Archives mensuelles : septembre 2012

« L’hôpital vu du lit » : l’intégralite du livre est accessible en ligne

Lorsque Jean de Kervasdoué, ancien directeur des hôpitaux se retrouve de l’autre côté de la barrière, c’est à dire patient en raison d’un accident de patins à roulette à l’origine […] Continuer la lecture

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Evolution de l’espérance de vie : 120 000 données sur 200 peuples pendant 200 ans !

Ce confrère suédois,  Hans Rosling , également statisticien propose une vidéo de 4 minutes « The joy of stats » pour mieux visualiser cette évolution du monde : évolution de l’espérance de vie et des revenus de l’humanité pour 200 pays pen… Continuer la lecture

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Féminité capillotractée

Il y a quatre mois, je me suis retrouvée assise sur un fauteuil de salon de coiffure en demandant « un peu plus court que d’habitude s’il vous plaît…

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Article original rédigé par Stockholm et publié sur Le Blog de Stockholm
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Faut-il se vacciner contre la grippe ?

Nouvelle année, nouveau vaccin, même question : faut-il se vacciner ou se revacciner contre la grippe ? Cet article tente d’apporter des éléments de réponse factuels et objectifs.


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Cherchez l’erreur…

UFC-Que Choisir, 25 septembre : « Dépistage du cancer du sein, l’efficacité remise en cause ». Marisol Touraine, 26 septembre : « Personne ne met en cause la pertinence du dépistage. » Cherchez l’erreur … Avant-hier donc, l’UFC-Que Choisir, habitué – et c’est une saine habitude- … Continue reading Continuer la lecture

Publié dans Catherine Sokolsky, Dépistage, Divers, formindep, Lancement Octobre rose, mammographie, Marisol Touraine, Philippe Nicot, UFC Que Choisir | Commentaires fermés sur Cherchez l’erreur…

Humour anglais

C’est une journée, poliment on peut la qualifier de merde. Vraiment. Le jour où tout se conjugue en compliqué et/ou pénible. Un groupe de militaires bourrés énervés qui fait irruption au bloc pour faire passer leur gars. Ah bah oui, tiens, avec sa petite balle dans l’épaule toute proprette qui ne saigne même pas il va […] Continuer la lecture

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Blagues de médecins.

La phlébite c’est pas de veine. Le diabète, c’est le pied. Trauma facial, on se fend la gueule. La lèpre, ça me troue. La pelade, ça décoiffe. Le diabète, mon oeil. L’alopécie, ça prend la tête. Le Cushing, ça me gonfle. Rien à foutre de l’azoospermie. L’hémochromatose, ça me sidère. L’AOMI, ça me fait une […] Continuer la lecture

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Brève de consult – 4 –

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La vie, c’est le (tré)pied !

« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé » (Voltaire)

Je pose souvent cette question à mes étudiants en stage : « As-tu des loisirs ? Sans que tu me dises ce que c’est si tu n’en as pas envie : fais-tu autre chose que la médecine ? »

Cette question suscite bien souvent une interrogation de leur part. En général, quand ils sont en stage quelque part, les étudiants ont juste envie de bien répondre à toutes les questions.
« Tu es content d’être en stage » « Oui, bien sûr ! » (Même si ce n’est pas forcément toujours le cas)
« La journée commence tôt et finit tard, ça ne te pose pas de problème ? » « Non » (Même s’ils veulent des journées moins chargées)

Bref, à cette question, je sens parfois mes étudiants un peu déroutés. Ils aimeraient pouvoir répondre ce qu’ils croient que j’aimerais entendre : je me lève avec la médecine générale, je me couche avec la médecine générale, je rêve médecine générale, je ne vis que pour la médecine générale.

Ils se trompent. J’ai juste envie d’entendre tout autre chose.
Oh attention, je ne vais pas dire que j’ai envie d’entendre l’exact opposé. J’espère que les internes de médecine générale en stage chez moi veulent faire médecine générale comme métier. Sinon, les pauvres, 6 mois risquent d’être un peu longs.
Non j’ai juste envie d’entendre « Oui, j’ai des loisirs ». Que ce soit du sport, de la musique, de l’art, des soirées entres amis, peu m’importe. Cela ne me regarde d’ailleurs pas.
Et d’ailleurs, si un soir, mon interne me demande si exceptionnellement il peut partir un peu plus tôt car il a quelque chose de prévu qui fait partie de la catégorie loisirs, je ne refuse jamais.

Parce que je reste persuadé qu’on n’est jamais meilleur avec les autres que lorsqu’on est bien avec soi-même.
J’appelle ça le trépied du bonheur. D’accord, c’est une appellation qui sent un peu la guimauve et l’eau de rose, mais je n’ai pour le moment pas trouvé meilleure expression.

Considérons que nous reposons tous sur 3 pieds. Comme le trépied d’un appareil photo par exemple. Il a trois pieds pour être parfaitement stable. Enlevez-lui en un, il peut encore tenir, mais au moindre coup de vent, à la moindre bousculade, il risque de tomber.

Le premier pied de mon « trépied du bonheur » est celui des relations sociales. Entendez par là, la famille, les amis, les connaissances. Tout ce qui peut nous mettre au contact d’êtres plus ou moins chers. Certains ne mettront que leur famille sur ce pied là. D’autres uniquement leurs amis. Peu importe. Si les relations sociales existent, c’est un pied porteur.

Le deuxième pied est celui de la profession. J’y mets le métier, bien entendu. Mais tout ce qui en découle aussi. Pour ma part, il y a ma profession de médecin généraliste qui me passionne, mais il y a aussi son enseignement.

Le troisième et dernier pied est celui des loisirs. J’y place volontiers en ce qui me concerne, le sport et la musique.

Le tout est de répartir le poids de notre vie sur ces trois pieds.

Tout reporter sur le pied social expose au risque de perdre complètement l’équilibre quand l’entourage n’est pas disponible.

Tout reporter sur le pied professionnel expose à un risque bien connu dans ma profession : le burn out. Se lancer à corps perdu dans son métier en oubliant tout le reste… et le jour où la profession n’apporte plus la satisfaction désirée, on perd l’équilibre.

Tout reporter sur le pied loisirs, cela pourrait paraître tentant. Mais s’ils ne sont là pour faire oublier que les deux autres pieds sont manquants, l’équilibre sera précaire et vite perdu.

Non, l’équilibre viable c’est celui qui repose sur ces trois pieds. Pas un de moins.
Et pour arriver à ce point d’équilibre, il faut parvenir à répartir sa vie sur eux. Pas forcément par tiers strictement identiques. Il y aura peut être un peu plus de poids sur le pied social… ou l’un des deux autres.
Mais il y aura toujours trois pieds.

J’ai choisi ma répartition. Le pied professionnel est important, bien sûr. Le métier que j’ai choisi me l’impose. Mais je veille aux deux autres pieds, qui sont fondamentaux.

Alors, vous pourrez bien essayer, mais je ne m’excuserai pas si un jour je termine une journée plus tôt pour allez voir un spectacle avec ma femme.
Je ne m’excuserai pas plus de ne pas être tous les samedis matins en consultation. Nous avons établi un roulement avec mes associés. Il y a toujours quelqu’un présent. Mais ce quelqu’un n’est pas toujours moi.
Je m’excuserai encore moins d’être absent le jeudi après-midi. Seul jour où je peux aller chercher mes enfants à l’école, les aider à faire leurs devoirs et être à la maison quand ma femme rentrera du travail.
N’essayez pas non plus, je ne regrette absolument pas de faire du squash, ou de diriger une chorale, même si le temps que j’y consacre est autant de temps en moins pour le reste.
Et aucune phrase du genre « ah ! vous n’êtes pas là après 21h ? Et bien on peut mourir alors ! » ne me fera culpabiliser.
J’adore mon métier. Mais ce n’est qu’un tiers de ce qui fait que je suis moi-même.

« Connais toi toi-même, et tu connaitras les dieux et l’univers » (Socrate)

Je ne sais pas si je connaitrai les dieux et l’univers. Mais j’ai décidé d’être heureux en m’appuyant sur ce trépied.
Parce que c’est mon trépied du bonheur.
Parce que c’est ça qui me fait tenir en équilibre.
Parce que c’est un équilibre instable.
Et que je n’ai qu’une vie. Continuer la lecture

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La maman de Maxence.

