Archives mensuelles : avril 2017

Dragi Webdo n°138: calendrier vaccinal, infections urinaires, acide tranexamique, cancers: CCR et prostate

Bonsoir! Profitez bien de ce week-end prolongé, surtout si le soleil pointe le bout de son nez par chez vous… Ce n’est pas le cas en région parisienne… C’est parti pour les actualités médicales de la semaine!
1/ Infectiologie
La premier point incontournable réside dans le nouveau calendrier vaccinal 2017. La vaccination contre le Zona chez les plus de 65 ans est toujours présente. La principale nouvelle injection concerne la vaccination anti-méningocoque C à effectuer à 5 mois et celle à 12 mois est maintenu. Il s’agit d’une injection supplémentaire pour améliorer la couverture car il y aurait couverture insuffisante avec risque d’augmentation des infections à méningocoque C. (Je ne sais pas si ça a un lien, mais si on lit les AMM des 2 vaccins disponible: Neisvac et Menjugate, le schéma à 1 injection après 4 mois et 1 rapppel à 12 mois ne s’applique qu’avec Neisvac. Menjugate nécessite 2 injections entre 4 et 12 mois et un rappel à 12 mois. Est ce que le lobby Neisvac aurait remporté la mise?). Autre point clé, la vaccination anti HPV pour laquelle le recours au Gardasil 9 est recommandé. J’ai donc mis à jour mon billet dédié à l’HPV si vous voulez mon avis dessus. Il est également recommandé de vacciner les hommes ayant des rapports avec des hommes jusqu’à 26 ans.  Enfin, en contexte de tension d’approvisionnement (terme politiquement correcte pour dire qu’il n’y a plus de vaccins pour une période transitoire de durée indéterminée…), les recommandations sont mises à jour: habiter en île de France n’est plus un facteur de risque suffisante pour que la vaccination par BCG soit prioritaire, 1 seule vaccination anti-VHA quand nécessaire, limiter les vaccin anti-VHB aux patients pour lesquels la vaccination est obligatoire.
Dans les paralysies faciales périphériques, il semblerait que la proportion liée aux maladies de Lyme soit en augmentation. Ainsi, un article du BJGP plaiderai pour une recherche de Borréliose en cas de facteur de risque dans le bilan des  paralysie faciale périphérique pour permettre un traitement étiologique.
Enfin, parlons infections urinaires de façon contradictoire. D’abord, un article ayant étudié les ECBU avec des résultats négatifs en laboratoires de ville. Les auteurs ont retrouvé que près de 33% des ECBU négatifs prescrits par des médecins généralistes ne relevaient pas d’une indication à faire un ECBU d’après les recommandations de la SPILF alors qu’une BU aurait permis de limiter les examens et les dépenses inutiles. En extrapolant les résultats de leur étude, les auteurs concluent qu’il serait possible d’économiser près de 10 millions d’euros si des BU étaient fournies aux médecins généralistes gratuitement pour inciter à les utiliser.
D’un autre côté, une étude s’est également intéressé aux ECBU de femmes avec des symptômes urinaires. Ils ont recherché la présence d’E. Coli par culture et par PCR dans les ECBU et ont retrouvés une culture positive dans 80% des échantillons et une PCR positive dans 95% des échantillons. Ainsi, cette étude est en faveur d’un traitement des infections urinaires sur la clinique plutôt que de se fier aux examens complémentaires.

2/ Gynécologie
Un article du Lancet a testé l’acide transexamique dans les hémorragies du post-partum grâce à un essai contrôlé randomisé incluant 20 000 patientes. Les auteurs ont retrouvé que les patientes traitées avaient une mortalité par hémorragie significativement diminuée de 19% (NNT=250, RAR: 0.4%) mais sans bénéfice sur la mortalité globale. Point intéressant, il n’y avait pas significativement plus d’évènements thrombo-emboliques ni d’infarctus chez les patientes traitées. Pourquoi parler de cet article dans une veille biblio de médecine générale? L’acide tranexamique est parfois utilisé dans le traitement des métrorragies mais La revue Prescrire trouve sa balance bénéfice risque défavorable à causes des risques vasculaires. Mis à part le fait que le labo pourra dire que le médicament réduit la mortalité (ce qui ne sera absolument pas valable pour le traitement des métrorragies car il n’y a pas beaucoup de mort à cause de ça…), cette étude rassure quant à la sécurité car les patientes en post-partum ont un risque thrombotique élevé, et le traitement n’est pas plus à risque de thrombose. A méditer si l’acide tranexamique permet d’améliorer la qualité de vie de ces patientes.
3/ Oncologie
Une étude du JAMA a étudié l’association entre le grade d’un cancer colorectal et le délai entre un test immunologique positif et le diagnostic par coloscopie. Ainsi, logiquement, plus le délai entre le test de dépistage et la colo était élevé, plus le cancer était avancé. Cependant, cela n’était significatif que pour des délais supérieurs à 10 mois. L’urgence à consulter après un dépistage positif est donc assez relative.
Pour clore ce chapitre, une petite infographie sur les traitements des cancers de la prostate: que le traitement soit de la surveillance active, de la radiothérapie ou de la chirurgie, la mortalité est identique à 10 ans:
4/ Diabétologie
Enfin, les diabètes génétiques ne sont pas très courants, mais ils m’intéressent, notamment les diabètes MODY pour lesquels les traitements antidiabétiques ne sont pas toujours nécessaires. Cet article m’a surtout permis de découvrir le score pour estimer la probabilité d’un diabète MODY chez les patients de moins de 35 ans. Je ne pense pas l’utiliser prochainement, mais bon…
Merci pour vos encouragements et vos messages!
Bonne fête du travail et à très bientôt pour un prochain billet!
@Dr_Agibus

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Faire du vélo autour de Lille

Ok. A l’est c’est possible par le canal de Roubaix de filer vers Courtrai, mais les chemins de halages sont défoncés par les racines et le gel. A l’ouest, y’a quelques routes sympa dans les Weppes (dont un parcours cyclo flêché) mais je trouve personnellement les départementales un peu trop roulantes pour les véhicules motorisés. … Continuer la lecture de « Faire du vélo autour de Lille » Continuer la lecture

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Lucian Freud

Lors de la visite de la collection Ishibashi, j’ai discuté de Lucian Freud avec l’ami qui m’accompagnait. Ça m’a donné envie de redécouvrir ce peintre dont j’ai eu la chance de voir l’expo à pompidou en 2010. À l’époque, j’avais beaucoup aimé le Portrait of Baron H. H. Thyssen-Bornemisza et Two Japanese Wrestlers by a Sink. Pour … Continuer à lire … « Lucian Freud » Continuer la lecture

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L’arme de la haine- LEM 1013

Lettre d’Expression médicale

LEM n° 1013    
http://www.exmed.org/archives17/circu1013.html

    1er mai 2017

                           
              

                                 L’arme de la haine
               


                                              Docteur François-Marie Michaut
  
  La notion de haine, au même titre que tout autre sentiment, ne fait pas partie du vocabulaire médical. Les patients pour autant ne se privent pas d’en parler. Chez certains un « J’ai la haine » bien senti semble justifier toute réaction émotionnelle violente devant une réalité humaine traumatisante.

