Archives mensuelles : novembre 2013

Deux livres qui resteront indissociables

Parfois les lectures se suivent dans le bon ordre, malgré leurs styles différents, leurs genres sans rapport, elles se croisent et se parlent. Ceci fait partie des bonheurs simples de la vie, quand deux livres se succèdent et font écho. … Continuer la lecture Continuer la lecture

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Significance

@PotardDechaine m’a fait découvrir la revue Significance, qui est publiée sous l’égide de la Royal Statistical Society et l’American Statistical Association. Vous allez dire, encore des statistiques… Les MOOC, R, même dans mon travail, je suis un peu monothématique en ce moment. Et bien, ça change de la cardio! Et puis Significance est une revue […] Continuer la lecture

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Médecine 2.0: Internet, le médecin et son patient

La médecine est une science de connaissance, maîtriser cette gigantesque source d’informations qu’est Internet est devenu pour le médecin indispensable. Quels sites utiliser pour répondre aux questions cliniques que vous […] Continuer la lecture

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La recherche clinique, boîte de Pandore ?

Je sors d’une semaine de travail un peu décourageante quant à mon investissement (déjà maigrichon) en recherche clinique. Chapitre 1 Il y a quelques semaines, deux nanas sont venus nous présenter un protocole de recherche internationale, patati patata, pas très compliqué, bla bla, merci. Nous aimons bien notre patron qui nous avait apporté le projet… Continuer la lecture

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En premier lieu, ne pas nuire

Le titre est ma traduction libre de l’expression « Primum non nocere » Cette expression attribuée à Hippocrate explique qu’en médecine , la première obligation est de ne pas nuire au patient . Aujourd’hui j’ai le sentiment que ce principe est complètement oublié par nombre de médecins. En effet, à la suite de la L’article du Monde […] Continuer la lecture

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ÉRUPTION chez l’enfant : s’y retrouver

Merci à @AliceRedsparrow qui m’a permis de découvrir le travail Du Dr Jean-Bernard Girodias, pédiatre et urgentiste à Montréal, auteur de ces fiches synthétiques et didactiques sur les maladies éruptives […] Continuer la lecture

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Le rédacteur en chef de Food and Chemical Toxicology voudrait retirer de la littérature l’article anti-OGM de GE Séralini

Merci à Ivan oransky qui a publié la lettre du rédacteur en chef de Food and Chemical Toxicology. A Wallace Hayes demande à GE Séralini de rétracter son article intitulé « Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize ». La science est bafouée, avions nous dit, en présentant la controverse le 1 février 2013. Encore, des… Continuer la lecture

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Les experts ne savent pas évaluer la recherche ! Ils seraient influencés par le facteur d’impact, et feraient moins bien que la seule prise en compte du facteur d’impact… prudence

J’ai aimé cet article bien fait (sauf que la discussion commence dans les méthodes), mais il faut beaucoup de temps et de prudence pour l’interpréter. Il s’agit d’un article de PLOS Biology, octobre 2013, intitulé « The asessment of science: the relative merits of post-publication review, the impact factor, and the number of citations » par 2 auteurs, anglais et allemand. Bravo… Continuer la lecture

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Europe 1, Gardasil, JF Lemoine, Sauveur Boukris : une émission truquée, corrompue et incompétente.

J’ai écouté LA une émission sur Europe 1, de la maison Lagardère, celle qui finance le site Doctissimo. Vous pouvez l’écouter ICI. C’est un modèle de ce qu’il ne faut pas faire quand on est journaliste et un modèle de ce qu’il faut faire quand on est lobbyiste.

Le sujet était d’importance car il s’agissait de savoir, à propos du Gardasil, s’il fallait avoir peur des vaccins. Les invités d’Europe Soir étaient le docteur Jean-François Lemoine, le docteur Sauveur Boukris et Madame Corinne Lepage, que je cite en dernier pour ne pas la mélanger aux deux propagandistes.

Nicolas Poincaré, le journaliste généraliste, n’en a pas placé une, tétanisé qu’il était par Jean-François Lemoine, le docteur Europe 1, chef de rubrique et ne connaissant pas manifestement le sujet.

J’ai donc redécouvert pendant cette émission le docteur Jean-François Lemoine, visiteur médical de Sanofi-Aventis, dont les liens et conflits d’intérêt sont tellement importants qu’il est difficilement compréhensible qu’il puisse s’exprimer avec autant d’incompétence, cela mériterait une ruture de contrat de la part de ses employeurs : il pourrait non seulement être bon mais aussi faire semblant de ne pas être l’employé de big pharma. Dans une chronique matinale récente sur Europe 1, interrogé par Thomas Sotto (qui s’est fait rouler dans la farine), il avait innocenté le Gardasil en disant d’une part qu’il avait vacciné sa fille (preuve scientifique) et d’autre part en omettant de signaler ses liens d’intérêt avec le laboratoire commercialisant Gardasil (non respect de la loi). Pour des informations sur le personnage : voir ICI ou LA.

J’ai entendu Corinne Lepage se faire massacrer par les deux médecins présents à part sur les sujets qu’elle connaissait bien et on a senti qu’elle avait compris avoir été invitée comme faire valoir.

En revanche, j’ai découvert le docteur Sauveur Boukris, médecin généraliste à Paris, qui écrit des livres que j’avoue n’avoir jamais lus, et dont j’ai pu constater, mais vous verrez sur pièces, qu’il s’agit d’un incompétent total (la validité intrinsèque de ses propos ne dépasse pas le niveau du Cours préparatoire car, objectivement, il ne sait pas lire).

Quelques exemples de ce qu’il a dit :