Vous allez m’accuser de faire du neuf avec du vieux mais je vous re poste ici un article de mon ancien blog. J’aurais sans nul doute de plus intéressantes, et inédites, histoires à vous rédiger lorsque j’aurais repris mon stage, c’est-à-dire demain. Et dieu sait que cela me manque. Une semaine sur trois, 2 externes […] Continuer la lecture

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La maman de Maxence.

Vous allez m’accuser de faire du neuf avec du vieux mais je vous re poste ici un article de mon ancien blog. J’aurais sans nul doute de plus intéressantes, et inédites, histoires à vous rédiger lorsque j’aurais repris mon stage, c’est-à-dire demain. Et dieu sait que cela me manque. Une semaine sur trois, 2 externes […] Continuer la lecture

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Daniel

Je m’inquiète un peu pour Daniel. Pas parce que sa femme l’a quitté pour un autre en le laissant avec les deux mômes et le chien. Il s’y attendait plus ou moins. Il sentait que leur couple battait de l’aile. … Continuer la lecture Continuer la lecture

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C’était pas la journée de la prostate de Bernard

Je vais vous raconter l’histoire (vraie) de Bernard. C’est le patient d’un médecin généraliste qui exerce près de chez moi. L’année dernière, comme tous les ans, le médecin de Bernard lui a prescrit un dosage du PSA et lui a fait un toucher rectal dans le but de dépister un cancer de la prostate. Bernard Continuer la lecture

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Informations destinées aux hommes qui envisagent de se soumettre à un dépistage du cancer de la prostate par dosage des PSA

Ce texte est un document destiné à être imprimé par les médecins et remis aux hommes qui envisagent de pratiquer un dépistage du cancer de la prostate par dosage des PSA dans le sang. Ce test sanguin largement pratiqué n’est pourtant par recommandé par les instances sanitaires françaises et internationales. Face à cette situation, il est nécessaire que les hommes qui le souhaitent puissent s’informer afin de prendre une décision éclairée. Les autres suivront l’avis du (…)


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Diversification alimentaire

1/Tableau de synthèse du carnet de santé Voir/télécharger/imprimer le carnet de santé en ligne (repères alimentaires : pages 28-29) 2/ autres liens intéressants Guides de l’Inpes -Le guide de l’allaitement maternel […] Continuer la lecture

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Les sens du souvenir

C’est une journée comme une autre. Qui a commencé la gorge un peu serrée sur ce billet de Biche, consoeur dont je n’ai jamais entendu la voix mais qui m’accompagne, en pensées, chaque jour dans mon travail. Consoeur à laquelle je tiens beaucoup pour elle et tout ce qu’elle m’apporte.

Aujourd’hui, j’ai bossé, avec des vieux plus que vieux. Pas beaucoup de technique mais beaucoup de relationnel, quelques moments de partage, quelques moments de solitude aussi, devant la détresse du grand âge. J’ai pris plaisir à faire mon travail, de mon mieux. Comme d’hab.
Puis le retour, comme un lundi, la route, les courses et le « gommage » au milieu de la liste. Dans le rayon, la « Douche gommante à la cannelle et au sucre ». Celle-là, je m’en rappelle. Chéri aimait beaucoup l’odeur et avait discrètement pillé mon tube. Oui, MON tube. Depuis quand les mecs ça se gomme l’épiderme ??
Dans la douche, j’ouvre le tube neuf et j’hume l’odeur qui se voulait pleine de promesses. Mais quelque chose cloche. J’ai du mal à respirer tout d’un coup. J’ai un genou qui tremble, j’ai un peu mal au cœur, j’ai les yeux qui piquent. Je me rince fébrilement, je me re-lave, pour changer d’odeur et je sors au plus vite.
Maintenant je me rappelle. La dernière fois que j’ai acheté ce fameux gel douche, la dernière fois que j’ai senti cette odeur, j’étais malade.
C’était il y a un peu moins d’un an. Un banal rhume qui traînait, un 40°C de fièvre qui s’éternisait, ce rhume qui n’en était pas un. Une pathologie plus compliquée, un peu grave, pas beaucoup. On avait dit quinze jours, allez, un petit mois pour m’en remettre et basta. Mais non. S’en sont suivis une complication médicamenteuse et une complication de la complication avec perte partielle et transitoire d’autonomie. Pour une kiné, vive l’angoisse. Six rendez-vous chez le MG, un appel au 15, deux passages aux urgences, deux spécialistes, des examens, des doutes, des craintes. Plus de trente jours non consécutifs d’inactivité. Non consécutifs et pathologies différentes, je suis récusée pour les indemnités. Je fais les fonds de tiroir pour retrouver des séances non facturées pour payer ma rétrocession. Trois mois d’affilée à lutter pour guérir tout en calculant serré pour me verser un petit bout de salaire parce que le loyer lui, n’est pas en arrêt. Des patients toujours plus nombreux à appeler pour annuler encore et encore, dire que, oui, ce n’était qu’une semaine mais que non, finalement, ça sera une semaine de plus et que, promis, je fais de mon mieux pour honorer le rendez-vous de lundi prochain 18h. Le moral, l’énergie qui s’épuisent. L’homme perdu qui gère comme il peut. La famille inquiète…
Je n’écris pas pour qu’on me plaigne. Aujourd’hui, je vais bien, j’ai changé de boulot, dans mon corps, dans ma tête, beaucoup de choses ont changé. Je vais très bien même. Je suis sincèrement heureuse, épanouie, je savoure chaque jour la chance de vivre une jolie vie à deux. J’espère à trois bientôt. Je suis passée à autre chose. La vie est belle et tout ça c’est derrière moi. Enfin, c’est ce que je croyais.
Parce que ce soir, il a suffi d’une odeur. Un gel douche acheté par hasard, à l’époque, racheté ce soir. Il m’a suffi d’une odeur pour sentir ma gorge se serrer. Et me sentir replonger. Retrouver un instant mon corps meurtri et mon âme fatiguée de l’époque. Me sentir envahie de ces sensations détestées, haïes, revivre à nouveau mon état pitoyable en ces heures difficiles.
Quand je vois les marques que peuvent laisser ces expériences douloureuses, des marques profondes, invisibles au quotidien prêtes à rejaillir au moindre rappel si ténu soit-il qu’une vague odeur oubliée… Oui, quand je vois ces marques qui traînent sur moi, sur ma peau, dans ma tête, en moi, pour un truc moyennement grave, là, j’ai mal pour d’autres.
Le traumatisme de l’hospitalisation prend pour moi, ici, tout son sens. S’il me suffit d’une odeur, eux qui souffrent en silence dans leurs chambres vides et blanches, que leur suffira-t-il pour se rappeler ces difficiles instants ? La meurtrissure de l’amour propre de la personne affaiblie, dépendante, malade. La blessure de se voir diminué, de se voir sur une bien vilaine pente comme m’a dit Germaine aujourd’hui, 87 ans qui pense ne pas sortir vivante du service. Face à toutes ces cicatrices qu’ils se construisent en venant chez nous, nos armes sont dérisoires.
Et pourtant, dans le flot de souvenirs désagréables qui remonte, je chéris ce docteur de passage, de permanence aux urgences, plein d’une bienveillance si simple, si douce. Sa présence rassurante, ses mots justes et pertinents. Petite chose décrépie que j’étais, il m’a redonné force et espoir par sa façon d’être, de bien faire son travail.
Maintenant je sais, j’ai appris la valeur d’un sourire, d’un mot gentil. Même si intérieurement je bouillonne quand je n’ai pas les moyens techniques de bien faire mon travail, quand les médecins ne sont pas réceptifs à ce que je propose, quand on envoie des gens croupir dans une convalescence pourrie alors que j’avais construit un vrai plan de travail pour les renvoyer chez eux. Parce que ça coûte cher une chambre. Bienveillance, patience, chaleur, gentillesse. Ce n’est pas toujours évident, mais j’essaie de m’y tenir. Pour eux. Pour qu’eux aussi, peut-être, se souviennent, plus tard, de quelque chose de positif dans leur cauchemar.

Biche, je suis heureuse que les choses avancent dans le bon sens, tu as encore tout mon soutien, pour toutes ces cicatrices si profondes qui te feront encore souffrir. Tu as traversé ces épreuves avec une force d’âme remarquable, je t’admire. Je pense à toi. Tiens bon. Le pire est passé mais le meilleur est encore à venir, plus loin devant. Ton château de carte va avoir besoin de temps pour se reconstruire  à l’épreuve des éléments. Courage.

