dans l’ensemble des groupes, sans différence significative. Logiquement, seul le taux de métastase et la progression du cancer était moins bonne dans le groupe surveillance. On peut conclure que la mortalité du cancer de la prostate, lorsqu’il est dépisté par PSA est extrêmement faible et n’est pas différente quelque soit le traitement ou l’absence de traitement. La question (qui n’en n’est donc pas une en réalité): ça ne sert à rien de dépister un cancer uniquement dans le but de le surveiller, n’est ce pas?

6/ Maltraitance
Pour finir, la HAS a mis à disposition un outil de repérage de maltraitance, avec un document interactif permettant d’avoir des certificats adaptés, des demandes de signalements et de connaitre les tribunaux pour effectuer les démarches.
Je vous remercie pour votre fidélité! et je vous souhaite une excellente soirée et bien sur:
Attrapez-les tous!!!

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Dragi Webdo n°106: Reco insuffisance cardiaque (ESC), vaccin grippe, Vitamine D/asthme, reco NASH, reco incidentalomes

Bonjour! Un Dragi Webdo n’a jamais été publié avec autant d’avance! Le planning du congrès de l’ESC ayant été particulièrement dense, j’ai terminé de lire leurs recommandations cette semaine. Ensuite, on passera aux autres actualités toujours aussi denses en cette période de reprise (malheureusement, je les trouves tellement intéressantes que j’ai du mal à ne pas en parler). Bonne lecture!
1/ Cardiovasculaire
L’ESC a donc également publié des recommandations sur la prise en charge de l’insuffisance cardiaque, très à la pointe et en accord avec les derniers articles parus l’an dernier et cette année. Toujours aussi longues, je vais essayer d’aller à l’essentiel en me concentrant sur l’insuffisance cardiaque chronique (la partie relative à l’aiguë décrite dans ces recos étant plutôt du domaine des urgentistes). Le diagnostic repose sur la clinique, le dosage du BNP ou nt-proBNP (qui aident également quand la FEVG est conservée) et l’échographie cardiaque. L’ECG est également recommandé. Le bilan complémentaire biologique doit comprendre:
– BNP ou NTproBNP, NFS, glycémie à jeun (HbA1C pour les américains), Na, K, créatininémie (l’urée et mises mais il est prouvé que ça ne sert à rien en l’absence d’anomalie de la créatiniémie alors faisons des économies), bilan hépatique, TSH, EAL, ferritine et coefficient de saturation en fer.
Au point de vue thérapeutique, pour l’insuffisance cardiaque à FE altérée (<50%): IEC + bêtabloquant SYSTEMATIQUE.
Si la FEVG < 35% ET patient toujours symptomatique: ajout d’un antagoniste des minéraloorticoides (spironolactone en 1ère intention). Si le patient est toujours symptomatique, remplacer l’IEC par un inhibiteur de la neprilysine (qui est forcément associé à un ARAII). Et si le patient à un QRS>130 ou un FC >70 ou est toujours symptomatique: revoir le cardio (parce que ces recos pronnent l’ivabradine, alors que le bénéfice est… bien caché). Je découvre à cette occasion que le ramipril est recommandé en 1 seule prie et non en 2 comme le dit le Vidal dans l’insuffisance cardiaque. Pour mémoire, inutile de doser le BNP quand un patient est sous inhibiteur de niprilisine car le médicament empêche sa dégradation: il faut doser le NTproBNP. Pour mémoire aussi, les inhibiteur calciques ont un profil d’effet indésirable défavorable chez l’insuffisant cardiaque SAUF pour l’amlodipine qui est « neutre ». 
En cas de FEVG préservée, seul les IEC et le candesartan sont parfois efficaces (bêtabloquants et les antagonistes des minéralocorticoides n’ont pas montré d’efficacité). Les diurétiques ne devraient être utilisés que pour les phases congestives. Enfin, les patients diabétiques pourraient tirer un bénéfice d’un traitement par empagliflozine.
J’en profite donc pour vous dire que la HAS approuve l’utilisation du sacubitril/valsartan avec un SMR important et un ASMR mineur chez les patients avec une FEVG < 35% et symptomatiques malgré un IEC ou un ARAII. Ca tombe bien, ça colle à ce que proposent les recos de l’ESC!
Enfin, l’étude AMERICA se demandait s’il était utile de chercher les lésions athéromateuses non coronaires asymptomatiques chez les patients avec une coronaropathie pour traiter plus intensivement ces lésions extra-cardiaque. L’étude est sans appel: ça ne sert à rien. Alors on leur laisse leur traitement déjà assez lourd et on ne les embête pas avec d’avantage d’examens.
2/ Pneumologie
La vaccination anti-grippale va approcher. Une étude de cohorte publiée dans l’European Respiratory Journal a inclus plus de 250 000 patients de plus de 65 ans sur 3 périodes. Quelque soit la période étudiée, les auteurs retrouve une diminution de la mortalité chez les patients vaccinés en analyses multivariée. Les NNT varient entre 150 et 750, sachant que plus la grippe est « virulente » plus le vaccin s’est retrouvé efficace.
Une revue Cochrane a étudié la prescription de vitamine D chez les enfants asthmatique. Ils retrouvent dans leur méta-analyses une diminution des exacerbations et des recours aux soins chez les enfants prenant de la vitamine D. Alors que les recos françaises pronent la vitamine D jusqu’à 5 ans puis de 11 à 16 ans, peut être faudrait il poursuivre la supplémentation entre 5 et 11 ans chez les enfants asthmatiques. (voici la petite infographie qui va bien)
Restons dans l’asthme. Les AINS pourvoyeurs de crise d’asthme, c’est écrit dans tous les livres. En pratique, un essai contrôlé randomisé ayant inclus 300 enfant asthmatiques n’a pas mis en évidence de crise d’asthme plus grave ou plus fréquente chez les patients ayant une fièvre traité par ibuprofène par rapport à ceux traités par paracetamol. Côté effets indésirables: pas de différences non plus, mais 6 (4%) effets indésirables graves sous paracetamol et 12 (8%) sous ibuprofène, ce qui ne laisse pas indifférent car la puissance des études n’est généralement pas suffisance pour mettre en évidence une différence significative (ils ont quand même réussi à avoir une angine grave hospitalisée dans le groupe ibuprofène, hein…)
3/ Infectiologie
L’OMS a mis à jour ses recommandations de prise en charge des infections sexuellement transmissibles. Elles ne diffèrent pas des recos françaises sauf pour le traitement du gonocoque. En effet, l’OMS recommande une dose unique de ceftriaxone à la dose de 250mg et non 500mg. Si un expert francophone voulait commenter cette différence de posologie, je serais ravi de savoir si on peut la baisser également en France.
L’USPSTF (la HAS américaine) s’est prononcée en faveur d’un dépistage de tuberculose latente chez les patients majeurs à risque (patients étant né ou ayant vécu dans un pays à forte prévalence ou vivant dans des conditions précaires). Le test de dépistage proposé est le test à la tuberculine intradermique ou les tests à interféron gamma (non remboursés en France et coutant près d’une centaine d’euros si ma mémoire est bonne)
4/ Hépatologie
Je vais très rapidement parler de la recommandation du NICE (HAS britannique) sur l’hépatopathie non alcoolique et conçu pour être adapté à un dépistage en soins primaires. En effet, si une échographie hépatique met en évidence une stéatose hépatique en l’absence de prise d’alcool régulière, cela suffirait à poser le diagnostic (quel qu’ait été l’indication de l’écho: anomalie du bilan hépatique ou un autre indication avec un bilan normal). La prise en charge: les règles hygiénodiététiques! Et le suivi doit s’effectuer d’abord par « ELF blood test » (score ELF d’évaluation de la fibrose hépatique) qui est une mesure non invasive de la fibrose, tant que l’ELF est normal. L’ELF est à répéter tous les 3 ans si normal ou bien le patient doit être adressé à un hépatologue pour mieux évaluer la fibrose (par les moyens classiques: fibroscan voir biopsie si besoin). En pratique, je n’ai jamais vu l’ELF utilisé.
5/ Endocrinologie
Pour finir, les recommandations de la société européenne d’endocrinologie sur la prise en charge des incidentalomes surrénaliens. Du point de vue du généraliste, c’est la conduite initiale qui est importante:
– Un examen clinique à la recherche de signes d’hypercorticisme
– Le TDM non injecté, puis injecté et avec wash out est recommandé en première intention (L’IRM et le PET scan ne sont utiles que si le TDM est insuffisant)
– Recherche des métanéphrines et normétanaphrines plasmatiques ou  urinaires ET test de freinage à la dexamétasone 1mg
– la mesure du rapport aldostérone/rénine chez les patients hypertendus ou si hypokaliémie
– la DHEA-S, androstenedione, 17-hydroxyprogesterone et testostérone chez l’homme ou estradiol chez la femme en cas de suspicion de corticosurrénalome (virilisation, enfant, hypercorticisme clinique)
Si ces éléments orientent vers une lésion bénigne (au TDM) et non fonctionnelle (d’après la bio et la clinique), essentiellement des adénomes et lipomes, il est inutile de pousser les explorations ou de recourir à un suivi particulier en dehors d’apparition de nouveaux signes.
C’est fini pour cette semaine qui était particulièrement dense. Je vais mettre un petit graphique visualisant le coût des études de médecine en France par rapport aux Etats Unis, histoire de dire que même si on est beaucoup moins payé qu’eux, on est aussi beaucoup moins endetté!
A la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°105: Congrès ESC (reco dyslipidémies, reco FA, CLARIFY:objectif tensionnel post-IDM), Reco VIH, Reco fibromyalgie, pneumopathies