  1. SB affirme que le vaccin anti grippal est utile et efficace, il n’y a pas de discussion (je pourrais citer ce blog, des références, Cochrane, mais comment lutter avec un illettré ?, pour dire combien la communauté scientifique internationale se pose des questions sur l’efficacité du vaccin et propose quand même la vaccination parce que big pharma le vaut bien).
  2. SB ne connaît pas la différence entre principe de précaution et principe de prévention (et c’est là où Corine Lepage lui a cloué le bec) mais ce n’est pas une nouveauté dans le milieu médical français. 
  3. SB conseille le Gardasil à tout le monde et surtout aux femmes qui ont des antécédents de cancer du col dans leur famille… Là, nous sommes dans le sublime et dans une nouvelle AMB (Autorisation de Mise sur le Boukris)
  4. SB prétend que le vaccin contre l’hépatite est obligatoire, tout comme ceux de la coqueluche et de la méningite ! JF Lemoine ne dit rien, personne ne dit rien. Mais où exerce-t-il, ce docteur ? Connaît-il les textes, sait-il même quelque chose ? Il confond recommandation et obligation.
  5. SB assène que les vaccins sont plus contrôlés que tous les autres médicaments pour des raisons d’ubiquité (on en trouve partout) alors que ce sont les produits dont les AMM sont les plus brèves, pour lesquels le nombre de patients est le plus faible et qui sont réalisés le plus souvent dans l’urgence avec une pharmacovigilance réduite à sa plus simple expression (en durée alors que les données sur le pandemrix, voir ICI, indiquent que les manifestations cliniques de narcolepsie ont été très tardives ; à ce propos le grrrrrand journaliste JF Lemoine dit sans sourciller qu’avec le pandemrix, on sait, d’un air blagueur, sans dire un seul mot des victimes). Vous trouverez sur ce blog de nombreuses références et notamment sue le fait que pendant la pseudo pandémie les AMM se faisaient au cours des conférences de presse de la Ministre dont j’ai 50 raisons de ne pas citer le nom.
  6. SB ne connaît rien à l’histoire de la médecine quand il prétend que personne n’a mis de bâtons dans les roues de Louis pasteur pour l’expérimentation du vaccin contre la rage. Il faudrait dire à SB que parce que Louis Pasteur n’était pas médecin il a été honni par les médecins, qu’il n’a été élu qu’à une voix près à l’Académie de Médecine et que l’on se moquait de lui quand il demandait aux chirurgiens de porter des gants pour opérer…
  7. SB affirme que la Fondation de Bill et Melinda Gates fait vacciner, c’est dire, une association caritative ne pourrait quand même pas tuer les gens et faire du profit… SB devrait lire ce qui est écrit sur le GAVI et, notamment par CMT, et sur le fait que son association désorganise les structures déjà présentes des pays en voie de développement et fait aussi beaucoup d’argent avec l’agro-alimentaire : ICI. Un article américain récent démonte les liens existant entre associations caritatives type GAVI et les grands trusts : LA.
  8. SB dit enfin que nous disposons des meilleurs virologues français et il cite un chercheur décédé et le professeur Montagnier. Ce dernier, comme on le sait, était un énorme clinicien qui soignait le pape JeanPaul 2 avec du jus de fruits.
J’ai oublié de dire que le mot frottis n’a pas été prononcé, cela devait faire partie des éléments de langage à éviter dans cette émission. 
Quand y aura-t-il de vrais débats contradicoires ?
Quand cessera-t-on de donner dans la presse des postes de responsabilité à des journalistes sous influences et qui ne respectent pas la loi ? 
Quand invitera-t-on des médecins généralistes qui connaissent leur sujet ? 
Permettez-moi de vous proposer de relire le billet de CMT (docteur Claudina Michal-Teitelbaum) très complet sur le sujet : ICI, et de le signaler à Jean-François Lemoine et à SB pour qu’il puisse le mettre à l’index. Comme d’ailleurs le dossier de Med’Océan : ICI. Sur le site de Dominique Dupagne, un article mi chèvre mi chou mais volontiers opposé (à moins que je ne me trompe) à la vaccination par Gardasil : LA. Les commentaires sont passionnants et notamment ceux de CMT et notamment le premier, qui me paraît décisif, celui du 26 novembre à 00 : 02, que je reproduis in extenso (1)
Je viens de lire CECI sur le blog de JY Nau, les propos d’un médecin qui me paraissent grosso modo très avisés. Je rappelle aussi des éléments intéressants et libéraux sur le blog de Winckler : LA.
On me signale une offensive puissante de big pharma au niveau des Conseils Généraux pour que les PMI appliquent les recommandations du HCSP, organisme public sous la coupe des lobbys. J’y reviendrai.
(1) On peut aborder le problème sous plusieurs angles, mais, fondamentalement, l’idée qu’il serait licite de faire courir un risque, le moindre risque, à des jeunes filles de 11-13 ans en parfaite santé, pour obtenir un bénéfice on ne peut plus hypothétique et qui ne se manifesterait, s’il se produit un jour, qu’au-delà de l’âge de 40 ans, me paraît absolument contraire à la déontologie médicale et au serment d’Hippocrate.
Un angle pertinent pour traiter le problème me paraît être celui-ci. Il faut se poser la question de savoir si la décision de généraliser ce vaccin à toutes les jeunes filles correspondait à une stratégie cohérente de santé publique pour lutter contre le cancer du col. 
La réponse est indéniablement NON. D’un pont de vue de santé publique, la décision de généralisation de ce vaccin est totalement irrationnelle. Et il découle directement de ce raisonnement une évaluation de l’intérêt individuel de cette vaccination


Pourquoi ? 
D’une part, parce que les cas de cancer du col et les décès qui y sont liés, sont en diminution constante et rapide depuis plusieurs décennies en France d’après les données de l’INVS. Ainsi, la mortalité cumulée (risque total cumulé pour une femme de mourir par cancer du col pendant toute sa vie) a été divisée par six en 40 ans passant de 3,6 % pour les femmes nées en 1910 à 0,6% pour les femmes nées en 1950. Plus de 95% des décès surviennent après 40 ans. Actuellement, la mortalité estimée est de 800 cas (dernières estimations) pour 220 000 décès féminins par an en France alors qu’elle était de 1215 en 2000, soit UNE DIMINUTION, EN DEHORS DE TOUTE VACCINATION, DE 30% EN UNE DIZAINE D’ANNEES.


Pourquoi cette diminution ? Moindre promiscuité due à une plus grande conscience du risque de maladies sexuellement transmissibles graves comme le SIDA, utilisation plus fréquente du préservatif… et sans doute aussi le dépistage du cancer du col par frottis. 
Le dépistage par frottis est efficace pour diminuer la mortalité liée à ce cancer, des études l’ont démontré. Mais, en France, le dépistage est seulement recommandé et laissé à l’initiative des femmes, ce qui en diminue l’efficacité, un certain nombre de femmes se faisant dépister trop fréquemment, on parle alors de surdépistage, tandis que celles qui en auraient le plus besoin ne font pas de dépistage. 
Le remède serait simple : instaurer un dépistage organisé, comme cela a été fait pour le cancer du sein alors que le niveau de preuves d’efficacité était pourtant bien moindre pour ce cancer. 
Un dépistage organisé est un dépistage où l’on invite périodiquement les femmes à se faire dépister. Dans le cas du cancer du col on a défini une fréquence idéale qui serait de faire le dépistage tous les trois ans. Les études faites en population dans les pays scandinaves ont montré un parfait parallélisme entre le taux de participation au dépistage organisé et la diminution de la mortalité par cancer du col. Cela ne coûterait pas plus cher qu’actuellement, seulement le coût de l’organisation, car le nombre de frottis serait le même, à peu près, qu’actuellement, où une partie de l’ensemble des femmes pratiquent le dépistage trop souvent.


Voilà les données du problème en termes de santé publique.
Or, quelles sont les conclusions du groupe de travail qui avait été chargé d’examiner la question de l’intérêt, économique entre autres, de la vaccination par le vaccin contre le papillomavirus ? 
Le groupe de travail s’est fondé sur une modélisation de type mathématique et il a conclu qu’ON POUVAIT ESPERER UN BENEFICE SUPPLEMENTAIRE SUR LE NOMBRE DE CAS DE CANCER DU COL DE 16% (c’est-à-dire une diminution supplémentaire de 16% des cas de cancer, on ne parle pas de mortalité) DUVACCIN PAR RAPPORT AU DEPISTAGE ORGANISE. MAIS QUE CE BENEFICE SUPPEMENTAIRE N’APPARAITRAIT QUE DANS 70 ANS. De plus, ce maigre bénéfice ne pourrait être observé que si trois conditions irréalistes se réalisaient : 
1- il faudrait que le vaccin maintienne le maximum d’efficacité qui lui est attribué, de 70%, pendant 70 ans 
2- que le taux de vaccination des jeunes filles soit au minimum de 80% pendant 70 ans 
3- que le vaccin ne nécessite aucun rappel 
Si une seule de ces conditions n’était pas remplie, on ne pourrait espérer aucun bénéfice supplémentaire de la vaccination par le vaccin contre le papillomavirus par rapport au dépistage organisé, malgré son coût exorbitant et les risques qu’il fait courir à des jeunes filles en bonne santé. 
Ergo. 
Je ne peux pas développer toute l’argumentation ici, mais je renvoie à l’article que j’avais écrit chez docteur du 16.

