Archives mensuelles : décembre 2012

Bonnes résolutions

 » ‘Cause we’re only human. Oh yes we are, only human. If it’s our only excuse, do you think we’ll keep on being only human? Oh yes we are, only human, so far, so far » (Only human, Jason Mraz)

Il y a quelques jours, je lisais l’excellent billet de @docteurmilie ici .

Comme elle, j’aimerais pouvoir être parfait : toujours d’humeur égale, toujours souriant, toujours débordant d’énergie, toujours créatif.
J’aimerais aussi ne jamais râler ou ronchonner, ne jamais avoir de petits coups de blues, ne jamais avoir une crise de flemmingite aiguë.

Un médecin, ça se doit d’être parfait, tout le temps.
Un médecin a l’obligation de moyens, mais nous nous imposons, plus ou moins, une obligation de résultats.

J’aimerais tellement être tout le temps performant. Toujours savoir gérer mes patients de façon optimale.
Toujours être disponible, précis et clair quand je donne mes cours.

Bref, un monsieur zéro défaut.

Et pourtant, des défauts, j’en trimbale un sacré nombre. Plus ou moins gênants, plus ou moins encombrants, mais des défauts qui, je suppose, font de moi ce que je suis.
L’idéal serait peut-être d’avoir des défauts et ne pas s’en rendre compte pour donner l’illusion d’être parfait ?

Non, cela voudrait dire que l’on ne se connaîtrait pas suffisamment bien soi-même. J’ai déjà cité Socrate et son célèbre « Connais-toi toi-même ». Je préfère me connaître, savoir à quoi je dois faire attention pour tenter de lisser ces aspérités.

D’un autre côté, les gens sans défaut, je n’en connais pas. Ou peu. Ou alors, je ne les connais pas assez pour savoir quels sont leurs défauts.
Parce que, il faut le reconnaître, quand on se rend compte que ceux que l’on côtoie et admire sont, eux-aussi, imparfaits, cela a quelque chose de rassurant. Une espèce de sensation de normalité qui nous envahit et nous fait dire que l’on n’est peut-être pas si mauvais en fin de compte.

« C’est ta chance, ta force, ta dissonance. Faudra remplacer tous les « pas de chance » par de l’intelligence. C’est ta chance, pas le choix. C’est ta chance, ta source, ta dissidence. Toujours prouver deux fois plus que les autres assoupis d’évidence, ta puissance naîtra là » (C’est ta chance, Jean-Jacques Goldman)

Ah, cette angoisse de performance, encore elle.
J’avais un maître de stage de médecine générale, au cours de mon internat, qui m’avait dit un jour une phrase qui m’avait choquée.
« Ton contrat de soins s’arrête au moment où tu honores ta part du contrat en prodiguant tes soins, et le patient la sienne en te règlant la consultation ».
J’avais trouvé cela choquant parce que cela introduisait la notion de contrat, qui plus est, de contrat rémunéré.
Je ne suis pas certain de toujours réussir à m’appliquer cette notion.
J’ai du mal à clore un dossier difficile. J’entends par là, clore « psychologiquement ».
Je ne compte plus les fois où je suis rentré énervé chez moi parce qu’un patient n’avait pas été pris en charge comme je l’aurais souhaité par un confrère, ou parce que je ne me suis pas estimé suffisamment bon dans ma prise en charge personnelle du patient. Et Pardon à ma petite femme qui m’accueille ces soirs là.
Quand il fait beau, et qu’il n’est pas trop tard (ce qui n’arrive pas très souvent, malheureusement), je mets les baskets et je file courir un peu dans la campagne mi-française mi-belge juste derrière chez moi. Je rentre un peu soulagé. Provisoirement, mais c’est toujours cela de pris.

Mais, je me sens bien souvent comme @Fluorette, dans son magnifique billet (ici).
Je n’arrive pas à tout chasser de mon esprit. Ce n’est pas facile. J’envie ceux qui ont un métier qui leur permet de ne plus y penser une fois franchie la porte de leur entreprise.
Je ne les envie que quelques secondes, parce que je sais que ce métier que j’ai choisi est celui qui me convient le mieux. Et je regretterais sans doute si je n’avais pas pu être médecin généraliste.

Alors, j’essaye de prendre sur moi, et de le montrer le moins possible à mon entourage. Pour qu’ils n’aient pas à subir les inconvénients de mon métier.
Mais ils me connaissent trop bien pour savoir décrypter mon visage et mes comportements et se rendre compte quand cela ne va pas.
Encore une fois, le mythe du mari et du père parfait restera un mythe.
Mais cela fait sûrement encore de moi celui que je suis.

En cette veille de Nouvelle Année, si je devais prendre une bonne résolution, ce serait sans doute d’apprendre à accepter les imperfections, et ne plus vouloir tout le temps les gommer.

Oui, si en 2013 j’y arrivais, ce serait parfait.
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Bis repetita

Aujourd’hui j’ai vu Daniel. Comme toutes les semaines. Il vient chaque jeudi, ou presque. On se voit en fin d’après-midi, quand il sort du boulot. Et on avance. Comme ça, doucement. Depuis 4 mois. Ça a été un peu difficile … Continuer la lecture Continuer la lecture

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La crise : « une opportunité unique », selon les mutuelles

Cette phrase « Crisis represents a unique opportunity to encourage the mutual business model as an alternative to strengthen a sustainable economic and social development in Europe » est extraite d’un document émanant de l’asso… Continuer la lecture

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La crise : « une opportunité unique », selon les mutuelles

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La crise : « une opportunité unique », selon les mutuelles

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Flip education : Google Scholar, CISMeF, BDSP

Rappel sur la flip education et les 2 premières journées de formation là et là. Trois documents Le screencast adressé 8 jours avant la formation en présentiel Les exercices effectués pendant la formation en présentiel Exercices (3è jour de formation) from eveillard Les corrigés des exercices adressés aux apprenants au décours de la formation Exercices […] Continuer la lecture

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Dialogue ou série d’analepses