   Un peu facile de dire qu’on est là aux antipodes du « aimez-vous les uns les autres » évangélique, mièvrement repris par les adeptes du New-Age. Qu’est-ce que la haine ? En philosophe, José Ortega y Gasset répond ainsi : « Haïr, c’est tuer virtuellement, détruire en intention, supprimer le droit de vivre. Haïr quelqu’un, c’est ressentir de l’irritation du seul fait de son existence, c’est vouloir sa disparition radicale.». Les guerriers antiques,  il suffit de lire Homère, ne se livraient bataille qu’après s’être abondamment insultés mutuellement. Activer une énergie encore virtuelle pour passer à l’acte. C’est la fonction même de nos modernes animateurs et autres «chauffeurs de salle» des grandes réunions publiques. Le combustible le plus éprouvé pour manipuler les foules afin de les forcer à agir, c’est encore et toujours, même si nous ne sommes plus les humains des années 1930 des dictatures, la haine.

Les psychanalystes, ces méprisés intellectuellement de notre siècle, ont travaillé ce sujet. Ecoutons Marie-Claude Defores : « Il est important de distinguer l’agressivité, qui est une pulsion de vie, de la haine, qui est une force de dépersonnalisation…». Puis, un peu plus loin : « La haine peut prendre les formes les plus socialisées ; elle refuse le nouveau, tourne vers le passé, produit la répétition et dépersonnalise».
Et, comme si ces mises en garde, terrifiantes pour qui veut bien les comprendre, étaient insuffisantes, laissons la parole à Heitor de Macedo. « La haine n’attrape pas la vérité, elle l’enserre à l’intérieur d’une pensée immobile où plus rien n’est transformable, où tout est pour toujours immuable : le haineux navigue dans un univers de certitudes.».

Par quel mécanisme psychologique ce sentiment de haine, initialement porté par quelques uns peut-il se développer chez beaucoup, comme s’il s’agissait d’une épidémie ? Le mécanisme d’imitation, de rivalité mimétique, développé par les travaux anthropologiques de René Girard ( lien : www.exmed.org/pages/dqs0.html ) le siècle dernier en permet la compréhension. 

  

   Autrement dit, et là nous retombons dans l’univers intellectuel des soignants,  il y a une incompatiblité totale et définitive entre toute pensée scientifique et toute adhésion à une vision collective fondée sur la haine quelle qu’elle soit. Simplement l’huile et l’eau. Notre futur de vie ou de mort en dépend.

 Comprenne  cette LEM qui pourra, comprenne ce qui en découle pour lui qui voudra.  Pour les autres, d’où qu’ils viennent, j’en suis profondé désolé pour notre devenir à tous, je ne peux rien.

  

Note :
1°) remerciements de l’auteur à Wiki pour la recherche documentaire.
 

Os Court :

 « C’est plus de l’amour, c’est de la rage (Pasteur).» 

 Alexandre Breffort

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Les haineux tuent – CO d’Exmed

30 avril 2 mai 2017


Les haineux tuent LEM 1013


La médecine n’en parle pas, mais l’énergie  générée par le sentiment de haine conduit obligatoirement au passage à l’acte homicide. Pour aller un peu plus loin sans tomber dans le jugement moral, voici la LEM 1013 «L’arme de la haine». www.exmed.org/archives17/circu1013.html

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 30 avril-2 mai 2017  www.exmed.org Continuer la lecture

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La folle passion amoureuse est-elle devenue une addiction qui devrait être traitée ?

  Bonjour Faudra-t-il médicaliser ce qui, parfois, fait tout le sel d’une vie ? En viendra-t-on à étendre le concept d’addiction à la fusion-passion amoureuse romantique 1 ? Et, si oui, faut-il imaginer un traitement ? Telles sont les questions posées entre les lignes des informations que l’on retrouve aujourd’hui dans un jeu de poupées russes. D’abord […] Continuer la lecture

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Le Maître du Haut Château

La plus grande malice du diable est de faire croire qu’il n’existe pas C Baudelaire La représentation électorale croissante des partis , fascistes est un fait dans tous les pays d’ Europe. . Il n’est plus temps de parler d’émergence , ces partis ont émergé… Continuer la lecture

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PMA : le Comité national d’éthique répondra-il ou non aux vœux d’Emmanuel Macron ?

  Bonjour Le Pr Jean-François Delfraissy, nouveau président du Comité national d’éthique (CCNE) vient de donner un entretien à Famille Chrétienne (Antoine Pasquier). Un entretien éclairant quant aux relations toujours étranges et complexes qu’entretiennent cette institution et le pouvoir politique qui lui permet d’exister 1. Un entretien qui permet, aussi, d’en savoir un peu plus sur […] Continuer la lecture

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Mr P.

Dans les années 80, je débutais comme jeune médecin généraliste.

Parmi mes patients, Mr P. Une caricature: gros, sale, le béret enfoncé sur des cheveux gras. Un manteau noir râpé, des fringues raides de suint, et souvent des pantoufles aux pieds. Gros Dégueulasse, de Reiser, IRL

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Mr P était mal poli, hirsute, puant. Il entrait dans la salle d’attente, levait sa béquille et fusillait la secrétaire et les autres patients, « ra-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta », et leur effarement le faisait marrer.

Sa mère, une pochtronne de compétition, a fini par réussir à se suicider à la bière qu’elle planquait dans une cache sous la baignoire.

Mr P. 60-65 ans à l’époque je pense, en faisait 10 de plus. il avait été appariteur à la fac à Paris, et j’imaginais ce qu’avait été cette vie.

Un jour, il était arrivé dans le cabinet, précédé par son odeur, et m’avait dit: « Le mieux c’est que je vous montre ». Il avait lâché la ceinture miteuse de son bène, découvrant un calcif répugnant, décoloré de diverses taches géographiques jaunes ou verdâtres. Puis tandis que mes yeux commençaient à piquer, il avait baissé son calcif, m’avait exhibé ses génitoires et m’avait dit sur le ton de la confidence: « J’étais en train de me faire une petite gâterie quand du sang est sorti ». Il était effrayé, je lui ai expliqué que même si c’était impressionnant, ce n’était pas grave, une hémospermie, un incident de parcours. Il s’était rhabillé, et je ne sais pas comment mais il m’a dit qu’il avait un truc à me raconter, qu’il n’avait jamais dit à personne.

Il m’a dit que pendant la guerre, il était parti de son hameau, un matin, à vélo avec son pote, chercher du pain au village. En route, il avait crevé. Son pote s’était un peu foutu de lui puis avait tracé la route. C’était la guerre, et du pain, t’étais pas sûr d’en avoir si tu lambinais. Mr P avait mis une bonne demi-heure à réparer son pneu, et quand il avait enfin approché du village, il avait vu les flammes, et la fumée dans le ciel. Et senti l’odeur. Il n’a pas ramené de pain ce jour-là.

Le village s’appelait Oradour sur Glane, et en crevant un pneu, il avait manqué d’une demi-heure la division Das Reich.