(Illustration issue de l’article cité plus haut et que je vous invite à ouvrir car les liens sont absolument fabuleux entre les associations caritatives et les pricipaux trusts : Private philanthropy and conflicts of interest in global health)

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    Comment la dilatation des sténoses des artères rénales est passée des cieux aux fonds des mers

    La prise en charge des sténoses des artères rénales était un sujet de grands débats entre pro et anti-angioplastie. Pour moi, depuis les résultats de ASTRAL et STAR, la place de l’angioplastie était marginale, ne s’adressant qu’à des patients particuliers … Continuer la lecture Continuer la lecture

    Publié dans astral, Coral, essai randomisé, Histoires de patients, médecine, Néphrologie, Science, star, sténose des artères rénales | Commentaires fermés sur Comment la dilatation des sténoses des artères rénales est passée des cieux aux fonds des mers

    Tiens, je t’ai laissé un tiroir.

    J’ai 12 ans. Ca fait plusieurs fois que je me réveille la nuit en toussant, depuis quelques mois, mais cette nuit vraiment j’arrive pas à respirer. Comme à chaque fois Mère me donne un verre de lait « pour me calmer ». Mais ça ne fait vraiment rien son lait. Je reste assise dans mon lit à me concentrer à chaque respiration pour trouver un peu d’oxygène. Au matin, Mère appelle un médecin et obtient un rendez-vous dans l’après midi. On va quand même pas déranger le médecin de garde et encore moins aller aux urgences, c’est pas dans les habitudes familiales. Je reste somnolente sur le canapé, je respire lentement maintenant, ça me fatigue trop de lutter. L’après midi, le docteur me fait une piqûre dans la fesse dès qu’il me voit. Je ne me souviens pas de la douleur, juste de la sensation libératrice de l’air qui arrive à flots au fond de mes poumons quelques minutes après. Il me montre un appareil de salbutamol et m’explique comment m’en servir désormais.

     

     

    J’ai 19 ans. Je suis fatiguée. Enfin c’est ce que je dis à mon père. Fatiguée de tout en fait. Je pleure quand on ne me voit pas, je n’ai envie de rien. Pourtant j’ai eu mon concours, je suis en troisième année maintenant, tout va bien dans ma vie hein. Je crois que mon père a bien compris de quelle « fatigue » je parlais. Il me pousse à aller voir un médecin, qui touche sa bille en « fatigue ». Il ne dit que quelques mots, et là je lui raconte plein de choses je sais même pas pourquoi, je lui parle de ma fatigue, de mon mec, de mon envie de rien. Je reste un moment, il m’écoute, me donne quelques conseils, me dis de revenir si besoin. Je n’aurais pas besoin.

     

     

    J’ai 20 ans, je bosse comme aide soignante la nuit dans une maison de retraite. Je me suis fait mal au dos en soulevant un résident. Je suis allée voir un médecin à GrosseVille qui m’a arrêté 3 jours. Puis je suis allée voir un autre médecin à TrouVille, il est un peu rebouteux je crois, il m’a remis le dos en place. M’enfin pour l’instant j’ai toujours mal, je me bourre de Di-Antalvic mais je ne suis soulagée que 20 minutes alors je dois en prendre un peu trop. Du coup je suis un peu dans le gaz, j’ai même vomi. Et je peux pas retourner bosser, du coup je vais un troisième médecin pour prolonger mon arrêt. Qui fronce les sourcils et trouve un peu chelou mon histoire de dos. Ceci dit je veux juste un arrêt pour aujourd’hui après je reprends le boulot. Il me fait uriner dans un flacon malgré mes protestations.

    Et il finit quand même par me faire mon arrêt de travail. Et une ordonnance pour soigner ma pyelonéphrite.

     

     

    J’ai 22 ans, je suis externe en 5ème année et je vais faire un stage chez un médecin généraliste. En théorie, ça devrait faire 10 ans que tous les externes en font. En pratique, il est ouvert à quelques 4ème années depuis cette année seulement. Pas à moi. Seulement dans 1 an je suis sensée décidé de ma spécialité et pour l’instant c’est flou. C’est pas que rien me plaît, c’est plutôt l’inverse. Tout me plaît. Mais me cantonner à un seul organe ça me frustre un peu. Y’a bien la médecine interne qui me botte, on voit un peu de tout, mais enfin surtout des maladies zarbi, et doser les anticorps-anti-poils-de-couille à tout le monde bof… mais le côté recherche du diagnostic ça ça me botte. La médecine générale pourquoi pas, mais si c’est pour soigner des rhumes toute la journée sans façon… Alors je demande une dérogation à la fac. Pour en avoir le coeur net. Et je vais faire un stage chez un médecin généraliste. Juste une semaine, mais ça sera déjà ça.

    Et je ne vois pas de rhume. Faut dire, on est en été. Je vois des gens qu’il suit pour des cancers, du diabète, de l’insuffisance cardiaque, des scléroses en plaque. Ca va de la dermato à la proctologie. Du physique au moral. Il va prendre une heure pour discuter avec cette famille dont le père vient de se pendre, cette nuit. D’ailleurs, c’est lui qui est allé constater le décès pendant sa garde.

    Et puis on va à l’hôpital local. Ah tiens, on peut aussi bosser en hôpital alors en médecine générale. On boit le café avec l’équipe, on discute de la rééducation de telle patiente, et des aides à mettre en place pour que son retour à domicile se passe bien. Il y a aussi cette dame qui a fait un malaise juste devant son cabinet et qu’il hospitalise directement pour la journée pour faire un petit bilan. Prise de sang, ECG, repos, elle ressort dans l’après midi.

    Et ce monsieur, qui vient d’arriver du CH de GrosseVille. En soins palliatifs me dit-il, mais il ne le sait pas encore. Il va falloir lui annoncer son cancer, et que c’est inopérable. Ah ben ça je connais, item 1, annonce d’une maladie grave. Donner des infomations claires, respecter les croyances du patients, ne pas le juger, avec empathie toussa.

    « On va y aller progressivement » me dit-il. Dans ce premier entretien, il y a eu beaucoup de silence. Et peu de choses ont été dites. Le médecin est ressorti en disant juste « je repasserais demain, si vous avez des questions je suis à votre disposition ». « Il faut qu’il soit prêt à l’entendre » me dit-il encore. Le lendemain le patient a commencé avec un hésitant « vous m’aviez dit que si j’avais des questions… » je suis sortie de la pièce, et les mots on commencé à être dits.

    J’ai terminé cette semaine avec le sourire. Ca y est, j’étais sûre de ce que je voulais faire maintenant.

     

     

    J’ai 26 ans, je suis interne en médecine générale. Je fais un stage en autonomie chez un médecin généraliste. Progressivement il me laisse travailler seule, jamais loin si besoin. Et nous discutons de mes doutes, de mon ressenti. Il m’explique le libéral, on cause d’argent, sans tabou. Il me parle de Prescrire. De l’attitude à adopter face aux incertitudes de la sciences, aux changements des recommandations. De savoit être humble face à nos connaissances. Mois après mois je prend confiance, je perd petit à petit la boule au ventre que j’avais face aux patients. Je (ré)apprend à aimer mon métier que 3 ans d’internat m’avait fait presque haïr.