Au cours des études médicales, la rencontre initiatique se fait généralement en salle de dissection. Analepse 1.
Des visages dissimulés sous des cagoules de coton blanc, épousant les formes émaciées des sujets. Fantasmes du grand public. Et alors la dissection, c’était comment ?
On répond ce qu’ils ont envie d’entendre, on entretient le fantasme. Toutes ces anecdotes. Les peaux grises, les chairs flasques, la graisse jaune qui déborde des contusions volontaires. Les membres éparses. Un réfrigérateur qui renferme d’autres membres, des têtes non couvertes parfois. Regards vitreux. Absents. 
Première rencontre, très officielle. Orchestrée par la faculté de médecine.
Mais je t’ai rencontré bien avant ça. Analepse 2. Essentielle.
Tes doigts osseux ont saisi mon visage qui se détournait, m’ont forcé à contempler ta face crayeuse. J’y ai vu, au travers de ces soignants impuissants qui s’agitaient en vain, j’y ai vu toute la vérité d’un monde. Tu as souri. À lui, à moi. Mais d’un sourire bienfaisant. Tes gencives d’émail se sont tendues sous tes orbites noires. Tu as souri, et tu as murmuré quelque chose au creux de mon être.  J’ai frissonné. Tu as balayé des années d’éducation judéo-chrétienne par ce seul regard. Une seule parole. La canule d’intubation de l’équipe d’intervention y était probablement pour quelque chose aussi. Mais c’est toi que j’ai vu, embrassant le corps de mon ami, la tête tendue vers moi à cet instant.
Après la première rencontre officielle, analepse 1 ou cette simulation de rituel initiatique qu’imposent des centaines d’années de tradition médicale, il y a ces autres rencontres. Analepse 3.
Plus fines. Plus réelles. Au coeur de la nuit. Celles plus singulières ou plus vraies. Ces corps cireux, ces poitrines encore chaudes, saillantes, que la rigidité cadavérique n’a pas encore souillés. Des hurlements silencieux et édentés. Le bip de garde sonne. On pose un stéthoscope sur des cages thoraciques vides. Pas feutrés dans la chambre. On prononce des paroles inutiles. On se rassure. Mais je n’appréhende pas ces rencontres. Elles me rappellent à cette réalité que tu m’avais un jour murmuré des années plus tôt, bien avant la rencontre initiatique et infantilisante des salles de dissection.
Il y a toutes ces fois où je te sens proche, à quelques pas à peine, mais où tu me laisses te devancer. Une façon pour toi d’humaniser l’instant. Le rendre plus digne. J’entre dans la chambre. Je prends une main, la tienne sur mon épaule. J’évalue ce patient que je suis depuis plusieurs semaines. L’équipe s’est mise d’accord sur la suite. On démarre l’Hypnovel ? me demande l’infirmière. J’acquiesce en silence.
Une dernière rencontre me vient encore à l’esprit tandis que mes doigts s’immobilisent au-dessus du clavier. J’étais externe. Analepse 4. Service d’ORL. Un patient en fin de vie, épuisé par un processus cancéreux dont je ne me rappelle pas l’origine. Le fameux lâché de ballons pulmonaire. Des métastases disséminées à l’ensemble des deux champs respiratoires. Avant d’entrer dans la chambre, l’infirmière nous signale que l’épouse vient d’être prévenue de la dégradation brutale de l’état. L’infirmière espère qu’elle arrivera à temps. Nous entrons. Mon interne l’évalue. On s’apprête à sortir, à laisser le patient seul. Je ne me rappelle pas vraiment la façon dont ce sont déroulées les choses, mais ce dont je me souviens c’est d’être resté dans la chambre. Je me suis assis, je lui ai pris la main. Il a parlé, calme, effrayé aussi. Je ne me souviens pas de la conversation, ni du temps passé là. Une éternité. Il faisait sombre dans la pièce. L’homme portait une moustache, des lunettes à oxygène dans la broussaille grise. Sa femme est arrivée. Je suis sorti, les larmes aux yeux. J’ai rejoins mon interne et l’infirmière. Ils discutaient avec un autre interne. Mon interne m’a dit quelque chose comme c’est bien ce que tu as fait. L’autre a répondu : quoi, tu lui as sauvé la vie ? Mon interne de répondre : il a fait mieux que ça.
Fin des analepses.
Des années plus tôt, tu m’as fait réalisé que les notions de justice et d’injustice sont factices, absurdes ; je réalise maintenant que c’est la solitude qui rend la fin effrayante, moins juste ou moins acceptable, dans cette réalité médicale où la responsabilité* de la mort est stérilisée et repoussée à l’hôpital.
Si l’accompagnement des dernières étapes de la fin de vie doit mener à l’euthanasie ou au suicide assisté pour qu’un être humain ne meurt pas seul dans un lit d’hôpital ou entre deux passages infirmiers, alors je suis pour.
Peut-être est-ce en cela que nous pouvons rendre la mort plus juste.

* NdA : responsabilité dans le sens devoir d’accompagnement


Contrat Creative Commons

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Crèmerie

Monsieur P (comme Pansement) est suivi régulièrement à notre consultation pour ses pansements. Je ne le connaissais pas encore ; j’ai découvert…

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Article original rédigé par Stockholm et publié sur Le Blog de Stockholm
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Flip education : sites médicaux et veille documentaire en médecine

Flip education destinée aux médecins conseils et médecins du travail de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Cette formation porte sur les sites médicaux (agences sanitaires et sites de médecine du travail) et la veille documentaire en médecine (programme de la 2è journée de formation à la faculté de médecine de Tours le 26 septembre 2012). […] Continuer la lecture

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Cancer du sein : les journalistes JD Flaysakier et JY Nau défendent le système.

Nos deux médiatiques JDF (Jean-Daniel Flaysakier) et JYN (Jean-Yves Nau), journalistes médicaux de renom qui « disent la médecine » et se la pètent le plus souvent a posteriori pour des raisons différentes (nous avons mentionné récemment leurs attaques « courageuses » contre la Revue Prescrire, voir LA), doivent avoir la même attachée de presse : ils écrivent des posts qui se ressemblent tellement qu’il n’est pas possible a) qu’ils ne les rédigent pas ensemble ; b) qu’ils ne copient pas le texte qu’on leur a présenté comme de vulgaires pisse-copie. 