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Voici une bonne nouvelle politique concernant 300.000 personnes diabétiques

  Bonjour Dans ce froid quinquennat finissant, personne n’y croyait plus. Et puis, il y a quelques minutes, cette annonce faite à la presse par le ministère de la Santé : « le nouveau système d’auto-surveillance de la glycémie sans contact, FreeStyle Libre® (laboratoire Abbott), pris en charge à 100% par l’Assurance maladie ». C’est là, en pratique, […] Continuer la lecture

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L’abcès – par M. L.

Je travaille en maternité comme sage-femme. Une des patientes que j’accompagne a développé un abcès au niveau du périnée. Une grosse boule douloureuse, inflammatoire, intouchable. Impossible pour elle d’allaiter correctement, de se reposer, torturée par la douleur et se tortillant dans le lit. Je préviens l’interne en gynécologie et certains y vont de leur commentaire. 
Il est rapidement établi que cette femme est plus ou moins responsable de ce qui lui arrive. « Hygiène douteuse », « petit milieu », « déjà qu’elle ne se brosse pas les dents », « et puis l’odeur dans sa chambre », « de toutes façons elle n’écoute pas ce qu’on lui dit ». Je croise les mains. L’important est qu’on s’occupe d’elle, qu’on la soulage et me mettre tout le monde à dos ne l’aidera pas. L’interne est une bonne personne. Elle va la voir puis appelle l’interne de chirurgie pour un avis. Elle propose une analgésie.
Je n’ai pas été prévenue du passage de l’interne en chir. J’accompagnais une autre maman. C’est mon erreur. Mes collègues me racontent avoir entendu hurler si fort qu’elles ont pensé qu’on accouchait dans cette chambre. Je suis happée par une grande blonde en bottes de cuir qui claquent. « Dis moi la dame là c’est impossible de faire ce qu’on doit faire, elle serre trop les jambes. » Je cherche des yeux son badge. « C’est toi l’interne de chir alors ? » Elle soupire : « oui donc j’ai drainé ce que je pouvais mais il faut finir son pansement ça ne colle pas avec la bétadine. » Je reste interloquée, gentiment je sens que nous allons au-devant d’une situation compliquée. « D’accord mais qu’est-ce que tu veux comme pansement ? Qu’est-ce qu’on fait après pour cette dame ? » Elle balaie l’air de sa main : « J’ai mis une mèche il faudra l’enlever vendredi, prends-lui un rendez-vous. » Les soignants qui traitent mal leurs collègues traitent encore plus mal leurs patients, c’est une règle de vie. Je sens que l’urgence est de retourner dans la chambre. J’entre.
La patiente est ruisselante de pleurs. Elle est installée en travers du lit, obligée de recourber la tête sur son torse et de maintenir ses jambes ouvertes avec ses bras bien que cela doive tirer sur sa cicatrice de césarienne. Son sexe est béant, ouvert à tous les regards, elle a les cuisses tellement écartées que je pense immédiatement à « l’origine du monde ». Son abcès se vide sur les draps du lit (les mêmes que ceux dans lesquels elle a dormi). Elle est exposée. Les rideaux ne sont pas tirés. Aucun drap n’est relevé sur elle. N’importe quelle personne entrant dans cette chambre tomberait le nez sur son sexe. Un pansement est vaguement collé en travers de son vagin, sur ses poils. Ma première pensée est de me dire que ça risque de tirer quand je le l’enlèverai. A côté d’elle, sur le chariot de soin abandonné, des instruments ensanglantés, un haricot remplis de pus et de sang, quelques compresses.
L’état de choc est un luxe que les soignants peuvent rarement se permettre. Je me précipite sur la patiente. Je l’aide à s’installer sur le dos. Elle est malentendante alors je le regarde dans les yeux pour lui dire combien je suis désolée, que nous allons tout arranger. Elle pleure silencieusement. Les pleurs silencieux sont ce qu’il existe de pire. Je lui caresse les cheveux, je pose un drap sur elle, j’installe un champ sous ses fesses. Est-ce qu’elle a encore mal ? Non, elle ne sait pas, elle ne sait plus. Est-ce qu’elle a compris ce qui s’est passé ? Sanglots. Elle veut aller faire pipi. Je baisse le lit, je l’aide à se lever, je l’enveloppe dans le drap. Elle me tombe dans les bras et pleure, pleure, pleure. Je lui propose d’aller se soulager, de se rincer un peu le visage avant que je revienne terminer ce pansement et que nous discutions. Elle opine.
Je sors. La colère m’envahit toute entière. Elle me fait vibrer les oreilles comme une tôle sous le vent. Dans le couloir, les collègues reculent sur mon passage. L’air me donne l’impression de vriller autour de moi, d’être aussi brûlant que ma rage. J’arrive dans le poste de soin pour chercher du matériel. Ce que j’ai dit, je ne me le rappelle pas. Les mots que j’ai employés, la façon dont j’ai parlé, je n’en ai aucun souvenir. Je me souviens seulement de ma cadre, replongeant le nez dans ses éternels papiers et d’avoir entendu un collègue me dire : « Je ne t’avais jamais vu énervée comme ça ». Je retourne dans la chambre.
La dame est allongée, le regard perdu. J’essaie d’être la plus douce possible, toujours en l’informant, en lui demandant, en la prévenant, je retire le pansement collé en découpant les poils, je désinfecte au mieux, en effleurant. Mes gestes d’infirmière et de débrouille reviennent, ça me rassure. Je bricole un pansement au mieux, le plus confortable possible. J’aide la patiente à se recouvrir. Je lui propose de prendre son enfant contre elle. Il est réveillé aussi. Que ressent un bébé quand il entend sa mère hurler de souffrance, pleurer de désespoir ? Que ressent un bébé quand les bras qui le prennent tremblent, que la poitrine sur laquelle il se repose tressaute et que des larmes de sa mère lui tombent sur le visage ? Je les installe. Je lui propose d’appeler son mari si elle le souhaite. Elle veut rester seule. Elle me le dit. Je sors.
Je parle à l’interne de gynéco, je parle à la cadre, je parle aux collègues. Je lui dis qu’il faut reprendre la situation avec l’interne de chirurgie, on me répond : « Oui je lui dirai. » Le soin est disséqué, il y a eu de l’analgésie, de l’anesthésie, une sage-femme a dû apporter du matériel, l’interne de gynéco n’a pas pu rester, on remet les choses à plat. On tente de chercher des fautes : 
– Mais pourquoi n’étais-tu pas avec la dame pendant le soin ? 