Bonjour à tous et bonne reprise! J’espère bien évidemment que vous avez passé de bonnes vacances, reposantes et que vous avez envie de savoir quelles actualités médicales vous avez ratées pendant que vous bronziez paisiblement. Comme tous premiers Dragi Webdo de septembre, les actualités seront essentiellement consacrées au congrès de l’European Society of Cardiology (ESC), avec des choses plus ou moins prometteuses. Bonne lecture!
1/ Cardiologie
 Pour commencer, l’ESC a publié des nouvelles recommandations de prise en charge des dyslipidémies. Je me suis donc réjouis à l’idée de les lire, et j’ai quand même déchanté. En effet, alors que les recos américaines se montraient plutôt en faveur d’une baisse relative du LDL de 30-50% selon le risque cardiovasculaire, l’ESC revient à des objectifs de LDL. Il faudrait cibler un LDL < 0,7g/L en cas de très haut risque (prévention secondaire, insuffisance rénale sévère, diabète+atteinte d’organe ou diabète + HTA ou tabac ou dyslipidémie, risque cardiaque à 10 ans >10% d’après SCORE) (Je ne reviendrais pas sur « SCORE » qui reste le seul score cardiovasculaire validé en population française et dont l’utilisation est préconisée par le CNGE faute de mieux, même si d’autres calculateurs comme le QRISK sont peut être plus adaptés). Pour les patients à haut risque (score entre 5 et 10%, diabète non compliqué, insuffisance rénale modérée, HTA sévère et hypercholestérolémie sévère), la cible de LDL est de 1g/L. Comment atteindre ces objectifs: avec des statines! La molécule préférentielle n’est pas désignée, mais un tableau rappelle que seul la rosuvastatine 20 et l’atorvastatine 40 et 80 permettent une diminution de plus de 50% du LDL. En cas d’échec de monothérapie quelque soit le risque, l’ajout de l’ezetimibe (qui n’a pas démontré de bénéfice en dehors de la bithérapie avec la simvastatine en prévention secondaire d’un infarctus) est proposé. Les fibrates ne sont même pas mentionnés en cas d’intolérance à une statine: ezetimibe et colestriamine sont à préférer. Par ailleurs bien que le gemfibrozil soit le seul a avoir prouvé un faible bénéfice d’après ces recommandations, c’est le fenofibrate qui est recommandé (du coup, je comprend pas trop leur raisonnement) dans les hypertriglycéridémies supérieures à 2g en échec d’un traitement par statine (qui est à mettre en 1ere ligne) ou en cas d’intolérance aux statines.Une partie de la réponse réside probablement dans le faite que le gemfibrozil ne doit pas être associé à une statine car les effets indésirables musculaires sont accrus par rapport à une autre association association statine +  fibrate (mais ça n’explique pas pourquoi le fenofibrate est préféré en cas de monothérapie). Cette partie sur les hypertriglycéridémies est peu claire malgré la biblio présente dans l’article car les récentes publications ne sont pas en faveur d’une balance bénéfice risque positive pour un traitement en dehors des hypertriglycéridémies >4g/L et ce, essentiellement à cause du risque pancréatique plus que pour le risque cardiovasculaire. Enfin, concernant les sujet très âgés, le traitement de la dyslipidémie doit être poursuivi en prévention secondaire et à discuter si HTA+diabète+tabac+dyslipidémie en prévention primaire (bien qu’aucune étude n’ait clairement prouvé un bénéfice chez les sujets très âgés)
L’ESC a également publié des recommandations sur la fibrillation auriculaire. Peu de changements mais certains sont importants: le dépistage de la FA après un AVC ou un AIT doit être fait sur un enregistrement de 72 heures. Le score CHADSVASC doit toujours être calculé pour les FA non valvulaires (et donc la ETT doit être effectuée) et indique une nécessité d’anticoagulation s’il est supérieur ou égal à 2 pour les hommes ou 3 pour les femmes (mais à proposer dès que le score est de 1 chez l’homme et 2 chez la femme en cas de faible risque hémorragique: en gros le sexe féminin n’est plus un critère aggravant). Les anticoagulants oraux directs (AOD) sont recommandés préférentiellement aux AVK en l’absence de contre-indication (ça, c’était sur qu’on y viendrait avec l’arrivée des antidotes disponibles dans les services d’urgence). En post infarctus, ne soyez pas étonnés de voir pendant 6 mois des trithérapies anticoagulant + aspirine + clopidogrel, puis anticoagulant + aspirine ou clopidgrel jusqu’au 12ème mois. Mais passé ce 12ème mois, seul l’anticoagulant doit être poursuivi en monothérapie! Pour les traitements ralentisseurs et de contrôle du rythme, je n’ai rien de trouvé de changé si on s’en tient aux bêta-bloquants, à la flécaïne et à l’amiodarone (ce que je fais, parce que sinon je n’y comprends plus rien)
Pour renforcer l’utilisation des AOD dans la FA, une présentation du congrès retrouve une efficacité identique en prévention des AVC mais un risque de saignement intra-cranien inférieur sous AOD (surtout dabigatran) par rapport aux AVK.
Un étude présentée à l’ESC: CLARIFY. Cette étude de cohorte observationnelle a retrouvé étudié la mortalité des patients ayant eu un infarctus du myocarde selon leur pression artérielle. Les auteurs ont mis en évidence une courbe en U, montrant une augmentation de la mortalité de part et d’autre de la tension optimal que serait 130mmHg de PAS. Ainsi, la mortalité serait augmentée au delà 140mmHg et également sous 120mmHg. Ainsi, si on compare ces résultats à ceux de l’étude SPRINT, les deux études sont presque concordantes. En effet, la réduction de mortalité dans SPRINT n’est plus significative dans le sous groupe des patients avec un antécédent cardiovasculaire et la taille d’effet est moindre (OR: 0,83 vs OR: 0,71). Il faut dont un objectif tensionnel modéré chez ces patients (ce qui n’est pas toujours évident quand on doit introduire un IEC et un bêta bloquant chez un patient qui n’est pas hypertendu)
Enfin, Annals of internal medicine a retrouvé que le sacubitril-valsartan était cout-efficace pour la société dans l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection diminuée (je ne m’épancherai pas dans l’analyse de la méthodologie de ce type d’études que je ne maitrise pas du tout…)
2/ Infectiologie
Cela concerne pas la majorité des généralistes, mais comme je m’intéresse au VIH, je signalerai les recommandations de la société américaine des antirétroviraux. Quelques points sont particulièrement intéressants. D’abord, l’indication à un traitement post exposition jusqu’à 72 heures et non 48 heures. Ensuite, les anti-intégrases associés à 2 inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) deviennent le traitement de première intention (l’association 2INTI+INNTI et 2INTI+inhibiteur de protéase sont les alternatives)
Un article espagnol du JAMA internal medicine a étudié un traitement de 5 jours (comme dans les recos américaines) dans les pneumopathie versus un traitement standard (7 à 10 jours) chez des patients hospitalisés. Ils concluent à la non infériorité et disent que le traitement de 5 jours peut être appliqué sans crainte. Cependant, la vraie conclusion est « on ne peut pas savoir ». En effet, les auteurs annoncent ne méthodologie étude de non infériorité mais concluent avec une analyse de supériorité unilatérale non significative. Il n’y a pas de marge de non infériorité (la non infériorité étant atteinte quand le p est significatif) , et le nombre de sujet nécessaire (NSN) est calculé sur une baisse du score de 3 points alors que le critère de jugement principal porte sur un taux de succès/échec du traitement. Un calcul de NSN adapté sur une différence de X% de succès/échec aurait nécessité bien plus de patient. Cette étude est donc en sous puissance et on ne peut pas conclure qu’il n’y a pas de différence sur le p non significatif. Soit dit en passant, on voit quand même plus de réadmissions à 30 jours (p=0,02) et avec 47% de succès dans le groupe « 5 jours » vs 57% dans le groupe « contrôle », on se dit qu’avec plus de patients, le p serait significatif.
3/ Autre
Le surdiagnostic fait encore des ravages. Ce sont les cancers de la thyroïde qui sont concernés cette fois ci. Un article du NEJM met en  évidence une augmentation des surdiagnostics de cancers papillaires, atteignant près de 80% des cas, liés aux améliorations techniques et au dépistages qui se systématisent pour les examens de la thyroïde. Or ces cancers papillaires ne nécessitent généralement pas de traitement, car peu évolutifs (du moins, s’ils ne sont pas découvert…)