Il est une hypothèse que je n’ose imaginer : JDF et JYN n’existent pas : ce sont des marionnettes d’un(e) journaliste médical(e) qui, tel Romain Gary / Emile Ajar s’ennuierait tant qu’il publierait deux fois pour augmenter son Impact Factor…
Leurs contributions respectives sur un dernier article paru dans Lancet (la revue britannique la plus impliquée qui soit dans les scandales de publication, la grande revue britannique sans comité de lecture, la grande revue britannique fonctionnant largement grâce aux subsides de Big Pharma : LAICI, LA pour des épisodes récents) sont tellement semblables qu’il est possible que ce soit Françoise Weber, la grande directrice de l’InVS (voir ICI son édifiante biographie), encore une hypothèse farfelue, qui ait dicté ces textes de posts. Mais  il n’est pas douteux que le numéro spécial propagande du BEH (Bulletin Epidémiologique hebdomadaire) (voir ICI) soit le livre de chevet de nos deux journalistes à vie.
Les deux articles sont à lire ICI pour JDF et LA pour JYN (le titre ne manque pas d’enthousiasme et de sel : « Dépistage du cancer du sein : pouvoir dire la vérité, enfin. »)
Lisez-les auparavant et je vous conseille, par gourmandise, de ne pas laisser passer les commentaires « éclairés » de JDF qui montrent à l’envie son manque d’arrogance, son sens clinique et son désintéressement (sans compter ses aptitudes à la télémédecine…)
Vous avez lu ?
Jean-Yves Nau dit la vérité. On se gausse. Savez-vous que ce journaliste formé à la Faculté de Médecine de la rue des Italiens a réussi à écrire un article sur le dépistage du cancer du sein en citant Lancet (cf. supra), l’HAS, l’INCa (en l’orthographiant mal), en vantant la qualité française, Lise Rochaix (connue de sa grand-mère ; cf. expert mongering LA), et… l’OMS mais sans parler de Bernard Junod ou de Peter Götzsche (voir LA pour des informations) ? Il faudrait en rire, mais non, c’est l’esprit français d’auto encensement et de participation au sérail, sans compter une absence d’esprit critique.
Jean-Yves NAU ne sait pas lire. Mais il recopie.
Jean-Daniel Flaysakier dit aussi la vérité en écrivant ceci : « Enfin il est fondamental que les femmes et leur médecin aient des informations solides, étayées, actualisées sur les bénéfices mais aussi les risques de ces dépistages, notamment en termes de surdiagnostic. » Or son post ne mentionne ni Bernard Junod (LA pour l’écouter en direct) ni Peter Götzsche (voir ICI pour des informations). Il est vrai que ces deux auteurs ne font pas partie du lobby santéal français, celui constitué autour des Agences gouvernementales françaises (INCa, InVS) qui sont le bras armé du politiquement nul français. Lui aussi est un fidèle recopieur.
Ces journalistes français impliqués dans le lobby ne savent ni lire, ni écouter, ni écrire.
Ils eussent dû, mais c’est un anachronisme puisque l’entretien a eu lieu après, écouter la Radio Suisse Romande (ICI Pour ou contre la mammographie) et Philippe Nicot, un médecin généraliste français, à partir de la minute 17 et un gynécologue suisse à partir de la minute 21… Mais JDF, aveuglé par l’expert mongering à la française, a eu le culot d’écrire dans un commentaire (effacé depuis) que Bernard Junod, ce n’était pas si terrible que cela… Ils préfèrent sans doute Françoise Weber et son diplôme du CESAM, ils préfèrent sans nul doute les analyses de Catherine Hill effectuées a posteriori sur le fichier faisandé de la CNAM pour tirer sur l’ambulance glitazone (voir LA), mais ils étaient où JDF et JYN quand l’article de Lucien Abenhaïm sur les anorexigènes paraissait dans le New England Journal of Medicine ? A la machine à café de la DGS ou en grande discussion avec Anne Castot, la prêtresse de la pharmacovigilance à la française ?

Fidèles toutous du lobby santéal, ils hument le vent, s’interrogent sur ce qui pourrait le plus flatter leur ego ou leur carrière, analysent les conséquences de ce qu’ils pourraient dire, mais ne prennent pas parti à partir de faits désormais établis sur le dépistage organisé du cancer du sein de peur de perdre leurs « amis » et leurs sources de notoriété.

Les lanceurs d’alerte a posteriori sont des figures établies de l’académisme français comme ces professeurs à la retraite qui dénoncent ce qu’ils ont toujours pratiqués, qui montrent du doigt des faits auxquels ils ont participé, qui fustigent et stigmatisent, des pratiques qu’ils  ont toujours soutenues.
Vous voulez des noms ?
Philippe Even.
Claude Béraud.
Jean de Kervasdoué.
Bernard Debré.
A suivre.

(On accusa Vaclav Havel – 1936 / 2011 – d’en faire trop contre les Soviétiques quand ils occupaient le pays et les mêmes, ceux qui avaient retourné leur veste, l’accusèrent d’en faire trop contre le libéralisme après la révolution de velours)
(Crédit photographique from DISTURBING THE PEACE, Václav Havel, A Conversation with Karel Hvίžďala. translated by Paul Wilson. Knopf, 1990])

PS du 27 décembre. J’avais oublié, dans mon enthousiasme, de publier le courrier de Peter Götzsche Cochrane nordique) qui répondait à l’article du Lancet encensé par Flaysakier / Nau : ICI

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Flip education : la recherche documentaire (v 2)

La flip education est une méthode pédagogique qui consiste à fournir aux apprenants une vidéo sur le contenu de la formation quelques jours avant la formation en présentiel. Celle-ci est alors consacrée essentiellement à des exercices pratiques et à des échanges entre les apprenants et le formateur. Ce post contient 3 documents correspondant à la […] Continuer la lecture

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Le Père Noël et le scanner

Oui, j’ai vu, je ne suis pas en avance pour t’écrire cette année, mon cher Père Noël. Faut dire que bon, hein, avoue que même quand je t’écris à temps, ton manque de productivité n’encourage ni à être super sage, ni à écrire longtemps à l’avance. Et puis, il faut bien que quelqu’un te le […] Continuer la lecture

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Ca se corse, oeuf corse

Mes journées sont assez simples finalement :
Je me réveille, les oiseaux chantent, il fait déjà 25°. Je prends mon petit déjeuner à base d’une mangue, un demi-ananas ou 2 fruits de la passion, du pain, un bon petit thé, siroté en face de la montagne.
Je me déplace au travail, tranquillement, sans les embouteillages vu que je suis à 5mn à pied. Un jour sur 2 je viens au boulot en courant et je me Continuer la lecture

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La Revue Prescrire, la bronchiolite et les deux lanceurs d’alerte (a posteriori).

La Revue Prescrire publie un commentaire sur le traitement de la bronchiolite que la presse reprend abondamment. Voir ICI.

Le syndicat des masseurs kinésithérapeutes s’étrangle et produit un communiqué : ICI.
L’avis de la Revue Prescrire se fonde sur une recommandation de la revue Cochrane (LA) qui a colligé les différentes études concernant la bronchiolite.
Puis la Revue Prescrire publie un communiqué rectificatif (voir LA) qui ne change rien au fond : la kinésithérapie dans le traitement de la bronchiolite ne sert pas à grand chose.

Mais le problème vient de ce que ces études concernent des cas graves à l’hôpital. Pas les nourrissons français qui sont suivis en ambulatoire et traités selon la méthode « française ». Car, comme il y a le cassoulet à la française, l’absence de morts sous vioxx à la française, il y a la kinésithérapie des nourrissons à la française. 

Pendant ce temps les kinésithérapeutes, et notamment respiratoires, envoient des documents à la revue Cochrane pour leur demander de modifier ce qu’ils ont écrit.
Je me suis procuré les documents et la réponse de Cochrane.
Une tempête dans un verre d’eau : il s’agissait d’intégrer une étude ouverte avec comparaison intragroupe et de nombreux perdus de vue.