     

     

    J’ai 29 ans, j’ai envie de me poser un peu. Oh non pas l’installation, pas encore. Un jour. Mais là, juste avoir un planning stable, mon bureau, mes affaires, bosser comme j’ai envie, à mon rythme à moi, pouvoir suivre un peu mes patients. Mais pas l’installation non, et puis si on est amenés à partir hein… Et puis un médecin me propose une collaboration. Au rythme qui me convient, pas trop loin de chez moi. Installée mais libre de partir si nécessité. La proposition en or. Je n’hésite que quelques jours avant d’admettre que je ne peux pas refuser.

     

     

    Tous ces médecins ont compté dans le parcours du médecin que je suis devenu. Il y a en eu d’autres bien entendu. Parce que tous ces médecins, c’était Gérard. On pourrait croire qu’il a beaucoup influencé mes choix, et pourtant pas tant que ça. A 18 ans, quand j’ai eu mon concours, Gérard, mon voisin médecin me félicite. Puis il calcule en souriant que ça tombe pile poil, je serais sur le marché quand il approchera de la retraite, et que vu la moyenne d’âge des médecins, il y aura largement de la place pour moi à ce moment là. Je souris poliment en pensant intérieurement que les poules auront des dents avant que je revienne à TrouVille m’installer comme généraliste juste à côté de chez mes parents.

     

     

    Alors quand Gérard m’a aidé pour mes démarches, qu’on a rangé son cabinet et qu’il m »a dit « tiens je t’ai laissé un tiroir pour tes affaires » j’ai souri, et j’y ai posé mon sthétoscope.

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    Calcul des allures pour l’entraînement en course à pied

    Voici la feuille de calcul que j’utilise pour calculer mes allures d’entraînement. Il suffit de connaître sa fréquence cardiaque au repos, la fréquence cardiaque maximale et sa VMA. Pour la fréquence cardiaque au repos, il suffit de se poser 5 minutes au calme. Pour la fréquence cardiaque maximale, je déconseille le classique 220-âge souvent à… Continuer la lecture

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    Les prédateurs en langue française ! Exemple de la Revue des essais cliniques

    Il existe probablement environ 300 maisons d’édtions dites ‘prédatrices’ et produisant des revues scientfiques électroniques en Open access dans de nombreux domaines. Omics avec ses 330 revues, ses 100 congrès annuels fait partie des prédateurs… Méfiez-vous, ce sont des indiens avec adresses en roumanie et aux états-unis. Je viens de recevoir une sollicitation aimable pour soumettre un article sous 48… Continuer la lecture

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    La migraine pour tous

    Peu de neurologues le reconnaîtront, mais la migraine est un truc potentiellement pénible en consultation car les patients ont vraiment la vie gâchée sans pour autant qu’il ne soit nécessaire de systématiquement voir un spécialiste. Je vous propose donc un … Lire la suite Continuer la lecture

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    Marteau, Enclume, Éperon

    Je me suis chiée. Lamentablement. Plein de fois. En régulation. En SMUR. Aux Urgences. Partout où il m’a été donné d’apprendre que quand on se ramasse, ça fait mal. Comme étudiante. Comme interne. Comme médecin. (Et puis dans le civil … Lire la suite Continuer la lecture

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    Agneaux de l’agnotologie

    Le danger des additifs au plomb dans l’essence a été découvert dans les années 1930 et l’essence au plomb a été définitivement interdite en 2000. Le rôle cancérogène de l’amiante a été démontré dans les années 1930 et il a … Continuer la lecture Continuer la lecture

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    5 ans dans le retro (31)

    Je crois qu’avoir un stage infirmier l’été de ma deuxième année a été la pire torture du monde. Je sortais d’un stage en suite de couche, juste après mon stage de consultation. C’était de la chirurgie urologique : vieux monsieurs, pénis, chef de service menant sa visite suivi par une énorme cohorte de chefs, d’internes, […] Continuer la lecture

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    Des reviewers payés : cela existe… est-ce normal ? Oui… mais combien de $$$ ?

    « Medical Principles and Practice » est la revue de Kuwait University Health Sciences Centre, confiée à Karger, une maison d’édition réputée. Cette revue, créée en 1989, est en open access, et sur son site, il y a mention d’un facteur d’impact 0,963 sans préciser l’année. Un rédacteur en chef au Koweit, un comité de rédaction international et surtout un sponsor.. Donc… Continuer la lecture

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    Vous et nous

    Il y a vous, la maladie, et l’hôpital. Il y a vous, malade, à l’hôpital.

    Il y a ceux qui s’occupent de votre maladie, ceux qui s’occupent de l’hôpital, et ceux qui s’occupent de vous.

    Pour la maladie, vous avez l’embarras du choix : médecins, urgentistes, chirurgiens, oncologues, néphrologues, neurologues, cardiologues… Ils vous auscultent, réfléchissent, prescrivent, observent, réajustent. Et puis les infirmiers, qui piquent, perfusent, ventilent, sondent, soignent.

    L’hôpital, lui, est une grosse machine de guerre : cadres de santé, cuisiniers, agents de service hospitalier, secrétaires, comptables… Tant de monde pour s’occuper de tant de choses. Ils orientent, recrutent, calculent, encadrent, cuisinent, lavent, gèrent.

    Et pour vous? Pour votre corps et votre confort? Pour vous aider et prendre soin de vous, il y a les aides-soignants. Toucher et masser, mais aussi nourrir et laver, lever et coucher, parler et écouter. Aider et soigner.

    Il y a vous, malade, à l’hôpital. Et il y a nous, pour vous. Continuer la lecture

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    « Recommandations pour la conduite, la présentation, la rédaction et la publication des travaux de recherche soumis à des revues médicales » : version française des recos 2013 de Vancouver

    En août, je vous ai informé de la publication d’une version actualisée des recommandations de Vancouver. Actualisé n’est pas le mot, car les changements ont été nombreux, depuis le titre jusqu’à une ré-écriture importante de nombreux paragraphes, dont un 4ème critère pour être auteur. Je remercie la HAS qui a assuré la traduction en français de cette la version d’août… Continuer la lecture

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    Madame Pasdbol (3)

    Quand j’étais petite, j’avais deux mamies, un papi, et un papi mort.

    Papi et Mamie de Saint-Jean-De-Luz avaient une grande et belle maison avec plein de beaux objets. Chez eux, il y avait la mer et la montagne, et même qu’on y allait parfois en avion! Ils avaient vécu en Algérie et au Maroc, ils en avaient ramené des tapis et des services à thé. Mamie faisait la collection de timbres et nous passions des heures à les regarder ensemble. Papi adorait la « grande musique » et il me faisait découvrir Mozart, Chopin, Schubert… Nous mangions du poisson tous les jours sauf le lundi et c’était pas de bol car je n’aimais pas le poisson (sauf la sole, mais on ne pouvait quand même pas en manger tous les jours!). Le dimanche on allait à la messe, Papi nous amenait à Hendaye en voiture et, pendant que Mamie écoutait pieusement l’office, Maman faisait semblant de suivre et je baillais à m’en décrocher la mâchoire. J’aurais préféré rester au café avec Papi mais il paraît que ça ne se faisait pas pour une jeune fille bien éduquée. Les autres jours de la semaine, c’était plage, promenades, lecture… Dans leur maison il y avait plein de livres partout, j’avais l’embarras du choix. Des livres, des films, des albums photos, j’aurais pu passer des années enfermée dans leur maison sans avoir fait le tour de tout ce qu’il y avait à y découvrir! Les vacances à Saint-Jean-De-Luz, c’était la culture de mes grands-parents, la cuisine du sud et les virées en Espagne. C’était les orages du Pays Basque, les vagues de l’Atlantique et la tranquillité de ma mère.