*Edit
J’ai retenté l’expérience. Parce que je suis curieuse et fascinée par le phénomène. Cette odeur, je sais précisément où elle me ramène. Elle ne ravive pas les souvenirs précis de la maladie. Elle ravive un instant, un seul. Elle me ramène le soir, dans les instants qui suivent la douche, devant un verre d’eau. La main de l’homme sur mon épaule. Le doliprane 1g coupé en 4, petites miettes de poudre blanche acérées qui me blessent la gorge que je n’arrive plus à avaler. Elles collent à mon palais, j’ai du mal à déglutir, j’ai la nausée. Ça ne passe plus. Je suis écoeurée, épuisée. Les larmes coulent sur mes joues. La nuit m’angoisse. Je prie pour voler entre deux cauchemars enfièvrés quelques heures de sommeil pour vraiment me reposer. Voilà. De cette vague odeur artificielle, dans ma tête, s’est associée l’empreinte de ces instants difficiles. Une effluve. Quelques minutes, un an plus tard qui re-surgissent aussi vives que si je les avais vécues hier. 
Je suis fascinée. Un peu triste aussi. Et je pense à tous ceux qui portent des cicatrices bien plus lourdes. Tellement. 

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Born to be a MG

Un fan-art du blog de ma super consoeur Dr Couine , un blog de BD / médecine plein d’humour, avec un petit personnage à chignon roux tout à fait sympathique, et aux jurons châtiés. Si ce n’est pas déjà fait, à visiter d’urgence!
Elle nous a fait l’illustration parfaite pour #PrivésDeDéserts (cf les 2 posts précédents), ceci est donc un petit hommage.

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Signalement et Information préoccupante

1/signalement ou information préoccupante? Consulter en ligne sur le site du CNOM (2010) « Le signalement est un terme juridique réservé à la transmission au procureur de la république de faits […] Continuer la lecture

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Télémédecine

A l’accueil, à la clinique, une dame.

– Bonjour, je voudrais un médicament pour mon chat. Sous forme liquide.
– Heu…
– Sous forme liquide parce que je ne peux pas l’attraper.
– Ah. Mais il a quoi votre chat ?
– Je ne sais pas, je ne peux pas l’attraper.
– Mais pourquoi voulez-vous un médicament ?
– Eh bien, parce qu’il est malade !
– Ah, mais il a quoi ?
– Je ne sais pas je vous dis, je ne peux pas l’attraper !
– Mais vous voulez quoi comme médicament ?
– Je ne sais pas moi, je ne peux pas l’attraper ! Mais liquide, hein.

La dame est repartie sans médicament, assez frustrée. Pas franchement en colère, mais… Pas satisfaite, quoi.

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Derrière le nombril

Si vous voulez un post médical, passez votre chemin. Aujourd’hui c’est message narcissico-geignard sans autre intérêt que de soulager mon nombril et de vous racontez ce qui se passe derrière. Ne venez pas vous plaindre après, la suite de la … Lire la suite Continuer la lecture

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La Parure

C’était il y a déjà un petit moment, mais j’y pense tous les matins… Au bloc de viscérale, grosse intervention, grande laparotomie…

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Article original rédigé par Stockholm et publié sur Le Blog de Stockholm
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Temps de repos minimal pour les conducteurs routiers

La durée quotidienne de travail effectif d’un conducteur routier ne peut excéder 12 heures mais l’amplitude maximale de travail  n’est pas définie par les textes.

L’arrêt n° 11-12875 du 12 juin 2012 de la Cour de cassation rappelle le règ… Continuer la lecture

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Vaccins et sites d’injection : fiche-patient pour bien placer les patchs anesthésiants

Liens intéressants: – »Techniques d’injection et dossier de vaccination » (santé et services sociaux du Québec-mai 2011) -Une étude rétrospective 2002-2009 de l’AAP (American Academy of Pediatrics) sur la variation des réactions […] Continuer la lecture

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Médecine, morale, santé et médias sociaux

Les médias sociaux englobent diverses technologies : forums en ligne, blogs, microblogs (ex. : Twitter), encyclopédies participatives (ex. : Wikipedia), blogs vidéo, réseaux sociaux et podcasting. L’utilisation des médias sociaux a littéralement explosé et les internautes leur consacrent aujourd’hui une minute sur cinq passées en ligne.


Médecine 2.0

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Une oasis dans mon désert

Un mini post de revenante. Un de ces jours je vous parlerai de mon baby blues anticipé, de mon mummy blues et de mon brother blues peut-être aussi, de ma culpabilité de quitter le navire de la médecine générale, de … Lire la suite Continuer la lecture

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Le site Ledocteur.fr recherche des médecins

Nous recherchons des médecins pour compléter notre équipe surledocteur.fr .    A ce jour, nous travaillons avec deux généralistes, ungynécologue et quatre psychiatres ( dont moi-même).L’activité consiste à répondre à […] Continuer la lecture

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Les clés de l’armoire

« Sophie, au pays des rêves, on attend de toi que tu SU-PER-VISES. C’est la clé de l’amélioration de la qualité des soins à l’hopital, c’est important. » Genre, moi, sage-femme de 27 ans, 3 ans de diplôme au compteur, je sais su-per-vi-ser, hein. Ah mais oui, voyons, j’ai travaillé dans un CHU, en équipe avec des […] Continuer la lecture

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Recherche d’emploi : mettre en avant son talent plutôt que son CV !

Ce sont 3 étudiants qui ont eu cette idée innovante et créé le site d’offres d’emploi Uponjob qui permet de relever ou proposer un challenge  !En effet Uponjob permet à une personne qui recherche un emploi de répondre à un challenge et non à… Continuer la lecture

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Seule. Et mal accompagnée.

Y paraît qu’un médecin coupe la parole à ses patients au bout de 22 secondes. C’est pas bien lourd, 22 secondes. En 22 secondes, on a le temps d’entendre mettons un, peut-être deux ou trois symptômes quand le patient est super concis. « J’ai des vertiges ». Si on laisse causer davantage, neuf fois sur dix on […] Continuer la lecture

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#PrivésDeDéserts… de l’autre côté du miroir

« Paroles, paroles, paroles » (Dalida, Alain Delon)

Une fabuleuse histoire qui a commencé lundi.

Un buzz que nous espérions important. Je ne crois pas que nous l’avions imaginé à ce point.

Nous sommes maintenant jeudi… toujours pas de réponse des autorités (hormis les quelques messages à chaud de notre Ministre).

Nous avons été propulsés au devant de la scène médiatique. Il s’agit de la partie visible de l’iceberg. Mais laissez-moi vous parler un peu de ce qui se passe derrière le miroir.

Je nous appelle la « Team24 » (ce n’est pas une appellation officielle, mais uniquement un surnom que je nous donne et qui n’engage que moi).
La Team24 est en discussion permanente. Nous discutons encore et toujours, et tentons de continuer à relayer les messages de #PrivésDeDéserts.
Chacun à notre façon. Certains à l’écrit, certains sur les ondes, certains (dont moi) à l’écran.
Et nous sommes tous complémentaires.

Déjà quand nous discutions du texte avant de le diffuser, j’étais surpris qu’à 24 nous arrivions si facilement à trouver une position commune.
Je le suis toujours autant de la facilité avec laquelle nous gérons cet « après-buzz ».

Alors, comme je le fais toujours, j’essaye d’en décrypter les raisons.

Le plus simple aurait été de dire que nous sommes d’accord parce qu’il y a un leader dans le groupe et que nous suivons aveuglément la voix du plus fort.
Et bien, fort heureusement, nous n’avons pas choisi la simplicité.

Nous avons tous en tête le même idéal. Notre passion pour notre spécialité et notre métier de médecin généraliste est notre vrai leader.
Nous trouvons une position commune avec aisance parce que nous regardons tous dans la même direction.

Et surtout : nous connaissons notre sujet. Nous sommes tous des médecins généralistes, nous connaissons notre métier.
Nos avons la prétention de considérer que nos propositions sont réalistes et réalisables.

Nous avons la volonté de défendre et débattre de nos propositions.

Il ne reste plus qu’à trouver un écho auprès de nos décideurs.
Ce soir, à ma connaissance, il n’y a rien eu de nouveau par rapport à lundi.

Mais demain est un autre jour… Continuer la lecture

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Rêver qu’un jour on aura le MUSt

 
Un petit rappel du document intitulé Médecine Générale 2.0, que vous pouvez trouver ici.
24 médecins généralistes, dont moi, ont co-signé un texte présentant des idées originales pour apporter des solutions au problème des déserts médicaux, tout en repensant l’avenir de la médecine générale.
Ce sont des propositions réalisables.
 Et ça fait tellement envie.