On comprend le désarroi des kinésithérapeutes de ville qui, de bonne foi, ont l’impression que le traitement qu’ils prodiguent est efficace, du moins temporairement, et qui se fondent, outre sur leur expérience interne, sur les sourires des parents, sur les encouragements des parents, sur les témoignages des parents. De la médecine sentimentale comme les expériences de patientes atteintes de cancers du sein et qui, à longueur de web 2.0, font savoir à tous et à toutes, et surtout à Estée Lauder, bienfaitrice de l’humanité comme chacun sait, combien le dépistage organisé est une bonne chose et combien une chimiothérapie de trop vaut mieux qu’un cancer ignoré…

Les kinésithérapeutes sont considérés par la médecine académique comme une sous-spécialité et ils en souffrent. Tout comme les médecins généralistes souffrent de cette non reconnaissance.
Ils veulent des esssais cliniques randomisés. Ils ne les auront pas. Ils s’imaginent qu’il est possible d’en faire en ambulatoire, sans soutien logistique, avec des fonds non Big Pharmiens. Et, surtout, ils croient de toute bonne foi qu’ils vont trouver des critères solides pour montrer l’efficacité de la kinésithérapie sur des groupes homogènes de patients. Si au moins la technique française était appliquée en Australie, dans un Etat canadien ou en Angleterre – Ecosse ils auraient un petite chance de voir l’étude se mettre en route.

J’ai retracé ICI l’épopée de la prise en charge de la bronchiolite en ville et combien nous sommes revenus de loin.

Je crois que la cause est entendue : il n’y aura pas d’essai contrôlé dans la bronchiolite mené en ville.

Je ne sais pas combien de groupes il faudra envisager dans ce futur essai clinique. Mais ce n’est pas possible.

Toujours est-il, chers amis, que l’enjeu est de taille. C’est pourquoi la Revue Prescrire a eu le courage, encore une fois, car ce n’est pas la première fois qu’elle dit cela, de mettre les pieds dans le plat. Mais l’enjeu est de taille car 1) La kinésithérapie respiratoire est remboursée par l’Assurance Maladie (malgré l’absence de preuves mais nous sommes habitués à cela en de nombreuses autres pathologies) ; 2) La kinésithérapie respiratoire peut représenter jusqu’à 70 % du chiffre d’affaires d’un kinésithérapeute… ; 3) Le kitsch médical (voir LA) domine la culture scientifique en France ; 4) Les futures maisons pluridisciplinaires comprendront des kinésithérapeutes qui permettront de rentabiliser les locaux…

Comme il faut se justifier et que pour ne pas être taxé d’antisémitisme il faut avoir des amis juifs ou … être juif soi-même, tout le monde sait que je ne ménage jamais Prescrire quand il le faut.

Et c’est lors que les lanceurs d’alerte a posteriori se sont manifestés.
Cette nouvelle profession a été créée par de glorieux anciens comme le professeur Even (voir ICI) et voilà que deux journalistes Jean-Daniel Flaysakier de France Deux, en place depuis 100 ans, remplacé à Télé Matin par Brigitte Fanny-Cohen, et Jean-Yves Nau, ancien du Monde, qui est titulaire de la chaire de, ouvrez les guillemets, « Journalisme et santé publique », placard doré attribué pour bons et loyaux services par le spécialiste mondial de la prédictologie grippale, je veux dire Antoine Soleil Flahault (voir LA), qui héberge le blog à l’EHSP de Rennes, officine moribonde qui ne sert à rien (voir le blog du gourou LA)

Je n’aurai pas l’outrecuidance de montrer combien ces deux journalistes médecins ont été de formidables lanceurs d’alerte efficaces dans les grands problèmes de santé publique qui ont traversé la belle France comme le sang contaminé, l’affaire de l’hormone de croissance, le Médiator, la grande grippe pandémique, et, plus récemment, le dépistage du cancer du sein (nous y reviendrons un autre jour).

Le billet de JDF (LA) est un modèle et son titre, un poème : « La Revue Prescrire et le risque de surmédiatisation » :

  1. Il commence par exposer de façon factuelle le fait que Prescrire s’est trompé, que lui, le grand journaliste diplômé de Harvard (master of science en épidémiologie), s’est fait confirmer les faits par Cochrane…
  2. Ensuite, il dit qu’il a été un compagnon de route de la Revue Prescrire
  3. Il continue par un auto-satisfecit : Au moment où personne n’aimait Prescrire, il faisait sa pub à la télévision : Quand je présentais la rubrique santé de ‘Télématin’ entre 1985 et 1991, je faisais régulièrement la publicité de cette revue, lui permettant de gagner ainsi de nouveaux lecteurs.
  4. Il glorifie ensuite les anciens, les membres fondateurs, Marx, Engels et Lénine, qu’il a bien connus et avec qui il parlait à la machine à café, tout en dénonçant les trahisons
  5. Et ensuite, le couplet final : Moi seul suis capable de faire le bien de Prescrire malgré ses rédacteurs, certes valeureux, mais qui sont grisés par la starisation médiatique. Comme sur les murs de Prague : « Lénine, réveille-toi, ils sont devenus fous. » C’est un peu comme un maquereau qui manifesterait contre la prostitution.
  6. Last but not least : Il y a beaucoup de gens qui savent tenir des propos lapidaires et pas toujours très rigoureux, voire quasiment caricaturaux, dans les médias.

Jean-Yves Nau a publié un billet tarabiscoté (ICI) en son blog : « Pardon si on vous dérange, Prescrire ».

  1. Une petite attaque humoristique contre Prescrire pour commencer avec une métaphore médicale dans le style, les acouphènes, ça peut être le premier signe de la surdité… comme quoi JYN est le symbole de la méritocratie à la française, d’instituteur il est devenu journaliste scientifique au Monde puis titulaire d’une chaire à l’EHSP (cf. supra)
  2. Un peu de mélancolie sur les premiers pas de cette revue où, je cite, « …sa porte, alors, était ouverte, aux esprits libres, aux contradicteurs. On s’amusait autour de la table, incroyable.« Ce qui laisse la porte ouverte au fait qu’il « en était »…
  3. Et voilà, pour des raisons qui n’échappent à personne, qu’il embraye sur le Distilbène, « Le Dr Claudine Escoffier-Lambiotte allait créer une certaine émotion en révélant les premières conséquences (toujours d’actualité) des prescriptions massives de Distilbène.« . Les raisons : rendre hommage à la chroniqueuse médicale mondaine du journal de la rue des Italiens (la chronique Télévision était tenue par Claude Sarraute, fille de et femme de) ; et bien entendu dire que Prescrire existait avant Prescrire ; oublier toutes les compromissions ultérieures du journal sur les affaires de santé publique qui ont agité la France depuis 40 ans. Il serait utile, d’ailleurs, de relire le papier de la dame patronnesse du Monde sur le Distilbène, cela en surprendrait certains.
  4. Lui aussi a été un compagnon de route (le mythe sartrien des Mains Propres a la vie dure) : « Pour notre part nous avons accompagné bien épisodiquement sa croissance, la feuilletant toujours, la citant parfois.« 
  5. Mais la suite arrive : « On s’amusait presque de cette anomalie, mi-soviétique, mi-secte. » avec atteinte du point Stalwin (marque déposée par le docteur du 16)
  6. Puis il parle du Mediator et de la Revue Prescrire avec une telle jalousie qu’elle n’arrive qu’à souligner sa propre incompétence sur le sujet.
  7. Et ensuite, JYN, notre hussard de la République, s’attaque au sommaire de Prescrire pour le dénigrer (il devrait relire ses propres articles).

