Archives mensuelles : octobre 2012

Réformer le système de santé autour des soins primaires (ce que n’a pas fait le PLFSS pour 2013)

La récente revue de la littérature de l’IRDES  « Comment les soins primaires peuvent-il contribuer à réduire les inégalités de santé ? »  aurait pu nourrir utilement un projet politique ambitieux et structuré, dont ni la majorité parlementaire ni le gouvernement n’ont montré … Lire la suite Continuer la lecture

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Retraite : ce n’est pas une durée d’activité qui valide un nombre de trimestres mais un montant cotisé !

Tout le monde est d’accord pour dire que le système de retraite est devenu tellement complexe que personne ne sait combien il percevra quand il sera à la retraite, même les caisses de retraite ne sont plus en mesure de répondre aux questions de… Continuer la lecture

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Prise en charge d’un purpura fulminans par le MG

1-Diagnostic  purpura extensif en taille et en nombre d’éléments, avec au moins un élément nécrotique ou ecchymotique de plus de 3 mm de diamètre, confluant et prédominant aux membres (deshabiller […] Continuer la lecture

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Adresses des consultations de pathologies professionnelles en France

Le site cancer-environnement.fr liste toutes les adresses des consultations de pathologies professionnelles en France.
Ce sont le plus souvent les médecins du travail qui adressent des salariés dans ces consultations hospitalières, lorsqu’ils souh… Continuer la lecture

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Arrêt cardio-respiratoire : prise en charge en MG

1-Réanimation cardio-pulmonaire Lors du Bilan initial , vous avez déterminez que le patient est en arrêt cardio-respiratoire et vous avez libéré les voies aériennes. Vous avez alerté les secours et […] Continuer la lecture

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35% des salariés emportent régulièrement leur repas pour leur déjeuner sur leur lieu de travail !

C’est ce qu’il ressort d’une étude conduite pour Malakoff Médéric en mai 2012 auprès de    1 000 salariés. L’année dernière, il n’y avait que 28% des salariés qui apportaient ainsi leur repas dans leur entreprise. Mais plus de la moitié d… Continuer la lecture

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URGENCES en MG: bilan initial

Ce bilan basé sur des gestes élémentaires de secourisme, doit être effectué rapidement en moins de 30 secondes , de manière à évaluer au mieux la situation et de démarrer […] Continuer la lecture

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Les experts 5

Pour conclure provisoirement cette mini-série consacrée à l’expertise médicale : un résumé des préconisations du Conseil National de l’Ordre des Médecins : Il est recommandé que les fonctions d’expert judiciaire soient incompatibles avec celles de médecin conseil d’assurance. L’expert judiciaire ou le médecin conseil d’assurances doit rester dans le domaine de sa qualification. Il est […] Continuer la lecture

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Mémoire (1)

Madame Niarkniark est une tatie Danielle. Tout miel et tout sourire en apparence, c’est en fait une peste, une vraie. Charmante, souriante, d’humeur taquine, un peu ronchon certes mais souvent rieuse, elle papote, médit sur ses co-pensionnaires du foyer (rien d’anormal, c’est le sport national ici) et surtout, surtout, ne tarit pas d’éloges sur le travail de l’auxiliaire du jour. Mais attention, seulement avec l’auxiliaire du jour. Parce que celle de la veille, pfou, quelle bonne à rien! Et celle de l’avant-veille, quelle feignasse! Quant à celle de la semaine d’avant, non mais vous avez vu son décolleté?!
Quand on sort de chez Madame Niarkniark, on a généralement la satisfaction du devoir accompli. Draps changés, lit refait, balai/serpillère ok, sanitaires nettoyés, pièce aérée, frigo vidé, et j’en passe. C’est tout petit une chambre de foyer, mais chez Madame Niarkniark on trouve toujours quelque chose à faire. Faut dire aussi qu’elle ne fait pas grand-chose chez elle, ça nous facilite la tâche. Oh, elle n’est pas si vieille que ça, ni tellement handicapée. En fait elle est même en bonne forme pour son âge… mais bon, « vous êtes payées pour ça non? ». Ben oui ma cocotte. Payées pour « accompagner dans les actes de la vie quotidienne », je vais pas t’expliquer hein, j’aurai plus vite fait de faire la pièce à fond. Bref, Madame Niarkniark pourrait faire plein de choses, mais elle ne fait rien, et comme on n’a pas franchement envie de rentrer en conflit avec elle tous les jours, on fait à sa place et basta (ouh les mauvaises auxiliaires que voilà! Vous permettez qu’on en reparle plus tard?). Et puis, pendant qu’on fait le ménage, ça lui laisse du temps pour parler. De ses enfants qui ne viennent jamais, de cette garce de voisine qui lui a volé sa robe de chambre, de Madame Bidule qui trompe son mari avec Monsieur Truc (secret de polichinelle, elle est pas très discrète quand elle traverse le couloir Madame Bidule!). On en profite, on sait que dès qu’on aura quitté la pièce elle appellera le bureau pour dire que vraiment, c’est plus possible, faut arrêter de lui envoyer des incapables pareilles, « je paye moi Madame! » Elle est comme ça, on s’y fait, et on continue notre petit train-train.
Seulement voilà, toutes les bonnes (et les mauvaises) choses ont une fin, et Madame Niarkniark ne fait pas exception à la règle. Un matin, elle ne se réveille pas. Paf, elle est morte. Bon, ce sont des choses qui arrivent, surtout à cet âge-là. Il faut prévenir les enfants, , ceux que personne n’a jamais vus, ceux qui ne viennent ni n’écrivent ni ne téléphonent jamais. Ils sont embêtés les enfants, c’est pas qu’ils y tenaient vraiment à leur mère, c’est plutôt qu’ils ont pas super envie de se taper l’enterrement et le déménagement. Ben oui mais bon, faut vider la chambre, y’en a d’autres qui attendent la place.
Alors ils viennent, pas le choix, et ils parlent. Père décédé tôt, trop tôt, mère abjecte, médisante et malfaisante, tous ses enfants ont coupé les ponts avec elle. Sa solitude, « elle l’a voulue elle l’a eue ». Aucun regret, aucun remords, ils ont fondé leur propre famille et elle n’en fait pas partie, voilà tout. Alors l’enterrement, les affaires à trier, le déménagement, faut expédier ça vite fait, parce que c’est déjà beaucoup qu’ils se soient déplacés. Et là, nous assistons à une scène surréaliste : la chambre de Madame Niarkniark est au premier étage, les enfants ont ouvert la baie vitrée et jettent pêle-mêle sur le trottoir vêtements, bibelots et cadres. Oui, ils jettent. Sans regarder, sans trier, rien, ils jettent tout. Toute une vie de souvenirs, de photos, de lettres, toute une vie dehors, exposée aux regards des pensionnaires qui assistent, offusqués, à ce grand déballage. La vie semble s’être arrêtée au foyer. On n’entend plus un bruit, seulement le fracas du cadre de mariage jeté depuis le balcon. Au bout de quelques minutes qui semblent interminables, la directrice intervient. Non, on peut pas agir ainsi. D’accord c’était une femme difficile, d’accord elle n’a pas été une bonne mère à leurs yeux, mais il y a ici une soixantaine de pensionnaires qui assiste horrifiée à ce déménagement hors du commun. « Est-ce ainsi que je serai traité » se demandent certains. « Où partiront la photo de mes parents et les dessins de mes petits-enfants? » se demandent d’autres.
Cette scène, elle est violente, c’est comme une deuxième mort. Madame Niarkniark est morte, enterrée et oubliée. Plus rien ne reste d’elle. Plus de parents (normal), pas de frères et soeurs (ou du moins personne de connu), et des enfants qui ont depuis longtemps tiré un trait sur leur mère. Pas d’amis non plus, faut dire qu’avec le caractère qu’elle avait…
Finalement, à part le personnel du foyer et les auxiliaires de vie, qui se souviendra de Madame Niarkniark dans quelques années? Qui parlera d’elle? Quelle image restera-t-il d’elle? Ses photos ont disparu, ses lettres aussi. Elle a été une enfant, puis une jeune fille amoureuse, une épouse, une mère. Elle a aimé un homme, elle a eu des enfants. Elle a vécu, ri, pleuré, souffert, comme tout le monde.
Rien. Il ne reste rien. Madame Niarkniark n’existe plus. Ses enfants continuent sans elle, comme ils le faisaient déjà depuis longtemps. Un autre pensionnaire vient occuper sa chambre. La vie reprend son cours, sans elle.
Comme si elle n’avait jamais existé.

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Petite crapulerie de fin de règne

Il est classique, en fin de mandat, de placer ses amis à des postes protégés et de réaliser discrètement quelques crapuleries dont la médiatisation aurait été gênante pendant la campagne électorale.
C’est d’une de ces crapuleries dont je vais vous parler dans ce billet.


Déontologie médicale et indépendance professionnelle

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Le côté lumineux de la Force.

L’installation c’était dur. Et ça l’est encore. Parce qu’en fait je n’étais pas préparée. Aucun de nous ne l’est, nos études ne nous préparent pas à ça. Parce que
je me suis un peu fait entuber. Parce que c’était un engagement difficile que je n’étais pas prête à prendre. Et surtout pas ici en fait, pas si loin de l’Eau. Mais ça a ses bons côtés.

 

J’aime ne plus angoisser de chercher des remplas et de ne pas en trouver parce que « ici, c’est mieux si vous êtes du village ». Tout le monde ne peut pas être du
village. Incroyable ça. Maintenant j’angoisse que l’argent ne rentre pas. Et que la banque me harcèle… Autres insomnies…

 

J’aime ouvrir le cabinet le jour où Associé n’est pas là, infuser mon thé, ouvrir les volets, juste mettre un peu de lumière, allumer mon mac, twitter en soufflant
sur mon thé. Profiter du silence.