    Chez Mamie de Vindrac, c’était la campagne, la vraie! On allait chercher les oeufs et le lait à la ferme avec notre pot à lait, on ramassait des mûres et des fleurs des champs et on allait donner du pain au petit âne près de l’église. Mamie habitait l’ancien appartement de fonction du maître d’école, et nous allions souvent jouer dans l’ancienne salle de classe désaffectée. Dans le jardin il y avait une balançoire et une petite piscine gonflable dans laquelle je pataugeais avec ma bouée canard rouge. Mamie faisait les meilleurs gâteaux du monde et nous les dégustions avec de la limonade. Parfois, nous montions au grenier fouiller les malles à la recherche de vieux vêtements avec lesquels nous inventions de somptueux déguisements. Ma cousine avait un vélo rouge et moi un vélo bleu, c’est pendant les vacances d’été que j’ai enlevé les petites roues pour la première fois. Pour venir nous prenions le train de nuit et c’était toute une aventure, il nous arrivait de ne pas nous réveiller et nous nous retrouvions ensommeillés et en pyjama sur le quai de la gare. Le dimanche nous allions fleurir la tombe de mon papi mort, que je n’avais jamais connu. Cet homme était pour moi le plus beau des mystères, sans doute parce qu’il était jeune pour toujours.
    Les vacances à Vindrac, c’était les rires des cousins, les confitures des voisins et les virées à vélo. C’était la chaleur écrasante du Tarn, la cité médiévale d’à côté et le sourire retrouvé de mon père.

    C’est mon grand-père maternel qui a ouvert le bal. Insuffisance rénale, insuffisance cardiaque, décès. Ma grand-mère maternelle a suivi de près. Cancer généralisé, décès. Puis ma mère. Cancer du poumon, décès. Quelques années plus tard, ma grand-mère paternelle suivait. Chute, fracture du col du fémur, glissement, décès. Puis mon père. Cancer de l’oesophage, décès. Et dernièrement, mon beau-père. Crise cardiaque, décès.

    Amélie et Georges n’ont pas ma chance : une mamie, deux papis morts, une mamie morte et une « belle-mamie » bourrée (pour ceux qui n’ont pas suivi, Madame Pasdbol a repris la picole), ça va faire léger pour se construire des souvenirs. Alors on va leur parler de leurs grands-parents, leur raconter l’histoire familiale : les avions de mon beau-père, les bêtises de mon père, le Maroc de ma mère. Et ma belle-mère, la seule mamie qui reste, leur parlera du Nord.

    Et la belle-mamie? Rien. J’ai essayé de maintenir un lien, parce qu’elle était la mamie des enfants, parce qu’elle était la femme qu’avait choisie mon père. Elle était celle dont j’avais promis de m’occuper, celle qui avait une place réservée sur la tombe familiale, à Vindrac. J’avais promis à mon père. Et je le regrette amèrement. Parce que finalement, je ne veux plus qu’elle soit la mamie de mes enfants. Je ne veux plus qu’elle soit sur la tombe de mes parents. Je ne veux plus qu’elle jette ou donne ou vende les affaires et les meubles de ma famille. Je ne veux plus l’écouter divaguer quand elle a trop bu. Je ne veux plus entendre ses innombrables mensonges. Je ne veux plus avoir à m’inquiéter pour elle. Je ne veux plus qu’elle fasse partie de ma famille.
    Elle aime l’alcool? Très bien, qu’elle reste avec sa bouteille et qu’elle m’oublie! Elle a eu sa chance, elle n’en a pas profité, elle peut bien finir comme elle a toujours vécu : dans la plainte et le déni. Entre la promesse faite à un mort et le bonheur des vivants, je choisis les vivants. Continuer la lecture

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    Culture et déconfiture

    2ème semestre d’internat. Ce soir-là, je suis de garde aux urgences avec Chef Bizarre. Chef Bizarre, je ne l’aime pas trop. Déjà, il est bizarre (je ne parle pas seulement de son look… euh… atypique). Et puis il parle tout le … Lire la suite  Continuer la lecture

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    Diabète : dernières recommandations puis passage à l’insuline par le médecin généraliste

    Formation du Mardi 12 novembre : Diaporamas de la soirée UNE APPROCHE THERAPEUTIQUE PERSONNALISEE DU PATIENT DIABETIQUE 01 ATPPDnov2013 BI‐THERAPIES dans le DIABETE TYPE 2 02 BI-THERAPIES Isabelle, 53 ans mère au foyer 03 Cas Isa Insulinothérapie et Diabète type2 04 oct08 mise à l’insuline2013 CAS PARTICULIER : SUJET AGE 05 CAS PARTICULIER Cas clinique : Mme P 38 ans 06 Cas grossesse … Continuer la lecture
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    Effets secondaires du Gardasil : prouver une causalité est quasiment impossible

    Quelques petites informations pendant la nouvelle tempête médiatique sur le vaccin Gardasil des laboratoires MSD et Sanofi. Les faits d’abord : Gardasil est un vaccin conseillé, pas obligatoire. Il protège contre 4 genotypes du virus HPV qui sont impliqués dans 70 % des cas de cancers du col de l’utérus pas 100 %. Donc les …

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    GARDASIL Intérêt ? Risques ? Dangers ?

    Quelles sont les preuves, en 2013, de l’intérêt des vaccins contre les virus du cancer du col de l’utérus ? Quels sont les risques et les dangers avérés de ces vaccins ? Je vais tenter de faire un point dépassionné sur les vives polémiques qui entourent ces vaccins, notamment à l’occasion de la plainte d’une jeune patiente vaccinée avec le GARDASIL de Sanofi-Pasteur-MSD, plainte appuyée par une expertise qui conclut à la responsabilité du vaccin dans les séquelles sévères dont souffre cette jeune fille. (…)


    Médicaments

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    Le bout du chemin ?

      Mercredi dernier, la proposition de loi sur l’expérimentation des maisons de naissance a été facilement (tout arrive !) adoptée par la commission des affaires sociales*. Elle sera présentée au vote des députés jeudi prochain. Pour les curieux mais pressés, voici quelques éléments des débats. La rapporteur, Yannick Favennec, rappelle que la question commence à […] Continuer la lecture

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    Tête de Henri IV : comment savoir si 17 co-auteurs ont un avis… plutôt que disposer des avis d’experts non-auteurs ? Sont-ils ‘honoraires’, sourds et / ou muets ?

    Nous nous avons observé des controverses entre les auteurs de l’article du BMJ sur l’identification de la tête de Henri IV. Ce qui est étonnant, c’est que seuls 3 des 20 auteurs ont exprimé une opinion… donc les 17 auteurs muets doivent totalement cautionner cet article, mais ce serait mieux d’en être certain. Sont-ils sourds s’ils ne répondent pas aux… Continuer la lecture

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    Le conseil d’administration

    Le conseil d’administration de l’Association FORMINDEP, élu par son Assemblée Générale du 24 novembre 2013 est composé de 12 membres, conformément à ses statuts. Pour l’année en cours, les membres élus lors de l’assemblée générale annuelle sont : Président Philippe MASQUELIER Vice-Présidents : Jean-Sébastien BORDE Anne CHAILLEU Philippe NICOT Secrétaire Thierry GOURGUES Secrétaire adjoint Olivier CUVILLIER-REMACLE (…)


    Présentation de l’association Continuer la lecture

    Commentaires fermés sur Le conseil d’administration

    Le cancer du sein de la ministre.