               AliceRedSparrowBorée  –  Bruit des sabotsChristian Lehmann – Doc Maman

                                                                        La salle de repos avec cafetière-thermos, hein, merci 🙂 

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Chambre 423

C’était un lundi. La veille, voyant que maman n’était vraiment pas bien, j’avais décidé de dormir à l’hôpital avec elle. La nuit avait été longue. Maman n’avait pas dormi, moi non plus. J’avais passé des heures à lui tenir la main, à la supplier de respirer, de tenir encore. Tenir pour quoi ? Pour avoir mal ? On est égoïste avec les personnes qu’on aime. On voudrait qu’elles restent, qu’elles soient toujours auprès de nous, même si elles souffrent, même si ça doit leur faire mal. Je n’avais pas compris qu’elle allait mourir. Je ne voulais pas comprendre. Quand, deux semaines auparavant, elle m’avait dit qu’elle entrait à l’hôpital pour reprendre un peu de poids, j’avais bêtement cru que c’était juste ça : reprendre du poids, puis reprendre la vie comme avant. La vie avec le cancer, la chimio, la douleur. Mais aussi la vie avec nos week-end mère/fille, nos vacances en Vendée, nos rires. L’hôpital, ça a été l’horreur. Tu le sais papa, tu étais là aussi. Les médecins distants, les soignants très peu respectueux de la pudeur et de la dignité des patients. Le chagrin, la peur, l’isolement. Toi, Éric, moi, chacun dans notre monde, chacun dans notre douleur… Et ce fichu crabe qui gagnait du terrain chaque jour. Les poumons, les os. La morphine, l’oxygène… chaque jour était un pas de plus vers la fin. Et moi, malgré tout ça, je ne comprenais toujours pas. Je passais à côté de sa mort comme j’étais passée à côté de sa maladie. Naïve. Impossible de parler de sa maladie, de sa souffrance, de sa mort toute proche, puisque non, ça n ‘allait pas arriver, il y aurait une rémission, forcément, une maman ça ne meurt pas, c’est bien connu. Et il y a eu ce lundi. La dernière nuit, puis le dernier jour. Les yeux de maman, son regard qui me hurlait « j’ai peur », sa main qui serrait la mienne. La famille, la présence du dernier instant, le médecin qui nous annonce froidement que dans quelques heures ce sera fini. Nos larmes, ma panique, la peur. Les derniers mots que je lui ai dits : « à tout à l’heure ». Éric dans la chambre, seul avec elle, nous qui attendons et puis… et puis rien. Elle est partie. Elle est partie et je ne lui ai pas dit au-revoir. Je n’ai pas tenu sa main, je n’étais pas avec elle. Elle est partie et je ne peux pas m’y faire, j’ai l’impression qu’elle m’a trahie. Je me prends la mort de plein fouet, sans y être préparée, et j’en veux à tout le monde. J’ai pourtant eu neuf mois pour m’y faire. Neuf mois, le temps d’une grossesse, jolie coïncidence.

Hasard du calendrier, ce jour-là c’était la Saint Aimé.

C’est un lundi. La veille, voyant que tu n’étais pas bien, Éric a décidé de dormir à l’hôpital avec toi. La nuit a été longue. Tu n’as pas dormi, Éric non plus. J’ai passé la nuit chez toi, avec le petit, et je n’ai pas dormi non plus. Entre deux tétées, quelques échanges de textos entre frère et soeur. Tu respires très mal, tu souffres, Éric est à côté de toi et ne te lâche pas la main. Le matin, l’infirmière lui demande s’il faut prévoir la chambre mortuaire à l’hôpital ou ailleurs. Ok, ça a le mérite d’être clair, j’arrive. D’ailleurs tout le monde arrive. 
Il y a quelques semaines, nous t’avons fait une promesse. Tu ne veux ni douleur ni asphyxie. Pour la première, il y a la morphine. Les doses n’ont cessé d’augmenter et tu arrives à un seuil difficilement supportable. Tu continues pourtant vaillamment de répondre « 3 » tous les matins quand l’infirmière te demande où tu te situes sur l’échelle de la douleur. Personne ne te croit, on sait bien que tu es déjà très loin dans la souffrance, mais tu ne veux pas déranger… Ce matin pourtant, inutile de mentir. Tu es à 10. Au moins.
Pour l’asphyxie, c’est plus compliqué. Il y a l’oxygène et les aérosols, mais ça ne suffit pas. Et ça ne résoud pas forcément le problème. Tu cherches l’air sans le trouver. Tu l’as cherché toute la nuit. Tes poumons sont grillés, il ne doit plus en rester grand chose. Forcément, pour respirer… Je sais qu’il existe une solution, je me suis renseignée auprès d’un médecin blogueur. Je connais le nom de cette solution. Nous en avons parlé, tu sais toi aussi ce que c’est. Et tu m’as dit que c’était ce que tu voulais pour la fin.
Ce matin, nous sommes tous là, autour de toi, et nous savons qu’une décision s’impose. Tu es épuisé par une nuit d’asphyxie, tu souffres, et tu nous regardes. Tu es assis au bord du lit et tu tiens ma main. Oui, tu tiens ma main et non l’inverse. C’est toi qui me soutiens, papa, parce que c’est moi qui craque. Toi, tu es mon papa, tu es forcément le plus fort. Même avec tes 35 kilos, même avec tes poumons cramés, même avec ta souffrance, c’est toi le plus fort. Et ce matin, c’est toi qui me prends dans tes bras, et c’est moi qui pleure. 
Il y a des regards, des sourires et des larmes. Il y a tes mains, il y a tes bras, il y a un père et une fille. Il y a ce cortège de médecins, d’infirmières et d’aides-soignantes qui défilent dans la chambre 423. Il y a ces phrases murmurées, et la question du médecin. 
« Qu’est-ce que vous voulez Monsieur? »
Tu ne peux plus parler, ta voix s’est éteinte cette nuit, en même temps que ton souffle. Alors je te tends l’ardoise et le feutre, et tu écris, tu écris sans t’arrêter : « ça existe ça existe ça existe ça existe ça existe ça existe ça existe ça existe ça existe… » Recto, verso, en diagonale, partout, tu recouvres la surface de ton écriture. J’ai compris. Eux aussi. Si telle est ta volonté…
Mais « dire » et « faire » ne sont pas frères. Faire une promesse, c’est facile. La tenir, ça l’est moins.
Nous sommes seuls. Je n’ose te reparler de cette conversation. Parce que je sais ce que ça veut dire, et je sais que tu sais, et je sais que tu sais que je sais. Et j’ai peur. Et toi aussi sans doute. Et tous nos regards et nos sourires n’y changeront rien. Tu vas mourir et je vais rester là, sans mon papa.
La journée est surréaliste. Nous la passons entre la chambre, le parking et le salon des familles. Attendre. Tu dors. Tu respires mieux maintenant, tu es détendu. Forcément, je me surprends à rêver… Puisque tu respires mieux, c’est que tu vas mieux, non? Alors on a peut-être encore quelques jours devant nous? Du coup, j’en oublierais presque la conversation de ce matin. C’est Éric qui me ramène à la réalité, qui m’ouvre les yeux, une fois de plus. Et merde, je les connais pourtant, les cinq phases du deuil d’Élisabeth Kübler-Ross : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. Je croyais les avoir toutes passées, et voilà que je me retrouve ramenée à la phase du marchandage. Comme une débutante. Et ça se dit auxiliaire de vie!
D’un coup, je réalise. Tu vas mourir aujourd’hui, ou cette nuit, ou demain matin. Tu vas mourir. Comme maman. Pareil. Cancer, hôpital, douleur, asphyxie, pareil. Finalement, l’histoire est différente mais il n’y a pas de happy end.
C’est le soir. Nous sommes quatre dans la chambre 423. Toi, Éric, Georges et moi. Mon père, mon frère, mon fils.
L’équipe est passée nous dire au-revoir, et ne nous a pas dit « à demain ». Il y a eu beaucoup d’humanité dans cette chambre aujourd’hui. De la douceur aussi. Et maintenant, de la peur. Nous sommes seuls avec toi, et nous te regardons mourir. Toute la journée, la saturation a baissé, ta température aussi. Ta respiration s’est ralentie. C’est donc ainsi qu’on meurt. Un ralentissement général.
Nous te parlons, un peu. Pas trop, parce qu’il faut aussi te laisser partir. Te retenir serait égoïste, alors on est là, à côté, pour que tu ne sois pas tout seul, mais nous ne te retiendrons pas. On a promis, tu te rappelles?
Cette nuit, nous restons. On dormira à tour de rôle, de toute façon tu ne seras pas dérangé par les pleurs de Georges, tu es déjà trop loin maintenant. J’ai peur que tu partes sans qu’on s’en aperçoive, ta respiration est tellement légère. 
Mike Oldfield tourne en boucle depuis ce matin, tu adores cette musique. On coupe, une pause s’impose. Ce soir c’est natation aux J.O., voilà qui devrait nous tenir un peu éveillés. 
21h15. Victoire du nageur français, cocorico, Marseillaise, Éric tourne la tête vers toi, te regarde, attend, fronce les sourcils. Je regarde mon frère, puis toi. Je crie. « Il ne respire plus! » Je me jette littéralement sur toi, je voudrais te secouer, te réveiller, mais non, ça ne sert plus à rien. Je te serre fort dans mes bras, je passe la main dans tes cheveux, je veux profiter encore un tout petit peu de la chaleur de mon papa. Georges se réveille et pleure, Éric me le tend, mais là c’est mon père que je veux serrer dans mes bras, pas mon fils. Difficile de te lâcher, de te laisser, de m’occuper du fils qui est là tout en regardant le père qui n’est plus.
Je ne veux pas qu’on appelle l’infirmière, je veux qu’on reste encore un petit moment, là, tous les quatre, parce que tant que nous sommes dans la chambre 423 c’est comme si tout allait bien, comme si tu respirais encore, comme si tu n’étais pas mort.
Sonnette, infirmière, il faut te laisser, il faut t’allonger, pour la mémoire du corps, pour que tu ne sois pas crispé dans la mort. Ta mort.
Je t’embrasse. Nous sortons de la chambre.
Je n’ai plus de papa.
Aujourd’hui, c’était le jour de ta mort, et c’était aussi la journée internationale de l’amitié. Tu l’as fait exprès?