 

J’aime barrer des lignes sur ma to-do list, mes « tél à Dr Truc à propos de Mme Machin ». Rappeler Mme Machin. Ou mieux, la faire convoquer par SuperSecrétaire.
Problème résolu.

 

J’aime recevoir des courriers de spécialistes et avoir la réponse à mes énigmes. Ca me fait progresser. D’autres fois, le mystère reste entier. On continue de
chercher.

 

J’aime savoir où se trouvent les choses. Même quand la femme de ménage les a déplacées, je sais que c’est forcément quelquepart. J’aime pouvoir acheter le matériel
qui me plait, quand j’en ai besoin. J’aime réfléchir à comment je vais installer mon ECG, ou comment je pourrais améliorer l’ergonomie de ma salle d’examen. Me dire qu’il faut vraiment que je
fixe mon porte manteau, pour accrocher mes écharpes et pulls et ne pas les jeter en boules dans un coin.

 

J’aime téléphoner le matin, avant les consults, pour réveiller quelqu’un, qui se reconnaitra. Poser mes pieds sur le bureau, incliner le fauteuil. Écouter sa voix
qui me berce. Fermer les yeux. Penser qu’il me faut vraiment un autre fauteuil pour soutenir ma tête. Et puis me réveiller et ouvrir la porte.

 

J’aime ne plus me perdre en visite et laisser le gps dans la boite. J’aime m’arrêter sur le bord de la route parce que je sais que d’habitude c’est là que sont les
biches. Même si aujourd’hui, elles ne sont pas là. Une autre fois, peut-être.

 

J’aime quand des patients m’expliquent où aller acheter de la bière parce que là-bas, elle est bonne, la preuve, les gars qui la vendent ont tous le nez rouge.
Argument de poids.

 

J’aime ne plus devoir effacer mes historiques dans mon navigateur. Ni mes pseudos, mes mots de passe. Voir mes liens préférés qui s’affichent à l’ouverture de
Firefox.


J’aime SuperSecrétaire, ses sourires plus fréquents qu’avant, sa voix froide et blasée. J’aime quand les gens me disent « vous êtes gentille alors que votre
secrétaire ouhlala » et que je leur répond que c’est pour ça que je la paie. Leurs têtes… J’aime comme elle me libère de certaines tâches qui me gonflent. J’aime qu’elle me rappelle ce que j’ai
oublié. J’aime le temps qu’elle me fait gagner. J’aime quand elle sourit dans la moustache qu’elle n’a pas quand Associé me passe devant sans me dire bonjour. Et son regard souriant vers moi
après. Comme une petite complicité. Elle fait partie des briques de mes murs de soutien, même si elle ne le sait pas.

 

J’aime appeler le comptable, j’adore sa voix qui me rassure et qui me dit toujours que ça va bien.

 

J’aime AssociéEnBasket qui, voyant ma tête le matin, me dit « donne ton mug, je te verse un peu de café de la maison ». La force de ce café. Par son goût et par le
symbole. Sa tête de déterré certains matins, quand il a été réveillé pour des conneries pendant son astreinte. Et ce « merci d’être venue » en me serrant fort un jour où je pleurais. 

 

J’aime quand on me dit « au moins avec vous c’est carré ». Même si ça confirme ma psychorigidité. Je travaille à être un peu plus psychosouple. Pas trop. Le milieu
est difficile à trouver.

 

J’aime parler voyages avec certains patients. Leurs questions sur où je suis allée, leurs projets à eux, leurs conseils pour la prochaine fois. Leurs
rêves.


J’aime aller manger avec les autres. De l’autre côté du couloir. J’aime leurs histoires, j’aime quand LeBarbu me fait la bise. Il me rappelle mon papa.

 

J’aime quand je dis à un patient que non je ne suis pas vraiment d’accord avec son cardiologue et que je lui explique pourquoi. J’aime prescrire ce que moi je pense
être bien, et en fait surtout ce que mes lectures et Prescrire pensent être bien. J’aime tenter d’arrêter des catastrophes médicamenteuses ancestrales. Même si parfois c’est se battre contre les
moulins.

 

J’aime mon jour de repos, qui est plus savoureux que si tous les jours étaient des jours de repos.

 

J’aime aller en visites, écouter les plaintes, tenir les mains, sourire. J’aime glisser ma main derrière les portails pour tourner une clé, savoir par où entrer,
savoir qu’en fait il n’y a pas de chien. J’aime refermer la porte en sortant en entendant « au revoir docteur à la prochaine ». J’aime pousser des gueulantes à la maison de retraite parce que
merde, si vraiment Louise va mal et qu’il faut l’hospitaliser, c’est pas un peu con de la foutre dans un fauteuil et de la descendre à la salle télé? Et pis comment que ça se fait que personne ne
sache si elle le prend encore ce foutu previscan? Bordel!

 

J’aime parler comme j’ai envie de parler. Dire bordel si c’est constructif. Ceux que ça choquait sont partis. J’aime expliquer, faire des dessins, négocier un
traitement. Parler tabac comme si de rien n’était, et la fois suivante apprendre que le patient a arrêté. Bon, même si c’est peut-être pas la dernière fois qu’il tente, ça fait plaisir de savoir
que ça sert peut-être à quelquechose de papoter.


J’aime quand Bernadette me déballe sa vie, et que je comprend enfin pourquoi son anxiété est si grande. J’aime réussir, après de longues consultations à enfin la
convaincre qu’elle a besoin d’aide. Même si elle me raconte tout ça avec un air de défi en me disant qu’elle ne l’a jamais raconté à personne. C’est un premier pas, à 76 ans.

 

J’aime tilter que, ah mais oui, je suis MrBidule, mais c’est le frère de MrBidule et d’ailleurs ya leur mère qui est passée aussi, et petit à petit, je me rends
compte que je les suis tous, les Bidule… Et je mets les petites pièces du puzzle de leurs vies en place les unes à côté des autre dans ma petite tête, ça prend forme.

 

J’aime, après une consultation difficile, regarder mes décorations, mes photos, écouter un peu de musique. Me rassurer dans mon cocon. J’allume l’encens, c’est bon,
ça va mieux.

 

J’aime, quand je sors d’une visite, que Marguerite et Rosie me fassent un coucou alors qu’elles papotent dans la rue.


J’aime faire des consultations gynécologiques, entre deux renouvellements. J’aime faire guiziguizi à une crevette, tester sa vue, le relevage sur les avants-bras,
compter les dents etc. J’aime rassurer les parents, surtout les mamans allaitantes à qui « tout le monde » dit tout et n’importe quoi et surtout n’importe quoi pour qu’elles arrêtent
d’allaiter.

 

J’aime qu’on m’apporte des fruits tout juste cueillis « parce qu’on en a trop ». Parce que ça fait vraiment « parce qu’il y en avait trop » et pas tentative d’obtention
de passe-droit.



Malgré tous les problèmes auxquels je fais face à cause de cette installation, j’aime toujours mon travail. Peut-être aujourd’hui encore plus qu’avant.


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Guide et carnet de vaccinations ado/adulte (INPES, 2012)

Mais Aussi Guide des vaccinations destiné aux professionnels de santé, INPES, 2012. Articles liés Calendrier vaccinal (BEH) Bien placer les patchs anesthésiants avant un vaccin Continuer la lecture

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Les haricots verts

On a chacun nos obsessions et nos peurs, plus ou moins grandes, au PaysDesRêves.  Sans classement j’en ai deux principales, quand-même : la BOUFFE nourriture et la peur d’un drame, de quelque chose qui pourrait arriver. Ça s’appelle un incident de sécurité, ça fait moins peur. Ce n’est pas pour rien qu’on laisse la vieille […] Continuer la lecture

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M comme…

 

M comme Médecin, M comme Ministre ou M comme Marisol ou plutôt M comme Mépris.
J’hésite.

Choisis le titre, Marisol… Il est pour toi, ce post.


Tu permets que je t’appelle Marisol? On va dire que oui, hein, vu comme tu parles de nous et comme tu nous parles, à nous. Nous, les médecins, les nantis, les
feignants, les trop-payés etc. 

Je râle pas souvent sur mes conditions de travail. Je rentre épuisée du boulot mais je sais que je fais un boulot sympa et intéressant et que bosser à la chaine
c’est dur. J’ai fait des petits boulots avant de faire celui-là, j’ai lavé la merde, j’ai rangé des archives lourdes, entre autres, je me souviens. Et pis on m’a bien conditionnée à croire que
j’avais une chance folle. Mais je crois que c’est pas parce qu’il y a pire qu’on ne peut pas améliorer les choses. 

 

Je vais essayer de faire court, t’as du boulot peut-être, moi en tous cas c’est sur. Mon planning est plein et ça continue de sonner. Mais j’en ai des choses sur le
coeur, tu sais. Enfin non, tu ne sais pas, t’es trop loin de nous, trop sure de tout savoir sur nous et sur nos façons de travailler, sur combien on gagne, sur ce qu’on pense, alors pourquoi tu
t’approcherais? Pourquoi tu viendrais nous regarder de près? T’es ministre toi. Tu prends les décisions et nous, on fait ce qu’on peut après. On s’adapte aux décisions qui viennent du
dessus.

 

 

Bon bref, ce matin c’était lundi matin, j’étais déjà fatiguée. Je bénissais le ciel de ne pas être d’astreinte ce soir. Je n’aurais pas pu. Enfin j’aurais bien été
obligée hein, pas le choix, mais ça aurait été sacrément difficile. Et j’aurais eu peur de me planter en caisse en allant voir un patient comme ça a déjà failli
m’arriver, 
peur de mal bosser si on m’appelait à 3h, peur de ne pas être au top. Tu t’en tapes, je me doute bien, tu dois penser que si je suis fatiguée, c’est que j’ai profité tout
le week-end
 de l’argent que je gagne aux dépens de la sécurité sociale en buvant des cocktails au bord
de la piscine d’un rotary club. Et je vais te surprendre mais non, je suis fatiguée car j’ai de gros problèmes pour dormir. L’angoisse d’avoir repris un cabinet me hante, je t’expliquerai ça tout
à l’heure.
 J’ai picolé aussi un peu ce week-end, pour oublier, beaucoup picolé en fait, trop de choses à oublier. Oublier
cette erreur d’installation, cette erreur d’avoir cru qu’on pouvait changer les choses, cette erreur de penser que nos dirigeants étaient aussi des humains…
 Et pour me détendre,
j’ai jardiné, je suis allée randonner, des activités à cause desquelles je suis courbaturée aujourd’hui, je marche comme un canard de mon bureau à la salle d’attente et je m’extrais difficilement
de l’auto pour les visites. J’ai l’air ridicule mais finalement ce sont ces douleurs-là qui me font le moins mal. 