– Parce que j’accompagnai une autre maman et qu’on ne m’a pas prévenue de l’arrivée des internes. Si j’avais été là, crois bien que ça aurait été différent. 
Je suis dans état qui pourrait retourner une montagne. On se reprend, qu’allons-nous faire maintenant ?
La dame rappelle, elle veut sortir contre avis médical. C’est peu dire que je la comprends mais l’allaitement pose de gros soucis et elle n’a pas du tout de suivi prévu chez elle, ni sage-femme, ni accompagnant. Nous sommes inquiètes et, avec l’interne de gynéco, nous retournons pour parler. Nous installons des chaises pour être au même niveau et nous discutons, je crois presque une heure. Sans argumenter, sans mettre en défaut, nous dialoguons, nous lui faisons des promesses pour la nuit qui viendra, nous lui jurons douceur, écoute. L’interne parle dans sa langue, elle a beau avoir une grande journée dans les pattes, elle lui donne toute son attention, toute sa compassion. La dame accepte de rester. Nous organisons la sortie, le suivi, le retour pour le lendemain. Le soir, durant les transmissions, beaucoup de collègues de jour me rejoignent dans ce que j’exprime, nous sommes toutes soignantes, nous sommes toutes empathiques et nous sommes toutes choquées. J’écris des transmissions. Un pavé.
Le lendemain, rapport du matin en présence de la cadre. La sage-femme de nuit me confirme que la patiente a eu de la peine à s’endormir, que son mari a dû revenir et rester tard, qu’elle a beaucoup pleuré. Je m’adresse à ma cadre : 
« Qu’est-ce que tu en penses ? » 
Ma vraie question est : qu’est-ce que tu penses faire, qu’est-ce que tu VAS faire ? Elle me coupe : « On en reparle après ». Je suis si naïve que je me réjouis : elle doit vouloir reprendre toute la situation pour y apporter la meilleure réponse. Grâce à elle, nous allons pouvoir discuter calmement. Elle a compris et partagé mon émotion mais elle va apporter, par son statut et son attitude, un apaisement nécessaire. L’interne de chirurgie va pouvoir réfléchir à cette situation comme nous tous, sans être ni incriminée, ni vilipendée car nous sommes tous faillibles. Tout le monde a été ou va être maltraitant, sans le vouloir, sans s’en rendre compte et c’est une chose admirable de pouvoir s’en parler et d’avancer pour éviter que cela se reproduise. 
C’est donc sereine que je rejoins ma cadre dans la salle d’attente d’où elle me fait signe.
Une fois la porte claquée, elle se retourne comme une furie, ses yeux lancent des éclairs : 
« Alors cette histoire JE NE VEUX PLUS EN ENTENDRE PARLER !!!! » 
Toute l’équipe constate que cette femme perd de plus en plus ses moyens mais là ça dépasse l’entendement. J’ouvre des yeux comme des soucoupes :
– Excuse-moi mais aux transmissions, je pensais que…
– Tu…tu….tu n’as rien à en penser !!!! Tu m’as demandé ce que j’en pensais eh bien, tu arrêtes maintenant, la dame va bien, tu as fait ce que tu avais à faire, tu l’as consolée, elle sort aujourd’hui, maintenant c’est fini, tout va bien. Tu n’as pas à outrepasser ton rôle. » 
Je suis aussi calme qu’elle est furieuse. 
– Mais, c’est mon rôle. C’est justement mon rôle. On n’aurait jamais traité quelqu’un d’autre comme ça. Il faut qu’il y ait des retours pour que…
-TU N’ES PAS MEDECIN !!! C’est entre médecins !!! Tu n’as pas à expliquer aux médecins comment ils doivent travailler !!!!  
Elle crie d’une voix stridente, on dirait une enfant capricieuse devant un magasin de jouets fermé. « Tu as mis des pressions dans l’équipe hier. A cause de toi il y a eu des pressions toute l’après-midi. » Je ne peux pas m’empêcher de pouffer : 
« Les pressions dans l’équipe ne viennent pas de moi. Arrête, honnêtement ! Ce ne sont pas des questions de hiérarchie ou de médecins. En tant que soignante, je trouve que ce qui s’est passé n’aurait pas dû se passer. » 
Elle tremble de tout son corps en battant l’air avec ses bras : « Ca suffit maintenant !!!! En tant que chef je t’interdis d’en reparler !!! Est-ce que c’est clair ? ». Je sors.
La dame est rentrée chez elle. Pour l’avoir connue et accompagnée quelques jours, je crois que revenir là-dessus lui fera plutôt du mal, elle sait qu’elle peut en reparler si elle le désire. Elle est heureuse en famille et est passée à autre chose. Tant mieux. Ma démission, déjà officieuse, a été reçue dans l’après-midi.
La situation a été discutée assez longuement au cours d’une réunion de servic. On m’a dit que le chef présent ce jour était énervé qu’on embête l’interne de chirurgie parce qu’elle « était venue pour rendre service ». Néanmoins, une décision a été prise : celle d’accompagner désormais les femmes nécessitant ce type de soins dans une salle spéciale où une infirmière sera détachée pour assister les internes de façon à garantir confort et prise en compte de la douleur. 
Mon ego se plait à penser que je n’y suis pas pour rien. Peut-être qu’en faisant une montagne de cette situation, j’ai gagné une crise de nerf papale et une réputation exécrable mais que cela a permis de protéger les prochaines femmes. Si oui, ça n’est pas cher payé. Peut-être que la décision aurait été prise de toutes manières et que tout ce que j’ai fait est était inutile, extrême et belliqueux. Dans le doute, je vais tout de même rester sur le sentiment que l’avenir sera meilleur que le passé.
Ma cadre avait conclu en me disant « Ce qui est juste pour toi n’est pas le juste universel ». 
Certes, certes trois fois certes. Ma conscience, mon juste, mon éthique, rien de ce que je pense ou de ce que je dis n’est parole d’Evangile. En tant que soignante comme en tant qu’individu, je suis faillible, j’ai fait de très mauvaises actions, j’ai fait des erreurs, et j’ai été maltraitante. 
J’ai eu et j’ai encore tant besoin de proches et de collègues pour pallier mes manques et m’accompagner. Chaque soignant est une personne exceptionnelle qui a décidé de consacrer sa vie au bien être des autres et je sais le prix de ce choix. 
Mais revenir sur une situation et demander à y réfléchir après avoir calmé ses sentiments, ce n’est pas une hérésie. Ce n’est pas une attaque. C’est une proposition d’avancer, de nous parler, de nous aider et de communiquer pour changer notre regard, nous améliorer et progresser dans l’intérêt des patients.