Pour finir, j’aborderai les recommandations pour la prie ne charge de la fibromyalgie. Des recommandations pour cette pathologies sont assez rares pour être soulignées. Les auteurs retrouvent une place importante des traitements non pharmacologique (exercice physique notamment, mais aussi, thérapies cognitivo comportementales, acuponcture, méditations en pleine conscience…). Les taitements pharmacologiques préférentiellement recommandées sont des faibles doses d’amitriptyline, la duloxetine et le milnacipran, la prégabaline et le tramadol.
Voilà pour cette semaine de rentrée et dans les temps!!! A très bientôt pour les numéros suivants.

@Dr_Agibus

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Des jeux encore des jeux! (Quadropolis, Mystérium, Pandemie Legacy, Kréo)

Bonjour à tous! Je sors de ma torpeur estivale pour vous présenter les fantastiques jeux que j’ai pu tester durant cette première partie de vacances d’été. Les connaisseurs auront probablement eu vent des jeux dont je vais parler. Mais comme il n’y a pas que des geeks-harcore-gamers qui viennent visiter ce blog (enfin, je crois….) et que les gens normaux (ou presque…)  cherchent de quoi s’amuser quelques heures en famille ou entre amis, je vais vous présenter des jeux testé avec quelqu’un qui ne connaissait pas d’autre jeu de société que « monopoly » et « la bonne paye » avant de s’assoir autour de la table de jeu. Bref, il a été conquis!
On va commencer par « Mystérium » qui a reçu l’As d’Or du meilleur jeu familial au festival (du jeu) de Cannes 2016 (Festival que je trouve plus intéressant que « l’autre »…) C’est un jeu dans lequel les joueurs doivent trouver qui est le coupable d’un meurtre, quel a été l’arme du crime et dans quel lieu le meurtre a été commis. Rien d’extraordinaire jusque là. C’est la mécanique du jeu qui le rend génial. C’est un jeu collaboratif où tout le monde gagne ou perd.Un des joueur est le « fantôme » de la victime et envoie des « images énigmatiques » (cartes) autres joueurs qui enquêtent. Ce sont ces images donnent des indices aux joueurs pour trouver les éléments du meurtre! Les émotions se mêlent et s’emmêlent quand on entend les raisonnement plus ou moins absurdes et cohérents… Et l’extension « hidden signs » permet de renouveler le stock de cartes si jamais on était sur le point de se lasser!
Un peu plus spécialisé: Pandemic Legacy! Celui-ci a reçu le prix du meilleur jeu Expert de l’année (et il le mérite vraiment!) mais cela ne doit pas effrayer les nouveaux joueurs, étant donné que c’est avec un nouveau joueur que j’y ai joué. Il se joue de 2 à 4 personne, comme le Pandémie « classique » et il est préférable d’avoir fait quelques parties de la version classique dont j’avais parlé ici. Ici, il ne s’agit pas de faire une partie comme ça, mais c’est une véritable campagne d’au moins 12 parties que vous aller pouvoir effectuer. En effet, le récent concept du « legacy » (héritage en anglais) fait que le jeu est modifié au cours de chaque partie et donc, que les actions des parties précédentes influent sur les suivantes! Le concept reste le même, réunir des « spécialistes » pour traiter des maladies dans le monde. Je vous mets une image pour que vous voyez à quoi ressemble le plateau de jeu. Cela ne spoile que peu la surprise, mais ceux qui connaissent un peu et qui préfèreraient ne pas du tout être spoilé, ne regardez pas!
Spoiler :  
Attention
Juste au dessus, vous pouvez voir la photo d’ un de mes jeux préférés car particulièrement simple et stratégique à la fois. C’est un jeu familial jouable dès 8 ans, qui vous invite à bâtir votre ville à partir d’un stock commun de « tuiles-bâtiments ». C’est l’emplacement des bâtiments sur votre ville et la gestion (simple mais indispensable) des habitants et de l’énergie qui vous permettra de gagner! En plus, le design et le mécanisme de sélection des tuiles sont très sympathiques.
Je finirai avec un petit jeu assez rapide et collaboratif: Kréo qui comme son nom l’indique presque, vous permettra de créer votre planète à partir de presque rien, et de ressources élémentaires. Une fois de plus, les cartes sont très jolies. L’originalité vient du fait que les joueurs ne doivent par se parler mais doivent se faire parler des signes pour que les éléments se goupillent bien pour arriver à créer par exemple une rivière, ou une montagne à partir d’une comète et d’une atmosphère pour enfin faire apparaitre la vie sur ce qui deviendra la planète. J’étais assez frileux à ma première partie, mais l’envie de créer la planète était plus forte!
Bonne fin de vacances à tous, il me reste encore plein de jeux à tester!!!! A bientôt,
@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°104: hyperaldostéronisme primaire (reco), IDM silencieux, santé étudiants, Lyme (HCSP)

Bonsoir à tous! C’est sur cette large victoire de l’équipe de France de football que je me mets tardivement à rédiger ce Dragi Webdo. On voit que l’été approche, les articles se font plus rares ou bien c’est moi qui fatigue peut être. Ce sera donc le Dragi Webdo d’avant mes deux mois de répit estivaux. Ma veille bibliographique reprendra en septembre (puis si y’a un article monstrueux qui est sorti dans l’intervalle, je ne manquerai pas d’en parler!)