Parce qu’aujourdhui, ce qui me blesse c’est ce que je t’ai entendu dire hier soir sur BFM. Bon c’est pas la première fois que tu dis des conneries avec cet aplomb
dont seuls les menteurs sont capables quand ils savent que ce qu’ils racontent est faux mais qu’ils veulent convaincre. Et t’es pas la seule à en dire, mais là, la marmitte est
pleine. 


Je suis vraiment déçue de ne pas avoir eu la force de me lever du canapé pour attraper un bloc et un stylo pour noter tes phrases-choc, mais j’avais mal après mes
vingt kilomètres de rando. Mon genou, mon grand âge, ou presque. Là, j’essaie de revoir cette interview et ça rame. Ben oui, tu vois, quand tu t’installes à la campagne, t’as une connexion
pourrie et tu peux pas revoir les docus intéressants. Mais surtout quand tu fais des recherches pendant tes consults ou quand t’envoies des feuilles de soins, ça prend des plombes. C’est pas
important pour toi, tu veux des médecins dans les déserts, c’est juste moche qu’ils travaillent dans de moins bonnes conditions que les autres. C’est que quelques minutes perdues, chaque jour…
S’il n’y avait que cette histoire de connexion… A la campagne, le boulot est aussi plus difficile je trouve. Les gens viennent pour des motifs plus graves, tu fais vraiment du premier recours.
Niveau paperasses, j’ai une poste, c’est déjà pas mal, mais à chaque fois que j’ai un problème d’urssaf, et c’est très souvent, faut que j’aille à la GrandeVille, ils font aucun effort pour
m’aider eux, c’était plus facile quand je vivais à la Ville. Ca aurait été plus simple de ne pas s’installer en campagne. Et encore j’ai pas les journées de @GendesAlp


J’ai été choquée que pour toi la question des tarifs du secteur 1 ça soit secondaire et que de toute façon « on n’allait pas régler ça comme ça, dans une période de
crise ». Elle a bon dos la crise. J’ai l’impression d’entendre le patron-enflure de mes patients qui leur dit « si t’es pas content, prends la porte, c’est la crise yen a plein qui attendent ta
place ». Justement, personne l’attend ma place, mes patients, quand ils consultent tard, ils me demandent à quelle heure je rentre chez moi. Et avec l’inflation, l’essence et le matériel qui
coutent plus chers, ce serait bien que les honoraires soient proportionnels à l’envolée des dépenses. Mais t’es pas ministre de l’économie toi, tu peux pas comprendre. Recettes-dépenses, tout ça,
trop compliqué.

 

Tu vois, je suis en secteur 1 parce que j’ai pas eu le choix. De ma vision un peu égoïste, les tarifs du secteur 1 c’est ce qui me permet de payer ma secrétaire,
l’électricité, la voiture pour les visites, ma bouffe, mes vacances aussi c’est vrai, mon prêt pour le cabinet…  je suis pleinement concernée. Alors je vais t’expliquer ma journée parce
que tu pouvais pas m’accompagner et c’est bien dommage. Ce matin, j’ai eu de la chance, mes patients allaient tous bien, et il n’y a pas de grosse épidémie en cours. Ils venaient pour des
renouvellements ou des ablations de fils ou des trucs tout simples. Il y a bien eu trois consultations un peu longues mais ce matin ça s’est compensé. Par contre en visite cet après-midi, je suis
allée chez Renée qu’il a fallu hospitaliser en urgence, puis chez Rose, fallait déballer et remballer ses plaies dégoulinantes et aussi faire le point sur son diabète et négocier pour qu’elle
veuille bien retourner pour soigner son cancer pis renouveler ses médicaments, parler de son fils, et après écouter les pleurs chez Mathilde en tenant sa main, pis d’autres encore. C’était long,
très long. Et c’était loin, jamais dans le même village. Alors là ma moyenne a chuté. Et évidemment, ça devient bien moins « rentable ». Après une journée comme ça, je me dis que le paiement à
l’acte c’est vraiment que de la connerie. Quand je t’entends me dire qu' »on ne va pas régler ça », je me dis que t’es sacrément culottée, pour ne pas dire autre chose. C’est justement de ça dont
il faudrait parler. Le coût de la santé. Le coût d’une vie. Reviens me lire un jour, j’ai un post en attente là-dessus.

Je ne comprends pas que le truc qui t’excite autant soit les dépassements. Si t’étais honnête, tu expliquerais aux gens que ne pas rembourser la consultation dans
son intégralité c’est du dépassement contrôlé. Si t’étais honnête, tu leur dirais que les tarifs sont si bas que ça oblige aux dépassements. Si t’étais honnête, t’arrêterais de nous pointer du
doigt, à nous rendre responsables du trou de la sécu, des difficultés d’accès aux soins, comme si c’était pas les politiques il y a 20 ans qui s’étaient plantés à ne pas augmenter ce numerus
clausus, comme si c’était pas les politiques de santé d’avant qui ont donné l’habitude aux patients du « j’ai droit à » (droit de consulter n’importe quand, pour n’importe quoi, sans contrôle et
toujours remboursé). Ca changerait un peu si t’avouais que c’était votre faute, à vous les gens des hautes sphères.

 

Je vous mets tous dans le même pack, tu fais pareil, tu parles de nous comme « les médecins ». Tous pareils, tous voleurs, tous roulant en Porsche Cayenne.
Caricatural. Je ne peux te parler que de ce que je connais, la médecine générale, et encore telle que moi je la pratique, moi qui n’aime pas les Cayenne. Il y a autant de façon de pratiquer que
de médecins. Nous mettre tous dans le même sac, c’est déjà nous mépriser sacrément. Peut-être que certains exploitent le système du paiement à l’acte au maximum, c’est normal, c’est tentant. Mais
tu peux pas tous nous considérer comme des arnaqueurs! Nous sommes nombreux à aimer ce qu’on fait et à vouloir le faire bien. Et mieux on veut le faire, plus on est écoeuré du système
actuel.

Ce matin, un patient, Roger, m’a dit « ça n’a pas encore augmenté? ». Ca marche bien la désinformation, les gens entendent qu’on va encore augmenter les médecins
(encore? sérieusement, depuis combien d’années on augmente par petites marches en sachant que ce n’est pas suffisant pour faire tourner un cabinet : lire
ici
, donc ça incite à faire plus d’actes mais plus vite) et en fait ça n’augmente pas… Réponse de Roger : « pourtant j’ai entendu parler des dépassements, et docteur vous gagnez pas
beaucoup ». Amalgames sur informations pas claires données au journal télé. Hop, on mélange tout, on secoue.


Tu dis aussi que les déserts médicaux c’est un scandale etc. Je me permets de reprendre cette phrase de Lawrence d’Arabie* « Il n’y pas de déserts médicaux, il n’y a
que des déserts tout courts ». Tout est dit je pense.

A propos d’installation, je vais t’en raconter une. La semaine dernière, pour son anniversaire, j’ai appelé l’Erudit. Il
est mon pote d’internat, celui qui m’a permis de tenir. Nous avons été exploités ensemble pendant les 3 ans de notre internat, nous avons débuté nos remplacements en même temps. Nous avons
débriefé autour de thés, gateaux, sushis et autres bricoles grignottables. Et nous avons failli nous installer au même moment. Il avait trouvé un endroit où il voulait s’installer, pas tout à
fait la ville, pas la rase campagne non plus, une zone sous-dotée. Il devait reprendre un cabinet, ça a été compliqué, il s’est battu, longtemps. Ca a foiré, mais vraiment foiré. Ca l’a déprimé.
Il arrête la médecine générale. Je ne peux m’empêcher de penser que si vraiment on manquait de médecins, ce genre de choses n’arriverait pas. 

Moi, finalement, je me suis installée. Bizarrement c’était facile avant le jour J. Pis après, ça n’a fait que merdouiller. Je ne vais pas le
re-raconter, t’as qu’à lire. Je suis un peu pieds et poing liés maintenant, avec mon prêt pour
les murs. Ca va que mes patients me ramènent des figues, ça me remonte le moral, pendant que je tente de rattraper le coup de ces finances qui s’effondrent, à mailer au notaire, à mon
prédécesseur, à téléphoner, encore maintenant. Puisque je continue de payer des trucs que je devrais pas puisque mon prédécesseur a « omis » quelques points chez le notaire, j’en fais des
cauchemars, je dors pas très bien. C’est pas facile de se dire qu’on a fait une erreur, qu’on est vraiment trop naïve
… J’ai cru que s’installer c’était
facile. Hahaha.

C’est pas pour moi que je suis embêtée, c’est pour mes patients. Le jour où j’en aurai ras-la-casquette, j’arrêterai. Mais si on arrête tous, à force d’entendre
qu’on n’est rien que des branleurs, à force de pression administrative, à force de mépris, qui soignera qui?