C’est la France rancie du journalisme médical, celle qui est à la fois in (dans le lobby santéal politico-administrativo-industriel) et out (la presse libre et / ou les Agences gouvernementales aux ordres).

Notre Revue Prescrire doit maintenir le cap contre les attaques médiatiques de ces journalistes à vie.

La kinésithérapie respiratoire dans le cadre des bronchiolites modérées suivies en ville n’a pas montré l’ombre d’une quelconque efficacité. Le fait qu’il n’y ait pas du tout d’études contrôlées ne signifie pas inefficacité mais manque de preuves (nous sommes gentils). Nous les attendons.

Et nous continuerons de critiquer notre Revue Prescrire comme, par exemple sur le Gardasil, mais la liste n’est pas exhaustive (voir ICI), où brillent par leur  absence nos amis JFD et JYN.

DPI : Abonné à la Revue Prescrire.

PS du 25/12/12 : Un avis de la HAS sur la « Prise en charge en premier recours par un kinésithérapeute des nourrissons présentant un encombrement respiratoire en lieu et place d’un médecin » : ICI.

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Pourquoi on devrait arrêter le dépistage organisé du cancer du sein…et pourquoi on ne le fera sans doute pas

Il devient difficile de ne pas poser publiquement la question de l’utilité du dépistage et de ses risques. L’information publique « officielle » en France reste pourtant inébranlable, émise sous le contrôle de « l’église de dépistologie » dénoncée par Dominique Dupagne et pas mal d’autres, … Lire la suite Continuer la lecture

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De l’importance de bien choisir sa secrétaire

Ça fait des années que ma secrétaire travaille au cabinet médical. Elle était là avant moi. Elle est gentille, a envie de bien faire, est sensible à la détresse des gens. Alors comment lui dire que ce n’est plus possible? Que … Lire la suite Continuer la lecture

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IGAS : l’ apolitique du médicament

DR Y Le Flohic
Elu MG France aux URPS de Bretagne
Membre de l’UFML
Lettre ouverte à l’IGAS.
 
 
Bonjour Madame,

J ‘ai tenté de joindre l IGAS suite au rapport sur le générique rendu publique ce jour, et h&… Continuer la lecture

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IGAS : l’ apolitique du médicament

DR Y Le Flohic
Elu MG France aux URPS de Bretagne
Lettre ouverte à l’IGAS.
 
 
Bonjour Madame,
 
J ‘ai tenté de joindre l IGAS suite au rapport sur le générique rendu publique ce jour, et hélas p… Continuer la lecture

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IGAS : l’ apolitique du médicament

DR Y Le Flohic
Elu MG France aux URPS de Bretagne
Membre de l’UFML
Lettre ouverte à l’IGAS.
 
 
Bonjour Madame,

J ‘ai tenté de joindre l IGAS suite au rapport sur le générique rendu publique ce jour, et h&… Continuer la lecture

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Pas avant des années

Nous ne l’avions pas vue depuis quelques années : son chien était mort sur notre table de chirurgie, en pleine nuit, d’une torsion d’estomac sur hémangiosarcome splénique. A douze ans, pour un rottweiler, pas de miracle.

Je n’aime pas trop ce genre de situation. On se sent toujours un peu merdeux quand on revoit le propriétaire d’un animal décédé. Surtout quand on ne l’a pas vu pendant si longtemps. Pas que j’ai quoi que ce soit à me reprocher : la prise en charge avait été rapide et efficace, mais on ne gagne pas à tous les coups. Et on n’aime pas que cela nous soit rappelé.

J’ai reçu cette dame en consultation, qui m’a raconté, au fil d’un exposé fleuve, la maladie de son chien. Les consultations successives, sur plusieurs mois. Les examens, les mots des différents vétérinaires d’une autre clinique, ses propres réactions, l’évolution des symptômes de son chien. Triant méthodiquement les images, les résultats, les ordonnances, classant les faits et les interprétations. Listant avec rigueur les approximations : celles des confrères, et les siennes propres. N’accusant pas, mais expliquant son exaspération croissante.

Les choses étaient étrangement claires, et posées. J’aurais pu être inquiet, mais ses mots étaient apaisants de lucidité. J’écoutais, je posais des questions. Moi aussi, je triais. Pas comme elle, mais pas loin. Les confrères avaient fait du bon boulot, à défaut d’être excellents. Ils avaient un peu perdu de temps, peut-être. C’est tellement facile de le remarquer, après. Et je me disais que, moi aussi, sans doute, des clients et des confrères devaient parfois me disséquer ainsi.

J’étais donc le véto du second avis. Avec le « passif » évoqué plus tôt. Le mien, et celui de mes confrères. Une vue d’ensemble, trop d’informations, d’autres qui manquaient. De quoi bien travailler.

J’avais, sans doute, un autre avantage. La demande était très claire : la dame voulait de l’action, et immédiate. Elle le leur avait dit, ils avaient refusé d’opérer. Elle ne voulait plus attendre, pas alors que son chien se dégradait. Elle voulait bien prendre des risques. Son consentement fut éclairé. Bénéfices, risques, immédiats et au long terme, hypothèses et scénarios, optimistes et pessimistes.

Une discussion fatigante, mais passionnante. De la vraie médecine, avec une cliente exigeante. Une cliente comme on ne les aime pas trop, à cause de la pression. Une cliente comme on les adore, parce qu’elle nous demande de faire notre boulot. Avec ses limites, aussi, notamment financières. Avec ses attentes, et ses contradictions. Avec son envie de comprendre, et sa demande de traductions extensives de la logique médicale en logique humaine.

Avec sa sincérité, aussi, ces mots glissés entre de longues explications : « je ne suis jamais revenue, ici, à cause des souvenirs, à cause de mon chien. Je ne vous reproche rien, mais ce n’est pas facile. Je viens parce que vous allez faire autrement, même s’ils n’ont pas fait mal. Et parce que moi, je le sais, que ça peut mal finir, et brutalement, avec cette chirurgie. Mais on aura tenté quelque chose, et puis, si ça finit mal, les mauvais souvenirs, ils resteront ici. »

J’imagine que je ne reverrai pas cette dame.

En tout cas pas avant des années.

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La hache de M. Léon

« Je pars en visite chez M. Léon , il habite à tel endroit, si je ne t’ai pas rappelée dans une heure, tu m’appelles, et si je réponds pas, appelle les flics. » C’était un vendredi soir, tard, nuitamment, même. Mes … Lire la suite Continuer la lecture

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Institut Montaigne : 200KEuros de fadaises.