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Un blog de santé et d’utilité publique, Doctor Skeptic. Question du jour: la chirurgie de la lombalgie n’est-elle qu’un placebo?

Les interventions d’arthrodèse du rachis lombaire sont de plus en plus fréquentes, y compris, et surtout, pour le traitement de la lombalgie banale rebelle (mais on ne dispose pas de statistiques France entière donnant leur fréquence et son évolution, ni … Lire la suite Continuer la lecture

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24 médecins généralistes blogueurs pour faire renaître la médecine générale

le 03/09/2012 à 9h, 24 médecins généralistes blogueurs ont créé le buzz via leurs blogs respectifs et twitter ( #PrivésDeDéserts )  en publiant un texte commun proposant notamment des solutions […] Continuer la lecture

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Maladie de Hodgkin : quand les cheveux partent en vacances…

Ségolène de Margerie a 26 ans, en 1998,  lorsque le diagnostic tombe : elle est atteinte d’une maladie de Hodgkin ( communément appelé cancer des ganglions). Elle a publié un […] Continuer la lecture

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#PrivésDeDéserts Le buzz, et après ?

Suite de l’opération « Médecine Générale 2.0 »

Le 3 septembre 2012, vingt-quatre médecins blogueurs et twitteurs ont publié simultanément un document de réflexion sur la problématique des déserts médicaux.
Cette opération de communication a été symbolisée sur Twitter par le hashtag (mot-clé) #PrivésDeDéserts repris des centaines de fois. Elle a été intégrée le jour même par les agences de presse et les principaux médias français. C’est un véritable succès médiatique qui a abouti après une douzaine d’heures à la réaction bienveillante de la ministre Marisol Touraine, toujours sur Twitter :

Au moment où je publie ce billet, notre texte a déjà reçu 350 signatures de soutien.

Ces propositions sont le fruit d’un travail collectif auquel j’ai participé et dont je voudrais préciser quelques caractéristiques.
1) Ce groupe de travail est informel, non structuré, non hiérarchisé et ne possède pas de leader. C’est un pur produit du Web 2.0 qui a utilisé l’outil de rédaction collaboratif Google Drive et dont les membres sont unis par des liens affectifs réciproques et subjectifs.
2) Il ne s’agit donc ni d’un « mouvement », ni même d’un groupe de pression, et encore moins d’un nouveau syndicat. C’est un groupe de réflexion, un « think tank » si l’on préfère un nom à la mode. Il n’est pas destiné à s’inscrire dans la durée : une autre thématique regrouperait sans doute une communauté légèrement différente. En revanche, les liens affectifs qui unissent ses membres et en constituent le ciment resteront probablement durables.
3) Nous ne souhaitons pas intégrer notre groupe dans les syndicats existants, les commissions, les autres think tanks, les ministères ou les ARS. Chacun des membres du groupe est libre de participer à ces structures, mais ne peut s’y réclamer porte-parole des autres.
4) Notre espace de réflexion est le web, et plus spécifiquement Twitter et nos blogs. C’est un espace public, libre, et sans copyright pour ce qui nous concerne. Nous souhaitons que nos idées soit copiées. D’ailleurs, nous avons nous-mêmes repris des idées émises par d’autres depuis longtemps. Ce qui compte, c’est que tout le monde comprenne qu’il n’y aura pas de médecine générale forte en France sans que la France prenne des décisions fortes concernant sa médecine générale, et que ces décisions fortes ne sont pas plus coûteuses que les « Plans » quinquennaux de nos précédents présidents.
Nous transmettons donc le flambeau de l’action à ceux dont la mission est de représenter officiellement la médecine générale : syndicats, sociétés savantes, universitaires, représentants ordinaux. Le message que nous souhaitons leur faire passer est simple :

 
« Nous sommes derrière vous si votre vision de la médecine est généreuse, ambitieuse, tournée vers la jeunesse et l’avenir. En revanche, si votre action consiste à tenter de protéger vos acquis de « vieux » ou votre position dominante en mettant les jeunes à contribution pour réparer vos erreurs, nous n’avons pas fini de distribuer du poil à gratter sur le web !« 


(image issue du site de Docteur Couine )

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Les carnets d’un médecin de montagne 2012-09-04 06:56:00

#PrivésDeDéserts Le buzz, et après ?
Suite de l’opération « Médecine Générale 2.0 »

Le 3 septembre 2012, vingt-quatre médecins blogueurs et twitteurs ont publié simultanément un document de réflexion sur la problématique des déserts médicaux.
Cette opération de communication a été symbolisée sur Twitter par le hashtag (mot-clé)#PrivésDeDéserts repris des centaines de fois. Elle a été intégrée le jour même par les agences de presse et les principaux médias français. C’est un véritable succès médiatique qui a abouti après une douzaine d’heures à la réaction bienveillante de la ministre Marisol Touraine, toujours sur Twitter :

Au moment où je publie ce billet, notre texte a déjà reçu 350 signatures de soutien.
Ces propositions sont le fruit d’un travail collectif auquel j’ai participé et dont je voudrais préciser quelques caractéristiques.
1) Ce groupe de travail est informel, non structuré, non hiérarchisé et ne possède pas de leader. C’est un pur produit du Web 2.0 qui a utilisé l’outil de rédaction collaboratif Google Drive et dont les membres sont unis par des liens affectifs réciproques et subjectifs.
2) Il ne s’agit donc ni d’un « mouvement », ni même d’un groupe de pression, et encore moins d’un nouveau syndicat. C’est un groupe de réflexion, un « think tank » si l’on préfère un nom à la mode. Il n’est pas destiné à s’inscrire dans la durée : une autre thématique regrouperait sans doute une communauté légèrement différente. En revanche, les liens affectifs qui unissent ses membres et en constituent le ciment resteront probablement durables.
3) Nous ne souhaitons pas intégrer notre groupe dans les syndicats existants, les commissions, les autres think tanks, les ministères ou les ARS. Chacun des membres du groupe est libre de participer à ces structures, mais ne peut s’y réclamer porte-parole des autres.
4) Notre espace de réflexion est le web, et plus spécifiquement Twitter et nos blogs. C’est un espace public, libre, et sans copyright pour ce qui nous concerne. Nous souhaitons que nos idées soit copiées. D’ailleurs, nous avons nous-mêmes repris des idées émises par d’autres depuis longtemps. Ce qui compte, c’est que tout le monde comprenne qu’il n’y aura pas de médecine générale forte en France sans que la France prenne des décisions fortes concernant sa médecine générale, et que ces décisions fortes ne sont pas plus coûteuses que les « Plans » quinquennaux de nos précédents présidents.
Nous transmettons donc le flambeau de l’action à ceux dont la mission est de représenter officiellement la médecine générale : syndicats, sociétés savantes, universitaires, représentants ordinaux. Le message que nous souhaitons leur faire passer est simple :

« Nous sommes derrière vous si votre vision de la médecine est généreuse, ambitieuse, tournée vers la jeunesse et l’avenir.En revanche, si votre action consiste à tenter de protéger vos acquis de « vieux » ou votre position dominante en mettant les jeunes à contribution pour réparer vos erreurs, nous n’avons pas fini de distribuer du poil à gratter sur le web !« 


(image issue du site de Docteur Couine )

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#PrivésDeDéserts Le buzz, et après ?