Ce qui me bouffe le plus, c’est cette façon de nous pointer du doigt : les médecins nantis, dont on a payé les études, qui ont un boulot garanti, etc. C’est pas
vrai, pour faire simple, les études ne sont pas gratuites et on « rembourse » en faisant petite main à l’hôpital en évitant d’embaucher des vrais gens qu’on pairait vraiment pour ça. Pour le boulot
garanti, soi-disant, ya d’autres branches où c’est plus intéressant. Quant au salaire, là, justement je ne suis pas salariée… Je ne peux pas être malade, et si je suis enceinte, faut que me
débrouille pour payer mes frais de cabinets qui eux tombent tous les mois. Mais le médecin est un « nanti » visible, c’est plus facile de taper dessus. Diviser pour mieux régner. Parfois j’aimerais
aussi qu’on parle des salaires des ministres et de leurs retraites, mais ça on n’en parle pas. C’est quoi le but à la fin de nous rendre responsables de tous les problèmes de la sécu?

 

Tu vois, le soir parfois, je rêve, je pense qu’un jour j’aurais peut-être un gamin, et vu comme ça tourne en ce moment, faudra peut-être l’adopter. Tu l’appuiras
mon dossier d’adoption quand il sera refusé parce qu’une bonne âme pensera qu’une maman qui rentre à 21 heures le soir 4 jours par semaine ne peut pas correctement s’occuper d’un enfant? Tu seras
là? Dis moi un peu. Moi j’y pense, figure toi. Ca semble un peu bête d’avoir des enfants, je devrais me suffire d’un boulot si épanouissant. Mais certains jours heureusement que j’ai un mari, il
m’aide bien à tenir. Pour nous, j’essaie de réduire mes horaires, j’y arrive pas, trop de demandes. SuperSecrétaire fait des efforts mais les gens pensent que c’est à moi de m’adapter à leur
emploi du temps à eux. Pourquoi? Pourquoi sommes-nous devenus un bien consommable comme les autres alors que tu martèles que tu veux « maintenir l’égalité au soin » et « la qualité des soins »? Ca me
parait bien compromis. Si c’est si important, valorisons ces soins, faisons en sorte qu’ils soient de qualité, qu’on puisse prendre le temps de s’occuper des gens. Et pas de la médecine à la
va-vite par des médecins fatigués et dénigrés. J’ai quelques patients anglais, eux ne consultent pas pour n’importe quoi. Autre éducation.

Faudrait que tu viennes voir pourquoi les gens consultent parfois. Tu pourrais prendre conscience que ça serait bien que l’un de vous ait un jour les couilles de
dire à la télé : « patients, arrêtez de consulter pour des conneries, on fera des économies » **. D’ailleurs ça rime, c’est un beau slogan pour une nouvelle campagne genre « les antibiotiques c’est
pas automatique ». Je le vois bien en jolies lettres bleues sur fond jaune. Non? Tu veux pas? Tu peux choisir la couleur des lettres si t’aimes pas le bleu.


Non, vraiment tu veux pas? Bon, continue dans cette voie, reste bien droite. Surtout ne pose pas les vraies questions, n’expose pas les vrais problèmes, continue la
désinformation et l’intoxication. Ca marche bien apparemment.

 

M comme Minable, M comme Maltraitance, M comme Mascarade…

 

 

 

 

* Ou pas… Merci à @Dr_Tiben

** : Certains commentaires ont été choqués par mon slogan. Pourtant, je crois sincrèrement que nous n’avons plus le temps d’expliquer 15 fois (parmi nos
consultations) que 4 jours de fièvre et de rhino c’est normal, que consulter dès que la fièvre apparait c’est non seulement inutile mais abusif, … Là où on répète 4 fois pareil, de l’éducation
collective à la santé serait plus utile et moins chronophage. 

 

Edit : Je sais en écrivant ça que ça m’expose aux habituels « les médecins ces nantis » « vous gagnez déjà trop » et autres fadaises venant de gens qui ne savent pas de
quoi ils parlent, les commentaires insultants et non contructifs seront effacés. Merci

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Tout nouveau…

Un jour, j’ai rencontré Gélule et Docteur Couine, je veux dire rencontré en vrai. Alors en vrai elles sont belles et drôles et adorables, et en plus, mais là je vous apprendrai rien, elles savent dessiner. Et ça, ça m’épate! Parce qu’elles savent raconter des histoires ET les dessiner… Je vous vois rire mais en vrai c’est quand même génial de pouvoir faire les deux en même temps. Alors bon… il se trouve qu’en ce moment j’ai plus grand-chose à raconter (vous êtes trop polis pour me le dire, vous êtes gentils quand même!), et à part vous parler de mon père ou vous montrer des photos de Georges… Ben voilà, ce blog s’ennuie, et moi aussi. Alors zou, en attendant de replonger dans mes souvenirs (pas si lointains) d’auxiliaire de vie, voici quelques petits billets à venir en dessins 🙂 Soyez indulgents, c’est du niveau Petite Section à tout casser, mais je me suis drôlement amusée à les faire!

Chapitre 1 : essai de personnages

La suite bientôt…

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Un article

Paru dans Nice-Matin
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Un article

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Twitter dans ma valise

« Putain, j’ai oublié ma pilule. Deux fois en dix jours, la honte. »
Pour une copine de La Copine qui avait oublié sa pilule la veille, qui en avait pris deux d’un coup avant de se rendre compte qu’elle ne l’avait pas oublié, j’ai parlé de Martin Wrinckler
J’ai aussi glissé dans la conversation qu’il existait d’autres méthodes hormonales de traitement contre l’acné que la Diane35® qu’elle prend depuis des années. Je n’ai, personnellement et esthétiquement parlant, pas franchement bénéficié de ma décision de l’arrêter. Le moment était sûrement mal choisi, elle a bien vu le désastre lorsqu’on s’est démaquillées ensemble. Pas sûre que le message soit bien passé.
Quand La Copine m’a causé de son tout nouvel anneau contraceptif avec un enthousiasme évident, j’ai acquiescé en disant que c’était si pratique qu’elle risquait de l’oublier. Elle ne savait déjà plus à quelle date elle l’avait posé.
« Les règles, c’est quand même un signe pour être sûre qu’on est capable de procréer, pour s’assurer que tout va bien ». J’ai reparlé de Martin Wrinckler. 
Mais pas sûre qu’elle osera l’utiliser en continu. Parce que  « les règles c’est important ».
Quand j’ai parlé de mon désir d’enfant et qu’elle m’a assommée d’idées pré-conçues à dormir dehors, j’ai sorti l’artillerie lourde.
« MAIS, tu vas pas demander une césarienne ? Mais le bébé, il va tout défoncer, tu ne sentiras plus rien après ». Glamour ma copine. J’ai fait mes yeux de poisson mort, choquée par cette remarque. Je nous savais différentes mais je croyais mieux la connaître.
Alors doucement, j’ai parlé.
De MmeDéjantée, qui raconte avec tant de force et de douceur, un accouchement qu’elle a choisi à domicile. Pas pour le domicile mais pour le choix. De faire les choses différemment. Ou simplement comme on l’entend.
J’ai dérivé chez Marie de MamansTestent et le super Coaching sexuel de Vanessa Lope « Combien de temps » Parce que cette vision étriquée du plaisir m’attristait et que la complexité de ce qui fait un couple solide prend tout son sens dans cet article, à mon goût : 
« elle n’a pas envie de ce plaisir là.
Ce n’est pas contre son chéri. C’est POUR elle. »
Il en reste beaucoup que j’ai gardé pour moi. L’anonymat restant de mise, je n’ai pas osé aller plus loin. J’ai semé quelques bribes de réflexion, au gré du vent. Qui sait ce qu’elles deviendront…
Et puis, je suis allée rencontrer une copine du virtuel, soit-disant.
« Je ne l’ai jamais vue »
« Mais, de quoi vous allez bien pouvoir parler alors ? ».
On a papoté comme de vieilles copines de toujours, sans un silence. Une vague histoire de blouse et surtout, surtout, la richesse de nos échanges ici, et sur la toile. Avec une foule de sourires. 
Sans Twitter dans ma valise, sans Twitter qui m’a fait grandir et me poser des questions, qui sait ce que j’aurai pu dire…  
Merci. 

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Octobre rose fait son entrée officielle dans le monde de la pub

Lorsque l’on nous faisait la leçon « faire une mammographie de dépistage tous les deux ans, c’est important », que nous entendions « dépisté tôt, un cancer guérit dans 9 cas sur 10 » (alors que le surdiagnostic invalide cette statistique) ou encore que le dépistage, … Continue reading Continuer la lecture

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Pulsations

Flux paresseux, vivant, rapide ou déréglé, Intime et bref instant, mes doigts sur ton poignet. P.S. L’ensemble des photos a été réalisé avec l’autorisation des patients pour un « projet artistique ». Continuer la lecture

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Automesure tensionnelle

1/Recommandations –>Règle des 3 : au repos, 3 mesures le matin, 3 mesures le soir, pendant 3 jours de suite –> plutôt avec un appareil à bras –> Valeurs Normales […] Continuer la lecture

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Fier d’être généraliste (épisode 2) L’état des lieux

Vu les commentaires sur Twitter et ici, il faut précise […] Continuer la lecture

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Retards

C’est le week-end. Deux services de la même spécialité, et deux internes d’astreinte : l’une en un, qui gère les appels des urgences, les blocs…

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Article original rédigé par Stockholm et publié sur Le Blog de Stockholm
Reproduction interdite sans… Continuer la lecture

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J’ai 10 ans…

« On ne change pas, on met juste les costumes d’autres sur soi » (On ne change pas, C. Dion)

Aller au supermarché… Rien d’extraordinaire là dedans.

Mais y aller quand on est médecin généraliste et que l’on rencontre un patient, là c’est déjà un peu plus particulier.
Inévitablement, arrive lors de cette rencontre, une réaction en 3 temps :

1- Le « Bonjour » de politesse plus ou moins accompagné d’un « Alors on fait des courses ? » … non, j’ai vu de la lumière et je m’ennuyais un peu, du coup je me suis dit « Tiens, si j’allais faire des courses , »…

2- Le coup d’oeil furtif dans le sac ou le charriot. Avec le regard amusé d’y voir par exemple une pizza ou du fromage. Dans le genre « Ah ben il nous dit de faire attention à notre alimentation, mais lui il se prive pas. Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! C’est du joli ».