Michel Eyquem de Montaigne, né le 28 février 1533 et mort le 13 septembre 1592 à Saint-Michel-de-Montaigne, vient d’être méchemment dérangé dans son sommeil éternel.
 
Un institut se pr&eacu… Continuer la lecture

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Institut Montaigne : 200KEuros de fadaises.

Michel Eyquem de Montaigne, né le 28 février 1533 et mort le 13 septembre 1592 à Saint-Michel-de-Montaigne, vient d’être méchemment dérangé dans son sommeil éternel.
 
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Institut Montaigne : 200KEuros de fadaises.

Michel Eyquem de Montaigne, né le 28 février 1533 et mort le 13 septembre 1592 à Saint-Michel-de-Montaigne, vient d’être méchemment dérangé dans son sommeil éternel.
 
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Protégé : 5

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Formulaire de demande de retraite pour pénibilité : le modèle a été publié au JO

L’arrêté du 22 octobre 2012, publié au JO du 7 décembre 2012, fixe le modèle de formulaire de demande de retraite pour pénibilité : modèle S5130 du formulaire « demande de retraite pour pénibilité », enregistré sous le numéro CERFA 14… Continuer la lecture

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Pilules de 3ème génération, liste et dangers potentiels

La plainte d’une jeune femme lourdement handicapée après un accident vasculaire lié à une pilule contraceptive a été relayée dans les médias. Il s’agissait d’une pilule dite de 3ème génération. Ces contraceptifs oraux qui contiennent du gestodène ou du désogestrel sont connus depuis longtemps pour augmenter le risque de cet accident très rare.


Médicaments

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Exocytose

« L’appareil de Golgi participe activement au processus de sécrétion c’est-à-dire au processus qui procède à la libération des produits finis hors de la cellule qui les a produits. L’appareil de Golgi sert d’organe de traitement, d’entreposage et d’emballage des produits de sécrétion fabriqués au niveau du réticulum endoplasmique rugueux, ceci jusqu’à ce que la cellule […] Continuer la lecture

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Le voyageur imprudent

« Pour des histoires que j’aime bien, j’ai parfois pris du retard, mais c’est rien. J’irai jusqu’au bout du chemin et quand ce sera la nuit noire, je serai bien » (Oh! J’cours tout seul, William Sheller)

J’aime bien prendre mon temps.
Quand j’accomplis quelque chose, je me soucie rarement du temps que cela va réellement me prendre.
Il faut que je sois intéressé, voire passionné, et je perds complètement la notion du temps.
Sinon, je vais toujours me dire que cela peut attendre et remettre la chose au lendemain. Bricoler attendra demain par exemple, tellement j’adore cela…

Je peux passer des heures à travailler une partition, par exemple.
Ça ne me dérange pas. Enfin à l’instant t ça ne me dérange pas.
La suite est parfois un peu difficile.
Ma chère et tendre me fera remarquer que j’ai passé beaucoup de temps là-dessus. Temps que, du coup, par ma faute, je n’ai pas passé en famille.
Et elle aura parfaitement raison.

Par contre, si je ne travaille pas cette partition, elle ne se fera pas toute seule. Et la chorale ne pourra pas apprendre un nouveau chant. Du coup, le travail réalisé sera de moins bonne qualité. Et ce sera de ma faute.

Je me retrouve un peu dans la situation d’un de mes livres préférés, Le voyageur imprudent, de René Barjavel : faire cette partition me permet d’assumer ma fonction de chef de choeur, mais m’accapare quelques heures. Ne pas la faire me rend disponible, mais je n’assume plus mes fonctions.

Une échappatoire existe : arrêter cet engagement. Mais, là, c’est mon trépied qui en prend un coup, et je ne peux pas jouer l’équilibriste.

Bref, une situation sans réelle solution…

Heureusement, dans mon métier, c’est complètement différent. Quoique…

J’aime bien, quand je reçois un patient en consultation et que le motif est un peu compliqué, essayer de prendre le temps de penser à tout.
Même si je suis persuadé qu’on ne peut jamais penser à tout, j’aime me dire que j’ai dû faire correctement mon métier en tentant d’aller au bout des choses.
Sauf que, ça me prend, dans ces cas là un peu plus d’un quart d’heure (et que mon planning est rempli avec un rendez-vous tous les quart d’heure).

Alors, dans une journée « normale » les patients se compensent un peu : on passe un peu plus de temps avec un patient qui présente plusieurs pathologies, et un peu moins avec celui qui a une simple infection virale.

Dernièrement, mes patients ont eu une fâcheuse tendance à ne pas se compenser…
Du coup, je suis en retard. Régulièrement.
Je ne compte plus les fois où les patients me font des réflexions. Parfois, je les prends en souriant. Parfois, je ne réagis pas. Parfois, plus rarement, essentiellement quand je suis fatigué, je m’énerve et je remets les patients en place… voire leur propose de changer de médecin.

Je ne sais pas comment font les confrères qui arrivent à être toujours à l’heure. J’aimerais bien être à l’heure. Cela serait synonyme d’être à l’heure pour rentrer le soir chez moi aussi… J’aimerais bien. Je n’y arrive pas.

Car si je me fixe comme objectif d’être à l’heure, je vais devoir aller un peu moins au fond des choses. Et je ne serai pas satisfait. Je n’aurai pas l’impression de bien faire mon travail.
Mais si je le fais bien (ou ai l’impression de bien le faire) je risque le retard à coup sûr.

Voyageur imprudent

Il y aurait bien une solution. Alléger mon planning de rendez-vous. Recevoir moins de patients, mais plus longtemps.
J’essaye déjà de laisser quelques quarts d’heure vides dans mon planning, en prévision d’un retard à compenser.
Mais avec cette absurdité du paiement à l’acte actuel, je ne peux pas multiplier ces plages vides, cela serait synonyme de dépôt de bilan pour mon activité libérale…
J’ai espoir que ce point puisse changer… un jour… restons optimiste… Un peu plus de forfait, un peu moins de paiement à l’acte.

« These wounds won’t seem to heal, this pain is just real, there’s just so much that time cannot erase » (My immortal, Evanescence)

Comment réussir à concilier le tout ?
Comment satisfaire à tout, tout le monde, tout le temps ?

Je ne suis pas là pour plaire, mais pour soigner.
Facile à dire.
Ce soir il m’est plus difficile de l’entendre, et encore plus de me l’appliquer.

Etre hyperactif est trop synonyme d’obligation de performance parfois.

« Lucie, Lucie dépêche-toi, on ne vit, on ne meurt qu’une fois » (Lucie, Pascal Obispo)

J’aimerais prendre mon temps pour ça aussi.
Mais là, pour le coup, je sais que la partie est perdue d’avance, même si j’espère que la partie sera longue.
Là, je veux bien être en retard. Très en retard même. Continuer la lecture

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Fiche info-patient: que faire en cas de rhume ?