Court débriefing après le buzz médiatique de l’opération « Médecine Générale 2.0 ». Et après, comment concrétiser la suite de l’action ?


Avenir de la médecine générale Continuer la lecture

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Privés de Déserts

Ces médecins généralistes, tous des salauds. Je veux dire, quoi, merde, on avait trouvé un créneau, nous, les vétos, pour augmenter notre activité, avec la super proposition d’une élue dijonnaise : on allait remplacer les généralistes, ces fainéants.

Hop, un vêlage, hop, dites donc madame, vous avez mal là ? Vous rigolez ou quoi, la vache là elle a bien plus mal que vous, et elle ne se plaint pas. Quoi, vous voulez un arrêt de travail parce que vous avez 39° ? Mais à 39° mon bon monsieur, les chiens ils arrêtent pas de surveiller les moutons hein.
J’aurais p’t’être même pu faire de l’éthologie humaine.
Des évaluations de gamins mordeurs.
Un bilan ? Pour quoi faire un bilan, puisque vous allez bien ?
Quoi la carte Vitale ?
Je vous préviens, mes comprimés d’antibiotiques sont aromatisés viande. Ou poisson, c’est selon.

Bon, j’arrête mes conneries, je vais me faire engueuler par les médecins ET les vétérinaires, les deux vont me reprocher de caricaturer leur boulot.

Mais après tout, c’est bien ce que font régulièrement nos cadres et responsables politiques ? Des propositions déconnectées de la réalité, des mesures à la con, parce qu’on ne sait pas bien comment ça se passe, quand on est un grand professeur et qu’on n’a jamais bossé en cabinet de ville, encore moins de campagne. Et que de toute façon, on les prend pour des cons, ces médecins. Je veux dire, les généralistes, c’est pas les nuls qui ont pas eu l’internat de chir’ ? Tiens, ce billet de Gélule présente très bien ce drôle de choc, par les yeux d’une jeune généraliste, et en dessins.

Et d’ailleurs, ils sont nombreux, les généralistes, à parler de leur boulot, de leur vision de la médecine. Vous aimez mon blog, ma quotidien de véto, mes réflexions et mes emmerdes. Vous aimerez les autres. Jaddo, of course, mais aussi Borée, ou Gélule que je viens de citer. Dr Couine, Dr V, Fluorette… et tant d’autres. Je ne vais pas tous les citer, au risque de les vexer, ils se lient tous les uns aux autres dans ces propositions visant à faire disparaître les déserts médicaux et à redonner à la médecine générale ses lettres de noblesse (si vous adhérez, signez en bas). Si vous voulez le lire sur un mode plus ludique, rendez-vous chez Dr Couine.

Parce que bon, ces gens qui discutent sur twitter, qui parlent souvent de leur nombril, comme dirait l’autre. Ben ils ont aussi plein d’idées, de vraies propositions. Vous les avez trouvés sensibles, pertinents, passionnants ? Dites-vous qu’ils vous proposent la médecine comme ils l’aimeraient, et que ce n’est pas juste une proposition utopique, mais un vrai projet, bien carré.

Moi, je suis juste épaté. J’aimerais que ma profession dispose d’une telle force de proposition, loin des circuits plan-plan habituels.

Encore bravo.