3- Le moment que je redoute ensuite : quel sujet de conversation va être entamé ?… en général je coupe court avec un « Bonne journée » … pour éviter une discussion qui inévitablement tournera en demande de conseils médicaux, au milieu du rayon boucherie, entre les saucisses de Strasbourg et les rillettes.

Au deuxième temps, les patients font une découverte incroyable et insoupçonnée : les médecins sont des êtres humains comme les autres !
Et oui. Autant briser le mythe immédiatement : les médecins mangent, boivent, dorment, assouvissent des besoins naturels… comme tout le monde.

Nous avons été enfants, sommes adultes, avons peut-être nous aussi des enfants, et serons vieux un jour.

Serions-nous, aux yeux de nos patients, surhumains, ne buvant pas, ne mangeant pas, ne dormant pas (« oh vous travaillez tard docteur »), n’ayant pas de famille (« oh ben dites donc, vous n’êtes pas encore rentré ce soir vu le monde en salle d’attente ! »), et ayant un système immunitaire en béton armé (« mais comment faites-vous pour ne jamais tomber malade ? ») ?

Ou nous imposons-nous à ce point de faire en sorte que l’habit fasse le moine ?
L’éternelle histoire de l’oeuf et de la poule finalement : paraissons-nous surhumains parce que nos patients nous renvoient cette image, ou la donnons nous plus ou moins volontairement parce que nous estimons qu’elle fait partie du costume du médecin ?

Un peu des deux mon général…
En tout cas, nous avons une part de responsabilité.
Parce qu’un médecin, ça s’habille correctement et que ça ne met pas un short et des chaussures ouvertes pour consulter l’été, au risque de perdre de la crédibilité.
Parce qu’un médecin s’autoinvestit parfois d’une sacrosainte parole qui doit être maîtrisée, régulée quitte à frôler le politiquement correct à outrance.

Que cela fasse partie du pack complet du parfait petit médecin, je peux le concevoir. Voire, j’en suis un peu convaincu puisque je m’applique ces principes. Vous devriez me voir mettre un costume pour aller en réunion au ministère… plus « habit faisant le moine » que ça, tu meurs…

Mais, j’ai beau relire le manuel, je ne vois nulle part écrit que cela doit s’appliquer à notre vie en dehors du travail.
Pourquoi d’un coup, en endossant les habits de médecin, devrions-nous renier une partie de nous-mêmes ?
Et ceci peut sans problème s’appliquer à toutes les professions finalement…

« On peut rêver, se réveiller, on est semblable à ce qu’on est » (Prendre racine, Calogero)

Oui, parce qu’en fait, il y a une chose qui m’énerve royalement (bon, d’accord, ça fait une chose de plus à ajouter à tout le reste), c’est d’oublier ses racines.
Mes racines (mes « roots » en anglais, ça fait plus stylé) sont moitié siciliennes (de la petite ville de Sommatino… Tiens, baptiser mon blog en faisant référence à mes racines et la ville de mes ancêtres, ce serait une bonne idée), moitié françaises. Absolument pas « bourgeoises » et résolument ouvrières.
Quand j’étais plus jeune, j’aimais rire de tout et surtout de moi, j’aimais chanter (bon danser aussi, mais je n’y arrivais pas très bien), j’aimais jouer de la musique, j’aimais passer des soirées entre amis à jouer à des jeux de société.
Ce sont mes racines.

Et j’ai beau y réfléchir, je ne vois pas au nom de quoi il faudrait renier cette partie de moi maintenant. Je suis médecin, soit. Je reste au fond de moi cet enfant pas toujours sûr de lui, mais toujours jovial, aimant les jeux de mots et les blagues. Je chante toujours, joue encore de la musique, et préfère de très loin les soirées improvisées entre amis autour d’un « Time’s up » que les dîners de gala.

Alors, oui, j’ai sûrement un gros défaut (bon, d’accord, un de plus), c’est celui de ne pas comprendre ceux que j’ai connus étant plus jeune, avec qui j’ai partagé quelques fou-rires et délires, qui sont devenus adultes désormais, avec eux-aussi de belles « situations », mais que je devrais presque vouvoyer maintenant.
Parce que, bon, quand nous assouvissons nos fameux besoins naturels, même avec le petit doigt en l’air, ce qui restera dans la cuvette après sera plus ou moins la même chose, peu importe qui nous sommes, non ?

Alors, s’il vous plaît, si nous nous croisons dans la rue et que nous nous connaissons depuis longtemps, continuons à nous tutoyer. Je suis devenu médecin ? Et ? Si nous nous sommes connus au collège, j’espère que c’est l’image de cet ami là que vous avez gardé en mémoire.

Et si vous aviez des goûts musicaux très « années 80 », on pourrait même s’organiser un karaoké un de ces soirs… un karaoké, pas un gala de danse. De ce point de vue là aussi, je suis resté fidèle à mes racines… Continuer la lecture

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Dépister un mal-être chez l’adolescent(e)

1/Pourquoi dépister – Le mg est l’interlocuteur de choix de l’adolescent qui consulte en moyenne 2 à 3 fois par an. Un MG voit un ado par jour  et peut […] Continuer la lecture

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Comment un salarié doit-il nommer certains fichiers sur son ordinateur professionnel pour qu’ils soient considérés comme personnels ?

Un employeur a le droit d’ouvrir les fichiers informatiques créés par un salarié grâce au poste informatique qu’il  met à sa disposition, puisqu’ils sont présumés avoir un caractère professionnel sauf si le salarié nomme ces fichiers … Continuer la lecture

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S’échapper

Je voulais publier un post « militant »… Ca aurait fait plaisir à Thomas Nenninger. Aujourd’hui, j’ai plutôt besoin de me souvenir qu’il y a de bons moments dans la vie qui compensent les
mauvaises nouvelles. Les posts médicaux reprendront bientôt.

 

 

Assise sur les marches du Grand Palais, je lis. Il fait chaud. A cette heure-ci, l’escalier est à l’ombre. De temps en temps, je lève la tête pour regarder le
ballet des gardes du corps et des servants en tenue devant le Petit Palais. J’étais quand même mieux sur le banc du parc d’en face, avec ce petit vent qui soufflait dans mon cou. Il y avait cette
petite fille qui jouait et qui est venue me demander si je voulais être sa maman parce que la sienne à côté ne réagissait pas aux chatouilles. Pourquoi moi? J’ai souri, sa maman l’a attrapée et
la petite a ri sous les guilis. Puis les maitres-chiens nous ont demandé de quitter le parc. 
Il semble que nous ayons été virés du parc pour un
président.
 Les petites gens ne doivent pas encombrer les bancs quand les puissants sont en visite.

J’ai encore du temps devant moi. Je ne suis qu’à la moitié de Les dieux voyagent toujours incognito. Je le trouve moins agréable à lire que L’homme qui voulait être
heureux. Mais chacun d’eux apporte des pistes vers de petits changements de vie. Ma poche vibre, Alibabette est en retard. Il a fallu que sa chef la retienne ce soir, justement ce soir. Elle me
tient au courant en temps réel par SMS. Ce n’est pas grave, je suis bien. Malgré les touristes qui courent entre le Palais et les Champs, malgré les cris des touristes, les bruits des voitures,
malgré les balaises qui surveillent que nous ne traversons pas la route pour aller attaquer un président qui n’est pas encore là, je me sens si détendue. Tellement bien.

Pour une fois, je suis venue pour moi, pour visiter, pour voir Paris. J’ai pris une pause.

Alibabette arrive presqu’en courant. Nous nous embrassons puis nous dirigeons vers l’entrée. Il faut monter le grand escalier. L’entrée est chère. On se raconte, on
papote en virevoltant entre les photos. Il y en a peu que j’aime. Bien qu’elles soient techniquement très étudiées. Trop peut-être. Nous sommes en désaccord, comme d’habitude, sur les corps
féminins. Elle les trouve rondes, je les trouve trop maigres. Mais il faut reconnaitre qu’elles ont des seins, un peu. Je vois tellement de corps imparfaits mais vivants par semaine que je
suis toujours choquée des squelettes montrés comme idéaux.

J’ai préféré l’exposition Berthe Morisot à Marmottan visitée quelques heures auparavant. Je suis restée longtemps à me perdre dans ses peintures. L’impressionnisme,
mes peintures préférées. Comment ne pas penser à Giverny en les regardant. J’y allais tous les six mois. Avant. Tout comme j’allais régulièrement au Musée des Beaux Arts de Rouen m’asseoir devant
la Cathédrale de Monet, entre autres.

Nous ressortons du Palais, le président n’est pas encore arrivé. Pour nous, c’est l’heure d’aller manger. Elle me guide dans les allées du métro, je la suis. Quand
nous ressortons à l’air libre, le quartier est très différent. Eclectique et hétéroclite. 

Après quelques minutes de marche, le style est plus bobo. Les restaurants plus chers aussi. Les terrasses sont pleines. Nous nous installons à l’intérieur. Il fait
extrêmement chaud. Le mal de tête commence à monter. Va quand même pour le rosé. Le repas est copieux, très copieux. Mais le mal de tête devient insupportable alors nous rejoignons son
appartement.

Le lendemain matin, nous nous séparerons, je rejoindrai le musée Branly pendant qu’elle ira travailler.


Je savoure ces moments passés. Ces bouffées d’oxygène en milieu pollué. Ces moments toujours trop courts.

 

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Silence

Au bout d’un chemin, passer le petit pont, prendre la montée, se garer sous le saule. Nous sommes au creux d’un vallon, on ne voit plus le ciel. Il fait bon. Trop chaud pour un mois d’octobre. Je me gare dans la cour de la maison isolée. Je coupe la musique, j’ai besoin de silence. Il n’y a que les canards pour foutre le bordel, dans la mare sous le saule, devant ma voiture.
Je sonne à la porte, contemple les nénuphars, les mains dans les poches de ma polaire informe. J’inspire profondément. Contrôle. La porte s’ouvre sur une fillette.