    La ministre déléguée à la famille, j’avoue mon ignorance, je ne le savais pas auparavant, a décidé de  révéler qu’elle se battait depuis huit mois contre un cancer du sein. Le journal Le Monde en fait un article (ICI).
    Je ne sais quoi penser de cette révélation. Encore une fois les femmes politiques sont des femmes comme les autres mais l’article (et je ne sais si la ministre l’a relu et / ou corrigé) révèle exactement le contraire.
    Conformément à la doxa ambiante (et à laquelle je participe en demandant des comptes big pharmiens à tout le monde), il faudrait que je révèle la totalité de mes conflits d’intérêts, ce qui est impossible  : je suis a priori contre le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie chez les femmes entre 50 et 74 ans (et je suis un repenti car j’y ai « cru » et ce sont les lectures de Junod et de Prescrire, puis par la suite, de Göetzsche et autres, qui m’ont fait changer d’avis) et je tente d’informer mes patientes ; je prescris aussi des mammographies quand il le faut ou quand mes patientes, dûment informées, ne sont pas d’accord avec moi ; et j’ai connu deux décès par cancer du sein dans ma famille très proche. Fin de la parenthèse.
    Ma première réaction, épidermique, était qu’encore une fois une femme politique faisait de la politique.  D’ailleurs l’article parle deux fois du Mariage pour tous… Puis j’ai lu, voir plus bas, des réactions bloguesques, et je me suis dit, au delà des critiques, très acerbes de la part des femmes qui ont eu un cancer du sein (ou qui l’ont toujours) et qui parlent (les autres, nous ne savons pas), que la démarche de Madame Bertinotti était à la fois naïve et impudique mais qu’après tout elle avait bien le droit de faire ce qu’elle voulait.
    Puis, en réfléchissant, je me suis demandé pourquoi on lui tapait dessus comme cela.
    Les médecins blogueurs ont commencé puis les femmes blogueuses à qui on a annoncé qu’elles avaient un cancer du sein et je me suis dit : est-ce que lorsque l’on a un cancer, fût-on ministre, on est capable d’être tout à fait sereine sur sa propre maladie et sur tous ses tenants et ses aboutissants ? La réponse est non. 
    Quelles sont les réflexions des blogueuses chez qui on a diagnostiqué un cancer du sein ? 
    ICI (Mon Intime Sein) on reproche surtout à la ministre la médecine à deux vitesses, celle pour les privilégiées et celle pour  les autres, le fait qu’elle privilégie le travail mais cette blogueuse qui s’étonne que la ministre n’ait pas conseillé les bonnes associations de patients, les bons blogs, les bons sites, elle ne peut s’empêcher, dans une volée de méchanceté de lui dire, certainement pour l’encourager, attention, ce n’est pas fini, vous ne vous en êtes pas sortie, en prédisant l’angoisse de la récidive… Pas gentil, pas très collégial comme discours. Imaginons qu’un cancérologue ou qu’un médecin traitant ait dit cela… On en entendrait des vertes et des pas mûres. En gros, notre blogueuse vient de comprendre que la société française est inégalitaire. Ouah ! J’ai quand même appris un mot la Cancérie.
    J’ai un cancer et je ne suis ni digne, ni courageuse : LA. La blogueuse insiste sur le problème des travailleuses précaires, des non fonctionnaires, et sur l’injustice des corps qui ne réagissent pas tous de la même façon à la maladie et à la chimiothérapie. Je cite : »Son courage et sa dignité sont salués. Pour moi qui ne suis ni courageuse, ni digne mais tristement égoïste et paresseuse, c’est une claque de plus parce qu’en plus de tout cela, je suis probablement méchante : je ne suis pas admirative de notre ministre.« 
    ICI, le site Fuck my cancer, souligne que la ministre n’a fait que parler d’elle et pas des autres et insiste sur la médecine à deux vitesses, sur le fait que les aides sociales ne sont pas assez importantes et qu’il s’agit d’un petit traité de camouflage à usage politique (très belle formule). J’ai surtout retenu qu’elle se demandait pourquoi elle n’avait prévenu ni le premier ministre ni le ministre de la santé. Intéressant.
    LA, Martine ou ailleurs reproche deux choses, et avec beaucoup de tact, à la ministre : 1) pourquoi en parler et maintenant ? Comme si libérer la parole valait mieux que le silence de ces femmes qui se taisent pour ne pas perdre leur emploi… Et 2) : qu’est-ce que c’est que ce discours de battante ? Comme si, seules les battantes pouvaient s’en sortir, cette idée débile voudrait-elle dire que celles qui meurent ne se sont pas battu ? 
    ICI, Catherine Cerisey est de mauvaise humeur, elle trouve l’article cependant bien écrit (pour les critiques voir Martine qui analyse les khonneries de la journaliste), mais elle aussi se plaint des privilèges « régaliens » que la ministre a obtenus à l’Institut Curie (avoir des rendez-vous plus rapides, et cetera…) et, plus justement, du fait que continuer à travailler est plus un privilège physique (résister au cancer et à la chimiothérapie) et professionnel (avoir des employeurs compréhensifs et ne pas être responsable du rayon fruits et légumes dans une grande surface) qu’une preuve de courage. Et elle place un entretien d’elle sur itélé où elle exprime le voeu que la ministre devienne, puisqu’elle en est, la porte parole des femmes porteuses d’un cancer du sein.
    Commentaires : à une exception près (ICI) les blogueuses (que j’ai lues), font une critique people et sociale de la démarche de la ministre mais n’abordent pas le problème du dépistage, du sur diagnostic, du sur traitement, et de la condition particulière de la femme malade dans une société patriarcale.
    Je vous propose donc de découvrir LA le billet de la crabahuteuse sur la prévention du cancer du sein.
    Venons-en aux médecins blogueurs ou apparentés.
    Le billet de l’année est celui, LA, d’Hippocrate et Pindare, intitulé avec pertinence : « Dominique Bertinotti, malade du cancer ou malade de la mammographie ?  » Notre ami dit tout et bien. Je vous conseille de le lire car le paraphraser ne le rendrait pas plus clair.
    Nous avons aussi les deux jumeaux de la presse médicale qui s’expriment. JYN et JDF.
    JYNau, ICI, l’article est intitulé, « Pourquoi Dominique Bertinotti doit faire de son cancer du sein un ‘instrument politique' », n’y va pas par quatre chemins. Il profite de l’affaire, après un début d’article assez balancé sur les conditions de la révélation du cancer de la ministre et sur la façon dont elle a raconté son histoire,  par écrire ceci : « Tout plaide donc pour la bascule au «tout DO.« , DO signifiant Dépistage Organisé, et d’annoncer : L’urgence n’est plus à témoigner pour « faire évoluer le regard de la société sur cette maladie » mais à agir pour réformer un système de dépistage encore trop inefficace« . JYNau balaie donc d’un revers de main le sur diagnostic et le sur traitement qui sont les deux problèmes cruciaux du dépistage du cancer du sein (voir Peter Göetzche ICI).
    JDFlaisakier, LA, le journaliste vedette d’Antenne 2 (mon oreillette me dit qu’il s’agit désormais de France 2), écrit dans un style consensuel digne du service public et je lis ceci qui me rend perplexe : « Le dépistage organisé subit des attaques récurrentes car on lui reproche d’être à l’origine de surdiagnostic et de surtraitement. Les dernières évaluations présentées par l’association américaine d’oncologie clinique, l’ASCO, chiffrent à 10 % le taux de surdiagnostic, c’est-à-dire d’images suspectes qui s’avèrent, après examen et biopsie, ne pas être le signe d’un cancer. » Ainsi, JDF, confond faux positifs et cancers. Faut-il lire le reste de l’article ? Amen.
    Le dévoilement de la ministre adresse au moins six domaines : 
    1. Celui du secret médical. La majorité des patients ne disent pas leur cancer pour ne pas perdre leur travail ou pour qu’on ne les juge pas dans leur travail, en fonction de la maladie qu’ils ou elles ont. 
    2. Celui de la pudeur. La majorité des patients ne disent pas leur cancer pour qu’on ne porte pas sur eux un regard qui les dépouille de leur statut d’êtres humains pour en faire des cancéreux, par exemple, c’est à dire des humains en marge dont la société attend qu’ils se comportent de cette façon ou d’une autre.
    3. Celui de l’attitude de la société à l’égard des patients atteints de maladies graves : du déni à l’apitoiement en passant par la gêne.
    4. Celui de la femme malade dans une société patriarcale.
    5. Celui de l’intendance : l’Annonce, l’attente, les rendez-vous, le suivi médical et par quelles équipes, les relations entre les services hospitaliers et le médecin traitant (pas un mot ni par la ministre, ni par les blogueuses, ce qui montre soit son inutilité, soit son mépris soit son incompétence, petites croix souhaitées), l’accompagnement social…
    6. Celui des croyances sur le cancer du sein (le dépister tôt) et sur les patientes (les battantes s’en sortent)
    7. Ad libitum
    Nous sommes en plein pathos.
    Décidément une ministre n’a pas le cancer des autres. 
    Portez-vous bien Madame Bertinotti.
    Je conseille à tous de lire Susan Sontag qui a eu deux cancers dans sa vie, traités l’un aux Etats-Unis et l’autre en France, et qui a réfléchi sur les problèmes du cancer et du sida. 
    La Maladie comme Métaphore – Illness as Metaphor (1979 : Christian Bourgois) et Le Sida et ses Métaphores – AIDS and its Metaphors (1989 : Christian Bourgois)
    Et, bien entendu, No Mammo ? de Rachel Campergue qui reste, en français, la référence.
    Sur ce blog vous trouverez de nombreux billets sur le sujet.
    Photographie : Susan Sontag : 1933 – 2004