La patience, un des meilleurs traitements du rhume… La fiche au format Word: LIENS – Lavage de nez du nourrisson : sur la viedebebe.com -Décongestionnants de la sphère ORL renfermant […] Continuer la lecture

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Mathilda

« La vie, c’est comme ça tout le temps ? Ou c’est seulement quand on est petit ?
C’est comme ça tout le temps. »
Une barre comme une autre dans la banlieue défavorisée de mon agglomération. Temps dégueulasse. Gris. Le béton dégouline. Le bitume se dilue dans le ciel trop bas. Orelsan trouve qu’il pleut tout le temps dans cette ville de merde. Nous sortons de la voiture. Il a foutrement raison.
Mon praticien me sourit, il a sonné. Il me dit : tu n’es encore jamais venu ? et il sourit.
La porte s’ouvre, une petite femme d’âge moyen nous accueille, et avec elle les pépiements furieux de perruches qui doivent s’agiter dans une pièce. Des aboiements aussi. Peut-être la rumeur bruyante d’un téléviseur, quelque part. Dans le hall d’entrée, une autre femme nous regarde entrer. L’aide ménagère ? Un lien de parenté tout de même. Bonjour, me dit-on sur ma gauche. Je me tourne. Une troisième femme. L’infirmière à domicile ? Un lien de parenté aussi. Je ne réalise pas encore tout à fait. La première nous guide dans les boyaux surchauffés de cette antre de vie. Nous croisons dans la pièce principale deux hommes, l’un attablé, l’autre à quatre pattes, occupé à démonter une prise électrique. Bonjour. Bonjour. Des bols sont alignés sur la toile cirée. Les perruches sont effectivement furieuses. Un long couloir. Des tapis. Nous arrivons dans une petite chambre occupée par une nonagénaire. Mon praticien entre, j’entre à mon tour. Je ferme la porte derrière moi. Elle gémit, tousse. Un lit immense, qui occupe la quasi-totalité de l’espace habitable. Deux téléviseurs. Je reconnais sur le premier une série française. Les acteurs s’agitent, brassent de l’air. Le son a été coupé. Le deuxième, dans un angle, affiche une interface de console. Le jeu est coupé. La manette gît sur les draps au milieu des magazines de la grand-mère. Le joueur que je suis devine qu’elle est encore chaude, et que le coupable s’est enfui à notre arrivée.
C’est vous qui jouez ? je demande, plaisantant. Non, mon p’tit-fils. Elle ne plaisante pas.
Fragrances très humaines, odeur poisseuse de poussière nocturne. La pièce n’a pas été aérée ce matin. J’imagine un garçon d’une dizaine d’années, noyé dans les couvertures épaisses, massacrant une organisation terroriste internationale sous le regard humide et toussotant de son aînée.
Exacerbation de bronchite sur terrain cardio-vasculaire à risque. Douleurs dorsales.
Lorsque nous revenons dans la pièce principale, deux autres personnes ont fait leur apparition, un jeune homme et une gamine. Elle a le nez dans un bol de chocolat chaud. Le garçon, à peine majeur, doit être le p’tit-fils en question. L’image saute. Grésille. J’imagine maintenant ce grand gaillard dans la chambre de sa grand-mère. Grésillement. Ça ne colle pas. Je ne parviens pas plus à l’imaginer lui, dans la chambre, que la grand-mère elle-même avec la manette de X-box entre ses doigts déformés.
Je m’assois à table. La gamine me regarde. Les yeux cernés. Le chien n’aboie plus, les perruches se sont calmées. 
Je pense à Mathilda, personnage de Besson, clopant dans la cage d’escalier, les jambes fouillant le vide de son existence douloureuse. Je pense à Mathilda, et je lui souris. Elle baisse les yeux. Je griffonne un antibiotique sur l’ordonnance. Nous sortons.
Sous la pluie.
Je m’attends presque à croiser Jean Réno, verres teintés et marcel blanc, s’enfoncer dans les ténèbres de cette barre anonyme, un calibre à la main.
Les portières claquent. Le moteur démarre. 
Je pense à Mathilda : n’y a-t-il pas école en semaine ?
Difficile de ne pas être dans la projection.


Contrat Creative Commons

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Désabusée

Je pars, désabusée. Mon entourage proche me dit « Tu as bien raison, avec le bébé qui arrive et tout ça… Pars. Les conditions de travail en médecine libérale c’est pas possible… » Mes maitres de stage me disent « Tu ne vas … Lire la suite Continuer la lecture

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Le Père Noël est une ordure

C’était chez moi, un soir de décembre, il y a quelques années. Le premier opus d’une longue série de décembres qui depuis n’en finissent pas de se suivre, encore et encore. Ce soir-là comme tant d’autres soirs à cette époque, le froid tombait comme une massue avec la nuit sombre de l’hiver… Continuer la lecture

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En passant (1)

Une petite photo, comme ça, en passant. 
Une visite surprise, Georges qui se fait câliner et papouiller, un café/gâteaux partagé sans crainte que Madame Grandchef ne débarque (elle peut toujours venir maintenant, je bosse plus, je vois qui je veux, na!). 
Parfois il suffit de pas grand chose pour que la journée soit belle 🙂

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Brèves de stage

Je suis désabusée. Le stage de médecine générale, c’est super, c’est bien que ça soit obligatoire, on devrait tous en faire deux minimum au cours de l’internat. C’est là que je me suis vraiment rendue compte que j’aime la médecine … Lire la suite Continuer la lecture

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Le pacte « territoire-santé » de Marisol Touraine

Marisol Touraine a annoncé le 13 décembre son « Pacte Territoire-Santé » pour lutter contre la désertification médicale. Ce pacte est présenté dans un discours disponible sur le site du Ministère et comporte 12 items. La déclaration d’intention est louable, mais les moyens mis en oeuvre restent pour l’essentiel à l’état de projet. Voici donc les 12 points du discours de la Ministre. Je vais les commenter en ayant en tête l’espoir de changement que plus de 1000 (…)


Avenir de la médecine générale

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Déserts d’avenir

Mort du médecin de campagne pour certains, les douze actions anti-désert de Marisol Touraine et les cinq solutions de Ségolène Royal viennent clore sans déclencher l’enthousiasme six mois de non-réforme, après un bricolage conventionnel sur les dépassements d’honoraire, un discours … Lire la suite Continuer la lecture

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Fiche info-patients :comment se protéger des infections virales respiratoires

La saison des rhumes bat son plein et les salles d’attentes se remplissent.   A la question « comment faire pour ne pas tomber malade? » ou « comment éviter de transmettre ma […] Continuer la lecture

Publié dans BRONCHIOLITE, bronchite, grippe, Infectiologie, infection respiratoire, INFO PATIENTS, ORL, Pneumologie, prévention, Rhinopharyngite, Rhume | Commentaires fermés sur Fiche info-patients :comment se protéger des infections virales respiratoires

Carapace

Never, ever make mistakes

Be perfect. *


« Processus de professionnalisation ». 