– Tes parents sont là ?
– Oui, ils sont dans la cuisine.

La pitchoune disparaît dans l’escalier. La maison est un dédale d’ailes et de marches, d’annexes et de recoins. La cuisine. Elle doit être là, au fond. Il n’y a pas un bruit.

Une ado descend l’escalier en silence, me suit dans ce qui, oui, est bien la cuisine. M. et Mme Wilson sont assis sur le petit escalier qui mène au jardin. Ils m’attendent, Sarah dans leurs bras. Fleur s’avance vers moi, remuant sa queue de bon vieux griffon, innocente et joyeuse. Sarah soupire, M. Wilson pleure, Mme Wilson essuie ses larmes. Je m’agenouille devant Sarah, pose sa grosse tête dans ma paume. Elle émet un son de douleur, un son de tristesse, et ferme les yeux, apprécie la caresse de mes doigts sur ses joues.

Je regarde M. Wilson, je regarde Mme Wilson. Je retourne à ma voiture, en me mordant les joues. Mes yeux piquent, et je suis si fatigué. Je prends ma sacoche, celle dans laquelle j’ai déjà tout préparé.

Je rouvre la porte, retrouve le chemin de la cuisine. Tous les enfants sont là, cette fois.

Il n’y a rien à dire et je ne dis rien. Sarah est toujours dans les bras de M Wilson, Mme Wilson continue d’essuyer ses larmes. Je ne regarde plus autour de moi, je ne vois plus la cuisine et l’escalier, je ne vois plus les enfants et les ados. Je ne vois plus Fleur, je ne vois plus que Sarah. Je prends doucement sa patte, et pose le garrot. Verse quelques gouttes d’alcool, cherche le cathéter bleu dans ma sacoche. J’ouvre son blister, retire le capuchon, fais jouer le mandrin, débloque le bouchon. Je coupe un bout de sparadrap, que je scotche sur la table près de moi. Je suis assis par terre, le carrelage est froid, je ne m’en rendrai compte qu’en partant. Beaucoup de poils, mais je devine la veine. Sarah ferme les yeux et soupire encore. J’attends, puis je pique, et place le cathéter. Récupère la goutte de sang avec le bouchon, avant qu’elle tache le poil blanc. Je prends mon bout de scotch.

Sarah n’a rien dit.

Je pose la mandrin dans ma petite boîte, prends l’anesthésique.

– She’s going to sleep, now. She’ll leave fastly, she’ll be asleep before the end of my injection. She won’t be dead, but she won’t be there anymore.

J’ai à peine murmuré. je ne suis pas sûr qu’ils m’aient entendu.

M. Wilson pose sa main sur mon avant bras. J’injecte doucement, il pleure et caresse Sarah, Sarah qui s’était déjà abandonnée à cette étreinte, Sarah qui part, en silence. Je serre les dents à me les fissurer. Je prends ma seconde seringue, attends encore quelques secondes. Puis j’injecte.

Sarah est partie, dans les bras de son maître.

Moi, j’ai déplié mes jambes et j’ai repris ma sacoche, après avoir vérifié que tout était terminé. Puis j’ai laissé M et Mme Wilson avec leurs enfants.

Fleur m’a accompagné jusqu’à la porte.

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Fier d’être généraliste (premier épisode)

Il y a longtemps que j’ai envie d’écrire ce […] Continuer la lecture

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déremboursements au 15/10/2012

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Inutile

J’aime le travail bien fait.
J’aime creuser mon sujet. Savoir pourquoi. Pourquoi ce patient a mal, pourquoi il se tourne vers moi. Qu’attend-il, de quoi a-t-il besoin selon moi ? De quoi pense-t-il avoir besoin ? Pourquoi le médecin a décidé de prescrire de la rééducation, sur quels signes cliniques dans quelle intention ? 
Parce que souvent, ça paie.
Et soulager la détresse de l’autre, ça n’a pas de prix.
Et c’est pour ça, entre autre que ce métier m’est précieux.
Sauf que parfois, j’ai vraiment eu l’impression de ne servir à rien.
En libéral, j’ai rencontré des patients suivis depuis des années pour des trucs au choix, incurables ou à demi-imaginaires. J’ai fait du remplissage en sachant  pertinemment que techniquement, il n’y avait rien à faire. Je me suis pliée à des prescriptions abusives. J’ai promené des petites vieilles en pleine forme avec un bilan kiné normal parce que le docteur insistait, que la dame me trouvait gentille et que pour soulager ma conscience de gagner ma croûte sur le dos de la sécurité sociale, je devais au moins faire semblant de servir à quelque chose. J’ai reçu des gamins pas malades parce que « le docteur a donné l’ordonnance pour si ça tombe sur les bronches, comme j’avais peur, je suis venue tout de suite ». J’ai soigné des gens qui avaient plein de plaintes bizarres et non identifiées parce que plus personne ne savait quoi faire d’eux et que pourquoi pas, un massage… Parfois, ce sont les patients qui insistaient. Parce que vaguement, ça leur faisait du bien, ne serait-ce que d’entretenir un lien social. Cher le lien, mais remboursé alors… Et moi, dans tout ça, parfaitement consciente de l’inutilité « technique » de certaines prises en charge.
Heureusement que ce n’était pas tout le temps ainsi, mais ces séances, je les vivais avec un vague fond de culpabilité et d’ennui. Ça m’ennuyait de réfléchir à des exercices ou des soins à proposer pour varier une rééducation qui n’en était pas une. Toujours la même chose, toujours les mêmes exercices inutiles, les mêmes faux-semblants. Des patients qui ne voulaient pas arrêter. Qui tenaient dur comme fer à leur séance de kiné. « Moi, ça me fait plaisir de vous voir, même si ça ne sert à rien ». Tenir compagnie, en quatre ans d’études, bravo. Ça me faisait mal au cœur d’entendre à la radio parler du déficit de la sécurité sociale en comptant sur mon agenda le nombre de séance dont les patients auraient pu se passer. Et que j’aurais pu proposer à d’autres qui, peut-être, en avaient plus besoin.
Ce n’était pas comme ça que j’imaginais mon métier.
Et pourtant…
Adrien a 91 ans. Il est veuf depuis à peine quelques mois, malvoyant depuis quelques années. Ses troubles cognitifs ont flambé depuis le décès de son épouse. Arrivé à l’hôpital pour un vague problème infectieux traînant, il est cloué au lit par les sédatifs à cause de son agitation.
Dans ce contexte, la kinésithérapie « fonctionnelle » prescrite s’annonce complexe.
La chambre est plongée dans le silence. Le patient est pâle, maigre, recroquevillé, roulé en boule et parfois, ses ronflements brisent le calme apparent. Mobiliser un patient endormi ne m’enchante pas. Je grimace. Ai-je signé pour ça avec mon diplôme ? Secouer un patient endormi, l’arracher à la pseudo-chaleur de sa couverture pour le mobiliser d’une main réticente ? Surtout qu’il présente, endormi, très peu de déficits sur lesquels je pourrai travailler. Je me fais l’effet d’un robot. Je fais ce qu’on me dit mais je ne sers à rien.
Diagnostic kinésithérapique : Il dort. Je peux ramer pour établir mes objectifs.  
Le lendemain, priorité aux patients éveillés, ensuite, dieu normacol®, bien tombé, me donnera une excuse à demi-crédible pour ne pas jouer mon simulacre de séance.
Je suis trop novice, trop jeune, trop naïve, trop obéissante. J’aime l’esprit d’équipe, la concertation, mais j’ai du mal à dire non, à exprimer mes doutes, discuter l’intérêt réel de cette prise en charge. J’ai envie de montrer aux médecins ce qui fait le cœur de mon métier, comment, ensemble, on peut faire du bon travail. Parce que ça, ce n’est pas du travail.  « Alors, ça progresse la rééducation ? Vous pensez le faire marcher quand ? ». Pfff. Quand il sera réveillé. S’il participe. Là, je ne peux rien faire, apparemment, c’est évident pour tout le monde, sauf pour le médecin. Qui voudrait que ça aille plus vite.
Je ne savais pas que j’avais pris option magicienne moi, zut.
Quelques jours plus tard, l’arrêt de la sédation.
Adrien est en pleine forme. Il communique sans queue ni tête, papote, une vraie pipelette. Complètement confus, complètement à l’ouest. Il tangue un peu mais se lève. Je l’accompagne. Je le rattrape au vol parfois.
S’installe alors une autre frustration. Adrien m’écoute peu. Me prend pour sa femme, sa fille ou son gendre, au choix. Ses gestes sont rapides, désordonnés. Il vit sa vie comme il l’entend (et il a bien raison) mais de par ses troubles du comportement, il est totalement hermétique à mon travail. Alors par dépit, je l’emmène faire des tours du couloir. Je suis le pompon pour des tours de manège gratis. J’enfile ma blouse de trottinothérapeute. Celle qu’on me met souvent sur le dos et à tort. Je suis kinésithérapeute, si j’ai bossé d’arrache-pied pour décrocher ce diplôme, c’est pour faire du bon boulot. Avec des cases. Bilan, objectifs, moyens et progression. Y a pas de cases dans ma tête pour promener des gens.
Ce matin, Adrien est perdu. Quand je passe, il m’appelle.
« Ah, Joséphine, mon amour, enfin te voilà ».
Il a une force terrible dans le regard, le reflet d’un manque infini, le cumul de ces jours entiers d’errance et d’angoisse dans un monde qu’il ne voit que gris et flou.
« Allez venez, prenez mon bras, on va faire un tour ».
« Ah que je suis content que tu sois là ».
Il y avait tant de soulagement dans le regard d’Adrien que je n’ai pas osé le contredire. L’espace d’un moment, j’ai choisi d’être Joséphine, pour un tour de couloir. Un genre de super pompon. Auguste, à mon bras, souriait, rayonnait. Mon cœur ne savait qu’en penser. Si fier de pouvoir lui offrir un si grand réconfort. Et en même temps, cette terrible solitude du grand âge quand l’esprit se délite, si triste et si déchirante.
Avec Adrien, je n’ai servi à rien. Mon beau diplôme, mes quatre années d’études qui ne comptent officiellement que pour deux ne m’ont servi à rien.
Ce n’était pas du bon travail.
Mais.
C’était un beau moment.