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Médecine générale 2.0

***
Médecine générale 2.0
Les propositions des médecins généralistes blogueurs
pour faire renaître la médecine générale
Comment sauver la médecine générale en France et assurer des soins primaires de qualité répartis sur le territoire ? Chacun semble avoir un avis sur ce sujet, d’autant plus tranché qu’il est éloigné des réalités du terrain.
Nous, médecins généralistes blogueurs, acteurs d’un « monde de la santé 2.0 », nous nous reconnaissons mal dans les positions émanant des diverses structures officielles qui, bien souvent, se contentent de défendre leur pré carré et s’arc-boutent sur les ordres établis.
À l’heure où les discussions concernant l’avenir de la médecine générale font la une des médias, nous avons souhaité prendre position et constituer une force de proposition.
Conscients des enjeux et des impératifs qui sont devant nous, héritages d’erreurs passées, nous ne souhaitons pas nous dérober à nos responsabilités. Pas plus que nous ne souhaitons laisser le monopole de la parole à d’autres.
Notre ambition est de délivrer à nos patients des soins primaires de qualité, dans le respect de l’éthique qui doit guider notre exercice, et au meilleur coût pour les budgets sociaux. Nous souhaitons faire du bon travail, continuer à aimer notre métier, et surtout le faire aimer aux générations futures de médecins pour lui permettre de perdurer.
Nous pensons que c’est possible.
Sortir du modèle centré sur l’hôpital
La réforme de 1958 a lancé l’hôpital universitaire moderne. C’était une bonne chose qui a permis à la médecine française d’atteindre l’excellence, reconnue internationalement.
Pour autant, l’exercice libéral s’est trouvé marginalisé, privé d’enseignants, coupé des étudiants en médecine. En 50 ans, l’idée que l’hôpital doit être le lieu quasi unique de l’enseignement médical s’est ancrée dans les esprits. Les universitaires en poste actuellement n’ont pas connu d’autre environnement.
L’exercice hospitalier et salarié est ainsi devenu une norme, un modèle unique pour les étudiants en médecine, conduisant les nouvelles promotions de diplômés à délaisser de plus en plus un exercice libéral qu’ils n’ont jamais rencontré pendant leurs études.
C’est une profonde anomalie qui explique en grande partie nos difficultés actuelles.
Cet hospitalo-centrisme a eu d’autres conséquences dramatiques :
          Les médecins généralistes (MG) n’étant pas présents à l’hôpital n’ont eu accès que tout récemment et très partiellement à la formation des étudiants destinés à leur succéder.
          Les budgets universitaires dédiés à la MG sont ridicules en regard des effectifs à former.
          Lors des négociations conventionnelles successives depuis 1989, les spécialistes formés à l’hôpital ont obtenu l’accès exclusif aux dépassements d’honoraires créés en 1980, au détriment des généralistes contraints de se contenter d’honoraires conventionnels bloqués.
Pour casser cette dynamique mortifère pour la médecine générale, il nous semble nécessaire de réformer profondément la formation initiale des étudiants en médecine.
Cette réforme aura un double effet :
          Rendre ses lettres de noblesse à la médecine « de ville » et attirer les étudiants vers ce mode d’exercice.
          Apporter des effectifs importants de médecins immédiatement opérationnels dans les zones sous-médicalisées.
Il n’est pas question dans ces propositions de mesures coercitives aussi injustes qu’inapplicables contraignant de jeunes médecins à s’installer dans des secteurs déterminés par une tutelle sanitaire.
Nous faisons l’analyse que toute mesure visant à obliger les jeunes MG à s’installer en zone déficitaire aurait un effet majeur de repoussoir. Elle ne ferait qu’accentuer la désaffection pour la médecine générale, poussant les jeunes générations vers des offres salariées (nombreuses), voire vers un exercice à l’étranger.
C’est au contraire une véritable réflexion sur l’avenir de notre système de santé solidaire que nous souhaitons mener. Il s’agit d’un rattrapage accéléré d’erreurs considérables commises avec la complicité passive de confrères plus âgés, dont certains voudraient désormais en faire payer le prix aux jeunes générations.
Idées-forces
Les idées qui sous-tendent notre proposition sont résumées ci-dessous, elles seront détaillées ensuite.
Elles sont applicables rapidement.
1) Construction par les collectivités locales ou les ARS de 1000 maisons de santé pluridisciplinaires qui deviennent aussi des maisons médicales de garde pour la permanence des soins, en étroite collaboration avec les professionnels de santé locaux.
2) Décentralisation universitaire qui rééquilibre la ville par rapport à l’hôpital : les MSP se voient attribuer un statut universitaire et hébergent des externes, des internes et des chefs de clinique. Elles deviennent des MUSt : Maisons Universitaires de Santé qui constituent l’équivalent du CHU pour la médecine de ville.
3) Attractivité de ces MUSt pour les médecins seniors qui acceptent de s’y installer et d’y enseigner : statut d’enseignant universitaire avec rémunération spécifique fondée sur une part salariée majoritaire et une part proportionnelle à l’activité.
4) Création d’un nouveau métier de la santé : « Agent de gestion et d’interfaçage de MUSt » (AGI). Ces agents polyvalents assurent la gestion de la MUSt, les rapports avec les ARS et l’Université, la facturation des actes et les tiers payants. De façon générale, les AGI gèrent toute l’activité administrative liée à la MUSt et à son activité de soin. Ce métier est distinct de celui de la secrétaire médicale de la MUSt.
1) 1000 Maisons Universitaires de Santé
Le chiffre paraît énorme, et pourtant… Dans le cadre d’un appel d’offres national, le coût unitaire d’une MUSt ne dépassera pas le million d’euros (1000  m2. Coût 900 €/m2).
Le foncier sera fourni gratuitement par les communes ou les intercommunalités mises en compétition pour recevoir la MUSt. Il leur sera d’ailleurs demandé en sus de fournir des logements à prix très réduit pour les étudiants en stage dans la MUSt. Certains centres de santé municipaux déficitaires pourront être convertis en MUSt.
Au final, la construction de ces 1000 MUSt ne devrait pas coûter plus cher que la vaccination antigrippale de 2009 ou 5 ans de prescriptions de médicaments (inutiles) contre la maladie d’Alzheimer. C’est donc possible, pour ne pas dire facile.
Une MUSt est appelée à recevoir des médecins généralistes et des paramédicaux. La surface non utilisée par l’activité de soin universitaire peut être louée à d’autres professions de santé qui ne font pas partie administrativement de la MUSt (autres médecins spécialistes, dentiste, laboratoire d’analyse, cabinet de radiologie…). Ces MUSt deviennent de véritables pôles de santé urbains et ruraux.
Le concept de MUSt fait déjà l’objet d’expérimentations, dans le 94 notamment, il n’a donc rien d’utopique.
2) L’université dans la ville
Le personnel médical qui fera fonctionner ces MUSt sera constitué en grande partie d’internes et de médecins en post-internat :
·                         Des internes en médecine générale pour deux de leurs semestres qu’ils passaient jusqu’ici à l’hôpital. Leur cursus comportera donc en tout 2 semestres en MUSt, 1 semestre chez le praticien et 3 semestres hospitaliers. Ils seront rémunérés par l’ARS, subrogée dans le paiement des honoraires facturés aux patients qui permettront de couvrir une partie de leur rémunération. Le coût global de ces internes pour les ARS sera donc très inférieur à leur coût hospitalier du fait des honoraires perçus.
·                         De chefs de clinique universitaire de médecine générale (CCUMG), postes à créer en nombre pour rattraper le retard pris sur les autres spécialités. Le plus simple est d’attribuer proportionnellement à la médecine générale autant de postes de CCU ou assimilés qu’aux autres spécialités (un poste pour deux internes), soit un minimum de 3000 postes (1500 postes renouvelés chaque année). La durée de ce clinicat est de deux ans, ce qui garantira la présence d’au moins deux CCUMG par MUSt. Comme les autres chefs de clinique, ces CCUMG sont rémunérés à la fois par l’éducation nationale (part enseignante) et par l’ARS, qui reçoit en retour les honoraires liés aux soins délivrés. Ils bénéficient des mêmes rémunérations moyennes, prérogatives et avantages que les CCU hospitaliers.
Il pourrait être souhaitable que leur revenu comprenne une base salariée majoritaire, mais aussi une part variable dépendant de l’activité (par exemple, 20 % du montant des actes pratiqués) comme cela se pratique dans de nombreux dispensaires avec un impact significatif sur la productivité des consultants.
·                         Des externes pour leur premier stage de DCEM3, tel que prévu par les textes et non appliqué faute de structure d’accueil. Leur modeste rémunération sera versée par l’ARS. Ils ne peuvent pas facturer d’actes, mais participent à l’activité et à la productivité des internes et des CCUMG.
·                         De médecins seniors au statut mixte : les MG libéro-universitaires. Ils ont le choix d’être rémunérés par l’ARS, subrogée dans la perception de leurs honoraires (avec une part variable liée à l’activité) ou de fonctionner comme des libéraux exclusifs pour leur activité de soin. Une deuxième rémunération universitaire s’ajoute à la précédente, liée à leur fonction d’encadrement et d’enseignement. Du fait de l’importance de la présence de ces CCUMG pour lutter contre les déserts médicaux, leur rémunération universitaire pourra être financée par des budgets extérieurs à l’éducation nationale ou par des compensations entre ministères.
Au-delà de la nouveauté que représentent les MUSt, il nous paraît nécessaire, sur le long terme, de repenser l’organisation du cursus des études médicales sur un plan géographique en favorisant au maximum la décentralisation hors CHU, aussi bien des stages que des enseignements.
En effet, comment ne pas comprendre qu’un jeune médecin qui a passé une dizaine d’années dans sa ville de faculté et y a construit une vie familiale et amicale ne souhaite pas bien souvent y rester ?
Une telle organisation existe déjà, par exemple, pour les écoles infirmières, garantissant une couverture assez harmonieuse de tout le territoire par cette profession, et les nouvelles technologies permettent d’ores et déjà, de manière simple et peu onéreuse, cette décentralisation pour tous les enseignements théoriques.
3) Incitation plutôt que coercition : des salaires aux enchères
Le choix de la MUSt pour le bref stage de ville obligatoire des DCEM3 se fait par ordre alphabétique avec tirage au sort du premier à choisir, c’est la seule affectation qui présente une composante coercitive.
Le choix de la MUSt pour les chefs de clinique et les internes se pratique sur le principe de l’enchère : au salaire de base égal au SMIC est ajouté une prime annuelle qui sert de régulateur de choix : la prime augmente à partir de zéro jusqu’à ce qu’un(e) candidat(e) se manifeste. Pour les MUSt « difficiles », la prime peut atteindre un montant important, car elle n’est pas limitée. Par rapport à la rémunération actuelle d’un CCU (45 000 €/an), nous faisons le pari que la rémunération globale moyenne n’excédera pas ce montant.