Bon, de toute façon, si elle est diplômée, c’est qu’elle va y arriver non ?
Je suis encore presque lycéenne, toute jeune étudiante, épuisée par la rude découverte du mythe P1 qui n’en est plus vraiment un. Mes neurones sont encore un peu grillés par cette année de d’apprentissage à la chaîne où la logique cède le pas au bachotage, à l’ingurgitation rangée de connaissances à régurgiter en l’état, comprises et assimilées, ou pas. J’aimerais cligner des paupières pour y voir un peu plus clair mais mes yeux sont voilés. Dans trois ans, je serai diplômée. Professionnelle et responsable. Adulte. Et seule.
Seule face à moi-même, ma conscience professionnelle – comment sera-t-elle ? – seule face à mes décisions, mes réussites et mes erreurs. Adulte. Plus de tuteur de stage pour me guider dans mes balbutiements de jeune apprentie. Plus de tuteur pour qui mes erreurs font partie du jeu qui va me construire. Responsable. Juste des confrères, conscients que je ne sais pas tout mais qui par principe dans ce métier, vont me faire confiance. Professionnelle.
Parce que je suis diplômée. Si j’ai eu mon diplôme, c’est que je devrais pouvoir me débrouiller non ? Oui, ils me font confiance. Sans peut-être savoir que j’aime apprendre, que je retiens vite, que je sais bien classer dans de jolies cases mon savoir. Que j’enrubanne bien proprement avant de partager, en échange d’une excellente note. Trace d’encre sur un dossier de papier qui gomme un peu le poids de mon inexpérience, de ma confiance en moi qui reste désespérément dans le négatif.
Oui on me fait confiance, sans savoir probablement, que je suis incapable de bien évaluer un problème de dos ou de compter correctement les vertèbres. C’est L5 ou L4 cette drôle de bosse là ? Encore moins de soigner correctement. Et pourtant, je donne le change. Je sais désencombrer un bébé qui va bien, mais suis-je capable de réagir en cas de problème chez bébé-qui-ne-va-pas-si-bien ? Saurais-je m’arrêter à temps pour garder une balance bénéfice-risque favorable ?
Oui, j’ai envie d’apprendre. Mais comment on apprend quand on vous répond « t’en a bien vu un peu à l’école non ? », « tu fais doucement, ça devrait aller » ?
Alors, ce fameux diplôme en poche, j’ai commencé à construire.
Oui, je connais. Oui, j’ai appris. Je ne connais pas trop mais je vais me débrouiller et puis je vais faire des recherches. Quand j’étais en libéral avant, j’en ai fait pas mal… En vrai pas vraiment mais j’ai beaucoup appris avec eux, ça compte ? 
Aspirer ? Pas de problème. Bronchiolite ? Oui je maîtrise.
Sur les parois de ces murs que j’érige autour de moi, il y a la silhouette d’une fille souriante, enjouée, motivée et sûre d’elle. Sûrement plus proche de 25, 30 ans que de 20. Oui, oui. Professionnelle, consciencieuse, appliquée.
Je donne le change, j’entretiens ma propre illusion.
En vrai, souvent, c’est vrai, oui, je maîtrise.
Même si dans ma boîte je tremble de peur.
Et si je ne maîtrisais pas tant que ça ?
Ça va se voir. Il ne faut pas que ça se voit.
Reste forte. Be perfect.
Personne n’entre dans ma boîte, je m’y laisse même parfois prendre au piège..
Je suis diplômée, j’ai appris à l’école. Je sais.
Never, ever make mistakes

J’ai mon diplôme, je suis… Non, je ne suis pas parfaite en vrai. Mais les autres doivent le croire. Je suis parfois faible mais vous ne le voyez pas. Si vous ne le voyez pas, je continuerai à me croire forte, pour mieux avancer.
Mais parfois, comme cette fois, je ne maîtrise pas.
Je fais de mon mieux, dehors je gère, dans ma boîte mon cœur tourne à deux cent à l’heure, mais les choses s’empirent. Ma faute ? Je ne sais pas.
Dans ma petite boîte, j’étouffe. Mon illusion vacille, trop dure à tenir. Mon refuge devient piège. La peur m’étrangle. Et si j’avais fait quelque chose de mal ?
Si c’était de ma faute ?
Ce patient polymalfoutu devait décompenser d’un moment à l’autre, avec ou sans mon aide. Il m’a fallu du temps pour le réaliser. Sur le moment, la culpabilité est violente, la remise en question douloureuse. J’ai envie de pleurer, les larmes me serrent la gorge. J’ai envie de gueuler que la vie est une chienne. Que merde, c’est trop pour la gamine que je suis, l’urgence de la décompensation, la souffrance du patient, l’angoisse des proches, c’est une trop grosse claque pour ma figure. Le regard anxieux mais confiant de sa famille me transperce « elle est diplômée, elle a l’air sûre d’elle, elle va le soulager ». Cette confiance pèse trop lourd sur mes épaules. Putain non, je ne ne suis pas sûre de moi, je ne maîtrise pas, cette urgence, cette détresse, ça me coupe le souffle. Je brûle de courir me cacher. Cette image nette qu’ils attendent, je leur donne, en dessous, je suis déchirée. 
La prison que je me suis forgée est solide. Je suis seule, dans cette cage étroite, face à mes propres démons, j’ai mal dans mon cœur.
Dans cette boîte, il y a une petite fille qui parfois voudrait bien, comme avant, se réfugier dans les bras de son papa quand vraiment ça ne va pas. Juste pour pleurer, dire « je ne sais pas », ou celui-là, je n’y arrive pas et qui n’ose pas. Qui veut rester forte, qui ne veut pas craquer devant les autres, qui ne veut pas dire que c’est dur. Qui ferme les yeux très fort pour oublier qu’elle a si peur de la mort, si peur de la maladie, cette peur qui lui retourne l’estomac. Qui n’oublie jamais mais qui ne le dit pas.
Parce qu’elle s’est mis dans la tête que quand c’est dur, dans la cour des grands, on n’en parle pas.
“Never, ever make mistakes

Be perfect.”

Ce jour là, Biche a ouvert ses bras pour éponger cette souffrance trop contenue qui détruisait mon équilibre. Peut-être au péril du sien, elle n’a pas hésité une seule seconde quand moi je me noyais dans mon angoisse.
Ma consoeur.
Comment te remercier ? 
* Entendu ici via PUAutomne 
A voir, à lire. Pour avancer. 

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Angine, score de Mac Isaac et TDR

1-recommandations (afssaps, 2005) Texte intégral des recommandations 2005 2-Score de mac isaac Calculer le score de mac Isaac en ligne (masef) 3-Synthèse/CAT 4/Mais Encore Nouvelles recommandations? en 2011, L’AFSSAPS a […] Continuer la lecture

Publié dans angine, Infectiologie, mac isaac, ORL, Recommandations, streptocoque, streptotest, tdr | Commentaires fermés sur Angine, score de Mac Isaac et TDR