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Répondeur

Entre 12h et 14h, nous ne répondons pas au téléphone. le répondeur indique de rappeler aux horaires d’ouverture, ou de laisser un message en cas d’urgence. Évidemment, nous écoutons immédiatement tout message.

Celui de ce midi m’a été laissé par un client que je connais bien. Je ne résiste pas au plaisir de vous le retranscrire.

Du genre gaffeur.

Voix joyeuse : « Hé Jean tu vas rire, je t’appelle et je tombe sur le répondeur des vétérinaires ! Hahaha c’est idiot. Bon, tu me rappelle un peu plus tard ? »

Silence

Voix toujours rigolarde : « Ou alors, je me suis trompé de numéro ? »

Silence

Voix emmerdée : « Tiens je suis peut-être en train de faire une connerie. »

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La question qui tue

Il y a celle qui vient consulter suite à un viol collectif par six hommes armés. Elle vient avec deux enfants, âgés des deux dernières guerres du MerdierIntégral. Elle a donc déjà deux enfants issus de deux viols et là, son retard de règles il faut vraiment qu’elle puisse en parler à quelqu’un, aujourd’hui. Entrez, […] Continuer la lecture

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Le Dr Ventouse achète sur Internet en 2004 (Amazon était encore exotique)

 Ces chroniques ont été écrites entre 2000 et 2004 pour […] Continuer la lecture

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Sortir du politiquement correct… et du rose

Le 4 octobre dernier a eu lieu la cérémonie de remise du prix du meilleur livre médical de l’année par la revue médicale Prescrire, prix suivi d’un débat dont le thème cette année était « Trop dépister nuit-il à la santé ? L’exemple du cancer … Continue reading Continuer la lecture

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Alléger les tâches administratives des médecins.

Depuis mon installation dans mon cabinet actuel, dans les années 90, le poids des tâches administratives n’a cessé d’augmenter, réduisant d’autant le temps purement médical. On en arrive au paradoxe qu’on demande au médecin de déléguer son travail médical à d’autres, alors que lui même doit de plus en plus remplir des papiers divers et […] Continuer la lecture

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Alléger les tâches administratives des médecins.

Depuis mon installation dans mon cabinet actuel, dans les années 90, le poids des tâches administratives n’a cessé d’augmenter, réduisant d’autant le temps purement médical. On en arrive au paradoxe qu’on demande au médecin de déléguer son travail médical à d’autres, alors que lui même doit de plus en plus remplir des papiers divers et […] Continuer la lecture

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Femmes en SF : Équilibrium, ou les genres politiques

Il y a des films qu’on regarde un peu au pif, à cause de l’acteur principal, à cause du pitch, à cause de l’esthétique promise, ou à cause du…

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Article original rédigé par Stockholm et publié sur Le Blog de Stockholm
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Petites annonces

Les temps sont durs.
Depuis le printemps dernier, tout se complique.
Déjà au plan familial, Pa Genou des alpages, mon père, devient sénile avant d’être vieux. Plutôt déstabilisant. Aphasie primaire progressive, démence à corps de Lewy, démence cortico basale, démence frontale. Difficile de mettre un diagnostic précis sur ce cataclysme cérébral qui a déjà transformé un homme de 72 ans en enfant de 4 ans peu dégourdi. J’habite à 850 km de lui et mon emploi du temps est plutôt tendu. Heureusement, j’ai la chance d’avoir des frères et soeurs auprès de lui, qui assument énormément, et l’entente familiale est vraiment excellente, mais cela m’a quand même « obligé » à traverser la France à trois reprise pour les soulager et/ou m’occuper de lui.
Bon. C’est la vie. On vieillit. Les années passent. Je finis la quarantaine quand mes parents entament les 70, et jusque là, on avait été relativement épargnés…
Fin juin, nous avons donc passé une semaine de nos vacances avec lui, dans sa maison de campagne. Enfin, je dis une semaine mais comme je n’ai pas réussit à me défaire d’une de mes nombreuses astreintes de WE, cette semaine s’est réduit à 6 jours et demi. Et je dis vacances, mais j’ai connu de meilleures semaines que ces jours passés à coacher l’ »ancêtre », à tenter de lui réapprendre ses mots, pour le coup en vacances, à le stimuler, à lui donner le bras pour éviter la chute avec ce syndrome parkinsonien aussi sévère que soudain, à compter les gouttes, les comprimés…
C’est sûr, on n’aura plus de désaccord politique ni de discussion métaphysique, mais au moins, je saurai de quoi je parle lorsque je visiterai, chez ses enfants, un patient atteint de démence…

Nos « vraies » vacances de 2012 se sont donc limitée à un WE prolongé entre amis et une semaine avec les miens, fin août. Un départ incertain, un retour trop rapide, 2500 km de voiture, des moments en famille et l’impression tenace de ne pas en avoir assez profité.
Il aurait été indispensable de se reposer un peu plus, mais après les vacances « abusives » de l’an dernier, la lourdeur des charges du cabinet et l’arrivée prochaine de la bordée d’impôts automnale rendent les vacances juste impossibles.
Autant dire que je suis un peu à cran en ce moment.
Une tension qui se ressent notamment lors des nombreuses astreintes nocturnes ou de Week-End qui ont émaillé l’été. Que le téléphone de garde sonne et mon coeur bondit, mes mains fourmillent, une soudaine bouffée de colère m’étrangle. c’est immanquablement un accueil peu amène que je fais au régulateur du SAMU qui n’en peut mais :
–  « c’est quoi encore ?! »
Cela ne me ressemble pourtant pas vraiment, mais trop c’est trop…
Trop de jours à ne faire que travailler.
Trop de difficultés à boucler le budget du cabinet et le mien propre en dépit de journées chargées.
Trop de soirée à rentrer à 21 h 30 quand le repas est froid.
Trop de samedis et dimanches sacrifiés, passés seul au centre médical quand on a envoyé la famille en WE. (il n’y a aucune raison que toute la famille soit punie)
Trop de nuits d’astreinte et trop de déplacements pour des appels mal régulés. Désolé mes chers confrères, je sais que la régulation est un art difficile, mais faire appeler le permanencier et justifier la visite de nuit profonde en disant : « c’est passque la grand-mère à appelé 4 fois depuis 22 h » ou « y sortent de pédiatrie mais le gosse a toujours la diarrhée » ça ne passe plus !
Marre. Plein le dos. Ras le c…

Accessoirement c’est aussi dans notre belle vallée, le branle-bas de combat, pour obtenir des sou-sous publics pour une « belle » MSP.
Les réunions ont recommencé. Tout le monde essaye d’obtenir le pognon sans rien perdre de ses avantages. Les élus se tirent la bourre pour obtenir les fonds nécessaires à la construction.
Les médecins de secteur 2 voudraient bien faire partie de la MSP mais sans changer leurs habitudes (pour pouvoir (espérer) revendre leur patientèle dans 2 ou 3 ans), .
Les médecins de secteur 1 se disent qu’après tout, ils n’ont plus rien à perdre à rentrer dans le machin et à tenter de toucher les fameux « nouveaux modes de rémunération » (NMR) vu que de toutes manières, à courte échéance la non revalorisation des honoraires les forcera au départ pour des cabinets de ville sans investissement en matériel ni en personnel, ou pour un poste salarié.
Les paramédicaux ont peur de rester en rade et espèrent aussi récolter les miettes des NMR de la MSP (Maison de Santé Pluri-professionnelle) = en clair des subventions publiques…
Cela me rappelle l’aphorisme de Frédéric Bastiat d’une brûlante actualité bien qu’il ait été écrit il y a plus de 160 ans : « L’état : cette grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde« .
La relance des négociation (en catastrophe car la date butoir est fixée au 12 octobre) nous a également permis de comprendre comment la MSP de la vallée de la bidouille avait obtenu ses (promesses de) financements alors que son secteur réel d’influence compte seulement environ 1700 habitants à l’année. C’est grâce aux découpages en secteurs d’astreinte, eux même hérités des découpages cantonaux. Vous savez, le canton, cette unité administrative, inventée par Napoléon 1er. Et bien, c’est sur la base du canton que l’ARS a décidé à 250 km d’ici, d’octroyer des subventions pour cette MSP alors que le bassin de population s’est profondément transformé depuis 200 ans, que des villes sont apparues et que d’autres sont devenues des villages secondaires, que les voies de communication se sont largement transformées également, modifiant les flux de population et que le tourisme à révolutionné l’implantation des habitants (il y a 200 ans, on ne skiait pas!).
Nous avons ainsi découvert que plusieurs villages (pour une population d’environ 3000 habitants) à 6 km à peine de nos cabinets et où nous assurons l’essentiel de l’offre de soin, sont administrativement rattachés au chef-lieu de la vallée de la Bidouille, situé à 18 km, avec un col entre les deux…
Conséquemment, St Frusquin la montagne qui a récemment vu s’installer 2 nouveaux médecins (nous) est surdoté en médecins et ne peut prétendre à des financements, et, à 2 km, Troufignan qui a vu récemment, le départ de 2 de ses médecins (nous) est en zone fragile et recevra les sou-sous !
C’est très con hein ?
Mais c’est comme ça !
Et puis d’ailleurs, tout le monde n’arrête pas de me le dire :
–  » je sais, c’est débile et injuste, mais comme c’est une connerie décidée par l’ARS, tu es obligé de faire avec ! Tu ne changeras pas le monde. Il faut que tu t’adaptes ! »
Si je comprends bien, quand les autorités font des conneries, tous le monde doit emboîter le pas et chacun doit en rajouter une couche dans son coin  pour essayer de tirer ses propres marrons du feu.
Avec ce genre de raisonnement, je comprends surtout pourquoi le monde en est où il en est et j’ai beaucoup de mal à rajouter mon petit caca à cet océan de dés-organisation.
On m’annonce déjà les réunions de coordination, avec ses convocations, ses compte-rendus de séance et ses rapports d’activité annuels à communiquer à l’ARS. Normal, c’est de l’argent public. Il faut en justifier l’utilisation. Il faudra aussi, naturellement, faire des protocoles, et construire des actions de santé publique, en accord avec les directives du ministère, ou de l’ARS…Bien sûr, cela risque d’être un peu lourd au plan administratif, mais il parait que je ne doit pas m’inquiéter car on embauchera quelqu’un pour gérer la paperasse… Au secours !
–  » Il faut évoluer docteur ! c’est l’avenir ! »
Et bien non, voyez vous. Si c’est ça la modernité, je préfère encore être un vieux con de base, nonobstant mes efforts pour acquérir des compétences humaines et améliorer ma pratique médicale. Je serai un vieux réac de toubib avec un stéthoscope tubulaire en bois, à la Laennec, des binocles et un tablier de boucher sur la brioche.