Et c’est cela, la substantifique moelle de notre profession, putain de bordel de merde !

M. L. 

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L’ombre des doutes

Un temps. Tu inspires. Tu souffles. Le monde derrière toi n’est qu’un tas de batailles. Celui devant toi plein de guerres à venir. Certains jours te semblent être d’immenses champs de ruines. L’éclats de quelques victoires peinent à les éclairer. … Lire la suite Continuer la lecture

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Tabac : qui sera le politique qui en finira avec l’absurdité du « forfait nicotinique » ?

  Bonjour C’est une information politique que vient de publier l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).  Son « tableau de bord tabac du mois de mars 2017 » s’intéresse aux traitements d’aide à l’arrêt du tabac. On y apprend que les ventes de mars 2017 atteignent un niveau record : soit 253 000 équivalents patients, une hausse […] Continuer la lecture

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La vie après avoir été puni pour fraude scientifique : la moitié des coupables poursuivent des recherches

La fraude scientifique a quelques caractéristiques intéressantes : petit risque pour grande récompense. Mais, ne vous imaginez pas qu’après condamnation, la vie scientifique s’arrête ! J’admets qu’un condamné puisse travailler après la décision, mais un ‘encadrement’ est nécessaire… Un chercheur de l’Université d’Illinois, Urbana, USA, a analysé un pool de 284 chercheurs qui ont été coupables de mauvaises conduites scientifiques,… Continuer la lecture

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Monsieur Roger

Monsieur Roger n’est plus, il est décédé au cours de l’été 2002. Sa vie n’aura laissé aucune trace, même son nom, qui n’est qu’un prénom. Sa femme n’est jamais venue le voir au cours de ses quatre mois d’hospitalisation. Je crois qu’il avait des filles que nous n’avons jamais vues non plus. Etaient-elles toutes comme … Continuer à lire … « Monsieur Roger » Continuer la lecture

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Cigarette électronique : par décret il n’est pas interdit de vapoter au restaurant et au café

Bonjour La carte et le territoire : il aura fallu huit ministres pour signer le « Décret n° 2017-633 du 25 avril 2017 relatif aux conditions d’application de l’interdiction de vapoter dans certains lieux à usage collectif ». Un texte paru aujourd’hui au Journal Officiel et qui entrera en vigueur le 1er octobre prochain. Une traduction de ce […] Continuer la lecture

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Même pas peur.

Alors voilà… J’ai peur de vieillir. Je vois des corps vieux, vieux et malades. J’écoute des cœurs malades. J’écoute des poumons malades et vieux. Je palpe des ventres mous, j’examine des seins qui tombent, des poitrails d’hommes changés en mamelles flasques, des peaux trop tannées pour continuer à porter même un dernier poil, même un […]

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Pharmacie, éthique et politique : méchantes recettes pour faire de gros bénéfices

  Bonjour On peut voir là, au choix, des informations édifiantes ou révoltantes. Elles sont disponibles sur le site Medscape (Aude Lecrubier). On y découvre les révélations de plusieurs médias britanniques quant aux méthodes de la multinationale pharmaceutique sud-africaine Aspen Pharmacare. « S’il n’obtient pas les hausses de prix demandées auprès des gouvernements, Aspen va jusqu’à […] Continuer la lecture

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Qui seront les auteurs des articles sur données partagées ? Le concept de ‘data author’ est proposé par le NEJM

Les financeurs, les institutions et les gens raisonnables poussent au partage des données. Par exemple avec l’essai SPRINT du NEJM ! Il y a tellement de données sous-exploitées que l’on pourrait faire une pause, les analyser et voir ensuite quelles recherches financer… plutôt que de continuer à fiancer des projets dont une partie ne donneront pas lieu à communication de… Continuer la lecture

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Bulletins de pharmacovigilance (reboot)

La note précédente devait en fait vous parler des bulletins de pharmacovigilance, mais je ne sais pas, la sole meunière de midi peut-être, mais je suis parti sur tout autre chose… Avant de poursuivre et d’oublier, la notion la plus fondamentale à retenir de cette note (et de la précédente) est de ne pas négliger … Continuer à lire … « Bulletins de pharmacovigilance (reboot) » Continuer la lecture

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La veille dans PubMed : le casse-tête des opérateurs

Dans l’équation de veille, la gestion des opérateurs (OR et NOT) fournit l’occasion de revisiter quelques-uns des fondamentaux de l’interrogation de la banque de données. En théorie : trois données essentielles La première donnée Formuler une équation de veille dans PubMed consiste à interroger d’une part la partie indexée de la banque de données et d’autre […] Continuer la lecture

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Bruit ou signal?

La Pharmacovigilance française a une double caractéristique très schrödingerienne, elle est à la fois connue par personne et largement vilipendée par tout le monde. Sa structure régionale très décentralisée me semble être un frein dans ce qui pourrait être une recherche de reconnaissance de ses réels mérites. Tout le monde, médecins, jeunes biologistes, journalistes, ne rêve que d’une … Continuer à lire … « Bruit ou signal? » Continuer la lecture

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« Exit le fantôme » de Philip Roth et Marie-Claire Pasquier

La littérature est un formidable moyen d’explorer les sensations, sentiments, expériences des autres. La littérature est une formidable porte vers l’altérité pour peu que l’auteur ait du talent et le lecteur l’envie de s’ouvrir à cet autre. Depuis quelques années, … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Psychiatrie post-vérité : Donald Trump le charismatique est-il un narcisse pathologique ?

  Bonjour Vous vous intéressez au pouvoir, à la psychiatrie et à l’équilibre du monde ? Vous prendrez plaisir à la lecture, sur le site Slate.fr, d’ « Alors Trump, fou ? » de Moisés Naím » (traduction de Bérengère Viennot). Un texte qui, de ce côté-ci de l’Atlantique, prend une saveur toute particulière à l’heure de la dernière […] Continuer la lecture

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Un utérus artificiel pour mouton mis au point aux Etats-Unis. Demain chez l’humain ?

Bonjour C’est une publication scientifique qui renvoie immanquablement au chef d’œuvre d’Aldous Huxley. On trouve la publication dans Nature Communications du 25 avril 2017 : « An extra-uterine system to physiologically support the extreme premature lamb ». Le chef d’œuvre date de 1931 : «Le Meilleur des mondes » La BBC (Michelle Roberts) développe le sujet de même que Le Monde (Hervé Morin). Soit […] Continuer la lecture

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Quand l’activité sexuelle solitaire tourne au drame

Un homme de 49 ans est retrouvé mort dans son salon par sa femme. La pièce est fermée à clé de l’intérieur, ce qui oblige les pompiers à forcer la porte. Le cadavre porte des sous-vêtements féminins, une fausse poitrine … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Des prix pour les chercheurs parasites …..

Le terme de chercheur parasite a été évoqué pour la première fois de manière négative dans un éditorial du NEJM : « Data sharing » en janvier 2916. Il s’agissait de qualifier des lobbies demandant accès à des données cliniques pour les analyser de manière partisane. Le NEJM a proposé d’utiliser ce terme de parasite avec une connotation plus positive. Il peut… Continuer la lecture

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Santé publique : fermons McDo et consorts.

En cette période de campagne électorale la Santé publique n’a été abordée que sous l’angle des coûts et sur celui du manque d’accès à la médecine (les fameux déserts), je propose comme mesure phare de mon programme électoral imaginaire  la fermeture progressive des McDo’s et apparentés.