1/ Cardiovasculaire:

La société d’endocrinologie et la société française d’HTA ont publié des recommandations sur l’hyperaldostéronisme primaire. Du point de vue du généraliste, il faut noter les circonstances devant faire rechercher cet hyperaldostéronisme:
– HTA sévère (>180/110)
– HTA résistante (sous trithérapie comprenant un thiazique: indapamide quelque soit la dose ou hdrochlorothiazide à 25mg)
– une hypokaliémie spontanée OU ASSOCIÉE à la prise d’un diurétique
– une HTA avec un incidentalome surrénalien
– une HTA avec un retentissement organique disproportionné par rapport au niveau d’HTA.
Pour que les dosages de rénine/aldostérone soient valables, il faut que les diurétiques, les IEC/ARA-II, les inhibiteurs directs du SRA, les bêta bloquants et les AINS aient été arrêtés depuis 2 semaines et depuis 6 semaines pour les diurétiques d’épargne potassiques. On peut utiliser les autres antihypertenseurs et les centraux pour contrôler la tension avant le bilan (sauf la clonidine qui intervient également). Comme s’il y a un problème, le centre spécialisé refera les dosages, j’avoue être assez partisan d’adresser sans  faire les dosages en ambulatoire avant.

Un article a étudié les infarctus silencieux et retrouve dans une cohorte de patient que ces infarctus représentent 45% des infarctus (et seulement 17% concernaient des patients diabétiques) et étaient associés à une mortalité plus élevée (mais pas autant que les infarctus cliniques).

2/ Psychiatrie

 Je parlais de la santé mentale des étudiants en médecine il y a peu, et voilà les résultats de l’étude sur la santé des étudiants et jeunes médecins. 25% des étudiants déclaraient avoir un état de santé mauvais et 14% avaient déjà eu des idées suicidaires. Il semblerait que le 2ème cycle soit le moment le plus difficile à passer. Concernant le travail, 65% des internes travaillent plus de 40 heures par semaines. Les symptômes de burn-out étaient présent chez plus de 2/3 des étudiants également, notamment via l’épuisement émotionnel.

Coté patient cette fois ci, c’est le CNGE qui publie un communiqué pour l’amélioration des soins de prévention et de prise ne charge des patients ayant un risque de suicide ou ayant fait une tentative de suicide.

3/ Infectiologie

Enfin, le HCSP a publié un avis sur la maladie de Lyme et ses mode de transmissions en se focalisant particulièrement sur la grossesse. Il recommande notamment un traitement de 14 à 21 jours en cas de maladie de Lyme et la prescription d’une antibioprophylaxie en cas de piqures multiples en zone de forte endémie. Bref, rien de neuf par rapport à la conférence de consensus de 2006! Ah, si, il faut faire d’avantages d’études pour étudier les risques de transmission fœto-maternels et sexuels.

Voilà! Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de Coupe d’Europe de football, et à très bientôt pour de nouveaux billets (probablement sur ma toute récente installation ou sur des nouveaux jeux pour vous occuper en famille ou entre amis cet été)!

@Dr_Agibus

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Dragi Webdo n°103: metoclopramide, pour le LDL : is lower better?, aspirine en prévention primaire, maladie de Lyme, phytoœstrogènes

Bonsoir! Je n’ai qu’un jour de retard dans ce Dragi Webdo, la faute à ma nouvelle PS4 la rédaction de mon billet diabétologique précédent. Je remercie d’ailleurs tous ceux qui ont mis des commentaires et tous ceux qui n’en ont pas mis mais que ça a pu faire réfléchir, parce que ce n’est qu’en étant plusieurs à réfléchir sur des données de la science, leur validité et leur applicabilité clinique qu’on pourra faire évoluer la médecine vers quelque chose de « mieux ».
1/ Pharmacovigilance:
La HAS reparle du métocloramide, de son bénéfice modéré chez l’adulte et l’enfant, et de ses effets indésirables (troubles neurologiques, troubles du rythme cardiaque…). La HAS dit que sa prescription doit être réservées aux cas où « la prescription d’un antiémétique parait indispensable »(ce qui ne veut pas dire grand chose en fait… puisque si un médecin prescrit un antiémétique, c’est qu’il lui parait nécessaire d’en prescrire un, alors insistions sur le « indispensable ».)
2/ Cardio-vasculaire: 
L’article qui a pas mal fait parlé de lui cette semaine était publié dans le JAMA Internal Medicine et étudiait la survenue d’évènements cardiovasculaire majeurs selon le dosage de LDL cholestérol. Il remet en cause le « lower is better », une fois de plus. En effet, à partir d’une cohorte de patients observant avec coronaropathie traité (entre autre) par statines, les auteurs retrouve qu’un LDL < 0,7g/L ne fait pas mieux qu’un LDL< 1g/L (mais ce dernier diminue plus le risque cardiovasculaire que le LDL >1g/L). Si on regarde la figure des hazard ratio (HR), on voit une courbe en J, avec un risque minimal entre 0,8g/L et 1g/L. Quand on voit une telle figure, il faut se poser plein de questions, notamment: pourquoi ont ils mis des log(HR) et non des HR directement: probablement parce que la courbe aurait été beaucoup moins « frappante », « non significative » et beaucoup plus plate avec une autre échelle. Ensuite, on s’aperçoit que l’intervalle de confiance ne devient significatif qu’au delà de 1,2g/L, donc si l’on voulait vraiment conclure qui aille dans le sens des auteurs, c’est qu’il faut avoir un LDL inférieur à 1,2g/L sans chercher à le baisser davantage et ce en prévention secondaire (cf critères d’inclusion des patients). En pratique, mieux vaut utiliser une molécule qui ait directement montré un bénéfice à une posologie donnée plutôt que d’en utiliser une sans bénéfice clinique démontré. (Pour mémoire l’étude IMPROVE-IT prônait un bénéfice de l’ezetimibe avec statine qui baissait le LDL sous la barre des 0,7g/L par rapport a la simvastatine seule: la guerre fait rage!)
Annals of Family medicine publie une revue faite pour l’USPSTF sur l’aspirine en prévention primaire. Les auteurs retrouvent un bénéfice en terme d’infarctus non fatals, avec un NNT de 700 à 7000 personnes par an selon les études…….. , une diminution relative de 14% des AVC non fatals et sans bénéfice sur la mortalité cardiovasculaire ou globale. (Pour le coup, quand je vous dis qu’un NNT de 300 patients par an c’est pas « si » mal, hein…) Je vous met le tableau des risques relatifs:
3/ Infectiologie
La maladie de Lyme est visiblement très mal traitée en France, et on serait très en retard. Du coup, voyons ce qu’il se passe outre atlantique, et dans le JAMA. C’est assez simple, la doxycycline 200mg par jour est partout: érythème migrans (10 jours), atteinte neurologique ou atteinte cardiaque (14 jours), l’amoxicilline arrive ensuite 3g par jour pendant 14 jours arrive ensuite pour l’érythème migrans, les paralysies faciales et les atteintes cardiaques modérées, enfin la ceftriaxone IV est le traitement des formes les plus compliquées. 
Ce qui est très différent de chez nous, c’est le traitement de la morsure de tique en dose unique de 200mg de doxycycline (4mg/kg chez l’enfant de plus de 8 ans) si la tique est restée attachée plus de 36 heures ET que le traitement peut être débuté dans les 72 heures après le retrait de la tique, ET que la morsure à eu lieu dans une région à forte prévalence (>20% des tiques infectées par B. Burgdorferi)
4/ Gynécologie
Le JAMA a également publié une étude sur l’utilisation de la phytothérapie dans la prise en charge de la ménopause. Les auteurs retrouvent une diminution des bouffées de chaleurs et de la sécheresse vaginale avec des phytoœstrogènes. Cependant, l’hétérogénéité des études était importante et les effets indésirables des traitements ne sont pas étudiés dans cette méta-analyse ce qui réduit grandement son intérêt.
C’est fini pour ce billet en retard! 
Bonne soirée et rendez-vous en fin de semaine (ou en début de semaine prochaine, vous avez l’habitude maintenant!)
@Dr_Agibus