Autre conséquence de la création de cette MSP : Dans 1 an, la table de radiologie va devoir être déménagée (10 000 euros !), tous les contrôles obligatoires vont devoir être refaits (contrôles qualité interne – contrôle qualité externe – contrôle de conformité des installations électriques – contrôle de radio protection… 5 000 euros) Avec les frais annexes ce sera un budget de 20 000 euros environ la première année.
Les communes ne veulent pas payer.
Les médecins de secteurs 2 sont proches de la retraite. Ils ne souhaitent pas réinvestir et veulent continuer à travailler dans leurs locaux actuels avec leur vieille radio.
Nous, les médecins de secteur 1, qui avons déjà supporté le prix d’un déménagement il y a 3 ans et dont la SCM est actuellement gravement déficitaire, ne pourront pas assumer une autre fois le prix d’un déménagement, d’autant plus que, tous comptes faits, la radio nous rapporte très peu d’argent (25 ans de non réévaluation des tarifs de radiologie) et nous oblige à travailler un week-end sur deux en hiver. Mes associés ont fait leurs calculs. Ils ne paieront pas non plus. Nous perdrons donc aussi la radio dans la bataille et par là même notre spécificité de médecins de montagne.
L’ARS pourrait certes, participer au financement de ce service mais les soins aux touristes ne rentrent pas dans ses attributions. Seule la prise en compte des gens du pays importe.
C’est probablement encore mon mauvais esprit, mais il me semble même percevoir chez les officiels, une certaine satisfaction à ce que les urgences traumatologiques du ski retournent vers les structures hospitalières.
« Comprenez, M’ame Michu, un généraliste, ça fait 9 ans d’études, mais c’est pour faire des renouvellements d’ordonnance, du nez-qui-coule et du caca-mou. La traumatologie doit aller à l’hôpital »
Je me prépare donc à perdre la radio et surtout, à faire une croix sur une certaine idée que j’avais de la qualité, qui reposait non pas sur les réunions de coordination ni sur « l’exercice protocolé » mais sur le résultat d’un service fourni.
Aujourd’hui, les gens sont éberlués de voir qu’en chutant sur les pistes de ski (ou en tombant dans l’escalier de leur maison) ils sont pris en charge immédiatement, et sortent du centre médical 40 minutes plus tard avec un « plâtre résine » et leurs radios sous le bras.
Demain, ils feront 1h30 d’ambulance et 6 heures d’attentes aux urgences puis verront un interne ou un assistant pas forcément aussi rodés que nous à la traumatologie…
Cela coûtera, transport compris, 10 fois plus cher et sera nettement moins pratique pour les blessés. La qualité médicale ne sera pas forcément meilleure mais cela l’ARS s’en bat les c… (ou son absence de c…).
C’est donc un peu la mort dans l’âme que je suis mes associés dans cette aventure, péripétie, tribulation, déconfiture annoncée…

Mais finalement, il ne faut peut-être pas totalement désesperer. Toute cette agitation a une forte odeur de plan sur la comète, de château en Espagne.
« Il ne faut pas compter les oeufs dans le cul de la poule » disait ma grand mère, et effectivement, avec la situation économique qui se dégrade à grande vitesse, il y a fort à parier que les financements publics resteront…  …virtuels.
Les promesses n’engagent que ceux qui y croient et ils se pourrait bien que tout cela ne se réalise jamais…

Néanmoins je développe depuis plusieurs mois une grande lassitude qui commencent à me peser (et qui explique un peu le silence radio de ce blog). Un peu de burn-out, sans doute.
Ou peut-être est-ce seulement la fin d’un cycle. Cela fait 5 ans que je fais ça..
Le compte n’y est plus.
J’ai l’impression d’être un hamster dans la roue de sa cage. « Cours plus vite, toujours plus vite, sinon la CARMF te rattrapera. Repousse tes vacances, voilà l’URSSAF. Pédale plus fort ou les charges sociales des secrétaires ne seront pas payées. Marche droit sinon l’ARS ne te donnera pas ton bonus ».
Suis-je juste un « pigeon » bon à plumer, un pauvre con qui prends les risques sur le terrain, qui investit, fournit un service de qualité, bouche les trous, et est remercié par des tracasseries administratives du fisc, de l’URSSAF, des caisses de sécu, ou par toujours plus de ponctions financière ?

Mais les récriminations sont stériles. J’ai décidé que j’avais finit de fulminer.
Une page semble se tourner lentement dans ma tête. Je me surprends de plus en plus souvent à envisager d’autres fonctions.
Nous avons la chance de faire un métier où il n’y a pas de chômage.
Il faut passer à l’acte avant d’être trop amer.
Mes enfants sont grands. Ils ont moins besoin de moi. J’ai décidé d’initier une démarche de changement de mode d’exercice. Il y a tellement à faire ailleurs, où je trouverai peut être un peu plus de respect.
Ma femme, quant à elle, serait heureuse de suivre si jamais je décidais de changer totalement d’exercice. D’ailleurs, je l’ai sûrement trop longtemps retenue dans cet endroit magnifique mais paumé où elle ne s’épanouit pas au plan professionnel.
Restent les amis et la famille… mais on n’est pas encore partis. Des missions à l’étranger, pour des périodes limitées dans le temps conviendraient tout à fait dans un premier temps.
Cet été, j’ai donc refais mon CV et j’ai envoyé quelques lettres de motivations.
Et immédiatement, même avant d’avoir reçu les premières réponses, j’ai retrouvé une certaine sérénité. Une fenêtre s’est ouverte.

Et puis finalement, je me suis dit que ce billet aurait sans doutes une audience de quelques milliers de passages.
Pourquoi n’en profiterais-je pas pour passer des petites annonces en forme de portrait chinois :

AUTO – MOTO
A louer ou à vendre : Médecin 4×4, 25 ans d’age, rustique mais confortable. Peu rapide, mais bonnes capacités de franchissement. Consommation très faible (mais fonctionnerait bien mieux avec plus de carburant). Médecine générale bien entretenue et révisée. Légèrement tuné : Pneus larges (dos aussi), capacité d’addictologie récemment ajoutée, radiologie conventionnelle, échographie générale, pratique de la traumatologie courante et de la médecine d’urgence (équipement de base), kit – infiltrations, petite chirurgie, sort régulièrement, démarre au quart de tour, même par -20°C.
Freins à revoir (ils ont été rongés très souvent !)
Bon véhicule polyvalent.
Essayez le, vous ne serez pas déçu !
Prix à débattre.
email : genou.des.alpages@gmail.com

RELATIONS
Médecin, 48 ans, bien sous tous rapport (quoiqu’un peu « mal-pensant ») Bonne moralité. Facile à vivre. Physique avantageux (si, si !), Valeurs religieuses, parle plusieurs langues, cherche engagement auprès de poste de travail stimulant, même exigeant, pour relations épisodiques et plus si affinité.
Appelle moi si tu as envie d’une collaboration honnête et d’une relation simple et enrichissante sans faux-semblants ni complications inutiles.
Travail à l’étranger envisagé et même souhaité. Enfants acceptés (je fais aussi la pédiatrie courante)
Toutes propositions étudiées.
Postes administratifs ou technocratiques (médecine de caisse, du travail, DIM, évaluation, coordination médicale, accréditation, certification…) s’abstenir : nous n’avons pas les mêmes valeurs.
laisser un message au blog qui transmettra.

IMMOBILIER
AV : Médecin de campagne atypique et intemporel. Construction totalement indépendante et isolée, sur terrain cultivé, clair, grandes ouvertures, tout confort, prestations modernes et haut de gamme. Grande médecine générale à vivre, 7 chambres, 3 SdB, cuisine équipée, cheminée, bureau, atelier, garages. Proche de toutes commodités. « Grandeur et Dépendances ».
Conviendrait comme médecin de famille mais nombreuses possibilités plus exotiques.
A voir de toute urgence !
Attention : n’a pas la certification BBC ni les contrôles immobiliers Carrez-termites-amiante-consommation énergétique…

Bon, avec ça, ma petite affaire va avancer ou je ne m’y connais pas.
Ah au fait, ça y est. J’ai des réponses.
La porte s’entrouvre… Continuer la lecture

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Miracle ?

Cet article est pour toi, madame E comme épaule, qui est venue aux Urgences de PériphLand il y a quelques jours à peine. Les chefs étant tous en…

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Article original rédigé par Stockholm et publié sur Le Blog de Stockholm
Reproduction interdite sans… Continuer la lecture

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