Oh.
Les McDos sont l’exemple parfait de la malbouffe planétaire, celle qui commence avec les animaux maltraités, celle qui continue avec la nourriture industrielle reconstituée à partir de rien, celle qui prône Gros is beautiful, celle qui ne vante pas la qualité de la nourriture mais la baisse continuelle du rapport prix/calorie, celle qui offre le combo le moins cher du marché, graisse, sucre et sel, mais surtout, McDo, c’est l’essence même du néo libéralisme amoral, sans valeurs éthiques, axiologiquement neutre comme dirait l’autre, qui justifie tout au nom de la liberté de choix des consommateurs, on parle des budgets publicitaires comme idéologiquement neutres ?, au nom des désirs du consommateur citoyen, puisque cela fournit des emplois, puisque cela augmente le PIB, puisque cela favorise le vivre ensemble (?), et cetera.
J’entends déjà le crétin qui argue « Oui, mais y a des salades » : un îlot de fraîcheur dans un océan de merdre. Enfin, les salades McD
Ah.
Les McDo’s sont l’exemple parfait du capitalisme hors sol, du marketing planétaire, des bas salaires, du mi-temps contraint, des étudiants qui doivent payer leurs études (et qui ne les finissent jamais, terminant avec une chemise d’équipier ou de superviseur gorgée de gras, de cholesterol et de coca-cola), des systèmes de management alakhon (l’équipier du mois), du travail sept jours sur sept et à pas d’heures le soir, de la financiarisation, de l’optimisation fiscale, et cetera. L’entreprise McDo fait grosso modo 25 milliards de CA et 4,5 M de bénéfices en France et soustrait au fisc français entre 390 et 714 millions d’euro (voir ICI). Les employés de McDo ne mangent plus de McDo, c’est dire.

Zut.

Parlons de santé publique.
McDo, comme aurait pu le dire le regretté Jean-Pierre Coffe, c’est de la merde !
C’est de la calorie, c’est de la graisse, c’est de l’odeur, c’est de la nourriture industrielle, sans valeur nutritive, la viande n’est pas de la viande, le poisson (?), c’est un nid à obésité, un nid à surpoids, un nid à cholestérol, un nid de sucre, un nid à chirurgie bariatrique. Et, selon le théorème de PAG (il se reconnaîtra) les gros mangent aussi dans ces établissements.

« Ouais, mais c’est sympa d’y aller manger avec les enfants » : les menus enfants avec les cadeaux à deux balles en plastique mortifère, avec les pubs Disney en sus et la bouffe dégueu mais qui leur fait plaisir… Voilà une éducation à la nutrition qu’elle est bonne !


Super Size Me !

La particularité de l’obésité, qui n’est pas une maladie mais un état, sauf dans de rares cas médicaux, est qu’elle se voit.

Bon, d’excellents confrères ont écrit récemment des billets de blogs sur l’obésité mais de bons esprits vont arguer qu’il n’y a pas de rapport entre la consommation chez McDo et le sur poids. Je vais même peut-être avoir un procès. Il y a aussi des congrès de médecine générale qui sont sponsorisés par la firme philanthropique.

« Obésité et rein » a commencé Perruche en Automne (ICI), puis Hippocrate et Pindare a (ont) répondu LA et il y a eu des dialogues inter blogs dont celui-ci : LA.

On y trouve les mêmes débats idéologiques que pour le reste des problèmes sociétaux.

Grosso modo, la tendance respectable est de dire que les citoyens en sur poids ne doivent pas être stigmatisés, parce qu’ils n’y sont pour rien.

(Conflit d’intérêts : IMC perso = 23,5)

Bon, il n’y a donc plus qu’à tirer l’échelle.

Il ne reste plus qu’à prescrire des médicaments en suivant les conseils de l’inamovible commentateur santé de France Télévision : ICI.

Les blogueurs disent tous (et les commentateurs itou), et dans un unanimisme touchant, que, vous me suivez, comme il n’est pas possible de faire maigrir les gens, au long cours, il faut aborder le sujet (c’est le côté ambigu moral et faux cul : on ne pourra pas m’accuser d’avoir évité la question mais on ne pourra pas m’accuser de faire de la grossophobie) et ne pas stigmatiser, comprendre, accompagner, et cetera (l’expression la plus belle : envisager les raisons cachées).

Dominique Dupagne avait souligné que l’Education nationale avait été livrée aux betteraviers : LA. Il nous avait mis sur la piste.

La tendance générale de l’addictologie moderne c’est « Comme les choses nous échappent, feignons de les avoir organisées » et il en est ainsi de l’addiction à la nourriture, à l’alcool, au cannabis ou au tabac. Pour le reste : pareil (cocaïne, et cetera). Est-ce qu’un McDo peut être considéré comme une salle de consommation à moindre risque de nourriture addictive ?

Vu la vague libertarienne aux US, relayée par l’extrême gauche ultra libérale en France et par les ultra libéraux économiques, il y aura bientôt des McCan et on viendra y fumer le « pot » en famille en parlant du progressisme et des méchants réactionnaires défenseurs de la culture hétéro-patriarcale-blanche.

Un certain nombre de confrères construisent même des théories physiopathologiques pour dire que l’obésité ne rend pas malade, que le gras n’y est pour rien, que la quantité de nourriture ingérée non plus, et qu’il faut changer de « paradigme ». Ils « déconstruisent » la grossophobie causale.

Mouais.

Là, il faut que je m’accroche aux branches du raisonnement.
Les citoyens raisonnables selon la théorie libérale qui en fait des individus pensants isolés, ne choisissent ni de ne pas être en sur poids, ni d’être en sous poids. C’est comme ça. Ils ne se déterminent qu’en fonction de leurs intérêts.
Les citoyens éclairés par la théorie des Lumières clament la liberté individuelle : ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent, de se mettre en danger, à condition qu’ils ne mettent pas les autres en danger.

Mouahahaha.

Après tout, en bons héritiers pour les premiers d’Adam Smith et surtout de John Rawls, s’il y a des adultes consentants pour manger gras et calorique pour pas cher (là, on peut faire une incise sur les prix qui ont tendance à augmenter), c’est leur libre choix de citoyens avertis (en anglais les publicités se disent advertisements)… D’ailleurs, ce sont des pauvres, des bronzés et je ne sais qui d’autre qui en sont les consommateurs (les plus) attitrés : tant pis pour eux. Mais il y a aussi les grands-parents qui veulent faire djeunes et qui ne souhaitent surtout pas exercer une quelconque autorité (le mot devrait être rayé du vocabulaire par les fassiniens et les post foucaldiens) sur leurs petits-enfants (i.e. les instruire à consommer ce qui est « bon » et ce qui est sain) et qui, entre deux séances de smartphone et/ou de tablette, les font manger de la merde pour le fun.
Les autres héritiers, ceux de la révolution française et de mai 68, au nom de la liberté individuelle, du droit des intersectionnés, poussent des cris : il ne faut pas interdire, il est interdit d’interdire, c’est une source de plaisir, mais surtout : il ne faut pas stigmatiser les minorités (mais nous sommes en train de rendre le surpoids majoritaire). 

Faisons un tour par l’anthropologie et… le déconstructionnisme.
Les McDo’s sont l’exemple parfait du déconstructionnisme néolibéral.  

Il y a un certain nombre de personnes (de gauche, pensent-elles) qui affirment que le capitalisme néo libéral mondialisé est conservateur, qu’il se situe du côté de la réaction morale confessionnelle (églises, mosquées, temples, synagogues), du conservatisme sociétal, du sabre, du militarisme, d ela guerre des civilisations. Quelle erreur ! Le capitalisme néo libéral se nourrit de profit, d’accumulation de profits et se moque de la morale, fût-elle hétéro-patriarcale-blanche : aux US ce sont les Afro-américains qui consomment le plus de junk food. Le capitalisme se moque donc, sauf si cela lui permet de gagner de l’argent, des pro vies ou des anti mariages gays, il est pour la circulation des idées, des capitaux, des personnes, pour le mouvement perpétuel qui permettra aux riches d’être toujours plus riches et à la planète d’être dévastée.