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    Astérix chez les Pictes

    Depuis 1991 (au milieu de mes deux P1!), année de parution de La Rose et le Glaive, je n’avais pas lu de nouvel Astérix. J’avais trouvé cet album mauvais, et je ne voulais pas continuer de voir la lente dégradation d’une série que j’adore. En fait, il ne semble pas avoir loupé grand chose si […] Continuer la lecture

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    L’offre et la demande…

    Campagne d’information des laboratoires Menarini sur l’éjaculation précoce


    Je suis de passage à Paris.
    À la sortie du train, je m’engouffre dans une station de métro. Les odeurs épaisses de caoutchouc chaud me prennent à la gorge, soulevé par le souffle grossier des grilles de ventilation qui  drainent les arômes faux de viennoiserie et ceux bien réels de sécrétions humaines. Je m’enfonce dans le tunnel. Je viens à peine d’arriver au bas des marches qu’une affiche immense s’impose au regard. Je n’ai pas le choix. Elle est là, gigantesque, se multipliant par deux ou trois le long du quai. Elle crève la surface d’une conscience encore engourdie par le voyage et vient briser dès-lors toute possibilité de résistance mentale. Je me sens brutalement violé par cet incroyable déploiement d’intelligence marketing.
    En France, les annonceurs n’ont pas le droit de faire de la publicité auprès du grand public lorsqu’il s’agit de médicaments soumis à prescription médicale (1). Ce qui n’est pas le cas ici.
    Que voit-on alors sur cette affiche (l’image illustrant l’article est tirée de cette même affiche) ?

    Trois choses : 
    1 – une réalisation iconographique à la symbolique suffisamment prégnante pour  ressentir toute la détresse psychologique qu’il peut y avoir à souffrir d’éjaculation précoce.
    2 – un site référence dont le slogan accrocheur évoque celui d’une association de patients.
    3 – le logo du laboratoire MENARINI qu’un regard aiguisé ne rate pas en générale.
    *
    *    *

    Mais faisons un tour sur le site en question garderlecontrole.fr. Allez-y. Prenez le temps de le parcourir et on se retrouve là dans quelques minutes. Je ne bougerai pas.
    Vous revoilà ?
    Alors je reprends.
    La plateforme se présente comme une campagne d’information réalisée par : Les laboratoires MENARINI, en partenariat avec l’ADIRS et le FF3S. Le présent site est la propriété de Menarini France, au capital de 8.000.000 d’euros. 
    Le but de ce site est de permettre au grand public d’accéder à des informations complètes et utiles pour mieux connaître et comprendre le problème d’éjaculation précoce et les aider dans leur démarche pour en parler avec leur médecin.
    Un site à vocation purement altruiste, produit et financé par l’industrie du médicament. 
    Le terme campagne d’informations est d’ailleurs bien choisi. Plusieurs professionnels de santé se succèdent pour nous faire part de leur expérience sur le sujet : le Pr. Pierre COSTA, le Dr Sylvain MIMOUN et le Dr Gilber BOU-JAOUDÉ. 
    Le site place le médecin généraliste au centre du processus de réflexion : préparer sa visite chez son médecincollecter des informations complètes et utiles,  en parler avec le médecin, etc.
    Une campagne d’informations altruiste, financée par l’industrie du médicament et dénuée de toute promotion pharmaceutique. Une campagne non publicitaire, dans les clous donc.

    Faisons un point rapide sur les liens d’intérêt que tissent le laboratoire MENARINI avec ces intervenants. Les différentes sources de conflits d’intérêt sont disponibles sur le site du conseil national de l’ordre des médecins (2) à partir des sources brutes de l’industrie.
    Concernant le Pr Pierre Costa, professeur d’urologie de la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, chef du service d’urologie du CHU de Nîmes et président de l’association interdisciplinaire post-universitaire de sexologie :
    – déclaré « board d’expert » en novembre 2012
    – son association AIHUS est sponsorisée par le laboratoire MENARINI (3).
    Concernant le Dr Sylvain Mimoun, personnalité médicale très médiatisée, gynécologue de son état, psychiatre, andrologue et psychosomaticien, on ne trouve pas grand chose :
    – déclaré « board d’expert » en novembre 2012
    – « hospitalité/congrès » en décembre 2012.
    Concernant le Dr Gilbert Bou-Jouadé, président de l’association pour le développement de l’information de la recherche sur la sexualité (ADIRS), il se trouve que cette association (partenaire du site) est sponsorisée par le laboratoire MENARINI (3), tout comme la Fédération Française  de sexologie FF3S (autre partenaire du site) (3).
    Une campagne d’informations altruiste, financée par l’industrie du médicament (site, leaders d’opinion, associations, etc), dénuée de toute promotion pharmaceutique. Une campagne non publicitaire, dans les clous donc.
    Tout au long de mon stage chez des praticiens qui recevaient des visiteurs médicaux, j’ai pu observer et constater les différentes techniques d’ensemencement du marché (4) concernant de nouvelles molécules souvent sujettes à controverse.
    Le début de l’année 2013, outre les nouveaux anticoagulants oraux et les anti-allergiques, a donc été marquée par la Dapoxetine (PRILIGY°), médicament produit par le laboratoire MENARINI. Les représentants de ce même groupe industriel sont venus à plusieurs reprises avec des plaquettes « informationnelles » et des  commandes d’échantillons auprès de mes praticiens. Le laboratoire MENARINI produit donc la Dapoxetine, un inhibiteur de la recapture de la sérotonine, dont l’indication thérapeutique est l’éjaculation précoce. Cette molécule qui a reçu l’AMM européenne, mais dont l’HAS ne s’est pas encore publiquement prononcée sur le service médical rendu (5), et qui n’est pas autorisée sur le marché du médicament américain.
    La revue Prescrire a publié un premier article, très riche, en 2009 sur le sujet, puis un second en 2013 (6).  Dans ces deux articles, les auteurs estiment que la balance bénéfices/risques pour cette molécule dans cette indication est nettement en défaveur.
    Une campagne de promotion pharmaceutique initiée en début d’année 2013 auprès des médecins généralistes français apportant une réponse aux interrogations de cette campagne actuelle d’informations à destination du grand public. Dans les clous, toujours.