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La diabéto, c’est rigolo!


       Le diabète est une pathologie fréquente touchant 5% de la population française (1). Il me parait donc nécessaire de maitriser le suivi de ces patients et les traitements utilisés dans cette pathologie quand on est médecin généraliste. Or la diabétologie est une discipline qui avance plus vite que les recommandations, dépassées en quelques mois, et je ne doute pas que ce billet devienne en partie obsolète dans un an tout au plus. Une de mes motivations à écrire ce billet, outre le faite que j’aime la diabétologie, est qu’un certain nombre d’études que je vais citer ne sont pas connues, malgré une méthodologie adapté et des résultats plus que pertinents. De fait, je ne les ai jamais vus citées dans la Revue Prescrire ou dans les congrès de médecine générale faisant le point sur les traitements du diabète (certains, autres sont simplement trop récents). Et comme je trouve

ça regrettable, je mettrais donc en gras ces études dans le texte pour que d’autres donnent leur avis dessus.
1/ Objectifs glycémiques
Le problème du diabète, c’est justement que l’équilibre du diabète se base sur un critère intermédiaire, l’hémoglobine glyquée (HbA1C). C’est-à-dire que pour espérer une diminution des complications du diabète, on tente de baisser le taux de sucre dans le sang. La question est donc de savoir si l’HbA1C est un bon critère, qui reflète le risque cardiovasculaire, ou si c’est simplement un facteur évoluant de façon parallèle à l’évolution du diabète mais qui ne reflète pas l’état cardiovasculaire du patient.
               
Les objectifs glycémiques actuels ont été définis grâce aux études UKPDS33(2),  UKPDS 34 (3), ADVANCE(4) et  ACCORD (5) qui évaluaient la survie, la survenue de microangiopathies, de macroangiopathie et les effets indésirables des traitements en comparant des groupes de patients avec un traitement « conventionnel » ou un traitement « intensif » (vous trouverez ci-contre, un tableau issu de la revue prescrire récapitulant ces différentes études). Ainsi, en s’appuyant sur les recommandations étrangères britanniques et américaines, la HAS a proposé une simplification des objectifs glycémiques, en accord avec les résultats de ces études et avec la pratique de nombreux spécialistes. Il faut donc viser une HbA1c à 7%  chez la plupart des diabétiques, sauf:
– Les patients récemment diagnostiqués, pour qui l’objectif est de 6,5%
– Les patients avec une comorbidité ou atteinte cardiovasculaire évoluée pour qui l’objectif est de 8%
– Les patients dépendants polypathologiques avec une espérance de vie réduite pour lesquels l’objectif est de  9% (6)
Quand on reprend les études précédemment citées, on retrouve qu’un traitement intensif causait significativement plus d’hypoglycémies sévères, et que viser un contrôle glycémique avec une HbA1c inférieure à 6% augmentait la mortalité globale. Les évènements cardio-vasculaires étaient majorés quand l’HbA1c était supérieure à 8% ou inférieure à 6% et la survenue d’évènements microangiopathiques était diminuée significativement avec une HbA1c inférieure à 7%, mais ce dernier point était évalué par l’utilisation de photocoagulation rétinienne, et les résultats ne sont pas valables pour l’apparition d’une rétinopathie, une néphropathie ou une neuropathie.
Le problème de ces études plutôt anciennes, c’est la méthodologie, qui comporte de nombreux biais et qui font douter de la pertinence de ces objectifs (7,8). Une méta-analyse des « grands » essai diabétologiques publiée en 2009 ne retrouvait d’ailleurs pas de différence significative sur la mortalité cardiovasculaire et la mortalité toute cause en comparant un traitement intensif à un traitement standard (9). Pour que vous vous rendiez compte, voici le forest plot :

Le deuxième problème lié à la mesure de l’HbA1C est sa variabilité en fonction de nombreuses conditions, comme les hémoglobinopathies, ce qui en fait un mauvais marqueur. Un article du JAMA revient sur les facteurs modifiant l’HbA1C et propose des solutions proposées sont le suivi par la glycémie à jeun ou par le dosage de la fructosamine, reflétant les glycémies du mois précédent (N= 200-285µmol/L)(10). 



Pour conclure cette partie sur les objectif d’HbA1C, ce qui ressort quand même, c’est que trop baisser l’HbA1C est délétère, et ne pas la baisser augmente la mortalité, probablement en partie à cause de complications métaboliques liées à l’excès de sucre (comme le coma hyper-osmolaire….), mais que pour interpréter une HbA1C, il faut vérifier qu’elle soit interprétable ! Avec tout ça, on a du mal à croire dur comme fer aux cibles précises d’HbA1C qui sont recommandées dans tous les pays.
2/ Les traitement du diabète:
               