McDo est au centre du déconstructionnisme néo libéral de droite et de gauche ou moralement neutre (le libertarianisme).

Car le succès de McDo tient aussi à sa puissance disruptive comme disent les cuistres partisans de la civilisation facebookable et/ou iphono/googleisée, le parti des GAFA.

La disruption McDo tient à ceci :
1) on a le droit de manger avec les doigts (et les sociologues déconstructurants sautent sur la table gluante du fast-food en hurlant : « A bas les valeurs bourgeoises coercitives » (manger à table avec sa famille réunie, mettre la table, faire à manger, ranger les couverts dans le lave-vaisselle) ;
2) on a le droit de manger à toute heure (les mêmes sociologues, ceux qui vous parlent à longueur de livres du vivre ensemble, louent cette liberté fondamentale du « Je mange quand j’ai faim » et retrouvent dans un élan parfait les pédiatres nutritiologues qui préconisent pour le nouveau-né et le nourrisson de donner à manger à la demande) ;
3) on a le droit de rendre moralement convenable une pratique détestable pour la santé publique.

Oups

Il est temps de déconstruire le déconstructionnisme.

Pourquoi les gens vont chez McDo ?
En raison du conditionnement publicitaire (il faudra revenir sur les « maquereaux » de la publicité, ces hommes et ces femmes idéologiquement neutres qui seraient capables de tuer père et mère pour avoir le budget McDo ou Coca-Cola et pour pouvoir convaincre les pauvres et les déshérités de manger et de boire de la merde), de la propagande institutionnelle (la junk food, c’est bon pour l’économie, pour l’emploi, pour la croissance, il y a même des économistes fous qui ont considéré le prix du Big Mac  comme un indice fruste de parité du pouvoir d’achat, voir ICI), du consumérisme, du ça, de la crédulité des masses et du pouvoir sans limites du capitalisme financiarisé.

La déconstruction du déconstructionnisme passe par la remise en cause du système mondialisé qui nous gouverne.

Stop.

Tu vas trop loin : le système capitaliste est notre horizon indispensable, incontournable, indéboulonnable, c’est la nature.

Mais surtout : la fermeture des McDo va entraîner des émeutes, les sevrés de Big Mac et autres wopper, vont faire la queue aux urgences, vont agresser des vieilles dames pour leur voler leur porte-monnaie, il va y avoir des grèves… Et big pharma va inventer le McDofène qui va permettre aux McDomanes de pouvoir continuer à consommer des Big Mac dans des limites raisonnables fixées par l’OMS.

Pour finir, voici une phrase de Fredric Jameson : « Il est plus facile de penser la fin du monde que la fin du capitalisme. »

   

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Impact de l’anesthésie sur l’évolution tumorale

Bon article de synthèse dans Anesthesia & Analgesia du mois de Mai 2017. Perioperative Anesthesia Care and Tumor Progression Sekandarzad, Mir W. FANZCA, FFPMANZCA, DESA*; van Zundert, André A.J. MD, PhD, FRCA, EDRA, FANZCA*; Lirk, Philipp B. MD, PhD†; Doornebal, Chris W. MD†; Hollmann, Markus W. MD, PhD, DEAA† pdf Continuer la lecture

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Le virus de la rougeole menace à nouveau la France. Que fait la police vaccinale ?

Bonjour Ce sont les derniers chiffres en provenance du front rougeoleux. Ils viennent d’être donnés par Santé Publique France. Du 1er janvier au 31 mars 2017, 134 cas de rougeole ont été déclarés en France, soit trois fois plus que le nombre de cas déclarés en 2016 sur la même période. Deux cas d’encéphalite et quinze […] Continuer la lecture

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La Disparition

Ça faisait longtemps que je voulais emmener mes deux ados à Auschwitz. Personne dans les deux familles n’a été déporté, mais ce qui s’y est passé fait partie de tous. J’avais finalement une notion de devoir de mémoire, mais, avant d’y être allé, cela restait assez théorique pour moi. Et puis, j’ai croisé des oeuvres comme l’immense … Continuer à lire … « La Disparition » Continuer la lecture

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La boite de Pandore, Sci-Hub, contribue à la diffusion du ‘Black’ ou ‘Guerilla’ Open Access

Un preprint dans F1000Research concerne un travail d’un auteur allemand pour évaluer Sci-Hub. Je suppose qu’il n’est plus utile de définir ce site pirate qui contient 62 millions de publications. Dans mon expérience, les jeunes chercheurs, quel que soient les pays, utilisent beaucoup Sci-Hub. Des chercheurs séniors ne connaissent pas ! L’article de F1000Research publié le mars 2017 a pour… Continuer la lecture

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Dragi Webdo n°137: Essure, codéïne/tramadol, statines, angines et corticoïdes, amygdalectomie

Bonsoir à tous! Désolé pour le retard de ce billet en partie lié à la soirée électorale… Mais ne parlons pas de choses qui fâchent, voici les actualités médicales!

1/ Pharmacovigilance (et matériovigilance pour les puristes)
Le comité temporaire statuant sur Essure a rendu des premières conclusions: se basant sur des études épidémiologiques, la balance bénéfice risque reste positive et il n’y a pas de preuve formelle d’augmentation de risque entre Essure et la ligature en dehors d’un sur-risque d’allergie de 10%. Il n’y a pas de différence dans les maladies auto-immunes (Essure: 0,55% et ligature: 0,58%). Ils ont tout de même noté que les femmes se plaignant voyaient miraculeusement leurs symptômes s’améliorer après un retrait du dispositif. Donc à discuter et à effectuer au besoin par un chirurgien gynécologique entrainé par cœlioscopie.
La FDA a publié un communiqué sur les opioïdes. La codéïne était déjà interdite avant l’age de 12 ans et devrait être limitée entre 12 et 18 ans. Le tramadol, seul utilisable en France chez l’enfant, voit son utilisation restreinte aux plus de 12 ans et aux 18 ans dans le contexte post-amygdalectomie! Enfin, la FDA recommande de ne pas les utiliser en période d’allaitement.