    *
    *    *
    Nous avons à faire à une campagne d’informations financée par l’industrie du médicament ciblant le grand public et dont les leaders d’opinion et les associations partenaires sont de manière directe ou indirecte sponsorisés par ce même groupe industriel. Le groupe en question produit une molécule largement controversée dont l’indication thérapeutique est justement le sujet de la campagne, molécule qui a pu bénéficié en début d’année d’une campagne marketing d’ensemencement du marché par les représentants commerciaux de la firme auprès des médecins généralistes que le site garderlecontrole pousse à consulter. 
    Je rappelle qu’en France, l’industrie du médicament n’a pas le droit de faire de publicité auprès du grand public de molécules soumises à prescription médicale… Elle a donc trouvé le moyen de contourner la loi. Le serpent se mord donc la queue dans cette campagne incroyablement bien menée qui n’a de non promotionnelle que la forme.

    Où l’industrie crée l’offre, et la demande, illustrée par votre serviteur :


    *
    *    *

    Je terminerai sur une citation du Pr Costa lors d’un symposium en 2003 : « En 2002, les médecins généralistes français ont consacré 2% de leurs prescriptions aux troubles de la sexualité masculine. Leur implication en matière de troubles de la sexualité féminine est encore moindre. »
    Vous l’aurez compris : s’impliquer en médecine générale, c’est prescrire. 
    Merci Professeur Costa pour cette grande leçon de médecine générale.
    Merci MENARINI de me permettre de croire que le Dr Knock existe encore.

    (1) ICI
    (4) « Comprendre la promotion pharmaceutique et y répondre », disponible sur le site de l’HAS.
    (5) À la date du 24 novembre 2013, aucune information sur le site de l’HAS est disponible.
    (6) La Revue Prescrire : numéro 355, mai 2013 et La Revue Prescrire : numéro 313, novembre 2009


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    Evaluation standardisée.

    J’ai reçu un courrier d’un service de gériatrie pour un patient que je suis à domicile:

    « Patient hospitalisé pour bilan étiologique de chutes à répétition depuis 48 heures ayant entraîné une fracture du fémur gauche qui, après avis du Dr. Chirortho nécessite simplement un traitement fonctionnel.

    La recherche d’hypotension orthostatique a été négative.

    L’évolution dans le service a été tout à fait favorable avec reprise de la marche avec un déambulateur puis sans aide technique. Un kinésithérapie est à poursuivre au domicile avec un déambulateur si possible au début.

    Par ailleurs, il nous a semblé qu’il présentait quelques troubles mnésiques, avec un bilan montrant un MMS à 21 sur 28, mais sans désorientation temporo-spatiale, trouble de la mémoire de rappel mais qui revient avec indiçage et qui évoque plutôt des troubles attentionnels.

    Le reste de l’évaluation gériatrique standardisée montrait:

    – Une très bonne autonomie avec un GIR=6.

    – Un risque de dénutrition avec une albumine pour l’instant correcte à 34,8, mais un score au miniMNA à 7 sur 14 évoquant la possibilité d’une malnutrition. Poids à 54kg.

    – Au niveau de la locomotion, une station unipodale possible sur le membre sain pendant 3 secondes, et un « get up and go test » réalisé de façon correcte avec une légère lenteur d’exécution à 25 secondes.

    – Une évaluation de l’humeur qui en montrait pas de signe dépressif avec un score de 0 à la miniGDS, un sentiment d’isolement géographique à 5 sur 10 et moral à 6 sur 10.

    – Une évaluation sensorielle qui ne montrait pas de trouble de l’audition, de légers troubles de la vision et l’absence de trouble bucco-dentaire.

    M. L a pu rejoindre son domicile.

    Nous avons essayé de faire augmenter les aides à domicile, ce qu’il a totalement refusé.

    Le traitement de sortie comporte: etc… etc… etc… »

    Je vais le refaire en langage de médecin de l’extérieur de l’hôpital, c’est-à-dire tel que je ferais la transmission à mon remplaçant:

    « M. L revient d’hospit: il faisait rien qu’à tomber depuis deux jours et a fini par se casser un fémur. Il faut dire que ça fait un moment qu’il faisait peur en marchant, mais il n’a jamais accepté qu’un kiné franchisse son pas de porte. Apparemment, il revient sur ses deux pieds.

    Il a un antécédent de gastrectomie sur cancer il y a des années, du coup, il est maigrichon et souvent dénutri, alors on supplémente, tu verras sur l’ordonnance. Ils l’ont soigné, bilanté sans rien trouver de grand, et finalement renvoyé chez lui avec le même traitement.

    Tu le trouveras à PetitBled, il est tout au bout au bout au bout du deuxième chemin à gauche après la sortie du village, bien après la ferme de Ginette. Sa maison est celle au bout du chemin, tu peux pas aller plus loin. Tu rentres, c’est toujours ouvert, c’est pas la peine de frapper: il entend pas bien, ou il fait pas attention. En général, il repère bien le jour de la visite: il sort le carnet de santé sur la table de la cuisine avec la dernière ordonnance et les boîtes de médicament. Je fais l’inventaire pour limiter le stockage. Tu verras, il parle fort, et il te fait tout répéter deux fois.

    J’y vais une fois par mois, et je m’arrange pour y arriver en fin de matinée, juste avant midi. Le matin, il dort tard, et le midi, il va manger chez Ginette. Il habite seul, il est on ne peut pas faire plus vieux garçon que lui. Ginette lui file un coup de main pour le ménage et les médicaments, et elle le fait manger chez elle, parce que sinon, il ne mange pas le midi quand il est seul. Quand on arrive, il est content de voir du monde, mais il tient à rester dans sa guitoune à lui. Il est pas tout à fait connecté tout le temps, mais son organisation, ça tient comme ça pour l’instant.

    Alors quand j’ai fini avec lui, je le prends dans ma voiture et je le dépose chez Ginette pour le repas, ça lui évite un aller et retour pour venir le chercher, et comme ça, je suis sûre qu’elle réceptionne l’ordonnance. Si t’as un truc à signaler, c’est à Ginette qu’il faut demander ou le dire, elle est très disponible pour lui, et comme elle le voit tous les jours, elle sait te dire quand il y a un truc qui va pas.

    En fait, ils ont un deal tous les deux: elle s’occupe de lui, il lui a vendu sa maison en viager. »

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