                Du coup, on se demande comment traiter les patients diabétiques. Y’a-t-il quand même quelques molécules qui ont montré un bénéfice en terme de morbimortalité et pas seulement en terme de « baisse d’HbA1C » ?
                Je ne ferais que citer très rapidement sur les glinides, des médicaments hypoglycémiants et les inhibiteurs de l’alpha-1 glucosidase diminuent l’absorption du glucose, qui sont sans bénéfice démontré sur la morbi-mortalité, pour passer aux molécules plus intéressantes. Les glitazones ont quant à elles été retirées du marché français à cause d’une augmentation du risque de cancer de vessie sans bénéfice non plus sur la morbimortalité (comme quoi, quand il y a pas de bénéfice clinique, les instances du médicament reconnaissent parfois que ça ne sert à rien)(11).
a)      La metformine
                Les biguanides sont essentiellement représentés par la Metformine. C’est le principal médicament à utiliser dans le diabète. En effet, c’est le seul anti-diabétique oral (ADO) ayant réussi a démontrer un bénéfice clinique. Dans UKPDS 34, on retrouve des baisses significatives de la mortalité globale (RR: 0,64 , IC95% [0.45-0.91]) et des infarctus (RR: 0,61 , IC95% [0.41-0.89]). Compte tenu des biais de cette étude(12), des méta-analyses ont été effectuées et elles divergent : certaines retrouvent que la metformine diminuait la mortalité cardiovasculaire(OR = 0,74 , p = 0,02) (13), alors que pour d’autres, il n’y avait pas de diminution de cette mortalité ni de mortalité globale(14).
                Peu d’études avaient étudié les microangiopathies. C’est chose faite avec une étude de cohorte anglaise, qui retrouve que la metformine est le seul traitement du diabète à diminuer le risque d’amputation (de 30%) , de cécité (de 30%) et de néphropathie (de 60%) (15).
                La metformine reste donc un médicament avec une balance bénéfice risque plus favorable, même d’après La Revue Prescrire(11) et est donc à prescrire prioritairement. Il faut noter que  l’effet sur les microangiopathies semble se produire indépendamment de l’HbA1C, ce qui pourrait signifier qu’un traitement par metformine est souhaitable tant que l’HbA1C est supérieure à 6% (parce qu’en dessous, le risque de mortalité augmente, rappelez vous la première partie du billet…)
Dans la pratique, on essaye donc de l’introduire progressivement jusqu’a dose maximale tolérée soit 850mg trois fois par jour, sachant qu’une dose supérieur n’apporte pas de bénéfice significatif en terme de diminution d’HbA1c aux prix d’une augmentation des effets indésirables digestifs.
                En cas de mauvaise tolérance du chlorhydrate de metformine (Glucophage) , il est possible de prescrire de la Metformine embonate(Stagid) dont un comprimé de 700mg correspond à 280mg de metformine alors que 500mg de chlorhydrate de Metformine contient 390mg de Metformine(16) (à vos calculettes !).
               
b)      Les sulfamides hypoglycémiants
                Dans l’étude UKPDS 33, le traitement intensif par sulfamide hypoglycémiant a montré une diminution du risque de microangiopathie de 25%, essentiellement lié à la baisse de la photocoagulation panrétinienne (tout de suite c’est moins vendeur) (2) Il n’y a pas eu d’effet sur la mortalité. Les sulfamides hypoglycémiants ont une balance bénéfice risque favorable. Le glibenclamide est un des mieux évalués et est à privilégier parmi les médicaments de la classe (17).
                La demi-vie du glibenclamide est relativement courte 4 à 11 heures, et doit être pris avant les principaux repas(16). Cependant, au long cours, l’équilibre des concentrations atteint n’oblige pas à diviser la prise. L’adaptation de la posologie des sulfamides  s’effectue sur la glycémie à jeun de 19heures (idéalement 17heures).
               
c)       Les incrétines
                Les incrétines (anti-DPP4 et analogues du GLP-1) peuvent être responsables d’effets indésirables rares mais sévères comme des pancréatites, des déficits immunitaires, des atteintes cutanées, ce qui rend leur balance bénéfice risque peu favorable (18). On peut lire partout que ces médicaments n’ont pas démontré de bénéfice en termes de morbimortalité. Les preuves d’efficacité ont tardé mais semblent arriver néanmoins quand on va les chercher. Concernant les inhibiteurs de DPP-4, une métaanalyse de 70 essais publié et non publiés (avec un très beau funel plot montrant que les essais non publiés ont bien été inclus) retrouve une diminution des complications cardiovasculaires majeurs de 30% (dont les infarctus du moycarde) et de la mortalité globale de 60%, sans baisse de la mortalité cardiovasculaire (19). En France, seule la sitagliptine est remboursée, mais n’a pas un niveau de preuve plus faible que les autres.
Pour les analogues du GLP-1, les résultats tout récents de l’étude LEADER (20), étudiant le liraglutide, retrouvent, en incluant des patients en prévention secondaire avec une HbA1C >7%, que les évènements cardiovasculaires sont diminués de 13% et la mortalité globale de 15%. Je dis en prévention secondaire uniquement, car il y a une interaction significative divergente dans l’analyses des résultats sur ce point : les patients en prévention primaire n’avaient pas du tout leurs risques de mortalité et d’évènement cardiovasculaire diminué.
               