En cas de candidats multiples pour une prime à zéro (et donc une rémunération de base au SMIC pour les MUSt les plus attractives) un tirage au sort départage les candidats.
Ce système un peu complexe présente l’énorme avantage de ne créer aucune frustration puisque chacun choisit son poste en mettant en balance la pénibilité et la rémunération.
De plus, il permet d’avoir la garantie que tous les postes seront pourvus.
Ce n’est jamais que la reproduction du fonctionnement habituel du marché du travail : l’employeur augmente le salaire pour un poste donné jusqu’à trouver un candidat ayant le profil requis et acceptant la rémunération. La différence est qu’il s’agit là de fonctions temporaires (6 mois pour les internes, 2 ans pour les chefs de clinique) justifiant d’intégrer cette rémunération variable sous forme de prime.
Avec un tel dispositif, ce sont 6 000 médecins généralistes qui seront disponibles en permanence dans les zones sous-médicalisées : 3000 CCUMG et 3000 internes de médecine générale.
4) Un nouveau métier de la santé : AGI de MUSt
Les MUSt fonctionnent bien sûr avec une ou deux secrétaires médicales suivant leur effectif médical et paramédical.
Mais la nouveauté que nous proposons est la création d’un nouveau métier : Agent de Gestion et d’Interfaçage (AGI) de MUSt. Il s’agit d’un condensé des fonctions remplies à l’hôpital par les agents administratifs et les cadres de santé hospitaliers.
C’est une véritable fonction de cadre supérieur de santé qui comporte les missions suivantes au sein de la MUSt :
— Gestion administrative et technique (achats, coordination des dépenses…).
— Gestion des ressources humaines.
— Interfaçage avec les tutelles universitaires
— Interfaçage avec l’ARS, la mairie et le Conseil Régional
— Gestion des locaux loués à d’autres professionnels.
Si cette nouvelle fonction se développe initialement au sein des MUSt, il sera possible ensuite de la généraliser aux cabinets de groupes ou maisons de santé non universitaires, et de proposer des solutions mutualisées pour tous les médecins qui le souhaiteront.
Cette délégation de tâches administratives est en effet indispensable afin de permettre aux MG de se concentrer sur leurs tâches réellement médicales : là où un généraliste anglais embauche en moyenne 2,5 équivalents temps plein, le généraliste français en est à une ½ secrétaire ; et encore, ce gain qualitatif représente-t-il parfois un réel sacrifice financier.
Directement ou indirectement, il s’agit donc de nous donner les moyens de travailler correctement sans nous disperser dans des tâches administratives ou de secrétariat.
Une formule innovante : les « chèques-emploi médecin »
Une solution complémentaire à l’AGI pourrait résider dans la création de « chèques-emploi » financés à parts égales par les médecins volontaires et par les caisses.[1]
Il s’agit d’un moyen de paiement simplifié de prestataires de services (AGI, secrétaires, personnel d’entretien) employés par les cabinets de médecins libéraux, équivalent du chèque-emploi pour les familles.
Il libérerait des tâches administratives les médecins isolés qui y passent un temps considérable, sans les contraindre à se transformer en employeur, statut qui repousse beaucoup de jeunes médecins.
Cette solution stimulerait l’emploi dans les déserts médicaux et pourrait donc bénéficier de subventions spécifiques. Le chèque-emploi servirait ainsi directement à une amélioration qualitative des soins et à dégager du temps médical pour mieux servir la population.
Il est beaucoup question de « délégation de tâche » actuellement. Or ce ne sont pas les soins aux patients que les médecins souhaitent déléguer pour améliorer leur disponibilité : ce sont les contraintes administratives !
Former des agents administratifs est bien plus simple et rapide que de former des infirmières, professionnelles de santé qualifiées qui sont tout aussi nécessaires et débordées que les médecins dans les déserts médicaux.
Aspects financiers : un budget très raisonnable
Nous avons vu que la construction de 1000 MUSt coûtera moins cher que 5 ans de médicaments anti-Alzheimer ou qu’une vaccination antigrippale comme celle engagée contre la pandémie de 2009.
Les internes étaient rémunérés par l’hôpital, ils le seront par l’ARS. Les honoraires générés par leur activité de soin devraient compenser les frais que l’hôpital devra engager pour les remplacer par des FFI, permettant une opération neutre sur le plan financier, comme ce sera le cas pour les externes.
La rémunération des chefs de clinique constitue un coût supplémentaire, à la mesure de l’enjeu de cette réforme. Il s’agit d’un simple rattrapage du retard pris dans les nominations de CCUMG chez les MG par rapport aux autres spécialités. De plus, la production d’honoraires par les CCUMG compensera en partie leurs coûts salariaux. La dépense universitaire pour ces 3000 postes est de l’ordre de 100 millions d’euros par an, soit 0,06 % des dépenses de santé françaises. À titre de comparaison, le plan Alzheimer 2008-2012 a été doté d’un budget de 1,6 milliard d’euros. Il nous semble que le retour des médecins dans les campagnes est un objectif sanitaire, qui justifie lui aussi un « Plan » et non des mesures hâtives dépourvues de vision à long terme.
N’oublions pas non plus qu’une médecine de qualité dans un environnement universitaire est réputée moins coûteuse, notamment en prescriptions médicamenteuses. Or, un médecin « coûte » à l’assurance-maladie le double de ses honoraires en médicaments. Si ces CCUMG prescrivent ne serait-ce que 20 % moins que la moyenne des  autres prescripteurs, c’est 40 % de leur salaire qui est économisé par l’assurance-maladie.
Les secrétaires médicales seront rémunérées en partie par la masse d’honoraires générée, y compris par les « libéro-universitaires », en partie par la commune ou l’intercommunalité candidate à l’implantation d’une MUSt.
Le reclassement des visiteurs médicaux
Le poste d’Agent de Gestion et d’Interfaçage (AGI) de MUSt constitue le seul budget significatif créé par cette réforme. Nous avons une proposition originale à ce sujet. Il existe actuellement en France plusieurs milliers de visiteurs médicaux assurant la promotion des médicaments auprès des prescripteurs. Nous savons que cette promotion est responsable de surcoûts importants pour l’assurance-maladie. Une solution originale consisterait à interdire cette activité promotionnelle et à utiliser ce vivier de ressources humaines libérées pour créer les AGI.
En effet, le devenir de ces personnels constitue l’un des freins majeurs opposés à la suppression de la visite médicale. Objection recevable ne serait-ce que sur le plan humain. Ces personnels sont déjà répartis sur le territoire, connaissent bien l’exercice médical et les médecins. Une formation supplémentaire de un an leur permettrait d’exercer cette nouvelle fonction plus prestigieuse que leur ancienne activité commerciale.
Dans la mesure où leurs salaires (industriels) étaient forcément inférieurs aux prescriptions induites par leurs passages répétés chez les médecins, il n’est pas absurde de penser que l’économie induite pour l’assurance-maladie et les mutuelles sera supérieure au coût global de ces nouveaux agents administratifs de ville.
Il s’agirait donc d’une solution réaliste, humainement responsable et économiquement neutre pour l’assurance maladie.
Globalement, cette réforme est donc peu coûteuse. Nous pensons qu’elle pourrait même générer une économie globale, tout en apportant plusieurs milliers de soignants immédiatement opérationnels là où le besoin en est le plus criant.
De toute façon, les autres mesures envisagées sont soit plus coûteuses (fonctionnarisation des médecins libéraux) soit irréalisables (implanter durablement des jeunes médecins là où il n’y a plus d’école, de poste, ni de commerces). Ce n’est certainement pas en maltraitant davantage une profession déjà extraordinairement fragilisée qu’il sera possible d’inverser les tendances actuelles.
Calendrier
La réforme doit être mise en place avec « agilité ». Le principe sera testé dans des MUSt expérimentales et modifié en fonction des difficultés rencontrées. L’objectif est une généralisation en 3 ans.
Ce délai permettra aux étudiants de savoir où ils s’engagent lors de leur choix de spécialité. Il permettra également de recruter et former les maîtres de stage libéro-universitaires ; il permettra enfin aux ex-visiteurs médicaux de se former à leurs nouvelles fonctions.
Et quoi d’autre ?
Dans ce document, déjà bien long, nous avons souhaité cibler des propositions simples et originales. Nous n’avons pas voulu l’alourdir en reprenant de nombreuses autres propositions déjà exprimées ailleurs ou qui nous paraissent dorénavant des évidences, par exemple :
·                         L’indépendance de notre formation initiale et continue vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique ou de tout autre intérêt particulier.
·                         La nécessité d’assurer une protection sociale satisfaisante des médecins (maternité, accidents du travail…).
·                         La nécessaire diversification des modes de rémunération.
Si nous ne rejetons pas forcément le principe du paiement à l’acte – qui a ses propres avantages –, il ne nous semble plus pouvoir constituer le seul socle de notre rémunération. Il s’agit donc de :
— Augmenter la part de revenus forfaitaires, actuellement marginale.
— Ouvrir la possibilité de systèmes de rémunération mixtes associant capitation et paiement à l’acte ou salariat et paiement à l’acte.
— Surtout, inventer un cadre flexible, car nous pensons qu’il devrait être possible d’exercer la « médecine de famille » ambulatoire en choisissant son mode de rémunération.
·                         La fin de la logique mortifère de la rémunération à la performance fondée sur d’hypothétiques critères « objectifs », constat déjà fait par d’autres pays qui ont tenté ces expériences. En revanche, il est possible d’inventer une évaluation qualitative intelligente à condition de faire preuve de courage et d’imagination.
·                         La nécessité de viser globalement une revalorisation des revenus des généralistes français qui sont aujourd’hui au bas de l’échelle des revenus parmi les médecins français, mais aussi en comparaison des autres médecins généralistes européens.
D’autres pays l’ont compris : lorsque les généralistes sont mieux rémunérés et ont les moyens de travailler convenablement, les dépenses globales de santé baissent !
Riche de notre diversité d’âges, d’origines géographiques ou de mode d’exercice, et partageant pourtant la même vision des fondamentaux de notre métier, notre communauté informelle est prête à prendre part aux débats à venir.
Dotés de nos propres outils de communication (blogs, forums, listes de diffusion et d’échanges, réseaux sociaux), nous ambitionnons de contribuer à la fondation d’une médecine générale 2.0.


[1] À titre d’exemple, pour 100 patients enregistrés, la caisse abonderait l’équivalent de 2 ou 2,5 heures d’emploi hebdomadaires et le médecin aurait la possibilité de prendre ces « tickets » en payant une somme équivalente (pour arriver à un temps plein sur une patientèle type de 800 patients).
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