2/ Cardiovasculaire
Quel est l’observance des patients traités par statine forte dose dans les suites d’un infarctus? Une étude rétrospective a retrouvé qu’à 2 ans, moins de 42% des patients prenaient encore de façon régulière (>80% des prises) la statine forte dose qui leur avait été prescrite. Ils étaient ensuite 13% a avoir une statine faible ou moyenne dose à la place et à la prendre régulièrement, 19% à prendre leur traitement irrégulièrement et  19% à l’avoir totalement interrompu.  Les auteurs concluent qu’il faut des mesures pour augmenter l’observance des statines fortes doses au lieu de se demander pourquoi est-ce qu’elles étaient aussi mal prises… Bref, les études versus la vrai vie… 
L’article sportif de la semaine concerne les cyclistes! Une nouvelle étude arrive à retrouver que faire du sport régulièrement est bénéfique. Ainsi, les patients se rendant au travail en vélo avaient un risque moindre de mortalité globale et cardiovasculaire, de maladie cardiovasculaire et de cancer. Bref, il faut aller travailler en vélo! Notons que la marche semble apporter des bénéfices similaires pour les critères de jugements cardio-vasculaires. Malgré la prise en compte d’un grand nombre de facteur de confusion potentiels, je ne peux m’empêcher de penser que c’est l’ensemble des habitudes qui permettent ce bénéfice et pas uniquement le vélo. Malheureusement, les études de cohortes ne peuvent pas lever ce doute.
3/ Infectiologie
Au #CMGF2017, une communication parlait du sur-risque de phlegmon et d’abcès ORL chez les patients ayant eu une prescription d’AINS et de corticoïdes pour une angine. Un essai contrôlé randomisé du JAMA a étudié la prescription de dexaméthasone versus placebo sans prescription immédiate d’antibiotiques dans les angines. 565 adultes ont été randomisés et les auteurs ont retrouvé qu’il n’y avait pas de différence entre les 2 groupes sur la résolution des symptômes à 24 heures mais une amélioration supérieure dans le groupe dexaméthasone à 48h. Il n’y avait pas d’augmentation significative des effets indésirables dans le groupe traité par corticoïdes à 28 jours. Faut il donc mettre des corticoïdes à toutes les angines? Tout d’abord, le critère de jugement principal était une évaluation à 24h qui n’a pas été différente, il faut donc s’arrêter là pour les conclusions solides, les critères secondaires étant exploratoires. Il s’agissait d’adultes qui sont à plus faible risque d’abcès que les enfants car ils font moins d’angines bactériennes. Ensuite, 565 adultes ont été inclus, mais la prévalence des abcès et phlegmons est de 0,5% des angines: cette étude aurait pu détecter 2,8 complications ce qui ne permet pas de comparer statistiquement les groupes (en effet il y a eu 1 abcès rétro-pharyngé sous dexaméthasone, 1 sous placebo et une hospitalisation pour amygdalite sévère sous placebo). Enfin, si ce traitement était bénéfique avec peu d’effet secondaire, il s’agissait d’une dose unique de dexaméthasone 10mg (équivalent 75mg mg de prednisone) et non d’un traitement de plusieurs jours.
Le BMJ parlait de l’amygdalectomie chez l’adulte. Les auteurs de l’article reviennent sur le fait que ce traitement permettait de diminuer le nombre de jours de douleur lié à des récidives d’angines de 10 jours sur 6 mois (Yay!) sans réduction de l’absentéisme. Le traitement chirurgical reste néanmoins à discuter si le patient a plus de 7angines par an ou 5 angines par an pendant 2 ans ou encore 3 angine par an pendant 3 ans.
Le même sujet a été traité chez l’enfant dans le Jama Pediatrics. Les principales indications retrouvées étaient les angines récidivantes selon les mêmes critères que chez l’adulte, mais aussi les troubles du sommeil d’origine respiratoire (essentiellement les syndromes d’apnée du sommeil de l’enfant). Un fois de plus c’est l’intensité du retentissement qui peut pousser à proposer le traitement chirurgical qui ne doit pas être systématique. Le bénéfice dans les autres indications était encore moins bien établi…
C’est fini! A très bientôt pour un prochain billet!
@Dr_Agibus

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Marisol Touraine aimerait que Macron se souvienne qu’elle appelle à voter pour lui

Bonjour La ministre partante de la Santé n’avait pas encore parlé. Et puis, quelques minutes après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle elle a tweeté : « J’appelle les Français à voter massivement en faveur d’Emmanuel Macron le 7 mai prochain ». Comme tant d’autres et sans surprise, face à Marine Le Pen, elle justifie son choix. […] Continuer la lecture

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Il faut obtenir d’Emmanuel Macron qu’il nous dise ce que sera sa lutte contre les addictions

  Bonjour Le temps politique s’accélère dans un paysage français pour partie recomposé. Cartes rebattues mais règles inchangées. Un nouveau joueur remporte la première mise. Les anciens attendent la future donne. Quant aux buralistes français, ils rafraîchissent leur mémoire avant de retourner dans l’isoloir.  Face au fléau du tabagisme, quelles ont été, jusqu’à maintenant, les […] Continuer la lecture

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Les deux types de drogues

Les drogues sont un sujet politique rare et sporadique. Il n’est traité que lorsqu’il suscite un débat de type binaire, comme les chérissent beaucoup de zappeurs et débatteurs.  Les drogués sont-ils de vilains jouisseurs ou de fragiles victimes ? Faut-il les … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Futur paysage médical français, dessin de Cécile Bour LEM 1012

Lettre d’Expression médicale

LEM n° 1012

http://www.exmed.org/archives17/circu1012.html
    24 avril 2017

                           
              

                Un effort, et on y est
               


                  Docteur Cécile Bour

 Publié initialement sur Exmed du 13 au 15 juillet 2007


Os Court :

 «  Un médecin comme berger connait voisin. » 

Proverbe français XVIème siècle


24-25 avril 2017


Des voix dans le désert

Ce dessin de Cécile Bour sur la survenue de déserts médicaux en France date de 2007 : exactement dix ans. Sans prendre, hélas, une seule ride. Dix ans, c’est le temps minimum pour former ces médecins qui nous manquent tant, et de plus en plus. Pas la moindre initiative gouvernementale de droite comme de gauche allant dans ce sens : former des médecins de terrain. Politique de santé, santé publique, électeurs de tout poil, vous voulez rire.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 24-25 avril 2017  www.exmed.org
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Ethique et politique : les non-dits du futur Président à propos de la « PMA pour toutes »

  Bonjour Déjà Président ? Désormais tous les mots seront pesés. Ceux à venir, ceux du passé. Il avait (avec quelques approximations) déjà dit sa volonté concernant la procréation médicalement assistée – tout en se protégeant derrière l’avis (à venir) du Comité national d’éthique – avis qui précédera la révision (prévue pour 2018) de la loi de […] Continuer la lecture

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Les ‘faux’ reviewers existent toujours : rétractation de 107 articles par Springer car les auteurs ont relu leurs articles….

Nous avons évoqué plusieurs fois la pratique de certains auteurs qui, lors de la soumission de leur article, suggèrent des relecteurs. Ils donnent une adresse email qu’ils viennent de créer avec un renvoi dans leur boite email. Ces auteurs reçoivent parfois un avis pour être relecteur/reviewer de leur propre article… Et ils font un avis de lecture (en général complaisant..)…. Continuer la lecture

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Nous, ministre de la Santé, politiserons l’action contre les principales addictions du pays

  Bonjour Souvenons-nous. C’était le 2 mai 2012. Bientôt un quinquennat. Ce jour-là, grâce à François Hollande, une fraction non négligeable de la population française découvrait l’anaphore. Et depuis cinq ans le célébrissime « Moi, président de la République… » n’a pas quitté la scène. On retrouvait, ces derniers temps, cette figure de style dans toutes gazettes. […] Continuer la lecture

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