d)      Les inhibiteurs de SGLT-2
Enfin, les médicaments réduisant la réabsorption du glucose au niveau rénal ont été récemment mis sur le marché (partout, sauf en France ! mais ça ne saurait tarder…) Ce sont les inhibiteurs de la SGLT-2 dont les effets indésirables sont mal cernés et sont essentiellement des infections urinaires et mycoses génitales, des atteintes osseuses, hépatiques. Cependant, il y a un an, l’étude EMPA-REG Outcome retrouvait chez des patients en prévention secondaire avec une HbA1C entre 7% et 9%, une diminution des évènements cardiovasculaires de 14% et de la mortalité globale de 32% (21)! Par ailleurs, dans cette population, le risque de néphropathie était également diminué(22), mais le médicament était sans effet sur les autres microangipathies. Seule l’empagliflozine a réussi a démontrer de tels résultats. La canaglifloxine et dapafliflozine baissent uniquement l’HbA1C.
e)      L’insuline
                Enfin, le dernier recours est l’insuline. La mise en place d’une insulinothérapie en ville peut se faire facilement si le patient accepte les injections et est en mesure de comprendre le traitement. Il peut être aidé si nécessaire par l’intervention d’un infirmier au domicile pour surveiller et adapter l’insuline selon un protocole prédéfini. C’est un traitement qui se prépare. Il faut en parler au patient avant qu’il soit au stade ou l’insuline est le seul traitement qui puisse être efficace pour lui. Pour accompagner la mise en place de ce traitement de référence du diabète, des fiches d’information-patient peuvent être utiles.
L’utilisation d’une insuline NPH en 1ère intention en cas de choix d’introduire une insulinothérapie est conforme aux données bibliographique, cependant, le risque d’hypoglycémie est supérieur chez certains patients, et la stabilité des insulines lentes dont l’efficacité est identique aux NPH incite à les utiliser préférentiellement.
                Il s’agit d’introduire progressivement une insuline lente (type lantus) en une injection par jour. Il faut débuter à 6-8UI par jour et augmenter progressivement jusqu’à obtenir des glycémies à jeun entre 1,00 et  1,20g/L, avant d’essayer de réduire d’avantage la glycémie selon l’état et l’objectif d’HbA1c du patient. La dose d’insuline atteint fréquemment  0,5UI/kg , il faut donc prévenir le patient de l’augmentation normale des doses, et que cela ne correspond pas à une inefficacité du traitement. En cas de rétinopathie diabétique, il faut avoir des objectifs modérés pour ne pas risquer d’aggraver cette atteinte ophtalmologique. Les insulines « ultra-lentes » sont désormais disponibles mais sans preuve d’efficacité clinique.
                La surveillance glycémique doit être intensifiée en début de traitement, pour surveiller l’apparition d’hypoglycémies, notamment la nuit ou vers 17 heures.  L’adaptation de la dose se fait ensuite uniquement sur la glycémie à jeun du matin.
                Il peut apparaitre des discordances entre une glycémie a jeun a 8h parfaite et une HbA1C élevée (supérieure à 8%). Dans ce cas, après avoir éliminé les facteurs rendant l’HbA1C non interprétable (cf. partie 1 une fois de plus), il faut rechercher des hyperglycémies post prandiales, et discuter d’adresser le patient à un spécialiste pour l’ajout d’insuline rapide à un moment de la journée. Les schémas basal-bolus sont rares dans le diabète de type 2, c’est pour ça que je préfère prendre l’avis d’un dibétologue à ce moment là quand même.
                En terme d’efficacité clinique, l’insuline semblait diminuer le risque de photocoagulation rétinienne(23), mais fait moins bien que les autres traitements avec une surmortalité et significativement d’avantage des microangiopathies (15,24), mais c’est le seul traitement qui n’a quasiment pas de contre-indication et qui permet quand même de baisser la glycémie pour éviter les complication liées à l’hyperosmolarité.
                Selon les diabétologues, le concept de profil du patient peut être pris en compte : insulinorésistant (avec surpoids, dyslipidémie…) ou insulinopénique (plutôt maigre, diabète découvert chez un patient de plus de 80 ans…) chez qui l’insulinothérapie sera plus rapidement proposé.
f)       Les associations
D’après les recommandations de la HAS, les sulfamides sont à ajouter en cas d’équilibre insatisfaisant sous metformine. Cependant, l’association de la metformine à un sulfamide entraine une surmortalité (8,25). Une autre association est donc à préférer. Certains préconisent  d’associer directement metformine et insuline plutôt que metformine et sulfamides. Malheureusement, l’association avec l’insuline augmente encore la mortalité par rapport à l’association avec sulfamide, et ce de 44% (26)! L’association metformine-incrétine semble être à privilégier.
3/ La prévention cardiovasculaire du patient diabétique
Les traitements anti-diabétiques n’étant visiblement pas une panacée pour diminuer les complications cardiovasculaires des patients diabétiques en prévention primaire, il faut sur tourner sur les traitements plus conventionnels.
Tout d’abord, les règles hygiénodiététiques, qui sont les piliers du traitement du diabète, avec le régime méditerranéen, seul régime « complet » ayant prouvé une diminution des évènemenst cardiovasculaires (surtout des AVC) chez tout le monde et en particulier chez les patients diabétiques (l’analyses en sous groupe retrouve des résultats significatifs chez les diabétiques et non significatifs chez les non diabétiques)(27). 
Concernant le traitement par aspirine, le bénéfice ne semble pas clairement établi, malgré les recommandations HAS qui recommandent ce traitement en cas de diabète à haut risque (diabète avec 2 facteurs de risque cardiovasculaire (28). Cependant, chez les hommes, ce traitement diminuait significativement le risque d’infarctus non mortel de 47% (OR:0.57, IC[0.34 -0.94]). Cette métaanalyse ne permettait pas de conclure pour les femmes, mais l’étude « Women Health Study » avait retrouvé que le bénéfice sur les AVC était surtout lié à l’effet chez les patientes diabétiques (29). Compte tenu des bénéfices avancés par les recommandations américaines (USPSTF) de prescrire de l’aspirine aux patient à risque cardiovasculaire élevé pour la prévention cardiovasculaire (infarctus chez l’homme et AVC chez la femme) ET la prévention du cancer colorectal (30), je pense qu’il y a effectivement un bénéfice à traiter préventivement les patients diabétiques même à risque modéré.
Concernant les statines en prévention primaire, l’étude HPS a démontré que chez des patients avec un cholestérol total supérieur à 1,35g/L et du diabète (ou de l’HTA), un traitement par simvastatine 40mg/j, quelque soit le taux de cholestérol final, diminue de 25% le risque d’évènement cardiovasculaire(31). L’atorvastatine est également une option démontrée en prévention primaire chez le diabétique, mais pas la pravastatine (pas assez de diabétiques dans WOSCOPS) (32). En cas de statine non tolérée, la question des fibrates se posent. On peut lire partout qu’il n’y a pas d’efficacité des fibrates en prévention primaire, peut être une efficacité du gemfibrozil en prévention secondaire (33).  C’était sans compter sur une étude de Diabetologia (FIELD) publiée en 2014 : un essai contrôlé randomisé  chez des diabétiques en prévention primaire retrouvait une diminution de l’ensemble des évènements cardiovasculaires(p= 0,004) (avec un effet supérieur chez les femmes que chez les hommes)(34).Concernant les microangiopathies, un article ancillaire de cette étude Lancet a également démontré que le fénofibrate diminuait le risque de progression des rétinopathies (35). Tout ça pour dire, que l’effet des fibrates semble inférieur à celui des statines, mais si un fibrate est introduit parce que la simvastatine ou l’atorvastatine ne sont pas tolérées, le fenofibrate me semble à préférer. (Pour mémoire, l’atorvastatine n’a pas l’AMM ni démontré de bénéfice en prévention secondaire).
Les études HOPE et micro-HOPE incluaient des patients diabétiques avec un facteur de risque cardiovasculaire ou un antécédent cardiovasculaire. La prescription de ramipril à la dose de 10mg/j diminuait la mortalité totale de 24% et la survenue d’un évènement cardiovasculaire de 25% et ce quelque soit la baisse de pression artérielle(36). Le CNGE parle d’un bénéfice même en l’absence d’hypertension(8), mais c’est débattu également car les recommandations américaines dans l’HTA(37) ne recommandent pas un IEC chez le diabétique sans néphropathie. L’étude HOPE-3 ne retrouve pas de bénéfice à un traitement par sartan en l’absence d’HTA (38), et l’étude ACCORD retrouvait qu’un surtraitement antihypertensif chez le diabétique était néfaste (5). Pour ce qui est de la question du choix entre IEC et sartan chez les patients diabétiques, les sartans ne réduisent pas la mortalité (contrairement aux IEC) et sont associés à un risque d’infarctus supérieur en comparaison avec les IEC (39,40).
Ma petite cuisine personnelle
4/ Suivi des patients diabétiques:
                Pour finir, je vais parler du suivi des patients. Les complications du diabète sont nombreuses et nécessitent un suivi régulier et organisé. Il s’agit de dépister et surveiller les microangiopathies par l’examen du fond de l’œil pour la rétinopathie, la fonction rénale et l’apparition d’une microalbuminurie pour la néphropathie et la recherche de troubles sensitifs des membres inférieures grâce à un monofilament et un diapason.
                J’ai remarqué que le test au monofilament était fait de façon différente par de nombreux médecins, y compris diabétologues. Des recommandations HAS ont établies qu’il devait être effectué au niveau de trois sites: la face plantaire de la tête du premier métatarsien, de la tête du cinquième métatarsien et la pulpe de l’hallux. Chaque zone doit être testée trois fois en tenant compte d’une pression « factice ». Le risque d’ulcération du pied est présent en cas de deux mauvaises réponses sur un même site (41).
La fréquence du suivi du diabète est décrite par l’HAS (42). Une consultation de suivi doit avoir lieu tous les 3 mois, et comporter un examen clinique avec examen cardiovasculaire, un contrôle de l’HbA1c et une réévaluation de la tolérance et de l’efficacité les traitements. Ce qui apparait en toute petites lignes, c’est que « si l’objectif est atteint  et qu’il n’y a pas de modification de traitement », le suivi par HbA1C peut avoir lieu tous les 6 mois, mais du coup : ça ne rentre plus dans le ROSP ! Enfin, pour ce qui est de l’ECG annuel, il semble que les donnes de la science ne démontrent pas de bénéfice. Selon moi, l’ECG d’effort tous les 5 ans est   nécessaire, et l’ECG annuel est à discuter selon les co-facteurs de risque cardiovasculaire du patient.
Voilà pour cette synthèse absolument pas synthétique de la prise en charge du diabétique en version EBM d’après mes recherches. Je pensais que ça serait simple en utilisant la base de RSCA que j’avais fait étant interne, mais, comme je l’ai dit, c’était vite dépassé. Bref, n’hésitez pas à faire des commentaires, regarder les études « peu connues », à critiquer mon algorithme perso (je sais que vous allez me reprendre sur les gliptines, mais pas avant d’avoir analysé les études que j’ai citées pour justifier bien sur !) . En espérant que ce soit utiles à d’autres que moi. A très vite !
Retrouvez également mes autres réflexions sur : le vaccin anti HPV, les médicaments cardiovasculaires et la dépendance alcoolique !
@Dr_Agibus
BIBLIOGRAPHIE:
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3.            Effect of intensive blood-glucose control with metformin on complications in overweight patients with type 2 diabetes (UKPDS 34). The Lancet. 12 sept 1998;352(9131):85465.
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7.            La recommandation de la HAS/ANSM intitulée « stratégies médicamenteuses du contrôle glycémique du diabète de type 2 » doit être modifiée – Avril 2013 [Internet]. [cité 21 juin 2016]. Disponible sur: http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/la_recommandation_de_la_hasansm_intitulee_strategi/
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Dragi Webdo n°102: Congrès diabéto (Liraglutide/mortalité, Empagliflozine/néphro, hypoglycémies), tramadol chez l’enfant (ANSM), morphine/mortalité, BPCO/mortalité, dépistage CCR/coloscanner (US)

Bonjour! Les actualités de la semaine ont été denses, notamment à cause grâce au congrès de l’American Diabetes Association, où quelques articles principaux utiles pour la pratiques ont été présentés. Bonne lecture!
1/ Diabétologie
L’étude majeure de cette semaine est l’étude LEADER, publiée dans le NEJM. Cet essai contrôlé randomisé comparait 4600 patients diabétiques sous 1,8mg liraglutide par jour versus  autant sous placebo. Prenons les critères d’inclusion pour commencer: des patients de plus de 60 ans avec facteurs de risque cardiovasculaire (en prévention primaire donc) ou de plus de 50 ans avec une coronaropathie ou un AVC ou une AOMI ou une insuffisance cardiaque ou une insuffisance rénale sévère (de la prévention secondaire quoi). Après un suivi moyen de 3,8 ans, les patients sous liraglutide voyant leur risque d’infarctus, d’AVC et la mortalité cardiovasculaire (critère primaire composite) de 13% (soit 200 patients à traiter chaque année pour éviter un évènement =NNT), et la mortalité globale de 15% (NNT=250 patient par an). Par ailleurs, le risque de microangiopathie était diminué de 16% (NNT= 77 patients par an). Les cholécystites étaient cependant augmentées mais les patients sous liraglutide avaient mois d’hypoglycémies. Ces résultats sont donc extrêmement intéressants car, après l’empagliflozine et la metformine, c’est le seul antidiabétique montrant une diminution de la mortalité. Il faut regarder l’analyse en sous groupe pour trouver la seule chose à redire: il y a une interaction significative entre les patients en prévention primaire et ceux en prévention secondaire. En clair, il on voit qu’en prévention secondaire, l’efficacité se confirme alors qu’en prévention primaire, les résultats ne sont pas significatifs d’une part, et d’autre part, il sont plutôt en défaveur du traitement. Quand il y a une telle interaction on ne peut conclure sur des résultats globaux, il faut donner les résultats pour chaque groupe séparément: le liraglutide diminue la mortalité en prévention secondaire chez le diabétique, mais pas en prévention primaire.
Pour reprendre sur l’Empagliflozine, l’étude Empa-reg outcome (empagliflozine vs placebo) a dévoilé ses résultats sur les microangiopathies dans le NEJM (encore!). Leur risque était diminué, mais en fait seules les néphropathies étaient réduites d’environ 40%, que ce soit dans l’incidence d’une néphropathie ou dans l’aggravation de la maladie. Le taux de rétinopathies ne différait pas selon les groupes.
Enfin, le JAMA internal medicine a publié un article sur les hypoglycémies et le surtraitement du diabète. Cette étude rétrospective met en évidence 25% de surtraitement chez les patients « non complexes » et 20% chez les patients « complexes ». Chez les patients « complexes » le surtraitement faisait passer le risque d’hypoglycémie sévère 1,74% à 3,04% en cas de surtraitement (NNH, nombre de patient à traiter pour qu’il y ait un évènement indésirable : 77). Et oui, alors qu’on sait depuis longtemps que l’on a tendance à sur-traiter en ayant des objectifs d’HbAC, on ne fait pas évoluer les recommandations…
2/ Prise en charge de la douleur
L’ANSM alerte sur le tramadol chez l’enfant. Il semblerait que des surdosages concernant ces formes buvables pédiatriques surviennent en trop grand nombre. J’ai envie de dire que le « codenfan » a été retiré pour des mésusages/surdosages aux États Unis dans le cadre de chirurgie des amygdales, alors forcément, quand on a plus que le tramadol (qui a des effets secondaires plus important que la codéine mais qui était par conséquent moins utilisé), on démasque les effets néfastes de ce traitement!
Restons dans les morphiniques. Une étude rétrospective du JAMA sur une période de 12 ans a retrouvé une mortalité globale augmentée de plus de 60% chez les patients sous morphine au long cours (pour causes non cancéreuse). Cette augmentation persistait lorsque l’on excluait les overdoses,notamment avec une augmentation similaire de la mortalité cardiovasculaire en comparaison avec les antiépileptiques et tricycliques utilisés dans le traitement de la douleur. Malgré les biais des études rétrospectives, il est probablement nécessaire de relayer la morphine par d’autres antalgiques dans les douleurs chroniques, une fois la douleur stabilisée.
3/ Pneumologie
Un nouveau score fait son entrée dans la BPCO, le  B-AE-D indice! (existe en version B-AE-D-C mais plus complexe) Il est particulièrement intéressant car il permet d’évaluer le risque de mortalité du patient de façon simple chez un patient BPCO sans insuffisance respiratoire. Ainsi, pour la version B-AE-D, un score de 0-1 point prédit une mortalité à 2 ans d’environ 5%, un score de 2-3 points une mortalité de 20%, et un score d’au moins 4 points une mortalité de près de 60%!!! Alors, comme un traitement adapté de la BPCO diminue les complications et exacerbations, pensez à noter: le BMI, le nombre d’exacerbation annuelle et le niveau de dyspnée chez vos patients BPCO!
4/ Gastro-entérologie
Pour finir, l’USPSTF (HAS américaine) a publié ses recommandations sur le dépistage du cancer du colon. Bien que le dépistage soit recommandé de 50 à 75 ans (à peu près comme en France), la méthode est laissé au choix du binôme médecin-patient: recherche de sang dans les selles par immuno-fixation, coloscopie ou coloscanner. Ce sont les performances de ce dernier qui m’étonnent et m’intéressent, car le coloscanner tous les 5 ans est plus efficace que l’immuno-fixation annuelle (dommage que l’immuno-fixation tous les 2 ans ne soit pas évaluée) et presque aussi efficace que la coloscopie tous les 10 ans. Il pourrait peut être se substitué aux coloscopies « normales à contrôler dans 5 ans », car non invasif avec plus de 33% de complications en moins.
Voilà! Il faudrait que je prenne le temps de faire une synthèse EBM de prise ne charge du diabétique, étant donné que les recos sont rapidement dépassées par ces nouvelles études montrant des bénéfices cliniques et pas seulement des baisses d’HbA1C… On verra ça à la rentrée, après mon installation, si j’ai un peu de temps. En attendant, bon courage à tous les D4 que je connais et que je ne connais pas pour cet iECN, bonne semaine et à la semaine prochaine!
@Dr_Agibus

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